Collaboration : réconcilier les “aller vers et les “éviter de”

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Compétences relationnelles

 

 

Les diktats comportementaux sont légions et ils varient au gré de la tendance du moment où de ce que les gourous de l’efficacité ont dit la semaine dernière. Ainsi, pour correspondre aux canons de la réussite moderne et être un winner ancré dans ce XXIème siècle triomphant, il faudrait être dynamique, motivé, extraverti blablabla. Et aussi aller vers plutôt qu’éviter de. Encore un préjugé pénible à dépasser pour mieux collaborer.

 

 

Les comportements aller vers et éviter de sont complémentaires

 

 

Définitions succintes et préjugés

 

Héritées de la PNL, les dénominations aller vers et éviter de sont des types de comportements révélateurs de notre motvitation dans le choix et la formulation d’un objectif:

 

  • Eviter les conséquences déplaisantes d’une situation (je ne veux plus m’ennuyer au boulot)
  • Aller vers une situation ou un état désiré (je veux trouver un job dans lequel je vais me faire plaisir)

Jusque-là, tout va bien, cette définition correspond d’ailleurs à la façon dont nos réactions émotionnelles nous poussent à l’action : éviter les négatives (l’agacement, la peur, le découragement) ou aller vers les positives (le plaisir sous toutes ses formes). Les aller vers sont ceux qui savent ce qu’ils veulent et les éviter de ceux qui savent ce dont ils ne veulent plus. Cependant, cette description succincte donne parfois lieu à des raccourcis assez contre-productifs, comme je l’ai lu récemment :

 

  • Les merveilleux aller vers auraient une vision globale qui les mènerait de façon quasi magique à aller vers (justement) leurs objectifs. Ce seraient les rois de la réussite facile, qui emmènent avec eux des troupeaux d’adeptes conquis, des leaders, quoi.
  • Les sinistres éviter de, à ne vouloir que s’éloigner de ce qui les dérange, n’iraient nulle part, tourneraient en rond dans leur appréhension systématique des obstacles et des difficultés.

L’affaire est souvent résumée en personnes qui verbalisent leurs objectifs de manière affirmative ou négative, avec les winners d’un côté et les losers, les empêcheurs d’avancer de l’autre, particulièrement dans la vision simpliste à la sauce nord-américaine. Of course.

 

Du coup, les éviter de deviennent aux aller vers ce que les introvertis sont aux extravertis : les indésirables d’une société au fond sacrément pétocharde, normative et pleine de préjugés.

 

 

 

Combinaison individuelle d’aller vers et d’éviter de

 

La réalité est un poil plus complexe :  nous sommes tous notre propre combinaison d’aller vers et d’éviter de, qui est probablement le reflet de notre expérience, de nos convictions, de nos valeurs et qui s’exprime par ce qui génère pour nous des émotions négatives et des émotions positives. Nous avons tous des domaines dans lesquels en mesure d’aller vers, et d’autres dans lesquels nous naviguons davantage à vue entre ce que nous considérons comme des récifs.

 

En d’autres termes, notre part d’aller vers est notre moteur et notre part d’éviter de est notre gouvernail. Dans les eaux troubles de nos vies professionnelles, mieux vaut avoir les deux.

 

D’autre part, si le comportement le plus fréquent créée une tendance dans nos facteurs de motivation,  aller vers et éviter de ont une capacité équivalente, à défaut d’être semblable, à atteindre leurs objectifs, ils ne s’y prennent tout simplement pas de la même manière.

 

 

 

Réconcilier les aller vers et les éviter de

 

Les uns et les autres peuvent vite avoir une vision réductrice du comportement qui n’est pas le leur:

 

  • Les aller vers ont tendance à considérer les éviter de comme lents et peu productifs.
  • Les éviter de peuvent trouver les aller vers inconséquents et irréalistes.

Du coup, les uns et les autres se perçoivent comme peu collaboratifs, alors qu’en réalité, ils sont formidablement complémentaires, au même titre qu’introvertis et extravertis, pour peu qu’ils prennent le temps de se comprendre et d’accepter les avantages du comportement de l’autre et les limites du leur.

 

Alors plutôt que de concentrer une énergie précieuse sur les défauts de l’autre, plutôt que de vouloir à tout prix rééduquer les éviter de pour en faire des champions de la caractéristique tout en haut du hit parade comportemental de la semaine, autant réconcilier les deux et favoriser une collaboration riche et complète.

 

Il est vain, dictatorial et même crétin de vouloir lutter contre la nature des éviter de pour les mettre dans les cases faussement moelleuses des aller vers. Chaque fonctionnement a les qualités de ses défauts et inversement, aussi les deux fonctionnements sont ultra complémentaires. Alors plutôt que de rentrer en guerre contre soi-même ou contre tout comportement qui diffère du nôtre, apprenons à reconnaître les bénéfices spécifiques des deux et à les articuler pour les mettre au service de nos objectifs communs.

 

 

 

Réhabilitons les éviter de pour une meilleure collaboration

 

Les éviter de, qui ne font pas partie des Steve Jobs glamour qui offrent du rêve à des ouailles conquises, seraient des losers lourdingues, des empêcheurs de rêver en rond, qui pointent du doigt les obstacles sur la route au lieu de s’émerveiller de l’île paradisiaque au bout du chemin. Pour dépasser ce préjugé, voyons les bénéfices de leur comportement et les limites du comportement aller vers, tout simplement parce que les uns ne peuvent pas se passer des autres, et inversement.

 

Attention, ce que je décris ici correspond à des tendances et leurs conséquences possibles, à chacun d’y discerner toutes les nuances nées de la singularité. Ce n’est en aucun cas un schéma définitif et systématique. Certains d’entre nous sont des mélanges très complexes d’aller vers et d’éviter d’eux, d’autres sont plus ancrés dans l’un ou l’autre des comportements.

 

 

les aller vers ont une vision enthousiasmante de là où ils veulent aller

 

Aller vers :

Les aller vers sont davantage motivés par leurs envies que par leurs craintes.  Ils ont des visions formidables, des pojets, créatifs, un sens des directions à prendre pour créer… du sens. Leur dynamisme et leur enthousiasme sont contagieux et, plus motivés par leur vision que par le chemin à parcourir, les aller vers peuvent paraître plus charismatiques, plus inspirants.  La limite de ce comportement est de ne pas mesurer l’ampleur des obstacles et de s’y casser la figure. Potentiellement, les attentes plus fortes des aller vers peuvent aussi générer chez certains des déceptions plus fortes alors que d’autres auront une grande faculté à rebondir vers une autre vision.

 

Potentiellement un brin abstraite, la vision peut aller jusqu’à s’affranchir fortement des détails de sa réalisation, considérés comme pénibles ou peu intéressants. Ce qui peut être une force vive qui fait déplacer des montagnes l’air de rien, peut aussi être facteur… de non réalisation des objectifs.  A priori, un fonctionnement aller vers peut paraître merveilleusement dynamique et plein d’assurance. Pas forcément.  Il peut masquer un manque de confiance qui, en générant des zones d’ombres sur les difficultés potentielles ou les étapes à mener, va tout simplement… éviter ses propres peurs. Mais comme celles-ci sont bien présentes au fond du tiroir à émotions, l’aller vers va générer sa propre procrastination.

 

 

les éviter de voient les obstacles sur le chemin

 

 

Eviter de  :

Les éviter de, parce qu’ils s’intéressent aux pièges potentiels,  sont par nature plus analytiques de la situation, de l’itinéraire vers l’objectif,  en particulier dans ses détails de réalisation. Ils vont être utiles au repérage des obstacles, des difficultés, des risques potentiels. Bien entendu, dans le vaste champ de la pensée à l’américaine, ils vont être estampillés « dans le jugement » et « plombeurs d’idées ». Pourtant, ils sont aussi ceux qui vont aider à sa réalisation plus fluide en permettant l’anticipation et le traitement en amont des problématiques en question. Evitant ainsi à la merveilleuse vision de se réveiller avec des bleus partout lorsqu’elle aura échoué sur les rochers, toute préoccupée d’atteindre sa destination sans regarder le chemin.

 

Parce qu’ils se dirigent en fonction des obstacles, les éviter de sont souvent présentés de manière négative comme gouvernés par leurs peurs, donc forcément craintifs, passifs, peu entreprenants. C’est assez faux :  ils trouvent leur motivation et mettre beaucoup d’énergie dans la résolution de problème, l’établissement des plans de route, la recherche de solution,  là où les aller vers ne vont pas voir le problème, ou trouver sa résolution fastidieuse et peu motivante, quitte, parfois, à la négliger. En bref, si l’on considère que les éviter de se dirigent en fonction de leurs craintes plus qu’en fonction de leurs envies, c’est une caractéristique, pas une tare et elle se révèle bien utile à des aller vers qui filent parfois un peu trop vite.

 

 

 

Apprendre à collaborer

 

D’ailleurs, le questionnement de l’objectif issu de la PNL prend en compte ces deux dimensions, au lieu d’en favoriser une et de lutter contre l’autre, en questionnant à la fois la vision et les difficultés potentielles :

 

  • La vision – ce vers quoi je vais: Je définis ce que je veux. J’identifie ce que ça m’apportera pour encourager ma motivation
  • Les problèmes – ce que je veux éviter: Je définis ce dont je ne veux plus. J’identifie les inconvénients possibles, les obstacles potentiels, pour pouvoir les traiter en amont et éviter des blocages intempestifs en cours de route.

Ce qui nous donne une trame à explorer pour permettre aux aller vers et aux éviter de collaborer sur un même projet, autant ces deux parts de nous-mêmes, pour des objectifs individuels, que sur des caractéristiques comportementales, pour mieux travailler ensemble :

 

  • Les éviter de peuvent s’appuyer sur les  aller vers pour définir les orientations, le sens, les bénéfices d’un projet.
  • Les aller vers peuvent s’appuyer sur les éviter de pour définir les solutions, les étapes à mener, le traitement des difficultés.
  • Et rebelotte : à l’intérieur d’une étape à franchir, les aller vers fournissent la boussole et le moteur, les éviter de dirigent le navire entre les récifs.

De quoi mener le bateau à bon port ;)

 

 

 

Voir aussi

 

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Collaboration, conflit et lecture émotionnelle

Relations: hérissons et paillassons

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Comprendre les motivations derrière les comportements absurdes

Juger moins juger mieux

 

 

 

Aller plus loin

 

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Reconversion professionnelle et enquête métier: les questions à poser à un entrepreneur

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion / Création d’entreprise

 

 

Lorsque le désir de reconversion s’oriente vers une création d’entreprise, l’enquête métier a deux aspects de la vie professionnelle à explorer : le métier d’une part, et la fonction de chef d’entreprise d’autre part, avec ses dimensions multi-casquettes, ses spécificités, sa complexité. Sherlock Holmes de l’enquête métier, voici des exemples de questions à poser lorsque vous investiguez la création d’entreprise.

 

 

Reconversion et enquête métier: les questions à poser à un entrepreneur

 

 

L’enquête métier du créateur d’entreprise

 

Au risque de vous servir une platitude digne d’un pays qui n’est pas le mien, lorsque l’envie de changer de métier s’intéresse à la création d’entreprise, l’indispensable enquête métier ne sera pas la même que dans une reconversion vers un boulot salarié. Ce qui a l’air d’une certitude mérite d’être posé, car beaucoup d’entrepreneurs en devenir, tout à l’enthousiasme de leur projet, omettent certaines dimensions essentielles de leur future vie professionnelle. Tant aux niveaux administratif, comptable, commercial et marketing qu’organisationnel (le temps consacré à l’administratif est généralement largement sous-évalué) ou plus personnel (comment l’entrepreneur vit sa solitude au pilotage, les revenus fluctuants etc.)

 

Pour simplifier, nous entendrons par créateur d’entreprise toute personne qui se met à son compte, qui “monte sa boîte”, qui devient patron, y compris si c’est seulement de lui-même.

 

 

Personnalisation  de la fiche d’enquête

 

Comme pour les enquêtes métiers pour des jobs salariés, il y a des questions génériques qu’on peut poser dans toutes les situations. Dans le cadre d’une ré-orientation vers une création d’entreprise, il y a aussi nécessité d’adapter votre fiche d’enquête selon deux critères :

 

  • Le type d’entreprise que vous voulez monter – Les questions à un boulanger, à un patron de PME et à un consultant ne seront pas les mêmes.
  • Vos besoins professionnels prioritaires: vos désirs de conciliation vie pro/vie perso, vos aptitudes et envies (la compta est un problème pour beaucoup!) etc.

Encore une fois, cette série de questions à poser n’est pas gravée dans le marbre, c’est une simple trame. Adaptez-la, modifiez-la, rajoutez vos questions, bref, personnalisez votre enquête métier!

 

 

 

Les questions à poser à un entrepreneur

 

L’enquête métier dans le cadre d’une création d’entreprise a pour objectif de vous aider à cartographier les points à traiter et les points de convergence entre la vision que vous avez de la vie d’un entrepreneur dans le domaine que vous avez choisi et celle qu’en on les professionels qui l’exercent.

 

N’hésitez donc pas à élaborer un support commun pour chaque type d’entreprise sur lequel vous allez enquêter: ça vous en facilitera la lecture et le traitement. les notes en vrac sur des feuilles disparates ou collectées à la volée dans un carnet, c’est parfois moins facile à gérer;)

 

 

La personne rencontrée

  • Nom
  • Métier
  • Téléphone
  • Entreprise

Le métier et l’entreprise

  • Pouvez-vous me décrire votre métier? Votre entreprise?
  • Quel est votre parcours professionnel ? Qu’est-ce qui vous a amené à créer cette entreprise?
  • Quelles sont les activités et tâches principales dans votre métier? Dans le quotidien d’un entrepreneur?
  • Quelles sont les tâches plus secondaires ou occasionnelles?
  • Comment se passe une journée type/une semaine type?

L’environnement et les conditions de travail

Ces questions sont à développer en fonction de la nature du métier et de l’entreprise: les lieux et tiers-lieux, par exemple, ne sont pas les mêmes pour une entreprise avec 5 salariés que pour une activité indépendante.

  • Quelles sont les conditions d’exercice? (horaires, déplacements, spécificités etc.)
  • Quel est votre environnement de travail ? (lieux, tiers-lieux, relations avec les clients, les fournisseurs, les prestataires etc.)
  • Pourquoi avez-vous fait ces choix? (précisez. Par exemple: bureau ou télétravail)
  • Quels locaux, quel matériel, équipement ou technologies sont nécessaires?
  • Comment gérez-vous la solitude du chef d’entreprise?
  • Comment gérez-vous la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle?

La vie de l’entreprise

  • Quel temps consacrez-vous à votre coeur de métier?
  • Quel temps consacrez-vous à l’administratif et au commercial?
  • Quelles tâches déléguez-vous? Auprès de qui? Pour quelles raisons?
  • Marketing, commercial, administratif (management, RH en cas d’enreprise avec plusieurs salariés): que faites-vous vous-même? Pour quelles raisons?
  • Comment avez-vous construit l’image de votre entreprise?
  • Combien de temps vous a-t-il fallu pour construire une clientèle suffisante?
  • Comment trouvez-vous vos clients?
  • Avez-vous un site internet, un blog? Qui s’en occupe? Pour quelles raisons?
  • Utilisez-vous Internet et les réseaux sociaux pour faire connaître votre activité? Si oui, comment?

La création

  • Quel statut avez-vouschoisi? Pourquoi?
  • Quelle formation est nécessaire pour créer ce type d’entreprise ?
  • Quelles formations recommanderiez-vous?
  • Quel investissement de départ?
  • De quel accompagnement à la création d’entreprise avez-vous bénéficié? Lequel recommanderiez-vous?

Les aptitudes et compétences

  • Quelles sont les compétences techniques et opérationnelles nécessaires?
  • Quels pré-requis, quelle expérience?
  • Quelles sont les qualités indispensables (organisationnelles, relationnelles etc.)

La rémunération

  • Quel est le niveau de rémunération ?
  • Pour un jeune créateur ? Après 5 ans d’exercice ?
  • Comment vivez-vous les revenus fluctuants? (en particulier pour les indépendants)

Les inconvénients

  • Quels sont les contraintes, les risques, les inconvénients de ce métier ? (stress, pénibilité, contraintes physiques, désagréments etc.)
  • Quels sont les contraintes, les risques, les inconvénients de la fonction de chef d’entreprise?
  • Comment les gérez-vous?
  • Quelles sont les tâches les plus difficiles?
  • Comment les gérez-vous?

La satisfaction générale

  • Qu’aimez-vous dans votre métier?
  • Qu’aimez-vous dans votre statut et votre vie d’entrepreneur?
  • En quoi ont-ils du sens pour vous?
  • Qu’est-ce que vous aimez moins?
  • Quels ajustements feriez-vous, si vous pouviez?

Les conseils

  • Qu’avez-vous envie de dire à ceux qui veulent exercer ce métier?
  • Qu’avez-vous envie de dire à ceux qui veulent devenir entrepreneurs?
  • Quelles erreurs avez-vous commises? Que feriez-vous autrement, avec le recul?
  • Quels conseils donneriez-vous pour réussir dans ce métier ? Dans la création d’entreprise?
  • Connaissez-vous d’autres professionnels susceptibles de répondre à mes questions ?

 

Avez-vous d’autres questions à suggérer?

Bonne enquête!

 

 

Voir aussi

 

Reconversion professionnelle: l’enquête métier

Reconversion professionnelle: 6 points indispensables à traiter

Reconversion professionnelle: la tentation de l’indépendance

Le job idéal, une réalité à inventer

8 trucs infaillibles pour tuer son entreprise

Les compétences relationnelles au pilotage de l’entreprise

Création d’entreprise: les pièges à éviter

Entreprendre: les 10 clés de la réussite

Entreprendre en couple

 

 

Aller plus loin

 

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Vitamines mentales: le bonheur est (aussi) dans le déconnecté

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Bien-être et estime de soi / Vitamines mentales

 

 

On entend de plus en plus dire qu’il n’est plus possible ni souhaitable d’éteindre son téléphone et qu’il est complètement has been de s’imaginer autre chose. Personnellement, je suis assez old school sur le sujet, aussi permettez-moi d’être parfaitement réac 2.0 : je m’inscris en faux. Il ne s’agit pas de retrouver un paradis déconnecté perdu, de redécouvrir les béatitudes enchanteresses d’un monde sans écrans. Il s’agit d’alterner les temps de connexion et les temps de déconnexion pour tirer profit des deux… au mieux.

 

 

bonheur déconnecté

 

 

 

Ecrans: entre plaisir, utilité et esclavage

 

Nos écrans, tablettes, smartphones, ordinateurs sont sources de bénéfices auquels j’adhère en mode néoprène, tant j’y trouve de plaisir et de bénéfices. On pourrait même ajouter cette télé sooooo 20ème siècle – même si, pour ma part, je me suis débarrassée de la mienne avec joie il y a trois ans. Car nos écrans nos relient, facilitent une partie de notre travail, nous offrent des multitudes d’opportunités: rencontres professionnelles, espaces d’information, d’apprentissage, de collaboration, de culture, de divertisement, d’expression, de créativité etc. Espaces dont nous disposions beaucoup plus pauvrement il y a fort peu de temps.

 

Ce n’est pas leur existence ni même leur utilisation qui est en cause. C’est la façon que nous avons de nous soumettre à eux. Nous sommes passés sans nous en rendre compte de l’engouement vis à vis de leur utilité et du plaisir qu’ils procurent à l’esclavage pur et simple. Nos écrans régissent nos vies, nous répondons à leurs sollicitations un doigt sur la couture du pantalon, l’autre sur le clavier, comme si notre vie en dépendait. Nous nous sommes enchaînés à eux, pour le meilleur sans doute, mais aussi pour le pire.

 

Et en vertu du principe selon lequel “où il y a de la chaîne, y’a pas de plaisir”, les joies de nos écrans s’essoufflent, l’air de rien, dès lors que l’habitude et l’excès prennent le pas. La conscience des conséquences possibles de l’excès d’écran ne date pas d’hier.

 

  • En 2010, nous avions parlé du besoin de déconnecter
  • En 2011 Fadhila Barhimi lançait le concept de pause digitale, d’innonbrables articles de journaux et magazines rappelaient l’importance de déconnecter
  • En 2012, Thierry Crouzet publiait J’ai débranché, l’histoire de son overdose d’internet.

 

Mais tout cela n’a pas mené bien loin, même si aujourd’hui, selon une étude du CREDOC 62% des internautes expriment l’envie de déconnecter davantage. Car l’envie n’est pas l’acte, et au final, peu le font. L’incapacité à déconnecter serait devenue telle qu’elle est en passe de devenir un marché – un nouveau besoin de consommation pour compenser les méfaits d’un autre – comme en témoigne cet article qui propose une série d’hôtels pour détox digitale.

 

 

 

Les risques de l’hyper connexion

 

Il y a peu, j’ai été conviée par ICF France à une conférence du psychiatre Christophe André sur la méditation. Christophe André fait partie de ceux qui sont convaincus qu’à force de bruit et de fureur, notre société est devenue psychotoxique et que nous devons nous en protéger pour conserver un équilibre psychologique suffisant pour évoluer en son sein peu maternel. Le bruit visuel de nos écrans participe de cette menace rampante contre notre bien-être et notre santé mentale.

 

Comme tous les excès d’ailleurs: si je me nourris de fraises tagada avec une application de douanier en grève du zèle, mon système digestif ne va pas tarder à trouver l’addition peu comestible. De la même manière, l’excès d’écrans donne à notre boîte à penser une nourriture un peu trop abondante pour qu’elle continue à fonctionner sans hoquets et sans ratés.

 

Christophe André n’est pas le seul à s’inquiéter de l’abus des écrans: en janvier 2013, 50 experts de la santé psychique lançaient un appel à la vigilance, car “l’usage abusif d’écrans induit une hypersollicitation permanente, source de stress et de fatigue. Il nous prive du temps de repos, de réflexion et de présence au monde indispensables au bien-être et au bien-penser” Ils évoquent aussi des dommages collatéraux:

 

  • Les relations : dommages que nous avions évoqué dans Butinage relationnel, maudit smartphone!
  • Le brouillage de la frontière entre vie privée et vie professionnelle et l’incapacité grandissante à déconnecter.
  • L’augmentation du mal-être au travail
  • La dictature de l’urgence, de l’immédiateté

Cependant, pour la plupart d’entre nous, on ne peut pas parler d’addiction. Même si prendre des vessies pour des lanternes, en la matière, aurait l’énorme avantage de nous dédouaner de tout effort pour trouver un équilibre, la majorité a un usage disproportionné des nouvelles technologies, sans en être dépendant au sens pathologique du terme. Tout comme il ne faut pas confondre travailler trop et dépendance au travail, ne prenons pas nos abus d’écrans pour des addictions.

 

Si nous sommes esclaves de nos smartphones, c’est une soumission consentante parce qu’elle nous renvoie une image positive de nous-mêmes (indispensables, importants). Pour que nos écrans redeviennent ce qu’ils devraient être, c’est à dire un outil à notre service et non pas les empereurs de nous-mêmes, un peu de detox numérique ne fait pas de mal.

 

 

 

Les freins à déconnecter

 

Les nouveaux acronymes fleurissent pour décrire nos freins à déconnecter:

 

  • FOMO ( fear of missing out – peur de rater quelque chose)
  • FONK (fear of not knowing – peur de ne pas savoir)

La peur de passer à côté d’une information est devenue une obsession. Paradoxalement, être au contact de toujours plus d’information engendre la crainte d’en rater une. Au cas où on passe à côté du buzz de la semaine et que ça fasse de nous les sous-informés ringards et trop 1.0 du dîner en ville de jeudi. Pourtant il existe d’autres informations tout aussi nourrissantes, en temps réel autour de nous, nécessaires à notre équilibre. Et comme le souligne Bertand Duperrin, renouer avec cet IRL est un enjeu autant collectif qu’individuel.

 

La surconnexion présentant de véritables risques en termes de stress, le repos, digital ou professionnel, étant de plus en plus perçu – à juste titre – comme une nécessité pour l’équilibre des individus, les entreprises envisagent, voire implémentent les déconnexions obligatoires. En France comme en Allemagne, la déconnexion imposée et/ou blocage des mails commencent à faire parler d’eux.

 

 

 

Connexion et déconnexion volontaire

 

Mais au final, sur le plan individuel, l’idée n’est pas de se transformer en jeûnard numérique intransigeant ou de faire de la digital detox une nouvelle religion dont les papes et ayatollahs nous imposeraient d’autres principes aussi dictatoriaux. Ainsi, une autre injonction consiste à présent à nous pousser à passer du FOMO au JOMO, (joy of missing out – la joie de rater quelque chose). Les solutions bien-être à la mode yankee sentent parfois un peu trop le simplisme de bas étage. Il est sans doute plutôt question de revenir à une forme d’indifférence et d’acceptation: j’ai raté quelque chose? Ha bon.

 

Plutôt que de s’imposer une déconnexion massive pendant les vacances alors q’uon est un écranphile patenté, ce qui risquerait de ressembler à une sevrage brutal, qui sera suivi d’une utilisation accrue au retour de vacances, il vaut peut-être mieux y aller à petits pas, et intégrer des mini-plages de déconnexion dans son quotidien.

 

 

Reprendre le contrôle de ses temps de connexion déconnexion

 

 

L’idée est essentiellement de cesser d’être victime de nos écrans et bourreaux de nous-mêmes, de redevenir maître de nos propres temps de connexion et de déconnexion, en fonction de critères que nous posons par nous-mêmes et pour nous-mêmes. D’instaurer des plages horaires pendant lesquels nos activités ne sont pas régies par nos écrans, mais par les choix que nous faisons. Et d’articuler ces temps de manière à nous accorder des moments pendant lesquels notre attention n’est pas sur-sollicitée. De façon à se remémorer que l’IRL a aussi ses vertus, et à trouver davanatge de plaisir aux deux. Car des temps de connexion moindres et plus conscients sont aussi plus satisfaisants.

 

 

 

 

Le bonheur est – aussi – dans le déconnecté

 

Etre déconnectés de nos écrans, ce n’est pas être déconnecté tout court, c’est aussi être connectés à autre chose en IRL, ne serait-ce qu’à notre environnement, à l’instant présent. C’est aussi être davantage à ce qu’on fait, accorder à nos tâches professionnelles l’attention non seulement qu’elles méritent, mais aussi dont elles ont besoin pour être menées à bien.

 

sortir de l'excès d'écrans pour retrouver les plaisirs de l'IRL

 

C’est aussi être connectés à notre entourage ainsi qu’à toutes sortes de plaisirs simples qui sont, par natures, des vitamines mentales. C’est à dire de l’énergie positive, du plaisir qui nourrit, des particules de bonheur qui favorisent le sentiment d’être heureux.

En d’autres termes, ces temps de déconnexions ont des bénéfices pour l’équilibre psychologique, qui va à son tour avoir des répercussions dus la satisfaction et la performance professionnelles. Bref, le bonheur est aussi dans le déconnecté:

 

  • Pour travailler avec plus d’efficacité, et ce pour deux raisons: plus nous nous reposons, plus nous sommes efficaces dans notre travail et d’autre part, l’attention sans sollicitation améliore la qualité de notre travail.
  • Pour travailler avec plus de plaisir: être à ce que nous faisons améliore la relation à la tâche en cours. D’autre part, la qualité de notre travail y gagnant, c’est aussi un moyen de redécouvrir le goût du travail bien fait.
  • Pour améliorer la qualité de nos relations: l’attention et l’écoute que nous accordons aux autres est malmenée par les interruptions. Nos phones ne sont pas si smart que ça lorsqu’ils transmettent aux autres que ce qu’ils ont à nous dire est moins important qu’un appel d’une tierce personne.
  • Pour s’accorder des temps de réflexion sans interruption : temps qui permet de l’approfondir et de l’enrichir.
  • Pour se ressourcer: céder à la flemme, redécouvrir les plaisirs de la glandouille et les vertus de la rêverie, qui stimulent la créativité et le sentiment de bien-être.
  • Pour engranger de l’énergie: renouer avec des plaisir simples, comme ces 20 choses à faire sans votre smartphone ou ces vitamines mentales qui sont source de dynamisme et d’enthousiasme.

 

Personnellement, mes temps de déconnexion me sont aussi indispensables que mes temps de connexion. Ils sont complémentaires. L’IRL, les moments où je suis connectée à ce qui m’entoure (et en particulier à la nature) sont pour moi à la fois une source d’inspiration et un espace de réflexion que je ne trouve pas en mode connecté. Celui-ci est plutôt le temps de l’information : celui qui me permet de valider, invalider ou compléter mes idées, ou inversement de trouver des idées qui vont nourrir la réflexion.. déconnectée.

 

Et vous, comment gérez-vous vos temps de connexion et déconnexion?

Quel plaisir trouvez-vous dans vos temps de connexion?

Quel plaisir trouvez-vous dans vos temps de déconnexion?

En quoi chacun vous nourrit, personnellement et professionnellement?

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Reconversion et enquête métier (4): questions à poser pour un métier salarié

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion

 

 

L’indispensable enquête métier pour confronter sa vision d’une voie de reconversion à la réalité passe par une phase de préparation et d’élaboration de fiches d’enquête, par métier ou fonction que vous voulez explorer, pour faciliter la lisibilité et le traitement des données collectées. Sherlock Holmes de l’enquête métier, voici des exemples de questions à poser lorsque vous enquêtez sur un métier salarié.

 

 

Reconversion et enquête métier: les questions à poser pour un métier salarié

 

 

 

 

Personnalisation  de la fiche d’enquête

 

S’il y a des questions génériques qu’on peut poser dans toutes les situations, il est bien entendu nécessaire d’adapter en fonction de votre objectif, de ce que vous avez identifié comme vos besoins professionnels prioritaires, ainsi que de la nature du métier sur lequel vous enquêtez. Les questions proposées ci-dessous sont relativement génériques, adaptez-les, modifiez-les, rajoutez les vôtres, bref, personnalisez votre enquête métier!

 

  • Vous voulez mettre l’accent sur la conciliation vie pro/vie perso? Posez des questions sur la manière qu’à votre interlocuteur d’articuler ses temps de vie.
  • Une part de télétravail est une condition sine qua non de votre plaisir au travail? Ajoutez des questions précises sur cette possibilité.
  • Un travail calme et serein est indispensable à votre équilibre? Attardez-vous sur l’ambiance au travail, le rythme, la gestion des urgences, le stress possible.
  • etc.

 

 

Les questions à poser pour un poste salarié

 

L’enquête métier a pour objectif de vous aider à cartographier les points à traiter et les points de convergence entre la vision que vous avez du métier dans lequel vous voulez vous reconvertir et celle qu’en on les professionels qui l’exercent.

 

N’hésitez donc pas à élaborer un support commun pour chaque métier ou fonction sur lesquels vous allez enquêter: ça vous en facilitera la lecture et le traitement. les notes en vrac sur des feuilles disparates ou collectées à la volée dans un carnet, c’est parfois moins facile à gérer;) Le site Kaputzan en propose un exemple très détaillé ici.

 

 

La personne rencontrée

  • Nom
  • Métier
  • Téléphone
  • Entreprise

Le métier et la fonction

  • Pouvez-vous me décrire votre métier?
  • Quel est votre parcours professionnel ? Qu’est-ce qui vous a amené à exercer ce métier?
  • Quelles sont les activités et tâches principales?
  • Quelles sont les responsabilités à assumer?
  • Quelles sont les tâches plus secondaires ou occasionnelles?
  • Comment se passe une journée type?

L’environnement et les conditions de travail

  • Quelles sont les conditions d’exercice? (Statut, place dans l’organigramme, horaires, déplacements, travail en équipe, part d’autonomie, d’initiative, spécificités etc.)
  • Quel est l’environnement de travail type du métier ? (lieux, tiers-lieux, type d’entreprise, ambiance, relations etc.)
  • Quel matériel, équipement ou technologies utilisez-vous?

L’accession au métier

  • Quelle formation est nécessaire pour accéder à ce type de poste, quel diplôme, obligatoire ou souhaité ?
  • Quelles formations recommanderiez-vous?
  • Comment et par qui avez-vous été recruté?
  • Avec quel type de contrat?

Les aptitudes et compétences

  • Quelles sont les compétences techniques et opérationnelles nécessaires?
  • Quels pré-requis, quelle expérience?
  • Quelles sont les qualités indispensables (organisationnelles, relationnelles etc.)

La rémunération

  • Quel est le niveau de rémunération ?
  • Pour un débutant ? Après 5 ans d’exercice ?
  • Quelles primes, quel intéressement? Quelles possibilités d’augmentation?

Les perspectives

  • Quelles sont les perspectives d’emploi actuelles dans ce secteur?
  • Comment voyez-vous l’avenir du métier ?
  • Quelles sont les perspectives d’évolution de carrière lorsqu’on exerce ce métier?
  • A quelles formations continues avez-vous accès?

Les inconvénients

  • Quels sont les contraintes, les risques, les inconvénients de ce métier ? (stress, pénibilité, contraintes physiques, désagréments etc.)
  • Comment les gérez-vous?
  • Quelles sont les tâches les plus difficilies? Comment les gérez-vous?

La satisfaction générale

  • Qu’aimez-vous dans votre métier?
  • En quoi a-t-il du sens pour vous?
  • Qu’est-ce que vous aimez moins?
  • Quels ajustements feriez-vous dans votre métier, si vous pouviez?

Les conseils

  • Qu’avez-vous envie de dire à ceux qui veulent exercer ce métier?
  • Quels conseils donneriez-vous pour réussir dans ce métier ?
  • Connaissez-vous d’autres professionnels susceptibles de répondre à mes questions ?

 

 

Voir aussi

 

Reconversion professionnelle: l’enquête métier

Reconversion professionnelle: 6 points indispensables à traiter

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Les obstacles à la reconversion professionnelle

Age, métier et reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle: l’être humain derrière le projet

Reconversion professionnelle: voyage au bout de l’enfer ou formidable aventure?

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

Bien-être et projets professionnels: fleuve paisible, rives fleuries

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi / Talents et ressources

 

 

“Fleuve paisible, rives fleuries”. Lorsque suis tombée sur ce proverbe chinois, je l’ai trouvé poétique, printannier, inspirant à souhait. Nourriture à réflexion en mode bucolique et imaginatif sur ce qui devient possible lorsque nos relations à nous-mêmes s’attendrissent…

 

 

l'apaisement de la relation à soi ouvre un vaste champ des possibles

 

 

 

Relation à soi difficile : marécage de l’estime de soi

 

Dévalorisation, auto-jugements très durs, critiques sévères de nos limites et de nos manquements, comparaisons minimisantes, collections de vilains défauts à “vaincre”, nous nageons davantage dans les eaux troubles d’une relation à nous-mêmes difficile que dans les ondes limpides de la paix avec soi-même. Et vu les discours internes que nous nous tenons, nous sommes probablement parmi les pires persécuteurs que nous sommes amenés à rencontrer.

 

relation à soi difficile et enlisement professionnelDepuis le simple “quel con(ne)” qui accompagne un verre brisé jusqu’aux ruminations nauséabondes suite à ce que nous avons vécu comme un “échec” personnel ou professionnel, les rives de nous-mêmes ressemblent soit à un marécage visqueux dans lequel on s’enlise, soit à des berges malmenées par les crues. Et rarement à des jardins d’abondance.

 

En d’autres termes, si la vie, ses aléas et ses rencontres pas toujours sereines ou réjouissantes s’occupe de l’érosion de nos rivages personnels, souvent nous ne manquons pas d’y participer activement. L’estime de soi falgeolle, la confiance vacille et nos projets y croupissent, faute d’un terreau plus fertile sur lequel grandir en sécurité.

 

 

 

Les fleuves paisibles de la réconciliation à soi

 

C’est la réconciliation à soir qui apaise le flot tumultueux de nos pensées dévalorisantes et renforce des berges fertiles à projets en tous genres, et en particulier professionnels. Cette réconciliation est un mélange de facultés qui se travaillent et se développent:

 

 

 

Les rives fleuries de l’apaisement

 

Une fois apaisée, cette relation assainie à nous-mêmes ouvre le champ à mille possibles, en termes de bien-être personnel, d’orientation ou d’évolution professionnelle vers davantage de sens et de plaisir au travail.

 

La réconciliation à soi permet à nos projets de mieux fleurirCar la quiétude née de l’apaisment de la relation à soi est dynamisante: elle rend à nos projets, nos aspirations et nos ambitions l’énergie autrefois dilapidée dans la guerre contre soi. Elle fait pousser et fleurir des merveilles sur ses terrains jusqu’ici un peu trop minés.

 

 

Elle nous permet d’en sortir les graines de nos tiroirs poussiéreux et de les explorer sans crainte. Elle nous permet de mesurer leur pertinence, de les planter, d’en prendre soin, d’oeuvrer pour leur bon développement et de les regarder grandir avec joie et avec fierté. Voici donc un mini coaching: fleuve paisible, rives fleuries:

 

Et vous, si vous étiez apaisé(e), qu’est-ce qui changerait dans votre vie?

Quelles merveilles fleuriraient sur vos rives?

Quelle vie professionnelle?

Quel environnement?

Quelles relations?

Que feriez-vous?

Comment agiriez-vous?

Quel sens donneriez-vous à votre vie personnelle? Professionnelle?

 

Qu’est-ce qui vous manque pour vous apaiser?

De quoi avez-vous besoin?

Comment l’obtenir, le mettre en place?

 

 

 

Voir aussi

 

La triplette relationnelle du coaching

La triplette opérationnelle du coaching

Vie professionnelle: zone d’apprentissage, zone des possibles

Bien-être: 6 trucs simples pour se sentir plus heureux tout de suite

Bien-être: le bilan positif de la journée

3 clés pour renforcer la confiance en soi

Connaissance de soi: belles contradictions

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

Reconversion professionnelle et enquète métier (3): information vs vérité

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Dans le cadre d’une recnversion professionnelle, l’enquête métier peut être très déstabilisante: elle est un premier pas dans la réalité d’un job qu’on a peut-être idéalisé et le retour sur terre est parfois rude. Mais attention! Le portrait que vous fait un professionnel sur son métier est le reflet d’une réalité unique, la sienne, aussi il ne s’agit pas d’aller chercher des vérités, mais des informations qui sont autant de pistes de réflexion

 

 

Reconversion: l'enquête métier est une collecte d'information, pas de vérités

 

 

 Aller chercher de l’information, pas des vérités universelles

 

Lorsqu’on s’interroge sur une possible reconversion, l’indispensable enquête métier consiste à aller questionner des professionnels du métier qui nous tente pour avoir les idées plus claires sur ce qu’il signifie au qutotidien, valider ou invalider des informations déjà collectées, bref, s’en faire une idée un peu plus précise et un peu plus concrète. Cependant, l’erreur trop fréquente est de croire qu’en rencontrant une personne qui exercer ce métier, on en aura un tableau détaillé, complet, indubitable, autant en termes de contraintes inévitables  que de plaisirs évidents ou de réalité financière.

 

Votre interlocuteur a sa façon de vivre son métier, de le percevoir. Sa relation à son travail est unique et, si elle peut révéler des tendances, elle n’est en pas grand chose l’indicateur d’un réalité valable pour tous. D’autre part, il a construit sa vie professionnelle autour de priorités et d’aspirations qui sont les siennes, pas forcément les vôtres.

 

C’est certainement deux excellentes raisons de contacter plusieurs professionnels du secteur dans lequel vous voulez vous reconvertir, pour avoir différents sons de cloches. C’est aussi et surtout une excellente raison de vous souvenir que votre démarche consiste à collecter des informations pour vous faire votre propre idée et non pas à aller chercher la vérité vraie et commune à tous sur la réalité d’un métier.

 

  • Un coach débutant m’appelle l’autre jour pour parler de son installation. Il s’intéresse au coaching de particuliers et a discuté avec 3 coachs qui ont tous trois été catégoriques: impossible de vivre de ce métier, il faut une activité complémentaire comme la formation, coacher en entreprise, mais toutes les places sont déjà prises en entreprise. Le jeune coach est en panique: lors de sa formation, il lui a été dit que le marché était considérable (bel argument de vente de formation, au passage…). Bien entendu, ce n’est pas impossible, j’en suis la preuve vivante. C’est essentiellement une question de stratégie pour se faire connaître. Ces trois coachs lui ont donné leur vision, je lui ai donné la mienne : 4 reflets de 4 réalités qui doivent être prises comme des sources de réflexion, pas des vérités vraies.

 

 

Traiter l’information pour générer des adaptations personnelles

 

Au delà de l’enquète, cette collection d’informations vous donnera des pistes pour analyser comment vous pouvez articuler vos propres priorités et aspirations, en fonction de ce que vous avez identifié comme étant vos besoins professionnels majeurs, à combler absolument pour que votre reconversion vous rapproche du job idéal.

 

Il y a fort à parier pour que votre interlocuteur s’exprime parfois sur le mode “il faut – on doit”. Gardez en tête qu’il s’agit là de sa propre perception des dispositions indispensables à son métier, il a bien le droit à ses convictions et en même temps, il vous revient d’envisager des ajustements pour adapter le métier à vous, dans une certaine mesure, plutôt que le contraire.

 

Et rappelez-vous toujours que ce n’est pas parce que dix personnes font une même chose d’une certaine manière que vous êtes obligé de faire de même. Inventer sa façon de travailler, la ciseler en fonction de ses besoins et aspirations est une grande source de satisfaction, de part le sentiment que cela donne d’être au pilotage de sa vie professionnelle.

 

  • Charles a ouvert un magasin de vêtements pour hommes. Des commerçants qu’il avait rencontré lui avaient expliqué qu’il devrait s’investir à fond, travailler 7 jours sur 7, faire l’ouverture et la fermeture. Mais Charles était en accord avec un revenu légèrement moindre, sa priorité portait sur la conciliation vie professionnelle et vie privée. Il a adapté son nouveau métier en prenant un adjoint plutôt qu’un vendeur, qu’il a payé plus cher, mais avec qui ils se sont répartis les tâches et les horaires, à la satisfaction de chacun.

 

Il s’agit donc de traiter ces données, de les analyser pour déterminer comment vous aller construire votre projet, plutôt que de forcer vos rondeurs personnelles à se couler, vaille que vaille, dans des moules tout formatés.

 

La prochaine étape va consister à mener votre enquête auprès de professionnels du secteur dans lequel vous envisagez de vous reconvertir. Nous verrons donc quelles questions poser à ces professionnels, selon que votre désir de changer de métier s’inscrive dans le cadre du salariat ou de la création d’entreprise.

 

 

 

Voir aussi

 

Reconversion professionnelle: l’enquête métier

Reconversion professionnelle: 6 points indispensables à traiter

Les 10 clés d’une reconversion professionnelle zen

Les 10 clés d’une reconversion professionnelle dynamique

Le job idéal, une réalité à inventer

Les obstacles à la reconversion professionnelle

Age, métier et reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle: l’être humain derrière le projet

Reconversion professionnelle: voyage au bout de l’enfer ou formidable aventure?

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Ithaque coaching: 6 ans et de nouveaux projets

Sylvaine Pascual – Publié dans L’actualité d’Ithaque

 

 

 

 

Ithaque Coaching fête ses 6 ans! L’occasion d’un bilan, of course, en revenant sur ce qui m’anime autant dans la rédaction du blog d’Ithaque que dans le travail avec mes clients, avec toujours en toile de fond l’idée d’aller vers davantage de plaisir au travail. C’est ma tournée!    

 

 

Ithaque 6 ans de plaisir au travail

 

 

 

Ithaque: diversité des personnes et des projets

 

Depuis 6 ans, j’ai un plaisir immense à travailler avec une formidable diversité de personnes: diversité d’origines, de situations professionnelles, d’aspirations, de projets. A chaque mission c’est une nouvelle expédition en terra incognita: une nouvelle personnalité en face de moi, un nouveau parcours, de nouvelles motivations et aspirations.

 

Cette diversité est une nourriture quotidienne à ma curiosité et à ma soif d’apprentissage. J’apprends toutes sortes de choses sur des domaines différents: métiers, entreprises, environnements professionnels etc. Je suis sans cesse épatée par les trésors d’imagination et d’énergie que mes clients mettent dans la réalisation de leurs objectifs et par les solutions extraordinaires qu’ils concoctent pour y parvenir. Il sont tous autant d’histoires passionnantes et je leur en suis infiniment reconnaissante de me permettre d’en être le témoin privilégié.

 

Du coup, il est difficile de dégager un profil type de mes clients: ils ont entre 28 et 58 ans, ils sont issus de tous les niveaux de l’entreprise et de vastes horizons sociaux-professionnels, avec des métiers ou fonctions de départ très diversifiés: avocats, ingénieurs, assistants, commerciaux, DG, RH, chercheurs d’emploi, techniciens, managers, chefs d’entreprise, professions libérales, employés, fonctionnaires, viticulteurs etc.

 

 

 

Un être humain derrière chaque odyssée professionnelle

 

Le concept d’Ithaque est né en 2008 autour de l’idée de cette diversité: il y a une personne, un être humain derrière chaque odyssée professionnelle. Une personne unique, dont la singularité exige des itinéraires sur mesure, loin des idées préconçues, des recettes toutes faites et des sentiers battus. Et ses itinéraires s’organisent d’abord dans ce territoire interne pour y puiser les ressources nécessaires à la réussite de ses projets professionnels, en accord avec ses valeurs et ses aspirations. Ces ressources s’articulent autour des trois axes de la triplette relationnelle, car il sont les piliers de l’atteinte de nos ambitions professionnelles:

 

  • La relation à soi: les talents, les mécanismes de réussite, l’estime de soi, la confiance en soi, les compétences émotionnelles.
  • La relation aux autres: le positionnement dans la relation, la communication, les compétences relationnelles, l’affirmation de soi.
  • La relation au travail: les aspirations, les appétences, les besoins professionnels, la définition personnelle de la réussite.

 

 

Laboratoire, évolution et plaisir au travail

 

Les circonstances et les opportunités qui m’ont amenée à me spécialiser dans reconversion professionnelle, m’ont aussi poussée à me questionner sur le job idéal, la satisfaction professionnelle et la motivation. Comment les construire, les développer, les entretenir, comment articuler leurs bénéfices et les mettre au service de projets professionnels tels qu’un changement de métier, une création d’entreprise ou de changements dans le poste actuels.

 

Le blog d’Ithaque est le reflet de ces explorations, recherches et expérimentations. Il est un micro-laboratoire dans lequel chaque billet est aussi un moyen de réfléchir à mes pratique, de les faire évoluer et de les partager. C’est ainsi par exemple que j’y étudie avec délices les vastes territoires des vitamines mentales, turbine du plaisir au travail et concept que je développe pas à pas depuis 2009.

 

Source reconnue de performance, de motivation autant que de qualité de vie dans le travail, le plaisir est l’émotion positive indicatrice de la satisfaction des besoins professionnels, dont découle un apaisement général d’une part et un regain d’énergie d’autre part. Une sorte d’ataraxie pétillante, un champagne zen de l’état d’esprit, qui donne envie d’entreprendre toutes sortes de projets, avec aisance et assurance.

 

Si cette thématique du plaisir au travail est au centre de mes préoccupations et de celles de mes clients, c’est en vertu d’un principe simple: la vie professionnelle est bien trop longue pour s’emmerder au boulot. Chacun a un droit inaliénable d’explorer toutes les possibilités d’améliorer sa vie professionnelle, de la rapprocher du job idéal, de devenir l’artisan de son plaisir au travail, n’en déplaise au pisse-vinaigre champions des discours sur la crise. Chacun dispose aussi d’une marge de manoeuvre pour le faire, sans attendre que la fée management ne rende visite aux entreprises. Une marge de manoeuvre qui vaut le coup d’être évaluée de façon à définir sa propre démarche d’évolution professionnelle: est-il temps de changer de job? de changer de métier? Ou suffit-il de mettre en oeuvre des changements significatifs dans le poste actuel?

 

 

 

Cabinet semi-virtuel et projets en cours

 

Essentiellement virtuel, Ithaque s’est développé pour majeure partie via Internet et son offre s’est naturellement orientée vers un accompagnement principalement par téléphone ou via Skype, puisque les clients viennent d’horizons géographiques les plus divers: de Tahiti au Luxembourg en passant par l’Allemagne, le Canada, l’Australie ou la Martinique. Cependant, si le coaching à distance représente 85% des prestations, la face à face est toujours possible pour ceux qui souhaitent se déplacer jusqu’ici.

 

En 2014, deux grands projets vont marquer un autre tournant dans mon  odyssée personnelle et celle d’Ithaque, dont j’aurais l’occasion de vous reparler prochainement.

 

  • Le premier concerne l’élaboration d’un nouvel accompagnement à la reconversion professionnelle, encore plus vaste et plus innovant, dont je teste certains éléments actuellement.
  • Le second est axé sur l’augmentation plaisir au travail au travers de l’apaisement des relations professionnelles.

 

En attendant, allez donc jeter un coup d’oeil aux prestations d’Ithaque;)

 

 

 

 

Voir aussi

 

La triplette opérationnelle du coaching

Relation à soi / relation aux autres, le cocktail indispensable

Le coach a-t-il des super pouvoirs?

La durée d’une mission de coaching

Le coaching par téléphone: ça marche?

Bienfaits et limites de l’auto coaching

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez mettre en œuvre des changements pour construire une vie professionnelle en fonction de vos valeurs et aspirations? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

vie professionnelle: zone d’apprentissage, zone des possibles

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle

 

 

Entre zone de confort et inconnu total, la zone d’apprentissage est celle qui révèle les possibles, en particulier en termes de projets professionnels et de leur faisabilité. Partons donc explorer cette zone d’apprentissage, ses bénéfices, ses obstacles, pour en faire l’alliée de nos ambitions. 

 

 

La réalisation de nos rêves et ambitions professionnels grâce aux incursions en zone d'apprentissage

 

 

 

 Oser rêver nos projets

 

Cette vidéo, réalisée par Inknowation est une société espagnole qui aide les organisations à se transfomer et à s’adapter au changement. Elle a conçu cette vidéo pour montrer comment chacun peut être acteur des changements choisis en osant rêver ses projets. Une jolie réalisation proche des RSAnimate que j’affectionne, je vous laisse la découvrir avant de décrire comment rêver nos projets en visitant régulièrement notre zone d’apprentissage peut avoir un impact considérable sur la réalisation de nos ambitions.

 

 

 

 

On ne nous apprend pas à avoir confiance en nos rêves et en général, celui qui a une vision claire de ce qu’il veut pour lui-même et son avenir est facilement estampillé arrogant: nous sommes censés faire des sacrifices et à accepter un lot pas toujours très excitant, sous prétexte qu’on n’est pas là pour rigoler. Ainsi, en ces temps où la crise est une excuse à toutes les reculades sociales vite ripolinées ‘modernité’, nous sommes priés de croire qu’avoir un job, c’est déjà bien, alors les privilégiés qui bossent, taisez-vous, merci. Et continuer à subir en silence des jobs qui ne vous inspirent plus rien.

 

D’autre part, le passage à l’âge adulte nous dépouille de tout un tas d’aptitudes qui font des enfants des champions universels d’innovation, de créativité et de capacité d’apprentissage. Et qu’on ne me dise pas que c’est la faute à l’école: nous sommes collectivement responsables des discours auto-satisfaits sur la prétendue stérilité de certains comportements, étiquetés infantiles et oiseux, à grand renforts de vocabulaire pseudo mature et réaliste, le champ sémantique “bisounours” (qui n’a rien fait pour mériter ça, d’ailleurs).

 

Parmi ces aptitudes: la rêverie, l’imagination, l’émerveillement, l’expérimentation sont vite sacrifiés sur l’autel de l’éducation, et nous voilà, adultes craintifs, pleins de freins à explorer nos rêves d’une part, mais aussi notre potentiel à les réaliser.

 

En d’autres termes, l’âge adulte est une machine à tuer des rêves pas si inatteignables ou irréalistes que ça, au regard des happy few parmi nous qui osent aller à leur rencontrer et leur donner corps. Car ceux-là, en général, ne caressent pas l’idée saugrenue de devenir pilote de chasse à 55 ans. Leurs aspirations professionnelles, si elles sont audacieuses, sont souvent à leur portée.

 

Autorisons-nous donc nos rêves, pour qu’ils ne finissent pas au cimetière et qu’ils viennent combler nos soifs de sens, nos aspirations et nos envies.

 

 

 

Voyage en zone d’apprentissage

 

Pour réaliser ses rêves professionnels, la méthode proposée par Inknowation est simple, elle rappelle d’ailleurs la notion d’objectif SMART:

 

  • Rêver ses objectifs
  • Leur donner une date d’expiration
  • Oeuvrer pour leur réalisation

A la troisème étape le bât peut franchement blesser. L’on peut parvenir relativement facilement à s’autoriser ses rêves et ses aspirations, à les sortir de notre tiroir à idées, à explorer les voies qui parlent à nos tripes, en dépit d’une raison trop raisonnable. En revanche, franchir le pas et oeuvrer concrètement pour réaliser des ambitions professionnelles telles qu’un changement de métier, par exemple, peut présenter des obstacles insurmontables. C’est la que les excursions hors zone de confort et les voyages en zones d’apprentissage peuvent nous aider.

 

 

La zone de confort

C’est que nous connaissons et reconnaissons, ce qui nous est familier. Agréable ou non, d’ailleurs. Passer 1h30 dans les embouteillages, ou debout dans les transports en commun, entre les odeurs de sueurs et les bousculades n’a potentiellement rien d’agréable, mais dès lors que nous le faisons tous les jours, ça fait partie de notre zone de confort. De même pour tous les éléménents et aspects de notre vie professionnelle:

 

  • Les colères du boss ou au contraire son management humaniste et efficace
  • Les relations pourries avec certains collègues et réjouissantes avec d’autres
  • Les tâches ennuyeuses et rébarbatives comme celles qui sont enthousiasmantes
  • Nos habitudes,  nos comportements, nos compétences, nos connaissances etc.

Tout ce qui nous est familier, positif ou négatif, est rassurant dans le sens où nous savons comment faire avec, même si nous n’aimons pas, même si sa gestion est coûteuse en énergie.

 

 

La zone d’apprentissage

Située juste à l’extérieur de notre zone de confort, la zone d’apprentissage est constituée de toutes les nouveautés auxquelles nous nous confrontons:

 

  • La formation professionnelle ou non
  • Les prise de poste ou changements de job
  • Les rencontres (avec d’autres professionnels, des clients etc)
  • Les voyages, le contact avec d’autres cultures
  • La confrontation des idées, des opinions
  • Les changements d’habitudes

Cette zone d’apprentissage enrichit notre regard sur le monde qui nous entoure et modifie nos habitudes, nos comportements. Nous y évaluons, comparons, obervons, expérimentons d’autres réalités et nous en tirons de multiples enseignements qui donnent d’autres éclairages à nos perceptions et influent sur nos façons de faire et de penser. C’est une zone d’évolution dans laquelle nous grandissons à chaque incursion.

 

Certains parmi nous font des escapades fréquentes dans cette zone d’apprentissage par goût, parce que la curiosité ou l’envie d’apprendre est un moteur pour eux Pour d’autres, elle est une expérience inquiétante et déstabilisante. Ils préferons donc évoluer le plus possible au sein de leur zone de confort. Au risque de laisser passer des tombereaux d’opportunités.

 

 

 

Zone magique, zone de panique

Si la zone d’apprentissage peut être plus ou moins confortable, elle reste le plus souvent relativement accessible. Au delà se situe une autre zone, plus difficilement atteignable aux adeptes du confort.

 

La zone de panique

Au delà de la zone d’apprentissage se situe la zone du non-savoir, zone dans laquelle notre expérience est quasi nulle. Les adeptes de la zone de confort la considérent comme éminemment dangereuse d’où sa dénomination zone de panique. C’est là que nous trouvons tous ceux qui cherchent à nous dissuader d’entreprendre un rêve professionnel: trop dangereux, trop risqué etc. Et refusent d’imaginer que l’issue pourrait aussi être favorable.

 

Il ne s’agit pas tant de la peur de l’inconnu que de la peur de perdre ce qu’on a, ou ce qu’on est. La tension émotionnelle générée par la peur est un frein majeur à la créativité et à l’exploration d’autres territoires.

 

La zone magique

Inversement, ceux qui s’autorisent un peu d’optimisme et un peu d’audace la considérent comme une zone magique. Le terme a un côté naïf très américain,  mais ne nous y trompons pas: pour ceux qui aiment fréquenter leur zone d’apprentissage, elle devient vite le lieu des possibles, des opportunités, du développement des compétences, du potentiel. La zone de confort s’élargit et avec elle les choix possibles et la capacité à les faire, y compris lorsqu’ils sont audacieux, comme changer de job, créer une entreprise ou se lancer dans une reconversion.

 

Les changements ne sont plus perçus comme la perte de quelque chose, mais comme l’ajout d’autre chose. Quitter sa zone de confort ne signifie pas la perdre, mais l’étendre vers des horizons plus propices à la réalisation de ses ambitions.

 

 

 

Accepter sa propre odyssée: prendre conscience de sa marge de manoeuvre

 

Les freins à se lancer dans sa propre odyssée et voyager hors de sa zone de confort, aux limites de sa zone d’apprentissage et au delà, il est d’abord important d’amoindrir ses peurs:

 

  • Peur du qu’en dira-t-on, du jugement
  • Peur de l’échec
  • Peur du ridicule
  • etc.

Pour dépasser ces peurs, souvenons-nous d’abord que chaque fois que nous ne décisons pas quelque chose pour nous-mêmes, quelqu’un d’autre décidera à notre place, et nous subirons. Commençons donc par prendre des petites décisions concernant l’amélioration de nos vies professionnelles, des petites décisions pas trop inquiétantes, qui nous permettront des visites acceptables dans notre zone d’apprentissage. La première bénéficiaire sera l’estime de soi, qui vous poussera ensuite à prendre avec plaisir des décisions un peu plus grandes, à l’impact un peu plus significatif, qui rapprochent du job idéal.

 

Ma cliente Alexandra, par exemple, procrastinait à qui mieux mieux son projet de reconversion professionnelle par peur de découvrir la faisabilité de son projet. Elle n’aurait alors plus d’excuses à ne pas le mener à bien. Du coup, elle évitait tant qu’elle pouvait toute prise d’information qui aurait pu lui confirmer qu’elle avait déjà une bonne partie des compétences nécessaires, que la formation serait brève, que l’engagement financier était acceptable. Elle tournait en rond dans sa zone de confort pour ne pas découvrir qu’elle avait tous les atouts pour faire le grand saut dans l’inconnu. Et tout cela parce qu’elle avait hérité de convictions familiales sur l’importance de la sécurité, de la stabilité. Accepter sa propre odyssée professionnelle revenait à démontrer l’erreur parentale, et cela lui était difficile à admettre.

 

En élargissant ainsi nos horizons, nous élargissons aussi notre conscience de notre marge de manoeuvre que notre quotidien professionnel comme sur notre carrière, en termes de plaisir au travail, de réalisation de soi et/ou de contribution et d’utilité. Ces sources de motivation vont, petit à petit, prendre une place plus importante que nos peurs et nous pousser à agir.

 

Il en résultera aussi une clarification progressive de ce que nous voulons, parce que nous avons touché du doigt les multiples possibilités d’amélioration rendues réalistes, atteignables, parce que notre motivation, nos tripes nous rendent capables de renverser des montagnes.

 

 

 

Un état d’esprit serein et dynamique à la fois

 

Il ne s’agit pas de devenir un winner dans une vision simpliste de l’American dream. Il s’agit de développer un état d’esprit serein et dynamique à la fois, un état d’esprit qui sait:

 

  • Définir ce qu’il veut, indépendamment des injonctions sociétales familaies ou autres (voir: Redéfinir la réussite), à partir de la connaissance de soi – besoins, appétences, valeurs, sens.
  • Avoir confiance en sa marge de manoeuvre, en sa capacité à poser les action nécessaires à l’obtention de ce qu’il veut, à partir des aptitudes, des talents naturels, de toutes ses ressources internes, mais aussi de la construction de l’estime de soi, des compétences à développer.
  • Agir dans le sens de ses ambitions et de ses aspirations, en identifiant des plans d’action, des stratégies et en les posant concrètement.

Et la vidéo rajoute le quoi?, le pourquoi? et le comment? issus de la lecture émotionnelle que nous avions évoqué en lien avec la reconversion professionnelle, mais qui est valable pour toutes nos ambitions professionnelles. Répondre au quoi, pourquoi, comment avant de se lancer dans un projet professionnel est le moyen de calmer les émotions négatives qui nous poussent à éviter les risques, le non-sens et les erreurs. Une fois atténuées, elles laissent alors le champ libre à la recherche du plaisir en fonction de nos véritables sources de motivation et au travers de la construction concrète du projet en question.

 

En d’autres termes, entre lecture émotionnelle, connaissance de soi et incursions régulières en zone d’apprentissage, nous composons une partition singulière, un état d’esprit ouvert, qui laisse libre cours à sa créativité et nous permet d’oser rêver… puisque les rêves peuvent devenir réalité.

 

 

Voir aussi

 

Job idéal: une réalité à inventer

Reconversion professionnelle: la part de chance

Déterminer s’il est temps de changer de job en 6 étapes

10 trucs pour augmenter le plaisir au travail et moins procrastiner

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Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Reconversion professionnelle et leadership de soi

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Le désir de reconversion génère parfois des foisonnements d’idées et de pensées – pas toujours positives – qui se traduisent par une suractivité fatigante du cerveau, sans donner une direction claire pour se mettre en route sur le projet. Pour calmer les ardeurs éparpillées de notre machine à penser, le leadership de soi est une bonne idée.

 

 

Le désir de reconversion génère parfois un foisonnement d'idées fatigant

 

Désir de reconversion et pensées à foison

 

Lorsque Sofia, directrice marketing, a été licenciée, ça a été un choc. Bon, sans blague me direz-vous, à juste titre. Mais pour Sofia, qui n’a pas exactement les deux pieds dans le même sabot, les semaines qui ont suivi se sont révélées assez surprenantes: son cerveau c’est mis à bouillonner comme jamais. Quand elle est venue me voir, elle n’était pas épuisée par sa situation, elle était épuisée par ses réactions spontannées, à savoir un ciboulot en ébullition qui turbinait des idées et des pensées en totale sur-capacité autour de trois aspects de sa nouvelle situation:

  • Soulagement de laisser un boulot dans lequel elle se reconnaissait de moins en moins.
  • Fourmillement d’idées sur mille avenirs professionnels possibles qui partaient dans tous les sens.
  • Colère et rumination concernant les conditions dans lesquelles elle avait été licenciée et les démarches à mener pour obtenir justice.

Au milieu de ce brouhaha de circonvolutions, d’élucubrations et d’émotions, Sofia ne se reconnaissait plus, elle qui est plutôt sûre d’elle et qui, dans l’ensemble, sait ce qu’elle veut et où elle va. Ele en était venue à se demander si elle n’y avait pas laissé sa santé mentale.

 

Sofia n’est probablement pas un cas isolé. C’est aussi ce qui c’est passé pour Anton. Porteur d’un projet de restauration original, il a procrastiné pendant des semaines: incertitudes autour de son idée, manque de confiance en lui etc. Mais lorqu’il a connecté avec l’idée d’explorer son projet sans complexes et dans préjuger de la suite à lui donner, son esprit s’est mis à contionner à toute vapeur, produisant de la pensée en trois huit, jusqu’à l’empêcher de dormir. D’une manière plus agréable que pour Sofia, car toutes ses pensées étaient orientées vers les étapes à franchir pour développer son projet, mais ô combien fatigante: toutes ces étapes y passaient en même temps, depuis l’identité visuelle de son restaurant jusqu’à la création de valeur en passsant par les formations, le financement, les éventuels associés, les menus. Mille idées à la minute qui s’ajoutaient aux actions concrètes qu’il menait lui rendait la vie… compliquée.

 

Pour Armelle, en pleine exploration de la pertinence de son projet de création d’entreprise, le fourmillement de questions lui donnait le sentiment d’être perdue sur le périf aux heures de pointe: un encombrement bruyant, le sentiment d’êtrre coincée dans un capharnaüm de doutes, de craintes, d’apparentes contradictions paralysants qui l’empêchaient de prendre une sortie et d’aller construire son projet sereinement.

 

Même lorsque le désir de reconversion n’est pas le résultat d’un licenciement pénible, identifier un nouveau métier et s’assurer que c’est une piste solide et pertinente peut susciter un déchaînement d’activité cérébrale dans lequel un boulanger ne reconnaîtrait pas ses pains au chocolat.

 

La solution, pour Sofia, pour Anton pour comme tout autre candidat à un changement de métier qui aurait le sentiment de partir un peu trop dans tous les sens et d’avoir du mal à poser ses valises mentales pour mûrir une réflexion plus sereine est plus fluide, c’est de retrouver un peu de leadership de soi.

 

 

 

Le leadership de soi au service d’un changement de métier

 

Le leadership de soi, c’est la capacité à mobiliser et faire coopérer l’ensemble de nos caractéristiques, des voix intérieurs de nos besoins, de nos aspirations, de nos croyances, de nos valeurs, de nos compétences et incompétences, afin qu’elles s’expriment à l’unisson vers un but commun.

 

La compétition interne entre toutes ces voix qui cherchent à se faire entendre est souvent une cacophonie de partitions différentes qui se jouent en même temps. C’est assez épuisant d’une part, et d’autre part, ça n’a pas de sens, dans le sens où ça ne donne pas de direction tangible à suivre. Ce foisonnement d’idées et de pensées est donc plus générateur de stress que créateur d’itinéraires professionnels cohérents.

 

Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, ce tintamarre se retrouve souvent amplifié d’une surabondance de questions, de doutes, de tâtonements, d’incertitudes, de craintes, d’envies, de raisonnements.

 

Le risque principal, c’est bien entendu… la procrastination. En effet, difficile de passer à l’action lorsque 254 pensées différentes et contradictoires sur une même action à poser se bousculent dans notre boîte à idée interne. Travailler le leadership de soi va permettre d’apaiser tout ce bruit et cette fureur, de diminuer l’anxiété et l’agacement, de canaliser l’énergie pour développer un état d’esprit plus calme et plus rassurant.

 

 

 

Travailler le leadership de soi

 

Diverses possibilités s’offrent à nous pour revenir à une stabilité émotionnelle et attentionnelle reposante et facteur d’une réflexion plus apaisée et détendue. Je vous propose d’explorer ces pistes au travers d’une série de billets:

 

  • Leadership de soi: les conseils de Robert Dilts pour la reconversion professionnelle
  • La méditation au service de la reconversion professionnelle
  • Rêverie et glandouille au bénéfice d’un changement de métier

Et en guise de première étape, vous pouvez commencer par un état des lieux de votre bouillonnement interne.

 

 

 

Mini coaching: l’état des lieux du flot des pensées

 

Et en préalable vous pouvez d’ores et déjà commencer en observant toutes ces pesnées qui se bousculent dans votre tête en quête d’un changement de métier:

 

Quelles thématiques se dégagent?

Quelles émotions vous assaillent? A quels états de défense correspondent-elles? (Voir: Remparts coursives et échauguettes, les états de défense aux émotions)

Quelles craintes s’expriment?

Quels doutes se manifestent?

Quelles ruminations?

Quelles idées?

Parmi ces idées, lesquelles vous font vibrer? Lesquelles vous inquiètent, vous agacent, vous fatiguent?

 

En creusant ces questions en détails, vous aller établir une cartographie des pensées qui occupent votre esprit, de façon positive ou négative, avec une valeur hiérarchique en fonction de celles qui se manifestent le plus et de celles qui s’expriment moins. C’est un premier tri qui pose un premier jalon sur le chemin de la réflexion sereine retrouvée;)

 

 

 

Voir aussi

 

Les talents naturels derrière les émotions

Les 10 clés d’une reconversion professionnelle zen

Les 10 clés d’une reconversion professionnelle dynamique

Le job idéal, une réalité à inventer

Les obstacles à la reconversion professionnelle

Age, métier et reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle: l’être humain derrière le projet

Reconversion professionnelle: voyage au bout de l’enfer ou formidable aventure?

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

Petite leçon de management paralympique: 8 règles simples de savoir-vivre en équipe

Sylaine Pascual – Publié dans : Compétences relationnelles / Vie professionnelle

 

 

 

L’équipe de France de ski alpin paralympique nous l’a montré, simplicité, fermeté et décontraction sont des clés intéressantes pour un management soucieux d’un esprit d’équipe garant de l’engagement et de la performance. Il s’agit de règles simples et valables pour tous, appliquées avec constance de façon à être lisibles et acceptables pour chacun, indépendamment de son statut. En voici quelques exemples.

 

 

management et esprit d'équipe, petite leçon paralympique: 8 règle de savoir vivre et travailler ensemble

 

 

 

L’esprit d’équipe: le bon sens des hommes qui connaissent les hommes

 

Dans le billet Management et esprit d’équipe: petite leçon paralympique, nous avons vu que pour Christian Fémy, directeur sportif de l’équipe de France paralympique, l’esprit d’équipe est indispensable à la gestion de “ce sport individuel qui se pratique en équipe”. D’autant que le cadre est complexe, en termes d’organisation et de logistique. Et pour Chrisitan Fémy: « c’est pas compliqué, on fixe des règles strictes et on s’y tient. Pour le reste, on est plus relax. »

 

On a le sentiment que dans cette équipe paralympique, les choses sont simples. Nul besoin de profils type ou de tableaux de bord ce pour gérer des individus. Le bons sens des hommes qui connaissent les hommes remplacera toujours avantageusement le management à coups de théories relationelles alambiquées.

 

Surtout qu’à Chamonix, cette période de préparation avant les Jeux était exigeante, le rythme soutenu, les journées longues. Déjà à pied d’œuvre à 6h30 le matin, lorsque nous avons laissé les skieurs, vers 22h, après les deux entraînements quotidiens dont un nocturne, ils étaient occupés à la préparation du matériel avec les techniciens pour l’entraînement du lendemain et à la visualisation des vidéos des descentes du jour avec leurs entraîneurs. Pour tenir le rythme et faire face à la fatigue, il est nécessaire que l’atmosphère soit saine et sereine au sein de l’équipe. Alors la question devient : quelles règles fixer pour favoriser un savoir-vivre générateur de savoir-travailler en équipe ?

 

 

8 règles simples de savoir-vivre et travailler en équipe

 

Puisque Christian Fémy ne nous a pas divulgué ses secrets de management d’équipe, je vous propose en vrac quelques pistes de réflexion. Celles-ci sont les bases d’une élégance relationnelle qui tend à donner ce qu’on souhaite recevoir, à poser le cadre d’un respect et d’une confiance mutuelle qui participent de la satisfaction des besoins de reconnaissance et d’appartenance.

 

 

1- Equité et règles valables pour tout le monde 

Les règles sont les mêmes pour tout le monde : les passe-droit, les chouchous, tous ceux qui bénéficient d’un traitement de faveur génèrent une double capacité de nuisance :

  • la perte de respect envers le manager à chouchous
  • l’augmentation potentielle de la jalousie, de l’envie et du ressentiment, l’exacerbation de l’égo au détriment de l’esprit d’équipe et de la collaboration

Les règles qui sont les mêmes pour tous n’empêchent pas un traitement au cas par cas de certaines situations, l’adaptation à des spécificités (comme le handicap, tiens) à partir du moment où elle est équitable et se fait au profit du bien-être et de la performance individuels et collectifs, non pas par favoritisme.

 

A chacun d’entre nous d’évaluer régulièrement dans quelle mesure nos comportements s’inscrivent dans le respect de ces règles collectives, et d’agir pour rétablir l’équilibre en cas de dérapage. Et lorsqu’un membre de l’équipe dépasse les bornes en termes de règles de vie/travail en équipe, il revient au manager de faire appliquer ses règles en le recadrant avec bienveillance et fermeté, et de voir avec lui les solutions possibles pour y remédier. Et rappelons-nous qu’un salarié déstabilisé émotionnellement aura plus de mal à évaluer ses propres faux pas.

 

 

2- L’égalité d’importance

Une équipe est un tout, le rôle de chacun est crucial, aussi l’on peut exiger de chaque membre qu’il se comporte de la même manière avec tous. En d’autres termes, la hiérarchie comportementale est une aberration. Depuis le simple bonjour-au revoir jusqu’à la posture relationnelle au quotidien, ni déférence envers les uns ni condescendance envers les autres mais au contraire, une égalité comportementale qui implique la même amabilité avec tout le monde. Sans l’expertise du technicien qui prépare les skis de l’athlète, pas de performance et il est essentiel que chacun s’en souvienne : ceux qui ont des fonctions peu visibles comme ceux qui tiennent le devant de la scène.

 

Cela n’exclut évidemment pas des degrés différents de proximité relationnelle, voire d’amitié et d’intimité, donc de familiarité, en fonction des affinités et du temps passé ensemble. L’essentiel étant de se positionner d’égal à égal en tant qu’êtres humains, indépendamment de la hiérarchie et d’offrir à tous une posture qui traduit une même importance accordée à chacun. Ni paon, ni hérisson ni paillasson, au profit de la relation;)

 

 

3- L’humilité

Dès qu’on parle de “champion”, Christian Fémy réagit « ce ne sont pas des champions, ce sont des athlètes de haut niveau ». La nuance est intéressante : athlète est une fonction, un métier. Champion est un jugement de valeur en forme de piédestal. Le terme peut flatter l’égo et creuser un fossé pas forcément très sain entre les uns et les autres: pendant que d’aucuns se gargarisent, d’autres se dévalorisent, au détriment de l’ambiance de travail. D’autre part, lorsqu’on questionne Christian Fémy sur son rôle dans la réussite sportive de ses athlètes, il temporise « ce n’est pas moi qui suis sur les skis ». L’humilité au sens d’une modestie qui évite de tirer la couverture à soi ou de se repaître des spotlights encourage des relations équitables et la reconnaissance mutuelle.

 

Cette humilité n’a rien à voir avec la négation de l’accomplissement ou la dévalorisation. Cest une véritable forme d’élégance relationnelle qui évite de se prendre trop au sérieux, de tomber dans l’auto-complaisance, dans le sentiment de supériorité et par extension de cloisonner à l’intérieur de l’équipe. C’est cette humilité qui permet à Marie Bochet, après sa chute sur le slalom, alors que tous commençaient à parler de grand chelem pour elle, d’écarter l’excuse des conditions difficiles et de déclarer “Les bons skieurs skient dans toutes les conditions, aujourd’hui je n’étais pas au niveau” (la vidéo de Blog Handicap). Ca a de la gueule. Voir:

 

4- La polyvalence et l’entraide

Parce que l’équipe de France de ski alpin handisport ne dispose pas d’un budget colossal, elle se retrouve a faire le maximum avec peu, tout comme en entreprise il s’agit de plus en plus de faire mieux avec moins. Du coup, entraide et polyvalence sont de mise pour assurer le bon fonctionnement du collectif à l’entraînement. Quelques exemples :

 

  • Le staff n’assure pas que l’entraînement, il s’occupe aussi de logistique, travail énorme dont on peine parfois à se rendre compte (préparer une piste pour un entraînement, ce n’est pas exactement une promenade en télésiège).
  • Les skieurs participent au lissage de la piste avec le staff « c’est pas ce qu’on préfère, mais on le fait » nous dira l’un d’entre eux.
  • Lorsque Marie Bochet ou Vincent Gauthier (pour ne citer qu’eux, parce que je les ai vu faire) terminent leur entraînement, ils proposent spontanément d’aller chercher les fauteuils de leurs co-équipiers assis.

Bien entendu, entraide ne signife pas corvéable à merci et la polyvalence s’arrête là où commence l’incompétence. Il ne s’agit pas de descendre la piste à la place d’un autre skieur, pas plus que de prendre en charge l’intégralité d’un dossier à la place d’un collègue.

 

L’entraide, ce sont parfois des tous petits riens qui facilitent la vie et le travail des uns et des autres et qui donnent le sentiment d’être utile au delà de soi. Pour celui qui en bénéficie, elle donne le sentiment d’exister. Les deux participent de la construction des sentiments d’appartenance et de reconnaissance, de la confiance mutuelle et de l’envie de collaborer. Voir:

 

5- L’amabilité

le BA-ba de la politesse est le socle sur lequel se construit une atmosphère agréable et conviviale. Entre lieu commun et évidence, l’amabilité peine pourtant à s’ancrer et trouve facilement une bonne excuse pour ne pas s’exprimer : je ne vais quand même pas dire bonjour à Dupond-Durand, puisque lui ne s’embarrasse pas de politesse et ignore tout le monde. Ben si, justement. Car la courtoisie est le pilier de la reconnaissance mutuelle, la première marque d’existence aux yeux de l’autre et que nous ne pouvons pas exiger d’autrui ce que nous n’exigeons pas de nous-mêmes. D’autre part, nous ne pouvons jamais savoir ce qui se passe dans la tête de celui qui n’a pas dit bonjour, aussi autant en prendre l’initiative, d’autant que les comportements pro-sociaux encouragent et suscitent les comportements pro-sociaux.

 

Rajoutons à la politesse un brin d’amabilité et nous tenons un cocktail relationnel propice à un environnement de travail plus chaleureux et plus nourrissant. La définition de la politesse et de l’amabilité étant aussi volatiles que les cours de la bourse en temps de crise, quelques fondamentaux devraient nous mettre d’accord :

auxquels je rajoute le plus difficile art de présenter des excuses lorsqu’on a heurté un co-équipier sans le vouloir. Voir:

 

6- L’égo au vestiaire

Dans un sport ou la performance individuelle est l’objectif, les égos peuvent être assez costauds. Chrisitan Fémy souligne que la logistique nécessaire à la préparation du matériel, de la piste, à la sécurisation de celle-ci etc. est exigente et par conséquent, tout le monde s’entraîne en même temps sur la même piste, sur des temps assez limités. Il n’y a donc pas de place pour le caprice de star, chacun doit trouver son espace tout en laissant de l’espace aux autres.

 

S’il est évident que l’esprit d’équipe doit laisser la place à l’expression des émotions, des doutes, des difficultés individuels, de façon à ce que chacun puisse trouver le soutien voire le réconfort dont il a besoin (en cas de sentiment d’échec, par exemple). Il n’y a en revanche pas de place pour les expressions pénibles de l’égo: les jérémiades, le dénigrement, les récriminations par derrière, les prises à parti. Si conflit ou problème il y a, autant le régler entre parties concernées plutôt qu’en public, de manière directe et franche, en exprimant ce qui nous pose problème et en faisant des demandes élégantes plutôt que des reproches virulents. En d’autres termes, on est priés de laisser son égo au vestiaire avant de rentrer et de chercher l’affirmation de soi plutôt que de quémander de l’attention en cherchant à prendre trop de place ou au contraire de s’effacer en espérant recevoir ce qui nous est du. Voir:

 

 

7- La ponctutalité 

c’est fou comme ils sont nombreux ceux qui ont peu de scrupules à faire perdre leur temps à des gens qui les attendent. On imagine, si le directeur sportif de l’équipe de France fixe une réunion à 7h, que s’il faut attendre que chacun descende de sa chambre à l’heure qui lui convient, c’est tout l’entraînement du matin qui est compromis.

 

Je ne parle pas ici du fait de partir à 3h du matin les jours de grève de transports. Je parle plutôt de la ponctualité à l’intérieur de ses journées de travail. Arriver à l’heure aux rendez-vous, entretiens et réunions, histoire de ne pas imposer une perte de temps aux autres, à son propre bénéfice. L’absence de ponctualité à une manière insidieuse d’insinuer que le temps de l’autre a moins de valeur que celui du retardataire. Inversement, la ponctualité est une forme de respect importante qui alimente la reconnaissance mutuelle et l’appartenance.

 

 

8- Fiabilité et exemplarité

L’exemplarité, c’est se comporter et travailler en accord avec les valeurs que l’on prône, et ce avant de les attendre des autres, faire ce qu’on dit, dire ce qu’on fait, tenir nos engagements, de façon à offrir à nos collègues, managers et collaborateurs une lisibilité accrue sur ce que nous sommes, sur notre façon de travailler et, par extension, sur ce qu’on peut attendre de nous… ou pas. C’est aussi une forme de transparence rassurante, de fiabilité, puisqu’alors chacun sait qu’il peut compter sur nous et ce que nous disons. Tenir ses engagements signifie aussi ne pas prendre d’engagement à la légère, de manière à être en capacité de mener au bout les actions nécessaires. Il s’agit donc aussi de savoir dire non, de fixer des limites claires et de savoir estimer le temps nécessaire à la réalisation d’une tâche – et de l’exprimer.

 

 

Et merci à toute cette équipe qui nous a tant fait vibrer à Sotchi et nous a ramené un beau palmarès!

 

 

 

 

Voir aussi:

 

Vie professionnelle: deux ou trois idées… paralympiques!

Petit traité de savoir-vivre au travail entre valides et handicapés (1)

Petit traité de savoir-vivre au travail entre valides et handicapés (2): 10 trucs pour favoriser la relation

Professionnels en situation de handicap: des compétences transférables à prendre en compte

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: Le respect

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: l’engagement

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: l’esprit d’équipe

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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