changements subis et nouveaux départs

Sylvaine Pascual – Publié dans: Stress: la coexistence pacifique

 

 

 

Les changements subis peuvent nous laisser un goût doux-amer de paradis perdu, d’impuissance, de colère ou d’abattement. Pour les dépasser, nous pouvons aussi les considérer comme de nouveaux départs. Un brin chaotiques, certes, mais des nouveaux départs quand même.

 

 

 

une fois passés la tristesse, la colère et les regrets, les changements subis peuvent être de nouveaux départsMon chat broie du noir

 

Pas un petit coup de blues type dimanche soir, non, il se traîne un cafard sinistre, une mélancolie sombre, un bourdon maousse,  un spleen total.Il daigne montrer un bout de nez ténébreux aux heures des repas puis retourne se coucher, au ralenti. Il refuse les câlins,  ignore royalement les sollicitations de son camarade de jeu.

 

Pourtant, c’est un matou plutôt sympathique et d’humeur égale: le roi de la sieste et des relations paisibles. Seulement son jardin des Pyrénées lui manque horriblement.
Je crois que mon chat est en pleine dépression.
Que celui qui n’a jamais laissé à regret un coin de paradis où il faisait bon se planquer dans les junipérus pour jouer à la chasse aux papillons jette la première pierre à mon greffier.

D’ailleurs, en ce début de septembre, combien de fois entendons-nous des “faut bien rentrer sinon ça serait pas des vacances” et autres platitudes type méthode Coué destinées à nous faire avaler la pilule du morose retour à la “vie normale”?

 

 

 

Difficiles changements subis

 

Si cette réadaptation annuelle peut s’avérer un poil pénible, tous les changements non choisis, des plus apparemment anodins aux plus radicaux, sont potentiellement déstabilisants et peuvent nous pousser à ressasser, à ruminer, mais aussi à nous scandaliser, à nous sentir victimes, a susciter tout un tas d’émotions négatives. En d’autres termes, à entrer en résistance face à un événement qui nous échappe et dont on se serait bien passés, car la situation précédente, à défaut d’être nécessairement idéale, était finalement confortable.

 

Ainsi une perte d’emploi, une séparation, le départ d’un enfant sont des occasions évidentes de se sentir dépossédé du paradis. Cependant il y a mille autres éléments, plus mineurs, qui participent des fondations de notre confort, et dont nous prenons conscience au moment de leur disparition. Un réseau social qui change son interface, le nouveau dans l’équipe qui remet en cause l’ordre relationnel établi, une modification de la nature de ses tâches, le café où on a ses habitudes qui ferme etc. suffisent parfois à nous laisser tous dégoûtés de la vie.

 

 

 

Aller avec le changement

 

L’intensité de la réaction émotionnelle face à ces changements subis est un indicateur précieux de la difficulté que nous ressentons à les accepter. Car il s’agit bien de les accepter, pour éviter de rester figés dans le passé, de ressasser et pour choisir soi-même sa nouvelle direction.
Attention! Il ne s’agit pas d’accepter pour courber une échine résignée et faire la joie du grand capital, du conjoint dictatorial ou de tout autre amateur d’âmes dociles. D’ailleurs, la nouvelle direction peut très bien inclure un engagement politique, syndical, associatif ou autre, ou encore un désengagement affectif.
Pour utiliser une image martiale, il s’agirait plutôt comme en judo, d’accompagner le mouvement pour exploiter son énergie.  Ainsi, nous évitons de tomber dans un passéisme passif ou un activisme revanchard et pouvons rebondir.

 

 

 

Auto coaching: accepter le changement et prendre un nouveau départ*

 

Il n’y a pas de recette miracle pour accélérer le processus de deuil d’une situation ou faire disparaître les émotions qu’il déclenche. Il existe cependant autant de façons de tourner la page et prendre un nouveau départ qu’il y a de personnes, et voici quelques suggestions pour trouver les vôtres.

Les questions d’auto coaching pour commencer:

  • Que ressentez-vous, face à cette situation, précisément?
  • Vos sentiments, vos émotions face à cette perte, que vous disent-ils sur vous-même?
  • Vous avez déjà vécu nombre de petites et grandes pertes: comment vous y prenez-vous, en règle générale, pour rebondir?
  • De quoi avez-vous besoin pour rebondir cette fois-ci?
  • Dans quels autres projets voulez-vous vous investir?

 

D’autres ressources sur le blog d’Ithaque:
Un changement subi peut avoir de multiples conséquences. La première, ce sont de multiples émotions négatives, porteuses de messages qui nous parlent de nous et qu’il peut être intéressant d’écouter pour les comprendre, comme l’éventuelle tristesse, ou nos sentiments, comme la déception, ou les regrets pour aller combler les besoins cachés derrière.
Nous pouvons avoir besoin d’éviter la dévalorisation, et la rumination, de mettre en place des moyens de garder le moral ou de trouver du réconfort pendant la période difficile, de retrouver notre dynamisme.
Nous pouvons nous trouver face à un dossier à fermer qui demande de tirer les leçons de nos expériences,  de sortir de la dépendance affective, ou encore d’aller chercher des ressources dans nos expériences passées.

Ce changement peut finir par se révéler être une bonne occasion de sortir de notre zone de confort, de redevenir acteurs de nos vies en cherchant des solutions et en fixant de nouveaux objectifs cohérents avec nos valeurs, de combler notre besoin de reconnaissance souvent malmené par la perte, de faire le ménage dans nos relations, d’envisager une reconversion professionnelle, bref, de faire quelque chose pour soi.

 

 

*Et si les émotions négatives sont trop intenses ou durent trop longtemps, n’hésitez pas à consulter un psy.

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire, développer et entretenir un état d’esprit dynamique et serein à la fois, propice à la réussite de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

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7 Comments

  • Michèle dit :

    Rien à dire Sylvaine, tu as fait tout le tour de la question, la vie est un mouvement perpétuel, à nous de trouver les astuces pour nous adapter. Merci pour ce rappel!

  • alors là, je pourrais écrire un livre sur le blues, si je regarde derrière moi, (ce que j’évite de faire désormais car le passé n’est pas un divan) je pleure, alors je vis à la seconde, le moment présent, c’est le seul moyen que j’ai trouvé(grâce à cath aussi) pour m’en sortir mais je n’en dis pas plus ici car losrqu’on s’est connu, je me relevais d’un sacré truc…

    Bises Darling

  • Koolter dit :

    Le changement, oui bah, moi j’ai décidé de m’en faire un allié, un peu comme la vague que l’on surfe. J’ai un crédo: Ne pas subir, donc s’adapter. Et vue comme ça les choses ont tendances à se clarifier d’elles mêmes.
    Et pour le chat à la grise mine, pourquoi tu n’essaie pas de lui offrir une nouvelle source de curiosité?

  • MADmoiselle dit :

    On peut coacher des nouveau-nés ? Parce que comme changement, la naissance ça doit en être un sacré !!! 😀

  • annie dit :

    en plein dans le mille!!
    mais c vrai que je suis déjà à l’étape suivante:faire confiance et penser à moi
    😉

  • Corinne dit :

    Bonjour Sylvaine, encore une fois un beau sujet traité avec beaucoup de délicatesse et sans complaisance.

    Est-ce que toutes les situations vécues comme des changements en sont véritablement ? La nature change en fonction des saisons, pour autant c’est un état normal. Nous naissons, grandissons, nous marions, avons des enfants, déménageons… Que de changements dans une vie, pour autant nous les acceptons, que dis-je ! Nous les Vivons 🙂 (quoi que, je ne sais pas si j’ai accepté de grandir pour ma part ;p)
    D’après moi, un changement subi s’appelle une rupture ! La difficulté de l’accepter vient simplement du fait que l’on n’y a pas été préparé et combien même tous nos sens aient été en alerte 🙂 rompre n’est jamais facile…
    Alors, comment se remettre d’une rupture ? Sans tomber dans les platitudes habituelles : seul le temps peut faire son œuvre 🙂
    Seulement, du temps on en a de moins en moins… Alors, je crois que le mieux, est de se faire accompagner pour limiter au maximum la durée de la “convalescence” 😉 et être certain de ne pas se replier sur soi.

    Pour ma part, je pense nécessaire la période de “deuil”, elle permet de dire au revoir à son passé, sans non plus le rejeter car il est partie intégrante de nous, notre passé nous construit et nous pouvons en être fiers. Comme en conduite, il est important d’avoir un œil dans le rétroviseur de temps en temps (j’ai bien dit de temps en temps hein 😉 ).

    Bref, pour un nouveau départ, qu’il soit subi ou volontaire… Je n’oublie plus de refaire mes valises pour n’emmener que le strict nécessaire ;p
    Manquerait plus, qu’au lieu de mon bikini et de mon paréo, j’emmène ma doudoune et mes après skis ! Ou vice et versa :p

    Excusez-moi si c’est un peu décousu :p

    • Sylvaine Pascual dit :

      Bonjour Corinne,
      Merci pour ce partage! “D’après moi, un changement subi s’appelle une rupture ! La difficulté de l’accepter vient simplement du fait que l’on n’y a pas été préparé et combien même tous nos sens aient été en alerte rompre n’est jamais facile…” c’est dit avec vos propres mots… et c’est certainement tout à fait ça. Un changement vécu comme une rupture brusque et non préparée est difficile à vivre et nécessite de fermer le dossier précédent (le deuil) pour avancer gaiement sur une nouvelle route.
      Lorsque le rupture est trop brutale, non désirée et vécue comme indésirable, le processus peut être long et compliqué pour certains^^

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