Reconversion professionnelle: la part de chance

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Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle

 

 

Ceux qui ont réussi leur reconversion et s’éclatent au boulot s’entendent souvent dire qu’ils “ont de la chance”. Réussir à changer de métier serait donc dû à la bonne fortune? Est-il nécessaire d’avoir un peu de veine pour parvenir à la vie professionnelle qui nous fait rêver?
  

 

 

chance malchance estime de soi

Coup de bol?

 

La chance, c’est une conjonction d’événements heureux qui vont dans le sens de la réalisation d’un projet. Au sens strict, il y a donc une part de chance indéniable dans l’aboutissement d’un projet. Cependant, ce n’est en général pas cette signification qu’on donne au concept de “chance”. On ne la considère pas comme la conjonction, mais bien plus comme laresponsable de ces événements heureux.

 

Or, qui est responsable? La chance et son compère le hasard? Ils ont bon dos ces deux-là. Ils nous maintiennent dans un humilité toute discrète, nous évitent de prendre la grosse tête et de se gonfler l’égo au gaz de ville. Pourtant, attribuer  la responsabilité de ces événements heureux  à un concept abstrait, est un piège qui mène tout droit à la dévalorisation.

 

Pour moi, la question n’est pas tant de savoir si la chance existe ou pas que de comprendre le rôle qu’elle joue, en fonction de la définition qu’on lui donne, dans le cadre d’un projet ambitieux comme la reconversion professionnelle.

Sans détour par la thèse/antithèse/synthèse: elle en joue très peu et voici pourquoi.

 

Une reconversion réussie, qui aboutit à un métier qui vous passionne et que vous exercez dans des conditions qui vous conviennent à 100%, est le fruit de beaucoup de réflexiond’explorationd’observation et de décisions dont les conséquences ont été évaluées et ont éventuellement donné lieu à des modifications pour aboutir à un résultat satisfaisant.

 

 

(Mal)Chance ou projet bien/mal ficelé? 

 

 

Lorsqu’on cherche à changer de métier, comme dans tous nos projets, à partir du moment où celui-ci est réaliste et cohérent, nous prenons parfois des décisions qui s’avèrent mauvaises à posteriori parce que nous avons quelque chose à apprendre, une information qui manque, une leçon à tirer, un frein qui n’est pas levé, un obstacle qui n’a pas été franchi.

Une reconversion qui échoue, à moins d’un événement totalement externe, ne doit rien à la malchance, elle est l’indicateur d’un projet inaboutiincomplet, boîteux ou qui manque de cohérence avec celui qui le porte..

 

Le non fonctionnement ou le fonctionnement chaotique d’un projet de reconversion, c’est un peu comme de se tromper de chemin: quand on a mal lu la carte et qu’on tombe sur une falaise infranchissable, on revient en arrière et on l’étudie soigneusement pour trouver le bon itinéraire. Ca paraît logique, hein? Et pourtant, certains vont s’entêter à escalader la paroi, quitte à chuter dans le vide, et d’autres feront demi-tour. En invoquant leur mauvaise étoile.

 

Une reconversion réussie ne doit rien à la chance, dans la mesure où la personne est elle-même à l’origine de cette conjonction d’événements heureux, c’est bien elle qui l’a construite.  Cet aboutissement doit  tout à la détermination, à la préparation, à la mise en oeuvre et à tous les talents et compétences dont la personne a fait preuve pour y parvenir, à l’analyse des résultats et à l’adaptation des stratégies si nécessaire..

 

 

 

(Mal)Chance, inexactitudes et estime de soi

 

J’avoue que quand je vois l’investissement, l’engagement des candidats à la reconversion avec lesquels je travaille, leurschoix parfois difficiles concernant par exemple la conciliation formation/emploi à temps plein, l’acceptation de la perte financière, du moins au début, les ressources phénoménales dont ils font preuve pour mener leur projet à bien, je suis surprise qu’on puisse étiqueter leur situation “chance”, et j’ai surtout envie de leur tirer mon chapeau.

 

D’autant qu’attribuer une réussite à des phénomènes extérieurs est une manière de sauter à pied joints au mieux dansl’absence d’auto valorisation, au pire dans le cercle vicieux de la dévalorisationReconnaître ses accomplissements à leur juste valeur est essentiel pour renforcer l’estime de soi et commencer à combler son besoin de reconnaissance. Il ne s’agit évidemment pas de jouer le coq roi de la basse-cour qui fait l’admiration tous en faisant miroiter au soleil des jolies plumes: on serait alors dans un égo hypertrophié bien éloigné de l’estime de soi.

 

“J’ai eu de la chance, le recruteur a été sympa, le sujet des examens était facile”, ” j’ai rencontré quelqu’un qui m’a aidé”, “j’ai trouvé des clients rapidemment” etc. Ce type de phrases est le plus souvent inexact.

 

  – Une personne qui a changé de métier et trouve un emploi rapidemment le doit à sa capacité à convaincre un recruteur.


    – Une personne qui crée une entreprise et trouve rapidement des clients le doit à sa capacité à convaincre ses prospects/ses qualités commerciales/un marketing vachement efficace.


    – Une personne qui façonne des horaires différents de la plupart des gens, pour gagner en qualité de vie le doit au fait d’avoir établi cette priorité et de s’y être tenue (souvent au détriment d’autre chose, soit dit en passant).

 

   – Une personne qui “rencontre la bonne personne au bon moment” le doit au fait d’être ouverte aux opportunités otfertes.

 

 

 

A l’inverse, attribuer un échec à la malchance ou à un phénomène extérieur, c’est s’engouffrer tête baissée dans le rôle tant joué de victime, qui a l’avantage de s’attirer la compassion et d’éviter la remise en question. Or, nous l’avons vu plus haut, c’est justement de cette remise en question que peuvent naître les stratégies adéquates. Le problème, c’est que nous avons souvent tendance à confondre remise en question d’un/une stratégie/mise en action/comportement et remise en question de sa valeur en tant que personne. Sujet dont nous parlerons une autre fois!

 

Restent quelques parcelles de conjonctions d’événementsqu’on peut estampiller “chance” ou “malchance”, à partir du moment un s’est produit un événement sur lequel la persone n’a absolument aucune influence.

 

 

Et vous, reconnaissez-vous vos accomplissements ou pensez-vous avoir eu de la chance?

Comment réagissez-vous face à un échec?

 

 

Voir aussi

 

Estime de soi: reconnaître ses accomplissements

Je refuse d’avoir de la chance!

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Susan Boyle, la revanche du vilain petit canard? Ou pourquoi je déteste les contes de fées

Le bilan d’incompétences

Soleil trompeur: gérer la déception

Mécanismes de valorisation et dévalorisation de soi

 

 

Aller plus loin

 

Vous pensez à une reconversion sans savoir dans quoi? Vous avez des idées et voulez vérifier la cohérence de votre projet? Vous voulez construire un projet cohérent et pertinent? Ithaque vous propose un coaching reconversion professionnelle unique et entièrement axé sur la personne qui porte la projet. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32.

 

 

 

6 réflexions au sujet de « Reconversion professionnelle: la part de chance »

  1. Comme dit l’expression : Aide-toi et le ciel t’aidera :)

    Si on ne fait rien, rien n’arrive.

    La chance, c’est le hasard, mais un hasard qui tourne bien pour nous. C’est un peu comme la synchronicité : une succession de coïncidences significatives, qui nous mènent vers un aboutissement.

    Si je crois en la chance ou au hasard, c’est plus en terme de destin, pré-écrit ou non, là n’est pas la question… Si on fait les choses bien et surtout, les bons choix, on provoque sa chance :)

  2. Merci pour ce bel article, tu m’as encore permis de regonfler ma confiance en moi et mes capacités.Car la petite entreprise que j’ai montée,a tout de suite très bien marché,pk? parcequ’on entrait dans un créneau laissé par les autres!! et souvent je me disait: on a eu de la chance parcequ’il y avait de la demande!!!

    Je te souhaite de bonnes vacances dans le sud ouest ;)

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