Petit précis de communication non violente (1)

la communication non violente pour recadrer un comportement pénible

Parce que rien n’est plus simple que de se pourrir les relations par des interactions teintées de petits jeux de pouvoir verbaux, voici un petit ouvrage ultra précieux pour découvrir la communication non violente – dite CNV – et la pratiquer au quotidien, histoire d’adoucir un poil nos relations, tout en nous faisant bien mieux comprendre…

 

Pratiquer chaque jour une communication bienveillante, respectueuse de soi et d'autruiRatés de la communication: de la violence verbale

Les ratés de la communication sont légions. Entre maladresse et tentation – plus ou moins consciente – de prise de pouvoir, mille et une petites manipulations se glissent dans nos interactions. La plupart du temps, elles sont minimes et ont peu de conséquences. Mais parfois, leur fréquence et leur nature leur fait prendre un ampleur qui pourrait nuire à la relation aussi sûrement que les limaces nuisent à la conservation de la salade.

Interprétations, minimisations, non-demandes, généralisations, accusations, dévalorisations etc, nous avons recours à des collections de trucs pas folichons quand il s’agit de nous faire comprendre d’une part, et de bien nous entendre d’autre part. Dès lors, nos communications, et en particulier nos expressions du reproche et de la critique perdent en grâce et en élégance ce qu’elles gagnent en violence verbale. Et en efficacité!

 

La communication non violente: des bénéfices en veux-tu en voilà

La communication non violente est un ensemble de processus verbaux qui favorisent la compréhension et l’acceptation de nos messages, dans un cadre bienveillant et respectueux des deux parties. Avec des bénéfices multiples pour la relation:

 – Améliorer la qualité de la relation
 – Augmenter la confiance mutuelle
 – Sortir des jeux de pouvoir
 – Augmenter la compréhension mutuelle
 – Favoriser l’acceptation de l’autre et le respect des différences mutuelles
 – Créer un sentiment de sécurité dans la relation

Et au delà de ces bénéfices pour la relation aux autres, la CNV permet aussi de clarifier la relation à soi-même, en comprenant mieux se qui se passe à l’intérieur de nous, en particulier lorsque nous sommes submergés par l’émotion.

Comme les primates, notre nature est d'être empathiques et solidaires

 

La communication non-violente au quotidien

Dans ce petit ouvrage ultra pratique, Marshall B. Rosenberg, père de la communication non-violente, décortique de façon bienveilante, limpide et fluide

 – Comment nous nous y prenons pour nous planter en beauté dans nos discours
 – Comment le recours à certaines techniques pourrit la communication
 – Comment nous y prendre à la place.

Tout cela de manière ultra pratique et simple à mettre en oeuvre. Le tout est très proche de la communication dite assertive dont j’ai déjà parlé. Cependant, l’avantage majeur ce cette communication non-violente, par rapport à la demande assertive, c’est que là où cette dernière est réservée à des demandes délicates et importantes, la communication non-violente est un état d’esprit bienveillant et dans l’accueil de l’autre, et peut se développer et se pratiquer au quotidien.

Tour d’horizon rapide des 5 principes autour desquels s’articule la CNV, qui sont décrits de façon si précieuse dans ce court ouvrage, et sur lesquels nous auront l’occasion de revenir dans autant d’articles:

 1- Exprimer ce que j’observe, sans jugement ou évaluation
 2- Exprimer les sentiments suscités par la situation
 3- Exprimer les besoins qui génèrent ces sentiments
 4- Faire des demandes claires, simples et réalisables
 5- Ecouter et accueillir les propos d’autrui avec bienveillance et sans jugement

 

Voir aussi

Ratés de la communication: compliments & quand-mêmisations
Les pièges de la lecture de pensée
Autopsie d’une incompréhension sémantique
Les dessous de la médisance
Juger moins juger mieux
Compétences relationnelles: l’affirmation de soi
Réhabiliter la gentillesse
11 comportements qui tuent au travail
Meilleur de soi, pire de soi et pomme de discorde
Guide de survie aux abrutis: la chenille et le broccoli

 

 

Aller plus loin

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8 Comments

  • Jean-Louis Seguineau dit :

    Ne peut on pas voir dans cette approche un clou de plus planté dans le cercueil de la “pensée positive” ?

    • Sylvaine Pascual dit :

      Hmmm, je n’y avais pas pensé de cette manière-là, mais c’est certainement une alternative réjouissante, car concrète et dans l’action, à certaines simplifications du genre “il suffit de le visualiser pour l’attirer à soi”;)

  • christian dit :

    Sylvaine,

    Il y a deux ans, j’ai eu l’opportunité de pratiquer cette alternative lors d’une formation de deux jours. La théorie m’a paru très intéressante ainsi que sa pratique en formation. Je l’ai laissé en jachère quelque part dans mes souvenirs…pour mon grand malheur. Je me rends compte à la lecture de ce post de l’importance de la pratiquer au quotidien afin de pouvoir se l’approprier et de l’affiner à sa propre personnalité ainsi qu’aux différents interlocuteurs que je rencontre. Activité, et pas forcément travail qui me paraît connoté négativement dans ce cas, hautement gratifiante et sans conteste très facilitatrice dans les relations aux autres.
    Merci pour ce rappel très précieux.

    Christian

    • Sylvaine Pascual dit :

      Merci Christian pour se témoignage, qui démontre toute la difficulté à s’approprier des outils nouveaux lors d’une formation sur deux jours. On prend conscience des bénéfices de ces outils, mais la mise en oeuvre seul dans son coin n’est pas simple, et il est fréquent de les laisser de côté par la suite.

      D’autre part, je note avec intérêt la connotation négative du terme travail et ta préférence pour le terme activité, car ça me fait réfléchir. J’aime l’idée d’une “activité gratifiante”, probablement plus porteuse de sens, puisqu’il s’agit de l’appliquer au quotidien et pour éviter de le prendre comme un labeur supplémentaire… merci de me faire réfléchir:-D

  • christian dit :

    Merci.
    L’expression ne vient pas de moi, elle est inspirée de l’un de mes auteurs préféré ; Erich Fromm. Issu du livre “Avoir ou être ?”.
    Et, être n’est-il pas la grande quête de notre existence ?
    Et c’est exactement ce que je ressens lorsque je lis vos post.
    Une forme de vibration intérieure, un désir, une envie et finalement un besoin de respirer à plein poumon.
    Pouvoir s’exprimer serait alors, à mon avis, reprendre l’expression de Bruce Lee lui-même, c’est pouvoir s’exprimer en tant qu’être humain dans toute sa plénitude.
    Alors oui, communiquer de façon non violente me rappelle l’eau qui coule librement et qui se trouve à l’origine de toute vie. Douceur et respect.

    Encore merci et bonne journée Sylvaine.

  • Caroline dit :

    Bonjour,
    Je pratique la CNV au quotidien depuis plusieurs années déjà, et mes relations avec autrui sont plutôt saines et agréables. Lorsque j’ai affaire à des personnes qui se montrent agressives, je réussis en général à les amener à préciser leur pensée, les faire réfléchir, baisse d’un ton etc…
    Mais là je sèche : j’ai affaire, dans le cadre de mes relations professionnelles, à une personne qui interprète, juge, agresse, accuse… et n’écoute pas ce qu’on lui dit. Lorsqu’on souhaite lui expliquer, lui poser des questions complémentaires etc… elle crie de plus belle, il n’y a pas moyen de l’amener à se calmer, si ce n’est en ne répondant plus. Je ne sais vraiment plus que faire avec cette personne.
    Avez-vous un conseil à ce sujet ?
    Merci,
    Caroline

    • Bonjour Caroline,
      Peut-être qu’il y a besoin de passer à un cran supérieur et de lui faire une demande assertive, voire lui fixer une limite? Peut-être aussi que vous avez en face de vous une des ces personnes qu’heureusement on croise rarement, mais qui sont tellement manipulatrices pour même la CNV ne suffit pas à s’entendre avec? Auquel cas la seule solution est de ne pas lui donner prise et d’éviter au maximum les interactions;)

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