Reconversion professionnelle : l’art et le goût de la résolution de problème

La reconversion, c'est plus nationale 7 qu'autoroute: débrouille et recherche de solutions

 

Un itinéraire de reconversion c’est passionnant, ça fourmille d’idées, d’aspirations, de pas franchis vers un ailleurs professionnel qui a une autre gueule que le job précédent. En parallèle, c’est aussi un chemin tortueux, semé d’embûches, qui confère rapidement au candidat au changement de métier la maîtrise d’un art à part entière : la résolution de problème.

 

La reconversion, c'est plus nationale 7 qu'autoroute: débrouille et recherche de solutions

 

 

Reconversion : on est heureux Nationale 7

La reconversion, c’est quand même méga compliqué. On vous le dit et on vous le répète, c’est d’ailleurs la deuxième au hit parade des vérités vraies universelles de la reconversion professionnelle, juste derrière « c’est super risqué ». Et hop ! Voilà qui devrait renvoyer les frileux ronronner dans l’ennui ou la morosité de leurs jobs dépourvus de sens en se disant « hou la la, si tout le monde le dit c’est que ça doit être vrai, ouf, à quoi j’ai échappé ».

Le chemin vers des ailleurs professionnels favorables, pour être praticable, devrait donc être une route droite et sans heurts ? Pourtant, ce qui est compliqué n’est pas toujours un problème et ce qui pose problème n’est pas toujours ennuyeux. Quand je vois mes clients se débrouiller des cahots de leur route, j’ai le sentiment que la reconversion leur parcours de reconversion, c’est le nationale 7 :

Les embouteillages, l’ennui des enfants impatients que l’on trompe en jouant à reconnaître les départements sur les plaques d’immatriculation, un pneu crevé, les bouis-bouis incertains dont on repart parfois les papilles charmées, parfois l’estomac plombé, la courroie qu’on remplace avec un collant, Papa et Maman qui s’engueulent bien de temps en temps, mais quoi que le chemin réserve, il conserve la bonne humeur de la destination, du soleil et des jours heureux à venir.

Aujourd’hui évidemment, Waze nous dit par où passer pour éviter le moindre ralentissement,  nos voitures sont plus sûres, les trajets plus rapides et plus faciles, et il y a des écrans embarqués pour s’assurer la paix pendant tout le trajet.

Clairement, la reconversion professionnelle n’a pas suivi cette évolution et elle est restée plus Nationale 7 qu’Autoroute du soleil…  pas de raccourci, pas de 4 voies tracées tout droit vers la Côte d’azur du plaisir au travail. Et c’est d’ailleurs peut-être ça qui lui donne toute sa saveur, car tout n’est que perception : les imprévus sont parfois pénibles, mais ils peuvent aussi  pimenter l’affaire, être sources d’opportunités et nous permettre d’exploiter nos talents. Car la reconversion, au-delà de la réflexion, c’est du bricolage et de la débrouillardise et ça peut être parfaitement réjouissant, car beaucoup d’entre nous ont déjà à la fois l’art et le goût de la résolution de problème.

les candidats à la reconversion ont l'art et la manière de sortir des sentiers battus et trouver des solutions

 

 

L’art et le goût de la résolution de problème

Dans un parcours de reconversion, il y a toujours une case dans laquelle on ne rentre pas, une formation qui commence pile au mauvais moment, une banque frileuse qui n’accorde pas le prêt, un métier qui nécessite quelques ajustements, un imprévu par ci, un impondérable par là…

Tout cela peut être très consommateur d’énergie, voire franchement décourageant, pour peu qu’on ne soit pas un as de l’orientation solutions. Mais justement, de façon générale, la plupart de cadres dans leur vie professionnelle comme dans leur vie personnelle, des problèmes ils en ont déjà résolu par camions. Et leur métier consiste souvent à trouver des solutions. Ils ont des compétences pour ça et souvent même : du goût.

Il est même très fréquent que mes clients mentionnent la recherche de solution ou la résolution de problème comme une activité motivante qu’ils veulent conserver dans leur métier futur. Ils ont du goût pour le challenge intellectuel et/ou technique que ça représente d’une part, et pour le sens que ça donne au quotidien professionnel d’autre part : trouver des solutions, c’est être utile à quelque chose.

Ceux qui craignent de se lancer lancer dans un projet de changement de métier ou qui se retrouvent en cours de route tous frustrés des embûches dont le chemin est parsemé on tout à gagner à se rappeler de ces compétences qui les ont sortis de l’ornière bien des fois, voire évité l’ornière tout court.

Et tous les candidats à la reconversion ont donc beaucoup à gagner à renouer avec leur aptitude à résoudre des problèmes d’une part, et à la renforcer d’autre part. Ca tombe bien : développer une compétence passe essentiellement par la pratique et de la pratique, ils vont en avoir !

 

 

Identifier sa façon de résoudre les problèmes/trouver des solutions

Certains préféreront parler de recherche de solutions que de résolution de problème. Pour nous mettre d’accord, disons simplement qu’il s’agit de trouver une réponse adaptée à une situation qui ne vous convient pas sur le chemin de votre changement de métier.

Que ce soit pour la recherche de solutions ou la résolution de problème : comment vous y prenez-vous ? C’est souvent du côté de nos talents naturels que se loge notre façon de déloquer des situations et d’inventer des solutions.

Pour l’explorer, vous pouvez par exemple vous remémorer quelques situations récentes dans lesquelles vous avez du faire face à un imprévu, un problème, une complication, un souci et la façon dont vous avez trouvé les moyens de sortir de cette situation.

Vous pouvez aussi aller chercher du côté de ce que vous avez accompli : nos réussites ont souvent été émaillées de difficultés de toutes sortes, que nous avons surmontées avec brio et souvent d’une manière très personnelle, liée à nos talents naturels, que nous sommes particulièrement à même d’exploiter dans le résolution de problème.

Identifier nos talents naturels, qui sont nos mécanismes de réussite pour les transposer

 

 

Renforcer l’aptitude à résoudre les problèmes

Consolider la capacité à résoudre les problèmes et surmonter les difficultés sera évidemment bien utile quand la bise sera venue, mais c’est aussi un moyen de renforcer l’estime de soi et l’assurance dans l’adversité

Voici plusieurs pistes pour vous aider à éviter les écueils, surmonter les aléas, les incidents, les contretemps, les accrocs, les embrouillaminis, bref, tous les traquenards que la vie peut s’amuser à mettre sur votre route.

5 pistes pour gérer le sentiment d'impuissance

 

 

Je pense par exemple à ma cliente Aline, 28 ans, ancienne commerciale, que rien n’arrête jamais et qui, parce que son projet est associé à de nombreuses circonstances à prendre en compte (que d’autres appelleraient « contraintes » ou « impératifs », histoire de se presser le citron) et qui a cherché 1000 solutions et mené 1000 actions (administratives, de recherche d’information, décisions, bricolage de sa vie pro) pour pouvoir adapter son projet à sa vie, adapter sa vie à son projet et construire un avenir professionnel qui lui correspond.

 

Au final, c’est aussi une qualité, une compétence à rajouter à la liste des qualités spécifiques qui donnent toute leur valeur ajoutée  aux personnes qui ont mené une reconversion et font partie intégrante de leur employabilité.

 

 

Bonne route!

embouteillages ou pneus crveés, il y a toujours des imprévus dans les reconversions plus nationale 7 qu'autoroute du soleil

 

 

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Aller plus loin

Vous voulez explorer votre désir de reconversion et définir le projet qui conviendra à vos aspirations? Pensez au coaching.

 

 

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10 Comments

  • Valade Frédéric dit :

    Franchement, très bon article… Moi, personnellement, je me suis reconverti à 45ans et je ne regrette rien. À la fois, je ne m’étais pas figé sur des plans de carrière…. Je fonctionne beaucoup au feeling et pour moi, ça fonctionne plutôt bien. Il est important d’avoir une ligne directrice suffisamment souple et confortable pour se sentir emporté dans son projet…. Je me tiens à la disposition de toutes les Âmes désireuses de prendre le risque de changer de route… À bientôt peut-être pour qui veuille me suivre !!!!
    Bonne chance. Fred.

    • Avant d’écrire cet article, j’avais l’idée d’une rivière sinueuse, capable de sortir de son lit et de changer son propre cours… ce qui revient à ce que tu dis: une ligne directrice souple et confortable qui permet d’être porté par son projet plutôt que de le porter:)

  • Cindy dit :

    Bonjour,
    C’est une façon de voir les choses effectivement ! Changer de métier c’est être prêt à surmonter (ou contourner) les problèmes, trouver des solutions, s’adapter… Mais ces efforts ne seront pas vains, puisque c’est pour faire un métier qui nous ressemble, dans lequel on se reconnaît, on s’épanouit.
    Comme Frédéric, je fonctionne aussi un peu au feeling : je m’oriente en fonction de passions, l’intérêt pour tel ou tel domaine. Et parfois, si une reconversion n’aboutit pas, c’est peut être parce que ce métier n’était pas fait pour nous !
    Bon courage à tous ceux qui s’engagent sur la route de la reconversion 🙂

    • Bonjour Cindy,
      Et la route vers un métier qui nous ressemble vaut bien quelques solutions à trouver!
      Et oui, il arrive que des métiers qu’on aurait aimé faits pour nous ne le soient pas, auquel cas savoir renoncer est aussi une compétence;)

  • chabanon dit :

    Merci Sylvaine,

    La route N7, j’aime beaucoup la comparaison. Oui, chercher des solutions face à des problèmes, qui plus est imprévus, n’est pas l’apanage de tout le monde. Par contre, je conseille très fortement, à ceux qui souhaitent réussir, de parcourir régulièrement vos posts, car ils sont inspirants, bienveillants et créteurs d’envies.

    Bien à vous Sylvaine.

    Christian

  • chabanon dit :

    Merci Sylvaine,
    La route N7, j’aime beaucoup la comparaison. Oui, chercher des solutions face à des problèmes, qui plus est imprévus, n’est pas l’apanage de tout le monde. Par contre, je conseille très fortement, à ceux qui souhaitent réussir, de parcourir régulièrement vos posts, car ils sont inspirants, bienveillants et créateurs d’envies.
    Bien à vous Sylvaine.
    Christian

    PS : désolé, je crois bien que le dictionnaire n’a pas encore inventorié le mot “créteurs”.

  • shimuna pierrot dit :

    personnellement , je me sens soulagé d’avoir changé de métier

  • Oana Juncu dit :

    J’adore la comparaison avec la N7 pour ces désagréments , mais aussi parce que c’est, pour moi, un clin d’œil à la tentation de la voie tracée : il y a des outils , recettes , il n’y a plus qu’à …
    Ben , non, il ne suffit pas de s’installer sur une Nationale connue pour réussir. La preuve : embouteillages, enfants énervées, la boule au ventre.
    Pour la résolution de problèmes , et bien , comme Sylvaine dit si bien, chacun son talent! Moi, j’aime le jeu des options qui disparaissent:
    Imaginez-vous que toutes les options auquelles vous avez pensé pour résoudre un problème ne le sont plus. Abracadabra, pluf, disparition! Qu’en feriez-vous alors?

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