Ithaque coaching fête ses 7 ans de plaisir au travail!

Sylvaine Pascual – Publié dans L’actualité d’Ithaque

 

 

Ithaque Coaching fête ses 7 ans! 7 ans de développement du plaisir au travail au travers d’accompagnements Vitamines mentales et Reconversion professionnelle. Ce plaisir au travail, c’est le vôtre et c’est aussi le mien et je suis ravie de profiter de cet anniversaire pour partager avec vous les évolutions d’Ithaque et sa propre odyssée. Heureux qui comme Ulysse… ;)

 

 

 

Ithaque coaching 7 ans de plaisir au travail et reconversion professionnelle

 

 

 

Ithaque et le plaisir au travail

 

Le concept d’Ithaque est né en 2008 autour d’une double idée :

 

  • Le plaisir au travail existe et la vie professionnelle est bien trop longue pour s’emmerder au boulot. Chacun a un droit inaliénable d’explorer toutes les possibilités d’améliorer son quotidien professionnel, de le rapprocher du job idéal, de devenir l’artisan de son plaisir au travail
  • Il y a un être humain derrière chaque odyssée professionnelle, une personne unique, dont la singularité exige des itinéraires sur mesure, loin des idées préconçues, des recettes toutes faites et des sentiers battus. Et ses itinéraires s’organisent d’abord dans un territoire interne, le leur, pour y puiser les ressources nécessaires à la réussite de ses projets professionnels.

Je me suis donc donné pour mission de mettre à la disposition de ceux qui sont désireux de beaux lendemains professionnels les outils pour mettre en oeuvre les changements nécessaires, en termes de plaisir au travail et/ou de reconversion professionnelle.

 

L’exploration de ces territoires m’amène à me questionner sans cesse sur le job idéalle plaisir au travail et la motivation : comment les construire, les développer, les entretenir, comment articuler leurs bénéfices et les mettre au service de projets professionnels tels qu’une reconversion professionnelle, une création d’entreprise ou de changements dans le poste actuel.

 

Le blog d’Ithaque est le reflet d’une partie de ces explorations, recherches et expérimentations. Chaque billet est aussi un moyen de réfléchir à mes pratiques, de les faire évoluer et de les partager. C’est ainsi par exemple que j’y étudie avec délices le vaste champ des vitamines mentales, turbine du plaisir au travail et concept que je développe pas à pas depuis 2009.

 

 

 

 

Ithaque, 1er influenceur sur la reconversion professionnelle

 

La réflexion que je mène autour du plaisir au travail et du changement de métier depuis 7 ans a valu à Ithaque d’être identifié comme le principal influenceur sur la reconversion professionnelle par cette étude de l’Essec, avec le plus grand nombre d’articles publiés mais surtout le plus grand nombre de partages sur les réseaux sociaux, révélateurs d’un intérêt grandissant pour des alternatives aux accompagnements traditionnels à la reconversion.

 

 

Ithaque coaching, premier influenceur sur la reconversion professionnelle

 

 

Une marque de reconnaissance qui m’enchante, tant je suis convaincue qu’ilil est temps de sortir les accompagnements professionnels de la naphtaline et raison pour laquelle depuis 18 mois, j’ai développé un laboratoire d’accompagnement à la reconversion en partenariat avec une psychotérapeute/coach.

 

Ingénierie du coaching reconversion nous tient à cœur : dans un monde en perpétuel mouvement, les accompagnements figés frisent l’obsolescence et il nous paraît essentiel d’offrir des démarches innovantes et évolutives. Nous y élaborons des outils inédits qui viennent enrichir nos accompagnements et les rendre plus proactifs, plus adaptatifs, plus performants en termes d’identification de projets pertinents et bien sûr toujours attentifs à l’humain et à son environnement. Nous concevons des outils :

 

  • Sur des thématiques insuffisamment abordées en reconversion : ainsi le « travail sur soi » dont la nécessité est mentionnée partout et qui pourtant se limite trop souvent à de vagues questions à quelques tests, survole la singularité de la personne, néglige ses mécanismes émotionnels et sa posture relationnelle. Nous avons mis en place tout un panel d’outils pour les inclure dans l’élaboration d’un projet professionnel.
  • En fonction de besoins émergents : par exemple, la redifinition de l’identité professionnelle après un burnout, sujet récent, nécessite d’aborder le projet professionnel dans une dynamique différente d’un désir de reconversion qui s’est ancré depuis longtemps.
  • Adaptés à l’évolution fulgurante des métiers, du marché du travail et des compétences de demain.

 

Plaisir au travail et projet professionnel : donner le temps au temps

 

Plutôt que de répondre au très actuel désir d’immédiateté, nous avons choisi  d’inscrire cette démarche d’élaboration de projet professionnel dans la durée. De donner le temps au temps et de proposer à nos clients un espace de réflexion serein, à leur rythme, un espace précieux dans lequel ils peuvent se remettre eux-mêmes au centre de leur vie professionnelle et de leurs décisions. Un espace dans lequel l’exploration de soi et la conception du projet professionnel sont un cheminement heureux solidement inscrit dans la recherche de sens et de plaisir au travail.

 

Trouver du sens et de la motivation dans nos métiers

 

Source reconnue de performance, de motivation autant que de qualité de vie dans le travail, le plaisir est l’émotion positive indicatrice de la satisfaction des besoins professionnels, dont découle un apaisement général d’une part et un regain d’énergie d’autre part. Une sorte d’ataraxie pétillante, un champagne zen de l’état d’esprit, qui donne envie d’entreprendre toutes sortes de projets, avec aisance et assurance.

 

 

 

Des programmes structurés et flexibles à la fois

 

Qu’il s’agisse de plaisir au travail ou de reconversion professionnelle, nos programmes s’ajustent et s’enrichissent. Ainsi, comme vous aurez l’occasion de le découvrir tout au long du mois d’avril, nous offrons désormais à nos clients, en complément de leur accompagnement un livret personnel :

 

  • Des fiches support: environ une centaine de page d’exercices, de pistes de réflexion autonome et de supports pour les séances.
  • Des lectures complémentaires: environ 200 pages de lectures pour accompagner la réflexion.

 

Livret d'Ithaque un support unique pour la reconversion professionnelle

 

Pour construire des projets solides et réalisables en répondant aux besoins de chacun et assurer une réflexion globale et détaillée à la fois, et parce que chacun mérite une réflexion sans préjugés et ouverte sur l’avenir et le champ des possibles, nos programmes s’articulent autour de trois principes. Ils sont :

 

1- Structurés dans la démarche, pour vous assurer un projet élaboré dans toutes ses dimensions et qui prend appui sur les trois piliers du projet professionnel tel qu’Ithaque les conçoit :

  • La relation à soi: les talents naturels, les mécanismes de réussite, les moteurs personnels, l’estime de soi, la confiance en soi, les compétences émotionnelles, les systèmes de conviction.
  • La relation aux autres: le positionnement dans la relation, la communication, les compétences relationnelles, l’affirmation de soi, l’assurance, la force de conviction.
  • La relation au travail: les aspirations, les appétences, les besoins professionnels, la connaissance des marchés, la définition personnelle de la réussite, du sens.

 2- Très flexibles dans la mise en œuvre de façon à vous offrir un travail sur mesure qui s’adapte à vos besoins : flexible dans la nature des thématiques abordées et dans le temps qui leur est consacré (certains auront besoin de passer du temps à développer l’assurance et l’affirmation de soi pour garantir une posture relationnelle forte, d’autres beaucoup moins)

 

3- Axés sur l’expérimentation: l’être humain n’est pas toujours doué pour évaluer ses ressentis futurs et donc l’ampleur réelle du plaisir au travail qu’il éprouvera au travers d’un changement donné. Nous avons conçu un méthode d’expérimentation systématique des sources de plaisir pour les valider ou les adapter jusqu’à obtenir satisfaction, y compris dans les accompagnement à la reconversion.

 

 

 

 

Cabinet semi-virtuel et projets en cours

 

Essentiellement virtuel, Ithaque s’est développé pour majeure partie via Internet et son offre s’est naturellement orientée vers un accompagnement principalement par téléphone ou via Skype, puisque les clients viennent d’horizons géographiques les plus divers: de Tahiti au Luxembourg en passant par l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Australie ou la Martinique. Il est donc accessible de partout et pour ceux qui tiennent au coaching en face à face, nous disposons d’un espace à Paris.

 

Nous avons l’intention d’y développer d’autres offres. Ces projets sont en cours et vous aurez l’occasion de découvrir dans les semaines qui viennent.

 

 

 

 

Mon plaisir au travail : des clients épatants !

 

Depuis 7 ans, j’ai un plaisir immense à travailler avec une formidable diversité de personnes: diversité d’origines, de personnalité, de situations professionnelles, d’aspirations, de projets. Chaque mission est une nouvelle expédition en terra incognita de leur singularité : formidable nourriture quotidienne à ma curiosité et à ma soif d’apprentissage. Je découvre des personnes uniques et remarquables, j’apprends toutes sortes de choses sur des domaines différents: métiers, entreprises, environnements professionnels etc.

 

Je suis sans cesse épatée par les trésors d’imagination et d’énergie que mes clients mettent dans la réalisation de leurs objectifs et par les solutions extraordinaires qu’ils concoctent pour y parvenir. Il sont tous autant d’histoires passionnantes et je leur en suis infiniment reconnaissante de me permettre d’en être le témoin privilégié et du plaisir qu’ils m’offrent à les accompagner.

 

En attendant, allez donc jeter un coup d’oeil aux prestations d’Ithaque;)

 

 

 

Voir aussi

 

La triplette opérationnelle du coaching

Relation à soi / relation aux autres, le cocktail indispensable

Le coach a-t-il des super pouvoirs?

La durée d’une mission de coaching

Le coaching par téléphone: ça marche?

Bienfaits et limites de l’auto coaching

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez mettre en œuvre des changements pour construire une vie professionnelle en fonction de vos valeurs et aspirations? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Pour que la prise décision cesse d’être une prise de tête

Sylvaine Pascual – Publié dans: Objectifs, décisions et solutions

 

 

Une prise de décision, ce n’est quand même pas souvent le choix de Sophie. Pourtant, de choix cornélien en dilemme inextricable, il arrive qu’elle ressemble davantage à une prise de tête qu’à un pique-nique au bord de l’eau. Souvent, ne sachant pas trop comment nous y prendre, nous avons vaille que vaille recours au bon vieux avantages/inconvénients, dont l’inutilité n’explique pas la longévité! Heureusement, il y a des alternatives et avant de les explorer, voyons comment nous prenons nos décisions.

 

 

 

pour que la prise de décision cesse d'être une prise de tête

 

 

 

Halte à l’obligation de “bonne décision”

 

Nous vivons une époque formidable dans laquelle les injonctions d’urgence, d’excellence, de performance, d’efficacité nous mettent sur la calebasse une telle pression de prendre les “bonnes décisions” que nous finissons devenir des obsessionnels de la décision et de ses conséquences.

 

Or, celles-ci ne sont pas toujours simples à évaluer, surtout lorsqu’il s’agit d’une décision professionnelle à enjeu, comme une transition, une création d’entreprise, une reconversion. Il y a tellement d’options, de variables, de tenants et d’aboutissants… et puis nous ne sommes pas des Madame Irma. Au final, une décision, c’est un peu comme le chat de Schrodinger: tant qu’elle n’a pas été prise, elle est bonne et mauvaise en même temps, ce n’est qu’en ouvrant la boîte (donc en la prenant) que nous pourront déterminer sa validité. Et ce chat-là se mord la queue, car nous n’allons pas prendre toutes les décisions pour en évaluer les résultats!

 

Les croyances de ce type, traduites par les “vous savez, je n’ai pas le droit à l’erreur” et autres “ce qui m’inquiète, c’est comment savoir si c’est la bonne décision?” produisent une réflexion craintive et donc étriquée, car elle va directement éliminer des solutions originales ou différentes perçues parfois à tort comme “farfelues” et qui sont parfois des mines d’or. Ou nous faire procrastiner le moment du choix, histoire de nous protéger des erreurs possibles.

 

Finalement, vouloir à tout prix prendre la “bonne décision” revient quasiment à se garantir d’en prendre une mauvaise, ou de ne pas en prendre du tout. Aussi autant se lâcher la cafetière et accepter qu’il n’y a pas qu’une seule voie pour escalader la montagne. Il va plutôt s’agir de prendre une décision, une avec laquelle nous sommes en accord, une décision qui reflète nos valeurs et les talents naturels qui vont venir soutenir les mises en action. Une décision qui parle à nos tripes autant qu’à notre tête.

 

 

 

Qu'est-ce qu'une bonne décision

 

 

 

Prise de décision et émotions

 

Contrairement à beaucoup d’idées reçues, nous pouvons raisonner tant que nous voulons, avec intelligence et discernement, à partir de notre expérience et de nos connaissances, à l’arrivée, ce sont surtout nos tripes qui prennent nos décisions. Notre panse pense beaucoup plus que notre matière grise, et nos émotions s’y expriment de deux manières :

 

  • Celles que nous anticipons, face aux conséquences de la décision.
  • Celles que nous ressentons pendant tout le temps de réflexion et de délibération.

 

 

La prise de décision, un processus collaboratif interne

 

Pardonnons à Damasio ses élucubrations sur Phineas Gage, transformé en fantasme du symbole parfait de son propos et ne retenons que son propos, justement : Damasio a découvert que face à une prise de décision, nos trois cerveaux (reptilien, limbique et logique) travaillent ensemble. Faire un choix nécessite un accord passé entre les trois et les tripes comme l’expérience émotionnelle du passé ont leur mot à dire. La logique et la raison seules sont incapables de prendre des décisions.

 

Cet appel aux expériences passées dans le but d’y dénicher une solution adéquate se fait de deux manières:

 

  • Une réactivation des états de défense: des émotions et des états corporels ressentis lors d’une expérience similaire
  • Des réactions physiques très localisées comme la boule au ventre.

En d’autres termes, n’en déplaise à notre désir de discernement, de rationalisme et de pragmatisme, les décisions sont avant tout une affaire de tripes. Leur logique n’est pas une mécanique froide d’analyse purement factuelle : c’est un ensemble de critères liés à l’expérience et à la perception de l’expérience autant qu’aux informations dont nous disposons.

 

Lorsque la décision est d’ordre professionnel, comme dans le cas d’une transition de carrière par exemple, elle sera donc une question de confort émotionnel et non pas de logique, d’algorythme, de « réalité du marché » ou de tests de personnalité.

 

Et ce n’est pas plus mal ! Car les réactions émotionnelles bio-géolocalisées comme la boule au ventre ou générique comme l’agacement, l’anxiété ou la fatigue attirent notre attention sur des facettes de la situation qui posent problème ou soulèvent des questions. Les écouter, au lieu de s’acharner à les taire, “revient à améliorer la qualité du raisonnement à son sujet”*. Au final, le cerveau est bien plus raisonnable que nous, qui sait que les émotions ont raison et que la raison à tort.

 

 

 

Les émotions trompeuses

 

On nous dit partout que la solution est évidente: il suffit d’écouter son intuition pour prendre la “bonne décision”. Mais ce n’est pas si simple car cet interventionnisme émotionnel complique l’affaire, qui essentiellement liée à une société fascinée par la raison, la sécurité, le pouvoir et la réussite et donc forcément craintive du regard des autres, de leurs jugements et de la prise de risque. Les émotions peuvent alors entraver la prise de décision de bien des manières, indiquant autant d’éléments à traiter et non pas que la décision n’est pas une bonne idée:

 

  • Nous sommes déconnectés de nos émotions et comme nous n’en comprenons pas les messages, nous cherchons à lutter contre, à « les maîtriser » au lieu de les accueillir et de les écouter. Les états de défense sont alors perçus comme des empêcheurs de décider en rond et non pas comme les messagers d’un cerveau qui chercher à aller vers une issue positive et à s’éviter une situation négative. Dialogue de sourds à l’intérieur de nous-mêmes et conflit en perspective : on est pas prêts de la prendre, cette décision.
  • La perception des expériences passée teintée par la peur et l’interprétation peut bloquer la prise de décision en générant des certitudes en forme de croyances limitantes, parce que nous avons parfois tendance à généraliser les résultats d’une expérience. Comme une personne qui, suite à un changement de job malheureux, ne voudra plus prendre le risque d’une autre transition de carrière.
  • Les décisions qui parlent à nos tripes mais sont rejetées par la raison parce qu’elles ne correspondent pas aux croyances collectives relayées abondamment par la presse et l’oncle Alfred, bref, de nos amis qui nous veulent du bien.
  • Les émotions d’autrui peuvent bloquer une prise de décision, comme la honte et le sentiment de culpabilité que ressentait Christophe face au discours de son père “avec toutes les inquiétudes que tu m’as déjà causées, tu ne vas pas en plus te reconvertir” voir: Emotions et culpabilisation
  • Les biais cognitifs souvent le résultat de besoins liés aux émotions comme la peur de déplaire (entre plein d’autres), qui nous amène à des décisions individuelles ou collectives absurdes, comme le paradoxe d’Abilène, celles décrites par Christian Morel ou les piège de l’association peur et imagination

 

prise de décision: réconcilier la tête et les tripes

 

 

 

Comment nous prenons des décisions qui ne sont pas les nôtres

 

Du coup, des décisions qui parlent à nos émotions autant qu’à nos têtes, nous en prenons peu. Le manque de confiance en soi, les croyances limitantes, les idées reçues déguisées en vérités universelles, combien d’influences inconscientes nous poussent à prendre des décisions en fonction de ce que pensent les autres et en dépit – ou en ignorance – de ce que pensent nos tripes ? Quitte à s’enfermer dans un immobilisme rassurant, au lieu d’expérimenter avec nos propres idées pour déterminer si elles sont bonnes pour nous-mêmes ou pas.

 

La prise de décision finit parfois alors par ressembler à un rond-point dans lequel deux options s’offrent à nous:

 

  1. Tourner en rond: on tourne et on tourne, pesant jusqu’à plus soif les pour et les contre* de chaque sortie… sans se décider.
  2. Ecouter le bruit extérieur: on peut aussi écouter le bruit des raisonnements issus de tout un tas d’idées reçues, en croyant dur comme fer que « c’est la bonne décision » puisque les gourous du domaine, la « réalité du marché » et l’Oncle Alfred, nous disent que c’est la bonne.

Peu importe alors que nous y allions pas du tout ou la mort dans l’âme : nous avons évité de prendre des vilains risques.

 

 

 

Prise de décision et injonctions paradoxales

 

Car prendre des risques, dans une société où la recherche constante de succès et d’ultra sécurité est devenu un jeu aux règles obscures, issues des injonctions paradoxales qui polluent nos cerveaux fatigués : il faut être audacieux pour être un winner mais en même temps il faut être réaliste, pragmatique et ne pas faire n’importe quoi. Il faut être soi-même et aller au bout de ses rêves, mais en même temps, il ne faut pas s’écarter du chemin rassurant et confortable de ce qu’on sait déjà, de ce qui “a fait ses preuves”.

 

Pourtant, c’est bien en s’écorchant les genoux qu’on apprend que la vie fait mal, en tombant de vélo qu’on apprend l’équilibre  et qui ne s’y est jamais frotté risque davantage de finir en victime apeurée et passive qu’en Ulysse de la vie professionnelle.

 

 

 

Redonner leur voix aux émotions dans la prise de décision

 

Alors comment redonner leur voix aux émotions? Comment les intégrer dans une prise de décision? Comment réconcilier la tête et les tripes en un choeur harmonieux plutôt qu’une cacophonie discordante? Nous en reparlerons bientôt et nous aurons aussi l’occasion de voir des outils d’aide à la prise de décision qui font appel aux émotions autant qu’à la raison.

 

 

 

 

*Spinoza avait raison : joie et tristesse, le cerveau des émotions, Odile Jacob, Paris, 2003

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire un projet solide, pertinent et en harmonie avec vos aspirations et vos besoins? Vous voulez renforcer un état d’esprit et un relationnel forts pour le mener à bien? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

Employabilité et mobilité vues par les salariés

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Carrière

 

 

Employabilité et mobilité sont devenues les marronniers des conseils en gestion de carrière et  des publications RH avec force injonctions et grandes vérités. Mais qu’en est-il du point de vue des salariés ? Il ressort d’une enquête menée conjointement avec Nuances Conseil que ceux-ci se sentent seuls face à des mobilités considérées comme une prise de risque à bien des égards et face à leur propre entreprise.

 

 

Quelle relation les salariés entreitennent-ils à leur mobilité?

 

 

 

Mobilité et employabilité : le point de vue des salariés

 

Les articles de presse et billets de blogs ou de sites carrière sur l’employabilité et la mobilité fleurissent  comme les pâquerettes sur les gazons printaniers. Parce que c’est la thématique chérie des entreprises en quête de “flexibilité”, c’est-à-dire qui déguisent derrière leur désir de pouvoir embaucher et débaucher beaucoup plus facilement en autonomisation des salariés. Le point de vue des entreprises, des cabinets de consultants et des médias, c’est fort intéressant, mais quid de la relation que les intéressés entretiennent avec ces deux notions ?

 

Voilà l’objet de cette  enquête menée  conjointement avec Nuances conseil. Face au discours ambiant « se prendre en main », « devenir acteur de sa carrière » etc, face aux évolutions en cours du marché du travail, comment chacun voit-il sa propre mobilité, sa propre employabilité? Nous avons recueilli à la fois les réactions des personnes et  les actions concrètes qu’elles réalisent pour développer leur employabilité, qu’elles soient en activité ou en recherche d’emploi.

 

 

 

Les cadres et la mobilité : une opportunité à créer

 

Essentiellement menée auprès des lecteurs  d’Ithaque Coaching et des clients et partenaires de Nuances conseil, cette enquête est surtout révélatrice des préoccupations des catégories socio-professionnelles qui fréquentent nos sites : 77% des répondants ont des niveaux Bac +5  et plus et 80% sont des cadres.

 

Ces catégories ont un regard plutôt positif sur leur mobilité : elles ont majoritairement le sentiment d’avoir eu la main sur leurs mobilités passées et une conviction forte de la conserver dans leurs mobilités futures.

 

La mobilité est considérée comme une opportunité

 

 

Elles en sont à l’initiative et 64% la considèrent avant tout comme une opportunité qui permet de :

 

  • Continuer à apprendre 90%
  • Rencontrer de nouvelles personnes 90%
  • Prendre soin de son épanouissement et de son équilibre 89%
  • Développer des compétences et sa capacité à trouver du travail 89%

Les répondants, du fait de leur catégorie socio-professionnelle, ont :

 

  • Des attentes plus fortes par rapport à la sphère professionnelle, en termes de sens, de plaisir au travail, d’épanouissement professionnel.
  • Des convictions en matière de gestion de carrière.
  • Des ressources avérées en termes de recherches d’information, d’activation du réseau.
  • Une certaine appréciation de la nature des compétences transférables et de la façon dont on peut les combiner pour réaliser des carrières multiples.

 

 

Une motivation claire à mener une transition de carrière

 

La principale motivation, et donc la principale attente des salariés face à une transition de carrière est de l’ordre du développement et du dépassement de soi : il s’agit de l’acquisition de nouvelles connaissances et/ou compétences, bien avant la rémunération ou les perspectives de carrière.

 

la motivation à la mobilité professionnelle est claire: se dépasser

 

 

 

Employabilité, vous avez dit employabilité ?

 

Travailler son employabilité est devenu un incontournable. Mais les salariés semblent percevoir la relation à l’employabilité comme une injonction de la part d’entreprises qui voudraient parfois se défosser de cette responsabilité et la laisser au seul salarié. La méfiance vis-à-vis de l’organisation et des RH dans le cadre d’un désir de mobilité est palpable :

 

la rupture consommée et l'absence de dialogue entre RH et salariés

 

 

  • 78 % des répondants ne sollicitent jamais les RH quand il s’agit de développement de compétences ou de mobilité.
  • Encore plus inquiétant, 40% des répondants considèrent que leur entreprise ne se préoccupe pas de leur employabilité et 30% qu’il s’agit de beaux discours suivis de peu d’effets.
  • La communication RH sur la mobilité professionnelle, quand elle existe dans l’organisation, est jugée sévèrement. Elle est estimée peu lisible et peu opérationnelle : pas d’information sur les métiers en développement ou sensibles, ni sur les passerelles d’évolution ou les conditions et modalités de la mobilité interne.
  • Le seul outil de communication plébiscité par les répondants d’un point de vue opérationnel est la bourse de l’emploi même si les processus et les règles pour postuler en interne restent peu claires.

Les salariés réclament des ressources fiables et pertinentes sur l’évolution des métiers, les passerelles professionnelles ou les modalités de reconversion. Paradoxalement, ils craignent de dévoiler leur projet de mobilité dans un contexte de raréfaction d’emploi.

 

 

 

Mobilité : la rupture consommée entre l’entreprise et le salarié 

 

Le salarié en désir de mobilité se sent bien seul : sa confiance en lesacteurs internes à l’entreprise est très mitigée et correspond aux articles de presse qu’on voit fleurir sur la thématique « comment chercher un job discrètement. »

 

 

  • L’étiquetage « démotivé »: en affichant clairement leurs intentions de changement les candidats à la mobilité craignent les réactions de repli de la part de l’entreprise comme  Monsieur Seguin et sa chèvre : « Comment ça ? tu veux me quitter ? » assortie d’une placardisation et d’un étiquetage de type « démotivé ».
  • La vision mitigée du manager: les avis  sont partagés sur l’appui que les candidats  peuvent attendre de leur manager, soupçonnés de préférer uncollaborateur motivé par le projet partagé que par celui d’une transition professionnelle. Cependant, il reste l’interlocuteur privilégié en interne et dans 48% des cas, les candidats à la mobilité s’appuient sur lui.
  • Le besoin de conseil et de soutien: un répondant sur deux  attend de son manager  un regard aiguisé sur ses forces et axes de progrès, ainsi que des conseils pour le pilotage de sa carrière (46%)  et l’accès à un réseau interne (46%)
  • Les appuis personnels: les interlocuteurs privilégiés des personnes en désir de mobilité sont… leurs amis et leurs relations personnelles, pour 85% des répondants.

 

Cadres et mobilité: la méfiance vis-à-vis des RH

 

 

Les  dispositifs RH officiels de mobilité semblent négligés au profit de démarches officieuses où la détermination et l’énergie du candidat sont les moteurs essentiels. Au final la mobilité s’inscrit dans des démarches d’actions individuelles, souvent menées à l’insu des RH ou de la hiérarchie, et dans lesquelles le réseau personnel est largement sollicité. Trois chiffres dressent un tableau peu positif des relations entre les salariés et les RH :

 

  • 78% n’ont jamais recours aux RH pour échanger sur la mobilité professionnelle
  • 79% qui pensent que les RH ne se préoccupent pas ou pas réellement de leur employabilité
  • 80% qui estiment que la communication sur les métiers de leur entreprise manque de clarté.

Ils traduisent une absence effarante de dialogue entre les deux parties les plus concernées, une véritable rupture consommée entre les RH et les salariés. C’est certainement là l’un des enseignements les plus essentiels de cette enquête, qui met au jour une défiance mutuelle majeure, rarement abordée dans la littérature sur la mobilité, la gestion de carrière ou l’employabilité.

 

 

 

Oser la mobilité : limiter les risques et satisfaire des besoins

 

En conséquence, pour oser la mobilité, les salariés comptent avant tout sur eux-mêmes. La majorité des répondants est convaincue que chacun doit être acteur de sa mobilité en fixant et en tenant les caps. Ce sentiment de solitude, associé à la méfiance de l’entreprise et aux incertitudes du marché contribue à entretenir un frein aux transitions professionnelles, toujours autant considérées comme un prise de risque

 

Ce qui souligne plusieurs besoins pour sécuriser les transitions : davantage de communication interne sur les métiers, sur les conditions financières et extra-financières des mobilités et sur les accompagnements possibles (coaching, mentorat etc.) ainsi que sur la réalité des métiers.

 

les actions menées pour renforcer son employabiltié

 

 

 

 

Que faire pour maintenir ou développer son employabilité ?

 

Carburant essentiel de cette employabilité, les paramètres d’ordre personnel et comportementaux sont cités plus souvent  que les formations techniques et académiques.

 

  • Veiller sa à santé et son énergie (61%) 
  • Etre attentif à son image (49%)
  • Suivre des formations techniques (44%)
  • Etre actif sur les réseaux sociaux (41%) Les salariés sont de plus en plus conscients de l’importance et de l’utilité des réseaux sociaux pour construire et entretenir un réseau professionnel vecteur d’opportunités et de cooptation (plutôt qu’un levier directe de recherche d’emploi, d’ailleurs). Cependant, 40% reste un chiffre faible au regard des mutations en cours dans le marché de l’emploi.
  • Rencontrer régulièrement les membres de mon réseau (32%) un chiffre relativement faible au regard de la puissance du réseau professionnel en termes d’opportunités, d’accès au marché caché, de recommandations, de cooptation.
  • Suivre des formations liées aux compétences informelles : relationnelles, managériales, organisationnelles etc. (31%) Les salariés semblent avoir de plus en plus conscience que les nouvelles tendances de l’employabilité s’articulent aussi autour de compétences non techniques et c’est tant mieux : ils ont certainement là une vraie carte à jouer.

 

 

Mobilités : oser la confiance et renouer le dialogue

 

Au final, les salariés sont moins actifs que ce à quoi on pourrait s’attendre d’une part et que ce qui paraît aujourd’hui nécessaire d’autre part. Trop souvent, les actifs restent trop passifs et attendent une perte d’emploi pour travailler leur réseau, ce qui retarde d’autant le retour en poste. En d’autres termes, ils savent ce qu’ils devraient faire mais ne le font pas forcément. 36% avouent ne rien faire.

 

Au-delà de la contradiction évidente entre leurs convictions et leurs actes, peut-être que cette passivité naît dans le creuset de la méfiance mutuelle entre eux et l’entreprise. Peut-être qu’une solution pour accroître l’employabilité et faciliter les mobilités se situe au cœur du pilier des relations quelles qu’elles soient (interpersonnelles, sociales etc.) : la confiance.  Celle que le salarié a en sa propre capacité à mener les transitions de carrière qu’il désire et celle qui régit la nature de ses relations à l’entreprise.

 

Ce sont les pistes que nous vous proposons d’explorer au fil d’une série d’articles qui suivront cette enquête:

 

  • Mobilité professionnelle : le pouvoir d’agir – Pascale Denantes-Parlier
  • Les deux piliers de la mobilité professionnelle – Sylvaine Pascual
  • Mobilité professionnelle : renouer le dialogue salariés -RH – Valérie Malaprade

 

Cet article a été co-écrit avec Pascale Denantes-Parlier et Valérie Malaprade et nous le dédions à notre collègue Odile Guillette, brutalement disparue.

 

 

 

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Aller plus loin

 

Vous voulez construire un projet fort, pertinent et en harmonie avec vos aspirations et vos besoins? Vous voulez renforcer un état d’esprit et un relationnels forts pour le mener à bien? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Milieu de carrière : se redéfinir socialement et professionnellement

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

En début de carrière, nous avons tous pris des décisions quant à nos vies personnelles et professionnelles qui correspondaient à ce dont nous avions besoin à ce moment-là. Cependant, parce que la routine nous rattrape, nous omettons souvent de réévaluer ce que nous voulons et nous nous retrouvons ancrés dans les conséquences de décisions prises il y a longtemps et l’écart se creuse parfois entre elles et nos aspirations dans le présent.

 

 

 

Les questionnements du milieu de carrière, l(occasion de se redéfinir socialement et professionnellement

 

 

 

L’écart entre le professionnel de nos débuts et celui que nous sommes devenus

 

A mesure que l’écart se creuse entre la personne que nous étions en début de carrière et celle que nous sommes aujourd’hui, nous perdons en sens, en direction, en mouvement. Les objectifs d’hier ont été atteints, nous n’en avons pas fixés d’autres :

 

  • Par confort ou par facilité : les choses se passent plutôt bien, elles suivent leur cours, nous avons la flemme de les remettre en question
  • Par culpabilité : après tout, la société, les médias et Mémé Huguette nous le répètent: nous avons tout pour être heureux, non ?
  • Parce qu’on y a pas pensé : les obligations et nez dans le guidon de nos vies nous donnent peu de recul, de hauteur ou de profondeur de champ par rapport à nous-mêmes, à cette personne que nous sommes devenue, à nos besoins, à nos désirs.

Ancrés dans l’image de la personne que nous étions lorsque nous avons pris ces décisions, nous restons à l’écart de notre propre évolution, peu conscients d’elle. Les doutes et les questionnements vont s’intaller subrepticement.

 

C’est le cas de Pascaline, enseignante, pour qui le passage de la quarantaine a été un tournant décisif :

 

« Il y a 2 ans j’ai fêté mes 40 ans, cap très difficile pour moi et dans la même semaine, j’ai perdu ma grand-mère à qui j’étais extrêmement attachée.

 

J’avais l’impression d’être à la moitié de ma vie et que tout allait décliner, inexorablement. Je suis quelqu’un de très dynamique, maman de 3 garçons plutôt turbulents, mariée à un homme adorable mais très pris par son travail et souvent en déplacement, je suis professeur d’anglais. Comme nous déménageons environ tous les 3 ans, il me faut être très réactive pour m’adapter aux nouveaux lieux, nouvelles structures scolaires, les miennes et celles de mes enfants, les adresses de médecins, de baby-sitters…

 

Cette année-là, j’étais en disponibilité par nécessité puisque je n’avais pu avoir de poste pour le rentrée suite à la mutation tardive de mon mari.Je me suis retrouvée cantonnée à la maison à attendre le retour de mes enfants et celui de mon mari le soir sans avoir de véritable occupation dans la journée. »

 

 

 

Milieu de carrière : le besoin de se redéfinir socialement et professionnellement

 

Pourtant, continuer à évoluer ne signifie pas se renier, ou renier les aspirations d’hier, c’est même l’inverse. Ignorer les changements dans nos besoins et nos aspirations est un déni de soi. En réalité, dès lors que nous satisfaisons un besoin, une aspiration prioritaire, celle qui est cachée juste derrière commence à se manifester. Et pour compliquer l’affaire, nous avons beaucoup trop tendance à taire toutes celles qui ne corresponde pas aux aspirations conformes que nous renvoient la société.

 

C’est la raison pour laquelle de nombreux quarantenaires se retrouvent avec le sentiment de mal se connaître, que leurs aspirations sont un flou artistique, localisé quelque part entre fantasmes ridicules et envies silencieuses. Ils ressentent alors un besoin parfois confus de revenir à eux-mêmes, autant sur le plan personnel que professionnel.

 

« Je me suis rendue compte que je n’avais plus de temps à perdre et que j’avais des priorités à redéfinir, socialement et professionnellement, constate Pascaline.  J’avais l’impression d’être un pion. Je ne voulais plus perdre de temps auprès de gens qui ne m’apportaient rien. On ne vit qu’une fois et je voulais être claire sur la façon dont je menais ma vie et cesser de la subir parfois.

 

Je me suis tournée vers Ithaque*, site sur lequel je me rendais souvent, parce que je n’arrivais pas toute seule à faire le tri dans mes idées : j’avais tendance à tout rejeter sans savoir quoi vouloir garder, quoi utiliser pour me redéployer professionnellement. L’idée de travailler par téléphone me plaisait car j’étais bien protégée chez moi, tranquille dans mon cocon, sans avoir à faire face au regard de l’autre, ce qui me donnait toute liberté de parole. »

 

 

Milieu de carrière redéfinir réussite et aspirations

 

 

 

Exploiter des ressources déjà existantes

 

Toujours parce que la vie passe sans qu’on y prenne garde, ce qui fait sens pour nous est souvent étouffé par les exigences du quotidien parce que nous avons du mal à reconnaître notre marge de manœuvre, les ressources insoupçonnées dont nous disposons pour façonner notre vie personnelle et professionnelle.

 

Nous remettons notre besoin de sens dans notre poche, en nous auto-persuadant que ces préoccupations-là sont égoïstes et futiles (avoir un job, c’est quand même le plus important, même si on en crève). Seulement le besoin de sens, de réalisation de soi fait partie intégrante des besoins fondamentaux, ce qui signifie que leur négligence finira par nous rattraper tôt ou tard et s’exprimer par du stress, le burnout ou le boreout (l’ennui au travail).

 

Pourtant les ressources pour définir ce qui fait sens pour nous et agir pour concrétiser nos aspirations sont déjà à l’intérieur de nous, tues le plus souvent par un solide sentiment de manque de confiance en soi. Il s’agit donc de les faire émerger et de les appliquer à cette redéfinition. C’est l’expérience que Pascale a faite :

 

« Comme beaucoup, j’avais un énorme problème de confiance en moi et j’avais l’impression d’avoir fait le tour de ce que je voulais faire de ma vie. Au fur et à mesure, je me suis rendue compte que j’avais déjà eu en moi les ressources pour réussir ce qui me tenait à cœur plus jeune : avoir trois enfants, former un vrai couple et être professeur.

 

J’avais réussi à obtenir ce que je voulais, j’y étais arrivée. Ce n’est pas tant la fierté qui est ressortie de ce travail que le fait de comprendre que j’avais en moi les ressources pour mener à bien mes projets et obtenir ce que je voulais vraiment. Cela voulait dire que pour la suite de ma vie qui m’apparaissait nébuleuse, je portais en moi les clefs pour réussir : des qualités, des mécanismes de réussite qui, une fois identifiés, pouvaient être mis au service de mes nouveaux projets.

 

En renouant avec mes talents naturels et ma valeur personnelle, je me suis détachée du regard des autres, j’ai réussi à être plus posée et à réfléchir en mettant des mots sur mes émotions pour mieux comprendre ce qui se passait en moi dans telle ou telle situation.

 

Tout ce travail a débouché sur un réel mieux être personnel qui a entraîné une évolution très positive dans ma vie professionnelle. Je suis allée de l’avant, je me suis rendue compte qu’enseigner était vraiment ce qui me convenait et j’ai compris que je voulais aller plus loin, évoluer dans mes pratiques et projets pédagogiques. Ensuite tout s’est enchaîné : J’ai rencontré une principale qui m’a poussée et complimenté, me renvoyant une image très positive de mes capacités à enseigner. J’ai suivi des stages passionnants avec des gens très compétents qui m’ont ouvert de nouvelles perspectives dans mes classes pour enseigner autrement et me sentir plus efficace. »

 

 

 

milieu de carrière retrouver l'élan et le plaisir au travail

 

 

Comme pour Pascaline, c’est en allant explorer les ressources déjà présentes, dont l’exploitation est le plus souvent fluide et source de plaisir, qu’on trouve des vecteurs d’amélioration en accord avec les aspirations présentes tout en s’autorisant à exprimer ses aspirations. La redifinition sociale et professionnelle de soi offre des perspectives réjouissantes de seconde partie de carrière dans tous les cas, qu’il s’agisse d’une réorientation comme un changement de poste, une reconversion professionnelle, une création d’entreprise ou de redonner une impulsion jubilatoire à un métier dont on avait simplement perdu de vue le sens qu’il a à nos yeux.

 

 

 

Milieu de carrière: une réflexion pour renouer avec le plaisir au travail

 

Ce travail assez typique du milieu de carrière peut passer par diverses étapes. En voici quelques exemples, avant de voir prochainement comment, dans le cas de Pascaline, c’est la lecture émotionnelle qui a été le levier principal de se redécouverte du plaisir au travail:

 

 

* Pascaline a choisi le module Job idéal et vitamines mentales

 

 

 

Voir aussi

 

Plaisir au travail: Florence et la lecture émotionnelle

Job idéal et vitamines mentales: croyances et besoins

Bonheur au travail: que faire quand on n’est pas salarié d’une entreprise libérée?

10 aptitudes pour une vie professionnelle sereine et dynamique

Déterminer q’il est temps de changer de métier 

Déterminer s’il est temps de changer de boulot en 6 étapes

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire un projet fort, pertinent et en harmonie avec vos aspirations et vos besoins? Vous voulez renforcer un état d’esprit et un relationnels forts pour le mener à bien? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

4 éléments clés pour retrouver un emploi après une reconversion professionnelle

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion professionnelle

 

 

Le retour à l’emploi, dernière étape pour ceux qui ont mené une reconversion professionnelle et ont opté pour un métier salarié. Voici 4 éléments clés à traiter pour une recherche d’emploi fructueuse, adaptés d’une étude de la Chaire nouvelles carrières de la NEOMA business school sur ce qui différencie ceux qui retrouvent un emploi rapidement des autres. Les résultats de cette étude sont éclairants pour ceux qui veulent changer de métier et se retrouveront à plus ou moins long terme sur un marché de l’emploi compliqué.

 

 

 

4 éléments à traiter pour trouver un emploi après une reconversion

Crédit photo: Jörg Peter de Schweiz

 

 

 

Retour à l’emploi après une reconversion : croyances moteurs et croyances entraves

 

Selon cette étude, publiée dans HR Insights, ce ne sont pas les diplômes ou l’expérience qui garantissent un retour à l’emploi rapide lors d’une période de chômage, mais une « capacité à s’orienter » qui s’articule autour de 8 aptitudes et 4 croyances. Ce qui est une bonne nouvelle pour ceux qui ont changé de métier et retrouvent le marché du travail avec une expérience très limitée : c’est dans leurs systèmes de convictions qu’ils vont pouvoir faire la différence.

 

Ces 8 aptitudes sont connues et correspondent au schéma opérationnel traditionnel de la recherche d’emploi. Ce qui fait la différence, c’est la nature des systèmes de croyances individuels, qui déterminent la façon dont chacun va exercer ces 8 compétences. Ce sont donc les convictions personnelles qui vont favoriser le retour à l’emploi.

 

Ce n’est pas vraiment une surprise : nos croyances façonnent notre vision du monde et le cerveau s’attache à ce que les deux soient cohérentes. Ce qui signifie que certaines croyances sont des moteurs et d’autres des obstacles qui barrent la route, comme nous l’avions déjà évoqué à plusieurs reprises :

 

 

Nos croyances sont le principal frein à la reconversion professionnelle

 

Cette question des convictions personnelles est complètement transposable dans le cadre d’une recherche d’emploi suite à une reconversion. Ainsi par exemple,  est-il recommandable de changer de métier quand on est quinqua si l’on est convaincu « qu’à 50 ans personne ne vous embauche » et que « les recruteurs se méfient de ceux qui ont fait une reconversion » ?

 

Cette étude nous donne quatre pistes de réflexion autour des croyances pour une recherche d’emploi fructueuse, et je vous propose de voir de quelle manière elles représentent quatre éléments essentiels à traiter dans le cadre d’une reconversion professionnelle.

 

 

 

Réfléchir à ses croyances en amont et pendant la reconversion

 

Les systèmes de croyances sont à explorer en amont, de façon à évaluer leur influence sur l’efficacité potentielle de la transition et de rectifier le tir lorsqu’elles sont une entrave : « Inutile d’apprendre à un cadre comment développer son réseau relationnel s’il est convaincu que les autres individus sont des rivaux égoïstes. Dans cet exemple, on pourrait parfaitement observer l’acquisition rapide des habiletés à développer un réseau, mais aucune mise en pratique concrète et, finalement, aucune autonomisation de l’individu. » dit Jean Pralong qui a dirigé cette étude

 

Les 4 croyances, décrétées « plus méconnues » par le site Cadréo qui reprend l’étude, ne sont en réalité pas une nouveauté. Elles s’articulent autour de la relation à soi, aux autres et au travail qui sont au cœur des accompagnements d’Ithaque depuis 2008 et qui petit à petit gagnent du terrain dans les esprits. Ce qui est nouveau et réjouissant, c’est qu’une étude reconnaisse l’importance des schémas cognitifs et de les ramollir lorsqu’ils agissent au détriment du chercheur d’emploi. En d’autres termes : la personne (avec ses croyances) est plus importante que l’opérationnel, puisque c’est elle qui va déterminer la nature  et l’efficacité de cet opérationnel.

 

Dans le cadre d’une recherche d’emploi après une reconversion, le recrutement des reconvertis est compliqué par les idées préconçues figées dans une naphtaline aux antipodes de l’air du temps et de la réalité. Préjugés entretenus autant par les recruteurs que par ceux qui ont mené une reconversion, d’ailleurs et qui perpétuent ainsi le système qui leur nuit. Ceux qui ont mené une reconversion sont donc confrontés à une double nécessité de ramollir des croyances qui les entravent. D’où l’intérêt de revoir ces systèmes :

 

  • En amont de la reconversion, pour qu’elles ne teintent pas les décisions de choix qui ne sont pas ceux des candidats à une reconversion (comme une vision étriquée ou au contraire idéalisée d’un secteur).
  • Tout au long de la reconversion pour être en mesure de se positionner solidement et sereinement face à sa recherche d’emploi autant que des recruteurs.

 

 

retour emploi reconversion

 

 

4 systèmes de croyances à revisiter

 

Il y a donc 4 systèmes de croyances sur lesquels réfléchir, quatre représentations du monde du travail et de la vie professionnelle qui vont être déterminantes dans la réussite du projet.

 

 

1- Les croyances relatives à la contribution au travail

La relation au travail peut être perçue comme une simple application d’un savoir-faire professionnel précis dans un domaine donné. Pour d’autres, il va s’agir de trouver du sens – ou non – dans le cadre de la stratégie d’entreprise.

 

Les premiers pourront avoir plus de mal à construire un projet professionnel qui leur appartient vraiment (et donc à l’exprimer) d’une part et démontrer leur valeur ajoutée dans le cadre de l’entreprise pour laquelle ils postulent d’autre part.

 

Trouver l’équilibre entre savoir-faire et contribution favorisera une posture qui transpirera la motivation et l’assurance sereine de celui qui sait où il veut aller et comment il va y aller en s’adaptant aux spécificités du terrain. En d’autres termes, il saura construire des stratégies et communiquer sur son projet en harmonie avec les caractéristiques de l’entreprise dans laquelle il postule.

 

Dans le cadre d’une réflexion sur la reconversion, cela signifie avoir reconstruit pour soi-même la logique de son itinéraire professionnel et son articulation entre sens et compétences techniques. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet, bien trop négligé dans les accompagnements.

 

 

2- Les croyances relatives aux collègues, à l’entourage professionnel

Selon l’idée qu’ils se font des relations aux autres, certains estiment qu’on ne peut faire confiance qu’à un nombre limité de collègues, de préférence ceux avec qui ils ont travaillé et noué des liens étroits.

 

D’autres considèrent leur entreprise comme un vivier relationnel, un réseau de partenaires potentiels et ils seront plus enclins à chercher à connaître leurs collègues et à développer avec eux des relations équitables.

 

Les deux ne vont pas construire et entretenir leur réseau de la même manière et il est inutile d’apprendre aux premiers comment réseauter tant qu’ils n’ont pas adouci leur regard sur leur entourage professionnel et diminué leur méfiance.

 

Il est donc important de réfléchir aux enjeux d’un entourage professionnel ouvert, plus inclusif que replié sur lui-même, à  ses façons d’être en relation, de façon à être en mesure de s’appuyer sur  l’entourage en question lors d’une reconversion professionnelle. Un réseau solide et étendu peut être une mine d’opportunités de cooptation en externe ou de reconversion en interne. Y compris lorsque la reconversion choisie n’a rien à voir avec le métier d’origine. C’est pour cela que nous explorons systématiquement l’angle des relations avec nos clients en reconversion.

 

 

reconversion emploi salarié

 

 

3- Les croyances liées à la gestion de carrière

Certains pensent qu’on « doit attendre du travail et de la carrière la possibilité de réaliser une « vocation ».  D’autres seront plus opportunistes et prêts à accepter des postes plus divers. Dans ce système-là, l’excès d’un côté ou de l’autre peuvent s’avérer néfastes :

 

  • Un projet rigide, qui ne souffre aucune adaptation et risque de se heurter à des écarts irréconciliables avec les besoins des entreprises.
  • Un excès de flexibilité qui pousse à accepter le premier job venu au mépris des conditions de son propre plaisir au travail, qui va vite mener à l’insatisfaction et au sentiment d’échec d’une reconversion souvent perçue comme LE moyen de retrouver sens au travail et épanouissement professionnel

Au cœur de ces croyances se trouve la notion de sens qu’on donne à son métier, à sa fonction. La question est épineuse : bien entendu, celui qui sera plus ouvert à des postes divers au détriment d’un sentiment de sens et de réalisation professionnelle de soi aura sans doute plus de chances de trouver un emploi rapidement. Cependant, lorsqu’on est rattrapé par le besoin de sens, le risque est de reproduire les conditions d’un mal-être qui ont été le moteur de la reconversion.

 

Pour les candidats à un changement de métier, il va donc s’agir de trouver un équilibre entre ces deux schémas. C’est la raison pour laquelle nous travaillons avec nos clients sur la notion de job idéal, tout en explorant les contours de l’acceptable dans ses 10 dimensions – Voir, le boulot idéal, une réalité à inventer –  de façon à développer plusieurs options :

 

 

4- Les croyances relatives au marché du travail

Certains considèrent le marché du travail comme irrationnel et incertain. De facto, les informations qu’ils vont glaner seront alors considérées comme peu fiables et ne favoriseront pas un positionnement clair ou la confiance.

 

Inversement, ceux qui considèrent le marché comme rationnel pourront en développer une connaissance plus pointue en étant plus actifs dans leurs recherches d’informations et dans leurs enquêtes métier : l’idée qu’ils auront du potentiel d’une reconversion sera plus claire.

 

Il est donc important de travailler à s’autoriser des explorations variées et poussées, via divers canaux (réseau, Internet, réseaux sociaux, sites, blogs etc.), de travailler l’ouverture, l’accueil et un traitement objectif des informations recueillies pour favoriser le discernement et éviter de construire de nouveaux systèmes de croyances qui freinent la recherche d’emploi.

 

De ce point de vue, l’enquête métier est un élément essentiel du processus de décision d’une reconversion, qui va s’avérer bien utile à l’étape post-formation, lors du retour sur le marché de l’emploi. Je travaille avec mes clients à construire cet état d’esprit de l’explorateur des secteurs, car la connaissance du domaine, des entreprises qui recrutent, de leurs besoins et de leurs attentes, des diverses possibilités d’exercer le métier, dans quels types d’entreprises, d’environnements professionnels etc. permettra un affinement du projet d’une part et un ciblage pertinent des candidatures d’autre part.

 

 

 

 

En conclusion, il est important de reconsidérer des représentations du monde du travail en amont de la reconversion, ainsi que d’avoir une idée très claire de ses propres besoins professionnels, donc une solide connaissance de soi, pour être en mesure observer objectivement les besoins des entreprises, et de les confronter aux vôtres. Ce travail personnel de l’identité professionnelle et des convictions qui la soutiennent est un préalable indispensable, de façon à cibler ses candidatures et à postuler lorsque les besoins des deux parties se rencontrent et sont compatibles et cohérents.

 

 

 

Voir aussi

 

Ithaque coaching, premier influenceur français sur la reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle: un bilan de compétences?

Une reconversion professionnelle zen et dynamique à la fois!

Reconversion: interview de Sylvaine Pascual sur Sud Radio

Reconversion: Ithaque dans les médias

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Les émotions, alliées du bien-être au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans Comprendre les émotions

 

 

Nous avons beau les prendre pour des ennemies incapacitantes, des perturbateurs de la pensée rationnelle, des marques d’une faiblesse déraisonnable et indigne d’un professionnel, les émotions sont excellentes conseillères à ceux qui savent leur prêter une oreille accueillante et attentive. Partons à la rencontre les émotions, pour mieux comprendre leur rôle et leur utilité au travail.

 

 

 

Le rôle et l'utilité des émotions au travail

 

 

 

Les émotions, alliées fidèles de notre bien-être professionnel

 

Ces émotions qui nous submergent et nous empêchent parfois de réfléchir sereinement ou d’agir, nous aimerions souvent les voir disparaître et nous retrouver d’une sérénité ataraxique face aux aléas de nos vies professionnelles. Nous nous imaginons alors maîtres de nous en toutes circonstances, placides et efficaces, résolvant avec une efficacité et une confiance imperturbable les petits tracas, les impondérables et les épreuves.

 

Seulement dans la vraie vie, les choses sont bien différentes et en réalité, nous devrions être heureux de tous ces débordements émotionnels pour trois raisons:

 

  • L’insensibilité émotionnelle a un nom: la psychopathie. Celle qui rend incapable d’empathie ou de remord, qui ne nourrit pas exactement des relations réjouissantes et procure certainement un sentiment de bien-être très relatif.
  • L’absence d’émotion paralyse: elle nous rend incapables de prendre des décisions, donc d’agir, et de nouer des relations.
  • Les émotions sont les messagers de notre bien-être et plus précisément de ce que nous percevons comme une menace à notre bien-être, elles donnent donc, à qui prend la peine de les écouter, des indications très pratiques sur le traitement des situations qui les ont déclenchées, de façon à nous adapter à notre environnement.

En d’autres termes, nos émotions veillent sur nous, et qu’elles soient positives ou négatives (dans le sens où elles génèrent des sensations positives ou négatives) elles sont un message d’alerte, un voyant qui s’allume sur notre tableau de bord interne, l’intranet de l’auto-information qui nous signale

 

  • Un besoin satisfait, qui se manifeste par tout un tas d’émotions et de sentiments que nous pouvons ranger sous le chapeau plaisir: joie, bonheur, euphorie, contentement, satisfaction, enchantement, enjouement, gaieté, plénitude etc.
  • Un besoin insuffisamment comblé qui se traduit par tout un tas d’émotions et de sentiments qui correspondent à trois grandes catégories: peur, colère et tristesse. C’est la nature de l’émotion qui va indiquer le besoin à combler.

 

 

Etats de defense aux emotions

 

 

 

Les émotions, l’avenir du bien-être et du plaisir au travail

 

En management comme en bien-être, l’intérêt pour les émotions va grandissant et c’est tant mieux: la connaissance de leurs rôles, leurs mécanismes et modes d’expression est un moyen extraordinaire de renouer avec le bien-être, de minimiser voire prévenir le stress, d’apaiser les relations autant à soi-même qu’aux autres.

 

Ce billet est une ré-édition d’un article que j’avais publié en 2011. J’y écrivais “D’ici quelques années, la formation professionnelle passera de plus en plus par les émotions pour aborder le management, la communication, les relations, l’organisation, les conflits, la cohésion d’équipe, le stress, car elles sont au cœur de nos perceptions, régissent nos réactions et nos pensées, qui à leur tour vont nourrir des convictions génératrices d’émotions.”

 

 

C’est de plus en plus le cas, la reconnaissance de l’importance à accorder aux émotions, l’illusion de leur maîtrise, leur rôle dans nos décisions, notre efficacité et nos comportements sont des sujets de plus en plus traités, en particulier dans le monde du travail. Et il était temps, car les travaux sur la question ne datent pas d’hier:

 

Même si l’on peut regretter la part trop belle encore faite à “l’intelligence émotionnelle” qui se préoccupe essentiellement de compétences relationnelles et ne traite pas les déclencheurs des émotions (et que Daniel Goleman, qui a popularisé le concept, a laissé de côté au profit de l’intelligence relationnelle.) Voir:

 

Je vous propose aujourd’hui d’aller explorer et découvrir ce territoire encore mal connu de nombre d’entre nous et de nous familiariser avec: les émotions renferment la clé de notre équilibre psychologique, et elles sont prêtes à nous l’offrir.

 

 

L'intelligence émotionnelle ne tient pas toujours ses promesses

 

 

 

 Mieux comprendre les émotions

 

Voici quelques ressources pour mieux comprendre le rôle et le fonctionnement des émotions et pourquoi leur redonner leur place dans nos vies professionnelles.

 

 

“On ne peut pas mettre le vent en cage” : les émotions non plus

Passionnant article du psychiatre Christophe André: Peut-on gérer ses émotions?, qui montre qu’il vaut bien mieux mettre ses émotions à son service plutôt que de s’acharner à tenter de les étouffer, ce qui serait peine perdue: “on ne peut pas mettre le vent en cage” rappelle-t-il. En revanche, on peut les utiliser à bon escient. Quelques points intéressants développés dans l’article:

 

  • La croyance “naïve” de la nécessité d’exprimer l’émotion, chère à certaines pratiques de développement personnel.
  • L’alarme sonne toujours plus fort: chercher à réprimer une émotion peut la conduire à revenir plus brutalement.
  • Des pistes de modification des perceptions qui vont dans le sens de l’adaptation plutôt que dans la résistance.
  • Le plaisir, toujours le plaisir: encourager le développement des émotions positives qui sont bonnes pour la santé et l’équilibre psychologique

 

Les besoins à combler derrière l’émotion

Voici deux sites qui proposent de nombreuses informations sur les bénéfices de différentes émotions, mais aussi de sentiments, en termes de renseignements sur les besoins qui les déclenchent, accompagnés de pistes pour remonter aux sources des déclencheurs et les traiter.

 

 

Mettre ses émotions au travail

Autre page intéressante du site Redpsy: Mettre mes émotions au travail: jolie pirouette linguistique qui donne un double sens à ce titre: mettre ses émotions à l’oeuvre, à notre bénéfice et ce dans le cadre du travail. Cet article détaille:

  • Les méfaits pour la santé mentale et l’équilibre psychologique des tentatives d’étouffement ou d’évitement des émotions
  • Les bénéfices de l’accueil et du décryptage des émotions dans le cadre de nos vies professionnelles.

 

Les émotions au travail, c’est bien autre chose qu’un affect débordant

Apprendre à gérer ses émotions au travail et gagner en efficacité et en épanouissement au bureau - Atlantico – Passionnant article à deux voix qui évoque trois aspects intéressants:

  • Les idées reçues sur le lien entre burnout et mauvaise gestion des émotions
  • Une distinction bienvenue entre affect et pathos d’une part et émotions d’autre part
  • Les bénéfices des émotions positives

 

Le management émotionnel

Un point de vue intéressant sur un management qui redonne sa place aux émotions sans sombrer dans une émotivité contre-productive: Oui, oui oui au management émotionnel. On peut ne pas être d’accord avec tout : parler “d’émotions choisies” me parait une aberration. On peut choisir d’exprimer ou non une émotion, pas de la ressentir! En revanche, remettre de l’émotion dans nos comportements, nos façons de communiquer et de manager est essentiel au bien-être individuel et collectif.

 

 

La lecture émotionnelle au service du plaisir au travail

 

 

Recettes toutes faites inefficaces

Pour terminer, voici un exemple type à mes yeux de techniques inefficaces: tenter de se débarrasser des réactions liées à l’émotion sans se préoccuper du traitement de ses déclencheurs. Observons un exemple pris dans cet article: vous êtes irrité parce que le boss est en retard à la réunion? Pensez positif: ça vous laisse plus de temps pour préparer. Ce genre de méthode simpliste est parfaitement inefficace: nous avons tous fait l’expérience de l’écart entre ce que dit la raison et ce qui se passe dans nos tripes et croire que raisonner peut minimiser l’expérience émotionnelle est une illusion. A lire, ne serait-ce que pour développer un peu de jugement vis à vis de ce type de conseils: Managing Your Emotions at Work

 

 

Psychologie des émotions et des sentiments

Pour ceux qui veulent aller plus loin: la connaissance des émotions passe aussi par la différentiation entre émotions et sentiments, pas toujours évidente, et par l’étude des uns et des autres. Voici deux documents très complets sur la psychologie des émotions et des sentiments:

 

 

Comment gérer ses émotions au travail

 

La question des techniques pour gérer ses émotions au travail, c’est à dire à la fois redonner une place à leur expression et traiter celles qui pourraient générer des débordements intempestifs fera l’objet d’un billet à venir. En attendant, quelques lectures complémentaires:

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez élaborer un projet, construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

Crédit photo : Saifulmulia

 

Reconversion professionnelle: faire de sa passion un métier

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion professionnelle

 

 

 

La plomberie, le yoga ou les éclairs au café vous passionnent depuis toujours et vous êtes tenté(e) par l’idée d’en vivre. Transformer une passion en métier peut paraître la voie de reconversion professionnelle la plus facile et la plus évidente, mais c’est aussi la plus casse-binette, parce que l’exaltation et l’enthousiasme de la passion risquent d’autant plus de créer toutes sortes d’aveuglements. Voici comment éviter la désillusion et construire un projet passion.

 

 

 

Comment réussir une reconversion passion: exploration et job crafting

 

 

 

 

La passion, à la fois obstacle et motivation

 

Il y a quelques temps, j’ai répondu aux questions de Cadremploi sur la reconversion passion. Cet article reprend de façon très concise les éléments à prendre en compte, aussi  en voici une version longue^^

 

interview Sylvaine Pascual reconversion passion

 

 

Une reconversion qui consiste à faire de sa passion son métier n’est pas si éloignée des autres types de reconversion, elle présente simplement deux caractéristiques spécifiques :

 

  • Une motivation naturelle forte et déjà identifiée puisqu’elle est omniprésente dans la vie du candidat à la reconversion.
  • Un obstacle à prendre en compte : l’idéalisation du métier, due à la vision parcellaire de celui qui se passionne pour l’activité qui y est liée. Il y a donc un besoin encore plus important de confronter l’image qu’on se fait du job à la réalité quotidienne de ceux qui le pratiquent.

La passion que l’on désire transformer en métier peut être un rêve ancien et tenace et/ou un loisir que l’on pratique régulièrement. Il peut s’agir d’un rêve d’enfant étouffé pour plein de raisons ou d’un intérêt pour une activité qui a petit à petit pris beaucoup d’ampleur. Dans tous les cas, dès lors qu’il vient nous titiller sous la forme d’un envie de changer de métier, autant l’explorer, de façon à voir comment le rêve en question peut être concrétisé, ou au contraire y renoncer en toute connaissance de cause.

 

Car toutes les passions ne sont pas transformables en métier, ou alors au prix d’un inconfort qui laisse penser que le jeu n’en vaut peut-être pas la chandelle.

 

 

 

Reconversion passion : job de rêve ou parfaite illusion ?

 

Ce rêve qui nous travaille depuis longtemps, nous l’avons soigneusement laissé reposer, bien rangé dans ce tiroir à idée pour plus tard. A mesure que notre quotidien professionnel perd de l’intérêt et du sens, il a commencé à se déguiser en job idéal et à générer des zones aveugles autour de tout ce qui pourrait le révéler sous un jour moins idyllique. Pour répondre à tous les manques du métier actuel, l’imagination galope et nous inspire tout un tas d’images merveilleuses de monde professionnel parfait. Nous finissons par en espérer la Lune et pour plagier Oscar Wilde, par nous dire qu’à défaut on finira la tête dans les étoiles.

 

L’idée devient obsession : c’est ce métier-là qu’il nous faut ! Est-ce forcément une parfaite illusion ? Comme dans beaucoup de cas, il n’y a là qu’une réponse à donner, une réponse de normand bien sûr, peut-être que oui, peut-être que non. Le risque consiste à se jeter tête baissée dans ce projet sans avoir vérifié qu’on est plutôt dans la seconde catégorie.

 

Reconversion: l'excès d'attente porte ouverte à la déception

 

Car une vieille passion tenace peut être une véritable bonne idée de métier autant qu’elle peut être l’idéalisation totale d’un métier qui va finir en déception consommée. En d’autres termes, l’exploration minutieuse de la réalité du métier d’une part et de sa cohérence et sa pertinence pour le candidat d’autre part sont les seuls moyens de distinguer les fausses pistes des incontestables bonnes idées de reconversion.

 

 

 

Professionnalisation d’un loisir et dissolution de la passion

 

Transformer sa passion en métier signifie aussi souvent professionnaliser un loisir. Une fois qu’on lui rajoute un cadre professionnel, l’aspect passion peut tendre à se diluer dans un quotidien moins débridé, moins libre, plus soumis à des exigences qui n’existaient pas dans la pratique de loisir qu’on pouvait en avoir. Faire de sa passion un métier signifie alors y mettre beaucoup de soi-même, entrelacer identité personnelle et professionnelle plus que dans tout autre type de reconversion. Par ricochet, les attentes sont énormes et la possibilité de déception directement proportionnelle.

 

Ce loisir que l’on pratique avec bonheur, avec peu de contraintes ou de contingences, va devenir un quotidien professionnel avec sa face cachée, dont on sous-estime souvent largement l’importance.

 

  • La passion au second plan: Stéphane 35 ans, ne trouvait pas d’emploi dans sa branche, les ressources humaines. Tombé dans l’informatique quand il était petit et poussé par son entourage, il monte une entreprise d’assistance pour les TPE/PME dans une petite ville du Limousin. L’affaire marche correctement, mais la paperasse, aux clients difficiles, aux déplacements longs et innombrables vont vite tuer l’enthousiasme et laisser la place au stress. A 42 ans, une fois exploré les environnements de travail qui lui conviennent, il retrouvera du plaisir au travail… dans le salariat.

 

  • Un métier bien différent de l’idée qu’on en avait: Pauline, 26 ans. Après des études commerciales et un premier emploi, elle se rend compte que ce domaine ne lui convient pas. Passionnée de chevaux et cavalière de concours, elle s’apprête à se lancer dans la préparation au monitorat d’équitation. Son enquête métier lui fera découvrir un quotidien professionnel bien éloigné d’un métier qu’elle avait complètement idéalisé: peu rémunérateur et très exigeant, des horaires pénibles, un métier très physique où l’on passe plus de temps les pieds dans le fumier, qu’il pleuve qu’il vente ou qu’il neige, qu’à glaner des récompenses sur les terrains de concours. Elle y renoncera heureusement avant de se lancer dans la formation.

 

Le risque, c’est donc de voir la motivation et la bonheur liés à la passion se dissoudre dans une quotidien professionnel fait de tâches annexes dont on a mal mesuré l’ampleur. Encore une fois, la solution va consister à explorer la cohérence et la pertinence de l’idée.

 

Reconversion et enquête métier: les questions à poser pour un métier salarié

 

 

 

 

Réussir une reconversion passion : exploration et job crafting

 

Plus que dans n’importe quel autre choix de reconversion, faire de sa passion un métier va nécessiter deux étapes cruciales pour conserver le plaisir et la motivation associés à cette activité :

 

  1. Une enquête métier particulièrement serrée de toutes les dimensions du métier tant désiré, de façon à vérifier qu’il correspond à l’idée qu’on s’en fait, qu’il répond réellement aux besoins professionnels, d’identifier les aspects qui ne correspondraient pas et le cas échéant, d’adapter ces aspects à ses besoins.
  2. Un job crafting méticuleux pour s’assurer de conserver un maximum de plaisir et de ne pas voir la passion se diluer totalement dans le quotidien professionnel. Ce qui revient à minimiser les sources d’inconfort et à pérenniser les sources de plaisir. Il s’agit bien de façonner son job idéal au lieu de croire que la passion étant là, il va forcément l’être

 

 

.Crédit photo: agphotostock

 

 

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Bonheur au travail : que faire quand on n’est pas salarié d’une entreprise libérée ?

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Aaah, papillonner avec un bonheur serein et une efficacité radieuse de tâche en tâche, de réunion en projet collaboratif, de déjeuner d’affaires en déconnexion décomplexée, dans une entreprise où l’on a compris les besoins professionnels d’êtres humains judicieusement remis au cœur du système…  le rêve. Seulement voilà, vous ne travaillez pas pour Jean-François Zobrist, votre quotidien, c’est plutôt contraintes, flicage, pression et manque de reconnaissance. Pas de panique, à défaut de travailler dans une entreprise libérée, vous pouvez vous libérer du manque de plaisir en entreprise !

 

 

 

bonheur au travail: que faire quand on n'est pas salarié d'une entreprise libérée?

 

 

 

Le bonheur au travail, peu l’ont trouvé

 

L’épatant reportage sur le bonheur au travail et les entreprises libérées de Martin Meissonnier a beaucoup fait parler de lui et des alternatives enthousiasmantes au management passéiste, contraignant et déshumanisé qui est en passe de faire du burnout une banalité de la vie professionnelle.

 

Selon le reportage, seuls 11% des gens sont heureux d’aller au travail. C’est peu, c’est affligeant et ça explique le nombre de gens que la notion de plaisir ou de bonheur au travail font doucement rigoler : ils en sont tellement éloignés que la perspective d’avoir envie de se lever le matin pour aller bosser ne risque pas de trouver une place, si petite soit-elle, dans leur espace mental.

 

Et c’est bien normal : le nombre d’entreprises libérées étant assez limité, nous ne pouvons pas tous avoir un job chez Chronoflex, chez Favi ou chez Poult. D’où l’écrasante majorité de salariés peu impliqués (58%), voire « activement désengagés » (31% toujours selon le reportage), pour qui le plaisir au travail est davantage du domaine du fantasme qu’à portée de main.

 

 

 

Prendre son plaisir au travail en main !

 

Face à ce sinistre constat, plusieurs attitudes sont possibles, qui vont avoir un impact direct sur, justement la possibilité d’aller vers davantage de plaisir au travail en dépit du fait que votre entreprise n’a rien compris au bonheur au travail:

 

 

  • Pratiquer le cynisme immobiliste: 

    Quand tout nous pousse à la morosité, on peut céder au cynisme qui se veut réaliste, mais qui nous ancre dans un immobilisme à-quoi-boniste qui fait voguer la galère sans aucune terre en vue. Ca a le mérite de nous permettre de créer des clubs de  pessimistes auto-étiquetés réalistes, de ruminer en compagnie d’autres Victimes (donc de se sentir moins seul), ça rend chagrin et revêche plus que réjoui et dynamique et ça entretient le système que l’on prétend critiquer.

 

  • Se contenter de l’attentisme optimiste: 

    On peut espérer que la thématique du bonheur au travail fasse des émules, fasse son chemin ou que votre PDG se voir offrir pour son anniversaire un costume de (poult) ou un livre d’Isaac Getz. Je suis assez convaincue, au regard de toutes les graines semées, entre les exemples d’entreprises libérées, les alternatives managériales et collaboratives  de la fabrique du changement à l’agilité (celles des agilistes, pas celles des consultants en management qui croient qu’elle signifie « flexibilité »), je suis assez convaincue donc que l’air du temps a des effluves de printemps du management et que de nombreuses expérimentations heureuses auront lieu dans les années à venir. En même temps, attendre que le changement vienne de l’entreprise, c’est négliger la partie profondément personnelle et individuelle du plaisir au travail.

 

  • Prendre son bonheur au travail en main:

    Vous pouvez aussi prendre votre propre bonheur au travail en main et le construire en dépit des pratiques managériales de l’entreprise. En faire votre projet professionnel à l’intérieur du job que vous avez déjà, y mener une mini-révolution salutaire qui va libérer le plaisir de travailler. Ce n’est d’ailleurs pas forcément les grandes manœuvres, cette amélioration du quotidien professionnel, c’est plutôt une marge de manœuvre laissée inexplorée parce que nous laissons une grosse part de pouvoir à l’entreprise. On nous a dit qu’il fallait être comme ci et comme ça pour être employable et rester comme ci et comme ça pour rester employé. La peur légitime du chômage nous pousse à accepter beaucoup trop de choses sans réagir et plus nous acceptons, plus nous autorisons l’entreprise à nous l’imposer. Pourtant, cette marge de manœuvre est réelle, concrète et elle ne demande qu’à être exploitée.

 

 

15 (+1) pistes pour plus de plaisir au travail

 

Les vieilles méthodes ont la peau dure et votre entreprise ne va pas se libérer en 48h chrono. Ce n’est pas demain la veille non plus que les RH, toujours en quête de modélisation, vont prendre en compte les besoins professionnels individuels, les talents naturels, les appétences. Dont acte. N’attendons plus et prenons notre bonheur au travail en main!

 

Les pistes de réflexion sont nombreuses, je vous en propose 15 parmi celles que je travaille avec mes clients, que ce soit dans le cadre d’un projet de reconversion, pour s’assurer un plaisir professionnel durable, ou dans le métier actuel, histoire d’y remettre un peu de sens, d’enthousiasme, de joie, d’envie de se lever le matin.

 

 

 

1- Définir le job idéal

Nous avons la plupart du temps les idées claires sur ce dont nous ne voulons plus et sur ce qui pourrit notre plaisir au travail. Le plus souvent exprimé de façon joyeusement vague : les abrutis, le management imbécile etc. Cependant le vague est l’ennemi de l’action concrète : il nous maintient dans un flou probablement artistique, mais peu enclin à déterminer des objectifs clairs, des stratégies pragmatiques. Clarifier ce dont nous ne voulons plus et définir concrètement ce que nous voulons à la place est une première étape essentielle pour sortir du cynisme passif et ouvrir le champ des possibles. Voir

 

2- Passer au job crafting

Mesurer ce qui est un job idéal à vos yeux vous a permis de mettre des éléments précis sur l’écart béant entre votre bonheur au travail et votre situation acutelle : chouette, vous avez maintenant en main tous les points d’amélioration à expérimenter, soit un peu de job crafting pour mettre votre job à votre main. Il permet de renforcer au passage des qualités et compétences qui vous seront utiles dans tous les domaines de votre vie : débrouillardise, créativité, compétences relationnelles etc. D’autre part, l’autre effet du job crafting, c’est qu’il donne un sentiment d’accomplissement, d’être le pilote, l’acteur principal de sa vie professionnelle et renforce donc l’estime de soi et la confiance en soi.

 

Devenir l'artisan de son propre plaisir au travail, bon pour l'efficacité et l'estime de soi

 

 

3- Négocier un environnement professionnel plus favorable

Vous ne pouvez pas transformer votre open space en bureaux individuels avec vue, ni travailler toute la semaine dans votre lit, soit. Cependant, vous pouvez négocier une part de télétravail, demander des horaires plus flexibles, l’arrêt des réunions après une certaine heure. Là aussi, la marge de manœuvre est plus grande qu’on le croit: ce n’est pas parce que le télétravail “n’est pas la politique de l’entreprise” que vous ne l’obtiendrez pas. C’est en ne le demandant pas que vous êtes sûr de ne pas l’obtenir! Nous reviendrons sur ce sujet. En attendant:

 

4- Exprimer ses talents naturels

Largement ignorés et sous-utilisés (ils sont bien plus qu’uns simple liste de qualités), les talents naturels sont des caractéristiques personnelles qui engendrent une grande fluidité dans nos actions parce qu’alors nous faisons à notre manière. Ils nous permettent de nous appuyer sur nous-mêmes avec plus d’assurance et nous avons un grand plaisir à les laisser s’exprimer: autant en abuser.

 

5- Renouer avec des fonctionnements naturels

Ces fonctionnements dont nous avons tout oublié à force de vouloir modéliser les “bons comportements” et les distinguer des “mauvais”, des infantiles, ceux contre lesquels nous nous devons de mener une guerre acharnée. Et nous avons bien tort car les premiers sont souvent peu efficaces et les seconds bénéfiques. Le rire, la glandouille et la rêverie sont des exemples de comportements naturels que nous avons reniés et qui sont pourtant à la base de l’efficacité, de la créativité et du plaisir.

 

Profiter des vacances pour réapprendre à glandouiller, à revasser

 

 

6- Développer et renforcer des qualités et compétences

Autant lutter contre sa nature est une ânerie, autant nous pouvons renforcer des ressources internes déjà existantes et développer des qualités que nous apprécions, dont nous avons l’intuition qu’elles vont favoriser notre plaisir de travailler et notre efficacité : la débrouillardise, la capacité à faire face aux problèmes, l’observation etc.

 

7- Se réconcilier avec ses émotions

Plutôt que de les considérer comme des ennemies incapacitantes, apprendre à les accueillir, les écouter, en comprendre les messages et agir sur ce qui les a déclenchées. Nos émotions nous veulent du bien, elles sont les gardiennes de notre bien-être, autant apprendre à les comprendre! La lecture émotionnelle est une alternative réjouissante à la gestion pure et simple (type relaxation ou taper dans un punching-ball) du stress puisqu’elle permet de réduire les déclencheurs, donc les occurrences d’émotions pesantes et de gagner ainsi en sérénité d’une part et en capacité à traiter les situations pénibles d’autres part.

 

8- Exprimer ses appétences

Je reprends le terme utilisé par l’excellent Francis Boyer. Nous avons du goût pour certaines tâches, moins pour d’autres et pour nos collègues, c’est parfois l’inverse. Grandes oubliées du management, les appétences sont un levier formidable d’amélioration du plaisir au travail en prenant soin de répartir les tâches en fonction des appétences. Une fois que vous avez identifié les vôtres, positionnez-vous clairement sur celles que vous aimez auprès de votre manager, faites-lui des demandes. Nous reviendrons sur ce sujet.

 

9- Engranger les vitamines mentales

Le plaisir au travail, ce sont aussi les vitamines mentales, ces petites particules de joie, d’enthousiasme, les petits moments de bonheur, les instants cléments, tout ce qui met de bonne humeur et participe d’un état d’esprit plus dynamique et plus enjoué. Nos vies professionnelles sont difficiles, semées d’embûches et nous pouvons nous laisser submerger par la morosité. prendre le temps de les savourer pour rééquilibrer notre état interne, au bénéfice de l’humeur, de l’efficacité et de la qualité des relations.

 

10 petites choses qui nous mettent de bonne humeur au travail

 

 

10- Développer ses compétences relationnelles

Une bonne ambiance au travail serait, selon cette étude, plus importante que la rémunération en termes de satisfaction professionnelle. Des collègues avec lesquels on s’entend bien, on collabore bien, sont essentiels au plaisir au travail parce qu’ils nourrissent deux besoin fondamentaux : la reconnaissance et l’appartenance. En prenant linitiative d’améliorer nos relations, nous sommes participons directement du bien commun, de la capacité à collaborer, d’un environnement relationnel sain et de notre propre bonheur.

 

11- Rétablir la confiance en soi et l’estime de soi

La confiance en soi, c’est l’idée que nous nous faisons de notre capacité à affronter une situation donnée. L’estime de soi, c’est la valeur que nous nous accordons en tant que personne. La perte de confiance et d’estime de soi peut être progressive ou s’installer après un événement précis (vite fait estampillé “échec professionnel”, histoire de s’auto-flageller un peu). Elle conduit tout droit à la dépréciation, à la dévalorisation qui génère des stratégies d’échec et enferme dans une colère sourde contre soi-même. Le tout est peu générateur de plaisir et de satisfaction! Renouveler sa relation à soi-même en ré-apprenant à s’accorder de la valeur, à porter sur soi un regard bienveillant, à identifier et exploiter ses leviers de réussite et à capitaliser dessus pour renouer avec une confiance paisible, ça fait du bien à l’âme.

 

12- Renouer avec nos valeurs morales

Nos valeurs sont souvent pleines de noblesse d’âme, de désir de contribution et souvent malmenées par nos environnements professionnels. Ce qui nous oblige pas à les renier ou à nous asseoir dessus : il peut aussi y avoir du plaisir à choisir des croisades, à évangiliser, à agir pour le bien commun. Il y a une grande fierté à devenir exemplaire de ses valeurs morales au travail et de les faire rayonner sans les imposer.

 

13- Renouer avec nos valeurs motrices

A l’inverse des valeurs morales, celles-ci ne nous imposent pas des comportements, elles les génèrent naturellement, avec plaisir et fluidité. Revenir au cœur de nos valeurs motrices et y puiser des stratégies, des objectifs et des méthodes personnelles en accord avec ce que nous sommes au plus profond de nous. Un levier insoupçonné de développement de la satisfaction professionnelle, probablement parce que les valeurs motrices sont trop confondues avec les valeurs morales.

 

14- Redonner du sens à notre quotidien professionnel

Le sens ne se donne pas, il se trouve. Les difficultés de nos vies professionnelles nous en déconnectent parfois, et dans ces cas-là, il arrive qu’il se retrouve. Il n’y a pas d’absolu du job pourri ou du job de rêve, celui qui fait profondément sens, il n’y a que le sens que vous mettez dessus… ou pas. Retrouver du sens à notre métier, c’est reconnecter avec les valeurs qu’il honore ou nous permet d’honorer, ce à quoi il nous permet de contribuer. Le sens procure un sentiment d’accomplissement et de plaisir plus profond, plus complet et plus serein.

 

Trouver du sens à notre métier donne le sentiment d'être investi d'une mission qui donne motivation et engagement

 

 

15- Changer de job, changer de métier

Vous avez tout tenté, expérimenté de nouvelles méthodes, renforcé votre estime de vous et vos compétences relationnelles, demandé et obtenu (ou pas) ce qui était vraiment important pour vous mais rien n’y fait : vous continuez à vous ennuyer à cent ou de l’heure, à rêver de chambres d’hôtes en Ardèche ou à considérer votre entreprise comme l’ennemi public numéro 1 ? Il est peut-être temps d’aller voir ailleurs, de changer de job ou même de métier, votre bonheur au travail en dépend peut-être. Rappelez-vous, la réflexion ne vous engage pas, elle n’est pas une prise de risque aussi sortez votre envie d’herbe plus verte de son tiroir, explorez tous les possibles, leur faisabilité, l’envie et la motivation qu’ils suscitent et il sera toujours temps de vous lancer une fois le projet bouclé.

 

Bonus: Manager autrement

 

Vous êtes vous-même manager ? Libérez votre équipe ! Là aussi, à défaut de pouvoir révolutionner la culture managériale de votre entreprise, vous disposez de nombreux leviers pour permettre à vos collaborateurs de trouver davantage de plaisir au travail, sous forme de reconnaissance, de confiance, d’autonomie, d’auto-gestion et de soutien, de prise en compte des besoins etc. en choisissant ci-dessus des pistes que vous pourrez appliquer à votre équipe ;) Voir aussi:

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez élaborer un projet, construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

10 moyens infaillibles de rater sa reconversion professionnelle

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Puisque la reconversion est encore souvent étiquetée “à haut risques” par ici ou encore “un pari risqué” là,  je vous propose un tour d’horizon des moyens infaillibles de la foirer totalement, histoire de donner raison, l’espace d’un instant, aux frileux, aux soumis et à la presse. Car en effet, une reconversion mal ficelée peut vite calencher. Mais au fond, comme la plupart des projets! Alors pour en finir avec la peur de changer de métier, voyons voir comment le rater dans les grandes largeurs^^

 

 

 

reconversion rétes

 

 

Définir la reconversion ratée

 

Il n’existe pas de statistiques sur les reconversion réussies et les reconversions ratées. On imagine cependant qu’effectivement, nombre de reconversions ne donnent pas la satisfaction espérée. Mais au final, c’est quoi, une reconversion ratée?  Car la décision mûrement réfléchie de renoncer à une reconversion n’est pas un échec, bien au contraire, c’est même un moyen sûr de s’éviter le mur. Quand on se rend compte, après enquête, que le métier qui nous titillait n’est pas fait pour nous, on en est encore à la phase de réflexion, aucun risque n’a été pris, et on peut remiser l’idée sans aucun regret. C’est donc même plutôt un soulagement pour le candidat au changement de métier.

 

Une reconversion ratée, c’est plutôt un changement de métier qui n’aboutit pas: ne débouche pas sur une embauche, n’est pas le Nirvana espéré, voire ne donne rien, comme cet exemple de Bruno, qui a découvert après avoir entamé une formation de plombier que ce milieu-là n’était pas pour lui: “Il m’a manqué une personne honnête qui me dise suffisamment tôt : ce métier de plombier n’est pas fait pour vous, passez votre chemin” dit-il. Une personne honnête, ou les outils pour déterminer par lui-même la pertinence de son projet aurait pu lui éviter cette sinistre déconvenue.

 

Cet exemple est parlant car il montre que le plantage n’est pas une fatalité, il est la conséquence d’un projet mal ficelé, dont certaines facettes n’ont pas été explorées, ou bien à la va-vite, d’une carence d’information. Et ça, on peut y remédier en amont^^

 

 

 

12 moyens infaillibles de rater son changement de carrière

 

Voici donc un florilège des façons de s’assurer que sa reconversion a davantage de chances de finir en capotage cafardeux dont on peine à se remettre… ainsi que les moyens d’y remédier, histoire que vous puissiez mener une reconversion zen et dynamique à la fois!

 

 

1- La pression de l’urgence ou du projet unique

Se lancer dans l’exploration d’un projet unique dont on attend tout, sans avoir de parachute sous forme de plan B, de moyen de retomber sur ses pieds, au cas où le projet s’avère une fausse bonne idée. C’est une façon imparable de prendre le risque de s’écraser au sol, voire de sombrer, au cas où le renoncement à la reconversion s’avère une voie plus adaptée à votre situation.

 

Démissionner trop vite de son ancien poste, ou inversement ne pas voir les signes du burnout qui s’amoncellent, attendre les derniers mois de droit au chômage pour réfléchir à une voie de reconversion, voilà plein de techniques pour se mettre une pression inhibante qui nuit à la réflexion en générant des pensées envahissantes et contre-productives du type “il faut que je trouve, et vite”. Et ne laisse pas beaucoup de place à l’inspiration et à la créativité. La reconversion dernier train, en quelque sorte.

Inversement: s’autoriser la réflexion dès que le désir de reconversion se manifeste en se rappelant que la réflexion n’est que ce qu’elle est, elle n’est pas le grand saut dans l’inconnu. Avoir un plan B solide sous la main en cas de renoncement nécessaire à un projet qui nous tenait à cœur. Tout cela vous fait courir le risque de fournir à votre reconversion un cadre serein plus propice à sa réalisation.

 

2- Une reconversion trop opérationnelle

Se convaincre que dans une transition professionnelle, tout ce qui compte c’est le projet, le projet, le projet. Et oublier qu’il y a une personne derrière, avec ses envies, ses besoins, son rythme, ses sentiments, ses freins, ses procrastinations etc. Personne qui se retrouve à le porter, ce projet, lourd fardeau sur ses jolies épaules, au lieu d’être portée par lui.

 

Parce que c’est quand même un peu long et compliqué, s’assurer que la reconversion se limite à être une marche forcée de démarches dénuées d’émotion, de récupération ou de réflexion sur soi est une façon particulièrement efficace de vous anémier le moral et l’énergie. Et de vous retrouver en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire épuisé sur le bord du chemin, à avoir jeté l’éponge.

 

De ce point de vue, le coaching à la va-vite qui consiste à se jeter sur des “bon alors tu fais ça pour quand?” dès lors qu’une piste de mise en action pointe le bout de son nez n’aide pas;)

 

Prendre le temps de s’intéresser à soi-même, de (re)faire connaissance avec soi, de lever des freins, de comprendre ses propres entraves, de s’en libérer, d’explorer des dimensions plus personnelles (comme les besoins) plus spirituelles (comme les valeurs, le sens, la mission) de traiter chaque étape à son rythme, de construire sa grange à vitamines mentales, histoire de devenir endurant et de maintenir l’énergie… Tout cela, c’est accepter la dimension sentimentale et émotionnelle de la reconversion et risquer de l’ancrer dans une identité professionnelle homogène et porteuse.

 

3- Le désir de reconversion express/paresseuse

Les exigences d’immédiateté et l’urgence dans laquelle nous vivons nous pousse à tout vouloir de préférence pour hier et la reconversion n’y échappe pas et prend deux formes:

  • Vouloir une identification express d’une voie de reconversion. Le job qui vous colle à la peau en trois coups de cuillère à pot. Si seulement c’était vrai;)
  • Vouloir une option directement définitive, qui soit “la bonne” sans avoir à y mettre trop d’huile de coude ou de jus de citron.

Ces deux demandes sont formidables en termes d’échec annoncé: elles mettent une pression énorme qui entrave et biaise la réflexion. Elles laissent le soin aux autres de décider pour eux. Elles se laissent aveugler par les promesses de trouver le job de ses rêves en une demi-poignée de séances qui vont en réalité faire émerger des pistes paravents, c’est à dire qui répondent à une partie des besoins, pas à tous et donc ont fort peu de chances de déboucher sur une vraie reconversion. La reconversion tronquée vite abrégée;)

 

Le temps de la réflexion et de l’exploration des pistes sont longs et exigeants et demandent de se confronter à soi-même d’une part et de mener de nombreuses actions d’autre part. Bref, c’est des méninges et de la sueur et accepter de prendre son temps, c’est risquer d’envisager le projet sous tous ses angles. Nous en reparlerons.

 

 

4- S’imaginer que changer de métier est une solution miracle à vos problèmes

Personnellement, je l’aime bien, celui-là. Croire dur comme fer que vos difficultés relationnelles sont liées à votre patron-qu’est-un-con (pas du tout à vous-même, qui êtes une blanche colombe) et que la reconversion vous permettra de vous débarrasser une fois pour toutes des abrutis dans votre vie, d’obtenir enfin une reconnaissance tant espérée ou encore qu’elle vous donnera confiance en vous: voilà une illusion meu-meu qui va vite transformer votre nouvelle vie en bis repetita de l’ancienne.

 

La liste est longue des problèmes qu’on peut s’imaginer résoudre par un changement de métier et c’est une illusion merveilleuse, car si vous omettez judicieusement de traiter lesdits problèmes en amont, vous vous contentez d’emmener le problème avec vous et vous pouvez être certain(e) qu’il reviendra vous hanter tôt ou tard. L’exemple classique de la personne qui manquait d’affirmation face à son chef et qui manquera d’affirmation face à ses clients… et finira par se faire persécuter par eux.

 

Identifier, dans tout ce qui a posé problème dans la vie passée, votre propre part de responsabilité, avec bienveillance et sans complaisance, pour en tirer des enseignements et  développer les compétences, relationnelles ou autres, qui vont permettre d’y remédier. Voilà qui comporte un risque terrible: celui de se préparer une vie professionnelle deux fois plus agréable.

changer de métier: objectif, la Lune!

 

 

5- Le choix d’une reconversion “raisonnée-raisonnable”

De préférence dans un domaine qui recrute, un “secteur porteur” mais pour lequel vous n’avez que peu de goût, voire pas du tout. Dans lequel vous allez pouvoir vous appuyer sur des compétences avérées, développées au cours d’une vie professionnelle qui vous a laissé exsangue. Des compétences dont vous avez fait le tour et qui vous enthousiasment autant qu’un été pluvieux mais qu’importe, puisque c’est un choix pragmatique et raisonnable, c’est forcément un choix sûr.

 

Cette reconversion raisonnable et réfléchie a le merveilleux pouvoir de vous faire croire qu’elle sera plus facile à mener au bout, que votre employabilité n’en sera que plus forte. En réalité, le défaut de motivation et d’enthousiasme ne manquera pas de laisser les recruteurs de marbre devant une candidature en demi-teinte. La reconversion soufflé qui fait un four.

 

Laissez votre motivation, vos valeurs, vos goûts, ce qui a du sens pour vous s’exprimer dans le choix d’une voie de reconversion, même totalement rock’n’roll. Et les associer à vos talents naturels et ressources internes pour faire vivre votre projet. Vous risquez alors d’être convaincant lors des entretiens d’embauche ou face à vos partenaires ou clients.

 

6- Réduire le champ

Se laisser dicter des pistes de reconversion par des tests de type “pour quel métier êtes-vous fait” ou des tests de personnalité est un moyen très sûr de ne pas aller au bout d’une reconversion, ou même de ne pas y mettre les pieds du tout, en particulier lorsque vous n’avez pas d’idée du métier dans lequel vous voulez vous reconvertir.

 

Car les résultats se basent sur des tendances, pas des vérités universelles, qui écartent soigneusement votre singulière unicité pour vous ranger dans des cases bien proprettes et bien délimitées. D’autre part, manquent là-dedans les métiers émergents et les métiers de demain. Autant de moyens de limiter le champ des possibles: la reconversion par le petit bout de la lorgnette, en somme.

 

Ajoutez à cela de fortes attentes de réponse clé en main, la remise de vos envies, idées et aspirations dans votre poche avec votre mouchoir par dessus, et le tour est joué. Il y a alors deux issues possibles: la déception face à l’absence de réponse réjouissante ou se jeter bille en tête dans un projet qui n’est pas le vôtre. Et hop! Voilà une reconversion qui n’ira pas bien loin.

 

Partir en exploration du boulot idéal à vos yeux, plutôt que de vous baser uniquement sur le passé. Ouvrir le champ, explorer toutes les pistes, même les plus farfelues, s’autoriser la découverte, l’imagination. Vous risquez alors à sortir des eaux troubles des idées reçues et d’élaborer une vision claire de ce qui est fait pour vous.

reconversion professionnelle: explorer métiers et secteurs d'activité

 

 

7- Le projet qui ignore les besoins

Celui qui ne prend pas en compte vos besoins personnels et professionnels est un must dans le foirage d’une reconversion. Il paraît solide, “réaliste”, un vrai projet comme les aiment les consultants en outplacement. Seulement voilà, vos besoins à vous, parce qu’ils compliquent l’affaire, ont été au mieux survolés, au pire soigneusement soigneusement ignorés. Ces besoins ignorés déclenchent de la frustration, de l’anxiété, du découragement face à un projet qui ne vous correspond qu’en surface et vous vous retrouvez à hésiter, à tergiverser, à douter, à procrastiner. La reconversion qui n’en finit jamais…

 

Comme cet ingénieur commercial fasciné par la création d’entreprise à qui il a été dit qu’il était fait pour ça et qui n’a jamais réussi à franchir le pas. Forcément: son besoin de sécurité financière était peu compatible avec les revenus pas toujours régulier d’un consultant. Et il n’avait pas été décelé.

 

Explorer les besoins et les préférences en détail et les prendre en compte comme critères de mise en oeuvre d’un projet de reconversion est indispensable. En termes d’environnement de travail, conditions, horaires, transports, déplacements, lieux, tâches, aptitudes, talents naturels, compétences, revenus, reconnaissance, appartenance, accomplissement, convictions, valeurs (motrices), sens, mission etc.  C’est une étape longue, minutieuse, qui garantit que la piste de reconversion reconnue sera réellement vecteur de satisfaction et de plaisir au travail.

 

8- Foncer bille en tête en idéalisant le métier

Se lancer tête baissée dans un projet ou dans une formation pour un métier dont, au fond,  vous ignorez le quotidien réel, le milieu, les codes, mais que vous imaginez merveilleux parce qu’il titille vos aspirations, voilà une tactique efficace pour prendre une impasse pour un itinéraire bis. En vertu du principe que les déceptions sont directement proportionnelles aux attentes, c’est un moyen idéal de finir contre un mur. Ainsi le syndrome de la chambre d’hôte, ce rêve d’une vie paisible dans un décor de carte postale, à recevoir des clients ébahis par toute la beauté que vous leur proposez… et qui se révèle être un job de femme de ménage et d’homme à tout faire (ou l’inverse) pour des clients incroyablement râleurs et exigeants.

 

Faire une enquête métier minutieuse. Tout ce qui peut vous donner une idée précise du quotidien et des conditions d’exercice d’un métier, de ces exigences et de ses contraintes Le risque est grand d’avoir une idée précise de là où vous mettez les pieds, de trouver les moyens d’adapter le métier à vous, de prendre des décisions en toute connaissance de cause et de ne pas les regretter.

 

9- Se jeter dans la création d’entreprise

Se jeter dans la création d’entreprise est dans l’air du temps: parce qu’on nous annonce la mort du CDI et le “demain, tous entrepreneurs”, parce qu’on nous fait croire que c’est ça, la liberté et parce que ça arrange bien les entreprises et Pôle Emploi. Etre entrepreneur peut être formidable, je ne vais pas vous dire le contraire, je fais partie des indépendants heureux. Mais se convaincre sans plus y réfléchir que devenir votre propre patron est la panacée et vous précipiter pour faire immatriculer votre petite entreprise toute neuve vous garantit de voir votre rêve d’indépendance virer au cauchemar.

 

Dans le cadre d’un changement de métier, devenir entrepreneur est l’option la plus complexe parce qu’elle ajoute une dimension non négligeable au projet. Au delà de la formation, commune à toutes les reconversions, il y a toute la question de la vision, de la stratégie d’entreprise, des produits et de leur commercialisation qui se pose. Autant d’aspects qui se mûrissent et sont susceptibles de générer des tas de stratégies d’échec s’ils sont négligés.

Prendre le temps d’y répondre, de faire des simulations, d’étudier de près fournisseurs, locaux, chaîne de création de valeur, tarifs, marketing, posture entrepreneuriale etc. c’est prendre le risque de créer une entreprise viable et pérenne.

Dossier sur les pièges opérationnels et relationnels de la création d'entreprise

 

 


10- Le manque de confiance en soi

Celui-ci vole la vedette à tous les autres. Ce manque de confiance en soi, et donc en son projet, qui se traduit par des sentiments d’illégitimité et de la dévalorisation, qui pousse à prendre des demi-décisions, à manquer d’audace, de capacité à prendre des risques, d’assurance ( et donc de conviction) dans les interactions avec les partenaires, employeurs ou clients éventuels. Ou encore à trop écouter les avis de ceux qui vous veulent du bien et surtout qui ne se veulent pas de mal. A laisser les héritages familiaux ou autres circoncire le projet.  Qui va aussi favoriser le doute, le découragement, l’essoufflement, le manque d’endurance face à un projet de longue haleine et potentiellement semé d’embûches. C’est un moyen parfait pour avorter une reconversion avant même sa réalisation.

 

Travailler la confiance en soi et l’estime de soi en même temps que la réflexion sur le projet, histoire de construire une posture relationnelle forte. Se réconcilier à son parcours, retricotter la logique d’une carrière décousue, capitaliser sur cette expérience pour se faire valoir dans un métier tout autre. La confiance rend convaincu (de sa légitimité) et convaincant aide à faire face aux doutes et aux difficultés, à les résoudre, à élaborer des stratégies pour faire vivre son projet. Une confiance en soi et une posture assurée, c’est le risque d’être en mesure de faire face aux difficultés, de rebondir, de dépasser les écueils et de réussir son projet.

 

11- Se perdre en conjectures sur le réalisme d’un projet

Se poser sans relâche la question “mon projet est-il réaliste / réalisable” et mieux: la poser à son entourage. Vos chances de trouver des fâcheux et des frileux est optimale, et ils auront tous des tombereaux d’arguments à vous fournir pour vous prouver que non, ça n’est pas réaliste, que c’est même ridicule, qu’il ne faut pas lâcher la proie pour l’ombre etc. Vecteur ultra performant de découragement précoce, rien de tel pour abréger le projet vite fait.

 

Réfléchir en termes de ressources (internes, comme vos aptitudes et votre motivation, ou externes, comme vos moyens financiers, les personnes dont vous vous entourez) et de stratégies à mettre en oeuvre pour faire vivre votre projet. Si Michel et Augustin s’étaient perdus en conjectures sur le réalisme d’un projet qui visait à grignoter une part de marché à l’agro-alimentaire, ils auraient discrètement rangé leur projet dans le carton à fausses bonnes idées. Au lieu de cela, ils ont utilisé leur énergie à développer des trésors d’imagination pour donner corps à leur idée. Réfléchir en termes de solutions à mettre en oeuvre plutôt que de réalisme, c’est prendre le risque d’en trouver, des solutions.

 

12- Se convaincre que c’est une question de chance

Celui-ci est très pratique: si vous ratez votre reconversion, c’est la faute à pas de chance. Et pour la réussir, il faut un peu de bol. Remettre les clés de l’atteinte de ses objectifs à une entité immatérielle et insaisissable, c’est comme remettre les clés de la voiture à un ectoplasme: ça ne vous mènera pas bien loin. La reconversion loterie, ça donne moyennement envie.

 

Inversement: prendre conscience que la reconversion est entre nos mains, qu’ils nous revient d’en préparer tous les aspects, de définir les étapes, les actions à mener, les besoins à prendre en compte, les dimensions à inclure etc, bref, prendre ses responsabilité c’est risquer d’être aux commandes de la réussite.

 

 

 

Au final, comme pour n’importe quel enjeu d’envergure aux répercussions majeurs, la reconversion professionnelle nécessite avant tout de faire l’objet d’une transformation: depuis le fantasme de vie meilleure en projet concret et construit. Tout ce qui le maintient, pour tout ou partie, dans le premier, c’est en faire une entreprise risquée. Tout ce qui l’inscrit dans le second, c’est prendre le risque d’y arriver.

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Meilleur de soi, pire de soi et pomme de discorde

Sylvaine Pascual – Publié dans : Compétences relationnelles

 

 

 

L’histoire de la pomme de discorde est édifiante. Car dans l’affaire, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ! Ou comment un échec collectif se joue à mesure que le bénéfice individuel l’emporte sur le bien commun… et où chacun donne le pire de lui-même en espérant le meilleur. Pas classe, les Dieux grecs, aussi pour ne pas rejouer la guerre de Troie, voyons voir comment ne pas en prendre de la graine.

 

 

 

La peur et ll'égo, vers dans le fruit de nos relations

 

 

 

Bénéfice personnel: le ver dans le fruit des relations

 

J’aime bien la mythologie. Prenons la grecque, par exemple, où l’Homme n’est pas fait  à l’image de dieu (ce qui est très rassurant), mais où les dieux sont faits à l’image de l’Homme (ce qui ne l’est pas du tout) : les mêmes peurs, les mêmes roublardises, les mêmes faiblesses, la même dose d’égocentrisme imbécile. C’est bien la peine d’avoir des super pouvoirs ! Et l’histoire de la pomme de discorde est une métaphore fascinante de ce qui se passe partout, tous les jours, y compris dans nos entreprises. Elle est la représentation saisissante de la façon dont l’individualisme se transforme en bêtise relationnelle, véritable ver dans le fruit de nos relations et engendre des conflits majeurs et des échecs retentissants.

 

 

 

L’Olympe, royaume de l’inélégance relationnelle

 

La pomme de discorde, c’est donc le fiasco du mariage de Pélée et Thétis. L’entreprise Olympienne se réunit pour fête la fusion de deux départements mineurs de la boîte, en présence des grosses pointures. Et hop! Nous voilà plongés au cœur des comportements foireux:

 

  • La tentation de la facilité: de la part de Pélée et Thétis, ce n’était pas malin-malin d’inviter tout le monde sauf la déesse de la discorde : à vouloir la jouer facile et s’éviter la mégère à la fête, voilà qu’ils ont ouvert la boîte de Pandore.
  • La tentation du chien de la chienne: il n’était pas très juste que tout le monde soit invité au pot sauf Eris. On a beau bosser dans une département pas glamour, ce n’est pas une raison pour être mise à l’écart. Alors pour ne pas jouer les serpillières, la voilà qui ourdit un plan bien vachard, plutôt que de se remettre en question ou de faire preuve d’un poil d’affirmation de soi.
  • La tentation de la gloire: la pomme d’or marquée « à la plus belle », c’est la sournoise award de l’employée de l’année dans la petite entreprise Olympienne et il n’en faut pas plus pour qu’Héra, Athéna et Aphrodite se mettent à jouer les poucrelles prêtes à se crêper le chignon pour un titre qui ne rend pourtant grâce ni à leur intelligence ni à leur efficacité professionnelle. Tu as beau être une déesse de la guerre, quand le monde te renvoie que tu dois surtout être belle, bêtement tu saisis la balle au bond, alimentant l’affaire, au lieu d’aller jouer sur des terrains plus nobles. La co-responsabilité est fascinante dans les discriminations sexistes !
  • La tentation de la facilité managériale :Zeus, dont les compétences managériales ont oublié d’inclure le courage et fleurant la vilaine affaire, n’a pas envie de s’enquiquiner avec les querelles potentielles de ses collaboratrices et délègue l’affaire illico presto, probablement plus préoccupé d’harceler Sémélé ou Europe, avant de les refiler à un chef de service. Pas classe, le patron.
  • La tentation du bénéfice personnel: Pâris, voyant une opportunité de profit personnel, fait son cuistre et au mépris de la plus simple des élégances relationnelles, fait un choix à son seul bénéfice, qui aura les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Tout ça ne démontre pas une intelligence relationnelle divine, mais plutôt de comportements parfaitement dans la moyenne,, pile au niveau de l’amer. C’est le reflet spectaculaire des petits jeux de pouvoir si fréquents au travail. Si ce n’était pas des dieux, l’affaire n’aurait jamais fait grand bruit : elle se joue trop régulièrement pour mériter un entrefilet dans la Gazette du quotidien des entreprises.

 

 

meilleur de soi pire de soi

 

 

 

Tentation et pire de soi : l’illusion de reconnaissance

 

Ce début de tragédie grecque, c’est le bal des individualistes où personne ne fait tapisserie et les bévues et boulettes relationnelles que cela entraîne mériteraient bien des cartons jaunes. Parce qu’au final, si la pomme de discorde sème augustement le conflit, elle a aussi une autre caractéristique, tout aussi intéressante. Comme il est dit dans la rigolote série The Librarians, elle réveille le pire de nous-mêmes face à la tentation. Tentation du pouvoir, de la renommée, de la gloire, du bénéfice personnel qui vient piétiner le bien commun (Zeus, Pâris, franchement ?) et déclenchent la méchanceté, l’égoïsme, l’individualisme, la bêtise, le désengagement, la trahison, la sournoiserie, la manipulation. Dès lors que l’illusion d’amour et de reconnaissance déguisée en graal de la satisfaction de nos besoins est à portée de main, nous voilà capables du pire de nous-mêmes.

 

 

meilleur de soi pire de soi 2

 

Car c’est bien là que tout se joue. Que le bénéfice soit de l’ordre du compte en Suisse ou de la gloriole-minute, l’illusion de reconnaissance nous plonge dans le pire de nous un peu comme dans le temps on plongeait les truands dans les ports : avec un parpaing aux pieds.

 

 

 

 

Pire de soi: la peur, mère des comportements incivils

 

La tentation du bénéfice personnel sans considération pour les dommages collatéraux est le reflet de la peur de ne pas satisfaire nos besoins fondamentaux d’appartenance et de reconnaissance. Peur de l’autre, peur de ne pas exister, de ne pas être entendu, écouté, pris en compte, reconnu à sa juste valeur, accepté, aimé. Peur de ne pas avoir les capacités à obtenir ce que nous voulons ou ce dont nous avons besoin.

 

Une peur telle qu’elle (bien que peu consciente, les plus tireurs de couvertures se prennent souvent – et passent souvent – pour des dieux) qu’elle s’aveugle au point de confondre bénéfice personnel et reconnaissance et nous pousse alors à avoir recours à toutes les bassesses complaisamment auto-justifiées (« si je l’avais pas fait, quelqu’un d’autre l’aurait fait à ma place »).

 

L’on devient alors prêt à tout, y compris au détriment d’autrui, au détriment d’un projet commun. On pille le travail des autres, on discrédite, on médit, on manœuvre, on manipule, on sournoise, on juge, on léchouille, on gémit, on se décharge, on se dédit, on parle plus fort que les autres, on se vante, on rouleau-compresse, on ramène à soi, on pugilate…. La liste est longue de ces comportements incivils qui tuent la confiance et la collaboration et alimentent les égos.

 

Ce pire de nous-mêmes, qui nous dévoile pleutres, sans courage et sans dignité, ce n’est pas très classe, ca manque de gueule et de panache et ça n’aide pas la collaboration. Les dieux ne sont plus ce qu’ils étaient !

 

 

 

Le meilleur de nous-mêmes : l’art de l’élégance relationnelle

 

A l’opposé, le meilleur de soi, ce n’est pas le culte de la performance et de l’efficacité, l’esprit de compétition pourtant souvent érigés en Panthéon des qualités professionnelles. Lorsque ceux-là parlent un peu trop fort dans nos vies professionnelles, c’est souvent l’égo qui crie famine et le pire de nous-mêmes qui s’exprime. Ce n’est pas non plus l’engagement si précieux pour les entreprises (et parfois si coûteux pour les salariés) de celui qui en fait toujours un peu plus que sa fiche de poste.

 

Le meilleur de nous qui m’intéresse ici ce n’est pas non plus tout à fait celui de Guy Corneau, ces « forces vives » qui nous habitent mais que nous peinons parfois à exprimer (occupés que nous sommes à jouer les coqs de basse-cour ou à nous nous faire tous petits pour nous en protéger). Ou du moins c’en est une partie: la part relationnelle.

 

Le meilleur de nous, ce sont des comportements éthiques, justes, nobles, empreints d’élégance relationnelle, au service de nos valeurs et talents naturels, le tout s’exprimant dans une contribution qui va au-delà de nous-mêmes. Le meilleur de nous, c’est être exemplaire de ces valeurs que nous prétendons honorer, c’est le meilleur de soi relationnel, c’est-à-dire sans plus d’égo prêt à tout pour s’attirer la reconnaissance, même la plus vide. C’est la noblesse d’âme, bienveillante et affirmée, qui n’a pas besoin de tractopeller ses contemporains pour avoir le sentiment d’exister. Et qui, au contraire, aménage de la place pour l’autre, une place confortable, agréable, digne de confiance. Digne de confiance, donc sécurisante, rassurante, une place qui apaise les égos parce que les besoins et l’estime de soi s’y trouvent rassasiés.

 

 

 

 

Favoriser l’élégance relationnelle

 

Autant relationnellement que dans la qualité de son travail, avoir le sentiment de bien faire est une source renouvelable d’estime de soi, d’une auto-reconnaissance qui ne cherche ni la gloire ni les signes extérieurs de réussite, sans pour autant tomber dans le déni de soi. L’élégance relationnelle, cette antidote aux tragédies grecques, devient possible dès lors que l’on renforce et développe diverses compétences relationnelles que cette anecdote olpympienne vient éclairer:

 

 

Affirmation de soi

Ainsi Pélée et Thétis auraient pu se rendre compte qu’il n’est pas très malin d’ostraciser un membre de l’équipe, si pisse-vinaigre soit-il. Et inviter Eris, quitte à lui demander gentiment de maîtriser ses ardeurs dévastatrices, histoire de ne pas gâcher la fête : recadrer et fixer des limites aux comportements discourtois ou pénibles fait partie intégrante du pré carré de chacun d’entre nous, qu’il soit collaborateur, manager ou dirigeant.

 

Dans le cadre de comportements incivils ordinaires (donc hors harcèlement ou manipulation perverse) il revient à chacun d’entre nous de nous affirmer suffisamment pour ne pas nous retrouver Victimes de petits Persécuteurs patentés, au sens de triangle de Karpman du terme. Et à l’inverse générer des relations saines et équilibrées (à défaut d’être ami avec tout le monde). En faisant ar exemple de belles demandes assertives.

 

 

Remise en question et assertivité

Quant à Eris, elle aurait pu faire un brin d’introspection  et admettre sa part de responsabilité : lorsqu’on engendre douleur, désastres, peine, oubli, disputes, meurtres et mensonges, inutile de se demander pourquoi on n’a pas ses entrées dans le carré VIP.

 

La capacité à se remettre en question, c’est admettre que nous sommes des êtres humains faillibles, capables de comportements incivils pas très classes, capables de causer du tort aux autres. Bref: capables de reconnaître nos manquement relationnels avec bienveillance, mais sans complaisance. Elle permet ce cesser de croire que le problème vient toujours des autres, ces bandes d’ours mal lêchés aux valeurs douteuses, et de prendre la mesure de notre propre part de responsabilité dans nos relations pourries. Et par ricochet de mettre en place des alternatives plus prosociales, de s’essayer à d’autres façons de se comporter et de communiquer, moins violentes et moins ratées. Et inversement plus prosociaux.

 

 

Leadership et responsabilités

Zeus, en boss impliqué et soucieux de l’esprit d’équipe, aurait pu mettre un terme à l’histoire en partant du principe que la compétition interne n’est pas une saine émulation. Bref, faire preuve de leadership et de qualités managériales. Il aurait été promu sans formation ?

 

Savoir assumer ses responsabilités, plutôt que de se jeter sur un non-agir capitulard sans envergure, c’est aussi jouer les arbitres auprès de nos collaborateurs pour le bien de l’équipe, pour le bien du jeu (au rugby, les arbitres un poil trop non-interventionnistes risquent de laisser le champ libre à la boîte à gifles), pour le bien commun. Car quand la peur s’en mêle, les interactions professionnelles ont vite fait de ressembler à une cour de récré et il devient rapidement indispensable de gérer le savoir-vire en équipe.

 

 

Force de caractère et choix difficiles

Pâris aurait pu faire preuve de la plus simple des délicatesses en expliquant simplement aux trois femelles assoiffées combien elles étaient indépartageables. Botter en touche est parfois le seul moyen de sortir avec classe d’un sac de nœuds relationnel.

 

Il aurait aussi  pu réfléchir deux secondes avant de se jeter sur la première occasion d’obtenir l’os si convoité. Mais quand le bénéfice personnel est tellement aux antipodes du bien commun, il s’agit peut-être d’avoir un peu de force de caractère… et de faire des choix difficiles, quitte à renoncer au profit personnel par souci de l’intérêt général. Et de savoir faire preuve d’altruisme et de solidarité.

 

 

Estime de soi

Nos trois déesses avides de reconnaissance devraient sans doute travailler un peu l’estime d’elles-mêmes pour développer une auto-reconnaissance salutaire, qui n’a besoin ni de gloire ni de signes extérieurs de réussite. Et dans laquelle le compliment, si rare qu’i soit, est une cerise sur un gâteau déjà savoureux, pas le sucre et la farine sans lequel celui-ci n’existe pas. Elles auraient alors pu rigoler autour d’une mousse commune de cette stratégie grotesque mise en place pour les monter les unes contre les autres et continuer à collaborer en toute bonne volonté.

 

L’estime de soi est la clé de voûte d’une posture relationnelle à l’égo apaisé, qui accueille l’autre et le bien commun avec sérénité parce qu’il n’a pas besoin d’aller quémander de la reconnaissance. Une estime de soi solide s’accorde une valeur stable qui n’est pas facilement malmenée par les aléas de la vie.

 

 

 

Bénéfice personnel et bêtise relationnelle ne sont donc pas une fatalité et la guerre de Troie n’aura pas forcément lieu. Créons les conditions de la confiance mutuelle en renforçant nos qualités relationnelles et nous serons plus à même de travailler pour le bien commun et en recevoir les divines retombées: la reconnaissance et l’appartenance tant espérées;)

 

 

 

 Voir aussi

 

Humilité et reconnaissance au service du collectif

Appartenance et résilience collective

Relation à soi, relation aux autres, le cocktail indispensable

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Entraide et coopération

Collaboration : réconcilier les “aller vers et les “éviter de”

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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