Sylvaine Pascual – Publié dans: Connaissance de soi
| Une étude parue en juin 2010 s’est penchée sur les valeurs morales et leur importance pour nous au quotidien. L’occasion de réfléchir à nos principes et comment nous les vivons: dans quelle mesure appliquons-nous ce que nous érigeons en pincipe moral? |

Les valeurs morales, ces bons principes qui posent une éducation. Et qui poussent notre égo au complexe de supériorité…
L’autre jour dans le bus, deux dames « très bien » (Versailles oblige) papotent. L’une se plaint de ne pas aimer le quartier dans lequel elle vient d’emménager. Les gens ne sont pas polis et ne se parlent pas. Les vieilles valeurs se perdent, gémit-elle. L’autre lui demande si elle a des contacts avec certains de ses voisins. « Non, rétorque la première, l’air indigné, je ne vais quand même pas parler à des noirs et des arabes ».
Cette anecdote m’a donné envie de partager cette étude sur les valeurs morales, qui ont une fâcheuse tendance à être davantage ce que nous attendons des autres que ce que nous pratiquons nous-mêmes. Quoi que notre égo en dise!
Valeurs morales vs valeurs motrices
Histoire d’éviter les confusions malencontreuses, faisons tout d’abord la distinctions entre les valeurs motrices*, qui nouspoussent à l’action, et les valeurs morales, qui ont plutôt tendance à régir nos actions.
Ce qui nous concerne aujourd’hui, ce sont bien les principes moraux. Contrairement aux valeurs motrices, ils sont souvent de l’ordre du devoir et ce sens du devoir dépend de nos systèmes de convictions, de nos expériences, de notre héritage sociao-éducatif, de notre milieu etc.
Top 15 des principes moraux
Dans ce sondage mené par l’institut TNS Sofres, les personnes interrogées ont pu citer 5 valeurs importantes à leurs yeux. Voici ce qui en ressort: le top 15 des principes moraux:
| 1- La politesse | 62% |
| 2- La sincérité | 50% |
| 3- L’écoute | 48% |
| 4- Le sens des responsabilités | 44% |
| 5- La gentillesse | 41% |
| 6- L’humour | 39% |
| 7- La patience | 32% |
| 8- Le sens de l’effort | 28% |
| 9- L’humilité | 20% |
| 10- L’enthousiasme | 18% |
| 11- L’ambition | 18% |
| 12- La débrouillardise | 17% |
| 13- La curiosité | 17% |
| 14- L’esprit critique | 15% |
| 15- L’audace | 8% |
L’écart entre ce que nous reconnaissons comme des valeurs importantes et la réalité de nos vies me fait hausser un sourcil faussement surpris. Qu’il s’agisse de ce que nous recevons de la part des autres ou de nos propres opinions réelles et comportement, il y a fréquemment, comme dans l’anecdote du bus, un trou, une crevasse, un canyon entre nos prétendues valeurs et nos actions, tellement béant que le Viaduc de Millau ne suffirait pas à le franchir.
Prenons la gentillesse, par exemple dont nous avons déjà parlé. Cette gentillesse qui arrive en 5ème place de notre hit parade, d’une part nous l’attendons des autres sans nécessairement la pratiquer nous-mêmes, et d’autre part, nous justifions notre attitude par des peudo vérités universelles du type « trop bon trop con ».
Il y a aussi l’exemple de la sincérité. Etre sincère, c’est beau, c’est bien, c’est plébiscité. Et pourtant, au quotidien, nous pratiquons l’hypocrisie et la manipulation avec un naturel confondant.
Ou encore l’exemple du sens des responsabilités… Nous nous targuons sans doute d’être des gens responsables qui « assument » et qui « gèrent ». Et pourtant, au moindre incident, nous n’avons plus qu’un idée: identifier le coupable, de préférence… extérieur à nous.
En d’autres termes, nous avons des valeurs, mais elles représentent souvent davantage ce que nous attendons des autresque ce que nous faisons nous-mêmes. Comble du fais-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais, qui génére au passage mépris, frustration, dévalorisation etc. Du coup, c’est peut-être l’occasion de faire le point sur nos relations à nos principes moraux et à nous rapprocher de nous-mêmes.
Mini coaching:mini bilan des valeurs morales
Je ne suis pas une grande adepte des valeurs morales quand elles sont plus du domaine des attentes vis à vis des autres que de celui de son propre code de conduite interne. En revanche, lorsqu’elles ne représentent pas des contraintes rigides ou une pression trop forte (facilement reconnaissables, elles sont précédées de « il faut ») imposées aux autres ou à soi-même, elles peuvent être une façon de développer des comportements plus en adéquation avec nous-mêmes et d’en faire bénéficier nos contemporains. Avec un peu de chance, ils auront peut-être même envie de nous en faire profiter en retour.
Et vous, quelles valeurs morales sont vraiment importantes à vos yeux?
Dans quelle mesure les appliquez-vous au quotidien?
Que pouvez-vous faire pour les appliquer davantage au quotidien?
Dans qeulle mesure en avez-vous envie?
Si vous en avez peu envie:
Dans quelle mesure sont-elles un héritage qui ne vous appartient pas vraiment?
Quelles sont alors vos vrais principes moraux?
Comment allez-vous les mettre en oeuvre plus souvent?
Voir aussi
Connaissance de soi et traditions
A cache-cache avec soi-même: quand l’action contredit la pensée
Aller plus loin
Pour tous renseignements sur la coaching, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32
Tout commence par mieux se connaitre pour être ouvert aux autres
Je me disais bien aussi…
Avant de réagir, j’ai été voir l’étude en question. Ouf ! je respire mieux. J’étais en effet estomaquée de voir quelles valeurs morales étaient au top 15 quand d’autres qui me semblent tellement plus importantes n’y figuraient pas. Pour comprendre, il faut savoir que l’étude portait sur une liste fermée et très courte de valeurs possibles. Parce qu’il me semble que la tolérance, la justice, le respect de l’autre… devraient venir bien loin devant la gentillesse, l’ambition, l’humour ou l’audace.
Mais j’ai conscience que le but de l’article n’était pas celui-là. Plus douloureusement il veut nous mener à mesurer l’écart entre ce qu’on aimerait se voir appliquer et ce qu’on offre soi-même aux autres, entre nos bonnes intentions et nos actions, écart dû aux circonstances, au désir de plaire, à la peur d’être différent, à la pression extérieur, à la difficulté de parvenir chaque jour à être poli, respectueux, tolérant etc… quand il fait mauvais, que vous vous êtes levé du mauvais pied, que votre conjoint est malade ou que votre voisin débite des horreurs qui sont précisément le comble de l’intolérance, de la méchanceté, de la bêtise…
Et encore, qui suis-je pour me permettre de juger que celui-ci est bête, l’autre méchant et le troisième intolérant ou les trois à la fois réuni sous un seul crâne ? Ne serait-ce pas justement l’appication à l’envers des jolies valeurs morales énoncées plus haut : manque de tolérance, d’empathie, de compréhension… ?
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