Plaisir au travail: un chef compétent sinon rien

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Une étude auprès de 35000 salariés révèle un élément constitutif de la satisfaction au travail particulièrement intéressant: le sentiment d’avoir un chef compétent. Cette étude m’a inspiré quelques pistes de réflexion sur le plaisir au travail et pour le choix de votre prochain job;)

 

 

satisfaction au travail

 

 

 

La compétence du chef, premier vecteur de satisfaction au travail

 

Les résultats de l’étude menée sur 35 000 salariés par Amanda Goodall, Benjamin Artz et Andrew Oswald sont édifiants: les compétences du chef influenceraient davantage le sentiment de satisfaction au travail que le salaire, le travail en lui-même ou le secteur d’activité. Et ce indépendamment du revenu ou du niveau d’étude (ce qui laisse à penser qu’il s’agit là d’un besoin professionnel de l’ordre du fondamental). Et cette influence paraît assez spectaculaire:

 

les compétences du chef, premier facteur de satisfaction au travail

 

Cette influence des compétences du patron sur le plaisir que l’on prend à travailler s’exprime de trois façons

 

  • Son aptitude à faire le travail de ses collaborateurs
  • Son parcours à l’intérieur de l’entreprise
  • Ses compétences techniques

 

 

Un boss capable de faire notre travail

 

La capacité d’un chef à faire le travail de son collaborateur est génératrice de satisfaction pour celui-ci. Et on peut le comprendre, il est plus agréable et plus légitime d’être évalué et managé par quelqu’un qui sait de quoi il parle.

 

Ca m’a rappelé mon début de carrière, dans une vie professionnelle antérieure, où j’ai été prof à Mantes la Jolie. Une inspectrice bien au chaud dans ses bureaux et épatée par la bonne tenue et la participation du groupe très black-blanc-beur auquel elle m’avait vue enseigner (en réalité un groupe intelligent et réactif), qui m’avait dit “finalement, la ZEP, c’est pas si compliqué qu’on le dit”. Et  ses deux trois points de critique portaient sur… les alternatives à l’enseignement traditionnel que j’avais mis en place pour parvenir à intéresser et impliquer les élèves^^.

 

Les retours d’un boss ayant une réelle connaissance opérationnelle et technique ont plus de valeur et ses demandes plus de poids. Son expérience, sa connaissance du quotidien de ses collaborateurs, ses contingences et ses impératifs le rend en quelque sorte légitime dans ses suggestions, ses opinions, ses demandes bref, son management. Ca ne vous surprendra pas, j’avais mis les requêtes de l’inspectrice poliment à la poubelle.

 

 

 

Un chef de l’intérieur

 

La satisfaction augmente aussi lorsque le boss est arrivé à son poste en gravissant les échelons de l’entreprise ou en est le fondateur.

 

La promotion en interne, par opposition au parachuté, confère peut-être au chef une dimension de représentation de la culture de l’entreprise – à laquelle il adhère, puisqu’il est resté. Il n’est pas un pantin qui agite les valeurs de l’entreprise, cette tarte à la crème malheureusement bien souvent plus marque employeur que socle fondateur, il incarne l’expérience et le goût pour un métier.

 

D’autre part, beaucoup de salariés sont fatigués du turnover de leurs boss car à chaque changement, il y a tout un écosystème à reconstruire, une dynamique à refondre, des adaptations nécessaires, c’est à dire de l’effort supplémentaire à fournir. Un pavé dans la mare à mobilité version marche forcée, où la “politique de l’entreprise” impose des changements de poste tous les trois ans, au détriment de la pérennité du bien-être et de la performance.

 

 

 

Un chef aux compétences techniques évidentes

 

Au même titre qu’il est assez curieux de voir un ministre passer de l’Education nationale à l’Agriculture, la parachutage d’un chef dans un service dont il maîtrise peu les tenants et aboutissants serait une erreur. L’expertise a de la valeur: “Afin d’être un excellent sommelier, il est indispensable d’être un expert en vin.” dit Harvard Business Review.

 

Un boss qui a des compétences techniques avérées et reconnues en tant que telles par ses collaborateurs donne le sentiment qu’on peut s’appuyer dessus d’une part et qu’il peut faire monter ses collaborateurs en compétence*. C’est quand même plus chouette que de devoir lui expliquer constamment ce qu’on fait, comment on le fait et pourquoi, vu qu’il ne comprend rien à notre métier, et de la voir prendre des décisions parfois absurdes en fonction de l’idée qu’il se fait du métier (lisez des directives venues d’en haut) et non pas en accord avec sa réalité et ses enjeux. Le parachuté peut très vite être perçu comme un exécutant des basses besognes liées à la stratégies de l’entreprise. Ca n’est pas très motivant.

 

Connaître le métier participe de l’autorité, non pas celle qui impose et contrôle, mais celle qui, par ses connaissances, sa valeur, son expérience, inspire le respect et favorise l’implication et donne envie de contribuer.

 

 

plaisir au travail

 

 

Compétence métier, appartenance et reconnaissance

 

Au final, les salariés aiment que leur chef soient l’un des leurs, qu’il ait vécu ce qu’ils vivent, ce qui favorise certainement le sentiment d’appartenance et de reconnaissance mutuelle si fondamental au plaisir au travail.

 

Le patron compétent, parce qu’il a une réelle connaissance du travail, a conscience de fait de leurs besoins, en termes de conditions d’exercice, de temps nécessaire, d’enjeux et sera plus à même de créer des environnements favorables. Frédéric Dard dirait qu’il je-vous-ai-comprise” et le sentiment d’être compris au boulot, c’est pas tous les jours que ça arrive, alors ça fait plaisir^^.

 

  • C’est l’un des nôtres.
  • Il parle le même langage.
  • On se reconnait en lui.
  • Parce qu’il est expert de son métier, il est une référence et une ressource.
  • Il n’est pas nécessaire de perdre du temps à lui expliquer les contraintes, exigences enjeux et spécificité du métier ou des tâches.
  • Il ne perd pas en crédibilité vis-à-vis de ses collaborateur lorsqu’il est amené à prendre la parole : il maîtrise le sujet et ne se contente pas de rapporter de façon plus ou moins adroite les idées d’autrui.
  • Il a une connaissance solide des motivations et des sources d’implication de ses collaborateurs (il en a fait l’expérience), de leurs besoins.

Inversement, le boss en défaut de compétences dans le métier passera vite pour un incompétent tout court, et pour peu qu’il ait peu de temps à consacrer à ses collaborateurs et à leurs besoins, il sera vite considéré comme méprisant leur réalité et préoccupé par d’autres priorités que leur quotidien et le travail bien fait. Il recevra vite du mépris en retour!

 

D’autre part, une autre étude avait aussi montré comment le sentiment d’incompétence du manager peut générer de l’agressivité vis-à-vis de ses collaborateurs. Ce qui expliquerait aussi l’insatisfaction des collaborateurs en question!

 

 

 

 

Des enjeux de management, de recrutement, de recherche d’emploi

 

Autant de pistes de réflexion pour la stratégie managériale de l’entreprise et en particulier pour sa gestion des talents (je vous avais prévenus^^*): les chefs baladés d’un poste à un autre sont une fausse bonne idée, autant pour le bien-être et la performance de leurs collaborateurs que, parfois, pour eux-mêmes. Puisque les carrières linéaires sont en perte de vitesse, il est peut-être temps de réfléchir à laisser plus longtemps en poste des chefs qui se sentent à leur place, sont expert de leur métier et n’ont pas forcément envie de changer de job.

 

Cependant j’ai été surprise de voir que l’information a été largement relayée par des sites RH et management, tout en omettant – en évitant? – la question des implications en termes de management et de recrutement. Visiblement, voilà encore une étude qui ne bousculera pas le statu quo managérial, aussi une suggestion à ceux qui voudraient changer de boulot: choisissez bien votre chef;)

 

Celui qui vous rendra heureux n’est pas un leader inspirant avec une vision qui manie des valeurs vides comme des carottes à motivation, et que François Dupuy qualifierait de gourou,  dont on nous rabat les oreilles à longueur de guide du parfait petit manager. C’est une technicien hors pair, un expert de son métier, qui parlera le même langage que vous et connaîtra vos préoccupations quotidiennes. Posez-lui des questions sur son parcours professionnel!

 

Et si en plus il est doté d’un doigt d’élégance relationnelle, qu’il sait faire confiance à ses équipes et préfère leur laisser un peu de liberté, de marge de manœuvre dans l’exécution des tâches et qu’il n’xige pas de reporting à tout va, allez-y les yeux fermés;)

 

 

*mes excuses, j’ai décidé aujourd’hui de faire dans la sémantique facile et d’avoir recours aux lieux communs du jargon managérial

 

 

 

Voir aussi

 

Les talents naturels, passeport pour le plaisir au travail

Le plaisir au travail, c’est bien autre chose que multiplier les récrés!

Bien-être et plaisir au travail: les compétences psychosociales

Job crafting: devenir l’artisan de son propre plaisir au travail

10 trucs pour augmenter le plaisir au travail et moins procrastiner

 

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez renouer avec le plaisir au travail? Vous  voulez construire et entretenir  l’estime de vous et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Changer son monde, changer le monde

Sylvaine Pascual – Publié dans Regards croisés

 

 

 

L’après Charlie, quel peut-il être? Nous sommes nombreux à avoir la cafetière qui se met la rate au court-bouillon pour ne pas laisser retomber le soufflé, pour réfléchir à ce que nous pouvons faire pour vivre le monde en mieux, pendant que nos hommes politiques vont s’occuper de “prendre leurs responsabilités” en pondant du liberticide en veux-tu-en-voilà plutôt que de l’éducatif, du fraternel, de l’huile à mayonnaise de vivre ensemble. Peut-être que nous pouvons tous commencer par être un poil plus exemplaires des valeurs que nous aimons porter en bandoulière.

 

 

 

changer son mode, changer le monde

 

 

Malheureusement, nous avons le sentiment d’être impuissants face à l’extrémisme (TOUS les extrémismes) et que nos actes seront sans conséquence, une goutte de bonnes intention dans un océan inerte. Et nous avons sacrément tort.

 

Attendre des politiques qu’ils prennent les choses en main est évidemment légitime, même si on aimerait qu’ils s’y prennent autrement. Mais au niveau individuel, que pouvons-nous faire? La question me met ladite cafetière en ébullition depuis plusieurs jours et deux éléments de réponse pointent le bout de leur joli tarin à chaque fois que j’y pense:

 

  • Etre plus exemplaires de nos valeurs (que j’avais déjà un peu évoqué )
  • Apaiser nos rapports aux autres

Seulement voilà, ce carnage m’a laissé l’âme nouée et le verbe en rideau. Je n’ai pas de mots, j’ai le clavier aux abonnés absents. Et en cherchant un exemple de ce que je voulais exprimer, je suis tombée sur cette courte animation de RSAnimate, qui résume peu ou prou le premier point : changer notre monde, c’est changer le monde et cela passe justement par le fait de trouver les moyens d’exprimer nos valeurs profondes. Je vous fais une traduction personnelle de ce texte de Jody Willliams, prix Nobel de la paix 1997.

 

 

 

 

 

“Ce qui a nourri ma passion pour le changement, c’est l’indignation face à l’injustice.

Tout le monde peut être acteur du changement. Il suffit de découvrir ce qui vous exalte le plus – il peut s’agir de n’importe quoi. Une question qui vous passionne et qui, en y oeuvrant, vous permet de contribuer au bien commun, Y COMPRIS pour ceux que vous n’appréciez pas particulièrement, politiquement ou idéologiquement. Je crois que tout le monde devrait consacrer deux ou trois heures par mois au bénévolat.

Il me semble que beaucoup de gens croient que s’ils ne peuvent s’attaquer à tous les problèmes du monde et y trouver des solutions qui changeront tout en une nuit, ça ne sert à rien.

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce point de vue. Je crois que chacune de nos actions contribue au changement. Je crois au pouvoir que chacun d’entre nous a, pouvoir de décider de participer activement à la création du monde dans lequel nous voulons vivre, ou de décider de ne rien faire (ce qui est aussi un choix, même si nous prétendons le contraire).

Combien de gens disent “Oh moi, la politique, ça ne m’intéresse pas”. Pourtant, chacun de nos actes est politique, parce que les interactions entre être humains sont politiques. Je crois que nous devons nous sentir capables de faire ce choix. Et si nous choisissons d’être enthousiasmés par quelque chose et  de pourtant ne rien faire? C’est un choix. Le choix de ne rien faire. Et croyez-moi, d’autres se sentiront capables de faire le choix de l’action, de prendre la place et de les utiliser pour accomplir ce qu’ILS ont décidé.”

 

En d’autres termes, il ne suffit pas de revendiquer des valeurs, de les porter de drapeau de notre vertu une fois par siècle – de préférence après une tragédie – encore faut-il en faire concrètement quelque chose. Chaque fois que nous n’agissons pas pour être exemplaires et promoteurs bienveillants de nos valeurs, d’autres le font à notre place, parfois malgré nous, avec des valeurs parfois opposées, parfois discutables, parfois ignobles. Et eux, puisqu’ils agissent, façonnent le monde.

 

Soyons donc l’incarnation, les chevaliers pas si masqués de nos valeurs, dans chacun de nos actes et œuvrons dans le sens du bien commun (une valeur qui s’exprime au détriment de l’autre est une prise de pouvoir, une violence), du vivre ensemble, pour un monde plus beau, plus drôle, plus accueillant, plus nourrissant. Ne cherchons ni à les imposer, ni à les exiger d’autrui, mais à montrer simplement ce qu’elles signifient à nos yeux, à agir en harmonie avec elles. Alors nous aurons une influence positive sur notre petit monde et de goutte d’eau en effet papillon, nous changerons le monde.

 

Quelles sont les valeurs qui vous animent?

Quelles sont les valeurs que vous aimeriez voir fleurir dans le monde?

A quelles actions concrètes correspondent-elles? Ou bien quelles actions concrètes, quels comportements en sont des exemples manifestes?

Comment les exprimer davantage, les incarner?

 

 

Jody Williams parle de bénévolat, ce qui me paraît limitatif. C’est tout notre mode de vie qui peut respirer nos valeurs. Sur le plan professionnel, cela passe par nos choix de carrière, d’entreprises porteuses de sens, par les partis que nous prenons, par l’expression de nos idées et de nos opinions. Cela passe aussi par des comportements et des façons d’être en relation sans peur et sans reproche, nous y reviendrons. Quand j’aurais retrouvé un peu de verbe:)

 

Et vous, quelles actions individuelles voyez-vous pour créer le monde après Charlie?

 

 

 

Un clin d’oeil à Céline, Vincent, François, Titou et Pepita, Laurent avec qui on a évoqué l’ #aprèsCharlie et qui m’ont inspirée et poussée à réfléchir:)

 

 

Voir aussi

 

Connaissance de soi: les valeurs morales

Ce que nos lectures disent de nous

Connaissance de soi et traditions

Nous sommes ce(ux) que nous honorons

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie

Contribuer

Entraide et coopération

Les traces que nous laissons derrière nous

 

 

 

 

 

Humour, liberté d’expression, tous Charlie Hebdo

Sylvaine Pascual – Publié dans Regards croisés

 

 

Je vous avais préparé un petit post léger comme une plume, histoire de s’aérer la cafetière loin des injonctions, des bonnes résolutions et de tous les salamalecs d’usage en début d’année. Mais vu l’actualité, je le remise dans mon carton et je choisis un hommage aux courageux morts d’avoir aimé rigoler…

 

 

Sous le choc du carnage de Charlie Hebdo et comme le disait avec émotion Serge Moati au micro de France Inter “les mots sont trop petits pour parler de ce qu’on ressent”. On a peut-être conscience que le jour est brouillardeux et qu’au fond de nous il y a une colère sourde, une tristesse immense, ou comme l’exprimait cette lectrice de notre torche-cul préféré, qu’on est “fatigué de partout”.

 

 

Il y a aussi sans doute l’impression qu’on ne devrait pas rester là, les bras ballants d’absurdité. Alors pour ma part je suis allée acheter Charlie Hebdo, j’ai voulu m’abonner à Charlie Hebdo, avec le sentiment qu’il est primordial d’être solidaire, de sauver la liberté et le rire.

 

 

valeurs impertinence

 

 

Wolinski nous avait prévenus: y’a plus de valeurs!

 

Pourtant, cette tuerie me renvoie justement a mes valeurs.  La liberté d’expression est à mes yeux un principe, un droit fondamental, une valeur sans laquelle une société n’a pas de sens et n’est que le fantôme de ses aspirations humanistes.

 

Le carnage de Charlie Hebdo me renvoie aussi que le rire, sous ses formes jubilatoires que sont l’humour, la dérision, la caricature, la satire devraient être un principe, un droit fondamental, une valeur sans laquelle une société n’est que l’ombre de l’humanité.

 

 

Alors je vous propose d’en profiter pour prendre quelques minutes pour réfléchir aux valeurs fondamentales qui vous animent, ces forces qui vous gouvernent, pour lesquelles vous ne courberiez jamais l’échine. Et autant le faire en se gondolant un peu, histoire de rendre un véritable hommage aux courageux morts d’avoir aimé rigoler, un crayon à la main, à ceux aussi qui sont morts d’avoir voulu protéger ceux qui aimaient rigoler. Aussi libérons la part de Charlie Hebdo en chacun de nous, celle qui voudrait se bidonner de tout mais s’auto-censure à coups de politiquement correct. Cultivons l’impertinence, l’irrévérence, la contestation truculente, l’ironie joyeuse face à tout ce qui vient bousculer les valeurs en question. Et laissons le Charlie en question nous aider un peu à nous lâcher le bâton de bienséance:

 

 

cultiver irreverence impertinence

 

 

 

Et puis n’oublions pas aussi d’en rire, de ces valeurs compassées, de rire de nous-mêmes, de moi, de vous, de nos croyances rigides, réacs, naïves ou anté-ferroviaires, de nos contradictions incompréhensibles, de nos limites, de nos manquements, de nos défauts, de nos intolérances, de nos offuscations, de nos duducheries, de nos morales douteuses, de nos agacements, de nos beaufitudes, de nos jugements péremptoires, de nos franchouillardises, de nos complexes de supériorité.

 

 

valeurs rire

 

 

Et rions des oppresseurs, des pisse-froid, des censeurs, des autoritaires, des sournois, des fanatiques, des manipulateurs, des enmanchés, des gourdiflots, des aigris, des chagrins, des bien-pensants, des étriqués, des coincés du bulbe, des bêcheurs, des caves, des déplumés, des pégreleux, des enquiquineurs, des refoulés du zygomatique, des atrabilaires, des moroses, des renfrognés, des bégueules, des obscurantistes, des liberticides, des inflexibles, des puritains, des intégristes, des dictateurs, des persécuteurs, des corniauds, des sinistres, des austères, des ténébreux…

 

 

droit à l'humour

 

Et continuons à mettre de l’huile sur le feu de l’humour, de la liberté de parole, de pensée, d’expression, de rire. Et d’être tous un peu Charlie:)

 

#jesuischarlie

 

 

 

Edit du 9 janvier – A lire aussi, sur l’épatant blog Morbleu!

 

 

 

 

Seconde partie de carrière: exploration et orientation

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Temps de crise oblige, la deuxième partie de carrière inquiète plus qu’elle ne fait vibrer. Pourtant, comme dirait l’Apec, à mi-carrière, tout est possible! C’est avant tout une opportunité d’envisager un autre avenir professionnel, de rebondir plutôt que de s’embourber, d’explorer les possibles, les projets professionnels qui lui donneront une tournure solide réjouissante et durable. 

 

 

quelle orientation pour une seconde partie de carrière

 

 

 

J’ai eu le grand plaisir d’être invitée par l’Apec à participer à la Semaine de la seconde partie de carrière et d’y trouver, bien loin des idées reçues, de la frilosité et du formatage qui sévit chez certains cabinets d’accompagnement à la gestion de carrière, un esprit d’ouverture, d’exploration et de dynamisme face à la seconde partie de carrière, envisagée sous un angle résolument optimiste qui permet aux seniors de faire de leur expérience un véritable atout au service de leurs aspirations professionnelles. Plutôt que de subir l’arrivée dans la seconde partie de leur carrière avec le découragement et la résignation que la morosité ambiante semble imposer.

 

Cet esprit enthousiasmant est incarné entre autres par Marie-Ange Laurier, avec qui j’ai participé au chat vidéo animé par Thomas Baligand et qui, bien loin des avertissements d’usage et des jugements péremptoires sur des pistes d’évolution professionnelles “réalistes”, défend l’encouragement à explorer les désirs de réorientation, même les plus étonnants, éloignés du métier de départ ou farfelus pour mener à des reconversions épatantes qui produit des professionnels heureux et motivés. Comme en témoignaient les 10 invités à une soirée les Informels, organisée par l’Apec en 2012, qui venaient prodiguer leurs conseils de reconvertis réjouis de leur seconde vie professionnelle.

 

 

 

 

Les évolutions frileuses fondées uniquement sur une vison forcément étriquée de la “réalité du marché” et les compétences (professionnelles only, hein, on va quand même pas croire à vos talents personnels) établies seraient-elles en passe de finir enfin aux oubliettes? ;)

 

 

 

Seconde partie de carrière, quelle orientation?

 

 

Le massage général qui ressort de ce chat est que la marge de manoeuvre et le champ des possibles sont bien plus étendus qu’on ne l’imagine en général et qu’ils méritent une exploration curieuse et méticuleuse: ochacun pourrait bien trouver dans ses aspirations et son unicité des pistes pour une seconde partie de carrière heureuse.

 

40% des cadres ont encore plus de 20 ans de carrière devant eux et se retrouvent face aux questionnements que cette seconde partie de carrière suscite. Quête de sens, désir de reconversion et/ou d’entreprendre, recherche de piste pour reconstruire l’employabilité ou faciliter le retour à l’emploi, c’est une étape cruciale dans la vie d’un salarié. Quelle orientation donner à cette seconde partie de carrière? L’on peut dégager trois directions possibles:

 

1- Retrouver confiance

Arrivé à la quarantaine ou déjà quinqua, au regard des discours dans les médias, cette étape de la vie professionnelle peut être l’occasion de douter. Douter de la valeur de ses compétences, du sens de sa carrière, de sa faculté à retrouver un emploi dans un marché difficile et nécessite alors de faire un point sur soi pour se revaloriser et revaloriser ses atouts, d’abord à ses propres yeux, avant de pouvoir aller convaincre des recruteurs.

 

Non, la génération X n’est pas une collection de dynosaures figés dans la naphtaline de leurs certitudes et les atouts des seniors sont à revaloriser pour qu’ils puissent s’appuyer sur ce qu’ils sont plutôt que sur ce qu’ils devraient être (en l’occurrence, 10 ans plus jeunes).

 

2- Explorer un désir de reconversion

Le milieu de carrière peut aussi être une opportunité de réfléchir à d’autres itinéraires professionnels et en particulier aux bifurcations vers d’autres métiers. Cette période est d’ailleurs de plus en plus souvent un tremplin vers de nouveaux horizons, par envie d’autre chose, par volonté de mettre du sens dans sa carrière ou son métier, autant que pour compenser le sentiment d’employabilité en déclin dans le métier d’origine. Ce désir de reconversion peut aussi s’exprimer par l’entrepreneuriat ou par un changement de métier en interne.

 

3- Redynamiser une carrière et retrouver du plaisir au travail

Elle peut aussi être l’heure des questionnements, non pas temps sur une bifurcation spectaculaire, mais plutôt sous l’angle d’une redynamisation par le plaisir et la motivations: ur un projet dans le prolongement de sa carrière sous d’autres conditions, dans d’autres cadres, d’autres structures, d’autres lieux, histoire de redonner du sens à un métier qu’on apprécie toujours, mais dont les tâches ou les conditions d’exercice ont évolué d’une façon pesante.

 

 

Les explorations nécessaires

 

Pour synthétiser, il s’agit donc tout simplement de s’autoriser les explorations, puisqu’elles sont nécessaires, sans être une prise de risque (l’exploration n’est pas le grand saut!), celles qui sont les seules à pouvoir vous faire décider de la validité, de la faisabilité d’une piste et d’en évaluer la pertinence et la cohérence avec la personne que vous êtes et le professionnel que vous avez envie de devenir. Ces explorations sont nécessaires parce qu’elles vous permettent de faire votre propre tri entre ce qui est possible et motivant pour vous et ce qui ne l’est pas:

 

  • De renoncer à un projet en connaissance de cause et sans regrets (ce qui vous évitera 20 ans de “et si j’avais osé?”)
  • De construire un projet réalisable plutôt que “réaliste” (nous y reviendrons), un projet fort, suffisamment moteur pour vous donner la confiance et la détermination nécessaires à sa réalisation et pour vous rendre convaincu et convaincant.

 

S’autoriser à explorer les possibles plutôt que fermer les pistes, voilà une alternative réjouissante, qui pousse au dynamisme, à l’ambition, à la concrétisation de projets de seconde partie de carrière.

 

 

Cette Semaine de la seconde partie de carrière a été élaborée par un comité composé de cadres expérimentés et d’experts RH, plus moi-même. De gauche à droite: Serge Volkoff (chercheur), Anne Courtois, Sylvaine Pascual (coach), Isabelle Imbert, Didier Barrial du Breuil, Marie-Ange Laurier (consultante Apec).

 

Le comité de rédaction de la semaine spéciale "Seconde partie de carrière"

 

 

 

 

Voir aussi

 

Les atouts de ceux qui ont changé de métier

Reconversion professionnelle dans l’artisanat: une aubaine pour les cadres… et pour l’artisanat!

Ithaque, premier influenceur sur la reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle: un passeport d’orientation

Reconversion professionnelle: vous avez demandé la Lune… ne quittez pas…

Reconversion professionnelle: déterminer s’il est temps de changer de métier

 

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous avez un désir de reconversion professionnelle et voulez en explorer la pertinence et la faisabilité?  voulez construire et entretenir  l’estime de vous et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

2015 dans la joie!

 
 

O ces larges beaux jours dont les matins flamboient!

La terre ardente et fière est plus superbe encor

Et la vie éveillée est d’un parfum si fort

Que tout l’être s’en grise et bondit vers la joie.

 

Soyez remerciés, mes yeux,

D’êtres restés si clairs, sous mon front déjà vieux,

Pour voir au loin bouger et vibrer la lumière;

Et vous mes mains, de tressaillir dans le soleil;

Et vous, mes doigts, de recueillir les fruits vermeils

Pendus au long des murs, près des roses trémières.

 

(…)

O ces matins de fête et de calme beauté!

Rose dont la rosée orne les purs visages,,

Oiseaux venus vers nous, comme de blancs présages,

Jardins d’ombre massive ou de frêle clarté!

 

Emile Verhaeren

 

 

2015 sous le signe de la joie

 

 

Je vous souhaite de trouver cette année mille façons de cultiver la joie

 

La joie symphonique de Beethoven

La joie truculente de Rabelais

La joie libre de Spinoza

La joie enfantine de Dorothy Gale

La joie fauve de Braque

La joie voluptueuse d’Omar Khayyam

La joie fervente de Gide

La joie cubique de Picasso

La joie goguenarde de Frédéric Dard

La joie bonhomme de Brassens

La joie innocente de Forrest Gump

La joie simple d’Alexandre Jollien

 

Je vous souhaite de cultiver la joie sous toutes ces formes: aise, allégresse, amusement, ardeur, avantage, béatitude, bien-être, bienfait, bonheur, consolation, contentement, délice, douceur,enchantement, enjouement, enthousiasme, entrain, épanouissement, euphorie, exaltation, extase, exultation, félicité, fierté, gaieté, griserie, hilarité, ivresse, jouissance, jubilation, liesse, plaisir, ravissement, rayonnement, régal, réjouissance, rigolade, rire, satisfaction, sourire, transport, volupté…

 

Et d’y puiser l’énergie indispensable à la réalisation de vos projets:)

 
 
 
 

Accepter ce que l’on est… et s’appuyer dessus!

Sylvaine Pascual – publié dans Bien-être et estime de soi

 

 

 

La libellule est épatante, qui puise dans ses ailes fragiles mais indépendantes des opportunités de prouesses aéroportées, plutôt que d’envier au criquet pèlerin sa capacité à voler avec des ailes déchirées. Prenons-en de la graine: c’est au cœur de nos caractéristiques personnelles que se trouve le secret de notre réussite, aussi apprenons à les accepter et à les exploiter, au lieu de nous rêver autre que ce que nous sommes.

 

 

réconciliation avec soi: s'appuyer sur ses talents

 

 

 

Auto-antipathie et goulag de nous-mêmes

 

Nos auto-critiques font de nous les Staline impitoyables de notre petite équipe interne. On se déporterait facilement un ou deux traits de personnalité en Sibérie, pour peu que ça nous rapproche de l’archétype du héros moderne. A défaut de quoi, point de salut, goulag direct! La bienveillance, la gentillesse, c’est déjà pas simple avec les autres, alors on va pas en plus se l’appliquer à soi-même!

 

Et hop! Nous voilà en guerre picrocholine contre nous-mêmes, cherchant à lutter contre, à vaincre une timidité, un brin de procrastination, une grande sensibilité, un côté ermite, rêveur ou je ne sais quoi d’autre, car la liste est interminable: dès lors qu’une caractéristique se manifeste un peu trop volontiers, ou qu’elle est mal vue par un commun des mortels prompt à cataloguer, elle a tendance à nous apparaître comme un défaut. Et c’est le début des hostilités intérieures, sous forme de pensées auto-invalidantes, de jugements sans appel, bref, de dévalorisation à laquelle on trouve toujours des justifications (bidons of course)

 

Le développement personnel et professionnel devrait être un moyen de se réconcilier avec soi-même, de porter un regard bienveillant sur les êtres humains imparfaits que nous sommes, de savoir sur quels ressorts et ressources internes nous appuyer, d’aimer nos talents et nos caractéristiques, pas de nous transformer en parfaits petits clones prêt à l’emploi et à la réussite, au prix d’un combat sans merci et forcément douteux contre nous-mêmes.  Au même titre que nous ne pouvons pas tous être un homme de 35 ans, bien portant, européen, beau et gentiment diplômé, nous ne pouvons pas tous être curieux, dynamiques, motivés, hyper bons dans la gestion du stress, plein de confiance en soi et managers accomplis. Et ça n’est au fond pas très grave puisqu’en réalité, notre façon de réussir et d’atteindre nos objectifs est unique, elle s’appuie sur nos talents et la combinaison unique de nos traits de personnalité, pas sur des modèles pré-formatés.

 

 

 

 

Un peu de douceur dans un discours intérieur de brutes

 

Pour mettre un peu de douceur dans notre intérieur de brutes, et nous appuyer sur ce que nous sommes au lieu, autant commencer par apprécier ce que nous sommes, en rendant à ceux qui les passent leurs injonctions sur ce que nous devrions être et en nous parlant à nous-même comme on aimerait qu’on nous parle. Cessons de vouloir être aux antipodes de ce que nous sommes et allons voir en nous les merveilleuses facettes de notre unicité. Explorons ce que nos étrangetés disent de nous, ce que nos talents nous permettent de faire, ce à quoi nous contribuons, plutôt que l’écart entre nous et les canons de l’employabilité professionnelle relationnelle ou sentimentale.

 

 

D’autant qu’il est rare que deux personnes parviennent aux mêmes résultats en s’y prenant exactement de la même manière. Un même rapport peut être efficace de bien des façons: l’un mettra de la rigueur là où l’autre exprimera sa créativité, l’un sa capacité à prendre du recul, l’autre son goût pour la recherche de solutions, l’un la cohérence, l’autre son esprit d’analyse, l’un son “aller vers”, l’autre son “éviter de”, etc. Inutile donc de vouloir toujours être plus ceci et moins cela, il s’agit d’abord de faire émerger ces mécanismes de réussite sur lesquels nous appuyer et entamer une grande réconciliation avec nous-mêmes. Et d’accepter qu’une caractéristique n’en exclue pas une autre: on peut être solitaire introverti ET avoir l’esprit d’équipe.

 

 

 

accepter ses caractéristiques

 

 

 

Connaissance de soi, talents naturels et motivations

 

Et pour nous réconcilier à nous-mêmes, tous les chemins de la connaissance de soi qui permettent de mettre un peu de cohérence dans notre mosaïque identitaire de goûts, d’aspirations, de valeurs, de besoins, de traits de personnalité, de ressources et capacités naturelles mènent à des jolies opportunités de traité de paix. Voici trois ingrédients en forme de vases communicants qui facilitent le dialogue (plutôt que le débat) et la réconciliation internes:

 

 

1- Connaissance de soi

La connaissance de soi permet d’aller chercher différentes facettes de notre personnalité, de faire sens de caractéristiques parfois contradictoires en apparence, d’identifier les ressorts de nos comportements, de nos besoins, de nos aspirations et d’agir en harmonie avec eux. Quelques pistes:

 

 

2- Talents naturels et accomplissements

Identifier nos talents naturels et ce qu’ils nous ont permis d’accomplir permet de mettre dans sa musette ces aptitudes transférables à bien d’autres situations et dont la conscience nous rendra plus sûrs de nous face aux hauts et bas de nos vies professionnelles et aux objectifs que nous cherchons à atteindre. C’est aussi un moyen d’identifier nos états de grâce, d’oser être soi-même en entretien d’embauche, en réunion, en négociation ou dans tout autre situation professionnelle à enjeu. C’est enfin un levier sûr de plaisir au travail.

 

 

3- Valeurs et motivation

Les valeurs qui nous animent et qui sont nos sources de motivation trouvent leur expression dans nos choix, dans ce à quoi nous contribuons, dans tout ce qui a du sens à nos yeux. Etant totalement personnelles et subjectives, elles ne souffrent aucun jugement, il n’y a pas les valeurs qu’il “faut” ou “ne faut pas” avoir, il n’y a que la combinaison unique des vôtres, moteur unique qui ne se compare pas et ne s’évalue pas: il révèle ce qui vous permet de mettre les gaz ou pas. Et donc de créer les conditions de la fluidité et du plaisir dans l’action:

 

 

 

Changer les comportements plutôt que les traits de caractère

 

Le propos de ce billet concerne bien entendu ces caractéristiques un peu trop vite estampillées défauts et sans dommages collatéraux et non pas les comportements relationnels pénibles comme l’agressivité, l’hypocrisie ou l’intolérance qui, quant à eux, méritent qu’on se penche sur leur berceau pour les adoucir ou les ramollir, car une vie personnelle et professionnelle heureuse inclue nos contemporains (même le reclus ou le stylite se nourrissent de ce qu’on veut bien leur apporter^^)

 

D’autre part, nous avons le droit de changer tout ce que nous voulons, nous avons le droit de devenir un meilleur nous-mêmes, mais cherchons surtout à modifier les comportements qui pourrissent nos relations ou nos actions plutôt que de s’acharner à refondre une identité ou une personnalité. Souvenons-nous aussi que tout changement de comportement passe d’abord par l’acceptation de soi et la reconnaissance de son unicité, des qualités, ressources et aptitudes qui la caractérisent, ne serait-ce que parce que nous y trouvons parfois les moyens de contourner ou de compenser ce que nous considérons comme des défauts. Et aussi parce que le changement peut alors s’opérer dans la douceur plutôt que sous la contrainte auto-imposée et le conflit avec soi-même. Nous y reviendrons;)

 

Au final, il s’agit avant tout de s’appuyer sur ce que l’on est plutôt que sur ce qu’on devrait être et  d’apaiser les rives de nous-mêmes pour y voir fleurir ce que nous voulons;)

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez construire et entretenir l’estime de vous, les relations et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Reconversion professionnelle: un bilan de compétences?

Sylvaine Pascual – publié dans Vie professionnelle

 

 

 

 

Le bilan de compétences est présenté partout comme une étape indispensable d’un changement de métier. Pourtant, entre outil trop tourné vers la passé et accompagnement insuffisant, il déçoit plus souvent qu’à son tour… en particulier les candidats à la reconversion professionnelle, qui n’y trouvent pas ce qu’ils sont venus chercher. Voici toutes les raisons de s’épargner le bilan de compétences dans le cadre d’une reconversion!

 

 

 


le bilan de compétences est rarement une réponse adaptée à un désir de reconversion

 

 

 

La question du bilan de compétences revenant souvent lors des interviews que je fais sur la reconversion professionnelle, je vous propose aujourd’hui une mise à jour d’un billet de 2011 sur les raisons pour lesquelles j’ai préféré élaborer une alternative plus appropriée dans le cadre d’un désir de reconversion.

 

 

 

Le bilan de compétences porte bien son nom

 

La quasi totalité des clients qui viennent me voir un fait un bilan de compétences, qui n’a pas débouché sur le reconversion espérée. Essentiellement parce qu’il leur a été fait des suggestions qui ne sortent surtout pas du cadre (il ne faudrait quand même pas prendre des risques, hein, ce serait pas sérieux).

 

Dans la presse et sur de nombreux sites, la première étape d’une reconversion est présentée comme simple, établie, gravée dans le marbre, incontournable, obligatoire, in-dis-pen-sable, c’est le bilan de compétences. Voilà qui est bien curieux, car comme l’indique son nom, tourné vers le passé, il fait un point sur un parcours effectué et en tire des pistes d’évolution dans son prolongement. Donc au mieux, il offre des possibilités de reconversion raisonnables parfois bien éloignées des désirs du candidat (Je pense à Ilona, comptable dans une grande entreprise, à qui on a conseillé l’analyse financière alors qu’elle voulait devenir couturière), logiquement peu motivantes et sources d’échec.

 

Il ouvre peu le champ et s’appuie sur des tests de personnalité qui donnent des résultats formatés peu soucieux de la singularité du candidat à un changement de métier. Il n’est pas l’exploration, l’identification et la vérification de la faisabilité des pistes, il porte bien son nom: il est un état des lieux. Du coup, forcément, il déçoit et fait perdre du temps, en particulier ceux qui ont envie de se tourner vers un métier aux antipodes de leurs compétences:

 

  • Si j’avais un Euro pour chaque fois où j’ai entendu un cadre me dire “lorsque j’ai parlé de mon désir de devenir pâtissier/restaurateur/chef de chantier à mon consultant en bilan de compétences, il a ouvert des yeux ronds et m’a conseillé de chercher quelque chose de plus raisonnable”, je pourrais prendre ma retraite.
  • Et si j’avais un Euro chaque fois que j’ai entendu un client me dire “j’ai fait un bilan de compétences, mais je n’en ai pas tiré de piste”, je pourrais prendre ladite retraite à Bora Bora!

 

 

 

Bilan de compétences: chemin parcouru et transition de carrière

 

Le bilan de compétences est utile quand le(la) client(e) cherche une évolution professionnelle à partir de compétences avérées, sans envie de repartir de zéro ou d’opérer un virage à 180°. Il peut alors être intéressant de faire un point précis sur son parcours et d’en tirer des conclusions sur les orientations possibles.  En même temps, dès lors qu’il s’agit d’un désir d’évolution dans le but de retrouver du plaisir au travail, il redevient insuffisant car il ne cerne pas les besoins professionnels spécifiques des candidats et ne met pas en place d’expérimentation des améliorations possibles.

 

Il est aussi tout à fait utile lorsque lorsque le salarié ressent le besoin et l’envie de se retrouver un peu avec lui-même, de faire un point sur le chemin professionnel parcouru, de cartographier ses compétences et ses goûts… bref, de faire un bilan!

 

 

 

 

Reconversion version virage à 180°: les limites du bilan

 

Voici quelques limites du bilan de compétences et les raisons pour lesquelles il n’est pas toujours adapté à un désir de reconversion:

 

Manque de profondeur de champ

En cas de recherche de reconversion éloignée du métier de départ, le bilan de compétences est beaucoup moins pertinent, voire nettement insuffisant. Il propose des pistes pré-formatées à partir de tests, le plus souvent trop proches du métier d’origine, au lieu d’encourager l’exploration, la curiosité, l’audace et la sérendipité. Ce manque de profondeur de champ fait souvent passer à côté de vraies pistes de reconversion sans les voir.

 

Il se prête en effet peu aux changements de métiers radicaux, car il s’intéresse insuffisamment aux domaines de besoins auxquels il est essentiel de répondre afin d’identifier une voie de reconversion qui a des chances de devenir réalité. C’est à dire une option qui parle suffisamment aux tripes pour aller y dénicher une motivation qui est ce mélange subtil de dynamisme et de sérénité propres à ceux qui savent où ils vont.

 

Ainsi, par exemple, le plus souvent, lorsque sont abordées les valeurs dans les bilans de compétences, il s’agit des valeurs morales, qui contraignent l’action et non pas des valeurs motrices qui l’encouragent et donnent des ailes. Autant il est important d’avoir une idée précise des principes moraux qui régissent nos vies, autant appuyer un désir de reconversion dessus, c’est prendre le risque de choisir un métier en fonction de convictions qui ne sont une source de motivation qu’en apparence.

 

 

Technique trop mono-dimensionnelle

D’autre part, le bilan passe souvent à côté d’une dimension personnelle pourtant non négligeable et qui peut être la clé de la réussite ou de l’échec d’un projet : les compétences informelles, la posture relationnelle, les freins, les croyances limitantes. Il déduit ainsi souvent des projets qui ne correspondent pas à la personne:

 

  • Louis, 52 ans, consultant à qui il a été recommandé de se mettre à son compte. Son relationnel maladroit, son côté péremptoire, un peu Monsieur-je-sais-tout n’a pas été identifié et il s’est révélé un frein majeur dans la relation avec ses clients. Après 18 mois sinistres pendant lesquels il n’a signé que deux petits contrats, Louis a fermé son entreprise.
  • Thierry, 39 ans, ingénieur commercial en rejet complet de son métier, à qui le bilan a recommandé de créer son entreprise, sans identifier un rapport stressé à la sécurité financière qui représente une barrière bien trop grande à l’entrepreneuriat. Faute de piste viable, il est resté au même poste. Trois ans, un burnout et un coaching plus tard, il a négocié une reconversion en interne et est en formation pour devenir contrôleur de gestion.

Traits de caractère validant ou invalidant

Il génère des équations hasardeuses autour des traits de personnalité: vous avez telle et telle qualité, vous êtes fait pour tel ou tel job! les traits de caractère deviennent des critères validant ou invalidants au lieu d’être des opportunités. Candidats à la reconversion, ne laissez jamais un algorithme décider à votre place du professionnel que vous pouvez être! Chercher par exemple si “vous avez les qualités pour être entrepreneur” est une fausse piste. La vraie question, c’est comment vous pouvez mettre vos qualités au service d’un projet entrepreneurial et comment vos traits de personnalité l’orientent.

 

Défaut d’accompagnement

Dans l’hypothèse improbable que le bilan de compétence permette l’identification de voies de reconversion qui font vraiment vibrer le candidat, il n’accompagne pas certaines dimension du projet qui peut alors rester à l’état foetal, une idée dans un tiroir, ou bien tourner vinaigre:

  • L’évaluation du projet, en termes de faisabilité réelle et de pertinence
  • Le développement de l’assurance et l’endurance nécessaires à sa réalisation.
  • L’identification des systèmes de croyances ancrées qui freinent ou entravent la reconversion, et leur ramollissement pour que le candidat parvienne à s’autoriser l’exploration des pistes qui le font réellement vibrer ou à se lancer dans son projet.
  • Les enquêtes métier
  • La mise en oeuvre, le plan de route

Le bilan de compétences peut alors être un premier pas vers davantage de connaissance de soi, guère plus, et il est assez rare d’en tirer autre chose que des solutions paravent, c’est à dire des métiers qui répondent à une partie des besoins mais qui occultent les autres et ne sont donc pas des pistes viables.

 

 

Le bilan de compétences est donc à réserver aux situations dans lesquelles on se questionne sur le champ des évolutions de carrière possible. Il permet de cartographier avec précision ses compétences, aptitudes et goûts professionnels, et constitue un premier pas vers le développement de la connaissance de soi. En revanche, il n’est pas une solution adaptée à l’identification d’une voie de reconversion solide, à la vérification de la cohérence du projet ou au développement des ressources internes (aptitudes, comportements) indispensables à sa réalisation.

 

 

 

La reconversion professionnelle selon Ithaque

 

Les limites du bilan de compétences sont la raison pour laquelle Ithaque ne propose pas de bilan de compétences et développe depuis 2008 des alternatives pour la reconversion professionnelle qui en dépassent largement le champ, en s’appuyant sur le coaching plutôt que sur des tests de personnalité et en prenant le désir de reconversion dans toutes ses dimensions professionnelles, personnelles, relationnelles et opérationnelles Ces accompagnements et la philosophie qui les sous-tend ont valu à Ithaque d’être déclaré premier influenceur de France sur la reconversion professionnelle par cette étude de l’ESSEC.

 

 

reconversion: élargir le champ

 

 

Cette alternative, plutôt que d’être un suivi figé, s’adapte aux besoins du candidat à la reconversion et s’articule autour de thématiques appropriées à sa situation, selon qu’il a déjà une idée de reconversion ou non, en fonction des freins, des croyances et des aspirations qui lui sont propres, de façon à lui fournir une expérience unique, reflet de sa singularité. Elle lui fournit aussi toutes les clés et outils nécessaires à ses transitions de carrière futures et à l’entretien de son plaisir au travail. Par le travail sur la relation à soi, aux autres et au travail, elle permet:

 

  • De déterminer s’il y a un désir réel de reconversion ou s’il cache d’autres besoins (comme exercer le même métier mais dans d’autres conditions)
  • De parvenir à une connaissance de soi profonde et solide (ressources, mécanismes de réussite, fonctionnements émotionnels, valeurs, besoins professionnels, compétences, motivations, aspirations etc) qui permet de cartographier vos sources de plaisir au travail.
  • De renforcer la posture relationnelle et la confiance en soi indispensables à la réalisation du projet et aux interactions avec les interlocuteurs professionnels (recruteurs, partenaires, clients, etc.)
  • De favoriser l’émergence de pistes de reconversion et d’apprendre à en vérifier la cohérence et la faisabilité.
  • De faire l’état des lieux des compétences (professionnelles et autres) avérées que vous souhaitez emmener avec vous dans votre projet.
  • De vérifier la cohérence du projet pour les personnes qui ont déjà une idée du métier dans lequel ils veulent se reconvertir.
  • De mettre les compétences, capacités, ressources internes  et qualités au service de leur projet, plutôt que de trouver un projet standard qui prétend leur correspondre ou de les utiliser comme critère validant/invalidant.
  • De renforcer l’assurance et la prise de décision autonome (c’est à dire en fonction de soi, indépendamment de son héritage familial et culturel, ou de convictions limitantes).
  • D’élaborer des plans d’action pour mener à bien le projet en restant flexible et adaptable.
  • De développer un véritable leadership de soi qui permet de gérer les transitions de carrière, les opportunités et aléas professionnels et d’entretenir le plaisir au travail.

Pour explorer l’état d’esprit dans lequel Ithaque mène son accompagnement en reconversion, voir le dossier Reconversion professionnelle

Pour plus de renseignements sur nos prestations voir la page Reconversion professionnelle

 

 

 

Voir aussi

 

Le boulot idéal: une réalité à inventer?

Reconversion professionnelle: voyage au bout de l’enfer ou formidable aventure?

Reconversion professionnelle: une affaire de tripes!

Reconversion professionnelle: la tentation de l’indépendance

Reconversion professionnelle et tests de personnalité

Carrière: le désir de reconversion

Reconversion professionnelle: l’être humain derrière le projet

Une reconversion professionnelle zen et dynamique à la fois!

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous avez un désir de reconversion professionnelle et voulez en explorer la pertinence et la faisabilité?  Voulez construire et entretenir l’estime de vous, les relations et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Vie pro, vie perso: comment passer un bon hiver

Sylvaine Pascual – Publié dans Trait d’union

 

 

 

L’hiver doit-il nécessairement être synonyme de fatigue et de morosité? En particulier en ces temps de pessimisme et de conjoncture sinistre? Pas forcément, c’est une saison à vitamines mentales comme les autres, pour peu qu’on prenne certaines mesures pour s’assurer que seul le temps sera pourri!

 

 

 

 

J’ai bien sûr un petit pincement au cœur lorsque les premières gelées me forcent à remiser les paniers à champignons à la cave: l’hiver est là et les balades sylvestres seront moins passionnantes pendant quelques semaines. Mais j’aime bien l’hiver, c’est pour moi la saison de la réflexion, du cinéma, de la lecture, du vin chaud et des petits pains d’épices en rentrant de promenade, la saison des clémentines et des oranges, des Mont d’or, des plats en sauce, la saison où je me mets au ralenti où  je joue à capter et savourer le moindre rayon de soleil, où j’espère la neige pour écouter son crissement sous mes pieds.

 

C’est aussi la saison où je m’étonne de la frénésie ambiante en décembre, de tous ceux qui, politiquement correct oblige, taisent leur envie de revenir à des fêtes plus simples, mais râlent contre l’obligation de ruée sur les magasins, la surabondance et les gueuletons dont on revient plus saturés que réjouis. Avant de céder à la morosité du début d’année, qui n’a rien d’un renouveau propice au changement et tout d’un grand recommencement.

 

La course contre la montre avant les ripailles et largesses de fin d’année est effrénée, avec au delà les lendemains de fêtes qui déchantent quand nivôse et pluviôse occulteront un peu vite les souvenirs de Noël… D’autant que les entretiens de fin d’année arrivent, que la lumière du printemps est bien loin et que la perspective d’un soir de Noël avec votre beau-frère vous réjouit autant qu’un dimanche chez belle-maman – aaah, damned, sera là elle aussi.

 

Pourtant, le blues hivernal et son lot de mélancolie maussade n’est pas une fatalité. L’hiver peut être une saison douce et chaleureuse, au rythme lent, pour peu qu’on s’en donne un peu les moyens.  Voici 7 pistes pour passer un hiver plus réjouissant:

 

 

 

1- Vitamines mentales hivernales et principe du mimosa

 

Les jours trop courts et le froid, l’agitation fatigante de la course aux cadeaux de Noël suivie de près par la valses des bonnes résolutions jamais tenues (et donc culpabilisantes), rien de tout cela ne nous condamne à la disette morale pendant les frimas, à l’attente du renouveau printanier. Tout comme les pensées et le mimosa fleurissent en pleine froidure, toutes sortes de vitamines mentales sont disponibles l’hiver, qui permettent d’engranger une énergie douce et réconfortante. Voir:

 

 

2- Ralentir et savourer ce que l’on a

Plutôt que de céder mollement à la sinistrose des jours tronqués, pour bien rentrer dans l’hiver, vous pouvez commencer par ralentir, peut-être en mettant au repos certains objectifs qui ne risquent pas de se réaliser en fin d’année, histoire de faire de la place pour des choses plus utiles, comme s’essayer aux vertus insoupçonnées de la rêverie ou aux bienfaits de la glandouille, céder à la flemme en mode hivernal: au coin du feu, lové(e) dans le canapé, alangui(e) sous un plaid. En profiter pour savourer les aspects positifs de vos vies: Apprécier ce que l’on a, prendre conscience de ce qui embellit vos vies. Quelques ressources complémentaires:

 

 

vitamines mentales hivernales

 

 

 

 3- Renouer avec la chaleur humaine

L’orgie de foie gras/cadeaux de Noël en mode fête consumériste ne sera jamais aussi nourrissante que le simple partage de chaleur humaine. Et la chaleur humaine, on en a bien besoin… en particulier en ces temps d’inquiétude où nous sommes poussés au repli sur soi et à la méfiance. Et encore plus quand la température baisse et que le manque de lumière nous déprime… Car l’équilibre psychologique et le sentiment de bien-être se construisent aussi dans notre rapport à l’autre, autant dans la vie personnelle que professionnelle. Quelques pistes pour se remettre du combustible dans la chaudière socio-affective:

 

 

4- Décembre: survivre aux fêtes de fin d’année

Les fêtes de fin d’années ne sont pas toujours une balade féérique dans une forêt enneigée. On en vient même à parer de “stress des fêtes” pour une période qui devrait être un simple partage de joie et d’affection. Je ne prends pas grand risque en pariant une boîte de chocolat contre un séjour aux sports d’hiver que peu d’entre vous, trois jours avant le lancement officiel de l’épuisant marathon de fin d’année, seront fins prêts. Ni physiquement, ni moralement! Alors voilà, sur un plateau assorti à la déco du sapin et pour que votre Père Noël ne soit pas une ordure:

 

 

comment survivre aux fêtes de fin d'année

 

 

 

5- Décembre- janvier : en finir avec les bonnes résolutions

Mais d’où est donc venue l’idée saugrenue (aussi sotte que grenue, comme disait Béru) des bonnes résolutions? Championnes de l’auto-obligation culpabilisante, elles vous plombent le mois de janvier avec autant d’application qu’un chasseur la palombe, en période migratoire. A peine récupéré de l’excès de dinde/chocolat, à peine échangés les cadeaux pourris, à peine revenus des sorties de l’Oncle Alfred qui a quand même bien plombé l’ambiance, bref, à peine remis de cette éprouvante fin d’année que les “bonnes résolutions” s’empressent de venir dénicher les deux microgrammes de vitamines mentales qui traînaient au fond de votre musette…

 

En bref, qu’elles soient personnelles ou professionnelles, les bonnes résolutions sont à mettre définitivement dans la corbeille aux fausses bonnes idées pour nous concentrer à la place sur les vitamines mentales d’hiver, à la place;)

Je suis tombée sur une étude qui confirme que janvier n’est pas du tout le moment de se lancer dans des projets. Voilà qui devrait vous convaincre une fois pour toutes:

 

 

6- Janvier-février: travail sur soi et réflexion professionnelle

Janvier a un goût de soufflé retombé, une fois les décorations de Noël qui réussissaient un temps soit peu à égayer décembre ont remisées à la cave. Et puisque que les jours ne s’allongent pas encore suffisamment pour redonner un peu de lumière à nos citrons flapis,  vous méritez mieux que des bonnes résolutions, avec leurs relents de magazine féminin, vous méritez un vrai projet, un qui vous tient à cœur. Mais attention, il s’agit d’y réfléchir tranquillement, au chaud, pas de se lancer tête baissée dans l’action.

 

Nous l’avons dit, l’hiver est plus propice à la réflexion qu’à la mise en action, et c’est un moment idéal pour entamer un rapprochement avec soi-même, qu’il soit personnel ou professionnel.

La relation à soi:  travailler la connaissance de soi, depuis les mécanismes émotionnels jusqu’aux sources de motivation, en passant par Les besoins à combler, ou la confiance en soi pour construire l’énergie et développer l’assurance nécessaire aux projets que nous mettrons en oeuvre au printemps.

Réflexion professionnelle: C’est aussi une bonne période pour réfléchir aux projets professionnels que vous mènerez dans quelques semaines et qui vous permettront de ne pas finir zombie de boulot.

Juste d’y réfléchir, d’étudier la pertinence ou la nature des changements à implémenter, d’évaluer la cohérence du projet, il sera temps de le mettre en oeuvre au printemps. Voir aussi:

 

 

7 piestes pour passer un bon hiver

 

 

7- Vacances d’hiver: déconnecter et profiter

Que vous partiez à Noël ou en février, les vacances d’hiver peuvent être très éprouvantes, car elles sont souvent soumises à un rythme bien plus effréné que les autres vacances de l’année, en particulier si vous allez au ski. Parce qu’elles sont donc potentiellement bien plus magistralement ratables que les congés d’été, voici deux billets à lire absolument avant de partir en vacances….

 

 

Je vous souhaite un Bon hiver!

 

 

Aller plus loin

 

Puisque l’hiver est le moment de la réflexion et du renforcement de la connaissance de soi, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

 

 

 

The working dead : zombies de boulot et management biohasardeux

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

J’aime bien les films de zombies. Ils ont un parfum d’aventure bouffonne aux relents de moisi et cultivent l’humour au quatorzième degré avec un art consommé. Ca manque de légèreté ou de profondeur sans doute, mais c’est un sacré moyen de déconnecter. La métaphore du zombie de boulot, quant à elle, est peut-être un poil nauséabonde, mais sortons nos machettes, nos kalachnikov et notre culture Z: nous partons à la chasse au zombie qui sommeille en nous, histoire de résister au management biohasardeux!

 

 

 

 

Les zombies au travail en attendant le burnout

 

 

 

 

Début 2014, une étude de Technologia évaluait à 3 millions le nombre de salariés menacés d’épuisement professionnel et appelait à sa reconnaissance comme maladie professionnelle. Ajoutés à cela ceux qui sont déjà passé par la case burnout et l’alerte lancée par les médecins du travail sur leur multiplication, ça fait beaucoup de travailleurs menacés de zombification…

 

 

 

Quand le zombie de boulot menace le système!

 

Lorsque je suis tombée sur cette infographie, je me suis dit que la métaphore du zombie de boulot pouvait être un point de départ réjouissant pour évoquer le plaisir au travail et la prévention du burnout avec un peu de légèreté sanguinolente. En effet, on aurait pu imaginer le zombie de boulot en salarié décérébré par l’absurdité ambiante au travail et autant de pistes pour ne pas finir en mort-vivant traînant des pieds. Il n’en est rien. Ici, le zombie de boulot, c’est bien vous, c’est bien moi, mais pas pour cause d’aberration managériale: parce que vous et moi sommes (dé)composés de vices contagieux qui pourrissent la productivité de l’entreprise! Salauds de zombies!

 

  • Le zombie de boulot se reconnaît donc en ce qu’il est a à peu près tous les défauts qui font se dresser le poil du dos des RH – les mêmes défauts qui les poussent à faire 27 entretiens de recrutement avant de donner à l’heureux élu promu zombie du jour sa DPAE, le graal du bal des sanguignolents.
  • Il est un vilain bouffeur de cerveau disponible chez ces employés modèles et zélés qui voudraient tellement bien faire leur travail. Cette sale engeance menace le système en répandant le désengagement et la désorganisation, en mentant sur ses résultats ou pour couvrir ses erreurs, en passant outre les procédures etc.

Cette infographie ultra normative nous a prévenus: zombies, vous êtes priés d’être des moutons! De ces moutons qui vont à l’abattoir en se suivant gentiment les uns les autres! Et si vous vous prenez pour des moutons noirs, c’est toute la Nouvelle Zélande qui viendra vous faire sauter la carafe!

 

Ca, bien entendu, c’est le film de zombies vu du côté de l’entreprise. L’affligeant World War Z du capitalisme triomphant aura bien lieu: zombies en latence attention, vous serez fliqués, étiquetés, désinfectés, normalisés et si tout ça ne fonctionne pas, il reste la dernière option: virés.

 

 

le management biohasardeux et les zombies de travail

 

 

 

Tous zombies, la faute à qui?

 

Les vrais virus à zombies qui se cachent dans cette infographie, ce sont peut-être les sommations et les culpabilisations: on nage à contre-courant dans un zunami d’injonctions paradoxales gangrèneuses de cerveau!

 

  • Ne questionnez jamais une procédure – pardon, un process. Faites ce qu’on vous dit sinon vous êtes un affreux manipulateur qui s’octroie sans scrupules les ressources de l’équipe. Mais prenez des initiatives, c’est dit partout dans les manuels de l’employé modèle qui grimpe les échelons plus vite que son ombre.
  • Soyez transparents sur vos manquements, vos délais non tenus – pardon, vos deadlines. Même si l’entreprise ne tolère pas l’erreur, après tout, c’est elle qui vous paye, elle a le droit de tout savoir et vous celui de vous taire.
  • Ne négligez jamais une demande d’un supérieur, même si vous êtes submergé de travail: votre insupportable désinvolture a des conséquences dramatiques sur vos collègues et votre entreprise.
  • Aaaah, les vilains employés qui ne savent pas dirent non et acceptent toujours plus de tâches alors qu’ils bossent déjà comme des brutes! J’ignore comment vous pouvez vous y prendre pour concilier celui-là avec le précédent, mais débrouillez-vous, hein;)

En substance, et malgré deux ou trois poins où il est souligné que le salarié n’est souvent pas responsable de la situation, le message est clair: managers, surveillez de près vos collaborateurs, cette armée de damnés! A l’aube des zombies de boulot, vous ne voudriez quand même pas être le patient zéro responsable d’une gigantesque pandémie d’improductivité qui menacerait la survie de votre entreprise!

 

Les remèdes prescrits sont à l’avenant, arrière-garde management et RH de l’ordre de l’anté-ferroviaire, dont même les plus conservatrices de nos entreprises n’osent plus vanter les mérites, bien qu’elles continuent souvent à pratiquer:

 

  • le flicage tous azimuts en temps réel.
  • Le reporting à tous les étages.
  • Des règles strictes et strictement appliquées
  • Un environnement dénué de toute distraction

 

 

Le marché à viande du management biohasardeux

 

Rappelons que pour que la terreur zombie envahisse la planète, il y a en général en amont des expérimentations biohasardeuses malencontreuses par des savants sans scrupules ou inconscients. Les apprentis sorciers du management pourraient bien être de ceux-là, qui implémentent de la théorie en mode vérité universelle, contaminant au passage tous ceux qui ne répondent pas aux canons de la théorie en question.

 

Je pense par exemple à ces entreprises qui fixent des objectifs clairement inatteignables – pardon, ambitieux, à leurs employés, sous prétexte que c’est une source de motivation – ce qui reste à démontrer – mettant sous pression au passage tous ceux pour qui l’inatteignable n’a pas de sens en soi et qui sont bien plus prêts à se décarcasser à l’idée de dépasser des objectifs atteignables.

 

Et les théories motivationnelles et managériales appliquées avec force séminaires et formation, c’est le fameux remède cher aux séries de zombies que personne ne trouve jamais: ça ne marche pas, ça ne marche plus. Les solutions se trouvent bien davantage autour de l’expression individuelle des besoins généraux. De ce point de vue, cette autre infographie du même nom donne une vision plus intéressante du zombie de travail et comment le management peut y remédier, du moins en partie:

 

éviter de transformer vos collaborateurs en zombies!

 

Au final, ne sommes-nous pas tous à des degrés divers, menacés de devenir des zombies de boulot, des damnés et des morts, salariés imparfaits et critiquables, décérébrés par les injonctions contradictoires, l’excès de flicage, de process, de reporting (de globish et de franglish), le manque d’autonomie, la concurrence interne, les petits chefs, les missions impossibles, les environnements de travail bien laids, les relations dégradées, le culte de la performance, le manque de temps, de ressources, de reconnaissance, de soutien?

 

De même pour les entrepreneurs zombies, qui se sont laissés happer par toutes sortes de croyances et de contraintes, par l’impératif du toujours plus, le multi-casquette, la joignabilité obligatoire, le boulot le week-end, les exigences des clients, les angoisses comptables, les mauvais payeurs etc.

 

Ne sommes-nous pas tous un peu zombies, qui emmenons nos yeux cernés au boulot, par nécessité bien plus que par plaisir, Walking Dead ramollis du bulbe par l’incongruité de certaines situations professionnelles, clonés, désengagés et démotivés par la perte de sens au travail, présentéistes et condamnés à attendre le burnout qui nous transformera en morts-vivants de jour comme de nuit?

 

 

 

Halte à la zombification!

 

Bref, ces hordes de travailleurs qui, d’inquiétude en renoncement, ont oublié qu’ils avaient aussi le droit de se faire plaisir a boulot et qui finissent exsangues, « présent physiquement, mais psychiquement absent » comme le dit Sophie Peters dans cet article du monde, qui parle de “démission intérieure”. Disons-le tout net, le zombie de travail a droit à la dézombification, il mérite de se rebeller contre le système qui l’a contaminé, une rébellion discrète au service de son bien-être et par extension de l’entreprise.

 

Aussi brigade zombie levez-vous, il est temps de devenir des légendes et de ne pas laisser l’abîme des morts-vivants vous engloutir, car les vrais morts ne dansent pas et sous la surface putréfiée de nos masques de zombies de boulot se cachent des âmes qui ont besoin de repos!

 

 

Comment éviter de finir zombie au travail

 

 

Du coup, je vous propose une dézombification par étape, en mettant en place des mesures dignes de redonner chair à votre corps et sens à votre âme et en observant leurs effets:

 

  • 28h plus tard
  • 28 jours plus tard
  • 28 semaines plus tard

 

 

Dans quelle mesure êtes-vous démotivé, désengagé, découragé?

Qu’est-ce qui vous fait traîner des pieds pour aller au boulot?

Dans quelle mesure votre job a-t-il du sens – ou pas?

 

 

  • Et en bonus, j’ouvre un débat culturo-philosophique de la plus haute importance: Peut-on considérer les white-walkers comme des zombies?
  • Et celui ou celle qui parviendra à trouver toutes les références pas vraiment cachées dans ce texte de série Z gagne le droit de m’offrir une mousse^^

 

 

Ressources externes:

Zombie de travail – David Abiker

Les zombies du présentéisme – CQFD

7 Ways to Avoid Becoming an Office Zombie – salary.com

Le désengagement chez les employés: des zombies au travail – blogue travail santé vie

 

 

 

Aller plus loin

Vous avez un désir de reconversion professionnelle et voulez en explorer la pertinence et la faisabilité?  Voulez construire et entretenir l’estime de vous, les relations et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Reconversion professionnelle: 4 principes mycologiques pour trouver sa voie

 

 

Où je vous invite à une cueillette aux champignons, parce qu’elle a bien des points communs avec l’identification d’une voie de reconversion.  A vos bottes et vos paniers : nous partons en exploration des sous-bois pour vous aider à changer de métier. Démonstration mycologique.

 

 

 

4 principes mycologiques pour identifier une voie de reconversion

 

 

Reconversion professionnelle et principe du champignon: arrêter de chercher ce que tout le monde cherche!

 

Quand on arpente régulièrement les sous-bois en quête mycologique, on remarque assez vite ce que les chercheurs de champignons ramassent et ce qu’ils délaissent. De ce point de vue, l’année 2014 a été particulièrement intéressante.

 

Elle ne pourra pas se targuer d’avoir été une année à cèpes. Du moins dans les forêts Yvelinoises, où le Bordeaux a joué à l’Arlésienne et s’est fait désirer tout l’automne. Cependant, les bois n’étaient pas totalement dépourvus de champignons et faute de grive on mange des merles, l’amateur aurait pu se rabattre sur les quantités de nonnettes, de lacaires améthystes, de coprins, de coulemelles, de pieds-rouges ou de pieds-bleus qui ont décoré les sous-bois. Et bien non. Par ignorance ou par crainte, il s’est contenté de bolets médiocres et a largement méprisé les alternatives savoureuses qui ont pourtant poussé à profusion.

 

Par méconnaissance sans doute, les ramasseurs de champignons n’ont pas profité de cette année bizarre pour élargir le champ de leurs connaissances et sont restés dans le doute, la méfiance. Comme me l’a expliqué cette chercheuse avec trois bolets orangés trop mûrs au fond de son panier :

 

  • Si c’est bleu ou ça bleuit, ça doit sûrement être toxique.
  • Si ça ressemble à une amanite, autant ne pas y toucher.
  • Si ça a un chapeau gluant, ça ne doit pas être très agréable.

Bref, le chercheur de champignon a peut-être trop tendance à rester sur ses préjugés. Il en va de même pour l’identification d’une voie de reconversion professionnelle : l’ignorance du vaste monde du travail le pousse à chercher ce que tout le monde cherche, à courir les sentiers battus, à cheminer à partir des idées préconçues. Et le fait ainsi passer à côté de tout un tas d’alternatives, de pistes intéressantes, de secteurs dynamiques, d’opportunités inattendues.

 

Voici donc quatre principes d’exploration mycologique pour élargir le champ et explorer des possibilités bien plus vastes et ainsi multiplier les chances de sérendipité, de découvertes jubilatoires, d’horizons nouveaux.

 

 

élargir le champ pour identifier une voie de reconversion

 

 

 

1- Curiosité et ouverture d’esprit.

 

Identifier une voie de reconversion: faire preuve de curiosité et explorer les secteursBien entendu, quand on a jamais ramassé de lépiote élevée, mieux vaut s’assurer qu’on est pas tombé sur sa cousine de Josserand, beaucoup plus wicked witch of the west, dans son genre.. Mais en même temps, souvenons-nous que si le pire n’est jamais sûr, le meilleur non plus ! Ce n’est pas parce qu’un champignon a des lamelles qu’on est obligés de le laisser de côté!

 

Au gré de vos explorations, un secteur, un métier, une piste vous titille, suscite en vous des émotions positives, de l’envie ? Plutôt que de remiser trop vite cette possibilité dans un tiroir à idées soigneusement fermé à clé pour cause de jugements hâtifs (infaisable, ridicule, trop long etc.), faite confiance à votre curiosité et aller y regarder de plus près, histoire de voir. Peut-être qu’il s’agit effectivement d’un champignon toxique, peut-être qu’il s’agit d’une coulemelle qui vous ravira le palais. Peut-être qu’il s’agit d’une idée parfaitement irréalisable, peut-être qu’il s’agit d’une idée en or à laquelle nous n’auriez jamais pensé. Mais dans tous les cas, vous aurez appris quelque chose sur ce qui est important pour vous dans la vie professionnelle, en termes de valeurs et d’aspirations.

 

Observez donc en quoi ce métier vous parle, ce qu’il vous renvoie en termes de sens au travail, d’intérêt, de contribution, de satisfaction possible. Car même s’il n’est pas une piste (en effet, pilote de chasse, c’est peu accessible aux quinquas presbytes), tous les métiers qui trouvent un écho au fond de vous vous en apprendront sur vos motivations et vos valeurs. Ils sont donc, a minima, un outil de connaissance de soi. Voir:

 

 

2- S’appuyer sur les connaisseurs

 

s'adresser aux connaisseursComme pour les coulemelles, avant de se jeter sur un pied-rouge, mieux vaut s’assurer qu’on est pas tombé sur un bolet satan. De même, avant de décider qu’un métier est une voie de reconversion, autant vérifier qu’elle est pertinente, comestible, voire même savoureuse. Et pour cela, rien de tel que de se tourner vers les connaisseurs.

 

Et c’est peut-être là qu’il convient le plus de se méfier: le champignon est sans doute moins dangereux que le connaisseur auto-proclamé! Or nous vivons une époque formidable où les superlatifs roulent à l’ordinaire et il suffit de donner un coup de pied dans un réverbère pour se rendre compte que les experts sont devenus les généraux d’hier.

 

Disons-le tout net: les connaisseurs d’un secteur ne sont ni les consultants en outplacement, ni les intervenants d’un cabinet de recrutement, ni les coachs. Le monde du travail est bien trop étendu pour qu’une seule personne puisse être spécialiste de tous les secteurs et de tous les métiers. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils soulèvent plus souvent qu’à leur tour un sourcil réprobateur lorsqu’un cadre leur fait part d’une envie de se reconvertir dans la menuiserie ou s’empressent d’affirmer que tel ou tel secteur est en perdition et vous donnent du “mauvaise pioche, essaie encore” en veux-tu en voilà, jusqu’à vous convaincre que si vous êtes un ramasseur de cèpes, restez-le, il y a trop grand danger à explorer une reconversion dans le coprin chevelu (ce capricieux qui noircit trop vite).

 

Dès lors qu’un secteur attise votre curiosité, mieux vaut s’adresser à Dieu qu’à ses wannabe saints et aller à la rencontre de ceux qui y exercent, qui le vivent au quotidien: les professionnels, les fédérations et associations actives sur le domaine, les études spécifiques, les formateurs. Avec discernement toujours, en fonction de l’intérêt que la personne a à vous peindre un tableau  paradisiaque (ou au contraire dramatisé) du métier. Je pense entre autres aux formateurs, en particulier lorsque l’offre de formation est essentiellement privée. (Un exemple: peu nombreuses sont les écoles de coaching qui expliquent en amont à ceux qui s’intéressent à ce métier que seuls 2% des coachs n’ont aucune autre activité et 50% réalisent moins de 10 contrats par an**. Ce n’est pas un critère définitif, mais il est bon d’être au courant pour le prendre en compte)

 

Et de la même manière qu’il vaut mieux apprendre à reconnaître les champignons sur les sites mycologiques, qui offrent des descriptions plus détaillées et plus d’images que la publication « Reconnaître les champignons » annuelle sur un site généraliste, préférez les sites spécialisés à la presse, dont les articles ont souvent un format trop court pour offrir des renseignements suffisamment approfondis. Ainsi par exemple on parle beaucoup actuellement des métiers voués à disparaître, mais dans beaucoup de cas, les métiers ne vont pas tant tomber aux oubliettes qu’évoluer et se transformer en particulier au gré des progrès technologiques. Aussi avant de vendre la peau d’un boulot, autant aller y regarder de près. Voir:

 

 

3- L’inévitable passage à la casserole

 

4 principes mycologiques pour identifier une voie de reconversionRamasser des Pieds-bleus parce que vous êtes tombés sur un rond de sorcières au détour du bois ne signifie pas obligatoirement qu’on va les apprécier : à chacun sons palais et les champignons seront bien mangés. Il est donc inévitable de les goûter afin de décider si on continue à les cueillir ou si on leur préfère définitivement une alternative au goût moins douçâtre. De la même manière, ce n’est pas parce qu’un métier a attiré votre attention qu’il va vous convenir. Dès lors qu’il vous intéresse et pourrait être une piste de reconversion, il est temps de le faire passer à la casserole de vos besoins professionnels en menant une enquête métier solide pour voir si effectivement il est un mets de choix ou s’il risque de vous laisser un goût amer dans la bouche.

 

Si ratisser large permet de plus belles récoltes et offre des opportunités sérendipitesques*, c’est la confrontation à la réalité du métier qui vous permettra de valider ou d’invalider cette possibilité de changer de métier. Il va donc s’agir de conjuguer connaissance de soi (de ses besoins professionnels, aspirations, valeurs, sources de motivation, talents naturels etc.) et connaissance du métier avant de prendre une décision dans un sens ou un autre: déterminer si ce métier fera bien de votre reconversion une affaire de tripes ou si vous préférez y renoncer. Cette étape est sans doute la plus longue, car Rome ne s’est pas connue elle-même en un jour. C’est un travaille qui demande du temps, ne serait-ce que pour prendre une décision éclairée plutôt qu’hâtive.

 

 

4- Je vous en fait une omelette, un velouté ou vous les préférez en persillade?

 

adapter son métier à soiLes champignons peuvent se préparer de bien des façons et les amateurs les cuisinent selon leurs envies personnelles. Encore une fois, c’est pareil lorsque vous avez déniché la girolle professionnelle, le graal du boulot: il vaut mieux l’accommoder à vos goûts, vos aspirations et vos besoins que de laisser “la réalité du marché” (qui n’engage que ceux qui la décrivent) vous imposer une façon de vivre votre métier bien formatée.

 

Des rigides de la cuisine mycologique m’expliquaient récemment que le cèpe “ça se fait à la poêle et que c’est un crime de béotien ignorant que de le manger en omelette ou de tout autre manière”. C’est un point de vue, mais il se trouve que, personnellement j’aime bien en faire des mini tartelettes poireau-cèpes qui connaissent à chaque fois un sacré succès. Autrement dit, libre à eux de passer à côté de solutions tout aussi fameuses, mais ce n’est pas une obligation.

 

Il y a mille manières d’exercer un métier, autant en termes de méthodes que d’environnement de travail, de tâches, d’organisation quotidienne etc. Par exemple, non, un entrepreneur n’est pas obligé d’être joignable à chaque seconde des heures ouvrées, il peut répartir son travail différemment si ça lui permet de gagner en efficacité. Je rabâche et je serine en toute décontraction: le job idéal ne se trouve pas sous les sabots d’un bourrin compatissant, il est une réalité à inventer, à construire, à façonner et à entretenir. Faute de quoi, le métier qui vous faisait tant rêver risque de rapidement tourner à la contrainte et la routine. Voir:

 

 

 

* Il m’a plu de l’inventer, celui-là^^

** Source: Baromètre de la pratique du coaching en France – Société française de coaching

 

Crédit photo: Borch3kawkiAnnabelFil22plm

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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