Répondre au besoin de reconnaissance


Blog Widget by LinkWithin

Nous sommes assoiffés de reconnaissance. Et c’est normal, la reconnaissance joue un rôle fondamental dans notre équilibre: c’est elle qui nous confirme notre valeur, l’appartenance et l’intégration, qui solidifie l’estime de soi puis la confiance en soi. Le message que nous percevons lorsque nous recevons des signes de reconnaissance, c’est que nous existons, que nous sommes dignes d’intérêt et que nous faisons partie d’un groupe.
Ce besoin, comme tous nos besoins, a une origine primitive: la reconnaissance favorisait la survie par la stabilité sociale et psychologique du groupe.Nous aspirons à recevoir le reconnaissance de nos accomplissements, de nos réussites, de ce que nous faisons bien, mais aussi la reconnaissance des difficultés, des obstacles que nous rencontrons et que nous dépassons, franchissons… ou non.

Nous subissons le manque de reconnaissance

Le manque de reconnaissance est une des principales causes de stress exprimées  par les salariés. Le besoin non satisfait de reconnaissance est à l’origine de beaucoup d’émotions, de sentiments et par ricochet de comportements négatifs (frustration, colère, imptience, agressivité, irritabilité, ressentiment, susceptibilité, dégoût, maussaderie, morosité et j’en passe)  dont le trop-plein mène directement à la perte de motivation, au découragement et au stress.
Nous aspirons d’autant plus à la reconnaissance que ce besoin naturel, autant biologique que sociologique, nous l’avons souvent vu rejeté avec une moue suspicieuse et méprisante. Ainsi enfants, nous apprenons:
- A minimiser voire à nier nos émotions: « quand on est un grand garçon/une grande fille, on ne pleure pas ». Dommange collatéral: si nos émotions sont illégitimes, nous le sommes aussi.
- A minimiser nos accomplissements: à trop s’étendre sur une réussite, on risque de prendre la grosse tête, d’avoir les chevilles qui enflent, de se reposer sur ses lauriers etc., Dommage collatéral: plutôt que de prendre trop de place dans la fratrie/classe/groupe, faisons-nous tous petits et insignifiants.
- Que les autres savent mieux que nous ce qui a de la valeur et ce qui n’en a pas: parents, profs, adultes en général etc. bref, que nous sommes des demeurés incapables d’un jugement valable. Dommage collatéral: nous n’avons de valeur que si les autres nous en accordent.
- Que c’est normal pour ceux qui savent de mettre le doigt sur les manquements, les fautes, les erreurs, des demeurés que nous sommes, puisque c’est comme ça qu’on apprend (sic). Dommage collatéral: nos accomplissements n’ont donc aucun intérêt, et on apprend dans la douleur.

Et le pire, c’est qu’une fois parvenus à l’âge adulte, nous souffrons du manque de reconnaissance tout en le perpétrant à notre tour, de la même manière, puisque c’est ce que nous avons appris à faire.

Nous participons activement au manque de reconnaissance

Nous avons beau aspirer à la reconnaissance, à quelle fréquence accordons-nous des signes de reconnaissance aux autres?
Assez rarement. Qu’est-ce qui nous empêche de la faire? Les raisons exposées ci-dessus :nous sommes de bons élèves qui cherchons à nous faire remarquer en ayant bien appris notre leçon.
Nous évitons scurpuleusement de reconnaître les accomplissements et difficultés des autres, surtout si nous sommes en compétition avec eux pour la reconnaissance du chef, de Papa/Maman etc.; et nous en venons tout naturellement à éviter de reconnaître nos propres accomplissements et difficultés. C’est ainsi que nous rentrons dans des cercles vicieux dedévalorisation de soi qui frustrent notre besoin de reconnaissance pour une durée indéterminée (en gros: jusqu’à ce qu’on arrête).

Auto coaching: nourrir le sentiment de reconnaissance

Commencez pas donner ce que vous voulez recevoir. Ne serait-ce que pour prendre l’habitude d’être en contact avec la reconnaissance, mais aussi parce que donnant-donnant, c’est mieux!
De plus, en particulier dans le milieu professionnel, peu de gens étant enclins à envoyer des messages de reconnaissance, lancer la machine est une bonne façon de s’attirer les marques de reconnaissance de la part des autres et d’améliorer considérablement ses relations. Et puis il est assez vain d’espérer qu’on nous donne ce qu’on n’est pas prêt à donner soi-même. En bref: accordez aux autres la reconnaissance que vous voulez obtenir, et l’effet boomerang ne devrait pas tarder à se faire sentir.

Aux autres d’abord (enfants, conjoints, amis, mais aussi salariés, collaborateurs, collègues)
A qui allez-vous accorder des signes de reconnaissance cette semaine?
Quels signes? Comment? Quand?

Et sivous manquez d’idées sur les messages à transmettre, vous pouvez consulter les articles suivants:
Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter
Dire les jolies choses que l’on ressent
Un petit compliment, pour la route?

A vous-même
Vous êtes la seule personne à savoir de quelles marques de reconnaissance, exactement, vous avez besoin. De plus, si vous ne reconnaissez pas vos propres accomplissements,  disons-le tout net, personne ne le fera à votre place.
Quels sont les accomplissements et difficultés que vous voudriez voir reconnus?
Dans quelle mesure leur accordez-vous vous-même la reconnaissance que vous aimeriez recevoir d’autrui?
Quels signes de reconnaissances allez-vous vous accordez à vous-même? Comment? Quand?
Besoin d’un peu d’inspiration?
Exploiter nos expériences ressources
Estime de soi: redécouvrir nos talents
Se parler à soi-même comme on voudrait qu’on nous parle

Continuons en allant chercher les signes que nous voulons là où ils se trouvent
De qui, précisément, souhaitez-vous de la reconnaissance? Concernant quoi? Quels signes?
Et si vous alliez le lui demander?

Avertissement: une question du type « Chef, qu’est-ce que je fais bien dans mon boulot? » est à réserver à ceux qui savent s’abstenir d’interprêter ce qui n’est pas dit!
Et pour réussir votre demande, fomulez-la à l’aide des articles sur la communication
Eviter la manipulation: exercer son sens critique
Mieux communiquer: les demandes assertives

Auto entretenir la reconnaissance
Pour mettre en place un système d’arrosage automatique, je vous suggère de prendre un moment pour vous, au rythme qui vous convient, pour faire ces trois étapes. Au fur et à mesure que vous commencer à acquérir le mécanisme, les autres seront plus enclins à vous témoigner de la reconnaissance, que vous recevrez comme une cerise sur le gâteau, puisque vous aurez déjà commencé à nourrir votre sentiment de reconnaissance.

Voir aussi:
Solutions efficaces vs solutions adéquates et éthiques
Se mentir à soi-même: le miroir du manque
Exploiter nos expériences ressources
connaissance de soi: unique et imparfait!
Estime de soi: redécouvrir nos talents
Stress et besoin de reconnaissance

 

8 réflexions au sujet de « Répondre au besoin de reconnaissance »

  1. C’est pas mon patron qui exprimera des signes de reconnaissance, ça c’est sûr… Déjà qu’il a l’air de planer à 3.000 ! Et qu’il nous donne du boulot pas prioritaire ne se rendant pas compte qu’on est en sous-effectif et qu’on a des choses plus importantes à faire, mais bon.
    De mon côté, j’essaie de plus en plus de le dire quand je reconnais que quelqu’un a fait quelque chose de bien.

  2. Bonjour auteure de cet artivle, vous auriez pu remplacer le « vous » par mon prpre prenom….bises et merci de lever le voile et d’appuyer pile là où ça fait mal!

  3. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, j’imagine. C’est difficile de reconnaître ses propres accomplissements, mais je rejoins Pascaline: merci d’appuyer là où ça fait mal, on se sent poussé à changer ce qu’on fait depuis toujours, mais gentiment bien sûr :)

  4. Pour être reconnaissant, il faut aimer..
    Il y a des êtres qui manquent de reconnaissance..
    c’est triste pour eux.. ce que tu dis est vrai et très intéressant..
    je te souhaite une bonne soirée
    clem

  5. J’ai terriblement souffert du manque de reconnaissance dans mon job. Je m’investissais à fond, je collectionnais les heures sup, personne ne remarquait mes efforts, ça devenait infernal, et j’étais à deux doigt de craquer. Un ami à moi qui finissait une formation au coaching m’a proposé de lui servir de cobaye. J’ai appris exactement ce que vous écrivez, m’accorder à moi-même la reconnaissance dont j’ai besoin, et montrer de la reconnaissance à ceux qui m’entourent. Celle des autres est un bonus que j’apprécie énormément, qui confirme ce qu’aujourd’hui j’arrive à penser de moi-même, mais qui n’est plus indispensable à mon équilibre, ou plutôt que je n’espère plus, et tant mieux, parce que ça ne fait pas tellement partie de la culture de l’entreprise, malgré quelques beaux discours que vous avez d’ailleurs relayés.
    Pour en avoir fait l’expérience, je suis d’accord avec le fait qu’en donnant de la reconnaissance on en reçoit, ça a d’ailleurs été une grande surprise pour moi. J’aurais plutôt pensé que je risquais de me fragiliser dans la société, et c’est l’inverse qui s’est produit.

  6. Wow….beaucoup à apprendre, j’en suis consciente…J’essaie d’ailleurs d’appliquer de donner aux autres ce que j’aimerais avoir, envers toutes les générations des ages que j’ai déjà eu, et en effet, je constate que la vie est ainsi positive et bcp plus agréable… ;) Mais mon bug, c’est que si j’arrête un instant de faire pour les autres et vivre en fonction de mes besoins, malgré l’expression de mon sentiment de : Aujourd’hui, je laisse faire un peu plus les autres et je pense à moi, je passe pour un bébé…Ca me donne l’impression que je ne recois pas des autres comme je donne, et à quelque part, j’ai l’impression qu’on se fout de ma gueule….Alors pour ne pas avoir de gros impacts par ce besoin de reconnaissance, à l’occasion, je me contente de m’apporter moi-même ce dont j’ai de besoin, sans l’attendre puisque ca ne sert à rien, mais si j’ose, je passe pour un bébé égoiste….Et je me dis, plus fort que moi, que ce sont eux les bébé puisque qu’ils me reprochent en fait de ne pas agir en fonction de leurs besoins…
    J’apprécierais une réponse courte, mais dites-moi, suis-je dans le champ?

    merci

    • Bonjour Caroline,
      Bien entendu, s’apporter à soi-même une reconnaissance bien méritée est important, mais au delà, nous avons aussi besoin de celle des autres…
      Je crois que dans votre cas, la réponse se trouve peut-être dans le triangle de Karpman, des rôles relationnels. Car le sauveur qui passe beaucoup beaucoup de temps à se préoccuper des autres n’est pas habitué à écouter ses besoins, et il peut les exprimer de façon maladroite. Dans votre cas, il est possible que ce que vous appelez « passer pour un bébé » signifie que lorsque vous laissez de côté votre comportement sauveur, vous laissez la place à un comportement victime que votre entourage n’a pas l’habitude de voir chez vous et qui le dérange, puisqu’en général on compte sur vous bien plus qu’on ne s’attend à se préoccuper de vous. Je vous recommande la lecture de l’ebook sur le Triangle de Karpman qui je l’espère vous aidera à rééquilibrer tout cela.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>