Valorisation, humilité et arrogance

le bleueut symbole d'humilité devrait admettre qu'il est avant tout une sacrée jolie fleur

 

Il est souvent difficile de parler de valorisation sans qu’il y ait une confusion immédiate avec la sur-valorisation qui mène tout droit à l’arrogance. Finissons-en avec ce raccourci un brin simpliste, pour pouvoir explorer en toute quiétude le juste milieu entre humilité dévalorisante et suffisance de l’égo qui se rassure. Ce juste milieu, c’est bien entendu l’estime de soi.

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Humilité vs arrogance: dichotomie sommaire

Notre bonne société Judéo-Chrétienne porte certaines valeurs aux nues, comme par exemple l’humilité, qu’elle considère comme une vertu, à tel point qu’aujourd’hui dès qu’on évoque la valorisation de soi, les porte-étendards de la morale se bousculent pour venir nous rappeler combien il FAUT être humble, combien l’arrogance est un vilain défaut et, pour couronner le tout, combien prêcher pour une autre paroisse est une abomination.

Entre humilité excessive et arrogance se trouve l'estime de soi: une valorisation sereine et saineCar à l’évidence, si la vérité est divine, elle se doit d’être le contraire de diabolique et elle n’est donc pas à une vision tout blanc / tout noir près. Pourtant, le simplisme d’une opposition directe entre humilité et arrogance aurait fait lever les yeux au ciel même à Mani qui, entre lumière et ténèbres, aurait décelé tout un tas de nuances plus utiles à l’estime de soi.

Alors pour en finir avec cette dichotomie sommaire, attardons-nous sur les sentiers méconnus de la valorisation version estime de soi, qui abandonnent les chemins de l’humilité dévalorisante aux adeptes de l’échine courbée et ceux de l’arrogance aux égos craintifs qui ont besoin de se rassurer.

 

Humilité vertu vs humilité dévalorisante

Selon le Larousse, l’humilité est le “Sentiment, état d’esprit de quelqu’un qui a conscience de ses insuffisances.” Pas très loin derrière et sous d’autres références, on trouve “conscience de sa faiblesse”, “abaissement volontaire”, “bassesse” et surtout “soumission et servilité”.

L’humilité est une vertu:

  • Quand elle prend la forme de la modestie, du respect et de la simplicité.
  • Quand elle nous maintient dans le respect de l’autre, dans des relations d’égal à égal.
  • Quand elle nous évite l’arrogance et la vanité en nous permettant de garder à l’esprit une idée claire et lucide de nos limites, de notre seuil d’incompétence.

Elle nous permet alors de ne pas présumer de nos forces et de ne pas nous jeter tête baissée dans des entreprises hasardeuses car bien au delà de nos capacités. Elle peut même alors susciter l’envie de se dépasser, d’apprendre, d’évoluer, de façon à élargir notre champ de compétences.

Le problème, c’est qu’elle ne se contente souvent pas de cela. A force de vertu qui, par crainte de la pie, nous pousse à la jouer carpe, nous taisons notre part de responsabilité dans nos réussites. Et puisqu’il est interdit de dire cette responsabilité, de crainte de commettre un crime de lèse-ligue de vertu, nous n’avons même plus l’idée d’y penser. Ce qui n’est pas dit n’est déjà pas vraiment tangible, alors ce qui n’est pas pensé, clairement, n’existe pas.

Et nous finissons tout simplement par ne plus savoir que nous avons des compétences, des talents qui s’expriment au quotidien et que nous pouvons mettre au service de tout ce que nous désirons entreprendre. Que nous pouvons nous appuyer dessus pour construire nos stratégies, renforçant au passage la confiance en soi.

Et l’humilité va plus loin: elle nous pousse à la dévalorisation. Il ne s’agit pas seulement d’ignorer nos talents, mais aussi de les nier à coups de phrases toutes faites type “Oh vous savez, je n’y suis pas pour grand chose” qui ont le même effet quand-mêmisatoire que les “Oh il ne fallait pas” en retour d’un cadeau ou d’un compliment. Il ne s’agit plus d’être modeste, il s’agit de se diminuer soi-même en se situant en deçà de sa valeur, en attribuant sa réussite à la chance etc.

Et ce mode de fonctionnement nous programme à repérer nos manquements, nos défauts, nos insuffisances, mais surtout pas nos qualités, nos talents. S’en vient ensuite la valse des convictions qui se traduisent par la peur, les doutes, la mésestime de soi et les pensées dévalorisantes et grandes consommatrices d’énergie. Dès lors qu’elle s’avise de s’exprimer au travers du déni de ses compétences, l’humilité devient une broyeuse à estime de soi, avec des conséquences très négatives sur la confiance en soi et sur le désir de passer à l’action.

 

Valorisation, estime de soi, confiance en soi

La valorisation telle que je la pratique avec mes clients consiste essentiellement à reconnaître et accepter notre propre part de responsabilité dans nos réalisations, nos réussites, et à tirer les leçons de nos expériences plutôt que de s’auto-flageller.

A l’évidence, tout cela ne consiste pas à étaler ses qualités, Nutella à égo, sur des tartines qu’on jettera ensuite à la face de ces concitoyens, de se glorifier à s’en imaginer demi-dieu du quartier, ou même juste légèrement au dessus du commun des mortels. D’autant qu’arrogance et vanité ne sont pas des marques de confiance en soi, bien au contraire. Car une confiance solide qui s’appuie sur une estime de soi solide n’a pas besoin de vantardise ou de domination pour se rassurer, pour exister. Arrogance ou excès d’humilité sont donc deux faces d’une même pièce et si la première peut paraître plus désagréable sur le plan relationnel que la seconde, les deux sont peu favorables à un état d’esprit positif, dont le dynamisme serein s’exprime au travers d’une simplicité relationnelle bien agréable.

Alors évitons, au nom d’une humilité au fond dévalorisante, de nous priver de nourriture à estime de soi, de nous priver de ressources concrètes à partir desquelles développer une confiance en soi sereine et affirmée, et autorisons-nous une valorisation tranquille qui s’exprimera essentiellement au travers de la conviction d’avoir des ressources internes disponibles qui peuvent aider dans toutes les situations, autant pour les affronter que pour monter des stratégies très personnelles pour leur trouver des solutions.

Bref: pour que le bleuet symbole d’humilité admette qu’il est aussi une sacré jolie fleur:)

 

Mini coaching: en finir avec l’humilité dévalorisante

En finir avec l’humilité dévalorisante et revenir à une modestie consciente de ses qualité, de ses ressources et de ses compétences mais qui n’a pas besoin de la ramener, c’est se rapprocher de l’élégance relationnelle autant vis-à-vis des autres que de soi-même.

Dans quelle mesure votre humilité est-elle une vertu?
Dans quelle mesure vous mène-t-elle à des discours dévalorisants?
Sur une échelle de 1 à 10, où situez-vous votre estime de vous?
De quoi avez-vous besoin pour vous autoriser la valorisation? 

 

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Aller plus loin

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