Sylvaine Pascual – Publié dans: Comprendre les émotions / Le plein de vitamines mentales
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Chers lecteurs, permettez-moi un préambule en forme de digression enthousiaste et rugbystique: au delà même de la joie de la victoire, comment décrire le plaisir immense que nous autres Catalans avons eu hier à nous retrouver, en famille et entre amis, un verre de muscat dans une main et un escargot dans l’autre, revêtus de sang et d’or, pour encourager nospetits. |
C’est épatant de voir à quel point le terme de plaisir est associé à un but peu respectable, teinté d’abus, d’obscénité, d’égoïsme, de paresse, d’obésité, d’oisiveté, d’inconséquence etc., qui montrent combien le jour où l’Homme s’est mis à réfléchir, il aurait sans doute mieux fait d’aller s’étendre au soleil dans une prairie verte et de s’emmerveiller de l’instant présent en regardant avec béatitude les papillons folatrer dans les fleurs sauvages. Ou bien d’organiser une cargolade.
En effet les convictions héritées de la société, la famille, le milieu, la culture, l’éducation etc. nous poussent à croire en vrac: que le plaisir se mérite, qu’il est suspect, qu’il est honteux, qu’il viendra à qui sait attendre, qu’il détourne de la réalité, qu’il y a un temps pour tout, qu’il est égoïste, qu’il coûte cher, qu’on est pas là pour rigoler et j’en passe.
On peut regarder le plaisir avec mépris, le vouer aux gémonies tant qu’on veut, sa recherche guide pourtant nos comportements: connaissez-vous beaucoup de gens qui cherchent un emploi dans l’espoir de s’y emmerder à mourir, qui choisissent délibéremment des amis qu’ils détestent, des vêtements qui leurs déplaisent, de la nourriture qui les dégoûte, des loisirs qui les ennuient?
L’écueil du plaisir compensatoire
Le plaisir indique la satisfaction d’un désir, lui-même parfois trompeur, et c’est là que le bât blesse et que le mulet commence à se gaver de bunyetes (à défaut de fraises Tagada) ou à acheter 4×4 plus gros que celui du voisin. Car ce désir a une fonction claire: combler un besoin. Cette part d’instinct sait très bien ce dont nous avons besoin, mais à force de raisonnement raisonnable, nous ne comprenons plus son langage et tombons parfois dans le plaisir compensatoire (ou plaisir indirect) et culpabilisant. Renforçant au passage les émotions négatives, puisque le besoin réel n’est pas comblé.
Ce n’est donc pas le plaisir qui est responsable de l’obcénité, l’inconséquence et tous les comportements évoqués plus haut, mais l’attitude compensatoire suite à un décalage entre le message envoyé et le message reçu.
Réhabiliter le plaisir
En nous indiquant ce qui est bon pour nous, pour notre bien-être physique et mental, il contribue ainsi àl’équilibre biologique, physiologique et émotionnel, avec un effet calmant qui permet la prévention d’un stress inutile. Il renforce le système immunitaire, aide à développer la joie de vivre et le sentiment de satisfaction. Il participe du développement de relations satisfaisantes et dénuées de jeux de pouvoir (trouver jouissif d’avoir le dernier mot, de rabattre le caquet etc. sont des plaisirs compensatoires), au développement de l’estime de soi et d’un bien-être général, d’un dynamisme et d’une vitalité à la fois physiques et mentaux, qui facilitent la vie, le rendent plus belle et limitent le trou de la Sécu.
Selon le physiologiste canadien Michel Cabanac, professeur à la Faculté de Médecine, et pour qui l’émotion est un aspect de l’intelligence, « La recherche du plaisir est la force motrice qui gouverne nos comportements et nos prises de décision et, à ce titre, elle peut être considérée comme la cinquième grand force de la nature ». Toujours selon lui, la notion de plaisir « est libératrice et conduit à une éthique de l’effort et du don de soi. »
Comme ça, le plaisir n’est pas égoïste et ne rend pas paresseux!!
Alors cessons de culpabiliser, débarrassons-nous de morales asservissantes qui nous privent de la liberté d’être bien dans nos jolies godasses et autorisons-nous le plaisir.
Jouissif, simple ou jubilatoire, le plaisir s’exprime de bien des manières, de la béatitude à l’émerveillement, du contentement à la volupté, et il est bon à prendre, qu’il soit physique ou intellectuel. Rappelons que le plaisir est relatif et individuel, ce qui nous fait plaisir dépend uniquement de nous et que chacun est seul à déterminer le degré de plaisir que lui procure telle ou telle action.
Qu’est-ce qui vous fait plaisir?
Dans quelle mesure vous accordez-vous le droit de vous faire plaisir?
Auto coaching: halte aux plaisirs compensatoires
Les passionnantes recherches de Michel Cabanac ont montré entre autres, que le plaisir d’une cuillerée d’eau sucrée devient déplaisir quand on a passé le seuil de satiété. Aussi si je me goinfre de pizza sans m’en dégoûter, il est possible que je comble un besoin autre que celui de manger…
Dans quelle mesure ce qui vous fait plaisir est-il compensatoire? Soyez honnête avec vous-même car nous avons tendance à éviter de regarder en face nos compensations. Observez les raisons qui vous poussent à combler tel ou tel désir. Observez dans quelle mesure ce qui vous fait plaisir a des conséquences négatives pour autrui, pour vous-même.
Ces plaisirs compensatoires, que cachent-ils comme désir profond?
Comment combler ce désir profond pour accéder à un vrai plaisir?
Auto coaching: mettre davantage de plaisir dans sa vie
Rappelons pour la forme qu’il existe mille manières de se faire plaisir, physiquement et intellectuellement, pour pas cher et facilement: je vais faire ma réac deux minutes: on peut jouer au basket sans WII. A vous de jouer!
Quels sont les plaisirs non compensatoires que vous avez envie de développer?
Qu’allez-vous faire pour mettre davantage de plaisir dans votre vie?
Dès demain?
A court terme?
A moyen terme?
A long terme?
Voir aussi:
Rôle des émotions: la joie
S‘émerveiller
Cultiver l’optimisme:10 bonnes raisons et 7 pistes
(Re-)Donner du sens à sa vie professionnelle
Le rire, remède universel
Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter
2,13€ de pur bonheur
Les dossiers d’Ithaque: Comprendre les émotions
Les dossiers d’Ithaque: Le plein de vitamines mentales

Je rapproche le plaisir au problème de procrastination ; si ça ne me procure pas de plaisir immédiat, j’ai tendance à procrastiner.
Par exemple, le ménage… ça me gave. Je suis obligée de sortir le balai au milieu du couloir pour penser à le faire et m’y obliger. Par contre, si je vois que c’est sale par terre, ça me fera plaisir de voir un sol propre, et là je le fais. Malheureusement, s’il faut attendre que ça soit sale par terre, heu… :/
Euh…
Bin… je regarde mon agenda… Ah non, ça va pas être possible
C’est ce que je me disais après avoir répondu à ta note : mon problème, c’est que je n’arrive pas à me projeter dans l’avenir, je n’ai jamais su.
De rien
Je sens que ça va m’être utile
Merci pour ces textes
Est il possible de reprendre, la semaine prochaine, des extraits de cet article sur mon blog ?
Par ailleurs je serais heureux de pouvoir mettre aussi votre blog en lien sur le miens
chaleureusement
Bonjour
Que de bonheur dans cet article , cela va me permettre de me poser des questions ..qui je l’espère seront les bonnes.
Cordialement
Gérard
Heu, j’ai pas tout compris mais, franchement, je savais pas que le plaisir c’était si compliqué, sinon l’image est magnifique
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