Sylvaine Pasual – publié dans Bien-être et estime de soi
| Une étude publiée en 2009 a montré que nos systèmes de convictions sont bien moins le fruit de la réflexion que celui de la recherche de preuves de ce que nous pensons déjà. Nous pouvons ainsi nous forger des croyances totalement fausses tout en étant convaincus qu’elles sont légitimes et dues à une réflexion rationnelle. |
Conviction cherche preuves
Pour schématiser, d’après la théorie du « motivated reasoning » , développée ici par des chercheurs de 4 universités (lire: How we Support our False Beliefs) nous cherchons davantage à confirmer une opinion déjà formée en mettant en oeuvre desstratégies de justification, qu’à chercher des informations contradictoires ou même objectives. Nous construisons des liens émotionnels avec nos convictions, et nous finissons pas y être suffisamment attachés pour ignorer les faitsqui viendraient la contredire.
Dans notre recherche de confirmation de ce que nous pensons déjà, nous sommes capables à la fois d‘ignorer les informations contradictoires et de développer des rationnalisations complexes sur du vent.
En d’autres termes nous sommes très forts pour entretenir des convictions même erronées, simplement parce que nous avons décidé que c’est ce que nous avons envie de croire.
Convictions limitantes
Ce qui explique pourquoi nos systèmes de croyances sont souvent des obstacles à l’ouverture aux opportunités.
Ainsi si vous avez tendance à « qu’à 50 ans, personne ne veut vous embaucher« , alors vous allez sans le savoir mettre beaucoup d’énergie à rechercher tout ce qui soutiendra cette théorie et à ignorer inconsciemment toutes les preuves du contraire. De là à penser que vous allez passez à côté de toute expérience qui pourrait vous démontrer le contraire (comme un entretien avec une entreprise prête à embaucher un quinqua, par exemple), il n’y a qu’un tout petit pas, et je le fanchis… avec conviction!
De même, si vous faites partie de ceux qui s’inquiètent, disons par exemple, de l’insécurité, vous allez être à l’affût de toute information démontrant l’insécurité, jusqu’à croire, comme c’est le cas pour certaines personnes dans mon quartier, à la récurrence de cambriolages… qui ne se sont jamais produits.
Dans les relations, un exemple ultra banal: si vous êtes convaincus, messieurs que « les femmes sont toutes des chieuses« , vous avez de fortes chances de ne repérer que celles qui répondent à ce critère à vos yeux, et de passer à côté de la nana vraiment sympa qui vous conviendrait tant.
De même plus les femmes qui répètent à l’envi que « tous les hommes sont lâches« .
On pourrait citer des exemples par tomberaux!
Conviction et manipulation
Ceci signifie aussi que nous sommes facilement manipulables, puisqu’il suffit de nous pousser du côté où nous penchons pour asseoir nos convictions. C’est d’ailleurs évident dans le déroulement de l’étude menée, qui a montré les mécanismes par lesquels une partie de la population américaine a cru aux fausses allégations de George Bush sur l’implication de Saddam Hussein dans les attentats du 11 septembre.
Il y a donc une nécessité, ne serait-ce qu’intellectuelle, de questionner nos convictions, d’explorer leurs sources, de lesconfronter à toutes sortes d’informations pour vérifier leur bien-fondé et nous assurer que nous ne nous sommes pas livrés nous-mêmes, pieds et poings liés, à toutes sortes de manipluations, y compris les nôtres.
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Aller plus loin
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Pour tout renseigments, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32
Encore un article à déclarer d’utilité publique (et privée) ! C’est évident, mais justement, les évidences nous échappent aussi. Je suis en train de lire le livre de Michel Onfray consacré à Freud et je constate, une fois de plus que ce qui fait sa force, outre son énorme capacité de travail, c’est d’avoir réussi à échapper aux convictions, aux idées reçues, et de ne pas hésiter à dire : « mais le roi est nu » quand c’est le cas.
Merci de nous rappeler que l’objectivité est un réflexe pas si facile à acquérir.
C’est tout à fait vrai ! Et je pense que c’est parce qu’on a tous plus ou moins un orgueil mal placé… Enfin, ce n’est qu’une conviction personnelle
Est-ce que ce raisonnement s’applique aux convistions religieuses ? En effet, ces convictions sont souvent le résultat d’une éduction, et il est sans doite plus difficile de questionner des convistions héritées de la famille, du mileu voire de la socété tout entière que des convictions plus indiiduelles
Valérie