10 aptitudes pour une vie professionnelle sereine et dynamique

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources

 

 

 

Etant donné que les vies professionnelles sans aléas, sans difficultés, sans challenges à relever n’existe pas, autant nous outiller pour faire face du mieux possible à tout ce qui pourrait nous arriver. Pour relever tous les défis avec calme et dynamisme et ne pas finir au tapis, flapis et groggys. Voici 10 compétences, provisions à garder précieusement dans votre musette pour faire bonne route sur les chemins chaotiques de la vie professionnelle

 

 

 

aptitudes vie professionnelle sereine et dynamique

 

 

 

Le chemin est long et pénible quand on est mal équipé

 

 

L’autre jour, alors que je me baladais dans ce coin sablonneux de la forêt de Rambouillet que j’affectionne particulièrement, je croise un couple en tenue de ville. Monsieur, fringant, marche devant d’un pas assuré, ses chaussures casual chic lui tiennent bien le pied. Derrière, Madame, en ballerines, s’efforce de ne pas trébucher et s’arrête tous les trois pour vider le sable de ses chaussures. Et je peux vous dire qu’elle n’a pas l’air d’y prendre beaucoup de plaisir, à cette escapade automnale, elle qui passe devant moi en maugréant à voix basse que ce n’était pas l’idée qu’elle s’était faite d’une petite balade.

 

Qu’il s’agisse d’une question matérielle ou morale, c’est fou comme parfois nous sommes peu ou mal équipés pour faire face à ce qui nous attend au détour du chemin, qu’il s’agisse de situations inhabituelles ou difficiles ou . Nous voilà alors malhabiles, désarmés, impuissants à faire face sereinement aux circonstances qui s’imposent à nous. Parmi ces circonstances, les aléas de la vie professionnelles

 

  • Le cadre sup qui se retrouve brutalement au chômage après 20 d’une carrière brillante
  • Le nouveau poste qui exige des compétences au delà de ce que nous pensons avoir
  • Un incident relationnel qui tourne mal et vire au conflit ouvert
  • Un désir de reconversion ou de création d’entreprise qui semble d’un coup trop ambitieux ou incertain
  • De façon générale, tous ces événements de la vie professionnelle, négatifs ou positifs qui nous laissent désemparés, en limite de compétence, inquiets etc.

Le fait d’être mal outillés pour y faire face augmente les émotions négatives et génère un stress dont on se passerait bien, car il nous bouffe une énergie qui serait pourtant bien précieuse, si nous pouvions la concentrer sur les solutions et stratégies pour franchir l’obstacle ou atteindre l’objectif, plutôt que sur la rumination agacée, angoissée ou découragée de la situation.

 

 

 

 

10 aptitudes pour faire face à toutes les situations

 

Petites épreuves ou grands défis, déconvenues ou ambitions, si nous devons aller au charbon de temps à autres, mieux vaut avoir une pelle qu’un briquet. Le problème, c’est que nous ne pouvons pas tout avoir et tout savoir et tout maîtriser, nous ne pouvons pas savoir à l’avance quand nous auront besoin d’une pelle et quand nous auront besoin d’un briquet. Nous ne pouvons pas être matériellement toujours prêts.

 

En revanche, nous pouvons être moralement prêts. Voici les 10 aptitudes qui favorisent l’envie d’entreprendre toutes sortes de projets qui nous tiennent à cœur, la prise de recul sur les événements, le tout avec un dynamisme serein propice à accomplir de grandes choses sans stress. Ces 10 compétences vous permettront de vous sentir bien équipés, bien dans vos godasses, quoi que la vie vous réserve, au détour du chemin. Elles se construisent, se développent et s’entretiennent petit à petit, nourrissant le sentiment d’être en mesure de faire face. Tous ces éléments interagissent et se nourrissent les uns les autres.

 

 

1- Une estime de soi solide

Qui permet de remettre en cause les circonstances, les décisions, les stratégies, plutôt que de se dévaloriser. Car ce fonctionnement-là, au lieu d’entraver l’envie d’entreprendre, la développe. L’estime de soi s’articule autour de la valeur que nous nous accordons à nous-mêmes, entre autres au travers du regard bienveillant que nous portons sur nous-mêmes et de l’acceptation que nous avons de nous, en termes de limites, mais aussi des qualités, talents et compétences que nous nous reconnaissons. Elles peuvent être autant de ressources sur lesquelles nous appuyer en cas de difficulté à surmonter ou de projet à mener à bien.

 

2- Sortir de sa zone de confort

Sortir régulièrement de sa zone de confort permet d’avoir davantage l’habitude d’être confronté(e) à l’inattendu, de développer de la flexibilité et de l’adaptabilité et d’exploiter consciemment ses talents et ressources et de les mettre au service de nos objectifs. C’est une source d’apprentissage et d’expérimentation inépuisable!

 

La raison l'emporte souvent à tort sur les tripes: écoutons nos tripes pour renforcer la confiance en soi!

 

 

3- Réveiller l’autodidacte qui sommeille en nous

Nous avons une capacité d’apprentissage par nous-mêmes bien plus vaste que ce que nous imaginons, en particulier lorsque les préjugés sur l’age s’en mêlent. Faire preuve de curiosité pour apprendre des tas de choses, y compris ces talents inutiles qui peuvent se révéler particulièrement précieux dans des situations incongrues ou nouvelles. Plus nous nous sentons compétents (dans tous les domaines, qu’il s’agisse de savoir ou de savoir-faire), plus nous avons confiance en nous.

 

4- Développer sa créativité

La créativité n’est pas réservée aux métiers artistiques ou aux publicitaires! Elle est aussi une capacité à imaginer et élaborer des solutions pertinentes et efficaces. C’est une alliée précieuse face à toutes les situations inattendues qui peuvent nous tomber dessus sans crier gare.

 

5- Agir en fonction de vos valeurs

Elles sont les fondations sûres pour l’estime de soi et le meilleur moyen de trouver de la motivation et de l’enthousiasme à entreprendre, à concrétiser vos ambitions. Elles sont aussi un moyen de reconnecter avec une façon d’agir fluide, naturelle et efficace (à défaut d’être simple), car elles correspondent à des mécanismes de réussite et des talents naturels récurrents dans tout ce que nous entreprenons.

 

6- Comprendre les émotions

Face aux circonstances difficiles, c’est toute la valse des émotions qui peut nous paralyser ou nous enfermer dans un stress qui ne fait pas avancer le schmilblick. Connaître le rôle des émotions, ses propres mécanismes émotionnels et les messages qu’ils transmettent, afin de pouvoir s’occuper des besoins qui en sont à l’origine, c’est savoir lire son tableau de bord interne et pouvoir prévenir les pannes qui immobilisent.

 

7- Développer un état d’esprit positif

Je le répète comme la vieille radoteuse que je m’autorise parfois à être: un état d’esprit positif, ce n’est pas une injonction de pensée positive, dont l’efficacité laisse à désirer. C’est savoir être optimiste – c’est à dire se donner le droit de croire à des résultats positifs aux stratégies que nous mettons en oeuvre – et engranger les vitamines mentales pour déborder d’une énergie que vous pourrez mettre au service de vos objectifs. Cet état d’esprit positif sera très utile pour affronter les difficultés sereinement, avec moins de stress.

 

8- Entretenir des relations saines et solides

Les relations difficiles freinent nos projets et sont elles-mêmes à l’origine de bien des contrariétés et des complications relationnelles. Inversement, des relations satisfaisantes et fiables sur lesquelles s’appuyer en cas de besoin, qui participent de la satisfaction des besoins d’appartenance et de reconnaissance, sont un support solide.

 

9- Développer le leadership de soi

Le leadership de soi permet d’accorder toutes les voix dissonantes à l’intérieur de nous-mêmes, celles de nos besoins, de la raison, des envies, des craintes etc. Les faire chanter en chœur plutôt qu’à contre-cœur favorise une assurance sereine, une aisance ancrée dans la connaissance de nous-mêmes et de ce qui a du sens pour nous. Car la connaissance de soi va de pair avec la connaissance de ce qui est bon pour nous, en termes d’objectifs à fixer, de méthodes à implémenter, d’actions à mener et de décisions à prendre et de résilience.

 

 

 

10- Se libérer des idées reçues 

Les idées reçues et recettes toutes faites inefficaces pullulent et sont autant de routes barrées et de voies sans issue.  Choisir ses convictions avec soin plutôt que de subir celles des autres, se libérer des préjugés et des généralisations abusives pour laisser s’exprimer cette personne unique qui cesse alors de craindre le jugement des autres et sommes en mesure d’expérimenter en toute liberté nos propres solutions et stratégies, en mode sans échec:

 

 

 

Mini coaching: développer vos 10 aptitudes

 

Il n’y a pas de recette miracle pour développer ces compétences, cependant il y a mille chemins qui mènent au degré de satisfaction qui serait le vôtre, des tas d’outils et de techniques disponibles pour vous aider. A vous de déterminer lesquels vous conviennent et répondent à vos besoins.

 

Les questions suivantes vous aideront à déterminer les aptitudes à développer en priorité, celles qui peuvent attendre, celles dont vous êtes satisfait(e)s et celles dont vous vous fichez complètement. Pour chacune de ces aptitudes:

 

Sur une échelle de 1 à 10, où vous évaluez-vous?

A combien voulez-vous arriver?

Qu’est-ce que ça vous apportera?

Fixez-vous des objectifs SMART et passez en mode solutions:

Quelle est la première étape? Et la seconde?

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous avez un désir de reconversion professionnelle et voulez en explorer la pertinence et la faisabilité?  voulez construire et entretenir  l’estime de vous et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

Reconversion professionnelle dans l’artisanat: une aubaine pour les cadres… et pour l’artisanat!

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion

 

 

 

Au Hit-parade des bifurcations et chemins de traverse professionnels, l’artisanat arrive en bonne position, à juste titre ! Une fois qu’ils se sont suffisamment frottés à la vie professionnelle et à ses cahots et complications, nombreux sont les cadres qui mettent de côté les préjugés parentaux qui poussent plus souvent à devenir médecin, ingénieur ou avocat que plombier ou coiffeur et se décident à explorer les territoires inattendus d’un secteur dynamique et plein d’opportunités.

 

 

 

Artisanant et reconversion, une aubaine pour les deux!

 

 

 

Quand les cadres sortent du cadre : la reconversion dans l’artisanat, un filon

 

La semaine dernière, la Société des meilleurs ouvriers de France et la Société générale fêtaient les dix ans de leur partenariat dont l’objectif est de “favoriser le développement de l’entrepreneuriat artisanal, aider les artisans à aller chercher de la croissance et exporter leur savoir-faire “made in France” comme l’a précisé Laurent Goutard, Directeur de la Banque de détail. La conférence s’est tenue dans le cadre prestigieux de l’hôtel Bristol ou œuvrent 4 Meilleurs Ouvriers de France (dont nous avons eu le plaisir précieux et jubilatoire de déguster les réalisations) :

 

  • Eric Frechon, Chef des cuisines, 3 étoiles au Michelin, MOF 1993
  • Maxime Hoerth, Chef barman, MOF 2011
  • Frédéric Kaiser, Directeur du restaurant Epicure, MOF 2011
  • Franck Leroy, Second de cuisine, MOF 2000

L’occasion d’aller à la rencontre d’un monde des artisans que nous regardons probablement un peu trop par le petit bout de la lorgnette, car les frileuses reconversions raisonnées-raisonnables n’aiment pas beaucoup le grand écart entre les compétences professionnelles existantes et celles à acquérir, et la démarche de type bilan de compétences peine à ouvrir le champ des possibles au delà des compétences déjà existantes. Pourtant, en dépit de beaucoup d’idées reçues, l’artisanat est un filon insoupçonné pour ceux qui cherchent à changer de métier: il est très accessible aux cadres et offre de véritables perspective en termes d’évolution de carrière (comme en témoignent les MOF ci-dessus). Je vous propose donc d’explorer cette option de reconversion en trois billets:

 

  1. Les atouts des cadres qui se reconvertissent dans l’artisanat (ci-dessous)
  2. Les bénéfices pour les cadres d’une reconversion dans l’artisanat
  3. Comment se reconvertir dans l’artisanat

 

 

La reconversion dans l'artisanat, une aubaine

 

 

 

Une aubaine pour les cadres, une aubaine pour l’artisanat

 

Secteur dynamique, possibilités vastes, métiers porteurs de sens, l’artisanat est une mine d’or a portée de main, qui ne demande qu’à être explorée, en particulier pour les cadres qui veulent sortir du cadre et changer de métier hors de leur domaine de compétences, histoire de s’offrir un véritable changement de vie. D’autant que si le secteur est une aubaine pour eux, ils sont aussi une aubaine pour le secteur:

 

  • Les cadres réussissent dans l’artisanat : « En 2010, 56 % des artisans étaient d’anciens cadres, selon l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat. » précise 20 Minutes. Voilà un chiffre éloquent sur l’accessibilité de ces métiers aux cadres ainsi que sur leurs chances de réussite.
  • Autonomie et sens: « L’artisanat propose une autonomie et un sens au travail que beaucoup de carrières dans les grands groupes ne garantissent plus. » affirme Alain Griset, président de l’Assemblée permanente des Chambres de métiers et de l’artisanat.
  • Cadres reconvertis : une aubaine pour l’artisanat : L’arrivée des cadres dans les métiers de l’artisanat est une aubaine pour des entreprises, en particulier celles qui n’ont pas su s’adapter aux évolutions technologiques : « «Grâce à leurs compétences en gestion, en informatique, en commerce international et à leur aisance relationnelle, les cadres supérieurs sont de vrais atouts pour nos métiers», se réjouit Pierre Chevalier, président de la Sema.

 

 

Les atouts des cadres qui se reconverstissent dans l'artisanat

 

 

 

Les atouts des cadres en reconversion dans l’artisanat

 

Beaucoup de métiers rendent par nature la reconversion difficile, entre autres en termes d’âge et c’est souvent l’idée qu’on se fait des métiers de l’artisanat : devenir arpette à 45 ans, entouré de mômes de 16, ça a un charme limité. Néanmoins l’image que renvoie l’autre côté de la barrière, c’est-à-dire ceux qui accueillent, forment et mentorent ces futurs artisans est bien éloigné des a priori. Etaient présents à cette conférence trois Meilleurs Ouvriers de France qui ont volontiers partager leurs conseils et leur vision de la reconversion dans les métiers de l’artisanat:

 

  • Catherine Roland, Trésorière générale de la Société nationale des MOF, Présidente déléguée du Groupement de Paris de MOF et ancienne directrice de centre de formation.
  • Gérard Rapp, Président de la Société nationale des Meilleurs Ouvriers de France
  • Jean-François Girardin, vice-président de la Société nationale des MOF et Chef de cuisine au Ritz jusqu’en 2012

Les trois expliquent avoir vu passer beaucoup d’anciens cadres de tous âges, candidats à la reconversion professionnelle vers des métiers de l’artisanat. Ils les ont accompagnés avec beaucoup de plaisir, parce qu’ils accordent tous à ceux qui changent de métier des atouts spécifiques et un investissement personnel sans faille. Gérard Rapp précise « l’écoute des artisans est très forte pour ceux qui s’intéressent à leurs métiers dans un but de reconversion. Ils ont une grande valeur ajoutée qui augmente leurs chances de réussite dans l’artisanat. » En voici les contours:

 

 

L’âge est un atout pour la reconversion dans l’artisanat !

Voilà bien un élément qui vient bousculer des préjugés, car dans la plupart des métiers salariés, l’âge est considéré comme un obstacle. Même s’il manque d’expérience, pour un cadre reconverti dans l‘artisanat l’âge est un atout: « L’artisanat, ce sont des métiers d’experts et l’âge est un gage de crédibilité non négligeable. » affirme Catherine Roland, dont la doyenne des élèves esthéticiennes avait 58 ans, preuve qu’il n’y a pas d’âge pour se reconvertir ;)

 

L’aptitude à gérer une entreprise 

Pour Jean-François Girardin, “Le niveau d’instruction renforce les chances de réussite. Ceux qui ont fait des études supérieures et se reconvertissent dans l’artisanat ont plus de facilités à comprendre la gestion d’entreprise que les jeunes qui arrivent souvent dans ces métiers par échec scolaire et ont parfois des difficultés à écrire. Ils ont davantage de chances de franchir le cap de la création et d’y réussir.”

 

La capacité d’apprentissage

les cadres étant souvent habitués dans leur vie professionnelle précédente à l’actualisation des compétences et à la formation sur le tas à mesure de leurs changements de poste ont une grande capacité d’apprentissage, démultipliée lorsque le sujet les intéresse. Pour nos trois interlocuteurs ils sont des apprenants zélés et passionnés, qui peuvent facilement sortir du lot.

 

L’esprit d’équipe et la capacité à mutualiser les compétences

Gérard Rapp explique qu’ils sont aptes à développer des entreprises florissantes, y compris à l’international, à mener des projets innovants et porteurs qui s’appuient sur la mutualisation des compétences, parce qu’ils ont, le plus souvent, expérimenté ces dimensions dans leur vie professionnelle précédente.

 

Les compétences relationnelles

les cadres ont l’habitude d’interagir avec de nombreux interlocuteurs professionnels : collaborateurs, clients, partenaires etc. et les compétences relationnelles développées dans leur première partie de carrière sont, là aussi, une ressource avantageuse par rapport aux jeunes. “Ils savent s’exprimer et ont plus de facilité avec leurs clients ou les banquiers” souligne Jean-François Girardin.

 

 

Reconversion vers l'artisanat: une mine de possibilités

 

 

Nous verrons la semaine prochaine à quel point un désir de reconversion dans un métier d’artisan peut être une sacrée bonne idée pour un cadre, en allant un peu plus à la rencontre de ce secteur porteur, de ses avantages spécifiques, des possibilités insoupçonnées qu’il offre en matière de de perspectives de carrière et de quotidien professionnel.

 

 

 

Voir aussi

 

Ithaque, 1er influenceur de France en matière de reconversion professionnelle

La reconversion professionnelle dans l’artisanat, ITW dans le Monde des artisans

La reconversion des cadres dans l’artisanat 

Reconversion professionnelle: l’être humain derrière le projet

Un nouveau regard sur la reconversion professionnelle?

Reconversion professionnelle: milieu de carrière et questionnements

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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Job crafting(2): construire son plaisir au travail en quatre étapes

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Même si l’intérêt des entreprises pour le plaisir au travail s’accentue, même si elles sont de plus en plus nombreuses à mettre en place des mesures allant dans ce sens, pour le travailleur lambda, quel que soit son niveau dans la hiérarchie, ce n’est pas le sentiment de nager dans les eaux limpides et azuréennes du bonheur qui prime. Vie au boulot, voyage dans le marigot? Allez, hardis petits, laissons les marécages, les cloaques et construisons des sources, des fontaines!

 

 

Construire les sources de son propre plaisir au travail

 

 

 

Salariés, entrepreneurs: déni de plaisir et cafetière trop pleine

 

De façon générale, les salariés se sentent pris dans un étau d’exigences, de contraintes, de rigidité, d’incompréhensions, de relations pourries, d’ambiance délétère, d’ennui ou de stress, d’aspirations remises au placard. Un joli tableau qui donne bien plus d’aigreurs d’estomac que d’envie de croire qu’il est possible de se faire plaisir au travail ou de sentiment qu’au delà des discours marque employeur, la hiérarchie s’intéresse réellement à eux.

 

De même pour les entrepreneurs, convaincus que les contraintes qu’ils s’imposent sont inhérentes à leur métier et qu’ils n’ont pas tellement le loisir de faire autrement. Et qui, bon an mal an, bossent sans relâche et sous la pression constante, un oeil sur un chiffre d’affaire parfois en dents de scie, l’autre sur une clientèle pas toujours simple à satisfaire et aucun sur eux-mêmes. Ils sont bien loin le plaisir, la motivation et l’ivresse qui les ont poussé à la création…

 

Ce voile pudique tiré sur le champ des possibles, au nom d’un réalisme fataliste (qui pare de raisonné-raisonnable un pessimisme immobiliste), gonflé aux discours moroses et nourri à la résignation cultive avec soin le déni de plaisir: il  bride l’imagination, muselle toute velléité de changement sans même en évaluer la faisabilité, met à mort l’électron libre en chacun de nous (et après, on voudrait qu’on soit créatifs^^). On est pas là pour rigoler, L’oncle Alfred le répète depuis toujours, il avait raison, le vieux bougre, et voilà que nous en faisons la triste expérience. L’auto-avortement du plaisir au travail est une sorte de réponse automatique d’absence du bureau d’une cafetière trop pleine qui ne sait plus ou donner du goulot.

 

 

 

Plaisir au travail: le courage de l’exploration avant les conclusions!

 

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’aucun d’entre nous n’est condamné à un job au mieux incolore et inodore, au pire à un quotidien professionnel asphyxiant et annonciateur d’aller simple vers le burnout: le plaisir au travail peut se redécouvrir et se réimplanter pas à pas, pour peu qu’on s’autorise un peu d’estomac: l’intrépide optimiste qui avance ira toujours plus loin que les cassandres apathiques.

 

Il y a mille bonnes raisons de se mettre au job crafting et de partir à la conquête de son propre plaisir au travail, nous en avions vu quelques unes dans le billet Job crafting, devenir l’artisan de son plaisir au travailGardons en tête que c’est avant tout jubilatoire et bon pour l’estime de soi autant que pour la performance. Une fontaine de jouvence pour nos âmes fatiguées par des boulots déshumanisés!

 

Et souvent pas si compliqué à mettre en oeuvre, le plaisir au travail se conçoit en architecte, se façonne en maçon, se sculpte en artiste. Dépasser les idées reçues et accepter d’aller explorer le vaste territoire des possibles en dépit des pisse-froids, demande plus de courage que la mise en oeuvre des changements. La transformation en oeuvre d’art devient assez naturelle lorsqu’on a identifié les outils nécessaires, les pistes potentielles. Partons donc à la découverte de cette marge de manœuvre et des moyens concrets d’activer des changements réjouissants.

 

 

 

outils du job crafting plaisir au travail

 

 

 

 

Réalisme fataliste et attentes passives vs marge de manoeuvre

 

La morosité vis-à-vis du quotidien professionnel génère des croyances nées des interprétations des situations ou des comportements des uns et des autres qui nous ancre dans l’attente passive d’un miracle dont on se doute qu’il n’aura pas lieu.

 

  • Abdel, ingénieur commercial : « Jamais mon boss n’acceptera de me donner un peu plus d’opérationnel et un peu moins d’administratif. Depuis le temps, il sait parfaitement que je préfère l’opérationnel et ne m’en a jamais confié davantage. »  Et Abdel n’a jamais été voir son chef pour lui faire part clairement et simplement de se préférence et y ajouter une demande directe. Sa certitude que son chef sait est une interprétation. Il est donc possible que son chef soit un abruti, mais il est tout autant possible qu’il n’ait pas conscience de la situation et donc aucune raison de la changer.
  • Sophie, webmaster  : Je dois me montrer ultra réactive et répondre aux demandes des clients dans les plus brefs délais pour les fidéliser et leur prouver mon professionnalisme. Résultat, sous les injonctions pas toujours aimables de ses clients, Sophie se retrouve à bosser le soir et le week-end. Croyant les satisfaire, elle leur envoie surtout le message qu’elle est corvéable à merci, petit soldat répondant au doigt et à l’œil à toutes leurs exigences. Elle y perd en plaisir, ils y perdent en respect pour elle… et deviendront de plus en plus exigeants.

Dans ces deux cas, la marge de manœuvre, bien que masquée par des convictions erronées, est assez considérable. En vertu du principe que la meilleure façon de ne rien obtenir est de ne rien demander, si Abdel reste dans le silence, la situation ne changera pas. Il n’y a à peu près qu’en se décidant à parler de son mal-être et de ses envies à son chef qu’il a des chances d’être entendu.

 

Quant à Sophie, en continuant à se positionner comme corvéable à merci, c’est comme ça qu’elle sera traitée. Si elle définit les plages horaires précises auxquelles elle est joignable et s’y tient, si elle apprend à éteindre son téléphone ou à ne pas y répondre en dehors de ces plages, ses clients apprendront à la joindre quand elle est disponible et seront bien moins tentés de l’appeler à 23h le vendredi soir, parce qu’ils viennent d’avoir une idée forcément brillante sur laquelle ils exigent qu’elle planche d’ici lundi 9h (pour un projet qui verra le jour dans 6 mois).

 

 

 

Tous des jobs crafters !

 

Comme le soulignent les études sur le job crafting, quels que soient la position hiérarchique, le statut, la fonction ou la nature de notre emploi (salarié ou entrepreneur) nous sommes tous en mesure d’apporter des adaptations significatives en termes de plaisir au travail, de motivation et d’efficacité génératrice de satisfaction, pour peu que nous en ayons l’envie. J’ai eu l’occasion de travailler avec des profils très variés et tous ont gagné, parfois de façon considérable, en bien-être, en contentement, en sentiment d’être heureux dans leur travail:

 

  • Le directeur marketing d’une banque, la directrice commerciale d’une SSII, le DRH d’une ETI, deux PDG de PME
  • Des ingénieurs, chefs de projet, managers, ingénieurs commerciaux
  • Une assistante sociale, un technicien
  • Une musicienne, un ingénieur du son, une enseignante, un formateur
  • Des hauts fonctionnaires, un chef de service hospitalier, un chirurgien
  • Un avocat d’affaires, un analyste financier
  • Des freelances et professions libérales (une décoratrice, un infographiste, un informaticien, une infirmière, des consultants, un ergothérapeute etc.)

En d’autres termes, nous avons tous la possibilité d’être des job crafters, au bénéfice d’un quotidien professionnel agréable.

 

Rappelons à toutes fins utiles qu’il n’y a pas de vérité universelle, secret magique du plaisir au travail, les besoins sont individuels et toutes les pistes d’amélioration doivent être personnalisées. Les injonctions classiques du type  “faire en sorte d’avoir une tâche sympa par jour” ou “ayez des objectifs” ou encore “soyez toujours en apprentissage” sont certainement pleines de bonnes intentions, mais si elles tombent à côté de vos sources d’insatisfaction, vous ne risquez pas de gagner en plaisir au travail. L’identification des points d’amélioration part donc de la façon dont vous percevez votre quotidien professionnel, pas de généralisations abusives par nature.

 

Bref, façonnez votre plaisir au travail, sculptez-le, agencez-le jusqu’à obtenir la source de votre motivation, de votre performance, de votre engagement et votre satisfaction. Quelle que soit la nature de ce plaisir, margelle de fontaine de village ou bassin d’Apollon, surtout: savourez le résultats obtenus;)

 

 

job crafting admirer résultat

 

 

 

 

Mini coaching : devenir l’artisan de son plaisir au travail

 

Quelle que soit la nature de vos points d’insatisfaction, vous y avez droit, ils vous appartiennent et les jugements n’engagent que ceux qui les tiennent. Bref, ne laissez personne vous dictez ce que vous devriez ressentir ou améliorer. Evaluez votre satisfaction/insatisfaction sans censure et travaillez les points qui sont importants pour vous, indépendamment de ce que pourraient penser ou dire qui que ce soit. En d’autres termes, vous n’êtes pas obligé(e) de devenir extraverti si vous ne l’êtes pas ou encore vous avez tout à fait le droit de développer une caractéristique comme la débrouillardise ou le sens de l’observation si vous en avez envie.

 

 

Etape 1 – Evaluez votre plaisir au travail et les pistes d’évolution

Evaluez votre degré de satisfaction, sur un échelle de 1 à 10 dans tous les domaines de votre quotidien professionnel. Ces domaines correspondent à ceux que nous avions détaillés dans la série de billets Boulot idéal, une réalité à inventer

  1. Environnement  et organisation de travail
  2. Rémunération
  3. Tâches et comportements
  4. Capacités et compétences
  5. Talents et stratégies
  6. Relations et communication
  7. Reconnaissance et épanouissement
  8. Valeurs et convictions
  9. Sens

Quelles sont les actions à mener pour passer au chiffre supérieur? Et au chiffre supérieur? Jusqu’à arriver à 8?

 

Priorisez en fonctions de vos critères: Vous ne pourrez pas tout faire en même temps, courir tous les lapins de la futaie c’est pas si futé, c’est même le meilleur moyen de les voir tous s’échapper. Choisissez donc les domaines à travailler et les actions à mener comme vous l’estimez utile:

  • Les domaines évalués entre 0 et 4 sont générateurs d’agacement, d’inquiétude, de découragement, de stress. Ils ont donc besoin d’être traités rapidement et en profondeur, mais pas à pas (Rome ne s’est pas fait en un jour, toussa…)
  • Les domaines évaluées entre 5 et 7 suscitent des insatisfactions plus légères, mais peuvent aussi être de bons terrains d’entraînement, car potentiellement plus faciles à traiter.

il ne s’agira peut-être pas de commencer par ce qui va le moins bien, peut-être préférerez-vous y aller à petit pas en commençant par ce qui vous paraît simple ou par ce qui vous apportera des résultats rapidement.

 

 

Etape 2 – Appuyez-vous sur vos ressources internes

Autant dans votre personnalité que dans vos compétences techniques et talents naturels, vous disposez déjà d’un bagage important en termes de ressources internes qui vous permettra de renforcer votre estime de vous et l’assurance nécessaire pour mettre en œuvre les actions indispensables à votre sentiment de plaisir au travail. Pour vous aider:

D’autre part, vos valeurs sont aussi des ressources: plus vous travaillerez en harmonie avec elles, plus les mises en action seront fluides:

 

Etape 3: Passez en mode solutions et stratégies

Vous êtes à présent en pleine possession de l’assurance nécessaire pour construire votre plaisir au travail. Il est temps de réfléchir aux solutions à mettre en place. Vous pouvez ainsi faire des demandes assez classiques comme d’autres responsabilités, une augmentation, une promotion. Mais vous pouvez aussi inventer d’autres organisations, des méthodes de travail très personnelles qui s’appuient sur vos talents naturels, modifier vos relations pour pouvoir enfin sortir certains collègues du bocal à con dans lequel ils trempent depuis bien trop longtemps, demander une journée de télétravail, etc.

Quelles actions avez-vous besoin de mener pour gagner en plaisir dans le domaine que vous avez choisi?

Quelles compétences nécessitent ces actions?

 

Améliorer ce qui n’est pas encore satisfaisant demande parfois le développement ou le renforcement de compétences spécifiques (si vous les maîtrisiez déjà, vous feriez déjà autrement). Par exemple, Les noeuds des relations difficiles ne se dénouent pas souvent d’un coup de baguette magique et necessitent, la plupart du temps, de s’y prendre autrement. Ce qui ne s’invente pas!

Quelles compétences avez-vous besoin de renforcer pour avancer vers vos objectifs?

 

Quelques pistes:

 

Etape 4 – Mise en action et évaluation

Vous avez identifié les pistes d’amélioration, capitalisé sur vos ressources internes et déterminé les actions à mener. Il ne reste plus qu’à établir un plan d’action progressif pour développer les compétences nécessaires puis agir directement. N’oubliez pas d’intégrer dans votre plan de route les phases de tests puis d’évaluation de vos solutions.

 

En d’autres termes, transformez les actons à mener en objectifs SMART puis passez à la phase triplette du coaching pour en évaluer les bénéfices et/ou les ajustements nécessaires.

 

 

Quatre exemples de job crafting

 

Dans le billet introductif, nous avions vu deux exemples détaillés de job crafting:

Je pourrais vous rajouter :

Et plus simplement, voici quatre exemples de points spécifiques d’augmentation du plaisir au travail qui donnent des idées sur ce qui peut être fait grâce au job crafting:

 

 

Job crafting et délégation

Marie-Jo, qui travaille à la direction commerciale de son entreprise, en avait ras-la-calcombe de l’administratif qu’elle considère fastidieux. Il ne lui était pas venu à l’esprit que peut-être, dans son équipe, certains avaient plus de goût qu’elle pour la paperasse, elle pensait au contraire les décharger en la faisant elle-même. Après avoir  fait le tour de son équipe, elle s’est rendu compte que deux de ses collaborateurs étaient bien contents à l’idée de passer un peu moins de temps sur le terrain et que l’admin ne leur faisait pas peur.  Une nouvelle répartition des tâches plus tard, ce sont trois personnes qui ont gagné en satisfaction.

 

 

Job crafting et environnement de travail

Sébastien détestait l’aménagement du bureau qu’il partageait avec deux collègues, il le trouvait désagréable et peu pratique. Les relations avec ses deux collègues n’étant pas particulièrement proches – Sébastien est plutôt introverti et plein de croyances sur la distance nécessaire à conserver au boulot – il était persuadé de devoir continuer comme ça et en prendre son parti. Finalement, il s’est lancé et leur a proposé de repenser ensemble cet espace. A sa grande surprise, ses deux collègues ont accepté avec enthousiasme et la discussion a fait l’objet d’un déjeuner qui a permis à Sébastien de voir ses collègues sous un autre jour, de se montrer sous un autre jour et les trois ont gagné en confiance mutuelle. Ils ont conçu leur nouvel aménagement à partir de critères communs et en sont ravis.

 

 

Job crafting et développement de compétences

Bien entendu, nous avons travaillé avec Abdel pour qu’il aille faire part à son chef de ses aspirations. Il s’est avéré que son chef n’était pas tout à fait convaincu de ses capacités opérationnelles et ils ont mis ensemble en place un système de mentoring, associé à une courte formation pour renforcer les compétences d’Abdel et lui permettra d’aller vers des tâches qui lui plaisent davantage.

 

 

Job crafting et positionnement relationnel

Sophie a eu besoin de renforcer la confiance en elle et des capacités d’affirmation pour être en mesure d’habituer ses clients à son rythme plutôt que de subir leurs exigences. Elle a construit un positionnement relationnel authentique, affirmé et serein qui plaît beaucoup à ses nouveaux clients et lui donnent le sentiment qu’ils ont du respect pour elle.

 

 

Vous avez à présent les outils en main pour faire de votre plaisir au travail une oeuvre d’art. Faites-vous plaisir!

 

 

fontaine de jouvence du plaisir au travail

Crédit photo: Eric Pouhier

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Aller plus loin

Voulez construire et entretenir  l’estime de vous et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels et de retrouver du plaisir au travail? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 01 39 54 77 32

 

Entrepreneurs, créez des locaux à l’image de l’ADN de votre entreprise

Sylvaine Pascual et Carole Ferreira-Cerca – Publié dans: Création d’entreprise

 

 

Lors d’une création d’entreprise, il est essentiel d’en déterminer l’ADN – les valeurs, les motivations, le sens qu’elle a, la mission qu’elle se donne – de façon à le refléter dans sa communication. Et un aspect trop souvent négligé, c’est comment l’entreprise exprime cet ADN dans son environnement de travail, ses locaux et en transmette la substantifique moelle à ses clients… dès le premier coup d’oeil, au travers d’un aménagement cohérent à l’identité forte.

 

 

bureaux Think Garden à Milan

Les bureaux de Think Garden à Milan

 

 

 

Le conventionnel m’a tuer…

 

Il y a quelques semaines, un cabinet de coachs/consultants qui m’avait semblé plutôt innovant sur son site m’invite à venir les rencontrer, pour discuter d’une proposition qu’ils veulent me faire. J’arrive dans des locaux dépouillés, aux murs taupe, aux étagères beiges, aux bureaux beiges, aux fauteuils beiges, aux coussins prune. Le tout très corporate, très feutré, très conventionnel. Rien qui détonne. Et ce cabinet s’étonne de n’avoir que des clients voulant du tout-venant? Et voudrait réussir à vendre des produits qui se démarquent un peu?

 

les locaux ordinaires tuent votre entreprise

 

 

Au final, dans le manque de cohérence entre ses produits, ses visuels colorés d’une part et ses locaux convenus d’autre part, ce sont les locaux convenus qui l’emportent et ce cabinet vend petitement ce qu’il n’a plus envie de faire à des clients qui ne lui correspondent pas. Lorsque je m’étonne de cette différence, j’ai pour réponse “ça plaît aux clients, ça les rassure”. Tout est dit! Montre-moi tes locaux, je te dirais tout sur ton entreprise! Y compris ses stratégies d’échec!

 

Carole FERREIRA CERCACette expérience démontre la nécessité de cohérence dans toutes les dimensions de l’entreprise pour assurer sa viabilité d’une part et garantir une clientèle qui lui correspond d’autre part, m’a poussée à demander à Carole Ferreira-Cerca de venir parler aménagement des locaux à tous ceux qui songent à la création d’entreprise. Aujourd’hui, le désir de reconversion s’inscrit de plus en plus dans l’entrepreneuriat et tous les gages de réussite sont à prendre en compte, y compris celui qui consiste à donner de la personnalité à son entreprise au travers de l’atmosphère que ses locaux dégagent.

 

Carole Ferreira-Cerca, en plus d’être co-fondatrice de la Centrifugeuse, aménage (entre autres) des espaces de travail pour des  Nous avons rédigé ce billet à quatre mains à l’attention des entrepreneurs qui ont envie de sortir des poncifs de l’architecture d’intérieur et d’espace de travail et de donner à leurs locaux une identité forte, révélatrice de l’ADN de l’entreprise.

 

 

 

L’ADN d’une entreprise, ce n’est pas le beige suédois!

 

Ca y est ! Vous êtes prêts à emménager vos nouveaux locaux et votre équipe (même si vous êtes 2 c’est une équipe…) est sur les starting blocks. Vous n’avez pas eu le temps de vous occuper de l’ameublement de votre bureau. C’était le cadet de vos soucis, vous aviez fort à faire à peaufiner votre stratégie commerciale, votre site internet, vos plaquettes, vos tarifs etc… Et maintenant, il vous faut bien de quoi les asseoir quand ils viennent vous voir, ces futurs clients!

 

Je vous vois déjà harnaché(e) à votre caddie suédois cherchant l’objet utile ultime ou bien tapotant frénétiquement sur votre laptop en quête du bureau 1er prix (merci Bureau Vallée) qui est loin d’être clinquant mais fait globalement son office. Ces deux réflexes sont invariablement ex-aequo dans l’acte de sabotage: vous allez habiller vos locaux en fonction de ce que vous allez trouver le moins moche, et c’est cette image-là que vos bureaux vont donner à vos clients.

 

A ce moment de ma réflexion j’ai envie de vous dire… Tout ça pour ça ??! vous vous êtes cassé le trognon à construire des outils de communication créatifs, une offre dynamique et innovante, des supports originaux, un site web qui en jette  et vous comptez accueillir vos futurs clients dans  votre bureau plaqué hêtre, les asseoir sur une chaise en vilain lainage bleu devant un paysage d’étagères Billy ?!?

 

Mais où est cette société vivante, pleine d’idées et de créativité ? Que transmet-elle ? Quelle image véhicule t-elle ? Quelle cohérence propose t-elle avec vos produits, vos idées, le sens que vous donnez à votre entreprise?

 

L’image et l’atmosphère d’une entreprise se construisent aussi au sein de son lieu de vie/de travail. Vous comme vos collaborateurs, comment vous sentir bien, comment être dynamique et créatif dans cet espace ordinaire et tristement fonctionnel? En parallèle, que transmettez-vous via ce lieu de travail ? Votre dynamisme, votre inventivité, vos valeurs, bref, l’âme de votre entreprise, de son dirigeant etc… sont-ils reflétés dans l’aménagement de vos locaux?

 

 

l'aménagement d'une entreprise doit refléter son ADN, son identité, ses valeurs, sa personnalité

Parliament Design: un exemple de locaux qui ont su créer une identité forte et un espace convivial et collaboratif, avec un esprit largement récup.

 

 

 

Le budget a bon dos

 

Et là je vous sens prêt à brandir derechef la carte BUDGET! Investissement marketing, com, salaires etc… tu comprends le mobilier de bureau toussa… c’était vraiment pas une priorité. Ok gotcha.

 

J’aimerai vous dire : allouer un budget pour du mobilier médiocre et une atmosphère terne, ne pas s’y sentir bien, ne pas y trouver ou démontrer d’adéquation avec l’ADN de votre entreprise pour finalement le remplacer deux ans plus tard car il est cassé ou à mal vieilli, est-ce un bon calcul ?

 

D’autre part, créer un environnement de travail agréable et accueillant ne veut pas forcément dire se ruer chez Starck ou de vouloir rivaliser avec Google. Je parle d’agencement intelligent et collaboratif, de couleurs propices aux idées, de décor révélateur, d’ambiance en harmonie avec les valeurs de l’entreprise. Un lieu inspirant autant pour vous, vos collaborateurs et vos clients. Je parle de deux éléments primordiaux : confort et identité.

 

 

 

 

Une identité forte pour se distinguer de la concurrence

 

L’accord entre l’aménagement des locaux et l’ADN de l’entreprise est aussi une façon de se positionner, gage de différenciation entre vous et vos concurrents. Le soin que vous portez à l’énergie de votre espace de travail représente aussi la personnalité de la boîte et de ses acteurs. C’est un révélateur de l’audace et de la vitalité que vous distillez dans votre travail et de sa qualité.

 

Inversement, tomber dans le piège soit de la négligence de cette dimension, soit des lieux communs de l’aménagement de l’espace de travail est une garantie de banalité, d’insignifiance qui pousse plus à sombrer dans l’anonymat qu’à sortir du lot. On pense par exemple:

 

  • Aux entreprises dans le domaine du bien-être qui dégoulinent de beige neutre, de galets zen, de bambou et de posters représentants des nanas en position du lotus. Ces galets-là finissent par nous rester sur l’estomac.
  • Aux consultants qui, pour faire professionnels chics, font dans le bois clair, le verre, le fauteuil noir. Le sans âme.
  • Aux entreprises qui ont omis de donner un peu de jus à leurs locaux et où l’on circule entre moquette bouclette marron chiné, cloisons en plastique grisâtre et bureaux en mélaminé. On a autant envie d’y revenir que d’aller passer un dimanche de novembre chez belle-maman.

Ambiance start-up ultra moderne ou boutique vintage, décor indus-écolo ou complétement inétiquetable, lâchez la bride de votre imagination et osez exposer l’âme de votre entreprise!

 

 

 

Trois exemples d’aménagement d’entreprise à forte personnalité

 

Voici quatre réalisations de Carole Ferreira-Cerca pour des entreprises de taille et de nature différentes. Un seul point commun: la volonté d’une personnalisation dans un but d’adéquation entre l’âme de l’entreprise et ses salariés et/ou ses clients.

 

 

1- Un open space coloré pour un cabinet de notaires

Ce cabinet de notaire en pleine expansion voulait un espace dynamique, chaleureux et vivant pour ses employés et était prêt à s’éloigner radicalement du cliché d’un univers feutré et peu révolutionnaire.

 

design chaleureux pour cabinet de noraite

 

 

2- Un espace de travail green attitude

Une société spécialisée dans le conseil en gestion des déchets m’a demandé de lui proposer un bureau efficace et pratique, dans un esprit contemporain, éclectique fait de produits bruts et de simplicité, d’authenticité (projet en cours).

 

  • Le bureau : un décor épuré avec un bureau sur tréteaux (Leroy Merlin), une chaise chinée chez Emmaüs, une petite lampe de bureau déco (Lightonline), des étagères aux lanières de cuir (récup et bricolage) et du menu accessoire de chez Muji.

authenticité et produits bruts pour cette société de conseil en gestion des déchets

 

  • L’espace rangement et rendez-vous 

Fauteuils (La Redoute), Décor (Metamorphouse boutique), buffet métallique (Venteunique), lampadaires néon (Conforama), tapis (Saint Maclou) et déco (vases + objets flottants non identifiés ;)

un espace réception éclectique et esprit récup

 

 

 

3- High tech et milieu médical: décalage et souffle organique

Une entreprise de 10 personnes spécialisée dans le domaine du numérique médical m’a demandé d’organiser, meubler et donner une ligne directrice de décoration à l’open space d’environ 50m2. L’objectif en termes d’ambiance est de prendre le contre-pied des atmosphères aseptisées de laboratoires et d’aller vers quelque chose qui montre la connexion à l’humain dans sa dimension biologique, dans un univers high tech.

 

J’ai dessiné et fait réaliser des postes de travail en binôme baptisés Bones (vous aurez compris le clin d’œil), proposé un sol en Vynil tressé Bolon, intégré des panneaux acoustiques discrets au plafond. En mural, un revêtement vinyl blanc et déco de Texdecor est utilisé pour une partie murale (il est  également capable de servir de support de projection) et en déco  une création lumineuse avec diverses radiographies (oh re-clin d’œil !) et un plan du corps humain façon Subway New yorkais. Au final, un mélange original au souffle organique (projet en cours).

 

un open space alliant le high tech et la connexion à l'humain biologique et médical

 

 

 

La personnalisation des locaux: un acte entrepreneurial

 

La personnalisation devient une action qui vous distingue et qui décide un client ou un partenaire à vous choisir plutôt que le voisin. Faire ressortir cette identité, cette valeur ajoutée dans votre accueil et vos bureaux est  une véritable action d’entrepreneur.

 

Si vous constatez un fossé, une tranchée, (un canyon ?) entre l’essence de votre boîte et son univers prenez le temps d’y réfléchir, pensez qu’une bonne impression et des collaborateurs herueux dans leur bureau c’est une étape supplémentaire vers le succès. Sortez votre boîte du banal et du convenu, laissez-là devenir extra-ordinaire!

 

 

 

Voir aussi

 

8 trucs infaillibles pour tuer son entreprise

Création d’entreprise, les pièges à éviter

Entreprendre: les dix clés de la réussite

Entreprendre en couple

Création d’entreprise et visibilité sur Internet

Reconversion professionnelle et enquête métier: les questions à poser à un entrepreneur

 

 

 

Aller plus loin

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Acceptation de soi: Etes-vous un être humain?

Sylvaine Pascual – Publié dans: Connaissance de soi / Bien-être et estime de soi

 

 

 

L’acceptation de soi est le socle sur lequel repose la confiance en soi, l’estime de soi, une relation à soi-même apaisée et réjouissante, comme nous parvenons parfois à en avoir avec ceux qui nous sont les plus proches. Réconcilions-nous à nous-mêmes!

 

 

 

accetper ses manquements et travers pour construire l'estime de soi

 

 

 

Que celui qui ne se reproche jamais ses petits travers plus souvent qu’à son tour et en des termes qui feraient passer les noms d’oiseaux pour un poème d’amour se lève!. Il aura droit à un dessert lacté ainsi qu’à un mausolée à la gloire de sa virtuosité de Mozart de l’estime de soi.

 

Pour le reste du commun des mortels, l’acceptation de soi inconditionnelle et bienveillante est un liard plus difficile et cette brève intervention de Ze Franck dans une conférence TED est une invitation futée et tendre à porter un regard plus indulgent sur soi-même:

 

 

 

 

En voici une retranscription:

 
“Ceci est un test humain, un test pour voir si vous êtes un humain. Veuillez lever la main si quelque chose s’applique à vous. D’accord ? Oui ? Alors commençons:

  • Avez-vous déjà mangé une crotte de nez alors que vous n’étiez plus un enfant depuis longtemps ? (Rires) Bien, pas de problème.
  • Avez-vous déjà émis un petit bruit bizarre quand vous vous souveniez d’une chose embarrassante ?
  • (…)
  • Avez-vous déjà fini un sms par un point en signe d’agression ? Bon. Point.
  • Avez-vous déjà ri ou souri quand quelqu’un vous a dit un truc merdique et ensuite passé le reste de la journée à vous demander pourquoi vous avez eu cette réaction-là ? (Rires) Oui.
  • Avez-vous déjà apparemment perdu votre billet d’avion un millier de fois entre l’enregistrement et la porte d’embarquement ? Oui.
  • Avez-vous déjà enfilé un pantalon et bien plus tard vous êtes rendu compte qu’il y avait une chaussette perdue scotchée contre votre cuisse ? (Rires) Bon.
  • Avez-vous déjà tenté de deviner le mot de passe de quelqu’un tellement de fois que vous avez bloqué son compte ? Mmm.
  • Avez-vous déjà eu l’impression persistante qu’un jour on s’apercevra que vous êtes un imposteur ? Oui, pas de problème.
  • Avez-vous déjà espéré qu’il y avait une compétence que vous n’aviez pas encore découverte pour laquelle vous étiez naturellement génial ? Mmm.
  • Avez-vous déjà cassé quelque chose dans la vraie vie, et ensuite vous vous êtes retrouvé à chercher un bouton « Annuler » dans la vraie vie ?
  • (…)
  • Vous êtes vous déjà émerveillé du fait qu’une personne que vous trouviez si quelconque puisse d’un coup devenir si belle ?
  • Avez-vous déjà fixé votre téléphone du regard en souriant comme un idiot tout en envoyant un sms à quelqu’un ? Avez-vous déjà ensuite envoyé à cette personne la phrase « je regarde fixement le téléphoneen souriant comme un idiot » ?
  • Avez-vous déjà été tenté, et ensuite cédé à la tentation, de regarder dans le téléphone de quelqu’un ?
  • Avez-vous déjà eu une conversation avec vous-même et ensuite, vous vous êtes rendu compte que vous étiez un connard avec vous-même ? (Rires)
  • Votre téléphone est-il déjà tombé à court de batterie en plein milieu d’une dispute et avez eu l’impression que le téléphone était en train de rompre avec vous deux ?
  • Avez-vous déjà pensé que travailler sur un problème entre vous était futile parce que ça devrait être plus facile que ça, ou es-ce sensé se passer naturellement ? Vous êtes vous déjà rendu compte qu’à la longue, très peu de choses se passent naturellement ?
  • Vous êtes vous déjà réveillé béat et soudain avoir été submergé par l’affreux souvenir que quelqu’un vous a quitté ?
  • Avez-vous déjà perdu la capacité d’imagier un avenir sans cette personne qui n’était plus dans votre vie ? Avez-vous déjà regardé en arrière sur cet évènement avec le sourire triste d’automne en prenant conscience que l’avenir se produira quoi qu’il en soit ?

Félicitations. Vous avez terminé le test. Vous êtes tous humains.”

 

 

Et vous, quels sont les petits défauts, les mini manquements, les micro indélicatesses, qui vous rendent, contrairement à ce que vous croyez, si charmants, désarmants, attendrissants, si profondément humains?

 

Quels sont les moments de grâces, les instants de grandeur, de sensibilité, les qualités qui vous rendent si beaux et si profondément humains?

 

 

Nous passons bien trop de temps en conflit latent avec nous-mêmes, juges et bourreaux de nos petites défaillances sans conséquence. Réconciliez-vous à vous-mêmes, faites preuve d’une auto-bienveillance chaleureuse à votre propre égard, souriez avec indulgence de vos fragilités, elles vous définissent autant que vos talents tout en vous rendant profondément humains parce que faillibles, imparfaits et inestimables.

 

Et lorsqu’on cherche les synonymes d’humains, on trouve: accessible, altruiste, bienfaisant, bienveillant, charitable, clément, compatissant, compréhensif, délicat, empathique, généreux, indulgent, sensible, social, tendre, terrestre, tolérant etc…

Bref, lorsqu’on redevient un être humain, capable d’humanité envers soi-même, on redevient aussi un être humain capable d’humanité envers les autres. La bonne nouvelle que voilà;)

 

 

Crédit photo: Trevor Henry

 

 

Voir aussi

 

De la dévalorisation au regard bienveillant

Mécanismes de valorisation et dévalorisation

Estime de soi: redécouvrir ses talents

Reconnaître ses accomplissements

Connaissance de soi: les valeurs morales

3 clés pour renforcer la confiance en soi

Se parler à soi-même comme on aimerait qu’on nous parle

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

 

 

 

 

Aller plus loin

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Média sociaux, cooptation et compétences relationnelles

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

Si le recrutement ne se virtualise pas tant que ça, la cooptation a de beaux jours devant elle et les média sociaux sont un moyen formidable de développer son réseau professionnel et de se faire recommander.  A condition d’en connaître les codes et de comprendre qu’il s’agit avant tout de tisser des liens. Il devient de plus en plus indispensable de développer ses compétences relationnelles.

 

 

la cooptation via les réseaux sociaux necessite de bonnes compétences relationnelles

 

 

La cooptation se virtualise

 

Toutes les études en témoignent, le recrutement via les réseaux sociaux peine à sortir de l’anecdotique et même s’ils modifient et enrichissent les vecteurs de la recherche d’emploi, ils ne l’ont sûrement pas révolutionnée.

 

En revanche, les médias sociaux méritent une attention toute particulière en recherche d’emploi. Car la cooptation prend de l’ampleur et s’étend au virtuel. Comme en témoigne cette étude de l’Apec: 39% des entreprises l’utilisent. La recommandation devient d’ailleurs cruciale à mesure que le salarié avance dans sa carrière :

 

la part des candidats connus ou recommandés parmi les candidats recrutés croît avec l’âge de ces derniers. Ainsi, près de la moitié des candidats âgés de plus de 50 ans et recrutés en 2011 étaient connus de l’entreprise et/ou recommandés par une personne extérieure”

 

D’autre part, comme le souligne ce billet de TalentPlug, la cooptation par le réseau donne accès au “marché caché”, ce marché de l’emploi qui ne fait pas toujours l’objet d’annonces largement diffusées sur les sites emploi. Appréciée des entreprises, la cooptation coûte moins cher qu’un recrutement classique et semble garantir de meilleures adéquations entre candidat et employeur, comme le résume cette infographie:

 

 

les bénéfices de la cooptation

 

 

Le développement de son réseau professionnel et la cooptation sont des moyens particulièrement intéressants pour tous ceux dont la situation n’aide pas l’employabilité:

 

  • Les personnes aux parcours atypiques
  • Les personnes en seconde partie de carrière et les seniors
  • Les personnes qui ont mené une reconversion professionnelle et sont de retour à l’emploi

Parce que le réseau se virtualise, les liens noués sur les réseaux sociaux (et pas uniquement les réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo) deviennent autant de sources d’opportunités et de cooptation. Et cela a quatre conséquences à prendre en compte:

 

  • L’écart se creuse entre les candidats connectés et peu connectés
  • L’écart se creuse entre ceux qui savent réseauter sur Internet et ceux qui réseautent “à la papa”
  • Les réseaux sociaux sont une mine d’or pour tous ceux qui estiment avoir un réseau professionnel limité et veulent le développer.

Parce que le développement d’un réseau sur les médias sociaux n’a pas grand chose à voir avec celui qui se fait dans la vraie vie,  les compétences relationnelles deviennent indispensables pour les chercheurs d’emploi qui voudraient mettre toutes les chances de leur côté.

 

 

 

Cooptation virtuelle et compétences relationnelles

 

Le fait que la cooptation se déplace de l’IRL (la vraie vie) au virtuel est certainement une bonne nouvelle, car, pour peu qu’on soigne ses compétences relationnelles, il est beaucoup plus facile de se construire un réseau professionnel via Internet que dans la vraie vie, en particulier parce qu’on a la possibilité de venir y nouer des liens simplement, en parlant métier, et non pas se mettre dans l’inconfortable position du demandeur, ou de faire du push de cartes de visites dans des “soirées réseau” ou ceux qui se connaissent parlent entre eux et où l’on peine parfois à entrer en conversation.

 

La leçon à en retirer, c’est principalement de redonner aux médias sociaux leur véritable rôle, que la traduction version calque – et erronée –  des adeptes du Globish rend un peu confus: ce ne sont pas des plateformes sociales, ce sont des plateformes relationnelles. Mais attention, s’il est essentiel d’y faire du relationnel, il s’agit bien de relationnel au sens noble du terme. C’est à dire être là pour y développer autre chose que des accointances vagues et utilitaires, mais bien pour entrer en relation et s’intéresser aux gens AVANT d’espérer qu’ils s’intéressent à vous en retour. Et ces liens se font autour d’un sentiment d’appréciation mutuel, d’affinités qui vont favoriser le partage d’opportunités.

 

Il s’agit donc de s’exposer au travers non seulement de son expertise et de ses compétences métiers, mais aussi au travers de sa personnalité et de sa façon d’être en relation, pour une raison très simple: on coopte une personne qu’on connaît, dont on reconnaît les mérites professionnels, bien entendu, mais aussi et surtout une personne qu’on apprécie.

 

Ceux qu’on mésestime ou dont on ignore la véritable personnalité parce qu’ils restent en retrait derrière leurs compétences professionnelles, personne ne prend le risque de les recommander, parce que c’est toute la crédibilité du coopteur qui est en jeu. Ainsi dans cet article, le site Guichets-RH traite des recommandations sur des réseaux comme LinkedIn:

 

Témoigner publiquement en faveur d’autrui est un acte très impliquant, l’auteur du témoignage s’engage personnellement dans ses propos. On ne recommande pas n’importe qui !”

 

 

 

D’une pierre trois coups!

 

Il y a une autre bonne nouvelle à la virtualisation de la cooptation. Le fait que le travail relationnel devienne incontournable est tout bénéfice pour le chercheur d’emploi, car les compétences relationnelles représentent une part non négligeables des compétences informelles (soft skills) qui sont en passe de devenir le point d’orgue de l’employabilité.

D’autre part, les compétences relationnelles ne sont pas des recettes figées et formatées qu’on peut trouver dans un livre. Elles passent par un renforcement de la connaissance de soi, de la confiance en soi, et ont deux conséquences directes:

 

  • Le développement de l’assurance, cruciale dans les entretiens d’embauche.
  • La construction d’une posture relationnelle forte, qui facilite l’intégration, favorise le bien-être dans son nouveau poste et la collaboration.

Les réseaux sociaux deviennent alors un terrain d’entraînement de choix pour tester notre façon d’être en relation en fonction de ce qu’elle suscite comme comportements en retour. Et d’en tirer des enseignements sur les points à renforcer pour créer un réseau solide, générateur à son tour de confiance en soi. Celle-ci permettra une authenticité sereine et évitera les erreurs relationnelles liées soit au triangle de Karpman, dans lequel nous sommes tous inscrits, soit à la méconnaissance des codes et qui sont légions sur les média sociaux, comme par exemple:

 

  • Le relationnel poudre aux yeux: version je-te-pommade-par-ci-je-te-pommade-par-là inscrit dans le cadre d’une fausse gentillesse qui navigue entre individualisme patenté qui soigne son intérêt personnel et manipulation pure et simple. Et cela finit immanquablement par se faire remarquer.
  • La victime qui crie famine: la recherche d’emploi est une période particulièrement difficile et en même temps, s’étaler en jérémiades quémandeuses ou se plaindre en rond avec d’autres malheureux ne donne pas envie de vous aider.
  • Les maladresses: les messages maladroits du type “vous voulez bien transmettre mon profil à votre carnet d’adresse” ou encore les demandes directes d’opportunités faites aux DRH présents sur les réseaux

Construire cette posture virtuelle favorable au tissage de relations professionnelles nouvelles solides et génératrices d’opportunités se fait au travers:

 

Du renforcement de la relation à soi et de la relation aux autres:

De stratégies d’exposition professionnelles:

 

Et l’on acquiert au passage une posture pleine d’une assurance qui ne la ramène pas, proche d’un charisme qui donne envie aux professionnels avec qui nous tissons de véritables liens de nous coopter. La boucle est bouclée!

 

 

 

Voir aussi

 

Triangle de Karpman et recherche d’emploi

Réseaux sociaux: conseils pour les chercheurs d’emploi

3 astuces relationnelles pour bien commencer sur les réseaux sociaux

Recherche d’emploi: reconstruire la confiance et l’estime de soi

Le non guide de la rechercher d’emploi sur Internet: les réseaux sociaux

Twitter, entre virtuel et IRL

 

 

 

Aller plus loin

Pour élaborer vos stratégies de recherche d’emploi sur Internet ou pour renforcer votre confiance en vous,  pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 01 39 54 77 32

 

 

Job crafting: devenir l’artisan de son propre plaisir au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans : Vie professionnelle

 

 

Le job crafting consiste à mettre les doigts dans le cambouis d’un job imparfait pour le mettre à sa main et le rendre plus agréable et satisfaisant. Au prix d’un peu d’exploration, d’huile de coude et au bénéfice d’un quotidien professionnel remodelé, pimenté, amélioré, devenir l’artisan de son propre plaisir au travail est bénéfique à plus d’un titre. Décodage d’une pratique jubilatoire!

 

 

 

Devenir l'artisan de son propre plaisir au travail, bon pour l'efficacité et l'estime de soi

 

 

 

Job crafting: le petit futé du plaisir au travail

 

Le job crafting consiste à façonner son travail par soi-même, dans plusieurs de ses dimensions, de manière à le mettre à sa main et y trouver davantage de plaisir, d’engagement, de motivation, de résilience, de satisfaction. Les Job crafters peuvent modifier les contours de leur poste de bien des manières, comme le souligne cette étude de l’Université du Michigan What is Job Craftin and Why does it Matter?:

 

 

  • Les tâches: leur nature, ampleur, variété et quantité
  • Les méthodes de travail (un comptable qui créée un nouveau mode d’archivage pour rendre cette tâche moins répétitive)
  • L’organisation
  • La perception des tâches (par exemple, focaliser sur l’utilité et la contribution d’une tâche ou d’un métier)
  • Les relations interpersonnelles
  • etc

Crafty, c’est aussi être malin, futé et c’est une idée que j’aime bien dans le fait de se prendre par la main pour mettre son boulot à sa main, car c’est une entreprise qui demande d’être inventif, de sortir des sentiers battus, d’oser expérimenter d’autres façons de travailler. Du coup, se mettre au job crafting, c’est aussi explorer les recoins de sa débrouillardise et reconnaître les ressources qu’elles recèlent. En d’autres termes, devenir l’artisan de son propre plaisir au travail est bon autant pour le sentiment de satisfaction qu’on en retire que pour l’estime de soi.

 

Disons-le tout net, le job crafting n’a rien de nouveau, puisqu’il s’agit, pour un salarié, de façonner de sculpter son job jusqu’à en faire un travail a minima satisfaisant et potentiellement jusqu’à un boulot dans lequel il trouve plaisir, satisfaction et épanouissement professionnel. C’est ce qu’Ithaque propose depuis cinq ans sous l’appellation « Job idéal et vitamines mentales ».

 

 

 

Artisan du plaisir au travail : parce qu’on met les mains dedans !

 

L’artisan, c’est celui qui met les mains dans sa matière première, qui la sculpte, qui la modèle, qui la transforme, qui l’agence en choisissant à chaque fois l’outil adapté à ses besoins. Bref, son job est concret, pragmatique, il demande de la réflexion, aussi il ne s’imagine pas qu’en faisant un exercice de visualisation, il va d’un seul coup d’un seul transformer des bouts de tuyaux en une plomberie, des rouages en horloge.

 

Dans le même ordre d’idée, ce n’est pas la méditation, la relaxation ou la sophrologie qui vont vous permettre tout à coup de transformer un boulot ennuyeux ou stressant en job de rêve. Seules les actions concrètes destinées à façonner votre quotidien professionnel à votre main vous aideront à vous rapprocher d’un job qui, à défaut d’être parfait, deviendra bien plus satisfaisant et générateur de plaisir. Ces trois techniques quant à elles pourront accompagner et faciliter la mise en action, mais pas s’y substituer.

 

Bref, on se rapproche du job idéal en se retroussant les manches et en mettant les mains dans le cambouis de ses rouages, parce qu’il est une réalité à inventer, pas en attendant le passage de la fée du management ou en le visualisant passivement.

 

Modeler son boulot pour y trouver plus de plaisir, de fluidité, de sérénité

 

 

 

Inimitable noblesse d’âme des entreprises

 

Le terme job crafting est l’un des rares qui n’a pas vraiment trouvé son public auprès des français pourtant friands (et étonnamment toujours pas gavés) d’américanismes de tout poil. Il ressort régulièrement dans les colonnes de nos publications sans vraiment s’y faire une place, là où le concept de « bonheur au travail » est en passe de trouver ses lettres de noblesse. Ses dernières occurrences ont un goût de récupération déguisée en « innovation » managériale, avec à la clé le risque d’une modélisation et d’une application normée aux antipodes de ses principes : ce serait une politique interne aux entreprises qui « laisseraient » chaque employé façonner son boulot. Nobles entreprises !

 

Sous la plume des Echos, le job crafting a changé de camp et est devenu « est l’art de laisser le collaborateur libre de « façonner » son travail pour le rendre plus attractif. Cette démarche responsabilisante qui implique l’assentiment du top management ». Cette notion d’assentiment du management est une bonne chose, si elle se limite à encourager les salariés à faire les demandes d’adaptation qui amélioreraient leur qualité de vie au travail, et de prendre en compte ces demandes – ce qui d’ailleurs ne signifie pas tout accepter.

 

La où elle me laisse plus perplexe, c’est qu’elle dit aussi en substance aux entreprises de s’approprier l’affaire et de lui donner un cadre bien contrôlant, de crainte peut-être que les salariés s’octroient un brin trop de pouvoir. Or, le job crafting est bien l’inverse : la façon dont le salarié s’approprie et modèle son travail ou sa fonction pour les rendre plus agréables se fait indépendamment de l’entreprise, voire même à son insu, lorsque son accord n’est pas nécessaire.

 

Car tous les ajustements que l’on peut mettre en œuvre dans son quotidien professionnel n’ont pas besoin d’être modélisés, cadrés et surveillés. Et c’est bien là leur force : ils répondent à des besoins et des aspirations individuelles qui lui donnent toute son efficacité. Et si certains nécessitent l’accord de l’entreprise, c’est bien la liberté du salarié que d’en faire la demande ou non.

 

 

 

Plaisir au travail: une marge de manœuvre à redécouvrir

 

Et c’est en cela que le job crafting est intéressant : il reconnaît de facto au salarié – comme à n’importe quel autre travailleur – une réelle marge de manœuvre dans l’adaptation de son poste à ses besoins, de manière à ce qu’il soit davantage une source de plaisir que de contraintes. Les études menées sur le job crafting montrent que, si les métiers à forte autonomie offrent une plus grande variété d’adaptations possibles, même les métiers qui s’effectuent dans les conditions les plus rigides sont susceptibles d’être ajustés pour mieux correspondre à nos attentes. Et cette latitude a l’avantage de ne dépendre que de notre motivation à oeuvrer pour mettre en place des alternatives.

 

Bien éloigné d’un levier managérial normatif, c’est un peu l’open source du plaisir au travail : chaque salarié peut identifier librement des points d’amélioration qui lui sont propres et agir dans leur sens à sa guise et surtout, selon l’expression individuelle de ses besoins.

 

L’exploration de cette marge de manœuvre est une escapade réjouissante au pays des possibles et en particulier de ces possibles insoupçonnés, que nous avons tendance à rejeter un peu trop vite, jusqu’à ne même plus en avoir conscience. La morosité ambiante et le management absurde nous poussent à croire que ces petits changements nécessaires à notre bien-être, à notre plaisir et à notre efficacité, nous ne les obtiendrons jamais. Du coup, nous avons vite fait de les remettre dans un tiroir étiqueté « envies irréalistes » ou « trucs de bisounours », selon nos références personnelles, et de les oublier là. En d’autres termes, à force de croire que nous n’avons pas de marge de manœuvre, nous oublions purement et simplement ce dont nous avons besoin.

 

 

 

De bonnes raisons de prendre son plaisir au travail en main

 

Si le plaisir au travail ne se construit pas en un tour de main,il y a des tombereaux de bonnes raisons de s’y mettre par soi-même et pour soi-même et vivre son boulot avec sérénité, naturel et fluidité, sans se poser des questions existentielles en permanence.

 

 

le job crafting pour plus de plaisir au travail et de sérénité

 

 

Parce que c’est bon pour l’efficacité et la performance

Les tâches effectuées davantage dans le plaisir sont, de façon générale, faites mieux et plus vite. L’une des grandes avancées managériales de ces dernières années, c’est l’acceptation d’une évidence : le plaisir au travail décuple la performance et l’efficacité. Et qu’il est bien plus que l’introduction de divertissement sur le lieu de travail: il est intrinsèquement lié à la façon d’effectuer la tâche. Voir:

 

Parce que vous êtes le(la) mieux placé(e) pour l’expérimenter

Les conditions du plaisir au travail sont profondément individuelles, le job de rêve de l’un est le cauchemar de l’autre. La seule définition du job idéal qui tienne, c’est un boulot qui correspond à nos besoins, à nos valeurs et à nos aspirations et ceux-là sont une combinaison unique et non modélisable. Personne d’autre que nous-mêmes n’est mieux placé pour identifier ces éléments et les expérimenter, de façon à voir dans quelle mesure ils répondent effectivement à nos attentes et ainsi dessiner petit à petit les contours d’un plaisir au travail dont les leviers ne sont pas toujours simples à identifier. Voir:

 

Parce que l’entreprise ne peut pas toujours le faire pour vous

Si l’entreprise peut créer les conditions pour chaque salarié de trouver du sens, de bien faire son travail et d’y prendre du plaisir, cela ne signifie pas pour autant que ça va être le cas pour tous.  Chacun d’entre nous a ses propres besoins, critères, définitions et convictions qui font que nous allons adhérer ou pas, nous approprier l’environnement propre à l’entreprise ou à une équipe spécifique… ou pas.

 

Il est certainement de la responsabilité de l’entreprise de créer ces conditions, en revanche elle ne peut pas garantir leur universalité. Mieux vaut donc s’attacher à bien connaître ce qui est source de plaisir au travail pour nous-mêmes et le mettre en œuvre, plutôt que d’attendre passivement que votre plaisir au travail vous soit servi sur un plateau. D’autant que si ça arrivait, cette cuisine-là aurait plus de chances de ressembler à la tambouille de la cantine (pardon, du restaurant d’entreprise) qu’à une escapade méritée chez Anne-Sophie Pic.

 

D’autre part, l’entreprise ne peut pas faire ce qu’elle ignore. Or, nous avons tendance à croire que ce qui est valable pour nous est valable pour tous et donc que l’entreprise devrait le savoir. Nous avons tendance à penser qu’il y a des évidences suffisamment visibles pour être vues – sans nous rendre compte que les autres ne peuvent pas savoir ce que nous ne communiquons pas et que le probabilité qu’ils nous donnent ce que nous ne donnons pas se situe légèrement en dessous de l’amer.

 

 

Parce que c’est fun, motivant et valorisant

Etre largement responsable de son propre plaisir au travail donne le sentiment de piloter sa vie professionnelle plutôt que de la subir. C’est valorisant et motivant : les résultats obtenus alimentent l’envie d’aller plus loin d’une part, favorisent l’engagement et le regard positif sur soi-même d’autre part. Façonner son job en fonction de ses valeurs, de ses appétences et de ses besoins permet de minimiser l’ennui, de retrouver du sens et de la motivation au travail. Voir:

 Parce que les opportunités d’adaptation se multiplient

Entre le télétravail, les tiers-lieux, le co-working, les nouvelles technologies et le début de flexibilité des entreprises, les pistes d’adaptation d’un job se multiplient. Nous avons et allons avoir de plus en plus la possibilité d’adapter notre travail à nos modes de vie plutôt que le contraire. Il serait dommage de passer à côté! Voir:

Parce que ça entretient la débrouillardise, la sérendipité et la capacité à saisir les opportunités

Inventer les moyens de mettre en œuvre les changements nécessaires à l’amélioration du quotidien professionnel rend plus ouvert à toutes les sources de créativité dans la recherche de solutions : débrouillardise, sérendipité, imagination. Autant de qualité développées qui seront aussi utiles à l’efficacité personnelle. Voir par exemple:

 

Parce que ça demande du courage et donc renforce la confiance en soi

Il n’est pas facile de faire des demandes qu’on a jamais faites, qu’on a jamais osé faire, de reformuler des demandes qui ont déjà été rejetées. En particulier lorsque nos craintes nous poussent à croire qu’elles ont être rejetées (à nouveau). Il n’est pas non plus toujours simple de s’accorder le temps d’expérimenter de méthodes ou organisations inédites et étrangement personnelles, parce que faire autrement que ce qu’on nous a toujours répété à l’école ou en séminaire de gestion du temps, ça paraît hasardeux. Le courage, c’est bien le fait de faire ce qui nous fait peur et en faire preuve est une source de renforcement de l’assurance et de la confiance en soi.

 

 

Parce que c’est bon pour l’humeur et l’estime de soi

Il y a une grande satisfaction à être l’artisan de son plaisir au travail, en particulier en ces temps délétères et moroses où il est plus facile – et de bon ton – de râler, de faire preuve d’un fatalisme consterné et de rejeter la faute (de préférence sur la France, terrain de toutes les offenses) que d’agir.

 

Cette satisfaction naît du fait que c’est nous qui avons piloté ces changements, en dépit de l’ambiance générale, en dépit des pessimistes et des pisse-vinaigre, en dépit des croyances véhiculées partout, en dépit de nos entreprises et leur management anté-ferroviaire. C’est construire son odyssée indépendamment des idées reçues, s’affranchir des limites qu’on cherche à nous imposer. Renforcer le plaisir au travail devient alors un véritable accomplissement, un tour de force au milieu des troupeaux de fâcheux qui vous expliquent que c’est impossible, illusoire, inutile et que de toutes façons, comme dirait Mémé Huguette, on est pas là pour rigoler. Bref, devenir l’artisan de son propre plaisir au travail, c’est conquérir un Everest personnel, ça a quelque chose de profondément réjouissant, voire de jubilatoire, qui donne le sentiment d’être content de soi, en plus d’être plus heureux au boulot. Voir

En d’autres termes, c’est bon pour l’estime de soi autant que pour l’humeur au quotidien. Le job crafting devient une véritable vitamine mentale qui donne de l’énergie, autant pour accomplir ses tâches professionnelles que pour entreprendre autre chose, si finalement c’est le message de nos expérimentations, comme par exemple, se lancer dans une évolution de carrière, et pourquoi pas une reconversion ou une création d’entreprise. Voir:

 

Parce qu’un travailleur heureux est plus collaboratif

La capacité à collaborer et à renforcer l’intelligence collective est au cœur de toutes les questions managériales du moment. Or, un adepte du job crafting aura d’autant plus de chances de laisser son égo de côté au profit de l’estime de soi, au bénéfice de cet esprit collaboratif, parce qu’il renforce sa confiance et son image de lui-même et est donc moins craintif de la relation et de jeux de pouvoir qui peuvent s’y nouer, moins à même d’y céder au profit d’un positionnement fort, voire d’un leadership augmenté. Voir:

 

Parce qu’il fait bon être le héros de votre odyssée professionnelle

Il fait bon se sentir en mesure de mener les ajustements nécessaires à notre bien-être professionnel plutôt que subir, espérer passivement, accumuler les attentes et les déceptions. Ce qui entretient le sentiment d’impuissance, la frustration, les comportements victime et les aigreurs d’estomac.

 

La confiance en soi et l‘énergie générées par la conscience de sa propre capacité à influer sur la nature et le déroulement de notre quotidien professionnel donne une grande force intérieure, sereine et dynamique à la fois, qui fait l’étoffe des héros de nos odyssées professionnelles et construisent le charisme et le leadership. Voir:

 

Parce que c’est un moyen de déterminer s’il est temps de changer de boulot ou de métier

Votre job est stressant ou aussi ennuyeux qu’un dimanche chez belle-maman, ce qui vous pousse à vous demander s’il est temps d’une changer ? Se mettre au job crafting et s’entraîner à implémenter des changements salutaires dans le boulot actuel  est un bon moyen d’expérimenter et d’identifier un marge de manœuvre qui s’avérerait insuffisante et mériterait donc de réfléchir à une transition professionnelle. Voir:

 

Parce que la vie professionnelle est trop longue pour s’emmerder au boulot!

Nous passons bien trop de temps au travail pour accepter qu’il ne soit qu’un alimentaire morose. Même si votre vie professionnelle n’a pas d’autre sens que de financer votre vie personnelle, vous avez le droit d’y prendre du plaisir! Nous avons tous le droit à une vie professionnelle a minima agréable! Le travail n’a pas à être synonyme de son éthymologie et à n’être qu’un labeur pénible et sans relief: il peut être beau et rendre heureux, comme dirait Boris Cyrulnik.

 

Et pour cela, il n’est pas toujours nécessaire d’opérer un changement de métier à 180°. C’est d’ailleurs l’option que finissent par choisir 40% de mes clients en reconversion qui, en testant les leviers de leur plaisir au travail, découvrent que leur métier actuel a toujours du sens pour eux et que le désir de reconversion n’était qu’un indicateur du mal-être face à ses conditions d’exercice et des ajustements nécessaires pour retrouver du sens, de la motivation, de la satisfaction.

 

 

Tout ce dont nous avons besoin, pour mettre notre job à notre main, c’est d’un peu d’huile de coude et de deux trois outils. De l’huile qui nous fait fonctionner la cafetière, dans un premier temps, pour évaluer les adaptations appétissantes. Puis les outils pour passer à l’action,  autant pour ce qui nécessite de faire des demandes auprès de son manager ou de la RH, que ce qui ne nécessite que des ajustements personnels.

A vos tournevis, burins et marteaux, la semaine prochaine nous verrons comment vous y prendre concrètement pour devenir des job crafters et gagner en plaisir au travail;)

Et en attendant, deux exemples de job crafting:

 

Reconversion professionnelle: quand le coaching est superflu

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Non, le coaching n’est pas toujours nécessaire dans un projet de reconversion professionnelle. La preuve par l’exemple, c’est le cas de Louise, consultante en marketing après sa sortie de Siences Po, devenue spécialiste du bien-être au travail par le rire et la joie, sur lequel je vous propose de revenir pour explorer les trois critères de l’accompagnement inutile.

 

 

 

Les trois conditions pour mener sa reconversion sans accompagnement

 

 

 

La triplette du coaching superflu

 

Vous le savez, j’aime bien les triplettes, qu’elles soient relationnelles, opérationnelles ou autres, car le tri-dimensionnel, ça donne de la profondeur de champ et c’est comme les pieds d’un tabouret: ça tient mieux qu’à deux.

 

Vous le savez aussi, l’un des objectifs du coaching, c’est l‘autonomie du client, en particulier dans sa capacité, au delà de la mission de coaching, à agir par lui-même dans le sens des objectifs travaillés pendant l’accompagnement. En d’autres termes, un coaching confiance en soi, par exemple, doit déboucher sur l’aptitude du client à entretenir et nourrir la confiance qu’il a construite, à en gérer les hauts et les bas par lui-même.

 

Dans le cadre d’une reconversion, il s’agit de réunir les trois conditions d’une dynamique efficace et sereine vers un projet motivant, une dynamique qui lève les freins et confère à celui qui la porte une détermination et une motivation qui soulèvent des montagnes ou a minima, en franchissent les cols sans ramollir, parfois malgré les obstacles rencontrés en cours de route.  Nous avions vu ces trois conditions en détails dans le billet Reconversion professionnelle et lecture émotionnelle. Les freins à un changement de métier sont en effet essentiellement émotionnels et répondre à ses besoins au travers de trois questions fondamentales permet de dépasser les craintes, les agacements ou la fatigue qu’un tel projet peut engendrer.

 

  1. Un projet pertinent, clair et atteignable (au vu de la spécificité de la personne). C’est le quoi que l’on affirme avec assurance et conviction.
  2. Un projet porteur de sens c’est le pourquoi de cette bifurcation professionnelle, les raisons pour lesquelles il nous donne le sentiment d’oeuvrer à quelque chose d’utile, de grand, de beau, d’important. Ces raisons qui sont ultra personnelles et ne se justifient pas donnent une forte motivation, de l’envie, de l’énergie.
  3. Un projet inscrit dans itinéraire précis, c’est le comment, constitué d’étapes à franchir, d’actions concrètes à mener, qui donne le calme, la confiance, le courage de celui qui sait où il va.

Lorsque le candidat à un changement de métier a les idées claires sur ces trois composantes de son projet, à moins d’un frein majeur, par exemple de l’ordre de la dévalorisation et du manque de confiance en soi, il dispose d’un trépied solide sur lequel il peut suffisamment s’appuyer pour tracer son nouvel itinéraire professionnel tout seul.

 

 

 

Reconversion coaching inutileLe coaching (de Louise) n’aura pas lieu

 

Après un parcours très classique qui l’a menée de Sciences-Po au métier de consultant, Louise s’est très rapidement sentie en manque de sens dans son métier et s’est mise à explorer des alternatives telles que le métier de clown et le rire. Avant de venir me voir, elle avait déjà sonné à plusieurs portes pour se faire accompagner dans son projet de reconversion… sans succès. Trop jeune, pas assez d’ancienneté pour les uns, un projet ridicule pour les autres, il n’y a qu’à Sciences Po où, étonnamment peut-être, elle a trouvé un oreille attentive à son projet. Mais pas d’accompagnement.

 

Louise remplissait déjà les 3 conditions d’une reconversion professionnelle assez radicale et qu’un coaching était superflu. Peut-être Louise aurait-elle eu besoin d’un accompagnement si elle avait manqué d’un brin de confiance en elle, si elle avait eu quelques doutes ou besoin de construire les étapes de son projet. Mais l’objectif, ses bénéfices et l’itinéraire pour y parvenir étaient déjà suffisamment clairs pour être mis en oeuvre. Elle avait probablement simplement besoin de verbaliser son projet en détails – plutôt que par bribes, comme on le fait souvent avec son entourage – pour prendre conscience par elle-même qu’elle était en mesure de se lancer sans accompagnement.

 

 

 

Un projet, trois piliers

 

“En octobre 2012, quand je suis allée voir Sylvaine, cette décision de changer de vie était toute récente, elle avait à peine deux mois. Si mon entourage me soutenait dans mon désir d’être heureuse, en revanche, ce choix d’aller vers le rire et le clown lui faisait peur. J’étais moi-même angoissée et je ressentais le besoin d’être guidée, conseillée et structurée par quelqu’un d’extérieur.”

 

C’est bien l’inquiétude contagieuse de son entourage qui a fait croire à Louise que son projet nécessitait un accompagnement. Cependant, l’entretien d’exploration a permis de mettre au jour les trois piliers sur lequel il reposait, qui l’ont finalement convaincue qu’elle était déjà prête à le mener toute seule.

 

 

 

1- l’objet : un projet cohérent avec elle

 

Louise est donc venue me voir avec un projet comme je les aime, un projet qui parle aux tripes, dans sa musette: développer le bien-être par le rire, la joie, les clowneries, selon ses propres termes. Elle l’exposait avec un enthousiasme contagieux, une assurance tranquille et la certitude convaincante d’avoir trouvé son chemin.

 

Son projet consistait à animer des ateliers pour les particuliers autour des jeux (jeux coopératifs, théâtraux, psychomoteurs, jeux de créativité etc) et du rire sans raison, dans le but de favoriser le lâcher prise, l’audace, ja joie, la confiance, la collaboration, l’expression de soi.

 

 

2- Le sens, la direction

 

Un stage à l’école du rire avait été pour elle la confirmation d’une conviction, celle que la vie doit être “entrecoupée de respirations ludiques qui boostent le corps et la tête et donnent envie d’avancer”, dit-elle.

Louise s’était aussi penchée sur son parcours et avait identifié sa logique interne et ses contradictions, ce qui lui avait permis de se rendre compte qu’il était tout naturel pour elle d’arriver là, prête à se lancer dans une reconversion. Et cet itinéraire bis professionnel faisait sens car il lui permettait d’offrir aux autres:

 

  • La possibilité de mettre un peu de légèreté, de moments de vie, de joie, de simplicité dans leur vie, valeurs essentielles à ses yeux et donc le commun des mortels manque parfois cruellement
  • La possibilité d’être acteurs de leur propre joie, plutôt que spectateurs passifs ou attentistes d’une bonne humeur générée par des événements extérieurs.

Jusque-là, on pourrait encore y voir une attirance de mode pour un développement personnel qui est à l’individu ce que la chambre d’hôte est au projet professionnel: une promesse potentiellement illusoire de vie de carte postale. Seulement voilà: Louise avait déjà un plan de route suffisamment solide pour achever de convaincre même le plus pisse-vinaigre des pessimistes de l’intérêt et de la faisabilité de son projet.

 

 

3- Le plan de route

 

Louise avait déjà aussi un idée précise des étapes à franchir pour mener à bien les deux phases de son projet: la formation et le développement de son activité:

 

  • Elle avait déjà fait un premier stage de rigologie qui lui avait confirmé son désir d’aller plus loin.
  • Elle avait l’intention de compléter cet apprentissage par deux modules de formation supplémentaires.
  • Elle était inscrite à une formation PNL pour apprendre les bases de la relation et affiner ses techniques d’animation par la connaissance de l’autre et de ses fonctionnements.
  • Elle avait identifié une solution de mise en oeuvre: la création d’une association pour donner un cadre à ses ateliers et obtenir un local auprès de la mairie. Le nom de l’association était trouvé et elle savait déjà comment elle allait la faire connaître, quelle identité elle allait lui donner et avec qui elle allait la monter.
  • Elle avait bouclé la question du financement de ses formations et de son début d’activité.
  • Le business plan était fait, elle avait les idées claires sur le CA à dégager pour que son activité soit viable.
  • Elle avait conscience des atouts de personnalité sur lesquels elle pouvait s’appuyer – la détermination et une forme réjouissante d’enthousiasme contagieux et convaincant à la fois – et comment s’appuyer sur des valeurs pour parler d’ateliers qui se vivent plus qu’ils ne s’expliquent.

 

Peut-être qu’exposer son projet de A à Z lui a permis d’entrevoir sa solidité et de parvenir ainsi aux “vingt secondes de courage insensé” qui sont le tremplin de tels projets de reconversion (et dont nous aurons l’occasion de reparler;). Elle a donc choisi de ne pas être accompagnée et a mené une reconversion bien ficelée:

 

  • Septembre 2012: Louise suit un stage de rigologie
  • Octobre 2012, Louise vient me voir et décide de ne pas se faire accompagner
  • Novembre 2012: elle crée son association Pêche ton bonheur
  • Novembre 2012: elle démarche et obtient une salle dans un centre socio-culturel
  • Janvier 2013: elle fait ses premiers ateliers

 

 

Reconversion: J+2 ans, de Louise Pescheux à Lou Divine

 

Nuit de l'optimisme Louise Pescheux

 

J’ai retrouvé Louise à la Nuit de l’optimisme en 2014. Elle animait la décapante mise en bouche de cette soirée et a plongé en quelques minutes une salle de 300 personnes dans une allégresse collective immédiatement génératrice de lien entre les participants. Je suis bien entendu allée la voir et une discussion plus loin, je me suis rendue compte que Louise avait fait évoluer son projet, avait saisi toutes les opportunités de le faire grandir et se développer. Elle est aujourd’hui spécialisée dans le bien-être au travail par le jeu et le rire. Et comme son parcours depuis Sciences-Po jusqu’à Lou Divine (son nom de scène) est passionnant, je vous propose de le découvrir très prochainement;)

 

 

 

Voir aussi

Carrière: le désir de reconversion

Reconversion professionnelle: une affaire de tripes!

Reconversion professionnelle: milieu de carrière et questionnements

Reconversion professionnelle: déterminer s’il est temps de changer de métier

Changer de métier: les reconversions trop raisonnées-raisonnables, sources d’échec

Reconversion professionnelle: vous avez demandé la Lune… ne quittez pas…

Reconversion professionnelle: Ithaque 1er influenceur sur le changement de métier

Reconversion professionnelle et leadership de soi

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez élaborer un projet, construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Connaissance de soi: ce que nos lectures disent de nous

Sylvaine Pascual – Publié dans:  Connaissance de soi

 

 

Dans un post sur Facebook, Vincent Rostaing, qui n’est jamais à cours d’idées, a lancé la question: quels sont les 10 livres qui vous ont le plus marqués? Je me suis prêtée avec plaisir à l’exercice et, la sérendipité passant par là, j’y ai trouvé un vecteur fascinant de connaissance de soi qu’il me réjouit de vous partager.

 

 

Les livres qui nous ont marqués sont les révélateurs de nos valeurs et convictions

 

 

 

Les lectures qui nous ont marquées, révélateur de notre identité

 

Certains livres ont été le prolongement de valeurs familiales, d’autres au contraire sont venus ébranler les remparts de l’éducation, des croyances dont nous sommes les héritiers et nous ont ouvert les portes de mondes encore inexplorés. Ils ont pu éclairer des idées que nous nous sommes alors appropriées, enrichir des connaissances, les teinter d’angles de vue jusque-là insoupçonnés, élargir nos champs de vision, stimuler l’imagination. Dès lors qu’il laisse une trace, si un livre ne change peut-être pas une vie, il apporte des idées, des perceptions qui, aux contact des nôtres, sont vecteurs de petits changements, de bifurcations, d’évolutions qui participent de la forge de nos identités.

 

La nature de ce qu’on retient d’un livre n’a pas d’importance, cela peut tenir autant du récit, du contenu, que d’un personnage, d’une émotion, du style, de la structure narrative. Ce qui compte, ce sont bien les mots qui nous viennent pour décrire les répercussions sur nous-mêmes et les facettes de notre personnalité, de notre identité, dont ils sont le reflet.

 

Parce que ces livres nous ont influencés, construits, ils ont modelé une part de nos idées, de nos convictions, de notre philosophie de vie, ils sont une mine d’or pour qui veut aller à la rencontre de lui-même et de ses valeurs, à la rencontre de ce parcours d’édification de son identité, d’y retrouver une logique, un fil rouge qui, au gré du temps, a fait de nous ce que nous sommes. Et de donner un éclairage intéressant à nos engagements, notre mode de vie, nos itinéraires professionnels.

 

 

 

Mini coaching: vos livres et vous

 

Il s’agit de réfléchir à ces livres qui, de l’enfance à aujourd’hui, ont laissé une empreinte indélébile dans notre mémoire, ces livres qui restent en nous et nous habitent.

 

Quels sont les livres qui vous ont le plus marqué?

Qu’en avez-vous retiré?

En quoi vous ont-ils influencé? Construit?

De quoi sont-ils le reflet, en termes de convictions, d’opinions, de valeurs, de besoins?

En qui ont-ils participé à la construction de la personne que vous êtes aujourd’hui?

 

 

 

Mes lectures et moi

 

En me penchant sur cette application introspective, je me suis rendue compte combien les lectures qui ont marqué ma mémoire sont révélatrices du parcours qui m’a menée à mon activité professionnelle d’aujourd’hui, à la façon dont je pratique mon métier de coach et aux convictions qui sous-tendent cette pratique. Voici donc quelques-uns de ces livres et des traces qu’ils ont laissées chez moi:

 

 

Mes-lectures_GideLes rubaiyats – Omar Khayyam et Les nourritures terrestres – André Gide

 

Ces deux livres m’ont donné ce goût de la vie, ce désir de savourer dans le présent chaque parcelle d’émotion et d’en saisir toute la sève, de célébrer l’instant et le plaisir des sens, la jouissance. Parfois en dépit des épreuves, parfois comme réponse à celles-ci, parfois simplement pour eux-mêmes, parce qu’ils sont source d’énergie vitale. Il y a probablement là la source de mon principe des Vitamines mentales

 

 

 

5893Les mines du roi Salomon – Henry Rider Haggard

 

Probablement le livre que j’ai le plus lu et relu, il est le symbole des quantités de romans d’aventure que j’ai lus, de James Oliver Curwood à Frison-Roche. Il se trouvait chez mes grand-parents et je le relisais chaque fois que j’y allais. Je me souviens de l’anticipation fiévreuse à l’idée de me saisir de ce vieux livre à l’odeur poussiéreuse et de me plonger dedans pour ressentir à nouveau le sable brûlant du désert, le goût de la soif, l’émerveillement de la découverte, l’étonnement de la différence… le champ des possibles. Il résume à lui seul mon goût de l’aventure, de l’exploration, du dépassement de soi, de la capacité à surmonter les difficultés pour aller au bout de ses désirs, à se confronter à la nature. Tout ce qui m’a tant poussée à arpenter montagnes et déserts;)

 

 

 

moby_dickMoby Dick - Herman Melville

 

Un livre exceptionnel à bien des titres. Etude microcosmique des relations humaines, des hiérarchies, de la société en général, il est une réflexion sur la condition humaine qui dépasse le mythe de l’Amérique qu’il dénonce. Récit d’aventure et roman initiatique, il évoque aussi la quête de soi qui mène aussi à l’amitié, à la solidarité, à l’élan fraternel, des valeurs relationnelles qui sont un rempart à la folie des hommes. Je m’arrête là, je pourrais logorrhéer jusqu’à plus faim sur l’intéret majeur de ce bouquin. Ce qui m’a marqué, c’est la traduction dans un style et une langue extraordinaires (au sens qui sortent de l’ordinaire), d’une vision d’un monde déjà fou au 19ème… et l’importance de prendre du recul, d’observer, de contempler, d’analyser plutôt que de se jeter dans des quêtes absurdes, en particulier sous l’emprise de “leaders charismatiques”, dont les ambitions personnelles ne sont pas les nôtres. Il est aussi ma rencontre avec la littérature.

 

 

 

la découverte de l'altérité et de sa vision du mondeLes croisades vues par les Arabes – Amin Maalouf

 

L’ouverture d’esprit, le désir d’aller au delà des apparences et des discours et d’explorer d’autres points de vue, d’autres perceptions, de traverser le miroir aux idées reçues. C’est pour moi la découverte et la reconnaissance de l’altérité dans toute sa force et de l’importance d’observer l’autre, de l’écouter, de développer une empathie qui permet de comprendre ses étranges motivations.

 

 

 

esthetique littéraire et réalité complexe qu'on interprète souvent trop vitePale Fire – Vladimir Nabokov et The Aspern Papers – Heny James (et Moby Dick)

 

Le plaisir de la littérature et la force de l’écriture, la beauté dans les mots et dans les représentations que nous en faisons sur notre écran mental. J’aurais pu mettre ici Victor Hugo, Boris Vian et quantités de poètes. La satisfaction profonde qu’il y a à faire sens d’une réalité complexe, qui ne se dévoile que par petites touches et qu’on interprète souvent trop vite. L’intelligence et le plaisir d’une lecture fine et nuancée de cette réalité, au travers d’une langue aux registres variés, de l’enchantement de styles dont la richesse esthétique est l’écrin.

 

 

 

la naissance d'une conscience social, la place de l'individu au coeur des collectifsLe zéro et l’infini – Arthur Koestler

 

La naissance d’une conscience sociale, la façon dont nous perpétrons les systèmes qui nous asservissent (qu’ils soient politiques, économiques, managériaux ou tout simplement familiaux et individuels). La relation entre l’individu et les collectifs dans lesquels il évolue, et indépendamment de la conclusion du livre, le besoin d’insoumission et de désobéissance dès lors que ceux-ci prennent une teinte totalitaire (que le conformisme et la norme imposent souvent). Le besoin d’équilibre entre l’utile collectif et le bien-être individuel, pour que puisse respirer et agir en fonction

 

 

 

Liberté de ton et d'esprit, comment être soi malgré les autresTous les vieux San Antonio – Frédéric Dard

 

Pour la liberté (de ton, de parole, d’esprit), l’humour sans complexe, la création sémantique, la truculence. Il représente pour moi l’autorisation qu’on se donne (ou pas ) à être soi, à oser faire ce qui nous tient à coeur à notre manière, sans se brider de peur de déplaire. Il y a une grande force là dedans.

 

 

 

contradictions de la guerreHomage to Catalonia – George Orwell et Day over night over Day – Paul Watkins, qui aurait pu être remplacés par A l’ouest rien de nouveau – Erich Maria Remarque

Qui résument une fascination pour la littérature de guerre qui a été l’objet de mes études universitaires et les récits de l’impact de celle-ci sur l’être humain, les paradoxes intrinsèques dont elle est le reflet : de la fleur au fusil au désastre, les schémas qui se répètent malgré la connaissance que nous en avons, tous les courages et toutes les lâchetés dont elle est le révélateur, Les notions d’engagement, d’abnégation, mais aussi le désenchantement, le vide, le sacrifice au nom de quoi?

 

C’est à vous!

 

 

Voir aussi

 

Connaissance de soi: les décisions cruciales

Epreuves et construction de soi

Connaissance de soi et cinéma

Connaissance de soi et traditions

Connaissance de soi: les valeurs morales

Connaissance de soi: belles contradictions

Connaissance de soi: les messages contraignants

Les valeurs, énergie renouvelable de la motivation

 

 

 


Aller plus loin

Vous voulez élaborer un projet, construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

Enquête: votre mobilité professionnelle… et vous

Sylvaine Pascual – Publié dans: l’actualité d’Ithaque / Vie professionnelle

 

 

 

Mobilité professionnelle et employabilité sont devenues les deux mammelles des publications orientées carrière, car entre la précarisation de l’emploi et les injonctions d’autonomie qui fleurissent  comme des géraniums aux balcons des entreprises en quête de “flexibilité”, les inquiétudes poussent les salariés à s’y intéresser de plus en plus près. Le point de vue des entreprises et des médias, c’est bien. Mais quid de la relation que les salariés entretiennent avec cette mobilité? C’est l’objet de cette enquête à laquelle je vous propose de participer.

 

 

 

enquête sur les mobilités professionnelles et la relation que les actifs entretiennent avec elle

 

 

 

Enquête mobilité: Une histoire de collaboration

 

L’enquête en question est le fruit d’une collaboration de plusieurs mois avec trois consultantes qui oeuvrent aussi dans le domaine des transitions professionnelles et s’intéressent de près à la relation que les salariés entretiennent avec l’idée de leur propre mobilité et leur propre employabilité: le regard qu’ils portent sur les dispositifs, les actions qu’ils mènent, les freins et obstacles qu’ils rencontrent.

 

Face aux injonctions permanentes « se prendre en main », « devenir salarié acteur », « ne pas tout attendre de l’entreprise », face aux évolutions en cours du marché du travail, comment chacun voit-il sa propre mobilité, sa propre employabilité?  Nous avons souhaité recueillir à la fois les réactions des personnes et  les actions concrètes qu’elles réalisent pour développer leur employabilité, qu’elles soient en activité ou en recherche d’emploi.

 

L’élaboration de cette enquête a été coordonnée par

 

 

Valerie MalapradeValerie Malaprade

Consultante, coach et formatrice, j’interviens auprès des Directions d’entreprise, DRH essentiellement, que j’accompagne dans leur politique RH et la mise en œuvre de leurs projets.

En parallèle, j’accompagne des personnes en coaching individuel et conseil en évolution professionnelle.

J’ai fondé Nuances Conseil en 2010 après près de 20 ans d’expérience en entreprises internationales et en cabinets.

et réalisée en collaboration avec :

 

Odile GuilletteOdile Guillette

Ancienne DRH, je me suis positionnée depuis plusieurs années sur la thématique de l’évolution professionnelle en lien avec celle de la santé au travail.

Je forme sur ces sujets ainsi que sur les fondamentaux de la fonction RH, des salariés, des acteurs RH ainsi que des décideurs et des managers.

Je développe régulièrement de nouvelles démarches en la matière, avec un réseau de praticiens aux compétences complémentaires en la matière.

 

Pascale Denantes Parlier 2Pascale Denantes-Parlier

 

Je suis consultante indépendante sur des projets de transformations sociales et conduite du changement, après un parcours de 18 ans auprès du cabinet  Algoe Consultants.

J’interviens,  entre Paris et Lyon, dans des organisations publiques ou privées sur des thèmes liés au travail, à l’emploi , aux transitions professionnelles, à la gestion de carrières et la mobilité professionnelle.

 

Cette consultation est un bel exemple de la force du réseau et de la collaboration. “C’est une belle histoire de coopération : l’enquête a été réalisée à plusieurs mains ! Souligne Valérie Malaprade. C’est l’envie de croiser nos regards complémentaires et de travailler ensemble sur ce sujet qui nous relie. Bonne nouvelle : le réseau, ça marche aussi pour co-construire !”

 

 

 

Vous consulter sur votre mobilité… et vous, un double objectif

 

La dernière édition du Panorama des mobilités professionnelles des cadres, réalisé par l’Apec a montré la frilosité des salariés face à des transitions de carrières potentiellement perçus comme une prise de risque. Les incertitudes de l’époque et les discours décourageants les poussent davantage à jouer la sécurité, quitte à se sentir peu motivés, voir désengagés, qu’à aller explorer les possibilités d’herbe plus verte.

 

L’idée est donc de prendre le problème à la racine et de considérer les possibilités de cultiver et faire mûrir des projets aux petits oignons pour ne pas attendre que la situation pourrisse sur pied et se termine au pire en burnout au mieux par une rupture conventionnelle arrachée tant bien que mal par l’une des parties.

 

 

Prendre le problème par la racine plutôt que d'attendre qu'il pourrisse

 

Et pour cultiver les itinéraires bis, il est essentiel de se pencher sur la relation qu’entretiennent les intéressés avec son éventualité. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi l’angle non pas du désir ou non d’évolution de carrière et de mobilité, mais celui de l’état d’esprit des personnes en activité. L’objectif pour nous est double :

 

  • Analyser les différentes dimensions et tendances des relations que chacun entretient avec sa propre mobilité et son employabilité, d’en dresser un état des lieux et d’identifier des leviers implémentables autant au sein même des organisations qu’au niveau individuel pour faciliter les transitions professionnelles
  • Améliorer le dialogue entre la fonction RH et les salariés sur ce sujet. Peur d’être considéré comme démotivé et désengagé, voire de finir placardisé, le sentiment de méfiance des salariés à l’égard de la fonction RH est un frein fréquent au dialogue sur le désir de mobilité, quelle qu’en soit la nature : promotion, évolution, reconversion.

 

Valérie Malaprade :

« Face au discours prégnant « prenez en main votre parcours professionnel », nous avons souhaité donner la parole aux personnes directement : Comment vivent-elles leur part de responsabilité dans la gestion de leur employabilité ? Qu’est ce qui leur fait peur ? Qu’est ce qui les motive ? Et aussi, que font-elles concrètement sur le terrain ? Nous voulons également savoir comment les salariés perçoivent la panoplie d’actions mises en place dans les entreprises pour favoriser la mobilité interne.

Nous souhaitons, au travers des résultats, identifier des pistes pour que l’efficacité des actions des professionnels RH soit renforcée.

J’ai moi même exercé en entreprise et je côtoie beaucoup de professionnels RH qui ont une forte volonté de bien faire, à la fois en visant l’épanouissement de chacun et la performance de l’entreprise. Je rencontre souvent beaucoup d’énergie positive et d’engagement côté RH, une grande motivation pour réconcilier autant que possible l’intérêt de l’entreprise et l’intérêt des salariés !…. Alors si nous pouvons contribuer à trouver des pistes pour rendre plus efficace, voire réenchanter la relation RH-salariés, nous aurons atteint notre objectif ! Sans angélisme mais avec optimisme ! »

 

 

 

Participer à notre enquête

 

Elle s’adresse donc à tous ceux qui sont directement concernés par la mobilité professionnelle ou susceptibles de l’être dans un avenir indéterminé :

 

  • Salariés,
  • Chefs d’entreprises
  • Professionnels indépendants
  • Personnes en recherche d’emploi

L’enquête se déroule en deux parties :

 

  1. Quelles sont les réactions face à la mobilité professionnelle ?

Quelles sont les marges de manœuvre ressenties sur la gestion de la mobilité professionnelle ? Qu’est-ce qui fait peur et qu’est-ce qui donne envie ? Pour les salariés, comment sont perçus et compris les différents dispositifs d’accompagnement de la mobilité professionnelle mis en place par l’entreprise ? Qu’est-ce qui pourrait encourager et sécuriser la mobilité professionnelle ?

 

  1. Quelles sont les actions entreprises par chacun, en lien avec l’entreprise ou à titre individuel ?

Que se passe-t-il sur le terrain ? Quelles sont les actions proposées par l’équipe RH dans les entreprises ? Comment sont-elles accueillies ? Quels sont les interlocuteurs de la mobilité professionnelle en interne et en externe ? Qu’est-ce qui est fait concrètement, à titre individuel, pour tester, maintenir ou développer son employabilité ?

 

Pour participer à l’enquête, c’est par ici: Enquête Ma mobilité et moi

Merci d’avance à tous ceux qui prendront le temps d’y répondre. L’analyse des résultats de cette consultation feront l’objet d’un billet ultérieur;)

 

 

 

Voir aussi:

 

La reconversion des seniors en interne

Milieu de carrière et questionnements

Transition de carrière: la réflexion n’est pas une prise de risque

Reconversion professionnelle: sortir l’idée de son tiroir

Déterminer s’il est temps de changer de boulot en 6 étapes

Déterminer s’il est temps de changer de métier

Le boulot idéal: une réalité à inventer

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez élaborer un projet, construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32