Nos émotions nous parlent de nous

Related Posts with ThumbnailsSylvaine Pascual – 3 juin 2008 – Pblié dans: Comprendre les émotions

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Zénobie s’inquiète

Salut,

Ces jours-ci, je me fais bien du souci.
Tu te souviens de mon amie T…? Et bien en ce moment, elle fait un peu n’importe quoi. Elle s’est installée il y a quelques mois avec son jules, un péteux paternaliste qui n’attend qu’une bobonne, et à sa demande, elle a arrêté de travailler. Elle si indépendante, vive et joyeuse, se retrouve à tourner en rond, à s’ennuyer, elle n’a plus goût à rien et n’a même plus envie de sortir avec les copines. Elle dépérit à vue d’oeil.
Quand on essaye de la secouer, elle se ferme comme une huitre et dit qu’elle l’aime et qu’elle est heureuse de lui faire plaisir. J’hallucine!
Je ne sais plus quoi faire et je m’inquiète beaucoup pour elle, j’ai peur qu’elle sombre dans la dépression.
Je suis à deux doigts d’aller expliquer deux ou trois vérités bien senties sur le XXIème siècle à son coincé du bulbe, histoire de le dépoussiérer un peu.

Bien à toi,

Zénobie

Laisser l’autre faire ses choix

Il y a des années de cela, le père d’une amie qui partait un peu à la dérive m’avait dit que sa fille avait peut-être besoin de toucher le fond. J’étais horrifiée. Comment pouvait-on dire une chose pareille de quelqu’un qui vous est si proche et le laisser s’enfoncer? Il m’a fallu longtemps pour comprendre l’importance de laisser l’autre faire ses propres choix :

Les décisions n’appartiennent qu’à ceux qui les prennent

Les décisions des autres, si proches de nous soient-ils, n’appartiennent qu’à eux, et nous n’avons pas à les juger. Que nous ayons raison ou pas sur les conséquences de leurs décisions n’a aucune importance: ils apprendont bien plus de leurs propres décisions, et éventuellement erreurs, que de nos opinions et conseils.
Rappelons-nous que nous n’apprécions pas toujours quand nos proches critiquent nos décisions et cherchent à nous imposer leurs conseils avisés. Nous apprécions encore moins quand nos proches nous expriment une inquiétude parfois culpabilisante.

 

Nos émotions n’appartiennent qu’à nous

Les émotions que nous ressentons face aux choix de nos proches (inquiétude, colère, frustration etc…), ne nous parlent pas d’eux. Comme toutes les émotions, elles ne nous parlent que de nous. En effet, les décisions, mais aussi attitudes et actions des autres ne déclenchent pas nos émotions. Elles sont un miroir dans lequel se reflète nos propres peurs, souffrances, frustrations, aussi c’est nous-mêmes qui sommes à l’origine de l’émotion,qui la ressentons face à la situation (rappelons-nous qu’il est peu fréquent qu’un proche cherche sciemment à nous inquiéter, à nous mettre en colère…).

Que vous disent vos émotions?

Quand vous ressentez une émotion vive face au comportement ou aux choix d’un de vos proches
Que ressentez-vous exactement?
Qu’est-ce que ça vous dit sur vous-même?
De quoi avez-vous peur pour vous-même?

Laissons chacun suivre son propre chemin

 

Nos chemins ne se ressemblent pas et quelque soit notre perception du chemin de l’autre , respectons ses choix, et saisissons l’opportunité de travailler sur les craintes qu’ils suscitent en nous-mêmes.
Nous ne connaissons que notre propre itinéraire, alors laissons à chacun le droit de suivre son chemin, quel qu’il soit, et sachons être là s’ils rencontrent un obstacle ou une embuche, et qu’ils nous demandent de l’aide.
Accepter les choix d’un proche, malgré nous, malgré notre façon d’envisager les choses, nos convictions, malgré la difficulté à comprendre, est un bel acte d’amour.

Voir aussi:
Comprendre les émotions
Connaissance de soi
Bien-être et estime de soi
Nos émotions nous parlent de nous
Les émotions: amies fidèles ou ennemies incapacitantes?

2 réflexions au sujet de « Nos émotions nous parlent de nous »

  1. Il est plus facile d’aider un proche que de voir clair sur soi-même!
    Cela prouve que nos émotions nous bouchent la vue et qu’il faut pouvoir prendre du recul pour agir.
    Quand on regarde un film, on voit tout de suite celui ou celle qui « agit bien » ou éthiquement, ou encore sagement (bref: bien, quoi!), ou celui qui réagit sous l’emprise de son émotion… donc: mal!
    C’est bien de prendre exemple sur ces modèles et d’essayer à notre tour de ne pas réagir sous le coup de l’émotion et de, d’abord, prendre du recul pour que la raison remplace l’émotion.
    il est vrai que l’émotion nous indique ce sur quoi nous devons « travailler »… et ce n’est qu’en pratiquant, longtemps… sur nos épreuves qu’on n’y arrive!
    Parfois, on croit avoir gagné, et le « soi impérieux » revient de plus belle!
    Ne nous décourageons pas: nous sommes là pour nous améliorer! et si nous faisons des efforts, ils seront récompensés!
    ;-)

  2. Merci Sylvaine!
    En effet: nous devons « dépasser » nos émotions et savoir POURQUOI nous avons ces réactions…
    Si notre raison fonctionne « sainement », nous arrivons à nous connaître… avec, évidemment, beaucoup de pratique!
    travail de longue haleine…

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