Sylvaine Pascual - Publié dans Entretenir des relations saines
| Plutôt que de perdre du temps et de l’énergie à critiquer l’absence de politesse ou d’amabilité des autres, attelons-nous à en faire nous-mêmes davantage preuve, pour en tirer des bénéfices immédiats et lancer la machine… |
La politesse n’en finit pas de se perdre
Nous sommes constamment en contact avec nos contemporains, par choix ou non et un minimum de considération mutuelle est sans doute nécessaire pour assurer des interactions au mieux agréables et bienveillantes, au pire, acceptables. Or on entend de plus en plus dire que la courtoisie, l’amabilité, la politesse se perdent, et en particulier que « les jeunes d’aujourd’hui sont »… je vous laisse finir la phrase selon votre humeur et votre préjugé personnel.
Je dis préjugé parce qu’il y a 25 ans, on entendait déjà les mêmes discours et à l’époque, les jeunes de ma génération étaient déjà perçus comme mal élevés, des mini barbares irrespectueux, désinvoltes et grossiers, bref, des malapris, des gougnafiers. Il semble que la politesse n’en finisse pas de se perdre… et c’est normal, si nous attendons que les autres la pratiquent avant de nous y mettre. Car c’est souvent une excuse qui nous dédouane de nos propres manquements en la matière.
Des normes aussi variables que les cours du pétrole
Il faut dire que la définition même de la politesse est très vague et varie en fonction du milieu, de la culture etc. Du coup, comment s’y reconnaître entre courtoisie conventionnelle, manque d’éducation et incivilité flagrante?
La notion de politesse est aussi en constante évolution. Le « bonjour Monsieur/Madame » qu’on exigeait autrefois est aujourd’hui heureusement limité aujourd »hui au « bonjour ». Il n’y a pas si longtemps, l’interruption d’une conversation pour répondre à son portable était considérée comme inadmissible, d’une impolitesse crasse et pourtant aujourd’hui elle est largement admise (personnellement, elle m’agace, nous avons tous nos limites!). De même, les formules de politesse épistolaires ampoulées sont en train de disparaître au profit d’expressions plus légères.
La notion de politesse n’est pas du tout unvierselle. Ainsi le merci, incontournable chez nous, apparaît, dans certaines cultures comme une marque de distance et son abandon signifie une relation proche.
Attention donc à l’excès de principes qui peuvent nous ancrer dans des attentes facilement déçues vis-à-vis des autres.
Pour ma part, je limiterais la politesse à quelques principes simples:
- Dire bonjour, à ses proches, au boulot comme à la boulangère, au personnel de nettoyage ou au chauffeur du bus
- Dire merci pour un service rendu (service au sens le plus large)
- Laisser l’interlocuteur finir sa phrase (pas toujours facile!)
- Tenir la porte à la personne derrière soi
- S’il te plâit/s’il vous plaît lorsqu’on demande quelque chose
Et vous? Que considérez-vous comme les principes de politesse essentiels?
Politesse et amabilité.
Pour moi, la question tourne certainement bien plus autour de l’amabilité que de la politesse.Tout simplement parce que lorsqu’on fait preuve d’amabilité, le plus souvent, on se montre poli!
Je suis souvent surprise de constater certaines attitudes que mes principes moraux étriqués associent à l’incivilité, comme la froideur de certains clients vis à vis des caissières, par exemple, voire même l’ignorance complète, les bonjour/merci/aurevoir, distants, presques inconscients, sans considération ou prise en compte réelle de l’existence de l’autre. Et pour moi, cette politesse mécanique est peut-être pire que l’absence de politesse, c’est une sorte de négation de l’autre d’autant plus violente qu’elle est sournoise.
Un regard, un sourire, un mot aimable, un merci sincère à la femme de ménage de l’entreprise, au guichetier, à la serveuse, au collaborateur à qui on confie une tâche, au collègue à qui on transmet une information mettent de la chaleur humaine dans de minuscules interactions sociales qui deviennent plus satisfaisantes, voire réjouissantes, et participent à la satisfaction du besoin de reconnaissance et d’appartenance.
Entrer dans leur bulle un instant, ou les laisser entrer dans la nôtre, avec un peu de chaleur et de sincérité, c’est une vraie source de vitamines mentales.
D’autre part, l’amabilité attire l’amabilité, et inversement, l’incivilité engendre l’incivilité. Demander quelque chose avec le sourire, avec gentillesse a bien plus de chances de nous obtenir les bonnes grâces et une place de choix dans les petits papiers de nos contemporains, et donc de développer la confiance mutuelle et des relations plus solides et plus saines, réduisant au passage les éventuels stress et anxiété sociale.
Et tou cela, évidemment, ça nourrit la bonne humeur autant que l’estime de soi.
Bien sûr, il y aura toujours des mauvais coucheurs, et il m’arrive comme probablement tout à chacun d’avoir envie d’expliquer à certaines personnes que leur accueil est aussi agréable que celui de la postière de la chanson. Cependant, céder à la tentation de s’agacer, de s’offusquer et de jouer les reines outragées est bien plus coûteux en énergie que de les gratifier d’un sourire et de passer à autre chose.
Mini coaching: mettre davantage d’amabilité dans votre vie
Si vous avez le sentiment que le monde autour de vous manque d’amabilité, peut-être en manquez-vous vous même, ou peut-être que vos attentes sont trop élevées? Ou encore, peut-être que vous attendez que les autres, cette entité vague sur laquelle nous n’avons aucune prise, s’y mettent pour vous y mettre? Autant attendre la passage des marchands de miracles, et il serait assez gonflé d’attendre des autres ce que vous n’être pas prêts à faire.
Souvenez-vous aussi que nous élaborons des systèmes bien huilés pour entretenir nos croyances, aussi si vous êtes convaincu(e) que la politesse se perd, vous avez sans doute tendance à remarquer les signes d’incivilité et à ne pas voir les marques d’amabilité.
Etre à l’initiative de comportements aimables a l’avantage d’apporter des résultats positifs immédiats, de récolter rapidement l’amabilité retour, alors sortez l’Email diamant, et au turbin!
Quels sont les principes de bases de la courtoisie, à vos yeux?
Dans quelle mesure les mettez-vous en pratique?
Dans quelle mesure les mettez-vous en pratique avec chaleur et sincérité?
Que se passe-t-il si vous y mettez davantage de chaleur et de sincérité?
Que se passe-t-il si vous regardez davantage vos interlocuteurs, que vous leur souriez?
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Encore un billet de haut vol ! Sylvaine, vous êtes épatante et je vous imagine en chroniqueuse sur les ondes nationales, ce serait un très bon moment de radio. En attendant ce jour je profite égoïstement de vos propos.
Merci pour cet article de très grande qualité.
Je ne sais pas si la politesse, ou l’amabilité, voire la gentilesse, se perdent. On y est effectivement moins sensible (on ne remarque plus forcément leur expression simple), donc on remarque d’autant plus leurs absence. Mais comme tu le fais si justement remarqué, on s’enferme dans un système qui entretient nos croyances, nos préjugés. Merci d’ailleurs pour cette seule remarque.
D’un autre coté, entre les urgences et les obligations du quotidien, la course dans les transports (oui, je suis parisien !), une mauvais journée, on peut soi même oublier ces quelques principes de base. Raison de plus pour être indulgent lorsqu’on ne nous montre pas les marques de politesse auquelles on estime avoir droit.
J’essaie autant que possible de faire preuve de politesse et, même plus, d’amabilité, comme tu le dis si bien. En y ajoutant une marque de gentillesse, d’humanité : ajouter un sourire, regarder la personne dans les yeux, lui prêter un minimum d’attention.
Pour te paraphraser, cela rajoute de la chaleur et de l’estime de soi.
Encore merci pour ce très bel article !
Même avis sur la politesse :
Les constats :
– Nous attendons que les autres la pratiquent avant de nous y mettre. Car c’est souvent une excuse qui nous dédouane de nos propres manquements en la matière…
– souvent surprise de constater certaines attitudes que mes principes moraux étriqués associent à l’incivilité, comme la froideur de certains clients vis à vis des caissières, par exemple, voire même l’ignorance complète, les bonjour/merci/aurevoir, distants, presques inconscients, sans considération ou prise en compte réelle de l’existence de l’autre. Et pour moi, cette politesse mécanique est peut-être pire que l’absence de politesse, c’est une sorte denégation de l’autre d’autant plus violente qu’elle est sournoise.
Les actions :
– Dire bonjour
– Dire merci
– Laisser l’interlocuteur finir sa phrase
– Tenir la porte
– S’il te plâit/s’il vous plaît lorsqu’on demande quelque chose
– Un regard, un sourire, un mot aimable, un merci sincère
# l’amabilité attire l’amabilité, et inversement, l’incivilité engendre l’incivilité.
# Demander quelque chose avec le sourire, avec gentillesse a bien plus de chances de nous obtenir les bonnes grâces et une place de choix dans les petits papiers de nos contemporains, et donc de développer la confiance mutuelle et des relations plus solides et plus saines, réduisant au passage les éventuels stress et anxiété sociale.
!! Extrait de « La vie est une rivière, dépassons les barrages ! » :
On souhaite touts le bonheur à ses proches, à ses enfants. La meilleure manière de leur apprendre ce bonheur, c?est d?être heureux soi-même. Au-delà du droit au bonheur existe le devoir du bonheur. Nous pouvons montrer la route à ceux qui la cherchent. En nous changeant nous-même, nous faisons le meilleur travail que l?on puisse faire pour aider les autres.
[Paul Dewandre]