Plaisir au travail: 5 trucs à expérimenter pendant l’été

Parce que lété on est plus décontractés et on a plus le temps d'expérimenter

 

La surcharge de travail, le nez dans le guidon, les échéances, les dossiers à enjeux, tout concourt à nous encourager dans la voie raisonnable du toujours un peu plus de la même chose et nous repoussons souvent la possibilité de tester d’autres options organisationnelles à des calendes grecques par nature indéterminées. Et si on profitait de la décontraction estivale pour expérimenter quelques trucs vecteurs de plaisir au travail?

Parce que lété on est plus décontractés et on a plus le temps d'expérimenter

 

 

L’été pour des expérimentations décontractées

Malgré le désir de (re)gagner en plaisir au travail, explorer d’autres façons de travailler peut refroidir l’ardeur plus efficacement que le glaçon rafraîchit le pastis, à cause des expérimentations nécessaires pour s’approprier et personnaliser des techniques qui réclament un minimum d’adaptation à votre jolie singularité, puisque le formatage et la modélisation les rend inefficaces. Du coup, deux types de freins viennent entraver des tests pourtant salutaires*l

 1- La crainte que ce soit compliqué, donc glouton en temps et énergie dont nous n’avons pas des ressources inépuisables et que nous avons besoin de fournir pour nos tâches quotidiennes.
 2- La crainte que ça ne marche pas et du coup d’y avoir mis du temps et de l’énergie pour rien et de se retrouver la cafetière en marmelade et les abatis en caramel mou. Donc mois efficace et moins heureux au travail, aie aie aie.

Face à une cuisine de cet acabit, qui n’a de douceur que l’apparence, expérimentations et calendes Grecques finissent bientôt en bonnes résolutions de rentrée qui, empilées les unes sur les autres, prennent un goût d’obligation qui ne met pas vraiment de fourmis dans les guibolles et pousse plutôt à la procrastination.

D’autant plus quand les techniques et les changements proposés semblent à contre-courant de ce que nous avons entendu depuis notre enfance ou à ce que nous lisons à longueur d’article sur la performance et l’efficacité.

Du coup, l’été est une formidable opportunité de s’essayer* à de nouvelles façons de faire en mode détendu: moins de gros dossiers, d’enjeux, moins de N+1 contrôlant à oeil de lynx, tout cela offre des conditions particulièrement favorables à toutes sortes d’expérimentations discrètes et décontractées. Je vous en propose donc 5, et parce qu’on va les faire avec notre directeur intérieur de l’évaluation des risques – celui qui nous envoie des objections en veux-tu-en-voilà à toute initiative innovante – en vacances aux Seychelles, les bénéfices vont pouvoir s’exprimer en toute liberté et il y a de fortes chances pour qu’ils soient convaincants et qu’on décide de les adopter le reste de l’année.

Pour comprendre comment expérimenter:

les triplettes opérationnelle et reltionnelle du coaching

 

 

1- Coincer la bulle

Mémé Huguette nous l’a toujours répété, c’est pas bien de rêvasser. L’oncle Alfred nous l’a dit bien des fois: pendant que tu rêvasses, coco, d’autres que toi, tous concentrés et acharnés, iront plus vite plus haut plus loin et ils te laisseront sur le carreau de la course à la réussite professionnelle telle qu’elle a été définie une fois pour toutes dans la seconde partie du XXème siècle.

Pendant que vous glandouillez, pendant que votre esprit vagabonde, baguenaude et rêvasse, le cerveau se met en mode dit “par défaut”, une sorte de veille dans laquelle il se tamponne de ce que nous raconte notre conscience et il réfléchit à sa manière. C’est alors qu’il se ressource d’une part et résout des problème complexes d’autre part. Double effet kiss cool qui est un joli remède à ses surchauffes régulières et dont il est utile de savoir profiter, car il est au bénéfice de votre efficacité et de votre créativité, certes, mais aussi et surtout d’une façon de travailler qui renoue avec des fonctionnements naturels de la matière grise, donc plus fluide et plus agréable.

Testez donc l’alternance de phases de travail opérationnel, des phases de réflexion concentrée avec des phases de pure peignage de girafe – ni pause café entre collègues, ni moment relax où vous filez sur les réseaux sociaux: de la vraie bulle.

Bref, profitez de l’été pour aller de temps à autres faire un tour du côté des plages de Sainte-Flemme où promener les tongs de vos méninges décontractées : elles s’occupent de tout.

rêvasser à des vertus insoupçonnées qui méritent d'être redécouvertes

 

2- Gérer son temps en électron libre

La gestion du temps est la thématique professionnelle qui a pondu plus de lois, matrices, commandements et injonctions que toutes les autres combinées. Mais le problème de l’élevage en batterie est double :

 – Il est barbare : la discipline de fer imposée pour rentrer dans les cases de ceux qui ont généralisé à l’humanité entière des principes de gestion du temps qui marchent pour eux  est suffisamment stressante et contre productive pour finir déplumé et exsangue.
 – Il est incolore et sans saveur : il produit du poulet formaté de troisième zone qu’on ne prend aucun plaisir à avaler, ce qui est contraire à l’objectif gustatif. Bref, il est inefficace à produire quelque chose qui procure un gramme de plaisir. Or, c’est justement ce plaisir qui va être l’indicateur d’une organisation réellement efficace (voir le point 4).

Non, la gestion du temps ne doit pas demander des efforts considérables, une auto-discipline digne d’un précepteur anglais de la fin du moyen-âge qui œuvre martinet à la main. Elle fonctionne lorsqu’elle est fluide et naturelle, adaptée à chacun et à ses propres modes de fonctionnement. Du coup, la seule qui marche, c’est une gestion du temps sur mesure, faite main, artisanale, construite avec patience, observation et écoute de soi. Elle demande simplement quelques phases d’expérimentation pour parvenir à évaluer celle qui sera la plus efficace et la plus agréable. Et elle contient de la glandouille et de la rêverie !

efficacité créativité 3

 

3- Lâcher prise

Parmi mes clients, beaucoup font l’expérience du lâcher prise professionnel lorsqu’ils sont sur le point de quitter leur entreprise. Non pas qu’ils se mettent à feignasser!  Pendant les semaines qui précèdent leur départ, ils lâchent souvent naturellement prise sur beaucoup de choses qui ont alors moins d’enjeu à leurs yeux. Et ce qu’ils découvrent, ce n’est pas du tout l’art d’un je-m’en-foutisme consommé et inélégant : c’est que le lâcher prise donne accès à une efficacité relax et décomplexée, qui à son tour libère du temps et permet de se concentrer sur l’essentiel, souvent bien plus générateur de plaisir que les tâches chronophages et sans valeur ajoutée.

Là aussi, le ralentissement estival peut être propice à l’expérimentation d’un lâcher prise qui consiste à cesser de s’accrocher toutes griffes dehors à des principes ou des tâches qui amplifient la surcharge et la pression. Il va s’agir de remettre un peu de souplesse dans les articulations rouillées de nos convictions pour apprivoiser une simplicité qui met de l’huile dans le quotidien professionnel. D’accepter de déléguer, de simplifier, de réorganiser et de cesser de vouloir tout contrôler.

Et pour le faire, rien de tel que l’expérience du lave-vaisselle!

le principe du lave vaisselle, ou comment lacher prise et accepter de déléguer

 

4- La lecture émotionnelle

Les émotions, en dépit de beaucoup d’idées reçues, ne sont pas confinées au domaine du ressenti qu’il conviendrait, selon certains, de modifier pour retrouver toute sa sérénité. On voudrait nous faire croire que nous sommes une bande de moules toutes fragiles submergées d’émotions qui ne sont que le fruit de notre perception. Et donc qu’en modifiant celle-ci, nous pouvons maîtriser nos petits nerfs et accepter gentiment surcharges et pression, quitte à finir à dame quand nos méninges sont à ramasser à la pince à sucre.

Bien au contraire, les émotions ont de formidable qu’elles sont les pneumatiques internes que vous envoient vos cerveaux limbiques et reptiliens pour transmettre des informations très concrètes sur ce qui ne va pas d’une part et les ajustements nécessaires pour aller mieux d’autre part. Elles sont donc les gardiennes de votre plaisir au travail.

Apprendre à les accueillir, à comprendre leur message et à agir en fonction, voilà une technique qui permet de reconnecter à nos mécanismes internes et à la raison même de l’existence des émotions. C’est tout l’art de la lecture émotionnelle.

Les façons de travailler qui sont cohérentes avec nous-mêmes  génèrent plaisir, bien-être et satisfaction. Inversement, celles qui sont aux antipodes (ou un brin éloignées) de nos valeurs, de nos appétences ou de nos modes de fonctionnement vont rapidement déclencher

 – Agacement, énervement, frustration
 – Anxiété, inquiétude, agitation
 – Découragement, démotivation, abattement, fatigue

Ces trois réactions émotionnelles sont les messagers directs de besoins insatisfaits (personnels, relationnels, organisationnels etc.) qui, pour peu qu’on les écoute, vont nous indiquer des pistes concrètes pour redresser la barre et travailler comme il vous convient. Là aussi, parce que la lecture émotionnelle demande un peu d’observation de soi et des autres, l’été est propice à expérimenter:

la lecture émotionnelle au service du plaisir au travail

 

5- L’élégance relationnelle

Un poil plus complexe à mettre en œuvre que les points précédents, l’élégance relationnelle est en revanche un investissement majeur en termes de plaisir au travail et d’efficacité. Et puis je vous connais, fidèles lecteurs, vous ne craignez pas le complexe et ce challenge vous intéresse, parce que vous savez que le bonheur, c’est les autres, et surtout, les bonnes relations avec les autres;)

L’élégance relationnelle, c’est un ensemble de compétences associé à une posture simple, authentique et toujours soucieuse de ses interlocuteurs. Elle se préoccupe d’affirmation de soi autant que d’écoute, de reconnaissance mutuelle et permet de mettre du panache, de la noblesse d’âme dans vos relations professionnelle.

C’est elle qui vous permettra, à terme, de vous sentir en mesure de dire non, de recevoir une critique ou d’en faire une, de faire valoir vos contributions, de vous positionner sur un dossier ou un poste, de faire entendre vos opinions, de demander ce dont vous avez besoin mais aussi de générer autour de vous un écosystème de bienveillance, d’amabilité, d’entraide, de reconnaissance et de confiance mutuelles, bref, un environnement dans lequel les égos s’apaisent et il fait meilleur travailler en hiver comme en été^^

Il y a de multiples façons de la renforcer qui peuvent passer par l’estime de soi, la posture relationnelle et la communication. Voici quelques pistes plus deux dossiers dans lesquels vous pourrez choisir ce qui vous fait plaisir:

triplette élégance relationnelle

Bon été!

 

*Vous avez bien lu, j’ai écrit « de s’essayer ». La javel sémantique version Maître Yoda, je vous avoue m’en battre l’oeil, en dépit de mon goût immodéré pour Star Wars : essayer signifie aussi, selon le Larousse : « Utiliser un objet pour en éprouver les qualités, vérifier l’efficacité, les qualités d’un produit, pratiquer une activité, avoir recours aux services d’une personne pour la première fois, afin de voir si elles conviennent »

 

Aller plus loin

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3 Comments

  • Taha dit :

    Il est vrai qu’il est important de ne pas se laisser déborder par nos tâches et nos ambitions.
    Parfois, nous oublions de passer du temps avec nous-même et notre humeur en subit les conséquences.
    Cela dépend de chaque personnalité, dans tous les cas, une activité comme la relaxation ou la méditation au quotidien permet de prendre du recul et de s’offrir un moment d’évasion et de détente.
    Merci pour l’article.

    • C’est vrai et pour la méditation aussi, nombreux sont ceux qui peinent à dégager du temps pour l’expérimenter durant l’année, d’autant plus qu’elle demande un peu d’investissement. L’été peut donc être le bon moment pour s’y mettre!

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