5 trucs infaillibles pour ne pas retrouver un emploi

5 moyens infaillibles pour ne pas retrouver un emploi

 

Je vous propose d’arrêter de faire semblant, avec nos discours bienveillants et encourageants et de regarder la vérité en face : il est bien connu que le chômage, c’est génial, on se lève quand on veut, on fout rien, on regarde la télé toute la journée aux frais de la société pendant que les moldus subissent leur mode métro-boulot-dodo sans rien dire.  Voici donc 5 moyens infaillibles de ne pas retrouver d’emploi, afin de vivre heureux au crochets de la société.

 

5 moyens infaillibles pour ne pas retrouver un emploiPoil dans la main, payé à rien foutre…

A qui bon vous mettre la rate au court-bouillon pour aller enrichir un patron de toute façon plus large que vous? Et dire qu’il y a des gens qui y laissent leur confiance en eux et leur moral, alors qu’on vous le répète de partout: les grugeurs de Pôle Emploi qui vivent peinards, heureux et épanouis sont légions. Ca n’a pas de sens, autant les rejoindre et donner une fois pour toute raison à tous ceux qui ont fait fond de commerce de leurs jugements sur les chercheurs d’emploi, sur leur faible motivation comme leur bêtise opérationnelle.

D’ailleurs en réalité, qui se fatiguerait à chercher un job alors qu’être payé à rien foutre, c’est un rêve d’autant plus accessible qu’en ces temps sinistres, rien de plus facile que de se faire virer ou de négocier une rupture conventionnelle. Aussi voici 5 moyens totalement infaillibles de se pourrir consciencieusement la recherche d’emploi, histoire de s’autoriser à se la couler douce en mode totalement décontracté.

Le principe de base de toutes les stratégies d’échec, c’est le fait d’aller à l’encontre de nous-mêmes: de ce que nous croyons, de ce que nous voulons, de ce que nous aimons. Car atteindre un objectif que nous nous sommes fixé, qu’il soit dans le domaine de la recherche d’emploi ou n’importe quel autre, c’est beaucoup une question d’état d’esprit.  Du coup, la liste suivante est bien évidemment non exhaustive, n’hésitez pas à la compléter.

 

1- Définir un projet en fonction du marché plutôt qu’en fonction de ses motivations

Celui-là j’y suis très attachée, d’autant qu’il est facile à mettre en place, puisqu’il est abondamment recommandé. Inutile donc d’en rajouter trois louches, de “contraintes” en “impératifs” il y a déjà de fortes chances pour que vous soyez convaincu(e)s que c’est ce qu’il “faut” faire.

Il est assez imparable parce que le marché, lui, n’a rien à voir avec les motivations intrinsèques qui nous font déplacer des montagnes. Pour réussir à nous glisser dans ses cases, nous voilà obligés de rogner nos spécificités, de renoncer à nos aspirations voire de nous rendre corvéables à merci, bref, de nous asseoir sur tout ce qui fait sens pour nous et nous pousse à nous lever le matin. Les idées reçues sur l’employabilité étant plus nombreuses que les ouvrières dans une fourmilière, il suffit d’en choisir quelques unes pour donner aux recruteurs le reflet d’une motivation amputée légèrement au dessous du niveau de la mer.

Le piège à éviter: construire un projet professionnel solide, c’est à dire pertinent et cohérent avec vous, vos valeurs et vos besoins. Vous risqueriez de postuler au bon endroit, et de donner un sentiment d’inspiration, de savoir où vous allez et d’y aller avec compétence, entrain et dynamisme. Beurk.

 

2- Définir un projet en fonction des idées reçues sur ce qu’une carrière devrait être plutôt qu’en fonction de ses propres aspirations

La carrière linéaire à la peau aussi dure que Bruce Willis. Ce qu’elle devrait être, le temps qu’on* doit passer à un poste, la transition qu’on doit mener ensuite, vers quel type de poste et quel degré de responsabilité, la carrière idéale a probablement été gravée dans le marbre par des gens qui savent mieux que nous ce qui est bon pour nous.

L’énorme avantage de cette collection d’injonctions déguisée en bons conseils, c’est qu’elle nous enferme dans des schémas qui augmentent l’écart entre la raison et les tripes. Et plus vous raisonnez sur ce que vous devriez faire, plus vos tripes vont mettre en place des systèmes de résistance qui ressemblent à de l’auto-sabotage, qui vont venir pourrir silencieusement vos candidatures, à coups de stratégies d’échec et de procrastination. Et au cas où ce ne soit pas suffisant, et que d’aventure vous trouviez quand même un job qui ne vous convient pas, vous courrez tout droit au burnout. Imparable.

A éviter absolument: jouer les insoumis en sortant du “il faut” “on doit” pour privilégier l’écoute de vous-mêmes et de vos besoins, de vos aspirations, en particulier en termes de place de la vie professionnelle dans la vie tout court. Vous risqueriez de vous libérer du joug qui vous maintient dans tellement de croyances aussi fatigantes que limitantes que vous pourriez retrouver de l’énergie, de l’envie, de la motivation. Bref, quelle horreur, en capacité de convaincre un recruteur que, même avec un parcours atypique, ce job est fait pour vous.

* Vous l’aurez compris, ce on, je l’utilise volontairement: voilà un indéterminé qui n’est bien entendu ni vous ni moi;)) voir: Le “on” qui a mal à son “je”, “nous”

Ou comment inclure un cahier des charges dans sa recherche d'emploi

 

3- Entretenir son égo plutôt que son estime de soi

L’égo est merveilleux. Entre hérisson et paillasson, qu’il s’exprime en mode rouleau-compresseur qui ne se remet pas en question ou en mode oursin craintif et dévalorisé, il est le reflet de toutes nos petites et grands vulnérabilités et génère des comportements qui entravent la recherche d’emploi aussi efficacement que la pluie pourrit un week end en bord de mer.

Car ne nous y trompons pas: l’excès de confiance en soi étant, pas définition, un excès, il n’est plus de la confiance en soi mais une expression de craintes non gérées. Grosso modo, si je beugle plus fort que les autres, si je fais la roue mieux que les autres, alors peut-être que j’ai de la valeur. Il y a encore beaucoup trop de confusions entre affirmation de soi et comportement supérieur, écrasant et excessivement sûr de soi pour des postes à responsabilités, alors qu’il suffit d’être en face d’une personne sortie de l’excès d’égo pour saisir le monde de possibilités qui s’offre à elle. Si vous le percevez, bien entendu, le recruteur le percevra autrui.

A éviter absolument: tout ce qui pourrait ressembler à du travail de renforcement de l’estime de soi, de l’affirmation de soi et de la confiance en soi. Vous risqueriez de devenir agréable, aimable, sereinement convainquant et de donner l’idée saugrenue à un recruteur que vos compétences relationnelles, ajoutées à vos compétences métier, font de vous un manager idéal, capable de mener une équipe avec dynamisme sans pour autant la harceler.

l'estime de soi: méldie de soi-même qui chante l'harmonie de nos ressources internes

 

4- Croire aux remèdes miracles

Visualiser le job idéal en croyant l’attirer à vous par magie, vous répéter à l’envi que “vous allez trouver un job” etc. toutes ces techniques censées vous formater à la pensée positive sont formidables. D’abord on les trouve partout sur Internet, ce qui les rend très accessibles. Ensuite, elles sont d’une simplicité enfantine qui les fait facilement confondre avec du bon sens. Enfin, elles sont extraordinairement efficaces pour obtenir le contraire de ce qu’elles prétendent offrir, surtout lorsque l’estime de soi a quelques failles. La recherche a montré qu’elles peuvent même être nuisibles à ladite estime de soi.

Ce qui est exactement ce que nous cherchons! Car une estime de soi dans les chaussettes, une collection de déceptions (“ce job, il est pour moi” suivi de “ah ben finalement non”) amères et d’illusions perdues, ça vous nourrit l’usine à stratégies d’échecs aussi bien que le cassoulet nourrit le toulousain.

A éviter absolument: chercher à renforcer l’estime de soi, à objectiver des perceptions excessivement négatives ou dévalorisantes, à s’appuyer sur ses talents, à travailler ses compétences émotionnelles pour comprendre les besoins à combler qui les génère… bref, tout ce qui pourrait permettre de porter un regard plus serein sur soi et sur sa situation de chercheur d’emploi. Vous pourriez donner une image moins usée, moins désespérée/désespérante tout à fait néfaste à votre glandouille quotidienne de chômeur décomplexé.

pensée positive verre à moitié plein

 

5- entretenir avec soin ses croyances limitantes

Les croyances limitantes ont de fantastique qu’elles portent bien leur nom: elle ne sont ni réalistes ni utiles, elles limitent simplement le champ de nos possibilités. Elles sont l’alter ego naturel de la pensée magique expliquée ci-dessus, pour un même résultat: les petits coups portés à l’estime de soi, lentement mais sûrement, assortis à l’entretien d’un système de croyances qui met plus de ratés dans le moteur que de coco dans le réservoir.

Ainsi, entretenir des convictions du type “je suis trop vieux, on n’embauche pas des gens de plus de 50 ans” est d’une efficacité redoutable, car nos croyances en forme de vérités universelles génèrent des zones d’ombre qui nous empêchent d’être ouverts aux opportunités, et elles nous font littéralement, passer à côté.

A éviter absolument: nourrir la conviction qu’une tendance n’est pas une vérité, admettre que votre système de convictions influe directement sur votre réalité, questionner ces convictions pour nourrir celles qui vous servent et ramollir celles qui vous entravent. Ce serait prendre le risque de vous ouvrir à un monde de possibilités insoupçonné, d’élargir votre champ de vision et de risquer de repérer des annonces dans lesquelles l’âge, ou n’importe quelle autre caractéristique qui pourrait rendre les choses plus difficiles, n’est pas un problème. Ce serait vraiment trop bête…

 

Vous en connaissez d’autres, des balèzes, des grands braquets, des trucs de champion de chômage longue durée? Partagez-les, ils feront le bonheur de tous nos camarades en recherche de non emploi;)

 

Voir aussi

Réseaux sociaux: 3 conseils d’utilisation pour les chercheurs d’emploi
Non guide de la recherche d’emploi sur Internet
Chômage longue durée et confiance en soi: Itw sur France 5 emploi
Trouver un job grâce aux réseaux sociaux: itw sur pourseformer.fr
Média sociaux, cooptation et compétences relationnelles

 

 

Aller plus loin

Vous voulez construire un état d’esprit serein et dynamique qui favorisera votre retour à l’emploi? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 

 

 

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6 Comments

  • ROSCIAN Véronique dit :

    Merci merci merci merci pour ces réflexions ! ça fait du bien !

  • Merci Sylvaine pour cet article décoiffant ! Dans la catégorie “Trucs infaillibles” il y a aussi le “Noyage de poisson”, en d’autres termes, la multi-spécialisation : je suis bon en tout, j’ai tout fait, je ne lâche rien, ce qui fait qu’après lecture de votre profil ou CV, le recruteur ne sait plus au juste ce que vous proposez. Le Noyage de poisson est aussi très efficace en pitch, vous êtes sûr de larguer assez rapidement votre interlocuteur. Humour mis à part, il est souvent difficile de prendre conscience par soi-même de ces écueils dans lesquels je pense nous sommes tous plus ou moins tombés un jour ou l’autre, un regard externe et expérimenté est souvent nécessaire.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Merci Bénédicte!
      Le noyage de poisson en mode spécialiste de tout = expert de rien est effectivement assez courant et souvent le résultat de l’impression de mouton à 5 pattes attendu par les entreprises et donc de toutes les craintes de “ne pas être à la hauteur”. Et oui, prendre conscience de nos propres travers est difficile car nos comportements partent d’une bonne intention. Si nous savions faire mieux, nous ferions autrement! C’est vrai que l’accompagement permet souvent cette prise de recul sur soi-même:)

      • GUIN-DEBUIRE dit :

        Et pour ne pas noyer le poisson et apparaître comme l’expert de rien, il faut aussi :

        – du courage : pour renoncer à mettre en avant certaines aptitudes existantes, mais insuffisamment maîtrisées pour prétendre en être spécialiste ;

        – du courage : pour dire que non, on ne sait pas faire ça ou ça, ou pas assez bien sans … un expert (interne ou externe) ;

        – du courage : pour dire qu’en revanche, et bien oui ! On est TRES bon dans tel ou tel domaine, et si votre interlocuteur pense alors que vous êtes prétentieux, peut-être peut-il se (re) poser la question de savoir quel expert il recherche !…

        Bref ! Du courage envers soi-même et envers les autres, et une certaine distance vis à vis du regard des autres… De l’estime de soi, en somme ?!

        Delphine

        • Sylvaine Pascual dit :

          Bien dit!
          Le courage de ne pas accepter n’importe quoi dans n’importe quelles conditions et d’affirmer ce qu’on est et ce qu’on sait, c’est effectivement très proche d’une estime de soi solide!

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