Connaissance de soi: les valeurs morales

 

Une étude parue en juin 2010 s’est penchée sur les valeurs morales et leur importance pour nous au quotidien. L’occasion de réfléchir à nos principes et comment nous les vivons: dans quelle mesure appliquons-nous ce que nous érigeons en pincipe moral?

 

 

 

principes ou valeurs, nous les exigeons d'autrui plus que nous ne les appliquons nous-mêmesPrincipes moraux et expression de l’égo

 

Les valeurs morales, ces bons principes qui posent une éducation. Et qui poussent notre égo au complexe de supériorité…

 

L’autre jour dans le bus, deux dames “très bien” (Versailles oblige) papotent. L’une se plaint de ne pas aimer le quartier dans lequel elle vient d’emménager. Les gens ne sont pas polis et ne se parlent pas. Les vieilles valeurs se perdent, gémit-elle. L’autre lui demande si elle a des contacts avec certains de ses voisins. “Non, rétorque la première, l’air indigné, mais en baissant le ton, je ne vais quand même pas parler à des noirs et des arabes”.

 

Outre son côté épouvantablement cliché, cette anecdote m’a donné envie de partager cette étude sur les valeurs morales, qui ont une fâcheuse tendance à être davantage ce que nous attendons des autres que ce que nous pratiquons nous-mêmes. Quoi que notre égo en dise!

 

 

 

Valeurs morales vs valeurs motrices

 

Histoire d’éviter les confusions malencontreuses, faisons tout d’abord la distinction entre:

  • Les valeurs motrices*, qui nous poussent à l’action et sont source de motivation
  • Les valeurs morales, qui ont plutôt tendance à régir nos actions, à les contraindre (si nous les appliquons)

 

Ce qui nous concerne aujourd’hui, ce sont bien les principes moraux. Contrairement aux valeurs motrices, ils sont souvent de l’ordre du devoir et ce sens du devoir dépend de nos systèmes de convictions, de nos expériences, de notre héritage sociao-éducatif, de notre milieu etc.

 

 

 

Top 15 des principes moraux

 

Dans ce sondage mené par l’institut TNS Sofres, les personnes interrogées ont pu citer 5 valeurs importantes à leurs yeux. Voici ce qui en ressort: le top 15 des principes moraux:

 

1- La politesse 62%
2- La sincérité 50%
3- L’écoute 48%
4- Le sens des responsabilités 44%
5- La gentillesse 41%
6- L’humour 39%
7- La patience 32%
8- Le sens de l’effort 28%
9- L’humilité 20%
10- L’enthousiasme 18%
11- L’ambition 18%
12- La débrouillardise 17%
13- La curiosité 17%
14- L’esprit critique 15%
15- L’audace 8%

 

 

 

Petits arrangements avec nos propres principes

 

L’écart entre ce que nous reconnaissons comme des valeurs importantes et la réalité de nos vies me fait hausser un sourcil faussement surpris. Qu’il s’agisse de ce que nous recevons de la part des autres ou de nos propres opinions réelles et comportements, il y a fréquemment, comme dans l’anecdote du bus, un trou, une crevasse, un canyon entre nos prétendues valeurs et nos actions, tellement béant que le Viaduc de Millau ne suffirait pas à le franchir.

 

Prenons la gentillesse, par exemple dont nous avons déjà parlé. Cette gentillesse qui arrive en 5ème place de notre hit parade, d’une part nous l’attendons des autres sans nécessairement la pratiquer nous-mêmes, et d’autre part, nous justifions notre attitude pas toujours aimable par des peudo vérités universelles du type “trop bon trop con”.

 

Il y a aussi l’exemple de la sincérité. Etre sincère, c’est beau, c’est bien, c’est plébiscité. Et pourtant, au quotidien, nous pratiquons l’hypocrisie et la manipulation avec un naturel confondant.

 

Ou encore l’exemple du sens des responsabilités… Nous nous targuons sans doute d’être des gens responsables qui “assument” et qui “gèrent”. Et pourtant, au moindre incident, nous n’avons plus qu’un idée: identifier le coupable, de préférence… extérieur à nous.

 

En d’autres termes, nous avons des valeurs, mais elles représentent souvent davantage ce que nous attendons des autres que notre propre façon d’agir. Comble du fais-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais, qui génére au passage mépris, frustration, dévalorisation etc. Car bien entendu, nos déceptions sont à la hauteur de nos attentes, et en même temps nous récoltons ce que nous avons semé puisque nous exigeons des autres ce que nous ne faisons pas nous-mêmes.

Du coup, c’est peut-être l’occasion de faire le point sur nos relations à nos principes moraux et à nous rapprocher de nous-mêmes.

 

 

 

Des principes, pas des vérités universelles

 

Un autre écueil relationnel lové discrètement à l’intérieur de nos principes moraux, c’est le fait que nous sommes souvent persuadés qu’il s’agit là de vérités universelles. Or, il est difficile de se mettre d’accord sur une définition précise et concrète ce que que peut représenter, par exemple, la politesse. Même à l’intérieur d’une seule et même culture.

 

Ainsi nous pouvons nous offusquer d’un comportement qui nous apparaît forcément être un affront à cette généralisation abusive que nous avons plaquée sur un concept vague (le respect en est un autre exemple), que l’autre doit nécessairement comprendre, et nous ajoutons par là de la mauvaise foi à notre perception d’un comportement malotru, là où il n’y a rien de plus qu’un malentendu (ou un non-dit) sur les limites ce ce que nous supportons.

 

Il est donc intéressant de minimiser nos attentes vis à vis des autres, de leur reconnaître le droit à leurs propres valeurs, et de communiquer sur celles qui sont essentielles à nos yeux.

 

 

 

Mini coaching: bilan des valeurs morales

 

Je ne suis pas une grande adepte des valeurs morales quand elles sont plus du domaine des attentes vis à vis des autres que de celui de son propre code de conduite interne. En revanche, lorsqu’elles ne représentent pas des contraintes rigides ou une pression trop forte (facilement reconnaissables, elles sont précédées de “il faut”) imposées aux autres ou à soi-même, elles sont aussi une façon de développer des comportements sociaux plus en adéquation avec nous-mêmes et d’en faire bénéficier nos contemporains. Avec un peu de chance, ils auront peut-être même envie de nous en faire profiter en retour.

 

Alors n’hésitons pas à être exemplaires de nos principes moraux, tout en diminuant nos attentes vis à vis des autres:

 

  • Et vous, quelles valeurs morales sont vraiment importantes à vos yeux?
  • Dans quelle mesure les appliquez-vous au quotidien?
  • Que pouvez-vous faire pour les appliquer davantage au quotidien?
  • Dans quelle mesure en avez-vous envie?


  • Si vous en avez peu envie:
  • Dans quelle mesure sont-elles un héritage qui ne vous appartient pas vraiment?
  • Quelles sont alors vos vrais principes moraux?
  • Comment allez-vous les mettre en oeuvre plus souvent?

 

 

 

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15 Comments

  • Tout commence par mieux se connaitre pour être ouvert aux autres

  • Edith dit :

    Je me disais bien aussi…

    Avant de réagir, j’ai été voir l’étude en question. Ouf ! je respire mieux. J’étais en effet estomaquée de voir quelles valeurs morales étaient au top 15 quand d’autres qui me semblent tellement plus importantes n’y figuraient pas. Pour comprendre, il faut savoir que l’étude portait sur une liste fermée et très courte de valeurs possibles. Parce qu’il me semble que la tolérance, la justice, le respect de l’autre… devraient venir bien loin devant la gentillesse, l’ambition, l’humour ou l’audace.

    Mais j’ai conscience que le but de l’article n’était pas celui-là. Plus douloureusement il veut nous mener à mesurer l’écart entre ce qu’on aimerait se voir appliquer et ce qu’on offre soi-même aux autres, entre nos bonnes intentions et nos actions, écart dû aux circonstances, au désir de plaire, à la peur d’être différent, à la pression extérieur, à la difficulté de parvenir chaque jour à être poli, respectueux, tolérant etc… quand il fait mauvais, que vous vous êtes levé du mauvais pied, que votre conjoint est malade ou que votre voisin débite des horreurs qui sont précisément le comble de l’intolérance, de la méchanceté, de la bêtise…

    Et encore, qui suis-je pour me permettre de juger que celui-ci est bête, l’autre méchant et le troisième intolérant ou les trois à la fois réuni sous un seul crâne ? Ne serait-ce pas justement l’appication à l’envers des jolies valeurs morales énoncées plus haut : manque de tolérance, d’empathie, de compréhension… ?

  • ibaliden boussaad dit :

    L’intégrité

  • Robert Cérat dit :

    Bonjour, hier j’était avec un ami et nous prenions un café en bavardant de ma nouvelle copine qui sera bientôt mon épouse et je lui disait combien j’admire ma copine et quelle belle valeus elle posède.Puis mon ami m’a posé une colle qui se formulait sous forme de question,il m’a demander quels était ses valeurs?Je suis resté sans voix car je ne pouvait que nommer une ou deux valeurs,dont la politesse et l’honnèteté.Je suis donc venu sur ce site pour faire une recherche sur ce qu’est une valeur,quand mème pas banale non?Il a fallu une recherche pour que je réalise qu’une valeur est une chose a laquelle on ne pense pratiquement pas mais qui nous est si importante malgré tout.Donc,je met en perspective les valeurs que je considère importante et les valeurs que je pratique et celles que je pratique sont celles que je considère importante mais il y en a beaucoup que je ne considère pas et qui sont importante malgré tout.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Merci Robert pour ce retour/témoignage! Faire le point sur ses valeurs est effectivement un moyen de mieux se connaître, d’avoir une idée plus précise de ce qui est réellement important pour nous et d’agir en fonction;)
      Je vous souhaite plein de bonheur dans votre nouvelle vie!

  • jeremie dit :

    L’article mentionne dans son incipit une étude effectuée en 2010 à propos des valeurs morales et de l’importance de celles-ci pour «nous au quotidien». Or, il n’est fait mention nulle part de l’origine et du (ou des) auteurs de cette étude.

    La distinction entre morale et valeur n’est pas clairement présentée dans cet article. Quelle est-elle?

    • Sylvaine Pascual dit :

      Bonjour Jérémie, le lien vers l’étude est plus bas dans l’article, le re-voici: importance des valeurs morales
      Je parle dans cet article des valeurs morales, pas de valeurs d’un côté et de morale de l’autre, aussi je n’ai pas chercher à présenter une distinction. La morale “désigne l’ensemble des règles ou préceptes relatifs à la conformation de l’action humaine aux mœurs et aux usages d’une société donnée” selon Wikipedia, alors que les valeurs sont des concepts: le bien, le mal, le juste, l’injuste etc. Les valeurs morales s’appuient sur ces dernières pour construire les premières et définir des comportements normatifs.

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