Sylvaine Pascual – Publié dans: Compétences relationnelles
| Mes clients sont formidables. Je suis sans cesse ébahie par l’inventivité dont ils font preuve pour concocter des solutions et des stratégies uniques, complètement originales et surtout terriblement efficaces. Le bocal à con en est une particulièrement efficace pour neutraliser ceux qui nous pourrissent la vie… |
Le bocal à con, ludique, efficace, unique!
La plupart du temps, les solutions élaborées par les clients sont trop personnelles pour pouvoir être utiles à d’autres. Cependant, parfois, leurs caractéristiques métaphoriques peuvent les rendre transformables en véritables outils exploitables par bon nombre de personnes.
Ainsi l’autre jour, voilà ma cliente A., avec qui je travaille sur le relationnel professionnel, qui me lance une de ses œillades malicieuses dont elle a le secret et m’explique qu’elle et son mari sont les heureux inventeurs d’un concept qu’ils auraient du breveter il y a plus de 20 ans : le bocal à con.
J’en reste sans voix. Je suis éblouie par le potentiel phénoménal, l’étendue du champ d’action possible d’une telle idée. Merci donc à A. qui non seulement m’a fourni un outil ludique et efficace, et qui en plus m’a autorisée à le partager avec vous.
Le concept
Le concept est ultra simple. Quand nos tentatives bienveillantes pour améliorer les relations avec un abruti donné ont échoué, il s’agit tout simplement d’imaginer qu’on place ledit abruti dans un bocal. Car le con, une fois coincé dans un bocal hermétiquement fermé, a beaucoup plus de mal à nuire : Il n’a plus de son, plus d’odeur. De plus, pour peu qu’on ait choisi un bocal en verre, les parois arrondies lui déforment la figure, nous donnant une sorte de caricature de notre abruti qui diminue grandement l’emprise que ses comportements ont sur nous. Regardons-le, enfermé dans son bocal: ni ses mots, ni son agressivité, ni ses petites et grandes manipulations, ou encore ses comportements de persécuteur, ses attitudes et manies qui nous insupportent ne parviennent à franchir la barrière de verre qui le sépare de nous. Le con est devenu inoffensif, impuissant.
Le bocal peut ensuite être placé sur une étagère décorative, au fond d’un placard ou encore planqué à la cave. Selon la nature de notre relation au con en question et la solution qui nous convient le mieux, nous pouvons choisir de ranger notre con à la place qui lui revient.
Le laboratoire à con
Bien entendu, cette solution a une efficacité ponctuelle, qui permet de prendre un peu de distance émotionnelle, chaque fois que notre abruti manifeste sa connerie avec un zèle un poil au dessus de la ligne de partage des eaux. L’avantage de le garder dans un bocal, c’est que nous pouvons décider, à tout moment de le descendre de son étagère et de pratiquer des tests relationnels avec une rigueur toute scientifique. Et puis c’est mieux que d’espérer que, parce qu’on l’a mis à mariner dans du sirop de sucre, l’abruti va s’adoucir et devenir bonne pâte.
L’observation.
Si nous prenons le bocal et que nous observons son contenu avec un regard curieux, débarrassé de la charge émotive que le con-tact direct avec l’abruti suscite, nous pouvons alors mieux comprendre le message que cette émotion nous renvoie, ce que le comportement du con nous renvoie, ce qu’il nous dit sur nous-mêmes qui nous perturbe au point de le con-sidérer comme un abruti.
Nous pouvons alors remercier ce con qu nage dans son bocal, qui nous indique le manque à combler, la direction à prendre, la piste à explorer pour ne plus être affectés par ce type d’attitude à la con. Ce remerciement aura à l’avenir l’avantage de nous aider à développer de l’indulgence vis-à-vis de ce pauvre con, et facilitera le retour à des relations acceptables.
Les tests relationnels
Nous pouvons donc transformer une simple collection plus ou moins achalandée de bocaux à cons en laboratoire relationnel, pour effectuer tout un tas de tests, à mesure que le temps passe, que nous développons des compétences relationnelles, que nous apprenons à sortir de triangle, que nous comprenons davantage nos émotions et les messages qu’elles nous transmettent, que notre estime de nous-mêmes se renforce etc.
Nous avons alors un réel potentiel d’amélioration de la relation avec tel con, n’avoir plus peur du regard de tel autre etc.
Il s’agit alors de sortir le con de son bocal et de tester dessus nos nouvelles compétences relationnelles, à l’aide de la triplette opérationnelle du coaching: évaluation de la situation / décision sur la marche à suivre et les solutions / mise en action et retour à la case départ: évaluation des résultats / ajustement des stratégies et solutions / mise en action:
- Une demande assertive, une vraie, qui évite les 15 moyens de ne pas obtenir ce qu’on demande
- Notre capacité à dire non
- Notre capacité à fixer une limite
- Notre capacité à recevoir une critique
- Notre capacité à formuler un reproche avec délicatesse
- Pratiquer l’écoute active et faire preuve d’empathie pour comprendre son point de vue.
Ce type d’expérimentation a un double avantage : il permet d’agir pour améliorer la relation sans attendre que par miracle l’autre cesse d’être un con et en même temps d’évaluer où nous en sommes dans notre maîtrise d’une compétence relationnelle particulière. Le double effet Kiss Cool du bocal à con. Qui dit mieux?
Une fois le test effectué et l’évaluation faite, nous avons deux choix possibles : selon le degré de satisfaction du résultat obtenu, nous pouvons remettre le con dans son bocal et le laisser mariner encore quelques temps, ou au contraire estimer qu’il est temps de le sortir de son bocal car la relation peut à présent évoluer dans un sens acceptable pour les deux parties (petit rappel : il ne s’agit pas de reprendre le dessus sur le con, mais bien de développer des relations saines, d’égal à égal et dénuées de jeu de pouvoir. Toute autre utilisation fait de vous un manipulateur et/ou un persécuteur qui risque de vous mener tout droit dans le bocal à con d’un de vos contemporains).
Bref, le bocal à con est une solution métaphorique multifacette absolument géniale, qui permet de prendre un peu de recul émotionnel face aux comportements que nous considérons comme aberrants, insupportables, inadmissibles, pour ensuite aller plus facilement vers une relation saine.
Il a le mérite d’être inoffensif et de nous éviter de réagir nous-mêmes en abruti face à nos abrutis personnels. Vous pouvez bien entendu adapter cette technique à l’envi pour qu’elle soit conforme à une imagerie qui vous parle et ait ainsi une efficacité optimale.
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Comportements au travail : ITW se Sylvaine Pascual sur Journal du net
Les dossiers d’Ithaque: compétences relationnelles
Les dossiers d’Ithaque: Mieux communiquer
Les dossiers d’Ithaque: Bien-être et estime de soi
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Aller plus loin
Vous développer et entretenir des relations saines, sereines, réjouissantes? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32 |


Bonjour,
Rien à ajouter à cette excellente solution.
Merci et bonne journée
Annie
Merci Annie!
Je transmets le compliment à ma cliente!
Cet article, outre qu’il recèle effectivement plein de ressources pour aménager notre existence professionnelle malgré les abrutis qu’on peut y croiser, me fait irrésistiblement penser à cette réplique que Michel Audiard avait glissée dans la bouche de Jean Gabin confronté à un abruti de première (je crois que c’est dans “Touchez pas au grisbi !”) :
“Le jour où on placera les cons en orbite, tu n’as pas fini de tourner !”
Réplique culte!
Il y avait aussi “mon beauf” de Renaud “le jour où les cons seront cuisiniers c’est lui qui préparera les sauces”;)
Ah que oui ce client est formidable !
Stratégie géniale, cependant si elle venait à se généraliser le risque serait que chacun se retrouve dans son bocal…car il parait qu’on est toujours le con de quelqu’un
Je suppose que, d’une manière ou d’une autre, chacun d’entre nous a une place légitime dans le bocal de quelqu’un, de temps en temps… après tout, nous restons des humains faillibles qui nous comportons parfois comme des cons;)
Elle est pas bête comme idée d’invention, bien qu’elle ne soit pas brevetable en l’état!
Merci de nous l’avoir fait partagée @Sylvaine et excellente soirée à toi!
Elle devrait sans doute en déposer la propriété intellectuelle;)
aah, si j’avais eu connaissance de ces bocaux durant mon CDD, ça m’aurait bien aidé !
J’ai fait le tag au fait
Je vais aller regarder le tag!
Tu auras sans doute bien des occasions de l’essayer;)
Je trouve ce billet très chouette, mais mon poisson rouge n’a pas apprécié toute cette histoire (il n’aime pas qu’on le mette en boite;))
Tu peux rassurer ton poisson rouge: ici, on n’utilise que des bocaux à con-fiture;)
mieux vaut etre confi dans un bocal que confident d’un con
Un adage à méditer!
Moi,avec tout le respect que je vous doit,je ne suis jamais arrivé à trouver une définition au mot “C….N”.Chaque fois que j’en trouve une,une autre arrive pour la remplacer aussitot.Est ce grave Docteur ????
C’est le côté insaisissable du con: sa définition varie d’une personne à l’autre, d’un jour à l’autre, d’un comportement à l’autre;) C’est aussi la raison pour laquelle le bocal à con est une solution temporaire: le con d’aujourd’hui n’est pas nécessairement celui de demain!
Ah mais que c’est génial ça!!
Promis que j’essaie à la première occasion… Bon, je vais pas pousser jusqu’à débusquer un con, mais bon lol
Si pour en trouver tu dois les débusquer, c’est que tes abrutis personnels sont peu nombreux et que leur connerie est assez légère… Parmi tous ceux qui semblent être cernés par les cons, bravo, cela signifie que tu sais t’entourer;)
bjr
j’ai une autre “maxime” : je ne parle pas aux cons, cela risquerait de les rendre intelligents” ou d’une manière plus élégante : soyez économe avec votre mépris, il y a tellement de nécessiteux . la Bruyère
A+
Maxime chère à Audiard…
En même temps, nous sommes tous le con de quelqu’un et nous n’en sommes pas beaucoup plus instruits! L’idée est davantage de changer de regard sur l’autre, plutôt que de passer un jugement définitif:)
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Je file derechef au BHV pour en acheter un stock , que je placerai avantageusement sur les étagères du haut !! oh que j’aime cette idée de décoration!
Merci pour votre plume acidulée, votre imagination prolifique. J’aime beaucoup, et de plus vous lire me fait beaucoup de bien ..
Je vais continuer !
Best regards
Lou-Ann
Merci Lou-Ann pour ce retour enthousiaste qui illumine ma journée!
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Surprenant et magique ! Le bocal à con m’ouvre un univers de réflexions et d’introspection. Sans me culpabilité moi-même, je me mets à reconnaitre que j’ai mérité ce qui m’est arrivé, non pas parce que j’en ai été l’instigateur mais parce que je n’ai pas adopté la bonne attitude face à ma manipulatrice. Auxiliaire de vie sociale, mon métier consiste, entre autre, à compenser un état de faiblesse et satisfaire les besoins des personnes. Je me suis trouvé face à une femme qui m’a obligé à obéir à ses caprices, prétendant qu’il s’agissait de besoins fondamentaux pour elle: lui servir 5 fois de suite un verre d’eau par exemple, en geignant et se plaignant de moi, devant des tiers. Donc je me suis retrouvée culpabilisée, humiliée, gênée, le tout à petite dose mais à plusieurs reprises, ce qui est usant.
La solution ? L’enfermer fermement dans le bocal à con dès la deuxième demande, donc ne pas obéir immédiatement, donc commencer à provoquer un doute dans le cerveau de ma manipulatrice sur ma capacité à obéir. Poser des questions: “en avez-vous besoin ?” Reformuler ses exigences: “vous voulez encore un verre d’eau ? Vous me demandez un verre d’eau pour la deuxième fois, c’est bien ça ?”
Aller plus loin dans la conversation: ” vous ne préfèreriez pas du thé au jasmin des hauts plateaux du Tibet ? Il est cultivé comme ci… il a tel goût…etc.”Et pour finir, dire que c’est pas le tout mais c’est que le travail n’avance pas et tout et tout….Et ne pas servir le deuxième verre d’eau !
Qu’en pensez-vous ? En tout cas, merci, c’est bien, votre truc !
Voilà donc un cheminement qui prend une belle tournure: fini l’apitoiement sur soi-même et le laisser faire, vous commencez à vous affirmer!
Le but n’est pas évidemment pas de refuser le verre d’eau, pour refuser le verre d’eau, mais de fixer des limites, peut-être aussi, d’ailleurs, sur le discours négatif, à vous seule ou devant des tiers.
Courage Rouky, l’affirmation de soi est une longue route, et bravo de l’avoir entamée!
Pour critiquer les gens, il faut les connaître et pour les connaître il faut les aimer – Coluche
le non jugement est le plus cadeau que nous puissions nous faire, ne jamais oublier que tout comportement à une raison utile (même si très con à nos yeux )
et que l’on est toujours le con d’un autre….
Exactement! D’où l’idée de prendre du recul émotionnellement, pour pouvoir mieux comprendre sans prendre le reste du monde pour des cons;)