Efficacité professionnelle et émotions

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle   /  Comprendre les émotions

 

 

 

La recherche de performance, d’efficacité personnelle et professionnelle nous pousse à appliquer sans personnalisation des outils clés en mains tombés des étagères à solutions miracles du développement personnel. Préférons inventer et nous approprier des solutions ajustées à nous-mêmes, bien plus fluides dans leur utilisation. Et pour cela, rien de tel qu’écouter ses émotions et taire la fabrique à discipline auto-imposée.

 

 

Ecouter ses émotions pour trouver les ressorts de son efficacité en toute zénitudePerformance et efficacité: des outils en veux-tu en voilà

 

 

Dans un société toute préoccupée de productivité, il existe pléthore d’outils standardisés supposés augmenter la performance et l’efficacité des salariés, qu’on trouve autant sur Internet que dans les livres et les formations au management et à la gestion du temps et des priorités.

 

De la loi de Pareto aux to do lists, en passant par la GTD ou tout un tas de logiciels, applis et techniques en tous genres, il suffit de donner un coup de pied dans un réverbère pour qu’il en tombe par packs premium 3 en 1.

 

 

Réponse rapide…

Ces outils ont l’avantage d’apporter des réponses clé en mains aux personnes en quête de solutions rapides et simples – simplistes? – à la nécessité de se plier aux exigences d’un monde professionnel de plus en plus compétitif. Elles sont d’autant plus rassurantes qu’elles répondent aussi à notre besoin de reconnaissance sociale par le conformisme d’une recette universelle, ainsi qu’à notre besoin de confort.

 

 

… et inadéquate

Et c’est là aussi leur immense défaut: participer à la vaste opération de formatage de l’humain, dont on s’efforce de faire rentrer les rondeurs dans des moules carrés et de gommer ce que l’on considère comme des imperfections, des affreux défauts qu’il faut vaincre à tout prix, aaaah, viles carences qu’il vaut mieux taire de crainte de passer pour un loser. Ces outils entretiennent ainsi la mécanisation et l’uniformisation à coups de discipline de fer auto-imposée, en niant l’existence même des émotions et des fonctionnements qui ne suivent qu’une seule logique, celle, interne et unique, de chacun d’entre nous.

 

Tant que ces solutions ne s’adaptent pas à la personne, elles constituent une réponse inappropriée, dans la mesure où elles sollicitent par la contrainte, par l’effort (au sens négatif du terme) et la négation de soi, générant au passage toutes sortes de réactions émotionnelles négatives qui peuvent déboucher sur

 

  • Une procrastination potentiellement invalidante, qui vient nous protéger de ces moulinettes disciplinaires. L’ironie de l’affaire, c’est que ces recettes de cuisines sont souvent proposées comme des solutions miracles pour vaincre cette même procrastination qu’elles encouragent. Le comble de la contre-productivité;)
  • Un stress excessif, dont l’origine est l’excès d’émotions négatives en réaction à des méthodes qui ne répondent pas aux besoins individuels.
  • L‘épuisement professionnel (burnout), signe d’une machine qui, à force de sur-régime, finit par hoqueter avant de s’arrêter purement et simplement?

En d’autres termes, à courir sans discernement et sans connaissance de soi après l’efficacité et la performance, nous risquons de nous les prendre, en forme de retour de bâton en pleine figure.

 

 

 

Prendre en compte le facteur humain: les émotions

Outillés ou non, nous sommes tous capables de remarquables pics de performance et nous avons sans doute besoin d’admettre que, si nous pouvons les reproduire, il est illusoire, irréaliste et incontestablement dangereux de chercher par tous les moyens à transformer ces moments en fonctionnement constant, car ils vont puiser grandement dans nos ressources énergétiques, qui, Ô surprise, ne sont pas un puits dans fond.

 

Il ne viendrait à l’idée de personne de demander à Usain Bolt de courir 2880 fois le 100m par jour, ce qui, si mes calculs sont bons, correspondrait à peu près à 8h de son job, en mode performance maximum. Pourtant, nous l’exigeons de nous-mêmes, et pensons que nous ne devrions même pas sourciller quand le ras-la-casquette vient nous titiller aux tripes, car nous croyons à tort qu’il vaut mieux écouter la raison, qui pourtant à souvent tort.

 

Or, ce sont nos émotions qui servent à diagnostiquer le bon fonctionnement de notre mécanique mentale et physique, par les messages qu’elles nous envoient sur notre bien-être ou notre mal-être. Elles sont les voyants sur notre tableau de bord personnel, en quelque sorte.

 

Ainsi, n’en déplaise à ceux qui considèrent encore les émotions comme une marque de faiblesse, plus nous sommes en phase avec elles, plus nous sommes performants et efficaces, car nous savons alors accéder aux demandes internes qu’elles nous transmettent, et donc nous dégager de leurs manifestations fatigantes, voire invalidantes, tout en satisfaisant aux conditions nécessaires à un fonctionnement optimal. C’est à dire en repérant ce qui comble nos besoins.

 
Auto coaching: de l’émotion dans l’efficacité personnelle

 

Lorsque nous sommes désireux d’accroître nos performances, il est judicieux de tabler davantage sur la connaissance de soi (dont les émotions sont une des portes d’accès) que sur l’acquisition d’outils standardisés. De cette manière, nous pouvons alors faire venir à la surface les mécanismes uniques de nos pics de performance et de réussite et les utiliser à bon escient, c’est à dire à trouver le point d’équilibre entre degré d’efficacité et bien-être mental et physique.

 

Ceux qui sont à l’écoute de leurs besoins, qui savent agir en fonction de leurs valeurs, en exploitant ces talents naturels qu’ils expriment avec plaisir, savent mettre juste les bonnes doses (et temps et en quantité) de concentration, d’investissement, d’engagement, d’effort ( au sens noble du terme), d’activité, de réflexion, de créativité, de débrouillardise etc., mais aussi de vitamines mentales, de plaisir, de distraction, de détente, de fantaisie, de rêverie, de glandouille, de repos, de déconnexion etc., dont ils ont besoin pour être performants.

 

 

 

 

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Mieux comprendre les émotions

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 Aller plus loin

 

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8 réflexions au sujet de « Efficacité professionnelle et émotions »

  1. Demain, je commence un nouvel emploi dans une librairie où j’avais déjà travaillé il y a quelques années en tant qu’employée, Cette fois-ci, je serai carrément libraire, c’est à dire responsable du rayon livres. La personne qui va me former est celle que je vais remplacer. Ça va être du personnalisé :) pas du formaté ;)

  2. Encore merci Sylvaine pour ce post,
    Je souhaite comprendre dans quelle mesure l’environnement dans lequel navigue un employé, en ces temps de crise, peut-il mettre en avant ces qualités de façon sereine. Prendre en compte ses propres émotions dans un endroit calme et propice à la méditation n’est pas toujours chose aisée. Quelles types de politique une entreprise doit-elle ou devrait-elle mettre en place afin de favoriser ce genre de posture ?
    Enfin, il serait temps de proposer aux cadres une véritable possibilité de pouvoir s’engager de façon plus pérenne. Oui, la concurrence mondiale est féroce et sans pitié, c’est d’autant plus l’occasion d’engager de véritables contrats de confiance avec les personnes ressources qui apportent une valeur ajoutée.
    Réflexion que je me suis faite après avoir entendu le dirigeant de la société France Génoise, M. Nicolas Faguier, ce matin à la radio sur BFM Business.
    Merci de faire avancer le débat sur un sujet qui est ô combien important en ces temps incertains.

    Christian

    • Bonjour Christian,
      Il me semble qu’outiller les employer en termes de compétences émotionnelles, par le biais de la formation, et un moyen utile de favoriser l’exploitation des messages qu’elles nous envoient au profit du bien-être autant que de l’efficacité. A condition toutefois d’autoriser l’expression individuelle de cette efficacité comme des besoins révélés par les émotions. Ce qui explique une gestion et un management individualisés et personnalisés des employés. Un investissement en or, mais que les entreprises sont encore frileuses à faire.

  3. Merci Sylvaine,
    Il y a du y avoir un problème cet après-midi car j’ai écrit mais ce n’est pas arrivé.
    En gros, je disais que personnaliser l’accompagnement aux émotions c’est bien voire très bien. Toutefois, si les cadres ne peuvent pas se départir des enjeux de pouvoirs qui jonchent les entreprises, il me paraît très difficile de faire émerger de façon sereine un discours fluide.

    Christian

    • Je suis d’accord, et c’est bien pour ça que c’est assez compliqué!
      Cependant, lorsqu’on travaille sur ses émotions, on apprend à combler ses besoins, y compris ses besoins d’affirmation, de reconnaissance etc. tous ceux qui, mal comblés, génèrent des jeux de pouvoir, on finit aussi par sortir de l’égo:)

    • C’est bien ça! Heureusement, il n’y a pas d’âge pour apprendre à les entendre, à les comprendre et à agir en fonction d’elles^^ (moi c’est Sylvaine:-D)

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