Média sociaux, cooptation et compétences relationnelles

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

Si le recrutement ne se virtualise pas tant que ça, la cooptation a de beaux jours devant elle et les média sociaux sont un moyen formidable de développer son réseau professionnel et de se faire recommander.  A condition d’en connaître les codes et de comprendre qu’il s’agit avant tout de tisser des liens. Il devient de plus en plus indispensable de développer ses compétences relationnelles.

 

 

la cooptation via les réseaux sociaux necessite de bonnes compétences relationnelles

 

 

La cooptation se virtualise

 

Toutes les études en témoignent, le recrutement via les réseaux sociaux peine à sortir de l’anecdotique et même s’ils modifient et enrichissent les vecteurs de la recherche d’emploi, ils ne l’ont sûrement pas révolutionnée.

 

En revanche, les médias sociaux méritent une attention toute particulière en recherche d’emploi. Car la cooptation prend de l’ampleur et s’étend au virtuel. Comme en témoigne cette étude de l’Apec: 39% des entreprises l’utilisent. La recommandation devient d’ailleurs cruciale à mesure que le salarié avance dans sa carrière :

 

la part des candidats connus ou recommandés parmi les candidats recrutés croît avec l’âge de ces derniers. Ainsi, près de la moitié des candidats âgés de plus de 50 ans et recrutés en 2011 étaient connus de l’entreprise et/ou recommandés par une personne extérieure”

 

D’autre part, comme le souligne ce billet de TalentPlug, la cooptation par le réseau donne accès au “marché caché”, ce marché de l’emploi qui ne fait pas toujours l’objet d’annonces largement diffusées sur les sites emploi. Appréciée des entreprises, la cooptation coûte moins cher qu’un recrutement classique et semble garantir de meilleures adéquations entre candidat et employeur, comme le résume cette infographie:

 

 

les bénéfices de la cooptation

 

 

Le développement de son réseau professionnel et la cooptation sont des moyens particulièrement intéressants pour tous ceux dont la situation n’aide pas l’employabilité:

 

  • Les personnes aux parcours atypiques
  • Les personnes en seconde partie de carrière et les seniors
  • Les personnes qui ont mené une reconversion professionnelle et sont de retour à l’emploi

Parce que le réseau se virtualise, les liens noués sur les réseaux sociaux (et pas uniquement les réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo) deviennent autant de sources d’opportunités et de cooptation. Et cela a quatre conséquences à prendre en compte:

 

  • L’écart se creuse entre les candidats connectés et peu connectés
  • L’écart se creuse entre ceux qui savent réseauter sur Internet et ceux qui réseautent “à la papa”
  • Les réseaux sociaux sont une mine d’or pour tous ceux qui estiment avoir un réseau professionnel limité et veulent le développer.

Parce que le développement d’un réseau sur les médias sociaux n’a pas grand chose à voir avec celui qui se fait dans la vraie vie,  les compétences relationnelles deviennent indispensables pour les chercheurs d’emploi qui voudraient mettre toutes les chances de leur côté.

 

 

 

Cooptation virtuelle et compétences relationnelles

 

Le fait que la cooptation se déplace de l’IRL (la vraie vie) au virtuel est certainement une bonne nouvelle, car, pour peu qu’on soigne ses compétences relationnelles, il est beaucoup plus facile de se construire un réseau professionnel via Internet que dans la vraie vie, en particulier parce qu’on a la possibilité de venir y nouer des liens simplement, en parlant métier, et non pas se mettre dans l’inconfortable position du demandeur, ou de faire du push de cartes de visites dans des “soirées réseau” ou ceux qui se connaissent parlent entre eux et où l’on peine parfois à entrer en conversation.

 

La leçon à en retirer, c’est principalement de redonner aux médias sociaux leur véritable rôle, que la traduction version calque – et erronée -  des adeptes du Globish rend un peu confus: ce ne sont pas des plateformes sociales, ce sont des plateformes relationnelles. Mais attention, s’il est essentiel d’y faire du relationnel, il s’agit bien de relationnel au sens noble du terme. C’est à dire être là pour y développer autre chose que des accointances vagues et utilitaires, mais bien pour entrer en relation et s’intéresser aux gens AVANT d’espérer qu’ils s’intéressent à vous en retour. Et ces liens se font autour d’un sentiment d’appréciation mutuel, d’affinités qui vont favoriser le partage d’opportunités.

 

Il s’agit donc de s’exposer au travers non seulement de son expertise et de ses compétences métiers, mais aussi au travers de sa personnalité et de sa façon d’être en relation, pour une raison très simple: on coopte une personne qu’on connaît, dont on reconnaît les mérites professionnels, bien entendu, mais aussi et surtout une personne qu’on apprécie.

 

Ceux qu’on mésestime ou dont on ignore la véritable personnalité parce qu’ils restent en retrait derrière leurs compétences professionnelles, personne ne prend le risque de les recommander, parce que c’est toute la crédibilité du coopteur qui est en jeu. Ainsi dans cet article, le site Guichets-RH traite des recommandations sur des réseaux comme LinkedIn:

 

Témoigner publiquement en faveur d’autrui est un acte très impliquant, l’auteur du témoignage s’engage personnellement dans ses propos. On ne recommande pas n’importe qui !”

 

 

 

D’une pierre trois coups!

 

Il y a une autre bonne nouvelle à la virtualisation de la cooptation. Le fait que le travail relationnel devienne incontournable est tout bénéfice pour le chercheur d’emploi, car les compétences relationnelles représentent une part non négligeables des compétences informelles (soft skills) qui sont en passe de devenir le point d’orgue de l’employabilité.

D’autre part, les compétences relationnelles ne sont pas des recettes figées et formatées qu’on peut trouver dans un livre. Elles passent par un renforcement de la connaissance de soi, de la confiance en soi, et ont deux conséquences directes:

 

  • Le développement de l’assurance, cruciale dans les entretiens d’embauche.
  • La construction d’une posture relationnelle forte, qui facilite l’intégration, favorise le bien-être dans son nouveau poste et la collaboration.

Les réseaux sociaux deviennent alors un terrain d’entraînement de choix pour tester notre façon d’être en relation en fonction de ce qu’elle suscite comme comportements en retour. Et d’en tirer des enseignements sur les points à renforcer pour créer un réseau solide, générateur à son tour de confiance en soi. Celle-ci permettra une authenticité sereine et évitera les erreurs relationnelles liées soit au triangle de Karpman, dans lequel nous sommes tous inscrits, soit à la méconnaissance des codes et qui sont légions sur les média sociaux, comme par exemple:

 

  • Le relationnel poudre aux yeux: version je-te-pommade-par-ci-je-te-pommade-par-là inscrit dans le cadre d’une fausse gentillesse qui navigue entre individualisme patenté qui soigne son intérêt personnel et manipulation pure et simple. Et cela finit immanquablement par se faire remarquer.
  • La victime qui crie famine: la recherche d’emploi est une période particulièrement difficile et en même temps, s’étaler en jérémiades quémandeuses ou se plaindre en rond avec d’autres malheureux ne donne pas envie de vous aider.
  • Les maladresses: les messages maladroits du type “vous voulez bien transmettre mon profil à votre carnet d’adresse” ou encore les demandes directes d’opportunités faites aux DRH présents sur les réseaux

Construire cette posture virtuelle favorable au tissage de relations professionnelles nouvelles solides et génératrices d’opportunités se fait au travers:

 

Du renforcement de la relation à soi et de la relation aux autres:

De stratégies d’exposition professionnelles:

 

Et l’on acquiert au passage une posture pleine d’une assurance qui ne la ramène pas, proche d’un charisme qui donne envie aux professionnels avec qui nous tissons de véritables liens de nous coopter. La boucle est bouclée!

 

 

 

Voir aussi

 

Triangle de Karpman et recherche d’emploi

Réseaux sociaux: conseils pour les chercheurs d’emploi

3 astuces relationnelles pour bien commencer sur les réseaux sociaux

Recherche d’emploi: reconstruire la confiance et l’estime de soi

Le non guide de la rechercher d’emploi sur Internet: les réseaux sociaux

Twitter, entre virtuel et IRL

 

 

 

Aller plus loin

Pour élaborer vos stratégies de recherche d’emploi sur Internet ou pour renforcer votre confiance en vous,  pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 01 39 54 77 32

 

 

Job crafting: devenir l’artisan de son propre plaisir au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans : Vie professionnelle

 

 

Le job crafting consiste à mettre les doigts dans le cambouis d’un job imparfait pour le mettre à sa main et le rendre plus agréable et satisfaisant. Au prix d’un peu d’exploration, d’huile de coude et au bénéfice d’un quotidien professionnel remodelé, pimenté, amélioré, devenir l’artisan de son propre plaisir au travail est bénéfique à plus d’un titre. Décodage d’une pratique jubilatoire!

 

 

 

Devenir l'artisan de son propre plaisir au travail, bon pour l'efficacité et l'estime de soi

 

 

 

Job crafting: le petit futé du plaisir au travail

 

Le job crafting consiste à façonner son travail par soi-même, dans plusieurs de ses dimensions, de manière à le mettre à sa main et y trouver davantage de plaisir, d’engagement, de motivation, de résilience, de satisfaction. Les Job crafters peuvent modifier les contours de leur poste de bien des manières, comme le souligne cette étude de l’Université du Michigan What is Job Craftin and Why does it Matter?:

 

 

  • Les tâches: leur nature, ampleur, variété et quantité
  • Les méthodes de travail (un comptable qui créée un nouveau mode d’archivage pour rendre cette tâche moins répétitive)
  • L’organisation
  • La perception des tâches (par exemple, focaliser sur l’utilité et la contribution d’une tâche ou d’un métier)
  • Les relations interpersonnelles
  • etc

Crafty, c’est aussi être malin, futé et c’est une idée que j’aime bien dans le fait de se prendre par la main pour mettre son boulot à sa main, car c’est une entreprise qui demande d’être inventif, de sortir des sentiers battus, d’oser expérimenter d’autres façons de travailler. Du coup, se mettre au job crafting, c’est aussi explorer les recoins de sa débrouillardise et reconnaître les ressources qu’elles recèlent. En d’autres termes, devenir l’artisan de son propre plaisir au travail est bon autant pour le sentiment de satisfaction qu’on en retire que pour l’estime de soi.

 

Disons-le tout net, le job crafting n’a rien de nouveau, puisqu’il s’agit, pour un salarié, de façonner de sculpter son job jusqu’à en faire un travail a minima satisfaisant et potentiellement jusqu’à un boulot dans lequel il trouve plaisir, satisfaction et épanouissement professionnel. C’est ce qu’Ithaque propose depuis cinq ans sous l’appellation « Job idéal et vitamines mentales ».

 

 

 

Artisan du plaisir au travail : parce qu’on met les mains dedans !

 

L’artisan, c’est celui qui met les mains dans sa matière première, qui la sculpte, qui la modèle, qui la transforme, qui l’agence en choisissant à chaque fois l’outil adapté à ses besoins. Bref, son job est concret, pragmatique, il demande de la réflexion, aussi il ne s’imagine pas qu’en faisant un exercice de visualisation, il va d’un seul coup d’un seul transformer des bouts de tuyaux en une plomberie, des rouages en horloge.

 

Dans le même ordre d’idée, ce n’est pas la méditation, la relaxation ou la sophrologie qui vont vous permettre tout à coup de transformer un boulot ennuyeux ou stressant en job de rêve. Seules les actions concrètes destinées à façonner votre quotidien professionnel à votre main vous aideront à vous rapprocher d’un job qui, à défaut d’être parfait, deviendra bien plus satisfaisant et générateur de plaisir. Ces trois techniques quant à elles pourront accompagner et faciliter la mise en action, mais pas s’y substituer.

 

Bref, on se rapproche du job idéal en se retroussant les manches et en mettant les mains dans le cambouis de ses rouages, parce qu’il est une réalité à inventer, pas en attendant le passage de la fée du management ou en le visualisant passivement.

 

Modeler son boulot pour y trouver plus de plaisir, de fluidité, de sérénité

 

 

 

Inimitable noblesse d’âme des entreprises

 

Le terme job crafting est l’un des rares qui n’a pas vraiment trouvé son public auprès des français pourtant friands (et étonnamment toujours pas gavés) d’américanismes de tout poil. Il ressort régulièrement dans les colonnes de nos publications sans vraiment s’y faire une place, là où le concept de « bonheur au travail » est en passe de trouver ses lettres de noblesse. Ses dernières occurrences ont un goût de récupération déguisée en « innovation » managériale, avec à la clé le risque d’une modélisation et d’une application normée aux antipodes de ses principes : ce serait une politique interne aux entreprises qui « laisseraient » chaque employé façonner son boulot. Nobles entreprises !

 

Sous la plume des Echos, le job crafting a changé de camp et est devenu « est l’art de laisser le collaborateur libre de « façonner » son travail pour le rendre plus attractif. Cette démarche responsabilisante qui implique l’assentiment du top management ». Cette notion d’assentiment du management est une bonne chose, si elle se limite à encourager les salariés à faire les demandes d’adaptation qui amélioreraient leur qualité de vie au travail, et de prendre en compte ces demandes – ce qui d’ailleurs ne signifie pas tout accepter.

 

La où elle me laisse plus perplexe, c’est qu’elle dit aussi en substance aux entreprises de s’approprier l’affaire et de lui donner un cadre bien contrôlant, de crainte peut-être que les salariés s’octroient un brin trop de pouvoir. Or, le job crafting est bien l’inverse : la façon dont le salarié s’approprie et modèle son travail ou sa fonction pour les rendre plus agréables se fait indépendamment de l’entreprise, voire même à son insu, lorsque son accord n’est pas nécessaire.

 

Car tous les ajustements que l’on peut mettre en œuvre dans son quotidien professionnel n’ont pas besoin d’être modélisés, cadrés et surveillés. Et c’est bien là leur force : ils répondent à des besoins et des aspirations individuelles qui lui donnent toute son efficacité. Et si certains nécessitent l’accord de l’entreprise, c’est bien la liberté du salarié que d’en faire la demande ou non.

 

 

 

Plaisir au travail: une marge de manœuvre à redécouvrir

 

Et c’est en cela que le job crafting est intéressant : il reconnaît de facto au salarié – comme à n’importe quel autre travailleur – une réelle marge de manœuvre dans l’adaptation de son poste à ses besoins, de manière à ce qu’il soit davantage une source de plaisir que de contraintes. Les études menées sur le job crafting montrent que, si les métiers à forte autonomie offrent une plus grande variété d’adaptations possibles, même les métiers qui s’effectuent dans les conditions les plus rigides sont susceptibles d’être ajustés pour mieux correspondre à nos attentes. Et cette latitude a l’avantage de ne dépendre que de notre motivation à oeuvrer pour mettre en place des alternatives.

 

Bien éloigné d’un levier managérial normatif, c’est un peu l’open source du plaisir au travail : chaque salarié peut identifier librement des points d’amélioration qui lui sont propres et agir dans leur sens à sa guise et surtout, selon l’expression individuelle de ses besoins.

 

L’exploration de cette marge de manœuvre est une escapade réjouissante au pays des possibles et en particulier de ces possibles insoupçonnés, que nous avons tendance à rejeter un peu trop vite, jusqu’à ne même plus en avoir conscience. La morosité ambiante et le management absurde nous poussent à croire que ces petits changements nécessaires à notre bien-être, à notre plaisir et à notre efficacité, nous ne les obtiendrons jamais. Du coup, nous avons vite fait de les remettre dans un tiroir étiqueté « envies irréalistes » ou « trucs de bisounours », selon nos références personnelles, et de les oublier là. En d’autres termes, à force de croire que nous n’avons pas de marge de manœuvre, nous oublions purement et simplement ce dont nous avons besoin.

 

 

 

De bonnes raisons de prendre son plaisir au travail en main

 

Si le plaisir au travail ne se construit pas en un tour de main,il y a des tombereaux de bonnes raisons de s’y mettre par soi-même et pour soi-même et vivre son boulot avec sérénité, naturel et fluidité, sans se poser des questions existentielles en permanence.

 

 

le job crafting pour plus de plaisir au travail et de sérénité

 

 

Parce que c’est bon pour l’efficacité et la performance

Les tâches effectuées davantage dans le plaisir sont, de façon générale, faites mieux et plus vite. L’une des grandes avancées managériales de ces dernières années, c’est l’acceptation d’une évidence : le plaisir au travail décuple la performance et l’efficacité. Et qu’il est bien plus que l’introduction de divertissement sur le lieu de travail: il est intrinsèquement lié à la façon d’effectuer la tâche. Voir:

 

Parce que vous êtes le(la) mieux placé(e) pour l’expérimenter

Les conditions du plaisir au travail sont profondément individuelles, le job de rêve de l’un est le cauchemar de l’autre. La seule définition du job idéal qui tienne, c’est un boulot qui correspond à nos besoins, à nos valeurs et à nos aspirations et ceux-là sont une combinaison unique et non modélisable. Personne d’autre que nous-mêmes n’est mieux placé pour identifier ces éléments et les expérimenter, de façon à voir dans quelle mesure ils répondent effectivement à nos attentes et ainsi dessiner petit à petit les contours d’un plaisir au travail dont les leviers ne sont pas toujours simples à identifier. Voir:

 

Parce que l’entreprise ne peut pas toujours le faire pour vous

Si l’entreprise peut créer les conditions pour chaque salarié de trouver du sens, de bien faire son travail et d’y prendre du plaisir, cela ne signifie pas pour autant que ça va être le cas pour tous.  Chacun d’entre nous a ses propres besoins, critères, définitions et convictions qui font que nous allons adhérer ou pas, nous approprier l’environnement propre à l’entreprise ou à une équipe spécifique… ou pas.

 

Il est certainement de la responsabilité de l’entreprise de créer ces conditions, en revanche elle ne peut pas garantir leur universalité. Mieux vaut donc s’attacher à bien connaître ce qui est source de plaisir au travail pour nous-mêmes et le mettre en œuvre, plutôt que d’attendre passivement que votre plaisir au travail vous soit servi sur un plateau. D’autant que si ça arrivait, cette cuisine-là aurait plus de chances de ressembler à la tambouille de la cantine (pardon, du restaurant d’entreprise) qu’à une escapade méritée chez Anne-Sophie Pic.

 

D’autre part, l’entreprise ne peut pas faire ce qu’elle ignore. Or, nous avons tendance à croire que ce qui est valable pour nous est valable pour tous et donc que l’entreprise devrait le savoir. Nous avons tendance à penser qu’il y a des évidences suffisamment visibles pour être vues – sans nous rendre compte que les autres ne peuvent pas savoir ce que nous ne communiquons pas et que le probabilité qu’ils nous donnent ce que nous ne donnons pas se situe légèrement en dessous de l’amer.

 

 

Parce que c’est fun, motivant et valorisant

Etre largement responsable de son propre plaisir au travail donne le sentiment de piloter sa vie professionnelle plutôt que de la subir. C’est valorisant et motivant : les résultats obtenus alimentent l’envie d’aller plus loin d’une part, favorisent l’engagement et le regard positif sur soi-même d’autre part. Façonner son job en fonction de ses valeurs, de ses appétences et de ses besoins permet de minimiser l’ennui, de retrouver du sens et de la motivation au travail. Voir:

 Parce que les opportunités d’adaptation se multiplient

Entre le télétravail, les tiers-lieux, le co-working, les nouvelles technologies et le début de flexibilité des entreprises, les pistes d’adaptation d’un job se multiplient. Nous avons et allons avoir de plus en plus la possibilité d’adapter notre travail à nos modes de vie plutôt que le contraire. Il serait dommage de passer à côté! Voir:

Parce que ça entretient la débrouillardise, la sérendipité et la capacité à saisir les opportunités

Inventer les moyens de mettre en œuvre les changements nécessaires à l’amélioration du quotidien professionnel rend plus ouvert à toutes les sources de créativité dans la recherche de solutions : débrouillardise, sérendipité, imagination. Autant de qualité développées qui seront aussi utiles à l’efficacité personnelle. Voir par exemple:

 

Parce que ça demande du courage et donc renforce la confiance en soi

Il n’est pas facile de faire des demandes qu’on a jamais faites, qu’on a jamais osé faire, de reformuler des demandes qui ont déjà été rejetées. En particulier lorsque nos craintes nous poussent à croire qu’elles ont être rejetées (à nouveau). Il n’est pas non plus toujours simple de s’accorder le temps d’expérimenter de méthodes ou organisations inédites et étrangement personnelles, parce que faire autrement que ce qu’on nous a toujours répété à l’école ou en séminaire de gestion du temps, ça paraît hasardeux. Le courage, c’est bien le fait de faire ce qui nous fait peur et en faire preuve est une source de renforcement de l’assurance et de la confiance en soi.

 

 

Parce que c’est bon pour l’humeur et l’estime de soi

Il y a une grande satisfaction à être l’artisan de son plaisir au travail, en particulier en ces temps délétères et moroses où il est plus facile – et de bon ton – de râler, de faire preuve d’un fatalisme consterné et de rejeter la faute (de préférence sur la France, terrain de toutes les offenses) que d’agir.

 

Cette satisfaction naît du fait que c’est nous qui avons piloté ces changements, en dépit de l’ambiance générale, en dépit des pessimistes et des pisse-vinaigre, en dépit des croyances véhiculées partout, en dépit de nos entreprises et leur management anté-ferroviaire. C’est construire son odyssée indépendamment des idées reçues, s’affranchir des limites qu’on cherche à nous imposer. Renforcer le plaisir au travail devient alors un véritable accomplissement, un tour de force au milieu des troupeaux de fâcheux qui vous expliquent que c’est impossible, illusoire, inutile et que de toutes façons, comme dirait Mémé Huguette, on est pas là pour rigoler. Bref, devenir l’artisan de son propre plaisir au travail, c’est conquérir un Everest personnel, ça a quelque chose de profondément réjouissant, voire de jubilatoire, qui donne le sentiment d’être content de soi, en plus d’être plus heureux au boulot. Voir

En d’autres termes, c’est bon pour l’estime de soi autant que pour l’humeur au quotidien. Le job crafting devient une véritable vitamine mentale qui donne de l’énergie, autant pour accomplir ses tâches professionnelles que pour entreprendre autre chose, si finalement c’est le message de nos expérimentations, comme par exemple, se lancer dans une évolution de carrière, et pourquoi pas une reconversion ou une création d’entreprise. Voir:

 

Parce qu’un travailleur heureux est plus collaboratif

La capacité à collaborer et à renforcer l’intelligence collective est au cœur de toutes les questions managériales du moment. Or, un adepte du job crafting aura d’autant plus de chances de laisser son égo de côté au profit de l’estime de soi, au bénéfice de cet esprit collaboratif, parce qu’il renforce sa confiance et son image de lui-même et est donc moins craintif de la relation et de jeux de pouvoir qui peuvent s’y nouer, moins à même d’y céder au profit d’un positionnement fort, voire d’un leadership augmenté. Voir:

 

Parce qu’il fait bon être le héros de votre odyssée professionnelle

Il fait bon se sentir en mesure de mener les ajustements nécessaires à notre bien-être professionnel plutôt que subir, espérer passivement, accumuler les attentes et les déceptions. Ce qui entretient le sentiment d’impuissance, la frustration, les comportements victime et les aigreurs d’estomac.

 

La confiance en soi et l‘énergie générées par la conscience de sa propre capacité à influer sur la nature et le déroulement de notre quotidien professionnel donne une grande force intérieure, sereine et dynamique à la fois, qui fait l’étoffe des héros de nos odyssées professionnelles et construisent le charisme et le leadership. Voir:

 

Parce que c’est un moyen de déterminer s’il est temps de changer de boulot ou de métier

Votre job est stressant ou aussi ennuyeux qu’un dimanche chez belle-maman, ce qui vous pousse à vous demander s’il est temps d’une changer ? Se mettre au job crafting et s’entraîner à implémenter des changements salutaires dans le boulot actuel  est un bon moyen d’expérimenter et d’identifier un marge de manœuvre qui s’avérerait insuffisante et mériterait donc de réfléchir à une transition professionnelle. Voir:

 

Parce que la vie professionnelle est trop longue pour s’emmerder au boulot!

Nous passons bien trop de temps au travail pour accepter qu’il ne soit qu’un alimentaire morose. Même si votre vie professionnelle n’a pas d’autre sens que de financer votre vie personnelle, vous avez le droit d’y prendre du plaisir! Nous avons tous le droit à une vie professionnelle a minima agréable! Le travail n’a pas à être synonyme de son éthymologie et à n’être qu’un labeur pénible et sans relief: il peut être beau et rendre heureux, comme dirait Boris Cyrulnik.

 

Et pour cela, il n’est pas toujours nécessaire d’opérer un changement de métier à 180°. C’est d’ailleurs l’option que finissent par choisir 40% de mes clients en reconversion qui, en testant les leviers de leur plaisir au travail, découvrent que leur métier actuel a toujours du sens pour eux et que le désir de reconversion n’était qu’un indicateur du mal-être face à ses conditions d’exercice et des ajustements nécessaires pour retrouver du sens, de la motivation, de la satisfaction.

 

 

Tout ce dont nous avons besoin, pour mettre notre job à notre main, c’est d’un peu d’huile de coude et de deux trois outils. De l’huile qui nous fait fonctionner la cafetière, dans un premier temps, pour évaluer les adaptations appétissantes. Puis les outils pour passer à l’action,  autant pour ce qui nécessite de faire des demandes auprès de son manager ou de la RH, que ce qui ne nécessite que des ajustements personnels.

A vos tournevis, burins et marteaux, la semaine prochaine nous verrons comment vous y prendre concrètement pour devenir des job crafters et gagner en plaisir au travail;)

Et en attendant, deux exemples de job crafting:

 

Reconversion professionnelle: quand le coaching est superflu

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Non, le coaching n’est pas toujours nécessaire dans un projet de reconversion professionnelle. La preuve par l’exemple, c’est le cas de Louise, consultante en marketing après sa sortie de Siences Po, devenue spécialiste du bien-être au travail par le rire et la joie, sur lequel je vous propose de revenir pour explorer les trois critères de l’accompagnement inutile.

 

 

 

Les trois conditions pour mener sa reconversion sans accompagnement

 

 

 

La triplette du coaching superflu

 

Vous le savez, j’aime bien les triplettes, qu’elles soient relationnelles, opérationnelles ou autres, car le tri-dimensionnel, ça donne de la profondeur de champ et c’est comme les pieds d’un tabouret: ça tient mieux qu’à deux.

 

Vous le savez aussi, l’un des objectifs du coaching, c’est l‘autonomie du client, en particulier dans sa capacité, au delà de la mission de coaching, à agir par lui-même dans le sens des objectifs travaillés pendant l’accompagnement. En d’autres termes, un coaching confiance en soi, par exemple, doit déboucher sur l’aptitude du client à entretenir et nourrir la confiance qu’il a construite, à en gérer les hauts et les bas par lui-même.

 

Dans le cadre d’une reconversion, il s’agit de réunir les trois conditions d’une dynamique efficace et sereine vers un projet motivant, une dynamique qui lève les freins et confère à celui qui la porte une détermination et une motivation qui soulèvent des montagnes ou a minima, en franchissent les cols sans ramollir, parfois malgré les obstacles rencontrés en cours de route.  Nous avions vu ces trois conditions en détails dans le billet Reconversion professionnelle et lecture émotionnelle. Les freins à un changement de métier sont en effet essentiellement émotionnels et répondre à ses besoins au travers de trois questions fondamentales permet de dépasser les craintes, les agacements ou la fatigue qu’un tel projet peut engendrer.

 

  1. Un projet pertinent, clair et atteignable (au vu de la spécificité de la personne). C’est le quoi que l’on affirme avec assurance et conviction.
  2. Un projet porteur de sens c’est le pourquoi de cette bifurcation professionnelle, les raisons pour lesquelles il nous donne le sentiment d’oeuvrer à quelque chose d’utile, de grand, de beau, d’important. Ces raisons qui sont ultra personnelles et ne se justifient pas donnent une forte motivation, de l’envie, de l’énergie.
  3. Un projet inscrit dans itinéraire précis, c’est le comment, constitué d’étapes à franchir, d’actions concrètes à mener, qui donne le calme, la confiance, le courage de celui qui sait où il va.

Lorsque le candidat à un changement de métier a les idées claires sur ces trois composantes de son projet, à moins d’un frein majeur, par exemple de l’ordre de la dévalorisation et du manque de confiance en soi, il dispose d’un trépied solide sur lequel il peut suffisamment s’appuyer pour tracer son nouvel itinéraire professionnel tout seul.

 

 

 

Reconversion coaching inutileLe coaching (de Louise) n’aura pas lieu

 

Après un parcours très classique qui l’a menée de Sciences-Po au métier de consultant, Louise s’est très rapidement sentie en manque de sens dans son métier et s’est mise à explorer des alternatives telles que le métier de clown et le rire. Avant de venir me voir, elle avait déjà sonné à plusieurs portes pour se faire accompagner dans son projet de reconversion… sans succès. Trop jeune, pas assez d’ancienneté pour les uns, un projet ridicule pour les autres, il n’y a qu’à Sciences Po où, étonnamment peut-être, elle a trouvé un oreille attentive à son projet. Mais pas d’accompagnement.

 

Louise remplissait déjà les 3 conditions d’une reconversion professionnelle assez radicale et qu’un coaching était superflu. Peut-être Louise aurait-elle eu besoin d’un accompagnement si elle avait manqué d’un brin de confiance en elle, si elle avait eu quelques doutes ou besoin de construire les étapes de son projet. Mais l’objectif, ses bénéfices et l’itinéraire pour y parvenir étaient déjà suffisamment clairs pour être mis en oeuvre. Elle avait probablement simplement besoin de verbaliser son projet en détails – plutôt que par bribes, comme on le fait souvent avec son entourage – pour prendre conscience par elle-même qu’elle était en mesure de se lancer sans accompagnement.

 

 

 

Un projet, trois piliers

 

“En octobre 2012, quand je suis allée voir Sylvaine, cette décision de changer de vie était toute récente, elle avait à peine deux mois. Si mon entourage me soutenait dans mon désir d’être heureuse, en revanche, ce choix d’aller vers le rire et le clown lui faisait peur. J’étais moi-même angoissée et je ressentais le besoin d’être guidée, conseillée et structurée par quelqu’un d’extérieur.”

 

C’est bien l’inquiétude contagieuse de son entourage qui a fait croire à Louise que son projet nécessitait un accompagnement. Cependant, l’entretien d’exploration a permis de mettre au jour les trois piliers sur lequel il reposait, qui l’ont finalement convaincue qu’elle était déjà prête à le mener toute seule.

 

 

 

1- l’objet : un projet cohérent avec elle

 

Louise est donc venue me voir avec un projet comme je les aime, un projet qui parle aux tripes, dans sa musette: développer le bien-être par le rire, la joie, les clowneries, selon ses propres termes. Elle l’exposait avec un enthousiasme contagieux, une assurance tranquille et la certitude convaincante d’avoir trouvé son chemin.

 

Son projet consistait à animer des ateliers pour les particuliers autour des jeux (jeux coopératifs, théâtraux, psychomoteurs, jeux de créativité etc) et du rire sans raison, dans le but de favoriser le lâcher prise, l’audace, ja joie, la confiance, la collaboration, l’expression de soi.

 

 

2- Le sens, la direction

 

Un stage à l’école du rire avait été pour elle la confirmation d’une conviction, celle que la vie doit être “entrecoupée de respirations ludiques qui boostent le corps et la tête et donnent envie d’avancer”, dit-elle.

Louise s’était aussi penchée sur son parcours et avait identifié sa logique interne et ses contradictions, ce qui lui avait permis de se rendre compte qu’il était tout naturel pour elle d’arriver là, prête à se lancer dans une reconversion. Et cet itinéraire bis professionnel faisait sens car il lui permettait d’offrir aux autres:

 

  • La possibilité de mettre un peu de légèreté, de moments de vie, de joie, de simplicité dans leur vie, valeurs essentielles à ses yeux et donc le commun des mortels manque parfois cruellement
  • La possibilité d’être acteurs de leur propre joie, plutôt que spectateurs passifs ou attentistes d’une bonne humeur générée par des événements extérieurs.

Jusque-là, on pourrait encore y voir une attirance de mode pour un développement personnel qui est à l’individu ce que la chambre d’hôte est au projet professionnel: une promesse potentiellement illusoire de vie de carte postale. Seulement voilà: Louise avait déjà un plan de route suffisamment solide pour achever de convaincre même le plus pisse-vinaigre des pessimistes de l’intérêt et de la faisabilité de son projet.

 

 

3- Le plan de route

 

Louise avait déjà aussi un idée précise des étapes à franchir pour mener à bien les deux phases de son projet: la formation et le développement de son activité:

 

  • Elle avait déjà fait un premier stage de rigologie qui lui avait confirmé son désir d’aller plus loin.
  • Elle avait l’intention de compléter cet apprentissage par deux modules de formation supplémentaires.
  • Elle était inscrite à une formation PNL pour apprendre les bases de la relation et affiner ses techniques d’animation par la connaissance de l’autre et de ses fonctionnements.
  • Elle avait identifié une solution de mise en oeuvre: la création d’une association pour donner un cadre à ses ateliers et obtenir un local auprès de la mairie. Le nom de l’association était trouvé et elle savait déjà comment elle allait la faire connaître, quelle identité elle allait lui donner et avec qui elle allait la monter.
  • Elle avait bouclé la question du financement de ses formations et de son début d’activité.
  • Le business plan était fait, elle avait les idées claires sur le CA à dégager pour que son activité soit viable.
  • Elle avait conscience des atouts de personnalité sur lesquels elle pouvait s’appuyer – la détermination et une forme réjouissante d’enthousiasme contagieux et convaincant à la fois – et comment s’appuyer sur des valeurs pour parler d’ateliers qui se vivent plus qu’ils ne s’expliquent.

 

Peut-être qu’exposer son projet de A à Z lui a permis d’entrevoir sa solidité et de parvenir ainsi aux “vingt secondes de courage insensé” qui sont le tremplin de tels projets de reconversion (et dont nous aurons l’occasion de reparler;). Elle a donc choisi de ne pas être accompagnée et a mené une reconversion bien ficelée:

 

  • Septembre 2012: Louise suit un stage de rigologie
  • Octobre 2012, Louise vient me voir et décide de ne pas se faire accompagner
  • Novembre 2012: elle crée son association Pêche ton bonheur
  • Novembre 2012: elle démarche et obtient une salle dans un centre socio-culturel
  • Janvier 2013: elle fait ses premiers ateliers

 

 

Reconversion: J+2 ans, de Louise Pescheux à Lou Divine

 

Nuit de l'optimisme Louise Pescheux

 

J’ai retrouvé Louise à la Nuit de l’optimisme en 2014. Elle animait la décapante mise en bouche de cette soirée et a plongé en quelques minutes une salle de 300 personnes dans une allégresse collective immédiatement génératrice de lien entre les participants. Je suis bien entendu allée la voir et une discussion plus loin, je me suis rendue compte que Louise avait fait évoluer son projet, avait saisi toutes les opportunités de le faire grandir et se développer. Elle est aujourd’hui spécialisée dans le bien-être au travail par le jeu et le rire. Et comme son parcours depuis Sciences-Po jusqu’à Lou Divine (son nom de scène) est passionnant, je vous propose de le découvrir très prochainement;)

 

 

 

Voir aussi

Carrière: le désir de reconversion

Reconversion professionnelle: une affaire de tripes!

Reconversion professionnelle: milieu de carrière et questionnements

Reconversion professionnelle: déterminer s’il est temps de changer de métier

Changer de métier: les reconversions trop raisonnées-raisonnables, sources d’échec

Reconversion professionnelle: vous avez demandé la Lune… ne quittez pas…

Reconversion professionnelle: Ithaque 1er influenceur sur le changement de métier

Reconversion professionnelle et leadership de soi

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez élaborer un projet, construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Connaissance de soi: ce que nos lectures disent de nous

Sylvaine Pascual – Publié dans:  Connaissance de soi

 

 

Dans un post sur Facebook, Vincent Rostaing, qui n’est jamais à cours d’idées, a lancé la question: quels sont les 10 livres qui vous ont le plus marqués? Je me suis prêtée avec plaisir à l’exercice et, la sérendipité passant par là, j’y ai trouvé un vecteur fascinant de connaissance de soi qu’il me réjouit de vous partager.

 

 

Les livres qui nous ont marqués sont les révélateurs de nos valeurs et convictions

 

 

 

Les lectures qui nous ont marquées, révélateur de notre identité

 

Certains livres ont été le prolongement de valeurs familiales, d’autres au contraire sont venus ébranler les remparts de l’éducation, des croyances dont nous sommes les héritiers et nous ont ouvert les portes de mondes encore inexplorés. Ils ont pu éclairer des idées que nous nous sommes alors appropriées, enrichir des connaissances, les teinter d’angles de vue jusque-là insoupçonnés, élargir nos champs de vision, stimuler l’imagination. Dès lors qu’il laisse une trace, si un livre ne change peut-être pas une vie, il apporte des idées, des perceptions qui, aux contact des nôtres, sont vecteurs de petits changements, de bifurcations, d’évolutions qui participent de la forge de nos identités.

 

La nature de ce qu’on retient d’un livre n’a pas d’importance, cela peut tenir autant du récit, du contenu, que d’un personnage, d’une émotion, du style, de la structure narrative. Ce qui compte, ce sont bien les mots qui nous viennent pour décrire les répercussions sur nous-mêmes et les facettes de notre personnalité, de notre identité, dont ils sont le reflet.

 

Parce que ces livres nous ont influencés, construits, ils ont modelé une part de nos idées, de nos convictions, de notre philosophie de vie, ils sont une mine d’or pour qui veut aller à la rencontre de lui-même et de ses valeurs, à la rencontre de ce parcours d’édification de son identité, d’y retrouver une logique, un fil rouge qui, au gré du temps, a fait de nous ce que nous sommes. Et de donner un éclairage intéressant à nos engagements, notre mode de vie, nos itinéraires professionnels.

 

 

 

Mini coaching: vos livres et vous

 

Il s’agit de réfléchir à ces livres qui, de l’enfance à aujourd’hui, ont laissé une empreinte indélébile dans notre mémoire, ces livres qui restent en nous et nous habitent.

 

Quels sont les livres qui vous ont le plus marqué?

Qu’en avez-vous retiré?

En quoi vous ont-ils influencé? Construit?

De quoi sont-ils le reflet, en termes de convictions, d’opinions, de valeurs, de besoins?

En qui ont-ils participé à la construction de la personne que vous êtes aujourd’hui?

 

 

 

Mes lectures et moi

 

En me penchant sur cette application introspective, je me suis rendue compte combien les lectures qui ont marqué ma mémoire sont révélatrices du parcours qui m’a menée à mon activité professionnelle d’aujourd’hui, à la façon dont je pratique mon métier de coach et aux convictions qui sous-tendent cette pratique. Voici donc quelques-uns de ces livres et des traces qu’ils ont laissées chez moi:

 

 

Mes-lectures_GideLes rubaiyats – Omar Khayyam et Les nourritures terrestres – André Gide

 

Ces deux livres m’ont donné ce goût de la vie, ce désir de savourer dans le présent chaque parcelle d’émotion et d’en saisir toute la sève, de célébrer l’instant et le plaisir des sens, la jouissance. Parfois en dépit des épreuves, parfois comme réponse à celles-ci, parfois simplement pour eux-mêmes, parce qu’ils sont source d’énergie vitale. Il y a probablement là la source de mon principe des Vitamines mentales

 

 

 

5893Les mines du roi Salomon – Henry Rider Haggard

 

Probablement le livre que j’ai le plus lu et relu, il est le symbole des quantités de romans d’aventure que j’ai lus, de James Oliver Curwood à Frison-Roche. Il se trouvait chez mes grand-parents et je le relisais chaque fois que j’y allais. Je me souviens de l’anticipation fiévreuse à l’idée de me saisir de ce vieux livre à l’odeur poussiéreuse et de me plonger dedans pour ressentir à nouveau le sable brûlant du désert, le goût de la soif, l’émerveillement de la découverte, l’étonnement de la différence… le champ des possibles. Il résume à lui seul mon goût de l’aventure, de l’exploration, du dépassement de soi, de la capacité à surmonter les difficultés pour aller au bout de ses désirs, à se confronter à la nature. Tout ce qui m’a tant poussée à arpenter montagnes et déserts;)

 

 

 

moby_dickMoby Dick - Herman Melville

 

Un livre exceptionnel à bien des titres. Etude microcosmique des relations humaines, des hiérarchies, de la société en général, il est une réflexion sur la condition humaine qui dépasse le mythe de l’Amérique qu’il dénonce. Récit d’aventure et roman initiatique, il évoque aussi la quête de soi qui mène aussi à l’amitié, à la solidarité, à l’élan fraternel, des valeurs relationnelles qui sont un rempart à la folie des hommes. Je m’arrête là, je pourrais logorrhéer jusqu’à plus faim sur l’intéret majeur de ce bouquin. Ce qui m’a marqué, c’est la traduction dans un style et une langue extraordinaires (au sens qui sortent de l’ordinaire), d’une vision d’un monde déjà fou au 19ème… et l’importance de prendre du recul, d’observer, de contempler, d’analyser plutôt que de se jeter dans des quêtes absurdes, en particulier sous l’emprise de “leaders charismatiques”, dont les ambitions personnelles ne sont pas les nôtres. Il est aussi ma rencontre avec la littérature.

 

 

 

la découverte de l'altérité et de sa vision du mondeLes croisades vues par les Arabes – Amin Maalouf

 

L’ouverture d’esprit, le désir d’aller au delà des apparences et des discours et d’explorer d’autres points de vue, d’autres perceptions, de traverser le miroir aux idées reçues. C’est pour moi la découverte et la reconnaissance de l’altérité dans toute sa force et de l’importance d’observer l’autre, de l’écouter, de développer une empathie qui permet de comprendre ses étranges motivations.

 

 

 

esthetique littéraire et réalité complexe qu'on interprète souvent trop vitePale Fire - Vladimir Nabokov et The Aspern Papers - Heny James (et Moby Dick)

 

Le plaisir de la littérature et la force de l’écriture, la beauté dans les mots et dans les représentations que nous en faisons sur notre écran mental. J’aurais pu mettre ici Victor Hugo, Boris Vian et quantités de poètes. La satisfaction profonde qu’il y a à faire sens d’une réalité complexe, qui ne se dévoile que par petites touches et qu’on interprète souvent trop vite. L’intelligence et le plaisir d’une lecture fine et nuancée de cette réalité, au travers d’une langue aux registres variés, de l’enchantement de styles dont la richesse esthétique est l’écrin.

 

 

 

la naissance d'une conscience social, la place de l'individu au coeur des collectifsLe zéro et l’infini – Arthur Koestler

 

La naissance d’une conscience sociale, la façon dont nous perpétrons les systèmes qui nous asservissent (qu’ils soient politiques, économiques, managériaux ou tout simplement familiaux et individuels). La relation entre l’individu et les collectifs dans lesquels il évolue, et indépendamment de la conclusion du livre, le besoin d’insoumission et de désobéissance dès lors que ceux-ci prennent une teinte totalitaire (que le conformisme et la norme imposent souvent). Le besoin d’équilibre entre l’utile collectif et le bien-être individuel, pour que puisse respirer et agir en fonction

 

 

 

Liberté de ton et d'esprit, comment être soi malgré les autresTous les vieux San Antonio – Frédéric Dard

 

Pour la liberté (de ton, de parole, d’esprit), l’humour sans complexe, la création sémantique, la truculence. Il représente pour moi l’autorisation qu’on se donne (ou pas ) à être soi, à oser faire ce qui nous tient à coeur à notre manière, sans se brider de peur de déplaire. Il y a une grande force là dedans.

 

 

 

contradictions de la guerreHomage to Catalonia - George Orwell et Day over night over Day – Paul Watkins, qui aurait pu être remplacés par A l’ouest rien de nouveau – Erich Maria Remarque

Qui résument une fascination pour la littérature de guerre qui a été l’objet de mes études universitaires et les récits de l’impact de celle-ci sur l’être humain, les paradoxes intrinsèques dont elle est le reflet : de la fleur au fusil au désastre, les schémas qui se répètent malgré la connaissance que nous en avons, tous les courages et toutes les lâchetés dont elle est le révélateur, Les notions d’engagement, d’abnégation, mais aussi le désenchantement, le vide, le sacrifice au nom de quoi?

 

C’est à vous!

 

 

Voir aussi

 

Connaissance de soi: les décisions cruciales

Epreuves et construction de soi

Connaissance de soi et cinéma

Connaissance de soi et traditions

Connaissance de soi: les valeurs morales

Connaissance de soi: belles contradictions

Connaissance de soi: les messages contraignants

Les valeurs, énergie renouvelable de la motivation

 

 

 


Aller plus loin

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Enquête: votre mobilité professionnelle… et vous

Sylvaine Pascual – Publié dans: l’actualité d’Ithaque / Vie professionnelle

 

 

 

Mobilité professionnelle et employabilité sont devenues les deux mammelles des publications orientées carrière, car entre la précarisation de l’emploi et les injonctions d’autonomie qui fleurissent  comme des géraniums aux balcons des entreprises en quête de “flexibilité”, les inquiétudes poussent les salariés à s’y intéresser de plus en plus près. Le point de vue des entreprises et des médias, c’est bien. Mais quid de la relation que les salariés entretiennent avec cette mobilité? C’est l’objet de cette enquête à laquelle je vous propose de participer.

 

 

 

enquête sur les mobilités professionnelles et la relation que les actifs entretiennent avec elle

 

 

 

Enquête mobilité: Une histoire de collaboration

 

L’enquête en question est le fruit d’une collaboration de plusieurs mois avec trois consultantes qui oeuvrent aussi dans le domaine des transitions professionnelles et s’intéressent de près à la relation que les salariés entretiennent avec l’idée de leur propre mobilité et leur propre employabilité: le regard qu’ils portent sur les dispositifs, les actions qu’ils mènent, les freins et obstacles qu’ils rencontrent.

 

Face aux injonctions permanentes « se prendre en main », « devenir salarié acteur », « ne pas tout attendre de l’entreprise », face aux évolutions en cours du marché du travail, comment chacun voit-il sa propre mobilité, sa propre employabilité?  Nous avons souhaité recueillir à la fois les réactions des personnes et  les actions concrètes qu’elles réalisent pour développer leur employabilité, qu’elles soient en activité ou en recherche d’emploi.

 

L’élaboration de cette enquête a été coordonnée par

 

 

Valerie MalapradeValerie Malaprade

Consultante, coach et formatrice, j’interviens auprès des Directions d’entreprise, DRH essentiellement, que j’accompagne dans leur politique RH et la mise en œuvre de leurs projets.

En parallèle, j’accompagne des personnes en coaching individuel et conseil en évolution professionnelle.

J’ai fondé Nuances Conseil en 2010 après près de 20 ans d’expérience en entreprises internationales et en cabinets.

et réalisée en collaboration avec :

 

Odile GuilletteOdile Guillette

Ancienne DRH, je me suis positionnée depuis plusieurs années sur la thématique de l’évolution professionnelle en lien avec celle de la santé au travail.

Je forme sur ces sujets ainsi que sur les fondamentaux de la fonction RH, des salariés, des acteurs RH ainsi que des décideurs et des managers.

Je développe régulièrement de nouvelles démarches en la matière, avec un réseau de praticiens aux compétences complémentaires en la matière.

 

Pascale Denantes Parlier 2Pascale Denantes-Parlier

 

Je suis consultante indépendante sur des projets de transformations sociales et conduite du changement, après un parcours de 18 ans auprès du cabinet  Algoe Consultants.

J’interviens,  entre Paris et Lyon, dans des organisations publiques ou privées sur des thèmes liés au travail, à l’emploi , aux transitions professionnelles, à la gestion de carrières et la mobilité professionnelle.

 

Cette consultation est un bel exemple de la force du réseau et de la collaboration. “C’est une belle histoire de coopération : l’enquête a été réalisée à plusieurs mains ! Souligne Valérie Malaprade. C’est l’envie de croiser nos regards complémentaires et de travailler ensemble sur ce sujet qui nous relie. Bonne nouvelle : le réseau, ça marche aussi pour co-construire !”

 

 

 

Vous consulter sur votre mobilité… et vous, un double objectif

 

La dernière édition du Panorama des mobilités professionnelles des cadres, réalisé par l’Apec a montré la frilosité des salariés face à des transitions de carrières potentiellement perçus comme une prise de risque. Les incertitudes de l’époque et les discours décourageants les poussent davantage à jouer la sécurité, quitte à se sentir peu motivés, voir désengagés, qu’à aller explorer les possibilités d’herbe plus verte.

 

L’idée est donc de prendre le problème à la racine et de considérer les possibilités de cultiver et faire mûrir des projets aux petits oignons pour ne pas attendre que la situation pourrisse sur pied et se termine au pire en burnout au mieux par une rupture conventionnelle arrachée tant bien que mal par l’une des parties.

 

 

Prendre le problème par la racine plutôt que d'attendre qu'il pourrisse

 

Et pour cultiver les itinéraires bis, il est essentiel de se pencher sur la relation qu’entretiennent les intéressés avec son éventualité. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi l’angle non pas du désir ou non d’évolution de carrière et de mobilité, mais celui de l’état d’esprit des personnes en activité. L’objectif pour nous est double :

 

  • Analyser les différentes dimensions et tendances des relations que chacun entretient avec sa propre mobilité et son employabilité, d’en dresser un état des lieux et d’identifier des leviers implémentables autant au sein même des organisations qu’au niveau individuel pour faciliter les transitions professionnelles
  • Améliorer le dialogue entre la fonction RH et les salariés sur ce sujet. Peur d’être considéré comme démotivé et désengagé, voire de finir placardisé, le sentiment de méfiance des salariés à l’égard de la fonction RH est un frein fréquent au dialogue sur le désir de mobilité, quelle qu’en soit la nature : promotion, évolution, reconversion.

 

Valérie Malaprade :

« Face au discours prégnant « prenez en main votre parcours professionnel », nous avons souhaité donner la parole aux personnes directement : Comment vivent-elles leur part de responsabilité dans la gestion de leur employabilité ? Qu’est ce qui leur fait peur ? Qu’est ce qui les motive ? Et aussi, que font-elles concrètement sur le terrain ? Nous voulons également savoir comment les salariés perçoivent la panoplie d’actions mises en place dans les entreprises pour favoriser la mobilité interne.

Nous souhaitons, au travers des résultats, identifier des pistes pour que l’efficacité des actions des professionnels RH soit renforcée.

J’ai moi même exercé en entreprise et je côtoie beaucoup de professionnels RH qui ont une forte volonté de bien faire, à la fois en visant l’épanouissement de chacun et la performance de l’entreprise. Je rencontre souvent beaucoup d’énergie positive et d’engagement côté RH, une grande motivation pour réconcilier autant que possible l’intérêt de l’entreprise et l’intérêt des salariés !…. Alors si nous pouvons contribuer à trouver des pistes pour rendre plus efficace, voire réenchanter la relation RH-salariés, nous aurons atteint notre objectif ! Sans angélisme mais avec optimisme ! »

 

 

 

Participer à notre enquête

 

Elle s’adresse donc à tous ceux qui sont directement concernés par la mobilité professionnelle ou susceptibles de l’être dans un avenir indéterminé :

 

  • Salariés,
  • Chefs d’entreprises
  • Professionnels indépendants
  • Personnes en recherche d’emploi

L’enquête se déroule en deux parties :

 

  1. Quelles sont les réactions face à la mobilité professionnelle ?

Quelles sont les marges de manœuvre ressenties sur la gestion de la mobilité professionnelle ? Qu’est-ce qui fait peur et qu’est-ce qui donne envie ? Pour les salariés, comment sont perçus et compris les différents dispositifs d’accompagnement de la mobilité professionnelle mis en place par l’entreprise ? Qu’est-ce qui pourrait encourager et sécuriser la mobilité professionnelle ?

 

  1. Quelles sont les actions entreprises par chacun, en lien avec l’entreprise ou à titre individuel ?

Que se passe-t-il sur le terrain ? Quelles sont les actions proposées par l’équipe RH dans les entreprises ? Comment sont-elles accueillies ? Quels sont les interlocuteurs de la mobilité professionnelle en interne et en externe ? Qu’est-ce qui est fait concrètement, à titre individuel, pour tester, maintenir ou développer son employabilité ?

 

Pour participer à l’enquête, c’est par ici: Enquête Ma mobilité et moi

Merci d’avance à tous ceux qui prendront le temps d’y répondre. L’analyse des résultats de cette consultation feront l’objet d’un billet ultérieur;)

 

 

 

Voir aussi:

 

La reconversion des seniors en interne

Milieu de carrière et questionnements

Transition de carrière: la réflexion n’est pas une prise de risque

Reconversion professionnelle: sortir l’idée de son tiroir

Déterminer s’il est temps de changer de boulot en 6 étapes

Déterminer s’il est temps de changer de métier

Le boulot idéal: une réalité à inventer

 

 

 

Aller plus loin

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(re)Trouver du sens à nos métiers

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle

 

 

Si trouver du sens à ce que nous faisons n’est pas toujours simple, c’est essentiellement une question de perception liée à nos valeurs. Perception dont les aléas de nos vies professionnelles nous déconnectent petit à petit, l’air de rien, mais aussi sûrement que votre lapin nain grignotte les fils de votre connexion internet… Et c’est un garde forestier qui nous offre sur un plateau un moyen simple de (re)trouver de la motivation dans votre métier en allant à la rencontre du sens qu’il a… ou pas!

 

 

 

Trouver du sens et de la motivation dans nos métiers

 

 

 

Vie professionnelle: lente et inéluctable perte de sens?

 

Une vie professionnelle version long fleuve tranquille, bonheur tranquille et immuable ça n’existe probablement pas. Nos quotidiens au travail sont faits de hauts et de bas qui alternent à un rythme parfois bien fatigant. Ponctués de petits et grands plaisirs, d’accomplissements, mais aussi d’agacements, d’impondérables, de moments d’angoisse, de questionnements, de remises en questions, de fatigue d’écueils relationnels, ils vont et viennent entre eaux limpides et eaux troubles, pas toujours sans conséquences.

 

Car voilà: notre cerveau est câblé pour accorder de l’attention à tout ce qui est déclencheur d’émotions négatives et de stress, davantage que sur les moments positifs, tout simplement parce que ce sont des situation à traiter pour revenir dans la satisfaction et le plaisir. Mais comme nous ne traitons pas beaucoup les messages de nos émotions, le sentiment négatif d’une vie professionnelle pleine d’embûches (que nous ne maîtrisons pas toujours, d’ailleurs) finit, petit à petit, pas l’emporter sur les trop rares instants de bonheur et de joie.

 

Au fil des incertitudes et vissicitudes de notre quotidien au travail, même lorsque nous aimons notre métier, il semble qu’il y est queulque chose de presque inexorable dans la lente démotivation, la perte de vue les raisons pour lesquelles nous avons choisi de l’exercer, le sens que nous lui accordions, au profit d’un à-quoi-bon, d’une morosité peu engageante et qui ne donne pas vraiement envie de se lever le matin.

 

Et c’est là qu’intervient Antoine, un garde forestier qui a un joli secret de motivation à partager…

 

 

 

 

Motivation : de la métaphore des tailleurs de pierre à celle du garde forestier

 

J’aime bien France Inter, parce que, comme dirait Ariane Grumbach, « on y prend son temps. » L’autre jour, Antoine, garde forestier dans l’Yonne, raconte vingt-cinq années passées à ausculter les arbres dans le silence solitaire des sous-bois. Il parle de motivation et explique « soit je peux me dire que je coupe des ronces, soit je me dis que je dégage un jeune chêne pour qu’il ait un avenir »

 

 

 

Trouver du sens à notre métier donne le sentiment d'être investi d'une mission qui donne motivation et engagement

 

 

Cette phrase ne manquera pas de rappeler la métaphore du tailleur de pierre. A tous ceux qui auraient eu jusqu’ici la chance d’y échapper, je vous la fais en version courte : quand on demande à deux tailleurs de pierre ce qu’ils font, l’un répond « je taille des pierres » et l’autre « je construis une cathédrale ». Réaction censée nous montrer comment voir le bon côté des choses.

 

Seulement voilà, je doute que cette analogie nous parle vraiment. Ou du moins à moi elle ne parle pas. Je vous ai déjà confié que je suis assez hermétique aux métaphores si chères au développement personnel, historiettes édifiantes aux relents de pensée positive obligatoire qui me fatiguent la cafetière. La plupart, à force de faire l’objet de représentations convenues abondamment partagées sur Facebook, sont devenues des lieux communs et la même tambouille resservie à toutes les sauces finit par devenir largement indigeste. Elles me fatiguent donc aussi le buffet ;)

 

Et c’est bien le cas de celle-ci, avec sa grandiloquence médiévalo-kitsch, qu’on dirait tout droit sortie des très pesants Piliers de la Terre. D’abord, peu d’entre nous peuvent avoir le sentiment de participer à ériger une cathédrale, parce que concrètement, peu d’entre nous travaille sur une œuvre d’art qui va traverser les âges. Bien qu’on peine à imaginer l’ouvrier moyenâgeux plus focalisé sur la portée grandiose de l’édifice (« irradiant de bonheur » nous dit Cyrulnik)  plutôt que sur la pénibilité de son labeur et de ses circonstances, trouver du sens à la construction d’une cathédrale est assez facile. Donc, en faisant un effort, on peut accepter l’improbable verre à moitié plein dans l’œil candide de l’ouvrier en question. Pour celui qui travaille à la conception d’un rétroviseur, qui vend des systèmes informatiques, ou œuvre au marketing d’emballages plastiques l’objectif de son boulot, nettement moins flamboyant, peut sembler largement plus prosaïque et son sens plus insaisissable, pour ne pas dire inexistant.

 

 

 

 

Le sens au cœur du banal, de l’ordinaire, du prosaique

 

Le sens est souvent plus indirect, plus méandreux, moins ingénu que dans la métaphore de la cathédrale. C’est la raison pour laquelle l’image d’Antoine m’a touchée : elle est tellement plus minuscule, plus banale qu’elle en devient beaucoup plus parlante: elle ressemble au quotidien du commun des mortels. Elle ouvre les portes d’un émerveillement qui sort l’ordinaire de son apparente vacuité, de sa médiocrité présumée et qui peut, potentiellement, amener à un lot de sens suffisant pour construire le sentiment d’avoir une mission, précieuse ou nécessaire. Là où la cathédrale offre sur un plateau la possibilité de transcender une réalité difficile, du merveilleux à portée de main, la métaphore d’Antoine n’offre rien d’autre que de l’anodin : un chêne qui pousse.  Ca arrive tous les jours, partout. Et c’est la toute sa force.

 

Le sens est un mélange de sentiment d’utilité, de contribution positive à plus grand que nous. Il est par essence individuel et subjectif et peut se loger n’importe où. Il peut émerger dans n’importe quel métier que d’autres, dans leurs jugements hâtifs, estampilleraient grossier, insipide, mesquin, ennuyeux, immoral, insignifiant, absurde, sans intérêt et j’en passe. Inutile donc de faire des choses aussi exceptionnelles que construire des cathédrales pour trouver du sens, il suffit d’aider un chêne à pousser, de participer à la conception d’une voiture ou à la viabilité d’une entreprise par son infrastructure informatique.

 

Cette contribution à plus grand que nous n’est conditionnée que par les liens que nous faisons entre notre métier ou fonction et nos valeurs motrices et/ou morales.  Dès lors que certaines facettes de notre métier honore nos valeurs, il y trouve une part, si infime soit-elle, de sens.  Si Antoine va plus loin, selon ses valeurs,  il pourrait peut-être dire quelque chose du genre :

  • Je participe à l’entretien des forêts, à la qualité de vie, au développement durable, aux poumons du monde, à la beauté des bois
  • De même, le concepteur de rétroviseurs estimera peut-être qu’il participe à la sécurité des déplacements, à l’esthétique d’un modèle, à la valeur d’une marque.

Ainsi, si je demande à à l’ingénieur, au commercial ou au marketeur à quelle cathédrale ou plus largement à quelle merveille il participe, il y a peu de chances qu’il me réponde du tac au tac, un sourire épanoui scotché à la frimousse “Chartres” ou “Samarkande et Boukhara”. Alors que si je lui demande à quel chêne il donne un avenir, il lui viendra peut-être une réponse simple et spontanée.

 

 

quel sens donnez-vous à votre métier, qui vous investit d'une mission?

 

 

 

Du sens dans nos métiers

 

Cette part de sens est unique, elle ne se justifie pas, elle se ressent. Elle peut être suffisante pour générer le sentiment d’être profondément heureux de faire ce que nous faisons. Elle peut aussi s’effacer derrière des changements non désirés, des conditions de travail difficiles, des relations professionnelles pourries, des exigences managériales inacceptables.  Dans ce cas-là, les liens avec cette part de sens se distendent et nous finissons par les perdre de vue et nous abandonner au sentiment d’exercer un métier inepte, incongru, aberrant.

 

Découvrir ou reconnecter avec une part de sens dans nos métiers, c’est retrouver le sentiment d’avoir une mission importante au sein d’une entité, d’être engagé et investi dans cette contribution. Cela permet parfois de nous redonner plaisir et motivation, parce qu’elle est une des composantes essentielles du job idéal, aussi voici quelques questions pour mettre au jour celle qui pourrait illuminer vos journées:

 

Qu’est-ce que j’aime dans mon métier ?

Ce que je fais, en quoi est-ce utile ? A qui ? Où, quand, comment ?

Et plus largement qu’est-ce que ça permet de faire d’utile, d’esthétique, d’intelligent de… (rajouter ici vos valeurs motrices) ?

Et cela, à quoi est-ce que ça contribue ? Pour qui ? Comment ?

Et au-delà ?

Et encore ?

Au final, à quel chêne donnez-vous un avenir?

 

C’est ainsi qu’on se découvre rouage indispensable dans un système dont la mission peut être essentielle à nous yeux, peut revêtir un aspect étroitement lié à nos valeurs morales et motrices, générateur de sens. Ou pas. Parfois, notre job a atteint sa date de péremption, sa part de sens trop infime ou absente pour le sauver, il est devenu essentiellement toxique. Auquel cas, nous tenons sans doute un indicateur qu’il est temps de changer de métier ;)

 

 

 

 

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Chronique d’une reconversion annoncée: des métiers en voie de disparition?

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion

 

 

 

Nous l’avons vu dans Chronique d’une reconversion annoncée, les évolutions du monde social et technologique vont entraîner une accélération sans précédent des mutations dans nos vies, en particulier professionnelles. Les prédictions vont bon train sur les métiers en voie de disparition, mais peut-on réellement s’y fier et décider d’une reconversion simplement sur la foi de la mort annoncée d’un métier?

 

 

 

Les métiers en voie de disparition sont-ils annonciateurs de reconversions obligatoires?

 

 

Des métiers en voie de disparition ?

 

Quels sont donc les métiers voués à disparaître, arbres morts de nos territoires professionnels ? C’est là que l’affaire se corse : les prévisions vont bon train, toutes sortes de projections se font, au gré de l’importance accordée par chacun aux avancées technologiques ou à divers critères. Au final, apparemment, les sources ont du mal à se mettre d’accord et les top 10 des jobs en voie de disparition divergent… parfois très largement. En voici quelques exemples:

 

Le site Astèrese prévoit la disparition de métiers tels que:

  • Chauffeur de taxi
  • Moniteur d’auto-école
  • Traducteur
  • Livreur
  • Caissier
  • Conducteur de métro ou de train
  • Magasinier
  • Bibliothécaire

RégionsJob rajoute:

  • Comptable
  • Assistant juridique
  • Contrôleurs aériens
  • Agents de voyages

Le site Humanoides quant à lui, prévoit que la robotique aura raison d’autres professions telles que :

  • Pharmacien
  • Astronaute
  • Agent de production
  • Pilote d’avion
  • Agent de sécurité
  • Trader

 

 

 Des projections peut-être peu fiables

 

Ces prévisions sont donc à prendre avec des pincettes : parfois contradictoires (Une étude prédit la mort du métier de comptable, l’autre son explosion), parfois conclusions hâtives, sont-elles crédibles ?

 

Il semble que les projections faites dans le passé concernant des métiers spécifiques se soient montrées d’une fiabilité assez relative comme l’affirme cette publication de l’Institute for the Future et comme le confirme cette étude.  L’accélération des changements et progrès technologiques pourrait donc les rendre encore plus faillibles.

 

 

 

L’art d’observer l’évolution des secteurs

 

Il est sans doute plus sûr de se pencher sur les grandes tendances des secteurs du marché, comme par exemple celles étudiées pour l’horizon 2022 par le groupe Prospective des métiers et qualifications de la DARES, qui prévoit un repli des métiers agricoles, par exemple.

 

Mais là aussi, pour tous ceux qui sont concernés soit par une reconversion annoncée, soit par un désir de changer de métier, les projections soulèvent d’autres questions : si le métier d’agriculteur est en voie de raréfaction, l’agriculture ne cessera pas pour autant d’exister. N’y aura-t-il pas de nouvelles opportunités dans l’ingéniérie agricole, la conception comme la production de nouvelles machines, de nouvelles techniques, destinées justement à pallier la raréfaction (ou sa responsable, d’ailleurs) des métiers de la terre ? Par extension, dans le cadre d’un désir de reconversion, il n’y a peut-être pas lieu d’éliminer d’emblée un secteur tel que l’agriculture si c’est celui qui vous fait vibrer. Il s’agit pprobablement d’y regarder tout simplement de plus près.

 

En d’autres termes, peut-être qu’il ne vaut mieux pas vendre la peau d’un secteur avant qu’il est été très officiellement enterré. Une branche cassée n’est pas toujours synonyme de la mort de l’arbre, un arbre tombé n’est pas annonciateur de la destruction de la forêt. Il vaut peut-être mieux observer les transformations des métiers que d’en prédire la disparition. Car celles-ci peuvent être génératrices d’opportunités inattendues, et métier rare ne veut pas dire métier impossible.

 

 

 

Les métiers automatisables : une disparition certaine ?

 

Les métiers automatisables sont ceux qui peuvent ou pourront, à plus ou moins long terme, être pris en charge par des robots. Jusqu’ici, ce sont principalement les tâches simples qui ont été mécanisées ou robotisées, dans l’agriculture et l’industrie par exemple. Mais aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les métiers peu qualifiés qui sont menacés par la révolution numérique, bien qu’ils restent les plus touchés.

 

Challenges cite une étude d’Oxford qui prévoirait le remplacement de 47% des emplois américains – donc potentiellement, des pays occidentaux –  par des robots. D’ici 20 ans ! Les métiers ainsi condamnés seraient essentiellement ceux  liés à des procédures répétitives ou à l’analyse de données, en particulier dans l’industrie, le commerce de détail, les transports. Seraient préservés les métiers créatifs, sociaux ou ceux nécessitant un savoir-faire manuel complexe (comme chirurgien).

 

 

metiers automatisables

 

Evidemment, là encore, ce type d’étude est à prendre avec mesure. Elle nous dit que des métiers comme boulanger ou boucher seraient en danger. Aux Etats-Unis, ou la nourriture est essentiellement utilitaire et où le goût des aliments n’est pas souvent une priorité, ça ne paraît pas surprenant. La France, où la nourriture reste une religion, où la baguette moulée a connu une grandeur et décadence rapide au profit d’un retour à des saveurs plus intéressantes, pourrait-elle être concernée ? Peut-être que des différences culturelles pourraient avoir un impact sur la résistance de certains métiers à l’automatisation.

 

 

 

Disparition des métiers ou dilution en compétences?

 

Les effets d’annonce sur les métiers sacrifiés sur l’autel de l’automatisation et du progrès, c’est donc spectaculaire, ça fait des beaux top 10, mais ce n’est peut-être pas très fiable, en particulier pour les métiers plus qualifiés. Bien plus intéressantes sont les conclusions de cette étude d’Ernest & Young, intitulée La révolution des métiers, qui estime que  tous les métiers vont subir des mutations fondamentales. Ce n’est donc pas tant la disparition programmée qu’il faut connaître, que la dilution de métiers qui se transforment en compétences. Ce qui serait a priori le cas des métiers de gestion de projet, de l’IT et des achats.

 

Ainsi, la reconversion annoncée, en particulier pour les métiers qualifiés et les professions intellectuelles pourrait venir non pas de la disparition du métier, mais de ses changements intrinsèques qui pourraient générer une perte de sens chez certains.

 

 

 

5 tendance annonciatrices de reconversion professionnelle

 

 

 

 

Changer de métier sur la foi de sa mort annoncée?

 

Au final, décider d’une reconversion sur une simple annonce de disparition dans un avenir relativement proche mais parfaitement incertain est peut-être un peu rapide. Beaucoup de métiers et de secteurs d’activités vont connaître des mutations sans précédent, sans pour autant devenir obsolètes du jour au lendemain.

 

Par exemple, de nombreuses projections parlent de la disparition du métier d’assistant et pourtant, l’explosion en cours du travail indépendant est peut-être porteuse d’opportunités pour les assistants freelances. Consultants, indépendants, professions libérales et TPE peuvent leur déléguer à temps parfois très partiel des tâches administratives qu’ils n’ont pas le temps ou l’envie de faire. Le métier d’assistant y trouvera peut-être une seconde naissance.

 

En particulier lorsqu’on aime son métier, s’il est annoncé comme proche de la désuétude, alors autant ne pas prendre des prévisions parfois aléatoires pour des vérités unvierselles. Elles pourraient se révéler vraies vessies professionnelles et fausses lanternes éclairant le chemin d’une reconversion pas si obligatoire que ça.

 

Inversement, elles sont certainement l’indicateur d’une nécessité de se pencher sur les tendance du secteur d’explorer en détails les recoins du marché, d’observer les tendances et les évolutions, de façon à anticiper, a minima, des compétences à développer pour rester compétitif et éventuellement selon l’urgence de la situation, anticiper la réflexion sur les chemins de traverse professionels qui mènent à la reconversion.

 

Ainsi le chauffeur de taxi n’est pas menacé de perdre son job au profit de voitures sans conducteur d’ici la semaine ou même l’année prochaine, mais plutôt d’ici 2020 à 2030, même si une Google car est déjà en phase de test. Il n’y a donc pas péril en la demeure, même s’il y aura, à terme, nécessité de se pencher sur le sujet. Ce temps-là peut être l’occasion de réchléchir en mode décontracté, puisque sans urgence, à un changement de métier vers une profession en accord avec ses aspirations.

 

Des métiers en mutation, c'est une monde professionnel qui se régénère

 

 

 

Rester en veille, observer les tendances et les mutations

 

Au final, les projections sur les métiers à la disparition soi-disant programmée nous en apprennent assez peu sur les reconversions inévitables à plus ou moins long terme, en particulier pour les métiers qualifiés et les professions intellectuelles.

 

Il s’agit donc probablement d’être en veille sur les tendances, d’observer les marchés et secteurs d’activité. Un marché en mutation est aussi un marché qui se régénère et chaque métier tombé en désuérude laisse la place à d’autres. Ces tendances sont mouvantes, élastiques, capricieuses. Elles s’amplifient à partir de tellement trois fois rien qu’au début, elles peuvent être indécelables aux yeux du commun des mortels. Embryons d’orientations nouvelles, repérées par une poignées de connaisseurs, elles peuvent autant se développer que mourir dans l’œuf. Elles connaissent aussi leurs grandeurs et décadence et les accélérations technologiques risquent de les rendre de plus en plus éphémères.

 

Au final, c’est peut-être beaucoup plus dans les métiers émergents et qui prennent de l’ampleur que les candidats à la reconversion pourront aller puiser de l’inspiration, nous y reviendrons la semaine prochaine;)

 

 

 

 

Voir aussi

 

Carrière: le désir de reconversion

Reconversion professionnelle: milieu de carrière et questionnements

Reconversion professionnelle: déterminer s’il est temps de changer de métier

Changer de métier: les reconversions trop raisonnées-raisonnables, sources d’échec

Reconversion professionnelle: vous avez demandé la Lune… ne quittez pas…

Reconversion professionnelle: Ithaque 1er influenceur sur le changement de métier

Reconversion professionnelle et leadership de soi

 

 

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Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

Sylvaine Pascual – Publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Il semble que la toxicité des relations professionnelles soit directement proportionnelle aux difficultés rencontrées par l’ensemble des salariés, managers et collaborateurs dans un même bateau qui prend, en ces temps difficiles, une eau fangeuse un peu trop vite étiquetée « crise ». Parce que c’est un enjeu collaboratif de taille, voici une triplette prosociale pour rouler de concert vers un minimum d’élégance relationnelle.

 

 

Trois comportements oeuvrant de concert pour plus d'élégance relationnelle

 

 

 

Assainir les relations professionnelles, un enjeu collaboratif

 

Pris entre des assortiments glauques de marteaux et d’enclumes en tous genres, qui génèrent de nombreuses peurs, managers et collaborateurs ont vite recours aux rôles relationnels, refuge facile et ordinaire lorsque nous ne savons plus comment obtenir ce dont nous avons besoin. Nous sommes alors gouvernés par des craintes inébranlables qui ont vite fait de se transformer en croyances limitantes exprimées dans toute la palette trop-bon-trop-con:

 

  • Crainte de ne pas être entendu, écouté, reconnu, pris en compte.
  • Crainte d’être jugé, exploité, crainte qu’on profite de nous, qu’on nous marche sur les pieds, qu’on vienne empiéter sur nos plates-bandes.
  • Et donc: crainte de ne pas être traité comme nous en avons besoin.

La spirale des jeux psychologiques se met en branle et pollue toutes nos interactions, leur donnant des relents de cyanure relationnel, pas vraiment prosociaux ou collaboratifs.

 

Assainir les relations professionnelles et leur redonner un élan plus équilibré, plus réjouissant et moins perclus de jeux de pouvoir, pour obtenir la compréhension mutuelle, la confiance et la reconnaissance dont nous avons tant besoin et qui fait cruellement défaut dans le monde professionnel, est un enjeu de taille.

 

D’autant plus que si les discours vont bon train sur le sujet, quand il s’agit de passer aux actes, l’entreprise se met plus souvent qu’à son tour aux abonnés absents. C’est donc essentiellement au niveau individuel que les initiatives peuvent se prendre, histoire d’arrondir les angles coupants des relations inconfortables, sans attendre un miracle managérial qui reste du domaine de l’Arlésienne de la vie au travail: on en parle beaucoup, on ne le voit jamais…

 

 

 

 

Triangle de Karpman : des comportements ordinaires… qui finissent toxiques

 

Rappelons d’abord que les jeux psychologiques s’articulent autour des trois rôles relationnels, victime, sauveur et persécuteur, et qu’ils sont ordinaires, qu’ils ne sont en aucun cas le reflet d’une pathologie psychologique, en particulier le persécuteur dont la dénomination génère des associations malencontreuses avec le harcèlement et le désormais omniprésent pervers. Voir:

Nous jouons tous ces rôles inconsciemment, sans volonté de manipulation, avec une constance et une amplitude diverses, et chacun des trois participe de la dégradation progressive de nos relations.

 

Cependant, l’augmentation de leur fréquence due aux exigences de plus en plus absurdes du monde du travail finit par les rendre parfaitement toxiques, produits cancérigènes de nos interactions professionnelles. La piqure de rappel sur ces trois comportements victime, sauveur et persécuteur, c’est par ici :

 

 

Sortir des rôles relationnels : une question de courage

 

Repérer les rôles que nous jouons est déjà assez compliqué et une fois que c’est fait, en sortir demande un vrai courage : celui d’être à l’initiative de comportements prosociaux qui vont générer le changement, celui de prendre en main son propre environnement relationnel et d’y implémenter des alternatives, dont seules la personnalisation et l’expérimentation vont démontrer la puissance. Voir:

 

Chassez le naturel, il revient au galop? Pas forcément. Il est de façon générale bien plus facile de s’enfermer dans des jeux de pouvoir et d’ignorer leur inefficacité parce que nous les pratiquons avec constance depuis bien longtemps. Inversement, accepter d’expérimenter des attitudes plus arrondies aux angles, plus teintées d’élégance relationnelle, laisse souvent dubitatifs tous ceux qui craignent trop la relation pour oser s’essayer à d’autres fonctionnements. Et c’est bien dommage, car le courage nécessaire, c’est essentiellement celui du premier pas. Derrière, les résultats obtenus parlent suffisamment d’eux-mêmes pour renforcer la motivation à se comporter avec davantage de noblesse d’âme que de volonté de domination.

 

 

 

Un triangle pour arrondir les angles de la relation?

 

L’analyse transactionnelle, en la personne d’Acey Choy, a modélisé un autre triangle, réponse du berger bienveillant à la bergère des jeux psychologiques, qui propose de remplacer les rôles relationnels par trois comportements plus favorables à la relation. Cette vision m’a intéressée en ce qu’elle propose une piste de sortie du triangle de Karpman par des alternatives relationnelles fertiles:

 

  • La vulnérabilité
  • L’affirmation de soi
  • La bienveillance empathique

Cependant, je vous l’ai mise très librement à ma sauce, car la version originale me semble comporter des limites à dépasser.

 

Tout d’abord, dans la plus pure tradition du marketing nord-américain,  ces trois comportements ont été labellisés « triangle du gagnant ». Comment vous dire… Triple beurk, que voilà un terme qui nous inscrit dans la dichotomie pas du tout manichéenne du winner/loser. Laissons donc cette sémantique aux égos en manque – justement – de reconnaissance. Même la traduction courante “triangle gagnant” en français me fatigue, comme s’il fallait toujours chercher la victoire, donc le combat, y compris – et même surtout, contre nous-mêmes. Je vous propose une terminologie qui me paraît plus estime de soi, qui n’a pas besoin de se prendre pour un super-héros – super-héros qui, soit dit en passant, sont un peu trop souvent des victimes pleurnichardes devenues des sauveurs-persécuteurs de haut vol.

 

Mais je m’égare, mes agacements linguistiques et ma crispation chronique face au simplisme noir/blanc d’outre Atlantique, vous les connaissez déjà, chers lecteurs fidèles ;) Revenons donc à nos moutons relationnels et passons du triangle dramatique à un triangle déclencheur de relations plus mutuellement nourrissantes. Donc des liens solides, basés sur la confiance et le sentiment de sécurité morale.

 

Et puis non, finalement, ne restons pas dans un triangle qui, par définition, n’arrondit pas les angles de la relation. Je rétive un coup et je préfère une version plus adoucie, aux courbes plus amènes et moins tranchantes que les angles aigus d’un n-ième schéma géométrique. Laissons donc le triangle de Karpman s’effacer et laisser émerger une représentation de ces trois comportements plus légère et plus encourageante.

 

vulnérabilité, bienvailence, affirmation, triplette prosociale

 

 

D’autre part, l’auteur préconise d’adopter l’un des trois comportements en opposition au rôle que nous jouons le plus fréquemment: de remplacer le comportement victime par la vulnérabilité, le comportement saveur par la bienveillance empathique, le comportement persécuteur par l’affirmation de soi. Je ne suis pas d’accord avec cette opposition simple, qui me paraît insuffisante à réduire les jeux psychologiques. Il est plus pertinent et efficace de renforcer ces trois aptitudes conjointement et de les exprimer ensemble, parce qu’elles s’appuient et se soutiennent mutuellement, et que l’une sans l’autre donne un positionnement relationnel incomplet :

 

  • La vulnérabilité sans affirmation de soi reste de la jérémiade
  • L’affirmation de soi sans empathie bienveillante risque le pur égoïsme
  • L’empathie bienveillante sans affirmation de soi risque le comportement serpillière

Puisque cette façon d’être en relation a trois facettes qui ne sont pas des attitudes distinctes mais conjointes, qui se nourrissent mutuellement, appelons-la triplette, tiens. J’aime bien les triplettes! Elles proposent un socle à trois pieds sur lequel on peut joliment s’appuyer. On peut alors la représenter, en mode leadership de soi ludique, par ces trois comportements oeuvrant de concert et se diriger ainsi vers des océans de relations plus équilibrées :

 

 

triplette élégance relationnelle

 

.

 

 

 Une triplette prosociale pour plus d’élégance et d’équilibre relationnels

 

 

L’équilibre relationnel nait donc de la conjonction de ces trois aptitudes, qui génère un positionnement élégant, à la fois serein (qui n’a pas besoin de la ramener) et plein d’assuracnce et qui laisse une place de choix à l’autre dans la relation comme dans la communication.

 

 

1- La vulnérabilité

 

Elle est le pendant version estime de soi du rôle de victime. Elle consiste avant tout à reconnaître les situations qui génèrent une forme de souffrance, des émotions négatives et d’être en capacité de les partager. S’autoriser à montrer ses failles et ses fragilités requiert force morale et courage. C’est là le reflet d’une estime de soi solide, qui ne craint pas la relation et le regard de l’autre et qui inspire le respect.

 

La vulnérabilité n’a pas besoin de barytoner la Goualante du pauvre Jean pour se faire entendre, elle ne joue ni sur la pitié ni sur la culpabilisation, elle accepte pleinement ses émotions et ses ressentis et les exprime posément. Passée de disciple de Jérémie à sereinement vulnérable (en d’autres temres: être humain), l’ex-victime sera plus à même de se mettre à chercher des solutions pour sortir de la situation qui la gêne. Ce qui habituellement n’est pas son fort. Il s’agit donc de travailler:

 

  • L’estime de soi (qui accepte intrinsèquement la vulnérabilité),
  • La valorisation (dans le discours interne comme dans la communication)
  • La connaissance de soi et en particulier des talents naturels sur lesquels on peut s’appuyer
  • L’élaboration de solutions et des plans d’action
  • La bienveillance empathique (pour éviter de submerger l’interlocuteur pas des flots émotionnels excessifs)
  • L’affirmation de soi (pour poser des limites et faire des demandes claires, en particulier lorsqu’on a besoin d’aide)

 

2- La bienveillance empathique

 

Acey Choy utilise le terme caring, qui a souvent été traduit par « souci de l’autre », mais que j’ai choisi d’adapter en bienveillance empathique, qui me paraît plus clair. Le Sauveur a déjà beaucoup trop le sentiment de se “soucier de l’autre”.

 

La bienveillance empathique consiste donc à porter sur l’autre un regard sincèrement curieux de ses motivations et mécanismes, un regard compréhensif et engageant, tout en ne réfléchissant pas à sa place. Elle ne prend pas le problème en charge, elle lui offre un espace d’expression, une station service morale où en décortiquer le moteur en panne, sans infantilisation, sans démonstration d’expertise. Laissant le chevalier blanc derrière lui, l’ex-sauveur pourra alors se mettre à écouter son interlocuteur plutôt que de lui fournir illico presto la notice de sa solution 34bis, forcément la meilleure du monde de l’univers. Il inspirera confiance et loyauté: voilà quelqu’un sur qui on peut compter et qui ne se laisse pas envahir en même temps. Il s’adit donc de travailler:

 

 

3- L’affirmation de soi

 

Pendant d’un mode d’expression cassant, péremptoire, autoritaire, de l’imposition de ses points de vue, l’affirmation de soi est une façon d’exprimer ses opinions et ses besoins avec aisance et assurance, sans passer ses interlocuteurs au rotovateur de ses certitudes ou de ses exigences. Parce qu’elle ne cherche ni à dominer, ni à assujettir ou à contraindre, l’affirmation de soi révèle un positionnement plein d’une confiance convaincante et qui inspire le respect.

 

L’ancien persécuteur ainsi dépourvu de sa broyeuse à interlocuteur pourra alors laisser une place équitable à l’autre dans la relation, lui exprimer posément ses idées, écouter les siennes et laisser les solutions émerger. Il s’agit donc de travailler:

  • l’estime de soi qui diminue la peur de l’autre et le besoin de lui aboyer dessus pour se faire entendre.
  • La communication non violente, alternative ultra efficace à l’agressivité verbale.
  • La capacité à fixer des limites, à dire non, à faire des demandes élégantes (et nons pas des critiques brutales)
  • L’empathie bienveillante pour laisser une place équitable à l’autre dans les interactions.
  • La vulnérabilité pour accepter et partager avec amabilité ses propres difficultés.

 

 

Triplette + trépieds = tricycle!

 

Au final, on le voit bien, les trois sont intimement liés et se nourrissent mutuellement et l’un sans l’autre débouche sur une posture relationnelle incomplète et peu efficace. Les trois se travaillent et se renforcent, bien entendu, et c’est en les pratiquant qu’on peut prendre pleinement conscience de leurs bénéfices à la fois sur la relation et sur l’estime de soi.

 

Exit les rôles relationnels pesants et énergivores qu’on laissera alors derrière soi, et bienvenue à un trépieds comportemental qui nous permet d’oeuvrer pour des relations dénuées de jeux de pouvoir, donc plus équilibrées, plus élégantes et par conséquent plus efficaces et nourrissantes. Et pour représenter cette triplette dans un mode plus singulier, puisque ce sont trois aspects de nous-mêmes, je vous porpose un tricycle, enfant naturel de la triplette et du trépieds, qui a trois caractéristiques essentielles: l’assise solide (le tricycle est bien plus difficile à renverser), la possibilité de mouvement en avant, et la symbolique de l’apprentissage. Enfourchons donc gaillardement le tricycle de l’élégance relationnelle et expérimentons de nouvelles façons d’être en relation!

 

tricycle élégance relationnelle

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

Relation à soi / aux autres: le cocktail indispensable

Ebook gratuit: le triangle de Karpman: sortir des rôles relationnels 

Protège tes fesses! 5(+) trucs pour assurer le bien-être relationnel

Triangle de Kaprman: quand Little Miss Sauveur tombe sur un o(ur)s

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

L’égo, frein majeur à l’intelligence colaborative

 

 

 

 

 

 

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Chronique d’une reconversion professionnelle annoncée

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Entre évolution de société, veillissement de la population et avancées technologiques, le marché du travail est à l’aube d’une transformation sans précédent. Fragmentation des carrières, métiers en voie de disparition ou d’apparition, les bouleversement seront vecteurs de reconversion. Pour ceux qui exercent un métier voué à disparaître comme pour ceux qui songent à en changer, c’est l’occasion de jeter un coup d’œil à un marché en mutation.

 

 

5 tendance annonciatrices de reconversion professionnelle

 

A mesure que les tranformations du monde du travail s’accélèrent, les possibilités de reconversion, qu’elles soient subies ou volontaires, augmentent. Vieillissement de la population, évolutions de société et du rapport au travail, avancées technologiques, impactent autant l’organisation du travail que les formes d’emploi et les secteurs d’activité.

 

Ainsi, l’apparition du nomadisme et du télétravail sont les prémices des bouleversements du travail à venir, dans un futur si loin si proche qu’il vaut mieux garder un oeil dessus pour parvenir à l’anticiper et à gérer au mieux les birfurcations professionnelles qui risquent de s’imposer à nous dans les prochaines années. Je vous propose une exploration en quatre étapes de cette chronique d’une reconversion annoncée:

 

  1. 5 bonnes raisons de s’intéresser aux changements du monde du travail
  2. Exploration des métiers en voie de disparition
  3. Exlporation des métiers en voie d’apparition 
  4. Exploration des métiers qui résistent

Commençons donc par le premier volet et allons vois 5 tendances du marché du travail qui pourraient bien en mener plus d’un à changer de métier…

 

 

 

Reconversion annoncée métiers qui disparaissentDes métiers morts sans sépulture

 

Le poinçonneur des Lilas, qu’a-t-il donc fait quand l’obsolescence de sa fonction l’a dépourvu de son métier ? Evolution de société et avancées technologiques décident parfois bien malgré nous de la disparition de métiers devenus superflus. Les métiers qui naissent et meurent au gré des changements et du progrès, ce n’est pas nouveau : allumeurs de réverbères, opérateurs téléphoniques, apothicaires ont connu leur heure de gloire avant de tomber aux oubliettes des métiers d’autrefois.

 

Grandeur et décadence, nos métiers ont un cycle sur lequel il fait bon garder un œil, histoire de ne pas se retrouver le bec dans les eaux usées de l’évolution du travail, où nagent les métiers disparus, morts sans sépultures. Nous en parlerons la semaine prochaine.

 

 

 

Du cimetière à la pouponnière: des métiers naissentMétiers émergents : du cimetière à la pouponnière

 

Ca tombe bien : face à l’accélération des changements, nombre de spécialistes se penchent sur les métiers à l’obsolescence programmée, les métiers qui font de la résistance et les métiers émergents.  Car les transformations dans le travail, si elles remplissent les cimetières à boulot, sont aussi des pouponnières à nouveaux métiers dont la diversité et l’intérêt mérite toute notre attention.

 

Pour tous ceux concernés par cette chronique d’une reconversion annoncée, autant que pour ceux qui songent à un changement de métier, indépendamment de l’avenir de celui-ci, ces projections sont l’occasion:

 

  • d’explorer un marché en pleine mutation et d’élargir le champ des reconversions possibles
  • de découvrir des métiers auxquels ils n’auraient jamais pensé, de par leur nouveauté
  • de se pencher sur des secteurs d’activités en pleine croissance (il s’y exerce une grande diversité de métiers)
  • d’y trouver des voies potentielles de changement de métier à explorer, d’y rencontrer du sens, de la pertinence, du plaisir, de l’épanouissement professionnel. Bref, des pistes qui pourraient devenir une affaire de tripes.

 

 

fragmentation des carrières et multiplication des reconversionsReconversions multiples: une mosaïque de micro-carrières

 

Parmi les prévisions concernant nos vies professionnelles, la disparition des métiers n’est pas la seule raison qui motivera la reconversion professionnelle : nos carrières seront de plus en plus fragmentées et l’agence Sparks and Honey, comme bien d’autres travaux de prospective, prévoit que nos vies professionnelles à venir seront des portfolio de micro-carrières, signifiant la multiplication des mobilités et des changement de métiers.

 

Nos carrières seraient donc en passe de devenir des mosaïques de fonctions et de métiers, imposées ou non par les bouleversements de la société, le changement de métier deviendra bien plus courant et s’intéresser aux évolutions des secteurs et des métiers peut être un moyen de l’anticiper et de le préparer.

 

Pourtant, la mobilité externe est en baisse, au profit du maintien d’une sécurité qui, si elle favorise peu le plaisir au travail et la motivation, permet d’éviter le spectre sinistre du chômage et des incertitudes professionnelles et financières.  Comme le rapporte Le Panorama des mobilités professionnelles des cadres réalisé par l’Apec , les chiffres des mobilités sont assez faibles :

 

Mbolité des cadres et reconversion annoncée

 

Cette fragmentation pourrait donc se faire au détriment des cadres qui ne l’auront pas vu venir et ne feront qu’en subir l’apparition brutale, comme c’est déjà le cas pour les séniors dont l’employabilité diminue inexorablement.

 

 

 

Les reconversions volontaires par désir d'accomplissement et de sens vont augmenterL’accroissement du désir de réalisation de soi

 

Face à diverses tendances comme la perte de confiance, de sens, l’augmentation du mal-être au travail et l’explosion du burnout, la gestion de carrière d’individualise.

 

Chacun prend conscience de l’unicité de la définition de la réussite et y inclue ses propres aspirations, ses appétences et ses besoins spécifiques, soit pour échapper à la morosité ambiante et aller vers davantage de plaisir au travail et de réalisation de soi.   La définition de la réussite professionnelle tend donc à s’éloigner de plus en plus de l’obsolète plan de carrière avec projection à 5 ans, à 10 ans avec escalade programmée d’une échelle hiérarchique unique.

 

Ne négligeons donc surtout pas les raisons qui poussent à la reconversion volontaire, qui reste légèrement majoritaire (55% des reconversions)   Il est probable que dans les années à venir, entre quête de sens, besoin d’utilité et d’épanouissement professionnel, de plus en plus de travailleurs cesseront de se contenter de rêver à la reconversion (82% des salariés) et passeront à l’acte, a minima, de l’exploration de bifurcations professionnelles possibles. Selon Denis Pennel, auteur de Travailler pour soi, cela passera certainement par l’avènement de l’indépendance, comme il le rapporte dance cette interview pour Mode(s) d’emploi

 

 

 

Reconversion annoncée: de la fin du salariat à l'ère de l'indépendanceL’ère de l’indépendance?

 

Dans la grande corrida des bouleversements du monde du travail, le CDI, devenu bête noire des entreprises en quête de flexibilité et de souplesse (comprenez jetabilité des travailleurs) se prend depuis quelques temps des bordées de banderilles, reflet de la volonté de sa mise à mort au profit de l’activité indépendante et de la sous-traitance.

 

L’individualisation de la gestion de carrière et la perte d’employabilité, le développement des moyens de connexion et les nouvelles technologies, associés à ce désir croissant de “flexibilité” des entreprises, voilà trois axes qui poussent certains à considérer le salariat comme un “héritage de l’ancien régime, complètement obsolète” et à vendre le travail indépendant comme “modernité” (on arrête pas le progrès sémantique!) et “solution au chômage”. On nous prédit donc la fin du salariat et la croissance du travail indépendant, comme le rapporte cet article de la Tribune.

 

Cette tendance, objet de toutes les apologies du moment, est à observer car, qu’on soit pour ou contre, si elle se précise, elle pourrait devenir une réalité – subie ou appréciée – pour bon nombre d’entre nous qui nécessite d’être anticipée. Elle est d’ailleurs déjà le cas pour de nombreux quadras et quiquas à l’employabilité qui subissent une employabilité amoindrie par un traitement inepte des seniors et s’interrogent de plus en plus sur une installation à leur compte. L’on peut certainement en craindre les effets pervers, dont les entreprises se contrefichent, puisqu’ils ne les concernent pas directement :

 

  • La précarisation
  • Une baisse généralisée des revenus, en particulier des professions intermédiaires
  • La mercenarisation de la vie professionnelle
  • Le stress supplémentaire dans les cas d’indépendance non choisie

Même si cette tendance est une véritable opportunité pour tous ceux qui rêvent d’indépendance, elle signifiera une véritable reconversion pour les anciens salariés concernés, car si le cœur de métier reste le même, la fonction d’entrepreneur nécessite une posture professionnelle et relationnelle forte, ainsi que des compétences spécifiques (stratégiques, opérationnelles, commerciales, comptables etc) qui demandent à être anticipées pour être développées en amont de la création d’entreprise, à défaut de quoi, le risque est essentiellement la chronique d’une reconversion ratée annoncée.

 

 

 

Et si la reconversion professionnelle finissait par devenir une option de transition de carrière?Changer de métier: un nouveau départ à envisager

 

Tout cela n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle: selon ce sondage AFPA/IPSOS, pour 71% des gens qui ont changé de métier, la reconversion a représenté un nouveau départ, aux conséquences positives en termes

 

  • d’épanouissement professionnel
  • de conditions de travail
  • d’évolution de carrière
  • de rémunération
  • de conciliation vie professionnelle et vie privée.

Elle bénéfice de plus d’un nouveau regard, moins craintif, et pas seulement de la part des salariés eux-mêmes. Même si l’arrière-garde des professionnels de l’accompagnement des transitions de carrière reste frileuse, ils sont de plus en plus nombreux ceux qui s’équipent petit à petit d’outils bien plus pertinents que les obsolètes tests de personnalité et bilan de compétences, au profit de reconversions plus réjouissantes et durables.

 

 

 

Voir aussi  

 

 

Carrière: le désir de reconversion

Reconversion professionnelle: milieu de carrière et questionnements

Reconversion professionnelle: déterminer s’il est temps de changer de métier

Changer de métier: les reconversions trop raisonnées-raisonnables, sources d’échec

Reconversion professionnelle: vous avez demandé la Lune… ne quittez pas…

Reconversion professionnelle: Ithaque 1er influenceur sur le changement de métier

Reconversion professionnelle et leadership de soi

 

 

Aller plus loin

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Tous en short! Les hommes, la chaleur et le code vestimentaire au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Regards croisés

 

 

Les températures élevées de la semaine dernière ont suscité ma sympathie envers les hommes qui, comdamnés à bosser en au mieux en pantalon, au pire en costume, transpirent sans mot dire dans la chaleur de l’été. Libérons les hommes de leurs carcans vestimentaires!

 

 

L'été, libérons les hommes de leurs carcans vestimentaires

 

 

 

Le bénard venu des tréfonds de l’histoire

 

Les films de science fiction ont en commun avec la vie de bureau la consternante non-évolution des tenues masculines. Quand ce ne sont pas des mondes post-apocalyptiques qui rendent la veste en cuir et le jean troué quasi incontournables, le costume est d’une constance de l’ordre de la mathématique. D’Elysium à la Défense, de Gattaca au CAC 40, même combat, le costard-cravatte.

 

Nous les femmes, sommes passées du corset-robe longue (de préférence large, lourde, à volants et j’en passe) à… à peu près tout ce qu’on veut. Les hommes, eux, se cognent à peu de chose près le même bénard depuis les tréfonds de l’histoire, et depuis plusieurs siècles, les voilà condamnés à jouer les pingouins endimanchés même par 31 degrés. Heureux les Romains en pantacourt et toge mi-cuisse, les Egyptiens en jupette, qui pouvaient respirer de la gambette et traverser l’été au frais!

 

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Laissons les hommes bosser en bermuda l’été!

 

Forte de ce constat, vendredi 18 juillet, par 35° à Paris, j’ai lancé un petit tweet car il me semble essentiel, à notre époque formidable où le bien-être est une préoccupation de tous les instants, d’affranchir les hommes du falzar obligatoire:

 

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Les réactions ne se sont pas fait attendre, parfois savoureuses!

 

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Cependant, bien entendu, la question s’est vite posée: le bermuda est-il une alternative?

 

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La question est évidemment pertinente, car le jugement du tribunal de la pelure à gagne-pain est sans appel : hors costume point de salut pour les jules au boulot. Les mâles professionnels responsables à responsabilités n’ont pas d’autre choix que de donner dans le paraître professionnel responable à responsabilités. Et ça, ça ne passe que par le costume. Sans exception! Rappelons d’ailleurs que la canicule de 2013 a eu son lot de victimes, y compris ceux qui, comme nous le rappelle ce billet de Mode(s) d’emploi, s’étaient estimé en droit d’aller travailler en bermuda.

 

Ajoutés à cela les diktats de la mode, dont le côté péremptoire et condescendant est d’autant plus infect que celle-ci innove peu et nous ressert régulièrement les mêmes oripeaux affublés de superlatifs enthousiastes, qui étaient tant décriés il y a quelques années. Les hommes n’y coupent pas: la chemise à manches courtes, “c’est non, non et non” nous explique l’un des Duce de la mode masculine. La police vestimentaire est probablement la plus détestable qui soit qui, dont le fais-pas-ci-fais-pas-ça est long comme un jour sans pain et qui, au moinde faux-pas, vous taille… un costume. La boucle est bouclée, impossible de sortir de cette spirale-là.

 

 

 

Conseils convenus en veux-tu en voilà

 

Comme donc, le monde professionnel ne sort pas de la triplette costard-limace-filoche, chaque année, la presse nous ressort le sujet “comment s’habiller au travail en été” avec à la clé des conseils aussi savoureux qu’un poulet de batterie en cuisson vapeur. Si l’on recevait un Euro à chaque fois qu’on lit sur le sujet “préférez les matières naturelles et légères”, on aurait de quoi remplir le trou de la sécu.

 

Messieurs les hommes auraient-ils du mouron à se faire, tant les interdits vestimentaires au travail semblent avoir la peau dure? Peut-être pas, il semblerait qu’au détour de l’été, l’on voit poindre des nouveautés. Déjà en 2013, cet article s’insurgeait contre l’hypocrisie et les excès des arguments avancés contre plus de décontraction en été, en plaidant qu’autre chose que le costume ne signifie pas nécessairement short informe et Birkenstock. Travailler autrement, c’est peut-être aussi travailler habillé autrement.

 

 

 

Des aternatives en vue?

 

Cadremploi s’y est mis quelques jours plus tard avec cet article publié le 21 juillet, qui présente des initiatives bermudas dans deux entreprises:

 

  • Le “Bermu Day d’Altran, qui aura lieu le 31 juillet et qui “marque symboliquement la traditionnelle coupure estivale et permet aux collaborateurs, au sein des locaux Altran, de venir travailler dans une tenue… de saison“.
  • La D8 beach party, qui s’est tenue le 26 juin, pendant laquelle les salariés de la chaîne D8 étaient invités à venir en tenue de plage et qui s’est finie par un barbecue.

Tout ça c’est très bien, mais ce sont des événements  à but convivial et ils sont organisés… indépendamment de la météo. Qui peut, en région parisienne et en juillet/août, être aussi automnale que caniculaire. Un coup dans l’eau, donc.

 

Beacuoup plus intéressant est le cas de Blablacar où, selon sa co-fondatrice Laure Wagner, “on peut venir habillé comme on veut, été comme hiver”. Donc ça existe et ça ne nuit pas à la performance professionnelle? Le paraître ne serait donc pas plus efficace que l’être? L’esprit start-up a encore une longeur d’avance, et l’entreprise libérée c’est peut-être aussi des salariés libérés d’exigences vestimentaires anté-ferroviaires, en particulier dans l’étuve de l’été.

 

Reste peut-être aussi aux créateurs de faire enfin preuve de créativité et de mettre au goût du jour des alternatives estivales pour que les hommes puissent éviter la liquette serpillière et se laisser respirer. Il y a d’autant plus urgence qu’avec le réchauffement de la panète annoncé, ils ne sont pas sortis de l’auberge;)

 

Quant à tous ceux que le mollet à poil(s) prend à rebrousse-poil, ils devraient peut-être se questioner sur leurs convictions, car au rayon surgelés du sexisme ordinaire, les hommes subissent une définition de l’élégance professionnelle prise dans les glaces d’antan, qui gagnerait sans doute à être revisitée.

 

 

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Allez les guerriers, tous en short, donc, libérons les mollets masculins de la chaleur estivale et souvenons-nous: les cadavres ne portent pas de costard ;)

 

 

 

 

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