Rôle des émotions: tristesse et manque affectif

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La tristesse et l’absence

Nous éprouvons de la tristesse quand nous sommes privés de quelque chose ou quelqu’un qui a de l’importance à nos yeux. Quelle qu’en soit l’origine, perte, séparation, non obtention, changement difficile, l’ampleur de la tristesse dépend directement de la valeur que nous accordons à son objet. Notre sensibilité à l’absence est révélatrice du déficit affectif qui la suscite. Car c’est bien du lien (et donc du manque) affectif dont il s’agit ici.La tristesse est en fait un  instrument de mesure intégré de nos besoins et manques affectifs.
Elle peut d’ailleurs intervenir de façon plus ou moins directe et parfois sans lien apparent avec la situation. Ainsi peut-on lire sur le siteRedpsy, qu’une gentillesse peut faire ressortir chez le destinataire: “toute la tristesse accumulée durant une longue privation.”

 

Erigée en art de vivre par les amateurs de spleen, méprisée comme une faiblesse intolérable par d’autres, la tristesse est comme toute les émotions: mal connue, mal perçue, et elle est le signal d’un besoin non ou mal comblé: ici le besoin de nourriture affective.


Auto coaching: s’autoriser la tristesse

La tristesse est une émotion simple à comprendre, et plus compliquée à admettre et à traiter. En effet, c’est l’une des émotions que nous cachons ou nions le plus volontiers, par pudeur ou par peur du jugement.
Commençons par accepter qu’il est légitime d’être triste quand nous sommes privés de quelque chose ou quelqu’un qui a beaucoup de valeur à nos yeux.
Faisons preuve de compassion envers nous-même, comme nous le ferions envers une personne qui vivrai la même expérience, et du coup, parlons-nous avec bienveillance, comme on voudrait qu’on nous parle.
Ceux qui, par peur de montrer leur vulnérabilité, préfèrent étouffer leur tristesse risquent de tomber dans la colère à la place. De plus, une tristesse non acceptée face peut mener à une peur chronique de se retrouver dans une situation similaire qui débouche ensuite sur un évitement pur et simple. Ainsi après une séparation, certaines personnes ont tellement peur de souffrir à nouveau qu’elles ne parviennent plus à s’engager.

S’autoriser la tristesse

Laisser libre cours à des larmes réparatrices peut être bénéfique: on se sent mieux après un gros chagrin et il est plus facile alors de prendre du recul face à la situation.
Apparemment, on pleure le plus souvent tout seul dans son coin, pour les raisons énnoncées un peu plus haut. Et pourtant, pleurer est la réaction émotionnelle qui déclenche le plus facilement l’empathie et la bienveillance. Les larmes permettent de recevoir de l’affection de l’extérieur et hop! On a commencé à combler le manque affectif.

De même, en parler peut faire du bien, permettre de mettre un peu d’ordre dans ses idées etc.

A ceux d’entre nous qui sont facilement mal à l’aise face aux larmes ou a la tristesse des autres, mais aussi à tous ceux qui se retrouvent face à la tristesse de quelqu’un, il suffit de l’accueillir, parfois physiquement -à bras ouverts, quoi- et d’écouter sans jugement ni conseil (déjà qu’ils sont à éviter en temps normal, mais alors là, c’est vraiment pas le moment!).
Abattement, découragement, morosité, mélancolie, chagrin etc. la tristesse peut pren,dre de multiples formes selon la personnalité, les circonstances et l’environnement.

Comment votre tristesse s’exprime-t-elle?
Comment allez-vous vous y prendre pour vous laisser aller à votre tristesse, quand une perte, absence ou privation la déclenche?
Quelle expression de la tristesse fonctionne le meux, pour vous?


Combler le manque affectif par l’action significative

Quelque soit l’objet de la privation, il est parfois impossible d’agir sur son absence. Ainsi on ne peut remplacer une personne perdue et il serait sans doute malvenu de tenter de le faire. On peut en revanche combler une partie du besoin affectif qui en résulte de bien des manières: par la présence de personnes qui nous sont chères, par des activités ou des projets significatifs dans lesquels nous nous sentons impliqués, importants, utiles etc.

Quelles nourritures affectives vous sont importantes, utiles, agréables?
Comment pouvez-vous en mettre davantage dans votre quotidien, pendant cette période difficile?

Travail de deuil

Selon l’ampleur de la perte perçue, il peut aussi être utile de faire un véritable travail de deuil. Rappelons qu’il n’y a pas d’échelle objective de la souffrance, le degré de tristesse (comme pour toute autre émotion) est totalement subjectif. Si la fréquence, la durée et l’intensité de la tristesse sont excessives, elle pourrait être le signe d’un état dépressif et/ou nécessiter un accompagnement psychologique.

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22 Comments

  • Monette dit :

    J’étais triste aujourd’hui…. et bien ce billet, lu avec attention, m’a fait du bien….
    Amicalement,
    Monette

  • MADmoiselle dit :

    La tristesse est aussi ambiguë : parfois on aime être trise, dans cet état fébril où justement les autres s’occupent de nous.
    C’est dangereux.
    J’ai souvent été triste. A une période, ça me convenait parce que j’avais l’impresion (peut-être réelle) que ça me donnait de l’inspiration pour écrire.
    Puis j’ai été triste pour d’autres raisons qu’au bout d’un moment je ne pouvais plus supporter. Alors, avant de tomber en dépression, j’ai tout laissé tombé. J’ai tout laissé derrière moi, et j’ai recommencé une nouvelle vie, heureuse.

    Quand quelqu’un est triste et a besoin de pleurer, je lui dit de la faire, car pleurer est la meilleure façon de se vider de son chagrin. Une fois qu’on a pleuré, on peut s’exprimer mieux et avoir les idées plus claires.

  • elios dit :

    emotions …..affectivité …mais c’est le sel de la vie !!l’action peut servir de produit masquant, mais provisoire et précaire

  • Elias dit :

    La tristesse c’est quand ont cherche à éviter un truc avec quelqu’un. Ont s’entend bien avec un admin d’un forum et d’un coup un de ses membres d’équipes nous bannis, nous empêchant de lire ce qui s’y passe, nous privant d’un bien être que l’on s’offre. Le fait d’apprécier une personne peut faire très mal, se plier aux exigences de l’autre et d’en souffrir moralement par de la crainte, de la tristesse. Le pire c’est que si vous etre triste vous ne savez pas toujours comment lui parler, même pas lui dire qu’il compte vraiment pour vous et que lui vous réponde ” Débrouille toi, arrête de faire tes caprices ” que la vous vous retrouvez seule à votre tristesse. Si vous vous énervez cela se retournera contre vous et si vous continuez de chialer il s’en foutra royalement, même si vous êtes en manque d’affection et de soutiens, que vous attendez qu’il vous remonte le morale et au lieu de ça, il vous remballe, comment le prendriez vous? Serez vous gardez votre calme ou est-ce que vous trouver un moyen de lui faire mal aussi, sauf que vous etes gentil et préférez tout prendre sur vous.
    Celà fait 4 ans que je suis triste et le pire c’est que dans ces moments comme ça ont à l’impression d’être seul et d’en vouloir à toute personne qui pourrait nous énerver

    • Sylvaine Pascual dit :

      Bonjour Elias,
      Effectivement, les situations relationnelles compliquées peuvent générer énormément de tristesse. Si celle-ci ne passe pas toute seule avec le temps, le temps que le deuil de la relation se fasse, c’est peut-être que quelque chose de plus profond en soi a été touché, et il peut alors être intéressant de s’adresser à un psy qui pourra vous aider à dépasser cette situation et à repartir sur des bases relationnelles sereines et solides. Bon courage:)

      • Alexia dit :

        Bonsoir Sylvaine,
        Je suis très triste (motivée à très peu de choses et pleure très souvent) depuis toujours. J ai été voir plusieurs psys mais aucun jusqu à maintenant a pu vraiment m aider. Avez-vous une idée d où peut venir cette tristesse permanente et surtout comment la faire disparaître ???

        • Bonjour Alexia,
          Malheureusement, je ne suis pas psy et seule la psy peut analyser ce type de difficulté et y remédier, aussi je n’ai pas de réponse pour vous aider. Je vous souhaite de trouver rapidement le ou la psy qui sera à même de vous aider;)

  • Sissi dit :

    j’ai vécu la fin d’une relation d’amitié et je n’ai jamais autant pleuré de ma vie. J’ai mis deux ans et demi pour m’en remettre. J’avais une tristesse sans fin, la tristesse d’une grosse carence affective non comblée.
    On pourrait parler de dépendance affective et je déplore le nombre de sites qui parlent de ce sujet comme une maladie dont il faut guérir. La seule guérison possible est de combler ses besoins EN OSANT LES MONTRER A UNE PERSONNE DE CONFIANCE. La dépendance n’est là comme un signal qu’il y a un manque, un peu comme un témoin qui s’allume dans une voiture pour dire qu’il manque de l’essence. Ce qui fait que la dépendance affective devient néfaste c’est d’utiliser des moyens détournés pour combler ce manque, comme par exemple, et je pense que c’est courant de laisser à l’autre “deviner” notre manque au lieu de s’exprimer clairement. Les gens ne sont pas devins de nos pensées. Oser être vulnéable, montrer notre besoin d’être aimé. Je le vis avec une collègue de boulot digne de confiance qui m’accueille à bras grands ouverts…le manque affectif est terrible, moi dans les cas extrêmes ca me donne des douleurs au niveau du thorax…on apprend à s’exprimer et c’est le meilleur moyen de guérir. Nous sommes aussi dans une société où il est parfois difficile de montrer notre manque…et pourtant il faut oser prendre des risques !!

    • Sylvaine Pascual dit :

      Comme vous le dites, oser prendre le risque… le risque de se montrer vulnérable, de tomber sur une personne indigne de confiance car ça arrive, et il n’est pas toujours simple de le déceler en amont.
      La dépendance affective est tout de même problématique, car elle soumet notre bonheur à la présence et au bon vouloir de l’autre. Elle nous amène à croire que seul l’autre peut combler le besoin et comme c’est impossible, le manque se manifeste de plus en plus fort. Cependant, ne confondons pas dépendance affective et interdépendance. L’amitié, y compris entre collègues, peut être un système sain d’interdépendance dans lequel chacun se nourrit de l’autre, ce qui est parfaitement normal, nous sommes des animaux sociaux!

  • youyouk dit :

    Le lire rend ce “travail” plus évident à appréhender. Merci Sylvaine 🙂

  • yell dit :

    Comme on dit une personne vivant seule complétement isoler, mourra plus vite. Car on a tous besoin d’une vie sociale, et de pas tomber dans une solitude qui nous fait une dépression. On a tous un besoin d’étre aimé, apprécier c’est plus ou moins concient. Pour entretenir ce besoin affectif, on peut entretenir ses relations avec sa famille, ses amis et avoir un conjoint. Et la normalement ce besoin est plus ou moin comblé. Surtout faut éviter de se limiter a quelque personne, mais plutot de multiplier ses relations, pour éviter d’étre dépendant à une personne et d’étre ”soumis” car on se dit il n’y a que lui pour combler ce manque affectif. Le mieux c’est de faire plus de connaissances pour éviter de se focaliser que sur une seule personne. Et aussi on peut consulter un psy. Voila mon avis.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Et je le partage, cet avis!
      Effectivement, s’il n’y a pas nécessité de contacts très nombreux pour nourrir ses besoins affectifs, il est en revanche important en effet de ne pas se limiter à une seule personne, ce qui pourrait générer une dépendance problématique.
      a nature et l’ampleur d’une vie sociale satisfaisante varie grandement d’une personne à une autre, et à chacun d’entre nous de définir la sienne en fonction de nos besoins;)

  • choupi'n dit :

    Ouiiiiiiiiii àprès avoir ce message ça réconforte et fait du bien quand on es triste on a les idées noires.
    Mais il y a des gens qui n’arrivent pas à comprendre forcément pourquoi tu es triste.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Effectivement, il n’est pas toujours simple de comprendre ce qui rend l’autre triste, aussi mieux vaut exprimer sa tristesse et les raisons de celle-ci aux personnes de notre entourage capable de l’entendre, de l’accueillir et de nous soutenir si nécessaire;)

  • Ameperdue dit :

    Ça fait des années que je suis triste et je ne sais toujours pas pourquoi. Ça vient, ça part et finit toujours par revenir. Comment faire pour empêcher qu’elle revienne? Je comprends que la tristesse fait partie de nous, mais encore. Après des scéances de thérapie, j’ai limpression de tourner en rond autour des mêmes problèmes. Comment avoir la force d’accepter le passé et de finalement marcher de l’avant sans pour autant toujours revenir en arriere sur ce que l’on ne voulait pas revivre? Je mange mes émotions, je n’aime pas mon apparence physique, le monde me juge constament, même ma propre famille. Alors comment apprendre à s’aimer soi meme si ta propre famille ne t’offre pas d’amour et d’acceptence? C’est dur, jour comme nuit, d’être triste. Tu pleures en silences, tu fais semblant que tout va bien, tu souris à journée longue au travail, et rendue seule, tu exploses. Comment faire pour accepter qu’il y a des choses qui peuvent changer et d’autres non? Comment faire pour ne plus être triste pour rien?

    • Sylvaine Pascual dit :

      Lorsque la tristesse s’installe de façon régulière et chronique, même intermittente, la seule solution est de s’adresser à un psy.
      Cet article traite des tristesses ponctuelles que tout à chacun croise de temps à autres dans sa vie, mais lorsqu’elle devient excessive ou incompréhensible, elle n’est plus du ressort du coach.
      Je vous souhaite une jolie route vers une vie plus joyeuse:))

  • anissa dit :

    merci pour ses mots

  • Bernard dit :

    Il y a parfois peu d’espoir de sortir du vide affectif. Prédispositions, héritage familial et transgénérationnel, entourage devenu inexistant, société qui tend au virtuel et à la décadence, et qui par sa moutonnerie peut provoquer jusqu’à la colère. Quand je pense à ces multitudes de vies africaines, par exemple, sans espoir qui capitulent sans prise de tête occidentale, je relativise bien vite les enflures de ma tête et la lourdeur de mes chevilles… Au bout d’un moment, quand on a fini d’espérer le fameux miracle, on se tourne vers cette voie de solitude et on se questionne si, finalement, il ne vaudrait pas mieux s’y plonger totalement, embrasser entièrement ce destin pour retrouver un équilibre plus sain. Dans le ciel de la nuit, il y a des étoiles… et il y a des trous noirs.

    • Je peux très bien imaginer que pour certains, il y ait plus de trous noirs que d’étoiles et il me semble que chacun a le droit de suivre le chemin qui lui convient, pour les raisons qui lui conviennent: vie de solitude ou non, par exemple. En même temps, je me sens porteuse d’un élan optimiste sur les possibilités, parfois, de transcender sa propre histoire et de construire autre chose. C’est en tout cas le message que j’ai envie de transmettre:)

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