3 principes de gestion du temps pour plus d’efficacité et de créativité

 

Je vous ai un peu menés en bateau avec cette histoire de principe… Car la gestion du temps est un vaste sujet qui faire pondre de la matrice, de la loi et du commandement comme l’élevage en batterie produit du poulet sans saveur. C’est-à-dire, vous l’aurez compris, en quantité mais pas en qualité. Et en réalité, la gestion du temps supporte assez mal l’universalisé tant elle est une question individuelle et personnelle. Le premier principe, c’est donc pas de principe ! Décodage d’une gestion du temps personnalisée, efficace et réjouissante.

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La normalisation n’est pas normande, l’efficacité, oui !

L’art du conseil est difficile, puisque par nature, quand il s’agit de l’Homme, cette créature complexe, la réponse à (presque) toute question qui commence par “Que faut-il faire quand…” la réponse est “ça dépend”.

Ca dépend du contexte, des enjeux, de la personnalité, des ressources internes et talents naturels de la personne concernée, de ses envies, de ses sources de motivations, de ses valeurs bref, donc son immense singularité qui, en la plaçant malicieusement dans une position si loin si proche du reste de ses contemporains, rend le principe universel, le « if then go to » normalisé parfaitement sans intérêt.

Par ricochet, les solutions clés en main de gestion du temps sont-elles efficaces ? Une seule réponse à cela : « ptète ben qu’oui ptète ben qu’non ». En d’autres termes, la gestion du temps est normande et c’est tant mieux : on fait grandir plus de chevaux de course que de haridelles !

 

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Pourtant, la question de la gestion du temps n’échappe pas à la modélisation, qui a produit des lois en veux-tu en voilà, de la loi de Pareto à la matrice urgence-importance, en passant par la chasse aux « voleurs de temps ». Formatage valable pour certains, indigeste pour d’autres, voire générateur de stress pour ceux qui sont les exceptions (nombreuses) à confirmer ces règles par nature plus normatives qu’utiles ou productives. Une gestion du temps qui nous rend efficaces et créatifs,  qui nous permet de travailler dans un sentiment de fluidité propice à la performance est bien trop personnelle pour laisser les marketeurs de pseudo vérités nous dicter ce que nous devons faire.

 

Cesser de chercher l’organisation idéale dans les solutions clé en main

Cependant, si les marketeurs de l’efficacité nous pondent de la loi de gestion du temps en veux-tu en voilà, c’est aussi un peu de notre faute : nous sommes potentiellement à l’affut de recettes toutes faites qui nous permettraient une productivité immédiate et facile.

En espérant avoir déniché le Graal de l’efficacité dans ces loi pré-mâchées, nous voulons de la performance en mode société de consommation : pré-emballées et prêtes à l’emploi pour devenir efficace en mode avance rapide.  Mais l’expérience est trop souvent bien différente: l’application disciplinée de ces lois est loin d’être efficace pour tout le monde: ce sont des généralisations, forcément abusives de techniques qui ont fonctionné pour ceux qui les ont modélisées à toute l’humanité en quête de recette toute faite. Mais même si la loi en question est élaborée à partir d’une tendance majoritaire scientifiquement prouvée (la nouvelle “garantie crédibilité” des adeptes du développement personnel, encore mieux s’il s’agit des neurosciences;) il suffit que vous soyez l’exception qui confirme la règle pour y trouver davantage de contrainte pénible que de performance fluide et facilité.

D’autant que l’application de strictes de recettes toutes faites en contradiction avec nos mécanismes internes a des répercussions pas jolies-jolies, car la quête de performance en mode normatif, à coup de il-faut-on-doit à un double effet pervers :

  • La culpabilisation : qui mène à la dévalorisation, voire à la procrastination. Vous appliquez la technique infaillible à la lettre, dans l’effort et la sueur mais la situation ne s’améliore pas, vous n’êtes ni plus efficace, ni plus créatif. Vous considérez que c’est de votre faute (puisque la technique est déclarée infaillible) et par vous dire que vous n’y arriverez jamais. Et pour beaucoup, il n’est pas très utile d’aller là où on n’arrivera jamais.
  • La guerre interne: appliquer une technique qui ne vous convient pas revient à déclencher une cacophonie interne qui ne favorise pas la créativité. Les voix des besoins malmenés, des valeurs outragées et celles des émotions pénibles ainsi déclenchées rivalisent pour se faire entendre.  Le risque, c’est le Guernica intérieur, l’épuisement professionnel.

Bref, espérer trouver une organisation génératrice d’efficacité et de créativité dans des outils figés, c’est se rejouer les illusions perdues et voir la performance se réduire comme peau de chagrin. C’est bien à l’intérieur de nous-mêmes, de notre singularité que se trouvent les secrets de notre propre efficacité, il suffit d’un peu d’exploration pour aller les dénicher.

 

Une organisation par personne et l’efficacité sera préservée !

Pour preuve, cette infographie qui a circulé sur internet il y a quelques semaines et présente les routines journalières de grands créatifs. Ce qui en ressort est assez fascinant : il n’y a pas d’organisation idéale du temps de travail pour être efficace et performant, il y en a une par personne.

construire efficacité personnelle

Si cette conclusion n’est pas une grande nouveauté en soi, elle ne fait pas l’affaire de ceux qui tirent profit d’une modélisation marchandisable ou de ceux qui auraient du mal à en identifier les leviers (faute d’outils formatés;-D).  Du coup, peu mise en avant, elle peine à trouver preneur parmi les salariés et entrepreneurs qui croulent sous les contraintes et ont parfois tendance à les subir, j’allais dire sans mot dire, ce qui n’est pas très exact (de sans mot dire à sans maudire, il n’y a qu’un pas, franchi du pas auguste de l’empereur du verbe) ce serait plutôt sans agir.  Puisqu’on leur propose peu d’alternatives.

efficacité créativité2Pourtant, les artisans du plaisir au travail le savent bien, chercher l’efficacité et la créativité au cœur de soi-même, ce n’est pas la ballade de l’impossible ! Nous avons tous une marge de manœuvre pour organiser nos tâches et nos plages de travail d’une manière qui correspond davantage à nos propres rythmes, augmentent l’efficacité et nous font chanter l’Hymne à la joie plutôt que la Goualante du pauvre Jean. Et c’est justement en ignorant toutes les lois et commandements sur le sujet et en nous écoutant nous-mêmes que nous pouvons y arriver.

  • Principe 1: Voilà donc notre premier principe: désencombrer nos placards et disques durs internes de tous les commandements, lois, matrices et outils figés gestion du temps et s’autoriser à aller regarder à l’intérieur de soi comment ça marche pour y dénicher des solutions personnelles qui augmenteront l’efficacité et la créativité dans le plaisir et la fluidité. Je vous propose donc d’explorer les deux autres principes dans deux billets à venir:

 

 

Voir aussi

Efficacité professionnelle et émotions
Leadership, efficacité: les états de grâce
Accepter ce que l’on est… et s’appuyer dessus!
Job crafting: construire son plaisir au travail en 4 étapes
L’efficacité professionnelle à la sauce tomate!

 

 

Aller plus loin

Vous voulez renouer avec le plaisir au travail? Vous voulez renforcer un état d’esprit et un relationnel forts qui vous permettront de retrouver fluidité et efficacité? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 

 

 

 

Crédit photo: jrperes

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3 Comments

  • Chabanon dit :

    Sylvaine,
    Qu’il est bon de lire ce post. Quelle fraîcheur ! Quel sens de la liberté !
    Précision et réalisme. Plaisir et désir. Quel programme merveilleux ! Comme l’enfance de l’art, ça fait penser à l’innocence, à quelque chose de l’ordre la spontanéité. Réfléchir comme un stratège, agir comme un enfant, il paraît.
    Et puis, déculpabilisation totale face à ceux qui veulent nous faire croire qu’ils sont les seuls à détenir “LA VERITE”.
    Encore merci.

    Christian

    • Sylvaine Pascual dit :

      Ooooh Christian, comme ce joli retour me fait plaisir! Le style me touche autant que les mots… J’aime l’idée d’associer réflexion et spontanéité, déculpabilisation et liberté. C’est drôle: en te lisant, je me rappelle mes escapades d’enfance dans la garrigue: le vent, le soleil et un immense champ des possibles. C’est peut-être ça l’innocence: je pas juger un chemin tant qu’on ne l’a pas emprunté. Merci Christian!

  • Chabanon dit :

    Au fond, je m’inspire, comme vous le dites si bien, de mon expérience et puis de ce qu’un de mes amis appelle l’art livresque. Il existe en ce bas-monde des femmes et des hommes qui donnent un supplément d’âme qui confirme que l’humanité en nous est le dernier rempart face aux barbaries de toutes sortes. Et la volonté de réduire l’être humain à des critères immuables est une barbarie qui ne dit pas son nom. Alors oui, tant que l’esprit de liberté et de respect de l’identité singulière de chacun est porté dans les paroles et dans les actes, il reste un espoir . Courir à perdre haleine. Rire à s’en étouffer. Enfin, la vie tout simplement. Et puis finalement la joie est la seule exagération que l’on ne devrait jamais regretter. Pour finir sur la choucroute, le livre “Et la confiance bordel” le dit si bien, faisons confiance, faisons confiance, faisons confiance et les forces vives, chères à un personnage que l’on connait tous, livreront le meilleur. Encore merci à vous Sylvaine pour votre enthousiasme et votre finesse. Bonne journée. Christian

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