Reconversion professionnelle: gérer les casse-pieds

reconversion gérer les casse-pieds

 

Parce que changer de métier suscite l’envie ou la crainte des frileux, les candidats à la reconversion professionnelle se retrouvent souvent confrontés à des critiques, des mises en garde, des jugements, des conseils non sollicités ou pas toujours avisés. De la part, évidemment, d’un entourage plein de bonnes intentions. Il est important de trouver des moyens de gérer les casse-pieds sans se fâcher avec toute l’humanité !

 

reconversion gérer les casse-pieds

 

 

Désir de reconversion et  cacophonie des avis

Changer de métier a beau être en passe de “devenir la norme”, on a beau nous asséner que dans les années à venir, nous serons tous concernés par la reconversion professionnelle, elle conserve, au fil des publications dans la presse comme dans les blogs, des étiquettes inquiétantes (“tentant mais risqué” ici, “pari à haut risque” là) et continue à faire l’objet de conseils superficiels et formatés ou complètement à côté de la plaque (“vous devez vérifier que vous avez déjà plus de 50% des compétences” ai-je lu pas plus tard qu’hier). Bref, même si le regard a légèrement changé, la reconversion professionnelle continue à susciter plus de craintes que d’enthousiasme dans l’entourage de ceux qui la choisissent.

En conséquence, les candidats à la reconversion professionnelle se découvrent souvent, et ce bien malgré eux, un paquet de fâcheux dans leur entourage personnel et professionnel qui leur transforment vite fait les rêves de job idéal, même les plus ancrés sur le plancher des vaches, en marche forcée sur des œufs.

La cacophonie des opinions, des conseils d’amis-qui-vous-veulent-du-bien, de proches inquiets ajoute à tous les aspects d’une reconversion professionnelle une dimension relationnelle à laquelle on ne s’attendait pas forcément. Ou du moins, dont on n’avait pas toujours anticipé l’ampleur. Et si, nous sommes d’accord, les inquiétudes de Tante Simone lui appartiennent et ne concernent pas vraiment celui qui prépare sa reconversion, mieux vaut trouver des moyens de les gérer pour s’éviter la déperdition d’énergie.

 

Tous ces gens bien intentionnés et déperdition d’énergie

D’autre part, de votre côté, vous savez que vous ne demandez pas la Lune, juste du sens et du plaisir, que vous vous décarcassez pour mener une réflexion approfondie, une exploration complète afin de bâtir un projet solide et réalisable, et le scepticisme de votre entourage vous donne le sentiment qu’il ne vous fait pas confiance, qu’il vous prend pour un demeuré qu’il faut sauver de lui-même et peut finir par engendrer des doutes, autre forme de déperdition d’énergie.

Et cette énergie est le carburant de votre moteur interne. Si la gâchez à supporter les enquiquineurs, ou à traiter les doutes qu’ils ont semés en vous, vous en disposez en quantité bien plus limitée pour toutes les phases de votre projet. En d’autres termes : vous allez moins loin et vous risquez d’y aller moins bien. Voire de ne pas y arriver du tout: une fois les pieds bien cassés, on avance moins;)

reconversion casse pieds

 

Les casse-pieds de la reconversion

Les bipèdes qui nous entourent ont une faculté désarmante à nous surprendre par la diversité de leurs réactions, aussi je vous propose de schématiser un brin. Distinguons deux types de réactions de leur part :

 

1- Les épouvantails

Ce sont les pourvoyeurs de prédictions catastrophistes sur la façon dont vous êtes en train de brader votre avenir, les fossoyeurs de votre si bonne idée, les tueurs dans l’oeuf de votre désir de changement. Ce sont aussi les inquiets, les timorés, les soumis qui vous jouent les champions de la prudence ou de la norme qui vous rappellent à l’ordre à coups de ” un tien vaut mieux que deux tu l’auras “. Ils vivent votre envie de changer de métier comme un film d’horreur et ils vont vous le faire savoir!

 

2- Les encombrants

Ceux qui voudraient vous aider, surtout malgré vous et vous abreuvent de leurs idées et de leurs conseils pas toujours sollicités et parfois mal avisés. Parmi ceux-là se cachent aussi les über-enthousiastes qui adooorent votre projet encore plus que vous, qui le vivent par procuration et sont prêts à vous presser le citron pour qu’il avance viite.

 

3- Les indifférents

Parce qu’ils envient votre détermination à changer de métier, ou parce qu’au fond, votre plaisir au travail, ils s’en tamponnent le coquillard, ceux-là vont adopter une posture indifférente réelle ou feinte. Ils ne vous posent jamais une question et changent de sujet lorsque vous abordez votre changement de métier.

 

4- Les maîtres-chanteurs

Ceux qui vous font un chantage affectif de la mort, prêts à toutes les culpabilisations pour apaiser les angoisses que votre projet de changer de métier déclenchent en eux. “Tu te rends bien compte de la chance que tu as? Et tu voudrais jeter tout ça par la fenêtre?” Ceux qui vous bombardent de jugements sur la chance que vous avez avec votre job actuel, sur votre égoïsme, sur les inquiétudes que vous leur causez, bandes d’égocentriques sans scrupule;)

 

Gérer les casse-pieds!

Nous avions déjà évoqué le sentiment de solitude du coureur de fond qui peut saisir le candidat à la reconversion face aux incompréhensions dubitatives ou aux Sauveurs patentés et une solution qui consiste à soigneusement choisir à qui nous parlons de notre projet. Mais cette solution n’est pas toujours suffisante : une gaffe est si vite arrivée, le projet a fuité et hop ! Le prochain déjeuner de famille pourrait bien se transformer en tribunal de votre reconversion, avec ses procureurs, ses défenseurs, ses témoins et son juge !

Je vous propose donc de nous pencher sur ces quatre catégories de casse-pieds dévoreurs d’une énergie précieuse dont vous avez besoin pour mener à bien votre projet, au fil d’une série de billets.

Et pour commencer sur le sujet et parce que ça va mieux en le disant, vous qui avez un désir de reconversion, vous qui réfléchissez à votre projet, vous qui êtes en formation ou qui avez déjà changé de métier, racontez-nous:

 

Quelles réactions avez-vous eu de la part de votre entourage?

Quels commentaires ou jugement pénibles?

Quel impact ont-ils eu sur vous?

Comment avez-vous géré?

 

 

 

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Aller plus loin

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10 Comments

  • Céline dit :

    Tellement vrai! Ce qui est déstabilisant c’est que le casse pied n’est pas celui que vous croyez! C’est comme si votre reconversion bousculait les certitudes et les vérités pros établies de celles & ceux qui vont devenir …. de vrais casse pieds.
    Vous les mettez face à eux aussi: et moi, je suis bien là où je suis? est-ce vraiment ma voie?
    Moi, j’ai toujours eu un profond respect (limite envie) face aux personnes qui plantaient tout (parfois un confort apparent génial) et redémarraient avec succès une autre “vie”. Sans m’en rendre compte c’est ce que j’ai entrepris durant 3 ans. Du “mais et ta fille, elle est petite… tu devrais t’en occuper” au “mais tu vas arriver sur le marché du travail face à des jeunes (sic!) dîplomés” et aussi “écoutes si ils te proposent un salaire plus faible qu’avant, acceptes hein parce que c’est déjà bien beau qu’ils te prennent sans expérience (re-sic!)”.
    Le plus important, c’est que votre compagne/femme – compagnon/mari soit à vos côtés le reste … laissez-les dire!
    Chaque fois que j’ai douté, j’ai justement regardé ma fille. Je me suis dit que si j’étais heureuse, elle le serait – si j’étais épanouie, elle le sentirait et puis si on y réfléchit bien si on les dérange ces casse-pieds et pas c’est tant mieux!
    Niac, pugnacité, persévérance go go go go go!
    NB/ VAE BTS communication en 1an et demi et diplôme de décoratrice d’intérieure sur 3 ans par correspondance les 2. Je suis à votre dispo si vous avez besoin d’échanger 🙂

    • Sylvaine Pascual dit :

      Bon conseil Céline! Je suis convaincue que notre état d’esprit a un impact sur nos enfants et qu’un parent qui s’autorise à être heureux transmet à ses enfants qu’ils ont, eux aussi, le droit et la possibilité d’être heureux!
      Je vois que tu as eu droit à ta part de casse-pieds et oui, l’appui du conjoint est essentiel dans cette démarche, sinon elle risque de ressembler à une course en solitaire sans escale;)

  • Harry dit :

    Bien vu, la valse des casse-pieds, j’y ai eu droit presque tous les jours depuis que j’ai annoncé ma volonté de changer de métier. Ma mère qui me dit “tu as tout mon soutien, mais quand même, je m’inquiète”, mon frère “mouais, c’est une drôle d’idée”, mon cousin “tu es sûr? Tu ne vas sans doute pas pouvoir garder ta maison de Quiberon où on adore passer vous voir”, la femme de mon meilleur ami “trop bieeeeeen, tu vas être conducteur de travaux, mon carreleur est devenu un copain, il pourra t’aider, je l’appelle tout de suite”.
    Ca m’a beaucoup fatigué, j’ai vu beaucoup moins de gens pendant ma formation, qui a été le moment où j’aurais eu le plus besoin de soutien.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Ah oui, un florilège! Il est certain que l’excès de commentaires pénibles pousse au repli sur soi et parfois au ressentiment vis à vis d’un entourage dont on espérait mieux;)

  • David dit :

    Dans mon parcours – j’en suis à ma deuxième reconversion – j’ai majoritairement rencontré des Epouvantails (ils sont faciles à identifier) et des Indifférents (ceux-là je ne les avait pas identifié explicitement, mais à la lecture de cet article je comprend mieux certains comportements que j’ai rencontré).

    Certes les casse pieds sont source de perte d’énergie, mais parfois aussi confrontent les faiblesses de notre projet de reconversion (voire nos faiblesses, tout court :P) et permettent d’approfondir ou de bien se préparer aux objections inévitables auxquelles il faut faire face lorsque l’on mène une reconversion et – qui sait – dans certains cas, vont permettre de reconsidérer le projet ou d’aller au fond des choses avant d’avancer. Mon avis c’est que les casses pieds peuvent parfois nous aider !

    La question est sûrement de savoir écouter ce qui peut nous faire progresser mais aussi savoir laisser glisser (mode TEFAL : ON) les remarques sans pertinence et le négativisme systématique pour éviter la déperdition d’une énergie effectivement précieuse…

    Le risque est bien sûr que les casses pieds viennent alimenter le doute inévitable qui accompagne une reconversion, mais comme le dit si bien Sylvaine “la reconversion c’est une affaire de tripes”, on doute mais on y croit et on y va quelque soient les casses pieds !

  • dit :

    Après de nombreux changements d’orientation à l’Université, malgré une licence validée, mon job en fast-food est devenu pérenne. Un changement d’enseigne m’a donné la force de changer moi aussi, de frapper à la porte d’une école privée pour une formation bien plus professionnalisante. Admis d’office vues mes nombreuses expériences à la fois éclectiques et cohérentes vis-à-vis de la formation souhaitée, il ne me restait plus qu’à trouver de quoi me financer. rester en fast-food 1 an de plus n’étant pas concevable, j’ai pris le pari de tout plaquer, vivre de CDD qui m’amènent doucement mais sûrement vers le métier que je veux exercer.

    Les casse-pieds me parlaient de ma folie de lâcher un sacro-saint CDI 35h (payé au smic, sans aucun avantage, aux horaires inconfortables et à l’ambiance dégradante) pour une inconnue d’au moins 4 mois, le
    temps de la carence du chômage.

    5 mois plus tard, je suis arrivé à un point où, à chaque fin de CDD, ma recherche d’emploi se conclue sur un choix que j’ai à faire entre plusieurs propositions d’embauche, toujours en relation avec mon projet professionnel.
    ça a parfois été difficile financièrement (mais je l’étais déjà dans mon emploi) mais humainement ça m’a tant apporté.

    Rétrospectivement, j’ai croisé peu de casse-pied. je m’étais déjà surtout entouré de personnes convaincues que je passais à côté d’un épanouissement professionnel en restant tranquillement là où je m’étais mis.

    • Merci infiniment pour ce témoignage!
      Avoir le courage de faire des choix forts en fonction se sa propre boussole est un excellent moyen de parvenir à ses fins, même si ce n’est pas toujours facile, le résultat peut en valoir la chandelle. Et tant pis pour les casse-pieds qui pensent savoir ce qui est bon pour nous;)
      Je vous souhaite bonne route Lô!

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