Bien-être: besoins fondamentaux vs besoins physiologiques

Sylvaine Pascual – Publié dans: Comprendre les émotions

 

 

 

La confusion courante entre besoins fondamentaux et besoins physiologiques nous pousse à négliger… la majeure partie de nos besoins! Et à nous laisser affamés de toutes sortes de choses parfois intangibles, mais dont le manque génère stress et insatisfaction.

 

 

 

Les ovnis de la méconnaissance de soi

 

Autant nous pouvons reconnaître facilement le besoin de manger ou de dormir, autant les besoins psychologiques fondamentaux sont d’obscurs ovnis (objets vitaux non identifiés) après lesquels nous nous abstenons de courir, le plus souvent, pour arpenter à la place les jardins bien ordonnés du raisonnable. C’est comme ça que nous construisons des murs infranchissables entre la raison et les tripes, perdant au passage le contact avec une partie essentielle de nous-mêmes.

 

 

A notre décharge, selon le psychologue Jean Gameau, “Nous sommes mal équipés à cet égard parce que nous ne recevons aucune éducation en ce domaine. Personne ne semble juger utile de nous indiquer quels sont nos besoins importants. On nous parle volontiers de nos devoirs, de nos droits, de la façon de nous comporter en public, mais rarement des besoins auxquels il nous faut répondre pour assurer notre survie psychique. Lorsqu’on nous parle de cette dimension de notre vie, c’est la plupart du temps pour nous sensibiliser à nos besoins physiques de base comme la soif et la faim, particulièrement à l’importance de suivre les règles d’une saine alimentation.”

 

 

 

Ignorance des besoins fondamentaux et mal-être

 

Ainsi, à la question “Comment s’exprime ton besoin d’appartenance?“, qui devrait être presque aussi anodine que “Comment ça va au boulot?”, combien d’entre nous sont capables de répondre? Si nous sommes un tout petit peu plus conscients de ce dont nous avons besoin en termes de reconnaissance ou d’accomplissement de nous-mêmes, le tout reste un vaste flou artistique. Et si nous n’explorons pas le territoire inconnu, nous aurons du mal à la cartographier.

 

A la place, nous laisserons aux autres (la société, les médias, les entreprises, les théoriciens du management etc) le soin de décider pour nous, au risque de favoriser le stress et les émotions négatives, la sur-consommation compensatoire ou les schémas collectifs indifférents aux besoins de l’individu, la soumission à des normes déshumanisées et l’acceptation de systèmes psychotoxiques. Bref, tout ce qui explique que les burnout sont en constante augmentation.

 

Et même sans aller jusque-là, de façon générale, les aigris, les pisse-vinaigre, les râleurs chroniques, les saules pleureurs, les empêcheurs de travailler en rond, les petits chefs, les petits et gros cons, les manipulateurs, les Rocky de bac à sable, les Caliméro, les Dark Vador, bref, tous ceux qui rejouent le triangle de Karpman à coups de comportements digne d’un bocal à con sont des gens qui ne savent tout simplement pas identifier leurs besoins et les combler. Et les trop pleins d’émotions non déchiffrées ainsi déclenchés génèrent un mal-être qui se traduit par des comportements pénibles qui augmentent les manques et entraînent un cercle vicieux pas vraiment engageant…

 

Partons donc à la rencontre de tous nos besoins fondamentaux, avec l’idée que plus nous les reconnaissons, plus nous sommes en capacité d’identifier leurs modes d’expression dans le travail comme dans la vie personnelle, plus nous pouvons nous attacher à les combler et renforcer ainsi le bien-être et l’estime de soi, le sentiment général de satisfaction et donc produire le sentiment d’être heureux.

 

 

 

 

Besoins physiologiques

 

Manger, dormir, respirer, éliminer… le fait que ces besoins-là soient fondamentaux est une évidence, tout simplement parce que (attention, Lapalissade du mois en vue) mal comblés, ils sont une menace directe à la survie.

 

Ces besoins-là sont une évidence car nous les reconnaissons quasi immédiatement et savons comment les combler. Nous avons littéralement appris à le faire, parce qu’il est évident que nous ne pouvons pas lutter contre. Cependant, nous ne les comblons pas toujours très bien, et les autres besoins non satisfaits peuvent avoir un impact direct sur les besoins physiologiques:

 

  • Le stress qui pousse à mal dormir
  • Le manque de temps ou la compensation qui poussent à mal manger
  • Les sollicitations technologiques constantes qui poussent à mal se reposer

 

 

 

Besoins fondamentaux

 

La recherche a montré qu’un certain nombre de besoins psychologiques sont tout aussi indispensables à la survie que les besoins physiologiques, allongeant ainsi la liste des besoins fondamentaux. Les différentes théories vont à peu près dans le même sens, aussi résumons. Outre les besoins physiologiques:

  • L’hospitalisme a montré l’importance du lien social et affectif dans la survie: les carences affectives peuvent mener les nourrissons à l’arrêt de l’évolution psychomotrice et la mort.
  • La théorie de l’autodétermination estime qu’il y a trois besoins fondamentaux (autonomie, compétence et affiliation)
  • Schultz comptabilise trois besoins (inclusion, contrôle et affection)
  • Maslow en identifie quatre (sécurité, appartenance, estime, accomplissement)

 

 

Mini coaching: identifier tous ses besoins

 

Indépendamment de la notion de hiérarchie des besoins, qui est la grande erreur de Maslow, je travaille avec mes clients à partir de ses 5 catégories de besoins fondamentaux.

 

  • Besoins physiologiques: manger, boire dormir…
  • Besoins de protection et de sécurité: abri, ressources, sécurité physique, santé…
  • Besoins d’appartenance: aimer, être aimé, avoir des amis, appartenir à un groupe…
  • Besoins d’estime: respect de soi et de l’autre, se sentir respecté, reconnu, autonome, avoir des opinions, pouvoir exprimer ses idées…
  • Besoins d’accomplissement: apprendre, se former, évoluer, créer, contribuer, philosopher…

 

Prenez le temps d’explorer en détails chacune de ces catégories de besoins, car l’ennemi des besoins mal comblés, c’est l’expression vague qui entrave la clarification de l’objectif sans laquelle il est impossible de l’atteindre. Pour chacun des besoins:

 

  • Comment s’exprime ce besoin, chez vous, précisément?
  • Quel est votre degré de satisfaction?
  • Quels aspects de ce besoin comblez-vous d’une façon qui vous satisfait?
  • Quels aspects comblez-vous de façon insuffisamment satisfaisante?
  • Qu’est-ce qui vous manque, exactement?

 

Vous remarquerez au passage combien ils sont interdépendants et fonctionnent en vases communicants. Et maintenant, il est temps d’aller travailler à combler ces besoins!

 

 

 

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Aller plus loin

 

Vous voulez apprendre à combler vos besoins personnels et professionnels pour allers vers une vie plus sereine de dynamique à la fois? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 


16 réflexions au sujet de « Bien-être: besoins fondamentaux vs besoins physiologiques »

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  2. Bonjour Sylvaine, article tres interessant mais mon attention a ete portee sur le fait que tu dises que tu dises que la pyramide des besoins est la grande erreur de Maslow. J’aimerais en savoir plus puisqu’il est “theoriquement” une des references dans le domaines des besoins fondamentaux. Merci. Delphine

    • Bonjour Delphine,
      Je vais y revenir prochainement dans un article complet sur le sujet. Cette erreur lui a été beaucoup reprochée. C’est à dire qu’il a hiérarchisé les besoins, ce qui donne schématiquement, il faut nourrir ses besoins physiologiques avant de nourrir le besoin de sécurité etc, en remontant les niveaux. Cette priorisation est fausse, car les niveaux de besoins sont interdépendants d’une part, et parce que, par exemple, les besoins socio-affectifs sont tout aussi essentiels à la survie que les besoins physiologiques, comme l’a démontré l’hospitalisme.
      Pour schématiser autrement: ce n’est pas parce qu’on a du mal à dormir qu’on ne peut pas combler ses besoins affectifs, par exemple.
      (Pour info, Maslow n’a jamais dessiné de pyramide, c’est une schématisation ultérieure à ses travaux;))

        • Avec plaisir!
          Parfois ce qu’on nous enseigne mérite d’être creusé, questionné, bousculé, pour notre évolution personnelle et l’évolution de nos pratiques professionnelles;)

          • Bonjour Philippe,
            Maslow a fait un travail passionnant sur la motivation et les besoins, travail qui est le fondement des pratiques de nombreux coachs, don je fais partie. En revanche, l’idée de hiérarchie des besoins a été largement mis à mal, tous les besoins fondamentaux étant d’importance pour le bien-être (voir la réponse faite à Delphine)

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  10. Votre approche abouti à la même absurdité que l’idéologie Chrétienne dénoncé par Nietzsche quand il fustigeait les curés castrateurs. « L’esprit est fort, la chaire est faible » ?. En voulant insister sur l’importance du psychologique vous minimisez les besoins physiologiques … et donc contestez la pyramide de Maslow. C’est une absurdité ! Ce n’est pas en ignorant la dimension physique de l’être humain que vous le grandirez. Mais il est vrai que votre fond de commerce c’est le psy. Remettons donc les choses à leur place : Aucune émotion ne pourrait exister sans la sensation … et les sensations naissent d’abord du corps … puis des souvenirs. Avant le psy vient donc le physiologique. Vous pourrez décréter ce que vous voulez, un ordinateur n’a pas d’émotion … et aucun besoin psy !

    • Bonjour,
      Rappeler que les besoins physiologiques ne sont pas les seuls besoins fondamentaux me paraît assez éloigné d’une apologie du psychologique au détriment du physique.
      D’autre part, Maslow n’a jamais fait de pyramide, c’est une interprétation postérieure à ses travaux.
      Pour terminer, autant j’apprécie le débat et l’apport d’idées, autant les propos formulés de façon brutale et les comparaisons douteuses en forme d’attaque personnelle ne sont pas les bienvenus. Un peu d’élégance relationnelle ne nuit ni au physique, ni au psychologique;)

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