8 atouts des candidats ayant mené une reconversion professionnelle

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Les itinéraires bis de la vie professionnelle ont beau être en passe de devenir la norme, les recruteurs frileux continueraient à camper dans les idées reçues sur l’employabilité des personnes au “parcours atypique”. Et entre autres celle des candidats ayant changé de métier. Pourtant, ils ont d’autant plus d’atouts qu’ils on suivi ce parcours difficile. 

 

 

 

fluidifier la reconversion professionnelle

Fluidifier la reconversion

 

La plupart du temps, les publications sur la reconversion concernent les conseils pour réussir à changer de métier. Ce dossier de Tendances et actions (pour lequel j’ai été interviewée) à le grand mérite de voir le changement de métier d’un autre angle: celui de sa gestion par les employeurs et les organismes de formation.

 

Ainsi il propose des pistes pour “créer un dispositif vertueux pour la reconversion des salariés” et “ne plus attendre que les gens basculent dans le chômage pour s’occuper de développer leur employabilité”, comme le souligne Bernard Gazier, économiste et professeur à l’université Paris-1.

 

Il est effectivement certainement temps que les entreprises prennent conscience de leur propre intérêt à développer des plans de formations moins focalisés sur les compétences métiers en internes et plus ouvertes en termes de transférabilité, de façon à fluidifier non pas uniquement la reconversion, mais aussi la mobilité interne et externe.

 

Pour ma part, j’ai eu le plaisir de répondre aux questions du magazine sur trois thèmes:

  • Pourquoi les entreprises ont-elles peur des profils “reconvertis”
  • Les atouts de ces “reconvertis”
  • Réussissent-ils mieux que les autres?

Bonne lecture!
Tendances_et_actions_N_4

 

 

 

Fluidifier la reconversion: changer le regard sur ceux qui l’ont menée

 

Fluidifier la reconversion c’est aussi revoir les idées reçues sur ceux qui ont  changé de métier. Car si elles ont la peau dure, elles sont aussi une erreur de jugement de la part des entreprises/recruteurs, qui se privent ainsi de salariés potentiellement ultra motivés et performants.

 

A l’autre bout de la ligne, ceux qui ont changé de métier craignent ce regard négatif et génèrent au passage des croyances qui limitent leur retour à l’emploi. Focalisés sur la peur des idées reçues, ils en oublient les atouts démontrés par leur parcours, et peinent à mettre en avant.

 

Il est donc temps que tous changent de regard, sur l’autre, sur soi, sur le rapport au travail, pour nous donner à tous une chance d’évolution professionnelle, puisque tout le monde s’accorde sur le fait que les parcours linéaires sont voués à disparaître et que demain, chacun sera concerné par un changement de métier.

 

 

 

8 atouts de ceux qui ont changé de métier

La liste des atouts présentés ci-dessous n’est évidemment pas exhaustive: chacun est une piste de réflexion destinée aux entreprises d’une part et aux candidats d’autre part:

 

  • Recruteurs, entreprises, confrontez vos croyances sur les personnes en reconversion à d’autres possibles, pour éviter de passer à côté du candidat idéal en vous arrêtant à des préjugés.
  • Candidats à la reconversion, plutôt que de perdre une énergie précieuse à craindre les idées reçues des recruteurs, ce qui risque d’ailleurs de vous faire aussi perdre en confiance en vous et en force de conviction, sachez capitaliser sur les atouts inhérents à votre statut et les valoriser.

 

1- La capacité d’adaptation

Les candidats ayant suivi une reconversion s’adaptent vite: ils ont déjà fait l’expérience de l’écart entre entre la formation académique et la réalité de l’entreprise et connaissent l’importance de cette faculté d’adaptation, autant en termes de codes de l’entreprise qu’en termes d’organisation, de méthode, de priorités etc. Potentiellement, ils ont aussi changé une ou plusieurs fois d’entreprise et ont déjà su s’adapter à des environnements différents. Ils ont peut-être aussi été amenés à s’adapter à un milieu très différent pendant leur formation.

Au final, ils ont donc moins de chances de s’enfermer dans des certitudes sur ce qu’il “faut” faire et sauront s’approprier les spécificités de l’entreprise plus vite.

 

 

2- La connaissance du monde de l’entreprise

Suite logique du point précédent, les candidats reconvertis ont beau être débutants, ce ne sont pas des bleus et ils connaissent déjà le monde de l’entreprise. Leur vie professionnelle précédent les a souvent amenés à occuper différents postes à différents niveaux de hiérarchie, ils connaissent les exigences et difficultés de chacun. Ils seront opérationnels plus rapidement qu’un jeune dont les connaissances sont plus académiques ou universitaires.

 

 

3- La compensation du manque d’expérience

Les candidats repartent de zéro et manquent d’expérience. C’est exact. Comme n’importe quel débutant. Et ils ont d’ailleurs postulé en fonction. La différence, c’est qu’ils iront puiser les leviers de leur efficacité et de leur évolutions dans la motivation que confère un métier réellement choisi, ainsi que dans les enseignements de leurs expériences professionnelles passées.

 

 

4- La motivation intrinsèque

Le métier qu’il a choisi a du sens pour eux, il leur procure du plaisir et augmente au passage l’engagement comme la performance. N’oublions pas que les comportements sont contagieux: l’enthousiasme, l’envie, la motivation, le dynamisme d’une personne au sein d’une équipe sont un atout précieux pour l’ambiance de travail et l’efficacité collective.

D’autre part, un métier qui a du sens pour celui qui l’exerce lui donne une foi en sa vie professionnelle, de celles qui déplacent des montagnes. Ils ont déjà renversé un paquet de collines pour mener à bien leur projet, ils continueront à le faire pour mener à bien ceux de leur entreprise.

 

 

5- Les compétences relationnelles

Il y a souvent des craintes à embaucher un reconverti plus âgé, qui va se retrouver avec des collègues plus jeunes. Certes. En même temps, le plus souvent, passer du temps avec des plus jeunes a été leur lot pendant toute leur formation, il y a donc de fortes chances qu’ils aient au contraire développé des liens avec eux et compris comment interagir avec eux.

Non, tous les candidats à la reconversion ne sont pas des paternalistes arrogants qui s’imaginent supérieurs à la génération suivante et vont se poser en Monsieur/Madame-je-sais-tout. Bien au contraire: la plupart du temps, repartir plus ou moins de zéro leur a appris une certaine humilité.

 

 

6- Les compétences relationnelles (2)

Les candidats à la reconversion, tout au long de leur parcours, ont tout entendu. Depuis les amis-qui-veulent-du-bien qui leur ont expliqué combien ils sont cinglés, jusqu’aux reproches de ceux qui les ont estampillé “égoïstes”, en passant par tous les préjugés sur l’irréalisme de son projet, les mises en garde, les bons conseils à côté de la plaque  ou non sollicités etc.

Ils se sont retrouvés malgré eux à écouter, entendre, rassurer, expliquer, convaincre, avec patience et empathie  pour ne pas finir par se mettre à dos la totalité de leur entourage. Ils ont ainsi fait preuve de compétences relationnelles qui faciliteront non seulement leur intégration, mais leurs interactions professionnelles au quotidien.

 

 

7- L’âge

Dans la fourmillière des entreprises, les préjugés et discriminations sur l’âge sont des ouvrières particulièrement tenaces. Comme le soulignait Frédéric Bretton dans son excellent article Candidatures seniors: comment présenter son âge?, si l’on regarde le nombre d’années qui restent plutôt que l’âge du candidat, la perception est toute différente: le candidat a mené une reconversion et a 51 ans au lieu des 21 demandés? Il lui reste donc 14 années de cotisation avant la retraite et il y a fort à parier qu’il sera plus fidèle à l’entreprise, car plus craintif à l’idée d’aller tester la couleur de l’herbe d’ailleurs… vu les préjugés.

 

 

8- L’endurance, créativité et détermination

La reconversion est un processus long et exigeant. Ceux qui l’ont mené ont fait preuve d’engagement, d’endurance, de ténacité, de motivation. Souvent, ils ont développé des trésors d’imagination et de créativité pour franchir ou contourner les obstacles, trouver des solutions aux problèmes rencontrés en cours de route. Ils ont fait le choix fort de renoncer à un certain confort financier et ils se sont adaptés à cette nouvelle vie.

Bref, ils savent ce qu’ils veulent et ont démontré une capacité quasi hors normes à atteindre leurs objectifs et à aller au bout de leurs choix. Ils sont donc endurants, créatifs et volontaires. Que demander de plus lorsqu’on est une entreprise qui a besoin de salariés qui n’ont pas peur de se retrousser les manches et d’aller au charbon?

 

 

Pour terminer, ceux qui ont mené une reconversion sont souvent de beaux profils aux qualités multiples et au parcours d’autant plus passionnant qu’il les a menés là où ils voulaient arriver, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Alors si vous vous êtes reconverti, réconciliez-vous à votre parcours et valorisez la direction qu’il a pris sans vous préoccuper des éventuels préjugés: vos atouts sont nombreux et ils parlent d’eux-mêmes;)

 

 

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Un nouveau regard sur la reconversion professionnelle?

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Aller plus loin

 

Vous avez un désir de reconversion et voulez l’explorer? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 


Une réflexion au sujet de « 8 atouts des candidats ayant mené une reconversion professionnelle »

  1. Merci pour ce dossier, je trouve que vous décrivez à merveille ce cas de figure.
    En effet, je peux constater chez les recruteurs la frilosité vis à vis de ces profils, la crainte de l’inconnu est bien présente chez les dirigeants et semble-t-il proportionnelle aux responsabilités qui leur incombent. Il existe également une difficulté chez les employeurs à faire la part des choses entre les compétences acquises et les nouvelles compétences “débutantes” : cela peut dérouter un responsable en particulier dans le cas de figure où il n’y a pas de base managériale, où on est dans le jugement de la personne et non dans l’évaluation professionnelle du travail accompli.

    Alors, oui pour le déploiement d’un process vertueux de reconversion : non seulement ne pas attendre la bascule dans le chômage mais aussi ne pas attendre la démotivation complète vis à vis d’un travail qui ne plaît pas (ou plus) et qui devient “alimentaire”. Une personne qui reste motivée et créatrice participe à la réussite de l’entreprise. Les ressources humaines ne sont pas assez intégrées au process de production. C’est un autre sujet complémentaire mais néanmoins important : la nécessité de changer les modes de management basé sur le pouvoir hiérarchique, les jugements de valeurs et les préjugés. Les premiers à y gagner seront les patrons mais la plupart n’en ont pas conscience et préfère s’arrimer à un statut même quand le bateau menace de couler…

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