Compétences relationnelles (4): faire preuve d’empathie

définir, comprendre et développer l'empathie

 

L’empathie est sans doute une des compétences relationnelles les plus délicates à appliquer, car l’ambiguité du terme peut produire des comportements à priori proches, mais non équivalents et dont le résultat est à l’opposé de celui escompté. Commençons donc par quelques éclaircissements.

définir, comprendre et développer l'empathie

 

 

Empathie vs sympathie

Ne confondons pas empathie avec contagion émotionnelle*. Etre triste parce qu’un proche est triste, c’est faire preuve de sympathie**:  c’est très beau, très noble, très valorisé, mais c’est en réalité le reflet de nos propres sentiments dans une telle situation. Pas de notre faculté à comprendre l’autre.

En d’autres termes: je souffre avec toi car dans la même situation je souffrirais aussi.
L’empathie, quant à elle, consiste à identifier les émotions et sentiments de l’interlocuteur, à comprendre les mécanismes qui se jouent chez lui, pas du tout à les ressentir à sa place.

 

Les bénéfices de l’empathie

Nourrir le besoin d’être compris

En cas de coup dur, mais aussi dans les situations joyeuses, nous avons besoin d’être compris, soutenus, épaulés, pas qu’on réagisse à notre place ou en doublon. En nous ouvrant au réactions émotionnelles de notre interlocuteur, nous apprenons à mieux le connaître, et aussi à mieux nous connaître à travers nos différences. Nourrir le besoin d’être compris aide au passage à combler deux autres besoins fondamentaux:

Augmenter l’acceptation de l’autre

Prenons deux personnes dont le besoin de sécurité financière est très différent: l’une se satisfait de petits boulots avec des revenus irréguliers alors que l’autre a besoin de revenus élevés et stables. La seconde va accorder une grande importance à sa carrière et la première à tout autre chose. On imagine facilement l’incompréhension qui peut s’établir entre les deux, à coups de bons conseils et de grands principes. L’empathie permettra aux deux de comprendre les mécanismes de pensée, de perception qui expliquent les certitudes de l’autre, et donc de les accepter, à défaut de les partager.

Favoriser l’absence de jugement

Plus nous sommes habitués à nous ouvrir aux représentations des autres, moins nous avons tendance à juger leurs réactions en fonction de nous-mêmes. Inversement, plus nous évaluons promptement les réactions des autres, plus nous croyons que les autres nous jugent d’une part et moins nous comprenons les motivations derrière les réactions d’autrui. Observer avec curiosité et ouverture renforce les liens.

  • Juger moins juger mieux(2): les dégâts du jugement

Faciliter la compréhension mutuelle

C’est grâce à l’empathie que notre grenouille, qui nage comme un poisson dans l’eau, parviendra à comprendre la trouille de la souris et évitera de lui répéter des “mais enfin n’ais pas peur!”, qui pourraient finir convaincre ladite souris qu’en plus d’être trouillarde, son amie la grenouille est persuadée qu’elle est stupide.

Favoriser une entraide saine

La compréhension des réactions d’autrui peut favoriser une aide sereine, qui ne se positionne pas en Sauveur et répond réellement aux besoins de l’autres, pas à ce que nous imaginons être ses besoins. Voir:

comprendre l'empathie et la développer

 

Comment renforcer l’empathie

Voici 4 pistes pour construire et entretenir l’empathie:

 

Faire abstraction de son système de valeurs

Toute la subtilité de l’empathie réside dans le fait de laisser de côté son propre système de valeurs (dans la mesure du possible), de ses croyances, ses jugements etc. et de partir à la découverte de la façon dont l’autre perçoit le monde qui l’entoure et réagit à la situation qui le perturbe. Mieux comprendre l’autre, ses réactions etc. c’est savoir identifier les émotions qu’il ressent, et ce indépendamment de et malgré les émotions que NOUS ressentons face à la situation à laquelle il est confronté.

 

Pratiquer l’écoute active

Au travers des questions posées et de l’attention accordée à l’autre, l’art de l’écoute et du questionnement permettent l’observation  et la compréhension de la perception du monde par les autres.

 

Développer sa connaissance des émotions

Bien connaître les émotions, c’est  aussi savoir reconnaître les types de réactions qu’elles suscitent,  les manques qui les déclenchent et donc de pouvoir les identifier chez son interlocuteur, ce qui minimise les probabilités de considérer comme aberrantes les attitudes de l’autre (voir l’exemple de l’improbable couple souris/grenouille ci-dessus)

 

Empathie et sympathie en vidéo

Pour terminer, je vous propose de découvrir cette très belle vidéo, qui confond sans doute empathie avec sympathie, et compassion. Mais aucune importance, car ces images d’un monde animal où entraide et solidarité dépassent toutes les idées reçues proposent un éventail de compétences relationnelles que nous gagnerions à nous approprier…

 

 

L’empathie et ses degrés – Elizabeth Pacherie
** Partager la douleur des autres – Le cerveau à tous les niveaux

Publicité

13 Comments

  • Annie dit :

    Bonjour Sylvaine,
    Depuis quelques années j’ai appris la signification du mot empathie, et j’ai appris à la ressentir.
    Comme vous le dites, il ne faut pas confondre sympathie et empathie.
    Avoir de l’empathie permet au quotidien de distiller de la gentillesse. La satisfaction en retour est de voir le visage des personnes s’éclairer lorsqu’elles se sentent (enfin) comprises.
    La somme de tous ces petits actes rendent les journées plus belles, plus légères.
    Merci pour vos articles et merci pour cette très belle vidéo.
    Bonne journée
    Annie

  • fredheas dit :

    Pas évident le distingo empathie-sympathie, mais avec une écoute active et en écoutant ses émotions, on peut y arriver!
    Merci pour ton analyse et excellente journée à toi! 😉

  • Mary dit :

    Je ne sais pas si vraiment il faut faire abstraction de ses valeurs pour être empathique. L’empathie est une valeur en soi. Une valeur qui s’entoure d’autres valeurs et je ne vois pas envers laquelle elle serait en contradiction si on est empathique. Mais il est certain, comme vous le dites, que l’empathie est la pratique de l’écoute active et doit prendre sa source dans la reconnaissance de nos propres émotions.

  • Elisabeth dit :

    Merci pour cet article fort intéressant, Sylvaine. En fait, il me semble que bien peu d’entre nous sommes vraiment capables d’empathie “pure”, car il est  difficile de faire totalement abstraction de son propre fonctionnement pour évaluer une situation vécue par un autre.

    Ce n’est pas que nous ne le voulons pas, mais comment, concrètement, ne pas raisonner avec nos propres outils, notre propre vision du monde?

    Je crois être tolérante, c’est-à-dire que j’accueille et j’écoute de façon ouverte tous points de vue, en particulier les différents du mien. Mais comprendre comment ces points de vue fonctionnent, à quels ressorts psychologiques  ils font appel, c’est encore une autre étape, il me semble.

    A bientôt!

    Elisabeth

  • julielie dit :

    Bonjour, je suis à la recherche de test pour tester l’empathie de jeunes où je suis en stage. J’en ai trouvé quelques-uns mais j’aimerai trouver celui du CEC est-ce que vous pourriez m’aider?

  • pondaven baptiste dit :

    bonjour, je suis arrivé sur votre blog pour découvrir la définition de “faire preuve d’empathie” et par la même occasion , je viens de m’apercevoir que vous êtes Consultant spécialiste du plaisir au travail – relations humaines et reconversion professionnelle.Je vous avoue que cela est assez étrange car, justement, je suis boulanger, mon métier m’a permis de voyager et malgré tout je ne suis pas nécessairement dans ce que je fais: j’aime réellement ce travail qu’est la boulangerie, pourtant, régulièrement je me dis que je me sentirai plus épanoui dans un métier ou je pourrai aider des personnes, des personnes handicapées par exemple.Mais je dois vous avouer que remettre en question un métier que l’on fait depuis 10 ans maintenant pour avancer vers l’inconnu, me fait un peu peur…Voilà, je ne sais pas vraiment si vous pourriez me conseiller, m’orienter, en tout cas, cela m’a fait du bien de vous parler.Bonne continuation.Baptiste

    • Sylvaine Pascual dit :

      Bonjour Baptiste et merci pour votre témoignage! Il arrive qu’on aime un métier, sans pour autant qu’il nourrisse tous nos besoins, comme c’est le cas pour vous. Bien entendu, il est possible d’envisager une ré-orientation. IL y a peut-être aussi d’autres pistes à explorer: aider des personnes handicapées dans le cadre associatif? Si vous êtes à votre compte: embaucher une personne en situation de handicap? Inventer un concept de boulangerie adaptée qui ferait travailler des handicapés?
      Parfois, il est possible d’imaginer des solutions nouvelles pour intégrer toutes nos envies dans un métier, sans nécessairement en changer. N’hésitez pas à revenir nous donner des nouvelles de votre évolution, Baptiste;)

  • Bonjour,

    Merci de cette distinction entre empathie et sympathie qui est trop souvent oubliée … Merci pour cet article complet.
    Je rajouterai que l’appliquer au monde du travail peut paraître de premier abord plus dur mais c’est aussi plus gratifiant et permet de bonifier les projets et donc les performances de tous !

    J’en profite pour recommander aussi le livre :
    – La couleur des émotions aux éditions quatre fleuve.

    Belles lectures !

    • Effectivement, nous avons tendance à persister dans la croyance que ces aptitudes peinent à trouver leur place dans le monde du travail, alors que, comme vous le soulignez, elles génèrent encore plus de bienfaits!
      Merci aussi pour la référence:)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *