Efficacité, créativité: les itérations nécessaires

 

Nous rêvons sans doute d’une efficacité et d’une créativité égales et immuables, d’une capacité à la concentration illimitée, mais notre cerveau en a décidé autrement, qui a besoin d’alterner deux modes de fonctionnement. Dont acte, au lieu de nous acharner à lutter contre une machine sacrément bien foutue et risque de finir la cafetière en rideau, mettons son mode binaire à notre service et expérimentons les itérations nécessaires. 

 

efficacite creativite iterations

 

 

 

Les hauts et les bas du plaisir au travail

Le plaisir au travail, ce n’est pas un bonheur serein, établi et imperturbable. Il est fluctuant et a ses propres hauts et ses bas, au gré d’un quotidien parfois capricieux et qui ne répond pas au doigt et à l’œil de nos désirs. Et un battement d’aile peut suffire à la déstabiliser durablement. Un coup de fatigue et hop, il nous faut davantage de temps pour réaliser une tâche, et nous mordons alors sur notre temps de ressourcement pour l’achever dans l’effort, parfois sans panache et sans plaisir. Et nous voilà l’esprit moins frais, qui va demander plus de temps et d’effort pour la tâche suivante.  Elles arrivent ensuite très vite, les spirales qui nous éloignent insidieusement de la fluidité, du plaisir dans les tâches, de l’efficacité et du sentiment de satisfaction qui va avec le travail bien fait.

D’autre part, comme l’explique cet article de Kaizen magazine, “la capacité de traitement qu’a l’esprit conscient est limitée. C’est la conséquence de l’évolution du système attentionnel de notre cerveau. Celui-ci possède deux « modes » majeurs liés à l’attention : le réseau « centré sur la tâche » et le réseau « par défaut ». Le premier correspond à des périodes de concentration volontaire, le second s’active lorsque nous laissons notre esprit vagabonder. Nous avons besoin des deux pour exprimer pleinement notre potentiel, et contrairement à bien des idées reçues, la rêverie a des vertus insoupçonnées et est aux sources de la créativité. Lorsque nous abusons du réseau exécutif (centré sur la tâche) en tentant de rester concentré plus que de raison, le cerveau rentre en surchauffe et fonctionne moins bien.

D’où l’intérêt de mette en place un système d’itérations, de plages te temps allouées à des tâches précises, y compris celle… de n’avoir rien à faire.

 

Le vice a ses vertus, donc la glandouille est pleine de bienfaits à réhabiliter

 

J’emprunte sans vergogne le terme itération aux agilistes (merci Oana Juncu) qui lui donnent un sens de plage de temps: un projet se réalise en une séquence de plages de temps et il s’agit bien de séquencer pour nous de voir comment séquencer journées et projets pour libérer efficacité et créativité.

Retenons deux degrés d’itérations nécessaires au plaisir au travail et puis, tiens, donnons-leur des noms pompeux qui sonnent jargon managérial:

  • Les itérations organisationnelles : au quotidien, pour construire des journées créatives et efficaces, génératrices de plaisir et de fluidité
  • Les itérations évaluatives: qui permettent de tester les différentes possibilités jusqu’à trouver celle qui nous convient.

 

 

1- Les itérations organisationnelles

Travailler mieux, ce n’est pas travailler plus, se déguiser en exterminateur d’interruptions et autres “voleurs de temps” pour consacrer 8 heures par jour à son travail en mode über-concentré, ce qui risquerait surtout, vous l’avez compris, de nous laisser le citron en bouillon de bœuf.  La capacité de traitement des informations, d’analyse et de réflexion du cerveau est limitée, et dépasser ses limites c’est prendre le risque de finir surmené, lessivé, épuisé. Distinguons trois sortes d’itérations organisationnelles:

  • Découper le projet à mener ou la tâche à accomplir en petites actions qui permettent de prendre conscience de son avancement.
  • Découper sa journée en plage de temps allouées à différentes tâches et supprimer les interruptions uniquement à l’intérieur de celles qui demandent une concentration continue, comme les tâches créatives, analytiques ou rédactionnelles.
  • Découper temps de concentration (temps de cerveau exécutif) et temps de réseau par défaut,  pour alterner temps de travail et temps de pause et permettre au cerveau un fonctionnement cohérent et moins consommateur d’énergie.

 

 

Les itérations concentration/pauses

Le blog emploi rapporte cette étude menée par Desktime qui définit que le temps de travail “idéal” est 52 minutes pour 17 de pause. Cette étude a été reprise, sans surprise, sous la forme d’une vérité universelle: le temps optimal d’une plage de travail serait 52 mn. C’est évidemment archi-faux, puisqu’il s’agit là  de la moyenne des 10% les plus productifs, ils ne sont donc surtout pas à prendre au pied de la lettre!

Ils ne signifient donc évidemment pas qu’il FAUT absolument caler votre minuteur sur 52 et que si vous le mettez à 50 pour une pause de 15mn, c’est toute votre capacité de performance qui s’écroule. L’essentiel à retenir, c’est que des pauses régulières et substantielles permettent de reposer le cerveau exécutif, de le laisser recharger ses batteries et de pouvoir repartir rafraîchi.  Les itérations de concentration sont à adapter en fonction de votre propre rythme. Et aussi pour certains en fonction de la nature de la tâche.

La technique de la tomate, quant à elle, recommande des plages de 25 mn suivies d’une pause de 5.

 

être efficace en travaillant par plages horaires de 25mn

 

L’idéal serait probablement d’alterner les deux (temps longs, temps courts, pauses longues, pauses courtes) tout en expérimentant plusieurs plages de temps pour trouver l’organisation qui vous convient le mieux. Et ne pas céder à la tentation d’un rythme trop strict et trop automatisé, en particulier si vous êtes plus adeptes d’un rythme varié.

 

 

Découper sa journée

Il s’agit d’accorder des temps à chaque chose, depuis les plages de travail concentré sur une tâche précise, jusqu’à des périodes de glandouille décomplexée destinées à laisser votre cerveau réfléchir comme il aime le faire: tout seul.

Souvenons-nous aussi que les temps passés sur nos smartphones, à papoter à la machine à café, sur les réseaux sociaux, à envoyer des sms ou à lire les mails de belle-maman sont des temps de cerveau exécutif, ce ne sont pas des moments de cerveau en mode veille. Les temps de cerveau par défauts sont des moments passés seuls, à buller, ou bien ou les seules activités possibles sont celles qui sont complètement mécaniques (marcher, prendre une douche etc).

Le découpage de la journée peut prendre bien des formes, à vous de déterminer celles que vous avez envie d’expérimenter. Et pour ce faire, vous avez besoin des itérations évaluatives.

 

 

2- Les itérations évaluatives

Avant de décider qu’un découpage cerveau exécutif/cerveau par défaut nous convient, il est essentiel de l’expérimenter.

D’autre part, même lorsqu’on a procédé à un job crafting minutieux et sculpté un plaisir au travail réjouissant à la force du poignet, rien n’est gravé dans le marbre. C’est l’entretien qui fait la durabilité du véhicule!

Troisièmement, le plaisir au travail peu avoir des effets pervers comme le toujours plus qui peut pousser le plus paisible des job crafters à se relever la nuit pour en demander encore, à brûler la chandelle par les deux bouts et à transformer sa matière grise en confiture de cerise..

Pour finir, il y a aussi les durs à cuire, les résilients au cuir épais qui ne craignent pas la besogne, au point, eux aussi, de finir en burnout.

Ca fait quatre sacrées bonnes raisons de procéder régulièrement à des évaluations, qui sont de deux sortes:

  • les évaluations d’expérimentation
  • les évaluations d’adaptation

 

 

Les évaluations d’expérimentation

Elles correspondent à la triplette opérationnelle du coaching et permettent de tester une solution de développement du plaisir au travail ou d’efficacité, telle qu’un découpage en itérations cerveau exécutif/par défaut sur une période donnée et de l’adapter si nécessaire jusqu’à obtenir des résultats satisfaisants.

Lorsqu’on met en place une nouvelle façon de faire, par exemple un nouveau rythme de travail, il s’agit avant tout de l’expérimenter pour en vérifier la pertinence. Cela revient à mettre en place des itérations, et au terme de chacune, de prendre le temps d’évaluer votre degré de satisfaction et d’ajuster, le cas échéant.

 

 

Les itérations d’adaptation

Lorsque nous avons trouvé un rythme qui nous convient et que nous œuvrons à présent dans une fluidité et un plaisir qui nous ravissent, il arrive que nous soyons aveugles au grain de sable qui pourrait enrayer la machine. Un changement, une nouvelle contrainte mal prise en compte, et hop! Voilà la mécanique qui ralentit

Pour éviter le re-plongeon, autant rester vigilants et mettre en place un système d’évaluation qui va permettre de regarder régulièrement de près comment le moteur tourne. A minima tous les trois mois, accordez-vous un temps pour vous, pendant lequel vous allez évaluer votre satisfaction et procéder aux ajustements nécessaires.

Par exemple sur une échelle de 1 à 10:

  • De 8 à 10: cette option est satisfaisante.
  • De 5 à 7: la solution testée fonctionne… à moitié. Cherchez les points d’achoppement et ajustez-là en fonction. Puis testez à nouveau!
  • De 0 à 4: cette solution n’est peut-être pas pour vous. Il convient de la remettre à plat complètement ou de tester autre chose.

 

 

Au final, bien entendu, il ne s’agit pas de s’imposer une alternance ultra précise de plages horaires avec une régularité de métronome. Il s’agit plutôt de redécouvrir l’importance du mode cerveau par défaut et de ses bienfaits sur le mode cerveau exécutif, de réapprendre à éteindre nos smartphones et à nous déconnecter d’une monde parfois trop psychotoxique et réinvestir nos propres espaces intérieurs: il s’y passe des choses passionnantes:)

 

 

 

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Aller plus loin

Vous voulez renouer avec le plaisir au travail et construire l’état d’esprit qui vous permettra de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

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