10 moyens infaillibles de rater sa reconversion professionnelle

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Puisque la reconversion est encore souvent étiquetée “à haut risques” par ici ou encore “un pari risqué” là,  je vous propose un tour d’horizon des moyens infaillibles de la foirer totalement, histoire de donner raison, l’espace d’un instant, aux frileux, aux soumis et à la presse. Car en effet, une reconversion mal ficelée peut vite calencher. Mais au fond, comme la plupart des projets! Alors pour en finir avec la peur de changer de métier, voyons voir comment le rater dans les grandes largeurs^^

 

 

 

reconversion rétes

 

 

Définir la reconversion ratée

 

Il n’existe pas de statistiques sur les reconversion réussies et les reconversions ratées. On imagine cependant qu’effectivement, nombre de reconversions ne donnent pas la satisfaction espérée. Mais au final, c’est quoi, une reconversion ratée?  Car la décision mûrement réfléchie de renoncer à une reconversion n’est pas un échec, bien au contraire, c’est même un moyen sûr de s’éviter le mur. Quand on se rend compte, après enquête, que le métier qui nous titillait n’est pas fait pour nous, on en est encore à la phase de réflexion, aucun risque n’a été pris, et on peut remiser l’idée sans aucun regret. C’est donc même plutôt un soulagement pour le candidat au changement de métier.

 

Une reconversion ratée, c’est plutôt un changement de métier qui n’aboutit pas: ne débouche pas sur une embauche, n’est pas le Nirvana espéré, voire ne donne rien, comme cet exemple de Bruno, qui a découvert après avoir entamé une formation de plombier que ce milieu-là n’était pas pour lui: “Il m’a manqué une personne honnête qui me dise suffisamment tôt : ce métier de plombier n’est pas fait pour vous, passez votre chemin” dit-il. Une personne honnête, ou les outils pour déterminer par lui-même la pertinence de son projet aurait pu lui éviter cette sinistre déconvenue.

 

Cet exemple est parlant car il montre que le plantage n’est pas une fatalité, il est la conséquence d’un projet mal ficelé, dont certaines facettes n’ont pas été explorées, ou bien à la va-vite, d’une carence d’information. Et ça, on peut y remédier en amont^^

 

 

 

12 moyens infaillibles de rater son changement de carrière

 

Voici donc un florilège des façons de s’assurer que sa reconversion a davantage de chances de finir en capotage cafardeux dont on peine à se remettre… ainsi que les moyens d’y remédier, histoire que vous puissiez mener une reconversion zen et dynamique à la fois!

 

 

1- La pression de l’urgence ou du projet unique

Se lancer dans l’exploration d’un projet unique dont on attend tout, sans avoir de parachute sous forme de plan B, de moyen de retomber sur ses pieds, au cas où le projet s’avère une fausse bonne idée. C’est une façon imparable de prendre le risque de s’écraser au sol, voire de sombrer, au cas où le renoncement à la reconversion s’avère une voie plus adaptée à votre situation.

 

Démissionner trop vite de son ancien poste, ou inversement ne pas voir les signes du burnout qui s’amoncellent, attendre les derniers mois de droit au chômage pour réfléchir à une voie de reconversion, voilà plein de techniques pour se mettre une pression inhibante qui nuit à la réflexion en générant des pensées envahissantes et contre-productives du type “il faut que je trouve, et vite”. Et ne laisse pas beaucoup de place à l’inspiration et à la créativité. La reconversion dernier train, en quelque sorte.

Inversement: s’autoriser la réflexion dès que le désir de reconversion se manifeste en se rappelant que la réflexion n’est que ce qu’elle est, elle n’est pas le grand saut dans l’inconnu. Avoir un plan B solide sous la main en cas de renoncement nécessaire à un projet qui nous tenait à cœur. Tout cela vous fait courir le risque de fournir à votre reconversion un cadre serein plus propice à sa réalisation.

 

2- Une reconversion trop opérationnelle

Se convaincre que dans une transition professionnelle, tout ce qui compte c’est le projet, le projet, le projet. Et oublier qu’il y a une personne derrière, avec ses envies, ses besoins, son rythme, ses sentiments, ses freins, ses procrastinations etc. Personne qui se retrouve à le porter, ce projet, lourd fardeau sur ses jolies épaules, au lieu d’être portée par lui.

 

Parce que c’est quand même un peu long et compliqué, s’assurer que la reconversion se limite à être une marche forcée de démarches dénuées d’émotion, de récupération ou de réflexion sur soi est une façon particulièrement efficace de vous anémier le moral et l’énergie. Et de vous retrouver en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire épuisé sur le bord du chemin, à avoir jeté l’éponge.

 

De ce point de vue, le coaching à la va-vite qui consiste à se jeter sur des “bon alors tu fais ça pour quand?” dès lors qu’une piste de mise en action pointe le bout de son nez n’aide pas;)

 

Prendre le temps de s’intéresser à soi-même, de (re)faire connaissance avec soi, de lever des freins, de comprendre ses propres entraves, de s’en libérer, d’explorer des dimensions plus personnelles (comme les besoins) plus spirituelles (comme les valeurs, le sens, la mission) de traiter chaque étape à son rythme, de construire sa grange à vitamines mentales, histoire de devenir endurant et de maintenir l’énergie… Tout cela, c’est accepter la dimension sentimentale et émotionnelle de la reconversion et risquer de l’ancrer dans une identité professionnelle homogène et porteuse.

 

3- Le désir de reconversion express/paresseuse

Les exigences d’immédiateté et l’urgence dans laquelle nous vivons nous pousse à tout vouloir de préférence pour hier et la reconversion n’y échappe pas et prend deux formes:

  • Vouloir une identification express d’une voie de reconversion. Le job qui vous colle à la peau en trois coups de cuillère à pot. Si seulement c’était vrai;)
  • Vouloir une option directement définitive, qui soit “la bonne” sans avoir à y mettre trop d’huile de coude ou de jus de citron.

Ces deux demandes sont formidables en termes d’échec annoncé: elles mettent une pression énorme qui entrave et biaise la réflexion. Elles laissent le soin aux autres de décider pour eux. Elles se laissent aveugler par les promesses de trouver le job de ses rêves en une demi-poignée de séances qui vont en réalité faire émerger des pistes paravents, c’est à dire qui répondent à une partie des besoins, pas à tous et donc ont fort peu de chances de déboucher sur une vraie reconversion. La reconversion tronquée vite abrégée;)

 

Le temps de la réflexion et de l’exploration des pistes sont longs et exigeants et demandent de se confronter à soi-même d’une part et de mener de nombreuses actions d’autre part. Bref, c’est des méninges et de la sueur et accepter de prendre son temps, c’est risquer d’envisager le projet sous tous ses angles. Nous en reparlerons.

 

 

4- S’imaginer que changer de métier est une solution miracle à vos problèmes

Personnellement, je l’aime bien, celui-là. Croire dur comme fer que vos difficultés relationnelles sont liées à votre patron-qu’est-un-con (pas du tout à vous-même, qui êtes une blanche colombe) et que la reconversion vous permettra de vous débarrasser une fois pour toutes des abrutis dans votre vie, d’obtenir enfin une reconnaissance tant espérée ou encore qu’elle vous donnera confiance en vous: voilà une illusion meu-meu qui va vite transformer votre nouvelle vie en bis repetita de l’ancienne.

 

La liste est longue des problèmes qu’on peut s’imaginer résoudre par un changement de métier et c’est une illusion merveilleuse, car si vous omettez judicieusement de traiter lesdits problèmes en amont, vous vous contentez d’emmener le problème avec vous et vous pouvez être certain(e) qu’il reviendra vous hanter tôt ou tard. L’exemple classique de la personne qui manquait d’affirmation face à son chef et qui manquera d’affirmation face à ses clients… et finira par se faire persécuter par eux.

 

Identifier, dans tout ce qui a posé problème dans la vie passée, votre propre part de responsabilité, avec bienveillance et sans complaisance, pour en tirer des enseignements et  développer les compétences, relationnelles ou autres, qui vont permettre d’y remédier. Voilà qui comporte un risque terrible: celui de se préparer une vie professionnelle deux fois plus agréable.

changer de métier: objectif, la Lune!

 

 

5- Le choix d’une reconversion “raisonnée-raisonnable”

De préférence dans un domaine qui recrute, un “secteur porteur” mais pour lequel vous n’avez que peu de goût, voire pas du tout. Dans lequel vous allez pouvoir vous appuyer sur des compétences avérées, développées au cours d’une vie professionnelle qui vous a laissé exsangue. Des compétences dont vous avez fait le tour et qui vous enthousiasment autant qu’un été pluvieux mais qu’importe, puisque c’est un choix pragmatique et raisonnable, c’est forcément un choix sûr.

 

Cette reconversion raisonnable et réfléchie a le merveilleux pouvoir de vous faire croire qu’elle sera plus facile à mener au bout, que votre employabilité n’en sera que plus forte. En réalité, le défaut de motivation et d’enthousiasme ne manquera pas de laisser les recruteurs de marbre devant une candidature en demi-teinte. La reconversion soufflé qui fait un four.

 

Laissez votre motivation, vos valeurs, vos goûts, ce qui a du sens pour vous s’exprimer dans le choix d’une voie de reconversion, même totalement rock’n’roll. Et les associer à vos talents naturels et ressources internes pour faire vivre votre projet. Vous risquez alors d’être convaincant lors des entretiens d’embauche ou face à vos partenaires ou clients.

 

6- Réduire le champ

Se laisser dicter des pistes de reconversion par des tests de type “pour quel métier êtes-vous fait” ou des tests de personnalité est un moyen très sûr de ne pas aller au bout d’une reconversion, ou même de ne pas y mettre les pieds du tout, en particulier lorsque vous n’avez pas d’idée du métier dans lequel vous voulez vous reconvertir.

 

Car les résultats se basent sur des tendances, pas des vérités universelles, qui écartent soigneusement votre singulière unicité pour vous ranger dans des cases bien proprettes et bien délimitées. D’autre part, manquent là-dedans les métiers émergents et les métiers de demain. Autant de moyens de limiter le champ des possibles: la reconversion par le petit bout de la lorgnette, en somme.

 

Ajoutez à cela de fortes attentes de réponse clé en main, la remise de vos envies, idées et aspirations dans votre poche avec votre mouchoir par dessus, et le tour est joué. Il y a alors deux issues possibles: la déception face à l’absence de réponse réjouissante ou se jeter bille en tête dans un projet qui n’est pas le vôtre. Et hop! Voilà une reconversion qui n’ira pas bien loin.

 

Partir en exploration du boulot idéal à vos yeux, plutôt que de vous baser uniquement sur le passé. Ouvrir le champ, explorer toutes les pistes, même les plus farfelues, s’autoriser la découverte, l’imagination. Vous risquez alors à sortir des eaux troubles des idées reçues et d’élaborer une vision claire de ce qui est fait pour vous.

reconversion professionnelle: explorer métiers et secteurs d'activité

 

 

7- Le projet qui ignore les besoins

Celui qui ne prend pas en compte vos besoins personnels et professionnels est un must dans le foirage d’une reconversion. Il paraît solide, “réaliste”, un vrai projet comme les aiment les consultants en outplacement. Seulement voilà, vos besoins à vous, parce qu’ils compliquent l’affaire, ont été au mieux survolés, au pire soigneusement soigneusement ignorés. Ces besoins ignorés déclenchent de la frustration, de l’anxiété, du découragement face à un projet qui ne vous correspond qu’en surface et vous vous retrouvez à hésiter, à tergiverser, à douter, à procrastiner. La reconversion qui n’en finit jamais…

 

Comme cet ingénieur commercial fasciné par la création d’entreprise à qui il a été dit qu’il était fait pour ça et qui n’a jamais réussi à franchir le pas. Forcément: son besoin de sécurité financière était peu compatible avec les revenus pas toujours régulier d’un consultant. Et il n’avait pas été décelé.

 

Explorer les besoins et les préférences en détail et les prendre en compte comme critères de mise en oeuvre d’un projet de reconversion est indispensable. En termes d’environnement de travail, conditions, horaires, transports, déplacements, lieux, tâches, aptitudes, talents naturels, compétences, revenus, reconnaissance, appartenance, accomplissement, convictions, valeurs (motrices), sens, mission etc.  C’est une étape longue, minutieuse, qui garantit que la piste de reconversion reconnue sera réellement vecteur de satisfaction et de plaisir au travail.

 

8- Foncer bille en tête en idéalisant le métier

Se lancer tête baissée dans un projet ou dans une formation pour un métier dont, au fond,  vous ignorez le quotidien réel, le milieu, les codes, mais que vous imaginez merveilleux parce qu’il titille vos aspirations, voilà une tactique efficace pour prendre une impasse pour un itinéraire bis. En vertu du principe que les déceptions sont directement proportionnelles aux attentes, c’est un moyen idéal de finir contre un mur. Ainsi le syndrome de la chambre d’hôte, ce rêve d’une vie paisible dans un décor de carte postale, à recevoir des clients ébahis par toute la beauté que vous leur proposez… et qui se révèle être un job de femme de ménage et d’homme à tout faire (ou l’inverse) pour des clients incroyablement râleurs et exigeants.

 

Faire une enquête métier minutieuse. Tout ce qui peut vous donner une idée précise du quotidien et des conditions d’exercice d’un métier, de ces exigences et de ses contraintes Le risque est grand d’avoir une idée précise de là où vous mettez les pieds, de trouver les moyens d’adapter le métier à vous, de prendre des décisions en toute connaissance de cause et de ne pas les regretter.

 

9- Se jeter dans la création d’entreprise

Se jeter dans la création d’entreprise est dans l’air du temps: parce qu’on nous annonce la mort du CDI et le “demain, tous entrepreneurs”, parce qu’on nous fait croire que c’est ça, la liberté et parce que ça arrange bien les entreprises et Pôle Emploi. Etre entrepreneur peut être formidable, je ne vais pas vous dire le contraire, je fais partie des indépendants heureux. Mais se convaincre sans plus y réfléchir que devenir votre propre patron est la panacée et vous précipiter pour faire immatriculer votre petite entreprise toute neuve vous garantit de voir votre rêve d’indépendance virer au cauchemar.

 

Dans le cadre d’un changement de métier, devenir entrepreneur est l’option la plus complexe parce qu’elle ajoute une dimension non négligeable au projet. Au delà de la formation, commune à toutes les reconversions, il y a toute la question de la vision, de la stratégie d’entreprise, des produits et de leur commercialisation qui se pose. Autant d’aspects qui se mûrissent et sont susceptibles de générer des tas de stratégies d’échec s’ils sont négligés.

Prendre le temps d’y répondre, de faire des simulations, d’étudier de près fournisseurs, locaux, chaîne de création de valeur, tarifs, marketing, posture entrepreneuriale etc. c’est prendre le risque de créer une entreprise viable et pérenne.

Dossier sur les pièges opérationnels et relationnels de la création d'entreprise

 

 


10- Le manque de confiance en soi

Celui-ci vole la vedette à tous les autres. Ce manque de confiance en soi, et donc en son projet, qui se traduit par des sentiments d’illégitimité et de la dévalorisation, qui pousse à prendre des demi-décisions, à manquer d’audace, de capacité à prendre des risques, d’assurance ( et donc de conviction) dans les interactions avec les partenaires, employeurs ou clients éventuels. Ou encore à trop écouter les avis de ceux qui vous veulent du bien et surtout qui ne se veulent pas de mal. A laisser les héritages familiaux ou autres circoncire le projet.  Qui va aussi favoriser le doute, le découragement, l’essoufflement, le manque d’endurance face à un projet de longue haleine et potentiellement semé d’embûches. C’est un moyen parfait pour avorter une reconversion avant même sa réalisation.

 

Travailler la confiance en soi et l’estime de soi en même temps que la réflexion sur le projet, histoire de construire une posture relationnelle forte. Se réconcilier à son parcours, retricotter la logique d’une carrière décousue, capitaliser sur cette expérience pour se faire valoir dans un métier tout autre. La confiance rend convaincu (de sa légitimité) et convaincant aide à faire face aux doutes et aux difficultés, à les résoudre, à élaborer des stratégies pour faire vivre son projet. Une confiance en soi et une posture assurée, c’est le risque d’être en mesure de faire face aux difficultés, de rebondir, de dépasser les écueils et de réussir son projet.

 

11- Se perdre en conjectures sur le réalisme d’un projet

Se poser sans relâche la question “mon projet est-il réaliste / réalisable” et mieux: la poser à son entourage. Vos chances de trouver des fâcheux et des frileux est optimale, et ils auront tous des tombereaux d’arguments à vous fournir pour vous prouver que non, ça n’est pas réaliste, que c’est même ridicule, qu’il ne faut pas lâcher la proie pour l’ombre etc. Vecteur ultra performant de découragement précoce, rien de tel pour abréger le projet vite fait.

 

Réfléchir en termes de ressources (internes, comme vos aptitudes et votre motivation, ou externes, comme vos moyens financiers, les personnes dont vous vous entourez) et de stratégies à mettre en oeuvre pour faire vivre votre projet. Si Michel et Augustin s’étaient perdus en conjectures sur le réalisme d’un projet qui visait à grignoter une part de marché à l’agro-alimentaire, ils auraient discrètement rangé leur projet dans le carton à fausses bonnes idées. Au lieu de cela, ils ont utilisé leur énergie à développer des trésors d’imagination pour donner corps à leur idée. Réfléchir en termes de solutions à mettre en oeuvre plutôt que de réalisme, c’est prendre le risque d’en trouver, des solutions.

 

12- Se convaincre que c’est une question de chance

Celui-ci est très pratique: si vous ratez votre reconversion, c’est la faute à pas de chance. Et pour la réussir, il faut un peu de bol. Remettre les clés de l’atteinte de ses objectifs à une entité immatérielle et insaisissable, c’est comme remettre les clés de la voiture à un ectoplasme: ça ne vous mènera pas bien loin. La reconversion loterie, ça donne moyennement envie.

 

Inversement: prendre conscience que la reconversion est entre nos mains, qu’ils nous revient d’en préparer tous les aspects, de définir les étapes, les actions à mener, les besoins à prendre en compte, les dimensions à inclure etc, bref, prendre ses responsabilité c’est risquer d’être aux commandes de la réussite.

 

 

 

Au final, comme pour n’importe quel enjeu d’envergure aux répercussions majeurs, la reconversion professionnelle nécessite avant tout de faire l’objet d’une transformation: depuis le fantasme de vie meilleure en projet concret et construit. Tout ce qui le maintient, pour tout ou partie, dans le premier, c’est en faire une entreprise risquée. Tout ce qui l’inscrit dans le second, c’est prendre le risque d’y arriver.

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Meilleur de soi, pire de soi et pomme de discorde

Sylvaine Pascual – Publié dans : Compétences relationnelles

 

 

 

L’histoire de la pomme de discorde est édifiante. Car dans l’affaire, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ! Ou comment un échec collectif se joue à mesure que le bénéfice individuel l’emporte sur le bien commun… et où chacun donne le pire de lui-même en espérant le meilleur. Pas classe, les Dieux grecs, aussi pour ne pas rejouer la guerre de Troie, voyons voir comment ne pas en prendre de la graine.

 

 

 

La peur et ll'égo, vers dans le fruit de nos relations

 

 

 

Bénéfice personnel: le ver dans le fruit des relations

 

J’aime bien la mythologie. Prenons la grecque, par exemple, où l’Homme n’est pas fait  à l’image de dieu (ce qui est très rassurant), mais où les dieux sont faits à l’image de l’Homme (ce qui ne l’est pas du tout) : les mêmes peurs, les mêmes roublardises, les mêmes faiblesses, la même dose d’égocentrisme imbécile. C’est bien la peine d’avoir des super pouvoirs ! Et l’histoire de la pomme de discorde est une métaphore fascinante de ce qui se passe partout, tous les jours, y compris dans nos entreprises. Elle est la représentation saisissante de la façon dont l’individualisme se transforme en bêtise relationnelle, véritable ver dans le fruit de nos relations et engendre des conflits majeurs et des échecs retentissants.

 

 

 

L’Olympe, royaume de l’inélégance relationnelle

 

La pomme de discorde, c’est donc le fiasco du mariage de Pélée et Thétis. L’entreprise Olympienne se réunit pour fête la fusion de deux départements mineurs de la boîte, en présence des grosses pointures. Et hop! Nous voilà plongés au cœur des comportements foireux:

 

  • La tentation de la facilité: de la part de Pélée et Thétis, ce n’était pas malin-malin d’inviter tout le monde sauf la déesse de la discorde : à vouloir la jouer facile et s’éviter la mégère à la fête, voilà qu’ils ont ouvert la boîte de Pandore.
  • La tentation du chien de la chienne: il n’était pas très juste que tout le monde soit invité au pot sauf Eris. On a beau bosser dans une département pas glamour, ce n’est pas une raison pour être mise à l’écart. Alors pour ne pas jouer les serpillières, la voilà qui ourdit un plan bien vachard, plutôt que de se remettre en question ou de faire preuve d’un poil d’affirmation de soi.
  • La tentation de la gloire: la pomme d’or marquée « à la plus belle », c’est la sournoise award de l’employée de l’année dans la petite entreprise Olympienne et il n’en faut pas plus pour qu’Héra, Athéna et Aphrodite se mettent à jouer les poucrelles prêtes à se crêper le chignon pour un titre qui ne rend pourtant grâce ni à leur intelligence ni à leur efficacité professionnelle. Tu as beau être une déesse de la guerre, quand le monde te renvoie que tu dois surtout être belle, bêtement tu saisis la balle au bond, alimentant l’affaire, au lieu d’aller jouer sur des terrains plus nobles. La co-responsabilité est fascinante dans les discriminations sexistes !
  • La tentation de la facilité managériale :Zeus, dont les compétences managériales ont oublié d’inclure le courage et fleurant la vilaine affaire, n’a pas envie de s’enquiquiner avec les querelles potentielles de ses collaboratrices et délègue l’affaire illico presto, probablement plus préoccupé d’harceler Sémélé ou Europe, avant de les refiler à un chef de service. Pas classe, le patron.
  • La tentation du bénéfice personnel: Pâris, voyant une opportunité de profit personnel, fait son cuistre et au mépris de la plus simple des élégances relationnelles, fait un choix à son seul bénéfice, qui aura les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Tout ça ne démontre pas une intelligence relationnelle divine, mais plutôt de comportements parfaitement dans la moyenne,, pile au niveau de l’amer. C’est le reflet spectaculaire des petits jeux de pouvoir si fréquents au travail. Si ce n’était pas des dieux, l’affaire n’aurait jamais fait grand bruit : elle se joue trop régulièrement pour mériter un entrefilet dans la Gazette du quotidien des entreprises.

 

 

meilleur de soi pire de soi

 

 

 

Tentation et pire de soi : l’illusion de reconnaissance

 

Ce début de tragédie grecque, c’est le bal des individualistes où personne ne fait tapisserie et les bévues et boulettes relationnelles que cela entraîne mériteraient bien des cartons jaunes. Parce qu’au final, si la pomme de discorde sème augustement le conflit, elle a aussi une autre caractéristique, tout aussi intéressante. Comme il est dit dans la rigolote série The Librarians, elle réveille le pire de nous-mêmes face à la tentation. Tentation du pouvoir, de la renommée, de la gloire, du bénéfice personnel qui vient piétiner le bien commun (Zeus, Pâris, franchement ?) et déclenchent la méchanceté, l’égoïsme, l’individualisme, la bêtise, le désengagement, la trahison, la sournoiserie, la manipulation. Dès lors que l’illusion d’amour et de reconnaissance déguisée en graal de la satisfaction de nos besoins est à portée de main, nous voilà capables du pire de nous-mêmes.

 

 

meilleur de soi pire de soi 2

 

Car c’est bien là que tout se joue. Que le bénéfice soit de l’ordre du compte en Suisse ou de la gloriole-minute, l’illusion de reconnaissance nous plonge dans le pire de nous un peu comme dans le temps on plongeait les truands dans les ports : avec un parpaing aux pieds.

 

 

 

 

Pire de soi: la peur, mère des comportements incivils

 

La tentation du bénéfice personnel sans considération pour les dommages collatéraux est le reflet de la peur de ne pas satisfaire nos besoins fondamentaux d’appartenance et de reconnaissance. Peur de l’autre, peur de ne pas exister, de ne pas être entendu, écouté, pris en compte, reconnu à sa juste valeur, accepté, aimé. Peur de ne pas avoir les capacités à obtenir ce que nous voulons ou ce dont nous avons besoin.

 

Une peur telle qu’elle (bien que peu consciente, les plus tireurs de couvertures se prennent souvent – et passent souvent – pour des dieux) qu’elle s’aveugle au point de confondre bénéfice personnel et reconnaissance et nous pousse alors à avoir recours à toutes les bassesses complaisamment auto-justifiées (« si je l’avais pas fait, quelqu’un d’autre l’aurait fait à ma place »).

 

L’on devient alors prêt à tout, y compris au détriment d’autrui, au détriment d’un projet commun. On pille le travail des autres, on discrédite, on médit, on manœuvre, on manipule, on sournoise, on juge, on léchouille, on gémit, on se décharge, on se dédit, on parle plus fort que les autres, on se vante, on rouleau-compresse, on ramène à soi, on pugilate…. La liste est longue de ces comportements incivils qui tuent la confiance et la collaboration et alimentent les égos.

 

Ce pire de nous-mêmes, qui nous dévoile pleutres, sans courage et sans dignité, ce n’est pas très classe, ca manque de gueule et de panache et ça n’aide pas la collaboration. Les dieux ne sont plus ce qu’ils étaient !

 

 

 

Le meilleur de nous-mêmes : l’art de l’élégance relationnelle

 

A l’opposé, le meilleur de soi, ce n’est pas le culte de la performance et de l’efficacité, l’esprit de compétition pourtant souvent érigés en Panthéon des qualités professionnelles. Lorsque ceux-là parlent un peu trop fort dans nos vies professionnelles, c’est souvent l’égo qui crie famine et le pire de nous-mêmes qui s’exprime. Ce n’est pas non plus l’engagement si précieux pour les entreprises (et parfois si coûteux pour les salariés) de celui qui en fait toujours un peu plus que sa fiche de poste.

 

Le meilleur de nous qui m’intéresse ici ce n’est pas non plus tout à fait celui de Guy Corneau, ces « forces vives » qui nous habitent mais que nous peinons parfois à exprimer (occupés que nous sommes à jouer les coqs de basse-cour ou à nous nous faire tous petits pour nous en protéger). Ou du moins c’en est une partie: la part relationnelle.

 

Le meilleur de nous, ce sont des comportements éthiques, justes, nobles, empreints d’élégance relationnelle, au service de nos valeurs et talents naturels, le tout s’exprimant dans une contribution qui va au-delà de nous-mêmes. Le meilleur de nous, c’est être exemplaire de ces valeurs que nous prétendons honorer, c’est le meilleur de soi relationnel, c’est-à-dire sans plus d’égo prêt à tout pour s’attirer la reconnaissance, même la plus vide. C’est la noblesse d’âme, bienveillante et affirmée, qui n’a pas besoin de tractopeller ses contemporains pour avoir le sentiment d’exister. Et qui, au contraire, aménage de la place pour l’autre, une place confortable, agréable, digne de confiance. Digne de confiance, donc sécurisante, rassurante, une place qui apaise les égos parce que les besoins et l’estime de soi s’y trouvent rassasiés.

 

 

 

 

Favoriser l’élégance relationnelle

 

Autant relationnellement que dans la qualité de son travail, avoir le sentiment de bien faire est une source renouvelable d’estime de soi, d’une auto-reconnaissance qui ne cherche ni la gloire ni les signes extérieurs de réussite, sans pour autant tomber dans le déni de soi. L’élégance relationnelle, cette antidote aux tragédies grecques, devient possible dès lors que l’on renforce et développe diverses compétences relationnelles que cette anecdote olpympienne vient éclairer:

 

 

Affirmation de soi

Ainsi Pélée et Thétis auraient pu se rendre compte qu’il n’est pas très malin d’ostraciser un membre de l’équipe, si pisse-vinaigre soit-il. Et inviter Eris, quitte à lui demander gentiment de maîtriser ses ardeurs dévastatrices, histoire de ne pas gâcher la fête : recadrer et fixer des limites aux comportements discourtois ou pénibles fait partie intégrante du pré carré de chacun d’entre nous, qu’il soit collaborateur, manager ou dirigeant.

 

Dans le cadre de comportements incivils ordinaires (donc hors harcèlement ou manipulation perverse) il revient à chacun d’entre nous de nous affirmer suffisamment pour ne pas nous retrouver Victimes de petits Persécuteurs patentés, au sens de triangle de Karpman du terme. Et à l’inverse générer des relations saines et équilibrées (à défaut d’être ami avec tout le monde). En faisant ar exemple de belles demandes assertives.

 

 

Remise en question et assertivité

Quant à Eris, elle aurait pu faire un brin d’introspection  et admettre sa part de responsabilité : lorsqu’on engendre douleur, désastres, peine, oubli, disputes, meurtres et mensonges, inutile de se demander pourquoi on n’a pas ses entrées dans le carré VIP.

 

La capacité à se remettre en question, c’est admettre que nous sommes des êtres humains faillibles, capables de comportements incivils pas très classes, capables de causer du tort aux autres. Bref: capables de reconnaître nos manquement relationnels avec bienveillance, mais sans complaisance. Elle permet ce cesser de croire que le problème vient toujours des autres, ces bandes d’ours mal lêchés aux valeurs douteuses, et de prendre la mesure de notre propre part de responsabilité dans nos relations pourries. Et par ricochet de mettre en place des alternatives plus prosociales, de s’essayer à d’autres façons de se comporter et de communiquer, moins violentes et moins ratées. Et inversement plus prosociaux.

 

 

Leadership et responsabilités

Zeus, en boss impliqué et soucieux de l’esprit d’équipe, aurait pu mettre un terme à l’histoire en partant du principe que la compétition interne n’est pas une saine émulation. Bref, faire preuve de leadership et de qualités managériales. Il aurait été promu sans formation ?

 

Savoir assumer ses responsabilités, plutôt que de se jeter sur un non-agir capitulard sans envergure, c’est aussi jouer les arbitres auprès de nos collaborateurs pour le bien de l’équipe, pour le bien du jeu (au rugby, les arbitres un poil trop non-interventionnistes risquent de laisser le champ libre à la boîte à gifles), pour le bien commun. Car quand la peur s’en mêle, les interactions professionnelles ont vite fait de ressembler à une cour de récré et il devient rapidement indispensable de gérer le savoir-vire en équipe.

 

 

Force de caractère et choix difficiles

Pâris aurait pu faire preuve de la plus simple des délicatesses en expliquant simplement aux trois femelles assoiffées combien elles étaient indépartageables. Botter en touche est parfois le seul moyen de sortir avec classe d’un sac de nœuds relationnel.

 

Il aurait aussi  pu réfléchir deux secondes avant de se jeter sur la première occasion d’obtenir l’os si convoité. Mais quand le bénéfice personnel est tellement aux antipodes du bien commun, il s’agit peut-être d’avoir un peu de force de caractère… et de faire des choix difficiles, quitte à renoncer au profit personnel par souci de l’intérêt général. Et de savoir faire preuve d’altruisme et de solidarité.

 

 

Estime de soi

Nos trois déesses avides de reconnaissance devraient sans doute travailler un peu l’estime d’elles-mêmes pour développer une auto-reconnaissance salutaire, qui n’a besoin ni de gloire ni de signes extérieurs de réussite. Et dans laquelle le compliment, si rare qu’i soit, est une cerise sur un gâteau déjà savoureux, pas le sucre et la farine sans lequel celui-ci n’existe pas. Elles auraient alors pu rigoler autour d’une mousse commune de cette stratégie grotesque mise en place pour les monter les unes contre les autres et continuer à collaborer en toute bonne volonté.

 

L’estime de soi est la clé de voûte d’une posture relationnelle à l’égo apaisé, qui accueille l’autre et le bien commun avec sérénité parce qu’il n’a pas besoin d’aller quémander de la reconnaissance. Une estime de soi solide s’accorde une valeur stable qui n’est pas facilement malmenée par les aléas de la vie.

 

 

 

Bénéfice personnel et bêtise relationnelle ne sont donc pas une fatalité et la guerre de Troie n’aura pas forcément lieu. Créons les conditions de la confiance mutuelle en renforçant nos qualités relationnelles et nous serons plus à même de travailler pour le bien commun et en recevoir les divines retombées: la reconnaissance et l’appartenance tant espérées;)

 

 

 

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Aller plus loin

Vous  voulez construire et entretenir l’estime de vous, l’état d’esprit et les compétences relationnelles qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

Reconversion professionnelle: gérer les casse-pieds

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Parce que changer de métier suscite l’envie ou la crainte des frileux, les candidats à la reconversion professionnelle se retrouvent souvent confrontés à des critiques, des mises en garde, des jugements, des conseils non sollicités ou pas toujours avisés. De la part, évidemment, d’un entourage plein de bonnes intentions. Il est important de trouver des moyens de gérer les casse-pieds sans se fâcher avec toute l’humanité !

 

 

 

reconversion gérer les casse-pieds

 

 

 

Désir de reconversion et  cacophonie des avis

 

Changer de métier a beau être en passe de “devenir la norme”, on a beau nous asséner que dans les années à venir, nous serons tous concernés par la reconversion professionnelle, elle conserve, au fil des publications dans la presse comme dans les blogs, des étiquettes inquiétantes (“tentant mais risqué” ici, “pari à haut risque” là) et continue à faire l’objet de conseils superficiels et formatés ou complètement à côté de la plaque (“vous devez vérifier que vous avez déjà plus de 50% des compétences” ai-je lu pas plus tard qu’hier). Bref, même si le regard a légèrement changé, la reconversion professionnelle continue à susciter plus de craintes que d’enthousiasme dans l’entourage de ceux qui la choisissent.

 

En conséquence, les candidats à la reconversion professionnelle se découvrent souvent, et ce bien malgré eux, un paquet de fâcheux dans leur entourage personnel et professionnel qui leur transforment vite fait les rêves de job idéal, même les plus ancrés sur le plancher des vaches, en marche forcée sur des œufs.

 

La cacophonie des opinions, des conseils d’amis-qui-vous-veulent-du-bien, de proches inquiets ajoute à tous les aspects d’une reconversion professionnelle une dimension relationnelle à laquelle on ne s’attendait pas forcément. Ou du moins, dont on n’avait pas toujours anticipé l’ampleur. Et si, nous sommes d’accord, les inquiétudes de Tante Simone lui appartiennent et ne concernent pas vraiment celui qui prépare sa reconversion, mieux vaut trouver des moyens de les gérer pour s’éviter la déperdition d’énergie.

 

 

 

Tous ces gens bien intentionnés et déperdition d’énergie

 

D’autre part, de votre côté, vous savez que vous ne demandez pas la Lune, juste du sens et du plaisir, que vous vous décarcassez pour mener une réflexion approfondie, une exploration complète afin de bâtir un projet solide et réalisable, et le scepticisme de votre entourage vous donne le sentiment qu’il ne vous fait pas confiance, qu’il vous prend pour un demeuré qu’il faut sauver de lui-même et peut finir par engendrer des doutes, autre forme de déperdition d’énergie.

 

Et cette énergie est le carburant de votre moteur interne. Si la gâchez à supporter les enquiquineurs, ou à traiter les doutes qu’ils ont semés en vous, vous en disposez en quantité bien plus limitée pour toutes les phases de votre projet. En d’autres termes : vous allez moins loin et vous risquez d’y aller moins bien. Voire de ne pas y arriver du tout: une fois les pieds bien cassés, on avance moins;)

 

 

reconversion casse pieds

 

 

 

Les casse-pieds de la reconversion

 

Les bipèdes qui nous entourent ont une faculté désarmante à nous surprendre par la diversité de leurs réactions, aussi je vous propose de schématiser un brin. Distinguons deux types de réactions de leur part :

 

1- Les épouvantails

Ce sont les pourvoyeurs de prédictions catastrophistes sur la façon dont vous êtes en train de brader votre avenir, les fossoyeurs de votre si bonne idée, les tueurs dans l’oeuf de votre désir de changement. Ce sont aussi les inquiets, les timorés, les soumis qui vous champions de la prudence ou de la norme qui vous rappellent à l’ordre à coups de ” un tien vaut mieux que deux tu l’auras “. Ce sont encore

 

2- Les encombrants

Ceux qui voudraient vous aider, surtout malgré vous et vous abreuvent de leurs idées et de leurs conseils pas toujours sollicités et parfois mal avisés. Parmi ceux-là se cachent aussi les über-enthousiastes qui adooorent votre projet encore plus que vous, qui le vivent par procuration et sont prêts à vous presser le citron pour qu’il avance viite.

 

3- Les indifférents

Parce qu’ils envient votre détermination à changer de métier, ou parce qu’au fond, votre plaisir au travail, ils s’en tamponnent le coquillard, ceux-là vont adopter une posture indifférente réelle ou feinte. Ils ne vous posent jamais une question et changent de sujet lorsque vous abordez votre changement de métier.

 

4- Les maîtres-chanteurs

Ceux qui vous font un chantage affectif de la mort, prêts à toutes les culpabilisations pour apaiser les angoisses que votre projet de changer de métier déclenchent en eux. “Tu te rends bien compte de la chance que tu as? Et tu voudrais jeter tout ça par la fenêtre?” Ceux qui vous bombardent de jugements sur la chance que vous avez avec votre job actuel, sur votre égoïsme, sur les inquiétudes que vous leur causez, bandes d’égocentriques sans scrupule;)

 

 

 

 

Gérer les casse-pieds!

 

Nous avions déjà évoqué le sentiment de solitude du coureur de fond qui peut saisir le candidat à la reconversion face aux incompréhensions dubitatives ou aux Sauveurs patentés et une solution qui consiste à soigneusement choisir à qui nous parlons de notre projet. Mais cette solution n’est pas toujours suffisante : une gaffe est si vite arrivée, le projet a fuité et hop ! Le prochain déjeuner de famille pourrait bien se transformer en tribunal de votre reconversion, avec ses procureurs, ses défenseurs, ses témoins et son juge !

 

Je vous propose donc de nous pencher sur ces quatre catégories de casse-pieds dévoreurs d’une énergie précieuse dont vous avez besoin pour mener à bien votre projet, au fil d’une série de billets.

 

Et pour commencer sur le sujet et parce que ça va mieux en le disant, vous qui avez un désir de reconversion, vous qui réfléchissez à votre projet, vous qui êtes en formation ou qui avez déjà changé de métier, racontez-nous:

 

Quelles réactions avez-vous eu de la part de votre entourage?

Quels commentaires ou jugement pénibles?

Quel impact ont-ils eu sur vous?

Comment avez-vous géré?

 

 

 

 

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Aller plus loin

 

Vous songez à une reconversion professionnelle? Vous êtes en train de changer de métier? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

10 petites choses qui mettent de bonne humeur au travail

 

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Il y a suffisamment de petites choses qui agacent, qui fatiguent ou qui inquiètent au boulot pour se pourrir consciencieusement le moral. D’ailleurs, on en parle beaucoup, on s’en agace beaucoup, on se fatigue beaucoup etc. Mais quid de ce qui fait du bien, de ce qui met de bonne humeur ? Rééquilibrons un brin notre PH émotionnel en accordant aussi de l’attention aux vitamines mentales de la vie de bureau ;)

 

 

10 petites choses qui nous mettent de bonne humeur au travail

 

 

 

Rééquilibrer notre PH émotionnel

 

Une multitude de petits choses peuvent nous mettre de bonne humeur, pour peu qu’on les regarde. Seulement voilà, nous sommes bien davantage habitués à repérer les manquements, à anticiper ou amortir les scuds, à se plaindre des caramels relationnels, à gérer les petits contretemps et comme le souligne ce drôlissime billet de Parlons RH, s’il n’y a pas de quoi ouvrir un compte pénibilité, l’accumulation de petites choses désagréables produisent leur lot frustrations de haut vol.

 

Les abrutis de service, le matériel défectueux ou obsolète, le chauffage en rideau (ou en grève du zèle), les mauvaises odeurs, qu’elles viennent de la cantine ou du voisin de bureau, l’informatique à activation aléatoire, le manque de lumière, de verdure, d’intimité bref, la consternante liste des petites choses désagréables est aussi longue qu’un dimanche de novembre chez Tante Simone.

 

Dont acte.

 

Cependant, à concentrer notre attention sur toutes ces petites choses, nous oublions parfois de rééquilibrer notre PH interne, qui devient tellement acide qu’il pourrait nous offrir davantage d’ulcères que de solutions. L’équilibrage émotionnel est essentiel à notre bien-être et les collections de sentiments négatifs ont besoin d’être compensés par quelques petits plaisirs, petites joies, autant pour  préserver sa santé mentale que sa capacité à agir et à travailler.

 

N’oublions donc pas de nous réjouir  de toutes les petites choses agréables qui passent à portée de nos jolies mains pour en tirer l’énergie vitale qui donne le sentiment d’être plus heureux, bien sûr, mais qui est aussi nécessaire à notre capacité à faire face aux aléas professionnels et à régler les petites choses désagréables comme les grands problèmes.

 

 

 

Les vitamines mentales existent au travail aussi !

 

Alors prenons joyeusement le contrepied de ces petites choses qui nous mettent de mauvaise humeur au travail: penchons-nous sur les petites choses qui alimentent la bonne et dont nous pouvons nous réjouir.  Les bonheurs minuscules comme  les joies récurrentes, les vitamines mentales improbables ou carrément inattendues existent aussi au travail et l’on peut semer et récolter autant seul dans son coin qu’à l’intérieur du groupe. Tout cela participe du sentiment de satisfaction et de plaisir qui nous rend plus heureux bien sûr, mais aussi plus dynamiques, plus efficaces et plus collaboratifs.

 

 

Evidemment ‘aucuns pourront me renvoyer tout de go qu’il n’y a pas de quoi se réjouir de ce qui devrait être normal et même s’ils n’ont pas tout à fait tort, je les renvoie à leurs marigots, ces empêcheurs de s’épanouir la rate, parce que tout ce qui nous met de bonne humeur, ne serait-ce que quelques secondes, est bon à prendre. Et d’autant plus qu’on a le droit de ne pas être heureux tout le temps, qu’il n’est pas possible d’être heureux tout le temps !

 

Et comme quelquefois, ce qui nous met de bonne humeur tarde à venir, soyons à l’initiative  des petites choses qui mettent de bonne humeur. Pour lancer la machine sans attendre que ça vienne d’autrui et aussi tout simplement parce que ça fait plaisir de faire plaisir. Aussi improvisons-nous pourvoyeur de donuts du jour, distributeur de compliments ou organisateur de pot impromptu.

 

 

 

1- Les attentions délicates

Le collègue qui a amené des croissants ou fait un gâteau, ces petites attentions génératrices d’instants de convivialité sont particulièrement nourrissantes. Ce sont des plaisirs simples et partagés. Il y a aussi les petits coups de mains proposés, le collègue qui pense à demander des nouvelles d’un proche malade, ou celui qui vous souhaite votre anniversaire: autant de marques d’intérêt qui méritent qu’on s’en souvienne.

 

 

2- Les petites marques de reconnaissance

Nul besoin de nous ériger une statue sur le parvis de la boîte reconnaissante de nos exploits pour nous mettre de bonne humeur : un merci chaleureux pour un service rendu, un retour enthousiaste pour un travail bien fait, un compliment, un encouragement bienvenu dans une situation délicate, les petites marques de reconnaissance renforcent les liens et le sentiment d’être traité avec équité. Savourer l’attention apportée qui nourrit le besoin de reconnaissance, c’est double effet^^.

 

3- Les collègues qui disent bonjour

A la réception, dans l’ascenseur, dans les couloirs, indépendamment du statut des uns et des autres. Dire bonjour, c’est bien plus qu’une convention sociale, c’est un instant de micro convivialité qui est une vraie marque de reconnaissance.

 

4- Les petits rituels

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas des réjouissances obligatoires et formatées, en bonne place dans le hall of fame des mauvaises idées RH du moment, genre l’afterwork obligatoire du vendredi soir. Il s’agit de petits rituels qui s’installent spontanément au sein d’une équipe et qui en renforcent la cohésion et le sentiment d’appartenance ou de petits rituels personnels qu’on s’invente pour soi et qui sont justement, un moment pour soi.

 

 

5- Un dossier bouclé

Un moment de fierté à partager avec ceux qui ont collaboré au dossier en question, ou à savourer avec soi-même, si on a travaillé seul(e). Prendre un instant pour apprécier, pour mesurer les qualités et compétences qu’on a mis en œuvre, parce que ça fait plaisir et ça permet de gagner en appartenance, en confiance mutuelle, en reconnaissance, en estime de soi.

 

 

6- Le contact physique

Rassurant et transmetteur de chaleur humaine, le contact physique, qu’il s’agisse d’un hug à l’anglo-saxonne ou d’une simple main sur un bras ou une épaule peut faire beaucoup de bien. Mais évidemment, uniquement lorsqu’il est sollicité ou d’un commun accord etc. Pour certains d’entre nous il peut rapidement être une intrusion et certaines de ces utilisations peuvent ressembler vite fait à du harcèlement sexuel.

 

 

7- Le rire et l’humour

On rit de moins en moins et c’est bien malheureux, le rire a tellement de vertus qu’il devrait être remboursé par la Sécu. Le rire et la légèreté n’ont jamais empêché le sérieux dans l’exécution des tâches et  le professionnalisme. En revanche, le décoinçage des zygomatiques renforce la bonne humeur, renforce les liens, dédramatise les situations stressantes et a encore pleins d’autres vertus à réhabiliter.

 

 

8- Le sourire

Le sien, comme celui des autres. D’abord parce que les gens souriants sont plus heureux (on trompe son cerveau sur son état mental avec un sourire), mais aussi parce qu’ils sont plus avenants et du coup reçoivent plus de marques de reconnaissance et de comportements agréables en retour.

 

 

9- Les micro instants cléments

Les instants où tout fonctionne comme sur des roulettes: chouette, la photocopieuse marque aujourdhui, le dossier Tartempion a avancé sans anicroche, et nous voilà qui œuvrons pour une fois au calme, avec une sérénité passagère, certes, mais remarquablement délectable…

 

10 – Les tâches qu’on aime

On peut aimer son métier (ou pas) et avoir tout de même quelques tâches qui nous déplaisent. Certes, et autant leur faire la chasse et les déléguer tant qu’on peut. Inversement, on peut aussi savourer les moments passés sur les tâches qu’on préfère, si petites ou éparses soient-elles. Une vitamine mentale de prise n’est plus à prendre ! Les exécuter en conscience, c’est-à-dire en se concentrant sur l’instant présent et sur le plaisir qu’elles nous procurent, nous permet d’en retirer une énergie vitale qui sera salutaire pour affronter les autres^^

 

 

 

Chaleur relationnelle et travail bien fait: les clés de la bonne humeur

 

Au final, ce qui nous met de bonne humeur, c’est tout ce qui participe du sentiment de reconnaissance et d’appartenance, ce qui ajoute de la chaleur relationnelle dans nos vies professionnelles d’une part et ce qui donne un sentiment de travail bien fait et de plaisir d’autre part. Nous autres êtres humains sensibles ne sommes finalement pas très compliqués à gérer : nous avons besoin d’exister au sein d’un groupe soudé et de pouvoir faire notre travail correctement,

 

Pour valider mes suppositions sur les petites choses qui nous mettent de bonne humeur au travail, j’ai posé la question sur les réseaux sociaux. Merci à tous ceux qui ont répondu: Céline, Oana, tous les Vincent, Elodie, Catherine, Laurent, Eric, Loïc, Christine, Véronique, Suzana Patrick, les deux Nathalie, Isabelle, Nadia, Didier et tous les autres!

 

Et vous, quelles sont les petites choses qui vous mettent de bonne humeur au tavail?

 

 

 

Voir aussi

 

Un petit compliment, pour la route?

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Reconversion professionnelle: explorer secteurs d’activité et métiers

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Reconnaître en soi un désir de reconversion, une envie de se déployer dans un nouveau métier avec une solide envie de se lever le matin, c’est assez simple. En revanche, trouver sa voie, identifier le métier qui correspondra vraiment  à ses aspirations et à ses besoins professionnels laisse parfois perplexe. Voici quelques sites pour partir à la découverte du vaste champs des métiers possibles…

 

 

 

reconversion professionnelle: explorer métiers et secteurs d'activité

Ce billet fait l’objet d’une mise à jour régulière, histoire de vous fournir un référentiel actualisé. Paru en 2010, actualisé en 2012, il était temps de vous en proposer une troisième version!

 

 


 

Le choix du métier, entrave principale à la reconversion

 

Ceux qui se reconvertissent en trois coups de cuillère à pot parce qu’ils savent exactement dans quel métier ils veulent se lancer, dès l’apparition du désir de reconversion sont assez rares. Pour la majorité de ceux qui ont envie de changer de métier, le choix d’une nouvelle carrière ressemble à tracer un itinéraire en territoire inconnu. Ils ne savent ni par où commencer, ni comment s’y prendre, comme le confirme ce petit sondage publié sur le blog d’Ithaque. Vous êtes nombreux à être tentés par une reconversion professionnelle, tout en ayant aucune idée du métier vers lequel vous tourner. Ce qui, bien entendu, est un frein majeur!

 

Pour sortir de cette impasse, vous pouvez explorer les secteurs d’activités et les métiers pour faire émerger quelques pistes, qui seront ensuite méticuleusement explorées. D’où l’idée de vous proposer un panorama régulièrement mis à jour des sites qui peuvent être autant de ressources dans votre quête du graal des vies professionnelles.

 

 

Je suis encore plus déçue qu’à la dernière version de ce billet. Quasiment plus aucun site ne propose une exploration un poil sympa des domaines professionnels. Les formats sont redevenus plan-plan (c’est bien connu, ludique ne rime pas avec image de sérieux) et même si la tendance est à l’exploration en vidéo sous forme de mini vis-ma-vie de ceci ou cela, peu de sites favorisent l’imagination et la créativité qui seront pourtant si importants pour inventer les métiers de demain.

 

Une bonne nouvelle cependant, la navigation a perdu en plaisir ce que les fiches métiers ont gagné en contenu. Dans l’ensemble, celles-ci sont plus détaillées, plus complètes et plus intéressantes. La liste proposée est loin d’être exhaustive, cependant la plupart des sites offrent une expérience utilisateur très similaires, aussi il n’est pas utile de les mentionner tous.

 

 

 

 

Reconversion: explorer les métiers et secteurs d'activitéL’exploration des métiers

 

L’exploration du job idéal permet d’identifier les besoins professionnels prioritaires à inclure dans le projet. Cependant, lorsqu’on a aucune idée du métier dans lequel se reconvertir, au début, les idées restent vagues, floues. Il peut s’agir d’un secteur d’activité, sans savoir les professions qu’il inclue, d’une compétence qu’on a envie d’utiliser etc…

 

Pour que ces idées se précisent, il est indispensable à un moment ou à un autre, de commencer à fureter dans le  large champ des métiers possibles, en fonction des éléments qui émergent comme importants et à prendre en compte.

 

Cette étape se situe en amont de toute décision, dans la phase d’exploration et est à distinguer de l’enquête métier, beaucoup plus approfondie, qui a lieu une fois que des pistes solides ont été identifiées.

 

Simple balade curieuse  ou étude minutieuse, rigoureuse et ultra organisée, cette exploration peut prendre des formes très diverses, comme par exemple une adaptation de Tous les métiers du monde! A vous de voir celle qui vous convient et de trouver le ou les sites qui correspondront à votre façon de faire, à vos envies, à vos attentes, à vos goûts etc.

 

  • Et vous, comment vous y prendriez-vous pour aller explorer les métiers possibles?
  • Que pensez-vous de ces sites?
  • Lequel (ou lesquels) retient votre attention?
  • En quoi répond-il à ce qui est important pour vous?
  • En avez-vous d’autres à nous proposer?

Attention, cette exploration vise simplement à faire émerger des pistes, elle ne suffit en aucun cas à les valider ou à les invalider. Il s’agit donc là d’un préalable à l’indispensable enquête métier, à faire en parallèle de l’exploration des besoins professionnels. Ce sont ces deux axes qui permettront de déterminer la pertinence d’une piste.

 

 

Cité des métiers

Sérieux, sobre, la cité des métiers vous permet d’explorer 500 métiers par nom, par secteur d’activité ou par centre d’intérêt. Ces derniers sont suffisamment vagues pour offrir une navigation à partir de goûts généraux.

D’autre part, pour chaque métier, le site propose les fiches de l’Onisep, du CIDJ, de Pôle Emploi et autres. Du choix, donc!

Une particularité intéressante: la Cité des métiers propose des fiches Osez le métier de… sur des métiers très fortement sexués pour encourager la diversité.

8/10

 

 

 

ONISEP

Associé au site précédent, le site de l’ONISEP , très complet, propose diverses manières d’explorer les voies de reconversion possible: en fonction de vos goûts, par domaine d’activité, par liste alphabétique des métiers, par centre d’intérêt.

Le site propose aussi de nombreux articles sur l’actualité et les débouchés des différents secteurs. Des fiches très détaillées, un format sans originalité. Efficace.

8/10

 

 

Les métiers

Le site les métiers a laissé tomber depuis longtemps sa navigation originale à base d’animations rigolotes pour revenir à un format moins décalé. Il offre une navigation facile par métier ou par secteur d’activité.

Pour chaque métier, il propose une fiche très détaillée: points clés, compétences nécessaires, débouchés, salaires et diplômes, ainsi qu’une vidéo témoignage. Probablement l’un des meilleurs avec celui de la Cité des métiers.

8/10

 

 

Le blog des métiers

Elaboré par RégionsJob, le blog des métiers mérite d’être mentionné car il inclue des métiers récents/émergents qui ne sont pas encore arrivés dans les autres sites. Navigation par domaines, vidéos, fiches formation, articles sur l’actualité des secteurs, le tout est bien ficelé et a quelques atouts supplémentaires: des interviews de professionnels, des précisions sur les évolutions de carrière possible, les principaux employeurs du secteur et une évaluation des avantages/inconvénients du métier.

Ce dernier point est à double tranchant, car ce sont des partis pris, des opinions et non des vérités universelles. Ils sont a considérer comme des points à savoir de façon à mesurer l’attrait du job plutôt que des avantages/inconvénients définitifs.

7/10

 

 

Le site CIDJ

Le site du CIDJ n’offre pas de fiches métiers à proprement parler, mais des articles sur les secteurs et les métiers, des dossiers, des exemples, des portraits de professionnels et des témoignages. L’exploration peut se faire par secteur, par métier, par centre d’intérêt. Il a un grand mérite, celui de présenter des métiers inattendus, complètement nouveaux, ou exercés dans des conditions originales (comme cuisinier… sur un bateau) ce qui peut grandement élargir le champ de l’exploration et des possibles, des évolutions ou des orientations de carrière éventuelles dans le nouveau métier.

7/10

 

 

Répertoire opérationnel des métiers et de l’emploi (Pôle Emploi)

Austère jusqu’au sinistre, un design antéferroviaire, si ce site n’est pas fun, il est aussi le plus complet.  Le ROME vous propose des fiches sur l’ensemble des métiers répertoriés par Pôle Emploi. A explorer par métier, compétences, domaine professionnel, thème ou code ROME (chaque métier a son code, voir l’aide). Peut-être pas idéal pour les métiers émergents, mais une référence.

6/10

 

 

Flash métiers

Site en collaboration avec l’ONISEP, en flash, Flash métiers offre des animations et une navigation intuitive pas toujours simple, que certains trouveront ultra ludique et d’autres ultra chiante. Il avait le mérite d’être l’un des rares sites à proposer une recherche un peu différente, probablement parce qu’il s’adressait à des collégiens en recherche d’orientation, mais le thème a tellement vieilli qu’il paraît surtout obsolète.

Il permet cependant de conserver son historique, ses préférences etc. Il propose, entre autres, une exploration par thèmes (“un métier à  la mer” par exemple) des interviews de professionnels et des suggestions de métiers proches de celui sélectionné.

2/10 pour les uns, 7/10 pour les autres!

 

 

L’Etudiant

Le site propose un guide des métiers avec plusieurs possibilités d’exploration: par métiers, par secteurs, mais aussi des témoignages et des vidéos. Les fiches métier sont très succinctes mais ont l’avantage de proposer des liens vers des sites spécialisés dans le secteur ou le métier en question, qui peuvent faciliter une exploration approfondie d’un secteur.

4/10

 

 

Studyrama

En 2012, je vous disais : “Une exploration limitée à celle par domaines de métiers, des fiches assez succinctes, un design qui clignote autant qu’une boîte de nuit tellement il est surchargé de pub, bref, Studyrama c’est un peu le skyblog des fiches métiers.”

Studyrama a revu et corrigé son site: exit les pubs, le design est sobre avec de jolies images. Cependant, les fiches métiers restent superficielles et l’ensemble ne présente pas d’atout intéressant par rapport aux autres sites.

D’autre part, épargnez-vous le test Pour quels métiers êtes-vous fait? bourré de choix par défaut qui réduisent le champs au lieu de prendre en compte votre spécificité. Une vraie perte de temps, votre future carrière vaut bien mieux qu’un algorythme.

3/10

 

 

Emploi public

La fonction publique recouvre de nombreux métiers auxquels on ne pense pas forcément et que le site emploipublic.fr détaille en fiches sobres et complètes.

 

 

 

 

Voir aussi

 

Ithaque, premier influenceur français sur la reconversion professionnelle

Carrière: le désir de reconversion

Le boulot idéal: une réalité à inventer?

Reconversion professionnelle: voyage au bout de l’enfer ou formidable aventure?
Age, métier et reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle: l’être humain derrière le projet
Changer de métier: un bilan de compétences?

Reconversion: vous avez demandé la Lune… ne quittez pas…

4 principes mycologiques pour trouver sa voie

 

 

 


Aller plus loin

 

Vous songez à une reconversion professionnelle? Vous êtes en train de changer de métier? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi

 

 

 

 

Dans le cadre des fausses bonnes idées de la “pensée positive“, le discours intérieur, s’il est mal utilisé, peut être assez contre-productif et engendrer l’inverse de ce qu’il prétend apporter.  Voici pourquoi la simple (simpliste) pensée positive ne marche pas et quoi faire à la place pour construire un état d’esprit (plutôt qu’une pensée) plus positif, c’est à dire plus dynamique, plus enclin à l’action concrète, dans la confiance et la fluidité.

 

 

modifier une discours intérieur

 

 

 

Le message positif, une fausse bonne idée

 

Parmi les pensées qui nous viennent par tombereaux chaque jour, il y a une foultitude de jugements et d’injonctions dévalorisantes (“qu’est-ce que je suis nul(le)”), de rappels de croyances limitantes (“je n’y arriverais jamais, je suis trop vieux/vieille)”). Dans une variante du verre à moitié plein, la pensée positive propose de remplacer les discours internes “négatifs” par des discours internes “positifs”. Il suffirait ainsi de se répéter des “messages positifs” pour éloigner nos démons et s’attirer, cornes d’abondances, veaux vaches cochons et tutti frutti comme disait Béru.

 

C’est bien mignon, c’est tentant, mais c’est aux antipodes de la façon dont le cerveau fonctionne. Puisqu’il met directement dans notre poubelle interne tout ce qui va à l’encontre de ce à quoi il croit, rien ne s’imprime dans notre disque dur et l’inefficacité de l’affaire peut culpabiliser ceux qui ont déjà une très faible estime d’eux-même et ceux qui ont des tendances dépressives et hop! Il n’en faut pas plus pour se retrouver en plein cercle vicieux.

 

En d’autres termes, la répétition de messages “positifs” pour contrer les messages “négatifs” de son discours intérieur est probablement la plus pernicieuse des fausses bonnes idées de la pensée positive, car elle a tendance à renforcer la conviction limitante au lieu de la ramollir.

 

Je pensais naïvement que ce type “d’outil” simpliste était principalement véhiculé sur internet par les marchands de bonheur, adeptes de recettes faciles, pour peu qu’elles aient été relayées par des gourous américains, bref, le fastfood du développement de soi. Mais non. Dans le séminaire de gestion du stress financé par son entreprise, un des mes clients s’est vu encouragé par le formateur à se répéter à l’envi “je suis aimé, je ne suis pas seul”. C’est un excellent exemple de l’inefficacité et du côté contre-productif de ce type de message “positif”, au même titre que “je vais retrouver du travail”, recommandation de pensée positive donnée par cette intervenante à des chercheurs d’emploi. Ce n’est pas parce qu’on se répète qu’on aussi bon que Messi qu’on jouera un jour au Barça!

 

 

 

La raison et les tripes

 

C’est l’éternel décalage entre la raison et les tripes. Nous nous efforçons souvent de raisonner nos pensées négatives ou dévalorisantes, sans succès, ce sont toujours nos tripes qui l’emportent. Car dans nos tripes, ce sont nos convictions profondes, une part beaucoup moins consciente de nous-mêmes, qui marinent, et nous pouvons raisonner jusqu’à plus soif, le cerveau va avant tout préserver ces convictions et les émotions qui vont avec, pas le raisonnement auquel il ne croit pas une seconde.

 

Ce qui signifie qu’à force de nous répéter des messages auxquels nous ne croyons pas, des messages en porte-à-faux avec nos convictions profondes, nous amplifions le décalage et renforçons… les convictions qui logent dans nos tripes et par extension le stress, au travers de la culpabilisation, dévalorisation supplémentaire (je n’arrive pas à me convaincre, donc en plus je suis nul). C’est de la musculation involontaire de croyance: si je lui oppose une force significative, elle ne ramollit pas, elle se renforce. La pensée positive n’est pas un optimisme fécond, elle est une injonction infantilisante et culpabilisante et outre-Atlantique une obligation sous peine d’être affiché, dans leurs dichotomies toujours très nuancées, dans le top 10 des chroniques d’un loser annoncé.

 

Inversement, un état d’esprit positif et optimiste n’est pas la négation des difficultés et le ripolinage rose de situations à risques. C’est une façon d’être qui:

 

  • Préfère la valorisation et évite la dévalorisation
  • Se nourrit du positif pour être plus solide et avoir des ressources plus larges pour traiter les aléas des vies professionnelles (pas pour les ignorer)
  • Cherche les pensées objectives, favorables à l’action sereine plutôt que les pensées exagérément pessimistes et dommageables parce qu’elles entretiennent la crainte et la passivité.

Un état d’esprit positif et optimiste a envie d’agir, autant pour résoudre ses problèmes que pour atteindre ses objectifs que pour le bien commun.

 

 

 

la pensée positive ne marche pas. Voici comment modifier un discours intérieur

 

 

 

Modifier un discours intérieur dommageable 

 

Notre façon de nous parler à nous-mêmes est le plus souvent incroyablement sévère, voire insultante. Ces discours internes, sous forme de jugements catégoriques dévalorisants, de convictions pessimistes, inquiètes ou défaitistes sont souvent des exagérations qui, si l’on porte un regard objectif dessus, ne correspondent pas tellement à la réalité. Il suffit parfois de se demander si nous tiendrions le même discours à notre meilleur ami, s’il était dans cette situation, pour s’en convaincre.

 

Nous rentrons alors dans des systèmes de dévalorisation qui flinguent l’estime de soi à bout portant et sapent la motivation à agir. Du coup, on pourrait sans doute qualifier de discours intérieur de “défavorable”, “dommageable”, plutôt que négatif. Le repérer et le modifier, permet de se remettre dans une dynamique de valorisation propice à l’action et ouverte à un optimisme utile. Un discours interne favorable permet de s’ouvrir à d’autres possibilités, d’autres perceptions, à s’autoriser une vision de soi et du monde dans laquelle nous sommes des êtres raisonnablement capables. Il ne s’agit donc pas de s’attirer la chance, mais bien d’apaiser ces voix internes qui nous rongent.

 

 

 

Les 6 règles d’un discours intérieur favorable

 

Pour modifier ce discours, le rendre plus valorisant et plus dynamisant, voici quelques règles à suivre, faute de quoi on a vite fait de tomber dans la pensée positive. Rappelons avant tout que le cerveau recherche ce à quoi il s’attend. En d’autres termes, il cherche en permanence des preuves de ce qu’il croit. Il ne va donc pas s’agir de créer des pensées “positives” mais bien des pensées objectives et favorables qui répondent à ces 6 critères, pour travailler la croyance derrière le discours dommageable:

 

1- Un message bienveillant

Notre façon de nous parler à nous-mêmes est le plus souvent incroyablement sévère, voir insultante: jamais nous ne nous adresserions à autrui comme à nous-mêmes, sous peine de nous prendre des bourre-pifs un peu trop réguliers. Le premier critère d’un discours intérieur qui favorise l’estime de soi et un état d’esprit plus positif, c’est de se parler à soi-même avec bienveillance.

2- Un message formulé au présent

“Je vais trouver du travail” est un pari sur un avenir incertain par nature. Votre cerveau n’est pas crétin et ne se prend pas pour Madame Soleil. Il ne croira pas une seconde à votre message. Il préférera un message qui porte sur ce qui se passe dans le présent et qui est donc observable et vérifiable (“j’agis chaque jour pour retrouver un emploi”)

3- Un message auquel vous croyez 

Il est essentiel d’être en accord avec le message. “Je suis aimé”, répété encore et encore, alors que vous vous sentez seul et en grand manque affectif, votre cerveau, qui n’est pas stupide et n’y croit pas une seconde, va envoyer vos tripes au charbon pour préserver le message auquel il croit. Il est donc important de chercher un message que vous considérez comme suffisamment objectif pour que vous et votre cerveau soyez d’accord avec.

 

4- Un message crédible qui correspond à la réalité

“Je travaille chaque jour à retrouver un emploi” peut être un discours intérieur utile et objectif. En revanche, si cela fait trois semaines que vous n’avez pas consulté les petites annonces, votre cerveau va se demander si vous le prenez pour un demeuré. Il va se contenter de vous renvoyer la culpabilité liée au mensonge assaisonnée éventuellement d’un peu de procrastination supplémentaire, histoire de vous expliquer la vie. Trouvez donc un message qui corresponde réellement à la situation.

 

5- Un message formulé à l’affirmative, tourné vers ce que l’on cherche

Nous nous faisons des représentations mentales de tout ce à quoi nous pensons. Ainsi si vous pensez “je ne suis pas nul” ou “je cesse d’être nul”, votre cerveau se fait une représentation de ce qu’il considère comme le comportement d’un “nul” et va s’attacher à ce que la réalité y corresponde, au travers de vos actions (ou non-actions). Formulez donc un message qui représente ce que vous voulez à la place.

 

6- Un message personnel

Nos perceptions se reflètent dans nos choix sémantiques naturels et automatiques, aussi inutile de se répéter des phrases écrites par d’autres. Formulez vos messages à votre manière, choisissez des mots qui ont du sens pour vous.

 

 

 

Mini coaching: modifier un discours intérieur

 

Commencez par identifier le discours intérieur péjoratif ou défavorable qui alimente le stress et la peur. Cette étape est parfois délicate, car nous avons une certaine propension à considérer ce que nous pensons comme vrai et juste. Ne cherchez pas à modifier 50 discours en même temps, un seul, c’est déjà beaucoup.

 

Formulez le plus spontanément possible le discours favorable et bienveilllant qui pourrait remplacer avantageusement le discours dommageable. Puis passez-le au filtre des 6 critères, pour vérifier qu’il est approprié, et ajustez-le si nécessaire:

 

Est-il formulé à l’affirmative?

Est-il formulé au présent?

Dans quelle mesure est-il formulé avec vos propres mots?

Dans quelle mesure est-il bienveillant?

Dans quelle mesure est-il crédible, objectif, acceptable, en accord avec vous?

Dans quelle mesure correspond-il à la réalité?

 

Ensuite, il va s’agir d’expérimenter. C’est à de mettre en place ce discours interne, de façon concrète, pour parvenir à repérer les occurrences de discours dommageable et lui substituer le discours favorable. Et ce sur un laps de temps que vous allez choisir et au terme duquel vous pourrez évaluer les bénéfices de ce nouveau discours. Voir:

 

 

Cet article est une mise à jour d’un billet datant de mars 2011. Malgré les nombreuses publications et recherches qui ont démontré les méfaits ou l’inefficacité de la pensée positive, elle continue a avoir la peau dure:

Au mieux inoffensive, au pire contre-productive, les véritables effets de la pensée positive

La pensée positive peut aussi avoir des effets négatifs

 

Voir aussi

 

 

L’identité: acteur ou spectateur de sa propre vie?

3 clés pour renforcer la confiance en soi

“Pensée positive” : le revers de la médaille

Bien-être: imbuvable, le verre à moitié plein?

Un petit compliment, pour la route?

Stress: et si on arrêtait de lutter contre?

Accepter ce que l’on est… et s’appuyer dessus!

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez développer un état d’esprit dynamique qui favorise le passage à l’action avec aisance et assurance? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Optimisme et confiance, piliers de la collaboration

Sylvaine Pascual – Publié dans: l’actualité d’Ithaque

 

 

 

La seconde Nuit de l’optimisme aura lieu mardi 10 février et sera consacrée à la confiance en entreprise. Un beau thème qui pourrait donner envie aux entreprises de se retrousser les manches et de s’y mettre, à la confiance génératrice de collaboration et de performance collective. L’occasion pour moi de vous proposer un #livetweet de la soirée et une interview de l’organisatrice sur la place et le rôle de la confiance dans nos organisations.

 

 

 

Seconde nuit de l'optimisme sous le signe de la confiance en entreprise

 

 

 

La confiance en entreprise; du pourquoi au comment

 

Les discours managériaux s’accordent aujourd’hui sur un point: celui de la confiance, facteur de bien-être, condition indispensable de la collaboration et de la performance individuelle et collective. Dont acte, tout le monde s’accorde, c’est merveilleux. Mais quand il s’agit de passer aux mesures concrètes, au comment, ça coince assez vite. Faire confiance oui, alléger le reporting et le contrôle, et puis quoi encore!

 

On trouve quelques pistes juste effleurées du bout du clavier comme dans cet article des Echos datant de 2012: qui parle d’estime de soi, d’authenticité, signes de reconnaissance. Ou dans celui-ci, lucide, d’Eric Albert: il y est question de risque, d’inconfort et d’acceptation de la dépendance mutuelle, de diffusion par le haut. Bertrand Duperrin, quant à lui, évoque l’envie, l’exemplarité et le fait de faire confiance avant de l’attendre d’autrui. C’est déjà ça, comme dirait Souchon. Mais ça ne fait pas beaucoup avancer le schmilblick managérial qui veut bien faire mais freine des quatre fers dès lors qu’il s’agit d’agir.

 

C’est pour cela que je suis ravie que la seconde Nuit de l’optimisme soit placée sous le signe de la confiance, moteur et composante de l’optimisme et des conditions de la confiance en entreprise. La première Nuit de l’optimisme m’avait particulièrement plu par son organisation innovante et participative, aussi je suis assez impatiente à l’idée de voir les pistes de réflexion et d’action qui vont se dégager de cette seconde édition, sur un sujet qui fait couler beaucoup d’encre mais pas beaucoup d’eau sous les ponts! Je vous propose donc de retrouver l’organisatrice Christine Cayré, qui, vous allez le voir, est plus optimiste que moi^^

 

 

 

Interview de Christine Cayré, organisatrice de la nuit de l'optimismePourquoi avoir choisi ce thème pour la 2ème nuit de l’optimisme? Confiance et optimisme font-ils bon ménage?

En animant des ateliers participatifs chez mes clients où cette notion revenait  comme un leimotiv,  en assistant à des conférences,  en lisant, en glanant des inspirations,  l’envie de creuser le sujet de la  confiance comme un des moteurs de l’optimisme a fini par s’imposer à moi.  J’ai partagé cette idée avec plusieurs personnes (la plupart d’entre elles font partie de l’équipe qui organise et anime l’événement) et elles m’ont aidé à l’approfondir pour nourrir la construction de la deuxième Nuit de l’optimisme. Ensemble, nous avons imaginé des exercices et des expériences fondées sur la confiance, tout au long de la soirée.

 

 

En quoi optimisme et confiance s’articulent-ils dans nos vies professionnelles? 

Confiance et optimisme se nourrissent mutuellement et  nous donnent du ressort. En ces temps troublés, je pense que nous devons particulièrement être vigilants à relier les  notions d’optimisme et de confiance  avec celle de responsabilité.  Le bénéfice de cette équation c’est de nous autoriser à agir concrètement pour changer la donne. Certains le font déjà et bousculent les modèles en vigueur, qui pour libérer son entreprise, qui pour favoriser le bien vivre ensemble dans son organisation, qui pour redonner du sens au travail. Les initiatives fleurissent et elles sont les marqueurs d’un besoin profond  de reprendre la main.

 

 

Quelle place pour la confiance dans la collaboration?

Il me semble que la confiance est un prérequis de la collaboration. C’est parce que nous acceptons de considérer à priori toutes les propositions comme valables que nous favorisons la possibilité d’élaborer des projets encore plus riches que si nous les menions seuls. En renonçant à tout contrôler  nous créons les conditions de l’émergence de nouvelles idées.  Le partage de nos intelligences,  de nos ressentis et de nos expériences nous permet aussi de prendre conscience de nos intérêts communs et in fine, d’en prendre soin avec plus d’engagement.

Dans les entreprises, c’est particulièrement pertinent et elles sont de plus en plus nombreuses à le mettre en actes comme en témoigne cette publication:

 

 

 

 

Quels sont vos objectifs, vous attentes, vos espoirs en organisant cette deuxième Nuit de l’optimisme?

A l’instar de la première édition, cet événement est conçu  pour que nous repartions dans nos entreprises et dans nos vies avec un supplément d’envie. Envie de retrouver du sens dans ce que nous faisons, envie de dire stop à des situations qui génèrent de la souffrance, envie (re)mettre en lumière ce qui fait notre force, individuellement et collectivement.

Nous sommes submergés par les constats, beaucoup sont pertinents et nécessaires mais ils sont pesants aussi parfois. Et on fait quoi ensuite ? Ce que nous espérons, c’est que cet événement donne envie de se mettre en mouvement, encourage les participants à continuer leurs actions pour donner plus de place à la confiance et à l’optimisme dans leurs organisations.

 

 

Journalistes, musiciens, philosophes, coachs, dessinateurs, conférenciers, psychologues, chefs d’entreprise, les intervenants de cette deuxième nuit viennent d’horizon très divers. Pourquoi ce choix ?

L’idée est de favoriser la diversité des points de vue sur les sujets abordés.  Les intervenants et les animateurs ont en commun  d’être des personnes qui mettent leurs convictions humanistes en actes, ce qui est  déterminant.  Le renforcement positif des entreprises et des organisations est un sujet qu’ils prennent très au sérieux …mais sans se prendre au sérieux. Et là justement, Eric Grelet  dessinateur humoristique et  Vincent Avanzi poète, veilleront au grain..

 

 

Un atelier créatif (et participatif) précèdera et nourrira la table ronde: qu’est-ce qui vous motive à proposer un format est assez différent des colloques/conférences habituels?

L’esprit de la nuit de l’optimisme c’est vraiment de favoriser l’horizontalité. Pour que la matière produite  le soit collectivement.  Nous avons demandé aux intervenants pour prendre part aux ateliers de co-création, participants parmi les participants. Ils seront tous là.

Cette construction plutôt innovante ressemble à un défi notamment pour Sophie Peters* qui relaiera les propositions du collectif aux intervenants de la table ronde mais Sophie l’a tout de suite accepté. Je lui fais confiance comme je fais confiance au collectif et à  son intelligence.

 

 

 

Pour la deuxième année consécutive, Christine Cayré a eu la gentillesse de m’inviter à cette soirée, ce sera bien entendu l’occasion d’un #livetweet à suivre dès 16h30 le mardi 10 février, sur mon compte Twitter @SylvainePascual.

C’est aussi l’occasion de nous y rencontrer, n’hésitez pas à venir me voir^^

 

 

 

Seconde Nuit de l'optimisme

 

 

 

*Sophie Peters est éditorialiste au Monde et à la Tribune sur des thématiques professionnelles. Psychanalyste et journaliste, elle propose des articles remarquables d’intelligence, de pertinence et d’humanité sur le management et la qualité de vie au travail dans Mieux dans mon job. Elle est l’une de mes très rares lectures régulières. Ndlr.

 

 

 

Date : mardi 10 février 2015
Lieu :
Cité universitaire internationale – 17 Boulevard Jourdan – 75014 Paris

Programme : La confiance, moteur et composante de l’optimisme

Billetterie : Nuit de l’optimisme

 

 

 

 

Chronique d’une reconversion annoncée: les métiers de demain

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion

 

 

4ème volet de nos Chroniques d’une reconversion annoncée : les prédictions vont bon train sur les métiers de demain et les experts se transforment en voyant extralucides pour nous pondre le panorama ultime du monde professionnel qui nous attend. Dont acte, il est évident que l’accélération des progrès technologiques et le vieillissement de la population vont avoir un sérieux impact sur nos métiers.  Cependant, quel crédit apporter à ces prévisions ? Quelle place pour les métiers émergents dans un projet de reconversion ?

 

 

 

reconversion professionnelle métiers demain

 

 

 

Prévisions piège à con ?

 

Depuis quelques mois, les prédictions en tous genres sur les métiers de demain vont bon train et sont parfois surprenantes ou contradictoires. Evitons les conclusions trop hâtives sur les métiers émergents, d’après cette étude, les prévisions, dans le passé, n’ont pas toujours été d’une exactitude d’horloge suisse, tout comme celles sur les métiers en voie de disparition.

 

Les listes des métiers de demain fleurissent comme les coquelicots dans les champs de blés, avec à peu près la même utilité: c’est décoratif, parfois même spectaculaire, mais ce n’est pas ça qui va nous donner du grain à moudre. D’ailleurs, les prévisions de la DARES (qui ne joue pourtant pas dans le même bac à sable que les sites qui reprennent en cœur les TOP 10 des métiers de demain) en 2007 pour les métiers de 2015 sont assez éclairantes sur l’approximation des prédictions :

 

  • Le commerce en ligne n’y avait droit qu’à deux lignes soulignant qu’il pourrait « fortement restructurer les filières de distribution de certains produits.»
  • Le secteur de l’emploi à domicile devait être fortement pourvoyeur d’emploi, il ne cesse de chuter depuis 2013.
  • Le « maintien en emploi » des seniors très qualifiés devait s’améliorer. Hmmmm.
  • L’emploi dans le BTP ne devait cesser de progresser : pas moins de 30 000 postes ont disparu rien qu’en 2014.

Alors vous imaginez la fiabilité des listes présentées comme autant de certitudes, venues d’Outre-Atlantique et reprises telles quelles, sans recul et sans ajustement culturel et économique (les Etats-Unis prévoient la fin du métier de boulanger. Compréhensible chez eux, risible appliqué à la France et pourtant repris sur certains sites).

 

 

 

 

Métamorphose des postes  et obsolescence des compétences

 

De nombreux métiers ne sont probablement pas tant en voie de disparition qu’en pleine mutation. Je ne serais pas surprise qu’en réponse à la déshumanisation de l’expérience consommateur due à l’automatisation de prestations aux particuliers, se dessine une nouvelle tendance qui soit, justement, le luxe de l’être humain en face de soi. La disparition annoncée des chauffeurs de taxi sera peut-être l’occasion de ré-offrir un service humain, personnel, en faisant revivre ce métier. Ou un autre.

 

D’autre part, la plupart de nos métiers sera profondément impactée par les bouleversement technologiques et c’est parfois plus l’obsolescence des compétences qui guette que la disparition des métiers. Celle-ci pourrait être génératrice de reconversions subies pour ceux qui ne les auront pas actualisées et la formation proposée par les entreprises ayant souvent un train de retard, il sera de plus en plus crucial que chacun la prenne en main par lui-même. Nous reviendrons sur ce sujet.

 

Enfin, les mutations d’un métier peuvent être source de perte de sens ou d’intérêt et devenir des leviers de reconversions volontaires. Observer l’évolution de votre métier est aussi un moyen de savoir s’il est temps d’aller respirer des airs plus appropriés. C’est au cœur des tendances propres à un secteur parfois très limité qu’émergent de nouveaux métiers qu’on attendait pas et qui peuvent redonner dynamisme et variété à une carrière qui commence à ronronner.

 

 

 

reconversion professionnelle métiers de demain

 

 

 

Métiers émergents : du cimetière à la pouponnière

 

La période, par l’accélération de changements de toutes sortes, des progrès technologiques, du vieillissement de la population, de la robotisation etc. est propice à l’apparition inopinée de nouveaux métiers et de nouvelles fonctions. On est même, depuis quelques années, en plein babyboom des métiers : il en fleurit de nouveaux  comme la progéniture après une panne d’électricité. La pouponnière à nouveaux métiers fonctionne à toute vapeur et elle est certainement une mine d’opportunités pour les candidats à la reconversion professionnelle.

 

Commençons par une distinction à faire entre les différentes générations de ces nouveaux métiers, dont le dénominateur commun est d’avoir surgi sans crier gare, inventés de toutes pièces, pondus par des fondus d’un domaine ou un autre, qui ont anticipé les besoins des entreprises et des consommateurs, ou construit de nouveaux secteurs et marchés :

 

  • Les métiers adolescents: ils existent depuis quelques années et commencent tout juste à intégrer les annuaires de métiers et notre vocabulaire. Des formations apparaissent, souvent élaborées par les précurseurs du métier en question, comme c’est le cas des community managers. Ce sont eux que ce guide de  l’Apec dénomme « métiers émergents » et chiffre à 60. Il s’agit de métiers tels que webmarketer, expert en bilan carbone ou analyste KYC, qui ne sont plus réservés à l’avant-garde qui les a créés et tendent à se professionnaliser.
  • Les métiers nouveaux-nés: ils viennent d’apparaître, ne sont pas encore reconnus, souvent mal compris et mal perçus, parfois avec des dénominations à géométrie variable, ce qui peut les rendre peu lisibles. Mais ils existent bien et sont la plupart du temps une grande source de plaisir pour ceux qui les exercent… et les ont créés.
  • Les métiers polichinelles dans le tiroir (ou brioche au four, selon vos références culturelles) : ils sont à l’état fœtal et s’élaborent au chaud dans l’esprit créatif et visionnaire de spécialistes d’un domaine qui en anticipent les évolutions et commencent à y expérimenter des nouveautés sous la forme de nouvelles prestations.

Autre point commun de tous ces métiers : le plus souvent, ils ne sont pas le produit des divinations d’experts : ils sont une génération spontanée née de la créativité et de la vision, de l’envie et de l’audace ou le fruit d’un besoin ultra spécifique. En d’autres termes, ils naissent de l’innovation.

 

D’autre part, lorsque ces métiers apparaissent, ceux qui les ont inventés en sont déjà experts avant même de les exercer. Il s’agit souvent d’une passion ou a minima d’un goût pour un domaine que l’on connaît sur le bout des doigts associé à un brin de vision, d’anticipation soit de besoins à venir, soit du potentiel. Ils ne sont donc pas du tout réservés à une jeunesse triomphante tombée dedans quand elle était petite, mais aussi le bébé de professionnels déjà expérimentés.

 

Ainsi les premiers community managers n’étaient pas tous des petits jeunes tous frais émoulus de l’école ou forts de leur habileté sur les réseaux sociaux, mais biens des professionnels ancrés dans une carrière, qui s’y sont implantés avec intérêt et avec succès, qui en sont devenus solides connaisseurs et ont su anticiper leur potentiel pour la communication des entreprises. Et qui d’ailleurs, pour certains, ont trouvé là une source de reconversion ou d’évolution professionnelle réjouissante.

 

Les métiers de demain sont donc une source réelle d’opportunités de reconversion, en particulier pour les intrépides qui auront l’audace de les explorer dans le cadre d’une réflexion sur une évolution de carrière. D’autant que leur nouveauté et parfois leur manque de lisibilité génère un manque de candidats parfois spectaculaire. Ainsi le numérique peine à recruter, comme l’explique cet article de la Tribune.

 

 

 

Les nouveaux métiers, une manne pour les candidats à la reconversion

L’évolution de plus en plus rapide du monde qui nous entoure nous donne trois possibilités face au monde professionnel de demain :

 

  • Ré-inventer un métier existant. Profiter des transformations d’un métier, en termes de compétences, de tâches, de types de prestation ou de produits, pour donner un nouvel élan à sa carrière sans passer par une reconversion à 180°. Ainsi le développement de fermes verticales pourrait être un moyen de donner une nouvelle dimension au métier d’agriculteur. Il est possible que ce soit un passage obligé pour beaucoup de salariés pour répondre à l’obsolescence des compétences et aux nouvelles exigences techniques.
  • Prendre le train d’une tendance émergente. Profiter de l’émergence de nouveaux métiers dans un domaine qui vous intéresse et que vous maîtrisez déjà plus ou moins pour élaborer une nouvelle carrière dans ce domaine. Y repérer des boulots d’avenir ou en pleine explosion qui correspondent à vos aspirations.
  • Inventer son futur métier à partir des mutations du marché et des nouvelles tendances, le façonner entièrement sur mesure en fonction de ce que vous avez envie de proposer au sein d’un marché en plein bouleversement. Une opportunité en or pour les intrépides qui auront l’audace de concilier aspirations personnelles et professionnelles, plaisir et sens au travail.

Le risque consisterait peut-être à vouloir se lancer dans un métier jeune dans un domaine auquel on ne connaît rien: l’absence de formation  disponible rendrait le saut probablement très incertain.

 

 

 

Reconversion et métiers du futur: une exploration personnelle et non formatée

 

Cette évolution très rapide des métiers rend aussi de plus en plus obsolète les démarches type bilan de compétences qui tardent à intégrer les métiers émergents et qui permettent peu l’anticipation ou l’invention pure et simple d’un nouveau métier. Leurs conclusions peinent à inclure les nouveaux métiers comme des pistes viables et s’appuient beaucoup trop sur des cartographies professionnelles rendues caduques par ces métiers naissants. S’il paraît logique d’attendre l’adolescence d’un nouveau métier avant de le considérer comme une option, cela signifie aussi qu’à un instant T, une démarche formatée risque de faire passer le candidat au changement de métier à côté de mille et unes opportunités d’une part, et d’envoyer certains clients vers des métiers qui ont déjà grandement muté, sans prendre en compte ces transformations. Et donc sans vérifier s’ils correspondent encore aux aspirations du candidat.

 

 

Elle nécessite une réflexion et une exploration de moins en moins normée et à l’inverse de plus en plus personnelle, en fonction non pas des compétences avérées et des métiers existants, mais de celles qu’on veut continuer à exprimer, des aspirations, d’une définition personnelle de « la réussite », des centres d’intérêts, des compétences développées hors monde professionnel, des moteurs personnels plutôt que du vaste fourre-tout estampillé « valeurs ».

 

Encore une fois, ne laissez pas un consultant en bilan de compétences, en outplacement ou un coach  jouer les Madame Irma des métiers de demain. Ils ne sont pas des experts de TOUS les domaines professionnels et ne peuvent ni valider ni invalider une piste de reconversion à votre place.

 

reconversion professionnelle métiers émergents

 

 

L’exemple du marché de la cigarette électronique

 

De façon relativement peu médiatisée, le marché de la cigarette électronique s’est développé très rapidement, avec une créativité et un sens de l’innovation remarquables, autant en termes de métiers qui ont vu le jour que de produits.

 

C’est un exemple parfait de ces métiers qui apparaissent sans crier gare et génèrent une mine d’opportunités de reconversion ou d’évolution de carrière largement sous-estimée. Le marché s’est développé à une vitesse fulgurante et commence déjà à s’essouffler, ce qui le rend exemplaire des évolutions à grande vitesse que nous avons besoin d’anticiper.

 

  • L’ouverture de commerces de proximité, en réponse à l’offre qui, à ses débuts, était essentiellement disponible sur Internet. De très nombreuses boutiques ont vu le jour, probablement trop (11 points de vente en 2010, 2500 en 2014, selon cet article), celles qui survivront seront celles qui sauront se différencier, se réinventer.
  • La conception et la production de cigarettes électroniques et du matériel associé (chargeurs, packaging etc) est en plein boom, avec un panel de possibilités qui paraît sans limite (autant en termes de style que de technique).
  • Des amateurs éclairés, des œnologues et des nez se sont lancés dans l’élaboration d’e-liquides.
  • Des ébénistes ont intégré dans leur travail la fabrication d’embouts en bois.

Ce marché est d’autant plus intéressant qu’à moins de 5 ans d’existence il est déjà saturé et connaît déjà de nombreuses incertitudes quant à son avenir. Il est aussi déjà en quête de normalisation et fait l’objet d’une professionnalisation des réseaux de distribution au travers de la franchise. Cette évolution fulgurante  sera probablement le lot d’autres secteurs qui vont jaillir et s’imposer de plus en plus vite, avec des phases d’expansion rapide, de ralentissement et de transformations qui nécessiteront de la part des professionnels concernés beaucoup de réactivité et d’actualisation des compétences.

 

 

 

Ce qui signifie au final qu’en vertu du principe que la chance sourit aux audacieux, ceux qui mettront un peu de tripes et d’huile de coude dans l’exploration des domaines qui les intéressent ont beaucoup plus de chances d’y inventer une nouvelle fonction, d’y dénicher un métier fœtus, en bas âge ou adolescent qui pourrait être une véritable voie de reconversion pour eux.

 

 

Crédit photo : Mo & Jonny Williams

 

 

 

 

Voir aussi

 

Chronique d’une reconversion annoncée

Chronique d’une reconversion annoncée: les métiers en voie de disparition

Reconversion professionnelle dans l’artisanat: une aubaine pour les cadres… et pour l’artisanat!

Ithaque, premier influenceur sur la reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle: vous avez demandé la Lune… ne quittez pas…

Reconversion professionnelle: déterminer s’il est temps de changer de métier

 

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous avez un désir de reconversion professionnelle et voulez en explorer la pertinence et la faisabilité?  voulez construire et entretenir  l’estime de vous et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Plaisir au travail: un chef compétent sinon rien

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Une étude auprès de 35000 salariés révèle un élément constitutif de la satisfaction au travail particulièrement intéressant: le sentiment d’avoir un chef compétent. Cette étude m’a inspiré quelques pistes de réflexion sur le plaisir au travail et pour le choix de votre prochain job;)

 

 

satisfaction au travail

 

 

 

La compétence du chef, premier vecteur de satisfaction au travail

 

Les résultats de l’étude menée sur 35 000 salariés par Amanda Goodall, Benjamin Artz et Andrew Oswald sont édifiants: les compétences du chef influenceraient davantage le sentiment de satisfaction au travail que le salaire, le travail en lui-même ou le secteur d’activité. Et ce indépendamment du revenu ou du niveau d’étude (ce qui laisse à penser qu’il s’agit là d’un besoin professionnel de l’ordre du fondamental). Et cette influence paraît assez spectaculaire:

 

les compétences du chef, premier facteur de satisfaction au travail

 

Cette influence des compétences du patron sur le plaisir que l’on prend à travailler s’exprime de trois façons

 

  • Son aptitude à faire le travail de ses collaborateurs
  • Son parcours à l’intérieur de l’entreprise
  • Ses compétences techniques

 

 

Un boss capable de faire notre travail

 

La capacité d’un chef à faire le travail de son collaborateur est génératrice de satisfaction pour celui-ci. Et on peut le comprendre, il est plus agréable et plus légitime d’être évalué et managé par quelqu’un qui sait de quoi il parle.

 

Ca m’a rappelé mon début de carrière, dans une vie professionnelle antérieure, où j’ai été prof à Mantes la Jolie. Une inspectrice bien au chaud dans ses bureaux et épatée par la bonne tenue et la participation du groupe très black-blanc-beur auquel elle m’avait vue enseigner (en réalité un groupe intelligent et réactif), qui m’avait dit “finalement, la ZEP, c’est pas si compliqué qu’on le dit”. Et  ses deux trois points de critique portaient sur… les alternatives à l’enseignement traditionnel que j’avais mis en place pour parvenir à intéresser et impliquer les élèves^^.

 

Les retours d’un boss ayant une réelle connaissance opérationnelle et technique ont plus de valeur et ses demandes plus de poids. Son expérience, sa connaissance du quotidien de ses collaborateurs, ses contingences et ses impératifs le rend en quelque sorte légitime dans ses suggestions, ses opinions, ses demandes bref, son management. Ca ne vous surprendra pas, j’avais mis les requêtes de l’inspectrice poliment à la poubelle.

 

 

 

Un chef de l’intérieur

 

La satisfaction augmente aussi lorsque le boss est arrivé à son poste en gravissant les échelons de l’entreprise ou en est le fondateur.

 

La promotion en interne, par opposition au parachuté, confère peut-être au chef une dimension de représentation de la culture de l’entreprise – à laquelle il adhère, puisqu’il est resté. Il n’est pas un pantin qui agite les valeurs de l’entreprise, cette tarte à la crème malheureusement bien souvent plus marque employeur que socle fondateur, il incarne l’expérience et le goût pour un métier.

 

D’autre part, beaucoup de salariés sont fatigués du turnover de leurs boss car à chaque changement, il y a tout un écosystème à reconstruire, une dynamique à refondre, des adaptations nécessaires, c’est à dire de l’effort supplémentaire à fournir. Un pavé dans la mare à mobilité version marche forcée, où la “politique de l’entreprise” impose des changements de poste tous les trois ans, au détriment de la pérennité du bien-être et de la performance.

 

 

 

Un chef aux compétences techniques évidentes

 

Au même titre qu’il est assez curieux de voir un ministre passer de l’Education nationale à l’Agriculture, la parachutage d’un chef dans un service dont il maîtrise peu les tenants et aboutissants serait une erreur. L’expertise a de la valeur: “Afin d’être un excellent sommelier, il est indispensable d’être un expert en vin.” dit Harvard Business Review.

 

Un boss qui a des compétences techniques avérées et reconnues en tant que telles par ses collaborateurs donne le sentiment qu’on peut s’appuyer dessus d’une part et qu’il peut faire monter ses collaborateurs en compétence*. C’est quand même plus chouette que de devoir lui expliquer constamment ce qu’on fait, comment on le fait et pourquoi, vu qu’il ne comprend rien à notre métier, et de la voir prendre des décisions parfois absurdes en fonction de l’idée qu’il se fait du métier (lisez des directives venues d’en haut) et non pas en accord avec sa réalité et ses enjeux. Le parachuté peut très vite être perçu comme un exécutant des basses besognes liées à la stratégies de l’entreprise. Ca n’est pas très motivant.

 

Connaître le métier participe de l’autorité, non pas celle qui impose et contrôle, mais celle qui, par ses connaissances, sa valeur, son expérience, inspire le respect et favorise l’implication et donne envie de contribuer.

 

 

plaisir au travail

 

 

Compétence métier, appartenance et reconnaissance

 

Au final, les salariés aiment que leur chef soient l’un des leurs, qu’il ait vécu ce qu’ils vivent, ce qui favorise certainement le sentiment d’appartenance et de reconnaissance mutuelle si fondamental au plaisir au travail.

 

Le patron compétent, parce qu’il a une réelle connaissance du travail, a conscience de fait de leurs besoins, en termes de conditions d’exercice, de temps nécessaire, d’enjeux et sera plus à même de créer des environnements favorables. Frédéric Dard dirait qu’il je-vous-ai-comprise” et le sentiment d’être compris au boulot, c’est pas tous les jours que ça arrive, alors ça fait plaisir^^.

 

  • C’est l’un des nôtres.
  • Il parle le même langage.
  • On se reconnait en lui.
  • Parce qu’il est expert de son métier, il est une référence et une ressource.
  • Il n’est pas nécessaire de perdre du temps à lui expliquer les contraintes, exigences enjeux et spécificité du métier ou des tâches.
  • Il ne perd pas en crédibilité vis-à-vis de ses collaborateur lorsqu’il est amené à prendre la parole : il maîtrise le sujet et ne se contente pas de rapporter de façon plus ou moins adroite les idées d’autrui.
  • Il a une connaissance solide des motivations et des sources d’implication de ses collaborateurs (il en a fait l’expérience), de leurs besoins.

Inversement, le boss en défaut de compétences dans le métier passera vite pour un incompétent tout court, et pour peu qu’il ait peu de temps à consacrer à ses collaborateurs et à leurs besoins, il sera vite considéré comme méprisant leur réalité et préoccupé par d’autres priorités que leur quotidien et le travail bien fait. Il recevra vite du mépris en retour!

 

D’autre part, une autre étude avait aussi montré comment le sentiment d’incompétence du manager peut générer de l’agressivité vis-à-vis de ses collaborateurs. Ce qui expliquerait aussi l’insatisfaction des collaborateurs en question!

 

 

 

 

Des enjeux de management, de recrutement, de recherche d’emploi

 

Autant de pistes de réflexion pour la stratégie managériale de l’entreprise et en particulier pour sa gestion des talents (je vous avais prévenus^^*): les chefs baladés d’un poste à un autre sont une fausse bonne idée, autant pour le bien-être et la performance de leurs collaborateurs que, parfois, pour eux-mêmes. Puisque les carrières linéaires sont en perte de vitesse, il est peut-être temps de réfléchir à laisser plus longtemps en poste des chefs qui se sentent à leur place, sont expert de leur métier et n’ont pas forcément envie de changer de job.

 

Cependant j’ai été surprise de voir que l’information a été largement relayée par des sites RH et management, tout en omettant – en évitant? – la question des implications en termes de management et de recrutement. Visiblement, voilà encore une étude qui ne bousculera pas le statu quo managérial, aussi une suggestion à ceux qui voudraient changer de boulot: choisissez bien votre chef;)

 

Celui qui vous rendra heureux n’est pas un leader inspirant avec une vision qui manie des valeurs vides comme des carottes à motivation, et que François Dupuy qualifierait de gourou,  dont on nous rabat les oreilles à longueur de guide du parfait petit manager. C’est une technicien hors pair, un expert de son métier, qui parlera le même langage que vous et connaîtra vos préoccupations quotidiennes. Posez-lui des questions sur son parcours professionnel!

 

Et si en plus il est doté d’un doigt d’élégance relationnelle, qu’il sait faire confiance à ses équipes et préfère leur laisser un peu de liberté, de marge de manœuvre dans l’exécution des tâches et qu’il n’xige pas de reporting à tout va, allez-y les yeux fermés;)

 

 

*mes excuses, j’ai décidé aujourd’hui de faire dans la sémantique facile et d’avoir recours aux lieux communs du jargon managérial

 

 

 

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Aller plus loin

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Changer son monde, changer le monde

Sylvaine Pascual – Publié dans Regards croisés

 

 

 

L’après Charlie, quel peut-il être? Nous sommes nombreux à avoir la cafetière qui se met la rate au court-bouillon pour ne pas laisser retomber le soufflé, pour réfléchir à ce que nous pouvons faire pour vivre le monde en mieux, pendant que nos hommes politiques vont s’occuper de “prendre leurs responsabilités” en pondant du liberticide en veux-tu-en-voilà plutôt que de l’éducatif, du fraternel, de l’huile à mayonnaise de vivre ensemble. Peut-être que nous pouvons tous commencer par être un poil plus exemplaires des valeurs que nous aimons porter en bandoulière.

 

 

 

changer son mode, changer le monde

 

 

Malheureusement, nous avons le sentiment d’être impuissants face à l’extrémisme (TOUS les extrémismes) et que nos actes seront sans conséquence, une goutte de bonnes intention dans un océan inerte. Et nous avons sacrément tort.

 

Attendre des politiques qu’ils prennent les choses en main est évidemment légitime, même si on aimerait qu’ils s’y prennent autrement. Mais au niveau individuel, que pouvons-nous faire? La question me met ladite cafetière en ébullition depuis plusieurs jours et deux éléments de réponse pointent le bout de leur joli tarin à chaque fois que j’y pense:

 

  • Etre plus exemplaires de nos valeurs (que j’avais déjà un peu évoqué )
  • Apaiser nos rapports aux autres

Seulement voilà, ce carnage m’a laissé l’âme nouée et le verbe en rideau. Je n’ai pas de mots, j’ai le clavier aux abonnés absents. Et en cherchant un exemple de ce que je voulais exprimer, je suis tombée sur cette courte animation de RSAnimate, qui résume peu ou prou le premier point : changer notre monde, c’est changer le monde et cela passe justement par le fait de trouver les moyens d’exprimer nos valeurs profondes. Je vous fais une traduction personnelle de ce texte de Jody Willliams, prix Nobel de la paix 1997.

 

 

 

 

 

“Ce qui a nourri ma passion pour le changement, c’est l’indignation face à l’injustice.

Tout le monde peut être acteur du changement. Il suffit de découvrir ce qui vous exalte le plus – il peut s’agir de n’importe quoi. Une question qui vous passionne et qui, en y oeuvrant, vous permet de contribuer au bien commun, Y COMPRIS pour ceux que vous n’appréciez pas particulièrement, politiquement ou idéologiquement. Je crois que tout le monde devrait consacrer deux ou trois heures par mois au bénévolat.

Il me semble que beaucoup de gens croient que s’ils ne peuvent s’attaquer à tous les problèmes du monde et y trouver des solutions qui changeront tout en une nuit, ça ne sert à rien.

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce point de vue. Je crois que chacune de nos actions contribue au changement. Je crois au pouvoir que chacun d’entre nous a, pouvoir de décider de participer activement à la création du monde dans lequel nous voulons vivre, ou de décider de ne rien faire (ce qui est aussi un choix, même si nous prétendons le contraire).

Combien de gens disent “Oh moi, la politique, ça ne m’intéresse pas”. Pourtant, chacun de nos actes est politique, parce que les interactions entre être humains sont politiques. Je crois que nous devons nous sentir capables de faire ce choix. Et si nous choisissons d’être enthousiasmés par quelque chose et  de pourtant ne rien faire? C’est un choix. Le choix de ne rien faire. Et croyez-moi, d’autres se sentiront capables de faire le choix de l’action, de prendre la place et de les utiliser pour accomplir ce qu’ILS ont décidé.”

 

En d’autres termes, il ne suffit pas de revendiquer des valeurs, de les porter de drapeau de notre vertu une fois par siècle – de préférence après une tragédie – encore faut-il en faire concrètement quelque chose. Chaque fois que nous n’agissons pas pour être exemplaires et promoteurs bienveillants de nos valeurs, d’autres le font à notre place, parfois malgré nous, avec des valeurs parfois opposées, parfois discutables, parfois ignobles. Et eux, puisqu’ils agissent, façonnent le monde.

 

Soyons donc l’incarnation, les chevaliers pas si masqués de nos valeurs, dans chacun de nos actes et œuvrons dans le sens du bien commun (une valeur qui s’exprime au détriment de l’autre est une prise de pouvoir, une violence), du vivre ensemble, pour un monde plus beau, plus drôle, plus accueillant, plus nourrissant. Ne cherchons ni à les imposer, ni à les exiger d’autrui, mais à montrer simplement ce qu’elles signifient à nos yeux, à agir en harmonie avec elles. Alors nous aurons une influence positive sur notre petit monde et de goutte d’eau en effet papillon, nous changerons le monde.

 

Quelles sont les valeurs qui vous animent?

Quelles sont les valeurs que vous aimeriez voir fleurir dans le monde?

A quelles actions concrètes correspondent-elles? Ou bien quelles actions concrètes, quels comportements en sont des exemples manifestes?

Comment les exprimer davantage, les incarner?

 

 

Jody Williams parle de bénévolat, ce qui me paraît limitatif. C’est tout notre mode de vie qui peut respirer nos valeurs. Sur le plan professionnel, cela passe par nos choix de carrière, d’entreprises porteuses de sens, par les partis que nous prenons, par l’expression de nos idées et de nos opinions. Cela passe aussi par des comportements et des façons d’être en relation sans peur et sans reproche, nous y reviendrons. Quand j’aurais retrouvé un peu de verbe:)

 

Et vous, quelles actions individuelles voyez-vous pour créer le monde après Charlie?

 

 

 

Un clin d’oeil à Céline, Vincent, François, Titou et Pepita, Laurent avec qui on a évoqué l’ #aprèsCharlie et qui m’ont inspirée et poussée à réfléchir:)

 

 

Voir aussi

 

Connaissance de soi: les valeurs morales

Ce que nos lectures disent de nous

Connaissance de soi et traditions

Nous sommes ce(ux) que nous honorons

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie

Contribuer

Entraide et coopération

Les traces que nous laissons derrière nous