Brainstorming, critique et créativité

Sylvaine Pascual – Publié dans Objectifs, décisions et solutions

 

 

 

Inventé en 1940 par Alex Osborn, publicitaire américain, le brainstorming est censé favoriser la créativité en groupe, en particulier concernant la résolution de problème. Mais en réalité, dès les années cinquante, des études* ont montré que la méthode collective ne favorisait pas l’émergence d’idées originales ou plus nombreuses. La raison: son principe trèèèèès nord-américain d’absence de critique, qui se révèle peu efficace.

 

 

 

pourquoi le remue-méninges ne marche pasVilaine critique, tais-toi!

 

Le remue-méninge tel qu’il est encore pratiqué, a pour objectif de favoriser la créativité dans le cadre de la résolution d’un problème, la conception, l’innovation etc. Il repose sur quatre principes:

  • Aucune critique n’est autorisée
  • Penser et s’exprimer librement et son corollaire: autoriser et accueillir la totalité des idées, toutes étant considérées comme bonnes.
  • Multiplier les idées en rebondissant sur celles exprimées.
  • Chercher à obtenir le plus grand nombre d’idées possibles, au prétexte qu’une bonne idée à plus de chances d’émerger d’une grande quantité que d’une petite.

La critique serait donc l’ennemie de la créativité, qui bride l’imagination et l’expression, et elle est donc priée de se taire. A juste titre? Apparemment pas.

 

 

 

Absence de critiques et idées superficielles

 

Cette jolie vidéo RSAnimate nous explique pourquoi le brainstorming ne marche pas: la faute à l’absence de débat et de discussion, bref, de critique des idées, justement.

 

 

 

La principale règle du remue-méninge est l’interdiction de critiquer les idées des autres, toutes doivent être considérées comme de bonnes idées. Cette règle étant censée éviter l’auto-censure de ceux qui pourraient craindre les jugements et de débrider ainsi l’imagination.

 

Pourtant, la recherche* a montré que le groupe qui fonctionne selon les principes de remue-méninge génère moins d’idées et des idées moins originales que si chacun avait réfléchi dans son coin. D’autre part un groupe dans lequel le débat et la discussion sont autorisés génèrent entre 25 et 40% d’idées en plus.

 

Tout ça parce qu’en l’absence de critique possible, nous avons tendance à traiter chaque idée de façon superficielle, sans la creuser suffisamment (faire preuve d’esprit critique) et l’association d’idées y perd. D’autant plus que c’elle-ci est limitée par notre langage qui s’en tient en général toujours aux mêmes métaphores et clichés. Ainsi, si l’on suggère le mot “bleu”, on peut prévoir que les associations tourneront autour de “vert”, “océan” et “ciel” et au final n’aboutiront pas à grand-chose de plus original que “jeans” ou “schtroumphs”.

 

Inversement, la critique des idées permet d’aller plus loin parce qu’elle éveille la réflexion et nous pousse à réfléchir plus avant, plus dans les détails et c’est à ce moment-là que l’imagination est la plus sollicitée.

 

 

 

Réhabilitons la critique des idées

Ajoutons à cela les recherches** qui ont montré que la règle d’absence de critique ne limite pas l’auto-censure par crainte du ridicule ou de l’exclusion et nous voilà en plein angélisme typiquement américain: la croyance qu’interdire la verbalisation d’un jugement  donne au groupe une bienveillance magique et des relations saines, version “tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil”. Nous interdire d’exprimer une critique ne la supprime pas de notre cerveau, et du coup nous nous attendons aux critiques non verbalisées des autres.

 

D’autre part, il ne suffit pas de donner l’injonction de penser et de s’exprimer librement pour que ça se produise, sinon aucun d’entre nous n’aurait jamais la moindre hésitation à prendre la parole pour raconter les idées les plus farfelues. Ca fait irrésistiblement penser au sempiternel conseil pour les entretiens d’embauche: “détendez-vous”. Ah ben sans blague;)

 

Inversement, dans un contexte très 2013 de constant French Bashing, d’herbe plus verte et de croyances souvent erronées autour d’un état d’esprit américain teeeeellement plus tourné vers l’accueil de l’autre que chez nous, il est assez ironique de constater qu’au fond, ce sont les américains eux-mêmes qui ont démontré que notre bon vieil esprit critique a ses avantages…

 

L’esprit critique version compétence relationnelle réside simplement dans l’art de formuler, pour se concentrer sur l’évaluation de l’idée et non de la personne, tout en y mettant le lard et la manière, comme on dit chez les amateurs de rugby, histoire de ne pas passer ses interlocuteurs à la moulinette de jugements féroces et sans nuance.

 

 

 

 

*Taylor, Berry & Block – Yale University, Does group participation when using brainstorming facilitate or inhibit creative thinking ?

** Marshall Scott Poole & Andrea Hollingstead, Theories of Small Group

 

 

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Développement personnel: appropriation et personnalisation des outils

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources

 

 

 

Les méthodes universellement efficaces pour améliorer an vrac, sa vie professionnelle, ses relations ou son efficacité n’existent pas. Apprendre à s’approprier les outils, à rejeter ceux qui ne nous conviennent pas, c’est le meilleur moyen de constituer une boîte personnelle plutôt que de s’efforcer en vain de rentrer dans des cases toutes faites.

 

 

 

 

les outils de développement personnel sont des pistes à s'approprier, pas des solutions miracleAppropriation, Tai Chi et zombies

 

Il y a quelques semaines, lors d’un dîner chez des copains, la conversation roule sur le Tai Chi et ses bienfaits. Je me laisse aller à une minute d’authenticité en expliquant que je pratique le Tai Chi le vendredi soir, et que pendant toute la séance, je m’imagine dans une sorte de film de série B, à bousiller du zombie au ralenti. C’est la fin de la semaine, ça me détend à mort.

 

Les réactions divergent, sans doute dues à un groupe disparate, quoique pas forcément incompatible: ingénieurs, informaticiens, avocats, RH, entrepreneurs… dont certains sont de fervents adeptes de tout ce qui touche à la santé mentale et physique et la zénitude. Les uns se gondolent: “Rose McGowan, sors de ce corps”. D’autres poussent des cris d’orfraie: “C’est pas çaaaaaa, le Tai Chi!” Et les voilà qui me passent le rotovator à méthode rigoriste: Le Tai Chi c’est de la discipline, la répétition, encore et encore, en quête de perfection, de mouvements précis, dans un état d’esprit fait d’éveil, de conscience de soi et de calme et qu’il est impossible d’y parvenir si on s’imagine zigouillant des morts-vivants sanguinolents.

 

Ils ont parfaitement raison: je ne prends pas le Tai Chi au sérieux et je n’en tirerais pas les bénéfices réservés aux disciplinés, aux vertueux, à ceux qui ont compris sa véritable utilité. Mais vous savez quoi: ça m’est égal.

 

N’en déplaise aux ayatollahs de l’art martial, la façon dont je me le suis approprié, certes ne risque pas d’intégrer un stage déguisée en petit scarabée zen pour comprendre – enfin! – l’état d’esprit qui l’anime. Mais elle me sied. Je fais du Tai Chi parce que j’y bouge très lentement, ce qui me paraît contrebalancer avantageusement mon côté Speedy Gonzales, et j’y imagine une version slow motion de The Walking Dead parce que ça me fait plaisir. Qu’importe que je n’en tire pas la substantifique moelle, du moment que j’en tire quelque chose qui m’amuse et me détend?

 

Ce qui ne m’empêche pas par ailleurs d’être un ayatollah du dressage des chevaux, en mode rigueur et précision, et de m’offusquer du pseudo-travail de sagouins wannabe cavaliers. On a les contradictions qu’on a et on est probablement tous des ayatollahs de quelque chose;)

 

Ou plutôt, cela signifie sans doute que chacun d’entre nous s’approprie ce qu’il veut comme il le veut, depuis la version fantasque et débridée jusqu’à l’application minutieuse à la limite du psychorigide, avec entre les deux toute une palette plus nuancée. Et chacun a raison!

 

 

 

Développement personnel, appropriation et personnalisation

 

Car c’est bien toute la question de l’appropriation et de la personnalisation d’un outil, d’une technique, que cette anecdote soulève, et c’est particulièrement le cas dans le domaine du développement personnel.

 

En effet, en dépit des discours très marketing des vendeurs de recettes clé-en-main d’organisation, de performance, d’efficacité, pour “vaincre” en vrac, la timidité, la procrastination, ses peurs, le stress et j’en passe, les outils universels et figés, qui marchent à tous les coups, pour tout le monde de la même manière n’existent pas. Chaque outil a besoin d’être adapté à la situation, à la personnalité, aux besoins, à l’environnement de la personne qui les met en place. Et celle-ci a donc besoin de se les approprier pour les utiliser à sa manière, même si celle-ci s’éloigne de la façon habituelle de le mettre en œuvre et hérisse le poil sensible des zélateurs de la discipline en question.

 

Et il est essentiel de favoriser cette appropriation, en particulier au travers d’une phase d’expérimentation pour personnaliser l’outil, chacun à sa manière, et ensuite les évaluer, les adapter, bref, de s’adonner sans vergogne et sans retenue à la triplette du coaching jusqu’à l’obtention de résultats satisfaisants. Ou au contraire les rejeter, s’ils s’avéraient ne pas convenir, pour quelque raison que ce soit.

 

 

 

La personnalisation, étape délicate

 

C’est potentiellement une étape délicate, parce que nous avons tous tendance à rechercher LA solution, celle qui existe déjà et que nous allons pouvoir appliquer à la lettre, résultats miraculeux à la clé. Et lorsque que la machine bloque et que la personne ne parvient pas à appliquer la méthode, elle a souvent tendance à se remettre elle-même en question, au lieu de remettre en question l’outil et son adéquation avec sa personnalité. Il est donc important de considérer chaque outil comme une piste à explorer et non comme une solution au dénouement heureux obligatoire.

 

 

La plupart du temps, de simples adaptations personnelles permettent une appropriation et des résultats satisfaisants. Ou au contraire de ne pas insister, l’outil s’avérant plus pénible qu’utile. De façon générale, le travail sur soi sera d’autant plus efficace qu’il s’appuiera sur ce que la personne est, plutôt que sur l’image qu’elle a de ce qu’elle devrait être. Quelques exemples:

 

  • La demande assertive: rigide dans sa structure, il est essentiel de l’adapter à ses  habitudes sémantiques, au contexte, à l’interlocuteur, à ses propres préférences et références, faute de quoi elle parait bien trop artificielle et devient contre-productive.
  • Le bilan positif de la journée: un client qui n’arrivait pas à le faire avant de s’endormir a choisi d’avoir sur lui un petit carnet et de noter les moments positifs à mesure qu’ils se produisent dans la journée. Une autre l’a purement et simplement abandonné, parce que les événements négatifs de la journée étaient trop présents dans son bilan, et accentuaient son sentiment d’une journée excessivement pénible.
  • Les vitamines mentales: la nature de celles qui conviennent à X ou à Y varie en fonction des goûts de chacun, mais aussi de ses besoins et de ses valeurs. Il est possible d’en présenter à titre d’exemple, mais pas d’en faire des recettes miracles. A chacun de s’approprier l’idée et de la mettre en oeuvre à sa manière. Ainsi ma valeur de beauté me pousse à en mettre des tomberaux dans mes propres vitamines mentales, mais elle laissera indifférents un certains nombre de gens.
  • La satisfaction des besoins: chacun d’entre nous comble très bien certains besoins et moins d’autres. D’autre part, le façon dont nous comblons un besoin dépend de notre personnalité, de nos préférences, de nos valeurs. Il est donc impossible de systématiser, et chacun va trouver les envies spécifiques qui lui permettent de combler son besoin.
  • Le bocal à con: lorsqu’il n’en a plus eu l’utilité, ayant profondément nettoyé son environnement relationnel, Laurent Sarrazin a transformé son bocal à con en bocal à vitamines mentales. Une reconversion enthousiasmante!
  • Le bocal à con: s’il a beaucoup de succès par le recul qu’il permet de prendre, certains trouvent l’expression trop violente. Ainsi un de mes clients l’a rejeté et a préféré passer par la lecture émotionnelle. Dont acte! Si une technique heurte nos valeurs, autant lui préférer autre chose.
  • La pensée positive: utilisée de façon systématique, elle me paraît excessive et la recherche a montré qu’elle peut, potentiellement, avoir des effets négatifs. Pourtant certains l’apprécient énormément et la pratiquent au quotidien. Libre à eux!
  • Le triangle de Karpman: certains ont beaucoup de mal avec l’étiquetage sauveur, victime ou persécuteur. Il est possible de passer par le biais de la lecture émotionnelle ou de l’exploration des schémas relationnels sans avoir recours à ces profils établis.
  • La lecture émotionnelle: certains sont peu adeptes du travail sur les émotions et seront plus à l’aise avec l’outil d’identification et de distinction entre les valeurs motrices, les besoins et les valeurs morales.

 

 

Bonnes et mauvaises techniques?

 

Inversement, ce n’est pas parce qu’un outil ne fonctionne pas pour vous qu’il est inefficace. Il est simplement inefficace dans vote contexte ou incompatible avec votre personnalité. Ainsi, je suis hermétique au discours psychanalysant de l’analyse transactionnelle, pourtant certains de mes collègues qui l’utilisent obtiennent des résultats extrêmement satisfaisants. C’est la raison pour laquelle les “états du moi” (parent/enfant/adulte) ne me parlent pas du tout, et je leur préfère le triangle de Karpman.

 

Il me paraît simplement indispensable, lorsque nous expérimentons des techniques, de rejeter celles qui génèrent des émotions négatives, qui nous paraissent trop contraignantes, qui nous demandent trop d’efforts, ou de les modifier, de les adapter pour qu’elles deviennent fluides et agréables, source d’envie et de plaisir plutôt que d’application laborieuse ou d’auto-discipline coûteuse en énergie.

Et n’hésitons pas non plus à mettre de côté celles qui ne produisent pas de résultats malgré une mise en oeuvre prolongée.

 

 

 

Et vous, comment adoptez-vous vos propres outils de développement personnel?

 

 

 

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L’intégration dans un nouveau poste (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

En ces temps difficiles, s’intégrer dans une nouvelle équipe est à la fois plus crucial… et plus difficile. Entre méfiance mutuelle, crainte du changement et ambiance qui n’en finit plus de se dégrader, l’intégration tient parfois plus du parcours du combattant que du pique-nique convivial. J’ai répondu aux questions de Sophie Girardeau pour Monster sur le sujet.

 

 

 

l'intégration est difficile. Comment la favoriser?Refus d’intégration

 

Lors d’un week à Londres récemment, j’ai découvert à ma grande surprise que l’immense communauté française y vit à la mode des expatriés, en circuit fermé : peu de contacts avec l’indigène, considéré comme « trop différent », peu de volonté d’améliorer un anglais parfois indigne même de la cuisine… bref, exactement ce que je reprochais à nombre d’anglophones installés en France. Si nous en sommes à nous comporter de la sorte, vis-à-vis de cultures relativement proches des nôtres, qui sommes-nous alors pour exiger de la part d’expatriés de cultures moins proches qu’ils évitent le communautarisme et cherchent à s’intégrer par tous les moyens ?

 

Cette absence d’envie de rencontrer l’autre à mi-chemin est dérangeante à mes yeux, car potentiellement elle peut se reproduire à l’envi dans tous les groupes auxquels nous appartenons : renfermés sur nous-mêmes, peu enclins à aller à la rencontre de la différence ou de la nouveauté, à nous frotter à des convictions ou des perceptions qui pourraient remettre en cause les nôtres.

 

Ramené à nos vies personnelles et professionnelles, cela signifie plusieurs choses :

Le manque d’envie d’intégrer le nouveau dans l’équipe, dans l’immeuble, dans l’association, et son corollaire, le manque d’envie de s’intégrer dans une équipe, dans une entreprise, dans une communauté. Chacun replié sur soi construit une crainte grandissante de l’autre, intrus, boulet ou persécuteur potentiel, nourrie de conclusions hâtives et d’idées toutes faites.

 

  • Le manque de bonne volonté à intégrer génère des frustrations, des sentiments de rejet, de solitude, d’isolement, du ressentiment.
  • Le manque apparent de bonne volonté à intégrer traduit des craintes à prendre en compte.
  • Le manque de bonne volonté à s’intégrer peut générer du rejet, du ressentiment, de la méfiance.
  • Le manque apparent de bonne volonté à s’intégrer traduit une peur du rejet, du jugement, une timidité.

Inversement, un peu de bienveillance et de reconnaissance mutuelles favorisent une intégration plus fluide.

 

 

Faciliter l’intégration

 

C’est tout l’objet de l’excellent article de Sophie Girardeau qui détaille quelques conseils pour une intégration plus fluide, en mode petit guide de survie en terrain hostile. Sommaire:

 

1- S’intégrer dans une nouvelle équipe

  • Observer
  • Rassurer
  • Ne pas rester dans son coin
  • Ne pas se laisser décourager
  • Ne pas imposer ses méthodes de travail
  • Ne pas juger hâtivement

2- Intégrer un nouveau dans l’équipe

  • Se rappeler qu’on a tous été nouveau
  • Faire preuve de bienveillance
  • Ne pas se monter la tête à plusieurs.

 

Nous aurons l’occasion de revenir dans un prochain billet sur les intégrations ratées et leurs coûts, et comment les réussir à la place. En attendant, bonne lecture!

Bonjour, je suis la nouvelle – Sophie Girardeau pour Monster.

 

 

 

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Recadrer un comportement pénible: interview dans Management

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Ithaque dans les médias

 

 

 

 

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Image de soi: de la dévalorisation au regard bienveillant

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi

 

 

Tweetée par Anne-Claude Benamiche avec le joli commentaire “c’est un beau jour pour adoucir son regard sur soi”, cette vidéo pose une passionnante question: celle de la pertinence du regard que nous posons sur nous-mêmes. Car souvent, entre jugement, dévalorisation et focalisation sur le négatif, nous peinons à voir qui nous sommes réellement. Et nous sommes plus beaux que nous croyons. Dans tous les sens du terme.  

 

.

 

Adoucir le regard sur soiImage de soi et changement de perception

 

Il y a fort à parier que la crainte du regard des autres trouve sa source dans les jugements très durs que nous passons sur nous-mêmes. Habitués aux critiques acerbes que nous formulons sur nous-mêmes, nous finissons par nous imaginer que les autres ont autant de discours négatifs sur nous que nous en avons nous-mêmes. Probablement à tort.

 

Dans cette vidéo, des personnes sont amenées à se décrire à un artiste qui les dessine, puis une autre personne les décrit à leur tour. La différence de résultat est frappante: visiblement, nous nous voyons bien plus moches que la réalité d’une part et que les autres d’autre part. Cette vidéo est intéressante à double titre:

 

  1. Elle montre dans un premier temps le regard excessivement dur que nous portons sur nous-mêmes et son manque d’objectivité.
  2. Elle montre aussi que le regard des autres est bien plus bienveillant qu’on ne l’imagine. Et aussi potentiellement plus objectif, puisqu’ici, les portraits dressés par les autres sont souvent bien plus ressemblants que ceux dépeints par les personnes elles-mêmes.

En d’autres termes, lorsque nous sommes en dévalorisation, de la même manière que nous croyons l’autre meilleur que nous, il nous croit meilleur que lui. Et à l’arrivée, chacun a de l’autre une image plus juste que de lui-même.

 

La confrontation avec cette vision plus objective et bienveillante telle qu’elle est montrée dans cette vidéo a un effet très émouvant: la prise de conscience qu’un autre regard est possible, un regard réconfortant qui peut encourager un changement dans la perception que nous avons de nous-mêmes et améliorer l’image de soi. Vilain petit canard à ses propres yeux, joli cygne aux yeux d’autrui, il y a sans doute là de quoi “adoucir son regard sur soi”: reconnaissons le joli piaf que nous sommes et celui que nous voyons chez les autres!

 

 

 

 

Le regard de l’autre au bénéfice de l’image de soi

 

Ce qui est valable pour nos caractéristiques physiques l’est aussi pour nos traits de personnalités et nos compétences. Nous sommes souvent, au premier abord, très mauvais juges de nous-mêmes qui nous voyons plus moches, plus gros, plus petits, mais aussi plus bêtes, plus incapables que nous le sommes en réalité, et aussi souvent que les autres.

 

La dévalorisation s’exprime de bien des manières, entre discours interne négatif, excès d’exigence envers soi-même, non acceptation de qui nous sommes et comparaisons défavorables. Alors que le regard de l’autre nous renvoie bien plus de caractéristiques positives que nous l’imaginons.

 

Nous pouvons en tirer quelques pistes pour redorer notre image de nous-mêmes et au passage renforcer l’estime de soi:

 

 

 

Faire profiter autrui de notre regard bienveillant sur lui

 

Inversement, nous avons donc la capacité à renforcer l’estime de soi des autres en leur renvoyant un regard bienveillant, à leur bénéfice mais aussi au nôtre. Car être un miroir positif, c’est susciter chez l’autre un plaisir et une gratitude qui rejaillissent immédiatement sur nous. Car rappelons-nous que reconnaître la valeur des autres ne se fait pas au détriment de soi, plutôt l’inverse… Le double effet kiss-cool d’une gentillesse courageuse et affirmée!

 

Profitons-en donc pour réhabiliter quelques bonnes pratiques relationnelles qui améliorent l’ambiance au travail et favorisent la coopération et la confiance mutuelle:

 

 

 

 

Voir aussi

 

Se parler à soi-même comme on aimerait qu’on nous parle

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

Compétences relationnelles: les pièges de la lecture de pensée

Les pièges de la comparaison

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

 

 

 

 

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Idées, perception et réalité (2): l’art de réagir quand nos idées sont rejetées

Sylvaine Pascual et Julien Pascual– Publié dans Talents et ressources

 

 

 

Grâce au duc, au marquis et à la comtesse de Machin-Chose, nous avons vu que la réalité n’est qu’une question de perception individuelle. Et parfois, nos idées formidables et révolutionnaires font un flop parce qu’elles sont perçues différemment par l’autre. Et dans ces cas-là, un certain nombre de nos réactions habituelles, version génie incompris, sont de vraies fausses bonnes idées…. car finalement, l’important, ce n’est pas l’idée, mais ce qu’on en fait.

 

 

 

Face aux idées rejetées, nous réagissons souvent malL’art de mal réagir quand nos idées ne sont pas acceptées

 

Si la perception des autres est leur réalité et si ce qui mesure la valeur d’un produit ou d’un service, c’est son acceptation par ceux à qui il est destiné, que faire quand vous avez l’idée la plus géniale qui soit, une idée simple et forte qui ouvrira les portes de la gloire et de la notoriété, mais dont personne d’autre que vous n’en perçoit le génie et la transcendance? Explorons d’abord les mauvaises façons de réagir.

 

 

1- Ma préférée : la réaction à la française

Variation autour d’un même thème : c’est tous des cons. Si ils ne comprennent pas mon idée, c’est qu’ils sont cons. Si les clients n’achètent pas mon produit, c’est qu’ils n’ont rien compris. Si mes utilisateurs test n’aiment pas le prototype qu’on leur montre, changeons les utilisateurs test. Puisque j’ai raison (puisque j’ai toujours raison) mes idées vont triompher, mes produits se vendre tout seuls, inutile d’écouter l’avis des autres, surtout pas de celui des clients, ce sont tous des imbéciles (corolaire : le marketing est inutile. Comme mon produit est bon –puisque je l’ai fait, il va se vendre tout seul).

 

Nous sommes bien d’accord, ce genre de réaction n’arrive jamais, nous ne l’avons jamais vécue, nous n’avons même jamais pensé nous-mêmes comme cela, ceci n’est qu’une caricature grossière. Jamais nous ne tombons dans ce travers de l’arrogance, la certitude de notre triomphe annoncé. Enfin parfois les autres, mais jamais nous-mêmes, n’est-ce pas ? Personne n’a jamais dit que le minitel était bien supérieur à Internet !

 

 

2- La plus cinématographique : la manière viking

Si vous essayez d’expliquer à un utilisateur la beauté de votre produit et que cet utilisateur n’est pas convaincu, découpez-le en deux d’un coup de hache et buvez du calva dans son crâne. Efficace, quoi que peut-être un peu radical.

 

 

3- La plus grandiose :  la posture

Je suis maudit, mon génie artistique n’est compris de personne mais le temps me donnera raison, je vais me draper dans ma dignité offensée de génie. Je finirai l’oreille coupée avec la syphilis et une cirrhose, oublié de tous, mais droit dans mes bottes.

 

 

 

 

Les alternatives, ou l’art de bien réagir quand une idée est rejetée

 

Si l’exploration ponctuelle des mauvaises façons de réagir quand une idée n’est pas comprise ou acceptée ou contredit la réalité des autres peut se révéler jubilatoire (surtout, soyons honnêtes, la manière française), il convient tout de même de tenter d’adopter de meilleures pratiques. Face à une situation où votre idée n’est pas acceptée par ceux à qui elle est destinée, parce que leur perception, qui est leur réalité, ne correspond pas à la réalité qui a fait naître votre idée, il existe plusieurs réactions possibles:

 

 

1- Persévérer en modifiant la perception

La première est une forme de persévérance. Parfois, certaines idées, rejetées par tous, méritent qu’on les défende, car elles ne sont pas si mauvaises que ça. Parce que les grandes idées, celles qui ont en elle le potentiel de changer les choses, sont assez souvent rejetées au premier abord. Comme tout changement, elles vont bousculer des idées reçues, mettre en péril des situations établies, modifier les rapports de force ou les jeux de pouvoir, et donc susciter de la peur, des émotions négatives et être rejetées.

 

Darwin et l’évolution des espèces, les impressionnistes et leur nouvelle vision de la peinture ont eu raison de persévérer. Quand l’idée est radicale, il lui faut parfois du temps pour s’imposer. Quand Renault a lancé le premier Espace conçu par Matra, il en a vendu 9 le premier mois ! L’important, quand on décide de persévérer, est de trouver des moyens pour changer la perception des autres, des clients, des usagers.

Persévérer, c’est se donner l’occasion d’essayer à nouveau de faire accepter la valeur de l’idée : persévérer ne change pas le fait que la seule chose qui compte, c’est que la perception des autres est leur réalité. Il faut donc trouver de nouveaux moyens pour essayer de changer la perception. Tuer les peurs, changer le regard porté, modifier la grille avec laquelle ce qui est perçu est transformé en expérience. Ajouter des éléments à l’idée pour en modifier sa perception. Ainsi, quand je prends une photo avec mon iPhone, l’appareil fait « clack ». Ca ne sert à rien, sauf à améliorer ma perception de l’appareil photo inclus dans le téléphone : dans notre bagage culturel, un appareil photo fait « clack » quand on le déclenche.

 

 

2- Abandonner l’idée

La seconde réaction, celle qu’on devrait avoir le plus souvent, c’est juste d’abandonner l’idée. Passer à autre chose. Se dire que si personne n’est d’accord, on a peut-être tord. Se rappeler qu’on n’a pas souvent dans une vie une idée qui soit une véritable cause, une idée qui change tout et qui mérite qu’on persévère. Attention cependant, le jugement qui compte, celui dont vous devez tenir compte pour abandonner l’idée, c’est celui de ceux à qui elle est destinée. Si vous concevez un nouveau produit, c’est la perception de ses potentiels clients qui compte. Si vous voulez changer un processus dans une entreprise, c’est l’opinion des personnes impliquées dans le processus que vous devez aller écouter.

 

 

3- La méthode Tchouang-Tseu

La dernière option est de faire comme Tchouang-Tseu qui rêve qu’il est un papillon et vous demander si ce n’est pas le papillon qui rêve qu’il est Tchouang-Tseu. Ou l’inverse.

 

 

 

L’important, ce n’est pas les idées

 

Si un jour vous voulez séduire la comtesse de Machin-Chose, n’oubliez pas de vous préoccuper de sa perception des choses, pas de la votre. Si un jour, tandis que vous essayez de concevoir une solution à un problème, un produit, un service, n’oubliez pas que vos idées sont une chose, ainsi que la perception de vos utilisateurs est leur réalité : si votre succès dépend d’eux, vous devriez surement donner plus d’importance à leur perception qu’à vos idées. Il est préférable d’investir du temps à les observer, comprendre leur perception pour comprendre leur réalité, et parvenir à parler à leur réalité que de chercher les meilleures idées.

 

Résolvez leur problèmes, créez de la valeur pour eux, ne vous préoccupez pas de la grandeur de vos idées. Au fond, ce n’est jamais une idée qui change le monde. Ce sont les actes. L’idée peut initier l’acte, mais comme le disait Audiard, « un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche ». Alors, l’important, ce n’est pas les idées, mais ce qu’on en fait.

 

 

Et vous, comment réagissez-vous quand vos idées ne sont pas acceptées?

 

 

 

 

 

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Idées, perception et réalité (1): le duc, le marquis et la comtesse de Machin-Chose

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources

 

 

 

Qu’est-ce que la réalité? Uniquement une question de perception: ce que je vois est ma réalité, ce que vous voyez est votre réalité. Du coup, laquelle est à prendre en compte? Car nous pouvons au passage générer des stratégies pas très malignes pour faire passer nos idées et des incompréhensions peu au service de la relation. Laissons le duc, le marquis et la comtesse de Machin-Chose nous expliquer cela.

 

 

 

 

Julien PascualJulien Pascual, l’innovation et la perception de l’utilisateur

 

 

Créatif, râleur et passionné, Julien Pascual aide ses clients de l’industrie informatique à penser autrement leurs logiciels, à se démarquer et à innover ; à mettre en place des stratégies produit différentes, à voir le monde à travers le regard des clients des utilisateurs, des usagers; à secouer les idées reçues. A créer de la valeur par l’innovation, par les produits et les services.

 

Il n’aura pas échappé à votre remarquable sens de l’observation que Julien et moi partageons le même nom. Ce qui s’explique par le fait qu’il s’agit de mon frère, qui a accepté de venir nous parler de la réalité et de la perception pour nous indiquer des éléments cruciaux à prendre en compte lorsque nous voulons faire passer des idées – donc notre réalité. Ce qui, au delà du monde de l’industrie informatique, est utile à chacun d’entre nous, porteur de projet professionnel, salarié ou entrepreneur.

 

Dans ce premier volet, il nous montre comment l’évaluation d’une idée se trouve dans l’œil de son utilisateur et dans une seconde partie, nous verrons comment réagir lorsque nos idées suscitent plus de méfiance que d’adhésion enthousiaste..

 

 

 

 

Le duc, le marquis et la comtesse de Machin-Chose: une question de perception

 

perception et réalité

 

Un petit matin, un matin brumeux, à l’heure où se cachent les loups et la nuit ; un pré, bordés de silhouettes d’arbres et de limbes, le dernier vol d’une chouette, un matin froid. Deux hommes, à 20 pas l’un de l’autre, deux hommes droits et graves, les mollets tendus dans des bas blancs. Ils ont tombé la veste, enlevé le jabot.

 

L’un est duc, l’autre est marquis. Ils décideront au premier sang lequel des deux a écrit le plus beau sonnet pour la comtesse de Machin-Chose. Fort de leur certitude, de l’exquise finesse de leur poésie, de toute leur aristocratie, ils sont prêts à prouver de leur vie la supériorité de leur création, écrire la légende littéraire de ce XVIIIème siècle et bien sûr conquérir le cœur et la couche de la délicieuse comtesse.

 

Oui mais voilà, pendant ce temps là, la comtesse de Machin-Chose a passé une folle nuit de débauche avec le très peu aristocratique et encore moins poète De Bidule de Truc, aventurier et sacré vaurien, tant il semble que les héroïnes aient un penchant pour les gentils vauriens mal rasés. Nos deux duellistes ont la grandeur de leur siècle, mais l’aventurier lui à la comtesse.

 

La morale de l’histoire ? Notre duc et notre marquis se sont tout deux aveuglés de leur propre certitude et de tout le poids de leur milieu, et se sont tout deux persuadés de détenir la vérité, la seule, l’unique, la vérité avec un V majuscule qui brille au fronton du temple de l’absolu, celle qui ne peut que triompher et leur ouvrir les portes de la gloire et le lit de la comtesse.

 

Mais ils ont tout les deux oubliés une chose, c’est que pour gagner la couche de la dame, ce qui compte, ce n’est pas leur génie poétique tel qu’ils le pensent. C’est ce qu’elle, comtesse qui ne se laisse pas traiter comme une oie blanche, trouve attirant. Et pas de bol pour le duc et le marquis, la comtesse trouve sexy les bad boys au grand cœur. Et dans le monde de la comtesse, la seule vérité qui compte, c’est celle de la comtesse. Quelle leçon tirer de cette histoire pour tout ceux qui doivent créer, inventer, concevoir ou réaliser quelque chose, un produit, un service, une œuvre, bref avoir des idées et les transformer en quelque chose utilisé par d’autres ?

 

 

 

La perception est la réalité.

 

Partons d’un postulat. Il n’y a pas de vérité universelle dans le monde des idées.

 

  • S’il existait une vérité universelle sur l’art de la stratégie, toutes les entreprises l’utiliseraient et ferait les mêmes produits.
  • S’il existait une martingale sûre à 100% en bourse, tout le monde ferait les mêmes investissements.

Or, ce n’est pas le cas. Force est de constater que, bien que les meilleurs cerveaux la cherchent en permanence, on ne trouve jamais, dans le monde des idées, de vérité universelle et indiscutable. Comme le dis Popper et le résume Luc de Brabandere dans sa petite philosophie des grandes trouvailles « si on n’est jamais sur d’avoir raison, on peut parfois être certain de s’être trompés ».

 

Tout ce que nous voyons et pensons est déformé par le prisme de nos croyances, de notre morale, de nos valeurs, notre éducation, notre milieu culturel et tant d’autres. Et notre connaissance reste limitée. Comme nous ne sommes que des êtres normaux, ni des artistes ni des illuminés, nous ne connaissons le monde qu’à travers nos sens. Et ce que nous en disent nos sens est interprété en fonction de nos propres schémas et critères : la faculté de percevoir est celle de « faire coïncider ce qui est en face de nous avec des modèles mentaux existant en nous ».

 

La définition de ce qui est épicé n’est pas la même entre un Indien et un français. Et que tout ceux qui en doutent aillent dans un restaurant indien et demandent un plat épicé! Nous ne connaissons donc pas la vérité, nous en percevons une que nous décidons, consciemment ou inconsciemment (devrais-je dire cognitivement ?) être la vérité. Si je trouve que Star Trek n’est pas crédible et manque de vrai héros qui en ait, alors que Star Wars, quand même, ça c’est le plus grand space opera de tout les temps, il se trouve que, comme c’est ma perception des choses, c’est ma réalité. Donc « paix et sérénité» peut-être, parce que je suis gentil, m’enfin faut pas rigoler, que la force soit avec moi !

 

Comme l’écrivait Boris Vian, « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l’imaginée d’un bout à l’autre ».

 

 

 

Evaluation d’une idée: la perception de son utilisateur

 

Quand on entreprend une activité avec pour objectif de créer un produit ou délivrer un service, ce qui mesure notre succès, c’est le succès du produit et du service : qu’il remplisse sa mission et qu’il soit accepté, utilisé, valorisé par ceux à qui il est destiné. IBM avait créé, dans les années 90, son propre système d’exploitation, OS/2, pour concurrencer le Windows de Microsoft.  Technologiquement, il était bien supérieur. Mais pour autant, le système d’exploitation d’IBM a été un échec. Il a disparu depuis longtemps alors que Windows équipe toujours la majorité des ordinateurs personnels. Je ne sais qui d’IBM ou de Microsoft a eu raison, mais je constate juste que ce qui a compté dans la bataille, ce qui a permis de mesurer le succès et l’échec, c’est le jugement des consommateurs. Et les consommateurs ont massivement préféré Windows.

 

Je discutais récemment avec un spécialiste de politiques publiques à propos du cas d’une région qui attribue des aides aux étudiants pour l’achat de livres scolaires, sous la forme d’une carte de paiement. Est-ce une bonne politique ? La réponse doit pencher vers le non, car le constat fait est qu’elle n’atteint pas ses objectifs : les étudiants ne demandent pas la carte ou ne l’utilisent pas. Et donc la politique publique n’atteint pas son objectif. Vous pouvez croire offrir le meilleur service ou vendre le meilleur produit, si personne ne l’utilise ou ne l’achète, vous n’apportez rien. Ce qui compte, ce n’est pas votre propre idée de la qualité du service ou du produit, c’est la perception qu’en ont ses destinataires, ses clients. C’est eux qui en font le succès. C’est leur perception à eux,  qui est leur réalité, dont vous devez tenir compte, pas la votre. Si vous voulez goûter aux plaisirs libertins avec la comtesse, inutile de vous draper dans la grandeur poétique de votre aristocratie, travaillez juste votre côté baroudeur cynique au grand cœur.

 

 

 

Cette importance de la perception soulève une autre question: comment réagir lorsque nos idées ne suscitent pas l’engouement escompté? Nous avons l’art de mal réagir quand nos idées ne sont pas acceptées et dans la suite de cet article, nous passerons en revue les façons plus ou moins brutales de nous draper dans une dignité offusquée et ce qu’il serait plus judicieux de faire à la place.

 

 

 

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Communication: agilité, Père Noël et métaphores

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif!

 

 

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Reconversion et enquête métier: faut-il payer une immersion?

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

Ces dernières années est née une offre directement liée à l’augmentation du désir de changer de métier: l’immersion payante dans le quotidien d’un professionnel du métier qui intéresse le candidat à la reconversion. Si cette immersion est indispensable à la compréhension de la réalité du métier, faut-il pour autant avoir recours à un organisme et en payer la découverte? Tout de go: la réponse est non, pas forcément!

 

 

 

 

Il n'est pas utile, ni même vraiment souhaitable de payer une immersion lors d'une reconversion Solution tentante

 

C’est bien entendu une solution tentante: le gain de temps et l’économie d’énergie sont considérables. Personne à identifier, à contacter, personne à convaincre, il suffit de régler la note et hop! Vous voilà explorant sans effort un métier qui pourrait devenir le vôtre. Et c’est là le principal avantage de cette solution.

 

Les organismes qui proposent de découvrir un métier moyennant finances sont un peu le voyage organisé de la reconversion: dis-moi où tu veux aller, et je te fournis un séjour clé en main chez un professionnel de rêve.

 

C’est évidemment très tentant, car on pourrait croire conserver son énergie pour autre chose. Cependant, le dynamisme et l’endurance nécessaires à une reconversion sont un état d’esprit qui se cultive et se travaille, pas un réservoir limité dans lequel il vaut mieux éviter de piocher. Et c’est probablement là que l’immersion payante trouve ses limites. D’autant qu’obtenir une immersion sans rémunération auprès d’un professionnel motivé par le partage de son métier n’a rien d’impossible.

 

 

 

Les limites de l’immersion payante

 

Avant de décider d’avoir recours à l’immersion payante, autant avoir une idée précise de ses inconvénients autant que de l’avantage de gain de temps et d’énergie. Voici donc un tour d’horizon de ses limites:

 

L’absence d’expérimentation relationnelle

Le candidat à la reconversion, en s’épargnant bien des démarches, y perd aussi une formidable opportunité d’expérimenter et de tirer des enseignements cruciaux quand on se lance dans un parcours long et potentiellement semé d’embûches. Chercher une immersion pour tester le métier, c’est aussi tester ses propres capacités relationnelles et comportementales, ce qui permet au passage de les pratiquer, de les évaluer, de renforcer celles qui pêchent un poil.

 

A titre d’exemple, une personne un pouillème en retrait pourra trouver cette solution confortable, puisqu’elle lui évite de contacter par elle-même les professionnels. De ce fait, elle néglige là une occasion intéressante de renforcer une assurance qui lui aurait permis d’être plus à l’aise lors d’éventuels entretiens d’embauche ou négociations avec de futurs clients.

 

La monétisation de la relation

Je suis personnellement assez dérangée par cette notion de monétisation de la relation, qui lui donne une dimension intéressée, là où l’immersion peut s’appuyer sur le désir de partage, la coopération et l’entraide. A tout monétiser, bientôt c’est le voisin de palier qui a l’habitude d’arroser les plantes en votre absence qui vous demandera une contrepartie financière. Si l’idée est maligne et tentante, elle reste avant tout un concept marketing qui surfe sur le désir d’effort minimum déguisé en simplification de la vie. Mais au delà du sentiment désagréable – et fondamentalement personnel –  que me procure la monétisation des valeurs humaines, lorsque le professionnel est payé pour partager son métier, quelques questions viennent en tête:

 

  • Quid de l’objectivité? Le taux de reconversions menées à leur terme étant l’objectif de l’organisme, dans quelle mesure le professionnel peut-il être influencé dans l’image qu’il donne de son métier? Biaiser son discours?
  • Quid de la posture? Dans quelle mesure est-il intéressé avant tout par sa rémunération, plutôt que par la personne que vous êtes, vos aspirations?
  • Quid de la construction du réseau? Puisqu’il devient prestataire de service auprès de nombreux aspirants plus que pair potentiel, dans quelle mesure peut-il réellement intégrer votre réseau? Vous intégrer au sien? Nouer de véritables relations professionnelles avec vous?

 

L’absence de choix

Le professionnel désigné par l’organisme peut, potentiellement, ne pas correspondre au choix que vous auriez fait par vous-même, en terme de personnalité, de façon de vivre son métier etc.

 

Le financement

Ces immersions payantes étant considérées comme de la formation, elles peuvent être financées via le DIF, devenant ainsi plus qu’abordables. Cependant, cela a plusieurs implications non négligeables:

 

  • Dépenser son DIF dans une immersion plutôt que dans une formation liée au futur métier. Et devoir ensuite financer ladite formation par soi-même.
  • Mettre la DRH au courant du désir de reconversion bien avant sa concrétisation, ce qui reste un frein pour beaucoup de candidats au changement de métier pas toujours à raison, mais c’est un autre sujet;)

 

 

Recherche individuelle d’une immersion

 

Tous mes clients en reconversion qui ont fait une immersion avec un professionnel du métier qu’ils voulaient découvrir l’ont trouvée par eux-mêmes, sans contrepartie financière et sans trop de difficultés. Il est donc possible de préférer au voyage organisé le couchsurfing de la reconversion et de tester le métier avec des professionnels simplement heureux de vous faire partager leur quotidien.

 

Cette solution paraît d’emblée plus compliquée et est à l’évidence plus exigeante. Pourtant, elle présente de nombreux avantages justement parce qu’elle est exigeante. Car pour revenir à notre métaphore voyageuse, c’est bien connu: partir à l’aventure demande plus de ressources et de débrouillardise, mais coûte sensiblement moins cher.

 

De même tout le parcours de reconversion demande une endurance et des compétences relationnelles et comportementales qui se renforcent uniquement par la pratique et elle est précisément une occasion en or de le faire. Passons donc en revue ses bénéfices, et nous aurons l’occasion de revenir sur les obstacles potentiels dans le billet consacré à la préparation de l’immersion.

 

La gratuité

Vous conservez vos heures de DIF pour une éventuelle formation liée au métier. La relation purement désintéressée est directement liée à votre capacité à convaincre.

 

Le libre choix du professionnel

En cherchant une immersion par vous-même, vous allez pouvoir sélectionner, parmi plusieurs professionnels, celui avec lequel vous aurez envie de passer quelques jours à la découverte du métier, et ce en fonction de critères que vous aurez vous-mêmes posés: personnalité, état d’esprit, type de pratique de son métier, localisation etc.

 

Le renforcement relationnel et comportemental

L’énorme avantage d’une recherche personnelle d’une immersion, c’est qu’en plus d’être gratuite, elle est une opportunité de tester tout un tas de compétences essentielles lors d’une telle transition de carrière, et en particulier les compétences relationnelles.

Cette recherche individuelle permet d’évaluer et de pratiquer votre capacité à:

 

  • Dépasser une éventuelle retenue, voire la timidité, gagner en confiance
  • Monter des plans d’action
  • Nouer des liens professionnels dans un domaine différent du vôtre et comprendre son fonctionnement
  • Etre convaincant, développer une posture relationnelle forte, gagner en assurance
  • Rebondir émmotionnellement face aux éventuels refus – ce qui constitue une excellente préparation pour les obstacles potentiels à venir
  • Faire preuve d’endurance, de persévérance, de dynamisme
  • Evaluer et adapter ses stratégies, en tirer des leçons pour améliorer l’action
  • Capitaliser sur les mises en action pour renforcer la valorisation et l’estime de soi
  • etc.

 

Vous l’aurez compris, je ne suis pas fervente adepte d’une solution payante qui ne favorise pas la construction et l’entretien d’un état d’esprit dynamique et entreprenant indispensable à la réussite d’un projet ambitieux comme une reconversion professionnelle. Les étapes par trop paresseuses ne sont pas de mon goût lorsque la suite de l’itinéraire va se révéler exigeant et nécessiter une bonne dose d’entraînement.

 

Cependant, il est possible d’admettre qu’une étape dans un fauteuil corresponde aux besoins d’un candidat à la reconversion. A chacun donc d’évaluer le véritable besoin et les bénéfices que représentent ces deux options pour lui-même;)

 

 

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Relation à soi, relation aux autres, le cocktail indispensable

Age, métier et reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle et croyances limitantes

Reconversion professionnelle: explorer les secteurs d’activité

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Un nouveau regard sur la reconversion professionnelle?

Comment annoncer son désir de reconversion à son employeur ?

Reconversion et imagerie sylvestre

 

 

 

 

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Reconversion professionnelle: l’enquête métier (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

Incontournable de la phase préparatoire d’une reconversion professionnelle, l’enquête métier consiste à découvrir de quoi votre job de rêve est réellement fait et à vérifier s’il mérite ce qualificatif, faute de quoi il risque de ressembler rapidement à une sinistre blague. Mode d’emploi.

 

 

 

L'enquete métier étape incontournable pour se préparer au changement de métierIncontournable enquête métier

 

L’enquête terrain est à la reconversion professionnelle ce que la farine est au pain: l’ingrédient sans lequel rien ne se tient. Sans elle,  il ne reste que de l’eau qui file entre les doigts, fausse pitance et vraie illusion sans substance.

 

En effet, lorsque le désir de reconversion se manifeste au travers d’un métier précis, c’est souvent l’image idéalisée de celui-ci qui se construit dans nos têtes gourmandes d’un changement enthousiasmant. Nous nous concentrons sur les aspects du métier qui nous font vibrer et l’attention ainsi focalisée génère des zones d’ombres sur les dimensions qu’elle a choisi d’ignorer et en particulier ce qui pourrait se révéler moins plaisant.

 

Le risque, c’est de constater a posteriori, tous déconfits, que le métier en question ne correspond pas vraiment à nos attentes et que son goût est plus amer que son image. Quelques exemples classiques:

 

  • Les cadres (presque) seniors qui s’installent en tant que consultants, ravis à l’idée de se concentrer sur leur cœur de métier et qui omettent de prendre en compte le temps commercial, voire qui se lancent sans démarche commerciale définie. Pour peu qu’ils n’en aient pas la fibre, ils se retrouvent vite an proie à la frustration.
  • Les jeunes artisans, qui s’imaginaient créant à temps plein dans un atelier de rêve et qui constatent à leurs dépends qu’ils passent une grande partie de leurs journées à faire de la logistique, de la compta, de la gestion, bref, toute une paperasse moyennement fun.
  • Les apprentis restaurateurs, inspirés par l’image télévisuelle glamour de ce métier prenant, qui découvrent trop tard que travailler 16h par jour, ce n’est pas toujours confortable.
  • Les victimes du syndrome de la chambre d’hôte, qui croyaient se créer une vie paisible et loin du stress dans un coin de carte postale, où ils allaient accueillir avec chaleur des clients amènes et qui se retrouvent avec le sentiment d’être les bonniches d’hôtes exigeants et jamais contents.

Mener une enquête métier, c’est un peu s’assurer qu’on va trouver la meilleure boulangerie du quartier, plutôt que de se farcir sans mot dire la première miche rassie venue. C’est ne pas se contenter de voir un beau pain tout doré et bien gonflé et de décider d’emblée que nous allons y tailler de quoi nous faire un casse-croûte joliment roboratif. C’est au contraire prendre le temps d’y goûter, de vérifier sa fraîcheur, sa texture, son goût, bref, tous ses aspects et le plaisir que nous prenons à le déguster, de le comparer à d’autres. Parce que, sérieusement, les amis, la baguette décongelée, ça atteint rapidement ses limites.

 

 

 

Les bénéfices d’une enquête métier

 

Cette enquête minutieuse d’Hercule Poirot de la reconversion se fait en plusieurs étapes et permet de:

 

  • Vérifier que le métier correspond – ou pas, à l’idée que vous vous en faites.
  • Vérifier que la réalité, l’environnement professionnel et le quotidien du métier correspondent – ou pas, à vos aspirations, vos goûts et à vos besoins professionnels.
  • Identifier des caractéristiques inhérentes au métier à prendre en compte dans votre projet (contraintes, tâches, etc.)
  • Valider ou invalider le projet de reconversion en évaluant sa faisabilité, en fonction de ses exigences réelles, au regard de ce que vous êtes prèt(e) – ou pas – à entreprendre, à apprendre, à construire, à renforcer, à développer.
  • Préciser les compétences à renforcer ou à acquérir, les diplômes/formations nécessaires etc. et en évaluer la faisabilité.
  • Accumuler des informations sur le revenu et l’évolution professionnelle possible, sur le marché et/ou le marché de l’emploi dans ce secteur.

Et, noix dans le pain sus-mentionné, la rencontre avec les professionnels du métier auprès de qui vous allez mener cette enquête permet de commencer à vous constituer un réseau professionnel dans le domaine recherché.

 

 

 

Préparation à l’enquête métier en 4 étapes

 

Souvent trop légère, trop vite bouclée, cette enquête menée sans préparation peine à fournir les enseignements qu’elle peut apporter. Je vous propose une exploration en profondeur de cette étape centrale du changement de métier, en 4 parties, pour en tirer le maximum:

 

  1. Faut-il payer un stage découverte? Les organismes qui proposent, moyennant finances of course, de vous trouver une immersion avec un professionnel du métier qui vous intéresse, fleurissent comme les jonquilles sur les parterres de printemps. Est-ce une bonne idée de passer par eux? Quels sont leurs avantages, leurs limites? Quelles alternatives?
  2. L’enquête préalable à l’immersion. La rencontre de professionnels du métier qui vous intéresse se prépare. A qui s’adresser? Comment convaincre le professionnel de vous consacrer du temps? Quelles questions poser?
  3. L’immersion. Les quelques jours que vous allez passer avec un professionnel sont cruciaux: ils vont vous donner une image bien plus concrète du métier qui vous intéresse. Comment choisir et convaincre un professionnel? Quels aspects du métier observer? Quelles questions poser? Quelles informations chercher? Comment les collecter?
  4. Le bilan métier. Au terme de votre enquête, vous disposez d’un paquet d’informations diverses à la valeur variable. Comment traiter ces informations? Quel bilan en faire? Comment décider si ce métier est fait pour vous?

 

Rendez-vous donc la semaine prochaine pour poser un premier pied dans l’enquête métier;)

 

 

 

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Reconversion professionnelle: Ithaque dans les médias

 

 

 

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Entretien d’embauche pendant une grossesse, mode d’emploi

Sylvaine Pascual – Publié dans L’actualité d’Ithaque / Vie professionnelle

 

 

 

J’ai été ravie de répondre aux questions de Opensourcing sur un sujet peu abordé: comment mener une recherche d’emploi quand on est enceinte? Faut-il en parler? Comment l’aborder? Quels arguments pour convaincre un recruteur que ce n’est pas un problème? Autant de questions à soulever pour que polichinelle dans le tiroir ne rime pas avec merci et au revoir (- on vous recontactera).  

 

 

 

Comment mener une recherche d'emploi lorsqu'on est enceinteLa grossesse, un frein  la carrière des femmes

 

Le site Mode(s) d’emploi rapporte les résultats d’une étude  étude publiée par le Journaldesfemmes.com, pour 44% des femmes de 25 à 49 ans, être maman est un obstacle à leur carrière. Sentiment d’être mises à l’écart, carrière ralentie, salaire qui stagne, perte de responsabilités au retour au travail, la frustration est grande, mais les femmes, dans l’ensemble, se taisent par crainte des représailles.

 

Autant de tendances consternantes qui réussissent à convaincre les futures mamans qu’une recherche d’emploi pendant la grossesse ressemble à une mission impossible. Mais ‘avantage de la mission impossible, c’est que si elle demande des efforts, elle se révèle toujours possible.

 

 

 

Grossesse et idées reçues

 

Un peu comme l’excès de discours spécifiques sur les femmes ne leur rend pas toujours service (non, il n’y a pas de compétences “féminines” différenciantes), la sacralisation de la grossesse et des enfants a un effet pervers: au lieu d’être un phénomène absolument naturel et allant de soi, elle devient une sorte de stigmate, presque une pathologie.

 

Les idées reçues défilent en cohortes bien organisées autour des femmes enceintes, vite estampillées “à risque”, moins performantes, potentiellement absente autant pendant la grossesse qu’après (c’est bien connu, les femelles parturientes n’ont plus d’autre centre d’intérêt que leur progéniture), au détriment de leur carrière. Et ce sans distinction: ces vérités doivent forcément être universelle, dans un monde encore anté-ferroviaire dans lequel une femme ne se réalise qu’au travers de la maternité.

 

C’est comme ça que les femmes enceintes en recherche d’emploi se retrouvent confrontées à des portes peu ouvertes, et que d’autres femmes en recherche d’emploi remettent à plus tard leur désir de maternité pour cause d’autres priorités.

 

 

 

Cesser de faire tout un plat de la maternité et focaliser sur vos compétences

 

Avoir un enfant étant l’un des actes les plus naturels qui soient autant cesser d’en faire tout un plat, comme s’il s’agissait d’un miracle qui mérite que tout s’arrête autour de la future mère. C’est sans doute pour cela qu’on peut suggérer aux femmes enceintes d’en faire un non-sujet dans leur recherche d’emploi. C’est à dire désacraliser l’affaire, lui redonner sa dimension naturelle et donc sans incidence, autre que le congé maternité, sur sa pratique et son engagement professionnels.

 

A ce titre, la recherche d’emploi lorsqu’on est enceinte est une recherche d’emploi comme une autre, et lors des entretiens, autant mettre en avant ses compétences, ses qualités, son expérience, sa valeur ajoutée comme dans n’importe quelle autre recherche d’emploi.

 

 

 

Prendre l’initiative d’aborder le sujet

 

Il est illégal pour le recruteur d’aborder la question, même si vous poussez devant vous un ventre joliment arrondi qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Du coup, vous pouvez être tentée de ne pas aborder le sujet pour une raison simple expliquée dans cet article publié sur Keljob et intitulé Ce qu’il faut cacher aux recruteurs en entretien d’embauche, conseille “«de ne pas le dire lors du premier entretien. » Car une grossesse divulguée peut être, aujourd’hui encore, discriminante pour une femme.” Peut-être, mais dès que la grossesse se voit, c’est probablement une vraie fausse bonne idée, car cette stratégie a deux défauts:

 

  • Elle vous prive d’une occasion de démontrer que votre grossesse n’aura pas de conséquences.
  • Elle focalise l’attention du recruteur sur ce que vous ne dites pas et peut susciter l’idée que vous n’êtes pas franche du collier.

L’idée est donc d’aborder le sujet avec naturel et sans excès du genre dramatique “c’est une grossesse difficile et il est probable que que ce soit un enfant fragile” ou dégoulinant “je suis tellement heureuse, j’attendais ça depuis si longtemps et cet enfant comblera tous mes besoins et mes attentes”, les deux suggérant que ce bébé sera prioritaire sur votre travail. Cette affirmation de vous pendant l’entretien d’embauche donnera l’image sereine, authentique et convaincante d’une personne qui se sent totalement légitime dans sa démarche et donc qui transmet l’idée qu’elle l’est.

 

Et pour finir, je vous encourage à aller lire l’excellent article Etre embauchée quand on est enceinte, mission impossible, qui développe ces trois points et présente des témoignages très intéressants.

 

 

 

Voir aussi

 

La confiance en soi, clé de la recherche d’emploi

5 trucs infaillibles pour ne pas retrouver un emploi

Gérer le stress de l’entretien d’embauche

Réseaux sociaux: 3 conseils d’utilisation pour les chercheurs d’emploi

Triangle de Karpman: comment les rôles relationnels peuvent entraver la recherche d’emploi

Entretiens d’embauche: 12 trucs pour minimiser le trac

 

 

 

 

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Job idéal et vitamines mentales

Sylvaine Pascual – Publié dans: L’actualité d’Ithaque

 

 

Le forfait job idéal et vitamines mentales est un accompagnement unique, conçu par nos soins pour apporter des réponses concrètes à une perte de motivation liée aux difficultés relationnelles, organisationnelles ou un manque de sens au travail.

 

 

 

forfait job idéal et vitamines mentalesBesoin de plaisir

 

  • Vous vous sentez enfermé(e) dans des schémas relationnels qui pourrissent vos interactions?
  • Vous avez le sentiment de peiner à vous faire entendre?
  • Des difficultés relationnelles et/ou organisationnelles vous plombent l’humeur?
  • Vous manquez de satisfaction au travail, sans pour autant avoir envie d’en changer?
  • Vous cherchez des moyens de renouer avec du plaisir au travail?
  • Vous aspirez à remettre du sens dans votre vie professionnelle?

Longtemps négligé, car estampillé oisif, suspicieux, infantile, bref, affublé de tous les défauts, le plaisir au travail est en passe de regagner ses lettres de noblesse, à mesure que nous prenons conscience que sa recherche est au coeur de nos comportements et actions. Pendant des années, la société et l’Oncle Alfred, qui savent tous mieux que nous ce que nous devrions penser, nous ont bombardé de croyances limitantes du type “on est pas là pour rigoler”, nous poussant à réserver cette belle émotion à nos loisirs. Pourtant, nous avons tous besoin de plaisir, car celui-ci est l’émotion indicatrice de la satisfaction de nos besoins.

 

En conséquence, le plaisir au travail est aujourd’hui reconnu comme source durable de motivation et d’efficacité personnelle et professionnelle, puisque la satisfaction de nos besoins est notre principal moteur. Et puis, au fond, s’amuser dans son travail, c’est fun et ça diminue le sentiment de contrainte et d’obligation. Ce que nous faisons avec plaisir nous paraît bien plus facile et fluide que ce que nous faisons à contre-coeur.

 

Fort de ce constat, Ithaque a créé en 2009 le concept de vitamines mentales, qui permet de  développer un état d’esprit dynamique et serein à la fois, qui s’appuie sur l’estime de soi, la capacité à éprouver du plaisir et à en engranger les bénéfices et la capacité à satisfaire ses besoins professionnels.

 

Nous avons donc conçu l’accompagnement Job idéal et vitamines mentales pour que chacun puisse s’autoriser le plaisir au travail, afin de se lever le matin avec envie et entrain.

 

 

 

Job idéal et vitamines mentales

 

Alternative plus personnelle, concrète et ludique au bilan de compétences, l’accompagnement Job idéal et évolution professionnelle permet d’analyser en profondeur ce qui fait votre identité professionnelle et d’apprendre à identifier et combler les besoins professionnels qui vous sont propres et vont vous amener à vous faire plaisir dans le travail.

 

Il a pour objectifs :

  • De construire la capacité à se nourrir du plaisir existant et à en générer, en vous appuyant sur vos goûts, vos talents, vos valeurs.
  • De mettre le plaisir au service de votre efficacité personnelle et professionnelle.
  • De renforcer la confiance et l’assurance qui vous permettront d’évoluer dans votre travail dynamisme et sérénité.
  • De nettoyer votre environnement professionnel pour le rendre plus agréable
  • D’améliorer vos relations et votre communication, pour plus de satisfaction dans les interactions
  • De construire et d’entretenir une affirmation de vous saine et sereine, dénuée de jeu de pouvoir
  • De vous mettre en route sur ce chemin unique avec plaisir et énergie, au travers d’actions concrètes pour mettre en oeuvre les changements nécessaires à l’amélioration de votre situation professionnelle existante.

 

 

Déroulement de l’accompagnement: la triplette relationnelle

 

Cet accompagnement sur 6 mois se fait en trois étapes flexibles, dont la longueur et le contenu précis est déterminée en fonction des besoins spécifiques de la personne.

 

  1. Renforcer la relation à soi: gagner en plaisir en retrouvant une estime de soi équilibrée, une reconnaissance de ses propres capacités et une aptitude à les exploiter et un état d’esprit dynamique qui favorisent la fluidité dans le travail et l’efficacité.
  2. Renforcer la relation aux autres: gagner en plaisir en construisant et entretenant des relations réjouissantes: entendre et se faire entendre, parler avec assurance, mais aussi faire des demandes, exprimer des critiques avec élégance, fixer des limites,  etc, bref, vous affirmer davantage.
  3. Explorer les mécanismes de votre relation au travail: part indispensable du plaisir au travail et bien trop souvent négligée, voire omise, la relation au travail s’inscrit essentiellement dans nos besoins professionnels : en termes d’environnement, de compétences, de tâches, de systèmes de croyances et de sens. Une bonne relation  son travail génère du sens et de la motivation.

 

 

 

Le forfait comprend:

  • 1 séance préalable pour faire connaissance, explorer votre situation actuelle et fixer les objectifs.
  • 20 séances en face à face ou par téléphone
  • Les échanges par mail entre les séances si nécessaire
  • 1 séance de debriefing 3 à 6 mois après le bilan

Vous pouvez aussi opter pour un accompagnement plus ponctuel, à la carte.

 

Brochure téléchargeable: description et programme

 

 

 

Voir aussi

 

Job idéal: une réalité à inventer?

Job idéal: redéfinir la réussite

Vitamines mentales: le dynamisme est un état d’esprit

Emotions: éloge du plaisir

Produire vs induire le sentiment d’être heureux

Les talents naturels, passeport pour le plaisir au travail

Mettre du fun dans les tâches les plus assommantes

Plaisir et seuil de satisfaction

10 aptitudes pour une vie sereine et dynamique

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous avez une envie de transition de carrière et voulez l’explorer? Vous êtes intéressé(e) par l’accompagnement Job idéal et voulez plus de renseignements?  Contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32