Sortir du comportement Victime pour faciliter la recherche d’emploi

Pourquoi le comportement Victime n'aide pas la recherche d'emploi et comment en sortir

 

Deuxième étape de notre exploration de l’influence des rôles relationnels sur la recherche d’emploi. Aujourd’hui parlons du comportement Victime, de loin le plus répandu des trois rôles. Nous avons tous un côté Victime qui ressort de temps à autre, et quelle qu’en soit l’ampleur, il ne facilite pas la recherche d’emploi. Quand Caliméro cherche un boulot, c’est parti…

Pourquoi le comportement Victime n'aide pas la recherche d'emploi et comment en sortir

 

Le rôle de victime

Rappelons pour commencer que nous parlons ici de Victime au sens comportement qui de traduit dans les rôles relationnels, pas au sens du statut de victime d’une situation non désirée sur laquelle nous ne pouvons pas agir, sauf peut-être en justice (victime de harcèlement, d’un licenciement abusif etc.). La nuance est d’autant plus importante que dans le cas d’une recherche d’emploi, nous sommes le plus souvent dans une situation difficile non désirée.

Rappelons aussi que les rôles relationnels sont des comportements acquis et qu’il n’y a pas lieu de juger (ou de se juger soi-même), mais plutôt de comprendre pour en limiter les effets négatifs. La perte d’emploi ou une recherche d’emploi difficile suite à une reconversion peuvent être de véritables épreuves à l’impact émotionnel énorme et qui nécessite une aide psychologique. Ce dont nous parlons ici sont plutôt des travers comportementaux ordinaires, qui peuvent outs nous concerner. Un point rapide sur les composantes principales du rôle de victime:

Notre coté victime peut nuire à la recherche d'emploiLe sentiment d’impuissance face à ce qui lui arrive
Le penchant à subir en se plaignant
La déresponsabilisation et la recherche de coupables extérieurs
La recherche d’attention au travers de l’étalage de ses malheurs
L’absence de remise en question
Le manque d’estime de soi et d’affirmation

Ce portrait n’est pas joli-joli? Pourtant, c’est de très loin le rôle le plus joué, dans toutes ses nuances et nous avons surtout beaucoup de mal à porter un regard objectif sur nous-mêmes, car nous avons tous un petit côté Victime qui ressort plus ou moins souvent et avec plus ou moins d’intensité.

Le rôle de Victime va souvent s’exprimer au travers de râleries et jérémiades de toutes sortes. Cependant, ne confondons pas ce rôle avec le fait de s’indigner contre un système ou une situation socio-économique qui génère de réelles difficultés à retrouver un emploi. Cette propension à d’indigner mène d’ailleurs à des colères saines qui poussent à l’engagement pour des causes ou à agir pour sortir de sa situation. Ce dont nous parlons ici, ce sont plutôt les râleries et agacements passifs, qui nous poussent à disserter pendant des heures sur où va le monde, pauvres de nous, avec la crise etc.

Il est évident qu’il y a de nombreux obstacles à la recherche d’emploi. Mais disserter dessus à qui mieux mieux n’y change rien, ne soulage pas et représente une déperdition d’énergie non négligeable, énergie dont on a largement besoin en recherche d’emploi pour… franchir les obstacles!

Et justement, le comportement Victime va ajouter quelques barrières supplémentaires dont on a tout intérêt à se débarrasser;)

 

Victime et perte d’emploi

La perte d’un emploi est potentiellement une étape douloureuse, qui peut nécessiter d’en faire le deuil pour pouvoir rebondir et passer à autre chose. C’est d’ailleurs la négligence du traitement de la perte d’emploi et de ses conséquences émotionnelles qui peut réveiller le Caliméro en nous.

Lorsqu’une Victime perd son emploi, son penchant naturel à rejeter la faute sur l’autre trouve du grain à moudre, puisque cette fois-ci, même si éventuellement elle peut avoir sa part de responsabilité, c’est vrai. Et il y a là un gros risque pour elle, car elle peut se retrouver à avoir beaucoup de mal à faire le deuil de cette perte et à rebondir. Elle peut alors ressasser, ruminer, sans parvenir à s’extraire du marasme dans lequel elle s’enfonce, à mesure qu’elle nourrit son sentiment d’impuissance et d’injustice . Non géré, celui-ci peut mener à tous les stades de la frustration et s’exprimer par la colère, l’aigreur, voire la dépression, bref, tout un tas d’états d’esprit qui ne vont pas aider à retrouver un job.

5 pistes pour gérer le sentiment d'impuissance

 

Victime et recherche d’emploi

La Victime va chercher tout un tas de raisons externes qui expliquent sa difficulté à retrouver un emploi ou la perte de l’emploi précédent. Elle va consciencieusement décortiquer ce qui fait que, dans l’affreux monde où nous vivons, retrouver un job est un combat sans merci contre des moulins à vent, puisqu’aucun recruteur ne se rend compte de ses qualités etc.

Ce mécanisme a diverses conséquences pas vraiment encourageantes, comme la dévalorisation, la passivité et le renforcement des convicitons limitantes qui fonctionnent sous forme de vases communicants et s’alimentent les un les autres.

 

Dévalorisation

L’attribution de ses difficultés aux autres s’accompagnent souvent de tout un tas de pensées et de jugements négatifs sur soi, de comparaisons qui mènent tout droit à la dévalorisation. A son tour, celle-ci diminue la confiance en soi, l’estime de soi et le cercle vicieux est enclenché. A force, la Victime peut aussi se convaincre de sa “nullité”, de son inaptitude “à se vendre” et perdre de vue ses propres qualités et compétences, à négliger des désirs et besoins professionnels, à candidater en deçà de ses aspirations. Cette dévalorisation peut générer une remise en question de soi qui, ajoutée à l’isolement moral et social du chercheur d’emploi, peut être source d’une grande souffrance.

convictions

 

Bonnes excuses et passivité

A force de trouver des tombereaux de raisons qui expliquent sa difficulté à retrouver un job, la Victime peut se décourager et les raisons finir en bonnes excuses qui la dédouanent de toute action qui pourrait bousculer l’ordre établi, remettre en cause ses manières de faire (et la mauvaise image qu’elle a d’elle-même). Ainsi, la Victime sabote ce qui lui reste d’employabilité au nom de convictions renforcées au fur et à mesure qui, si elles sont partiellement vraies, restent des généralités abusives et ont uniquement la valeur que la Victime leur accorde.

S’il est exact que trouver un emploi est difficile, se concentrer là-dessus au lieu de chercher des solutions est une vraie stratégie d’échec qui a une forte tendance à déboucher sur la passivité. Ainsi, la Victime convaincue que les recruteurs ne s’intéresseront jamais à un profil atypique comme le sien peut aller jusqu’à cesser de candidater, puisqu’à quoi bon.

 

Renforcement des convictions

La Victime vient d’obtenir une preuve maousse de la méchanceté du monde, au travers de la perte de son job précédent, et cela va l’encourager à renforcer des convictions qui, si elles ne vont pas directement l’empêcher de trouver un job, vont diminuer sa faculté à voir les opportunités, à les saisir. Elles vont aussi la pousser à développer sentiment d’échec, un défaitsime et un pessimisme qui n’ont rien de réalistes: ils sont juste fortement consommateurs d’énergie et aussi bon pour le moral qu’un dimanche pluvieux de novembre.

Le renforcement des convictions est un processus simple: le cerveau cherche des preuves de ce qu’il est déjà enclin à croire. Aussi une Victime va inlassablement chercher des exemples qui viennent étayer des théories peut-être dormantes, mais assez caractéristiques de ce comportement. Elles peuvent varier en fonction de l’âge et de la situation, et s’expriment en général au travers des pseudos vérités universelles, depuis “on ne retrouver pas de boulot après 50 ans” jusqu’à “les recruteurs détestent les parcours atypiques”, en passant par toutes la gamme des “vérités qu’on ne peut pas nier”, qui sont finalement de petits arrangements avec un égo malmené par les difficultés.

Par extension, chaque candidature qui n’aboutit pas peut servir à renforcer un état d’esprit morose qui grignote la confiance en soi et l’estime de soi et rend le relationnel encore moins fluide, avec une incidence directe sur le ressenti du recruteur à chaque entretien. La Victime peut même pousser la stratégie d’échec jusqu’à candidater pour des postes qui sont en inadéquation flagrante avec son parcours, ses besoins ou ses aspirations.

les startégies d'échec pour réussir à échouer là où nous ne voulons pas vraiment réussir

 

Victime, CV et entretiens d’embauche

Le rôle de Victime va transparaître à tous les niveaux de la recherche d’emploi. Ainsi le CV, par le choix des mots, va souvent refléter la difficulté à se valoriser, en minimisant expériences et compétences. Lors des entretiens, la Victime pourra facilement donner le sentiment qu’elle vient mendier un job, être mal à l’aise lorsqu’il s’agit de parler d’elle-même, faire des choix linguistiques inconscients, mais qui respirent au mieux l’absence de valorisation, au pire le calimérisme défaitsite, qu’il soit déguisé en faux cynisme ou en pseudo-réalisme.

Se faire aider pour la rédaction du CV de façon à éviter cet écueil peut sembler être un bon moyen de pallier au problème. Sauf qu’en réalité, un CV en béton armé et aucun travail sur le comportement Victime mène à un décalage entre le professionnel sur le papier et celui que le recruteur a devant lui ett c’est parfois la raison pour laquelle les entretiens d’embauche finissent systématiquement par une fin de non recevoir. Parce que pour être cohérent avec son CV réécrit par un oeil expert et neutre, le chercheur d’emploi va devoir sortir de son rôle de Victime et s’exprimer avec une assurance et une aisance dénuée des artifices linguistiques et comportementaux propres à ce rôle.

Vous l’avez compris, pour cadrer avec ses convictions, la Victime peut adopter tout un tas de comportements qui réduisent nettement l’envie de l’embaucher, à coup de stratégies d’échec de toutes sortes: sinistre, pas souriant, quémandeur ou au contraire serpillière, en retrait ou encore dévalorisé, dans ses petits souliers  etc…

 

Mini coaching: évaluer son rôle de victime dans la recherche d’emploi

Explorer la façon dont s’exprime son côté Victime dans la recherche d’emploi, c’est donc s’offrir la possibilité de modifier la manière dont il s’exprime, de gagner en confiance en soi et de sortir de tout un tas de stratégies d’échec qui freinent l’obtention d’un nouvel emploi. Pour se débarrasser d’un côté Victime, après l’identification de ses modes d’expression, il est très utile de renforcer l’estime de soi et la confiance en soi. Explorez en détail la façon dont vous agissez dans le cadre de votre recherche d’emploi pour déterminer l’ampleur de votre éventuel comportement victime.

Dans quelle mesure le comportement victime teinte-t-il votre recherche d’emploi?
Dans quelle mesure renforce-t-il des convictions limitantes?
Dans quelle mesure vous pousse-t-il à subir, à vous plaindre?
Dans quelle mesure vous pousse-t-il à l’inaction, au découragement?
Comment se traduit-il dans vos discours? Dans CV?
Comment se traduit-il dans votre façon de vous exprimer et vos attitudes lors des entretiens?

Au regard de vos réponses: sur une échelle de 1 à 10, où situez-vous l’ampleur du rôle de victime chez vous?

Au delà de 5, réfléchissez à la possibilité de vous faire aider pour sortir de votre rôle: il se peut qu’il soit en grande partie responsable de vos difficultés à retrouver un emploi.
En deça de 5:

De quoi avez-vous besoin pour gagner en confiance?
Quelles mesures pouvez-vous prendre pour modifier ces comportements?
Quand allez-vous les mettre en oeuvre?

 

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Aller plus loin

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Ithaque peut vous aider. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 

 

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2 Comments

  • Karine Aubry dit :

    Très bien vu Sylvaine ! J’espère que ton article aidera certains chercheurs d’emploi qui sont dans cette posture à sentir un “tilt” car il n’est pas aisé d’en sortir, du calimérisme : la victime est souvent aveugle à elle-même et les bénéfices de sa position passive l’empêchent de prendre conscience des inconvénients à y rester. Reprendre sa responsabilité c’est aussi reprendre du pouvoir et de la liberté, comme tu le montres bien. Quand on a compris ça, souvent, on quitte son couvre-chef en coquille d’oeuf 😉

  • @miattia dit :

    Je retrouve beaucoup de ce que j’étais dans ce portrait. Pas facile de sortir de cette spirale négative.

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