5 trucs infaillibles pour se pourrir les week ends

Comment réussir à pourrir ses week ends

 

Pourquoi chercher à passer des week-ends agréables alors qu’il suffit de quelques convictions bien ancrées pour s’assurer deux jours proprement moroses, qui rendraient presque impatient(e) de retourner au boulot? Voici 5 trucs infaillibles pour se pourrir les fins de semaine.

Comment réussir à pourrir ses week ends

 

Samedi bucolique et questions existentielles

Un samedi, j’étais assise dans un coin de forêt tranquille, à écouter le chant des oiseaux répondre au vent dans les arbres, tout en m’émerveillant des volutes improbables des fougères naissantes. Bref, je passais un moment bucolique et reposant comme j’en ai besoin régulièrement quand tout à coup, une question me vient à l’esprit. Qu’est-ce que je fabrique, à me détendre en pleine nature, à recharger mes batteries, alors que j’ai probablement suffisamment d’imagination pour m’installer dans des convictions qui auront le mérite de pourrir mes week ends dans les grandes largeurs?

Je pourrais alors leur donner enfin le rôle qui leur revient, celui d’être un sinistre passage obligé en fin de semaine, creuset de toutes les contraintes, de tous les manques de temps, frustrations et regrets imaginables. Je pourrais alors enfin chausser les godasses inconfortables des rois de la stratégie d’échec hebdomadaire, ceux qui savent magistralement se pourrir les week-ends, peut-être pour se convaincre qu’au fond, on est mieux au boulot, conviction qui pourrait mener à la liquidation du blues du dimanche soir…

Aussi, pour vous éviter de passer des week-ends à la fois sereins et enthousiasmants qui risqueraient de vous mettre de bonne humeur et de diminuer votre stress, je vous offre 5 convictions qui vont inévitablement ruiner vos fins de semaines, chacune assortie de l’erreur fatale qui compromettrait la réussite ultime: concocter le vrai, l’unique week-end de merde.

 

1- Croire que se reposer signifie ne rien faire

Ne rien faire est sclérosant à souhait et donc une option de choix pour se bousiller la fin de semaine. Pourquoi prendre le risque d’emmagasiner un tant soit peu d’énergie en ayant une activité même vaguement agréable ou distrayante, alors que rester le postérieur magistralement vissé au canapé nous garantit une absence totale de vitamines mentales? Ajoutons à cela ne rien faire vautré devant la télé, et rien de tel pour se réveiller le lundi matin ébêté(e), abruti(e) de toutes les heures de cerveau disponible qui nous avons bradées contre l’illusion du repos, fatigués par l’ahurissante bêtise de ce dont nous avons été gavés malgré nous.

Erreur fatale: chercher à trouver l’équilibre qui vous convient entre activités dynamiques, énergisantes et reposantes, avec le plaisir comme objectif. Utiliser la glandouille à bon escient. Risque maximum d’engranger les vitamines mentales nécessaires pour être en forme toute la semaine.

Profiter des vacances pour réapprendre à glandouiller, à revasser

 

2- Croire que se faire plaisir, c’est pour les égoïstes

Voilà une croyance merveilleuse: elle assure à elle toute seule entre 50% et 90% du pourrissement d’un week end moyen. Héritée de notre brave société judéo-chrétienne, qui a tendance à porter un regard suspicieux sur une recherche de plaisir qui serait définitivement égocentrée, cette conviction qu’il faut faire passer les désirs et caprices des autres avant les siens, dans sa version Mère Térésa, est suffisamment culpabilisante empêcher n’importe qui de s’accorder une pause, un moment pour soi ou une activité plaisir. Bye-bye les petites et grandes joies personnelles, hello contraintes, obligations et leurs sœurs siamoises, lassitude, frustration, déni de soi et ressentiment.

Ca garantit la dégradation de l’humeur autant que des relations familiales. Yeeeha.

Erreur fatale: chercher des solutions pour concilier les besoins des uns et des autres en termes de bien-être et de recharge des batteries, en ayant admis une fois pour toutes que savoir prendre soin de soi c’est aussi mieux prendre soin des autres. Risque d’ambiance familiale horriblement proche de la béatitude.

 

3- Croire que le week end, c’est fait pour faire ce qu’on a pas le temps de faire la semaine

Voilà une conviction qui a le mérite colossal de résoudre beaucoup de difficultés en terme de choix des activités du week end. Plus de choix cornélien entre la balade autour du lac, la sortie ciné ou la visite d’un monument: entre le ménage et les courses, le week end est déjà carrément bien rempli.

Et puis disons-le, le samedi au supermaché, pour peu qu’on soit un poil observateur, c’est une vraie tranche de sociologie. L’étude qu’on peut faire de nos contemporains est aussi drôle que fascinante: leurs agacements contagieux, les engueulades par téléphone, les hurlements des gosses etc. On pourrait en apprendre une nouvelle manière ou deux de se pourrir les relations familiales et ça, c’est toujours bon à prendre.

Erreur fatale: trouver des façons de répartir équitablement les tâches entre tous les membres de la maisonnée (enfants compris, histoire de leur confier des responsabilités) et une organisation hebdomadaire qui simplifie ces tâches, rend le quotidien plus confortable et dégage du temps. Risque d’augmentation de la satisfaction à la limite du supportable.

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

 

4- Croire que le week end doit être intégralement consacré aux enfants/au conjoint

Vivre collés-serrés, le summum du désir fusionnel, c’est le week-end, ne nous quittons pas d’une semelle, quitte à nous marcher sur les pieds. Pourquoi avoir un jardin secret, ou des activités personnelles alors qu’on peut consacrer tout son temps libre à la famille, jusqu’à plus soif, jusqu’à l’enfermement total, jusqu’à l’insupportable?

Quelle drôle d’idée de s’aménager des plages réservées à des activités personnelles épanouissantes, alors qu’être convaincu qu’être un bon parent/conjoint, c’est tout faire ensemble est un moyen imparable d’amplifier la frustration et l’exaspération mutuelle? D’autant que lorsque cette croyance est assez ancrée, on peut l’utiliser pour persécuter son conjoint ou sa famille en exigeant autant de désir fusionnel de leur part, en les empêchant de passer du temps avec leurs amis et en obligeant toute la famille à venir avec vous aider Mémé Huguette à arroser ses plantes.C”est aussi un excellent remède à une atmosphère familiale agréable, lorsqu’on a des ados en désir d’autonomie.

Erreur fatale: apprendre à respecter les espaces et les activités personnelles indispensables à chacun, et à les concilier avec des activités communes réjouissantes. Faire garder les enfants, une fois de temps en temps, pour passer un moment privilégié entre parents amoureux. Risque de bonne humeur le dimanche soir dangereusement élevé.

 

5- Croire que voir du monde, c’est trop compliqué

Cette épatante conviction va vous permettre de renforcer l’isolement et le repli, et d’éviter de combler vos besoins affectifs en vous éloignant de vos amis. D’autant plus efficace que cette croyance a des répercussions bien au delà du week-end: moins entouré(e), vous vous assurez de n’avoir, à plus ou moins long terme, plus personne sur qui compter en cas de pépin.

A cultiver sous toutes ses formes, cette conviction concerne autant le fait de recevoir que d’accepter des invitations et peut être un moyen über performant de rendre parfaitement compliqué et lourdingue un moment qui risquait d’être convivial et chaleureux. En particulier lorsqu’on a des gosses. On peut alors jouer toute la gamme du “on préfère vous inviter, vous qu’avez pas de mômes c’est tellement plus facile que pour nous” ou encore, si par hasard il vous était venu l’idée saugrenue d’accepter une invitation, de débarquer avec armes et bagages, parce que les enfants ont besoin de tous leurs jouets au cas où, et de faire faire popo au petit dernier au moment où votre hôte apporte le gigot.

Erreur fatale: Garder à l’esprit les bienfaits des moments chaleureux passés entre amis. Entretenir avec soin ses relations amicales en trouvant des moyens de recevoir ou de se déplacer en toute simplicité, surtout avec les enfants.

 

Et vous, comment vous y prenez-vous pour vous pourrir les week-ends?
Dans quels pièges pourriez-vous tomber et les réussir bien malencontreusement?
Qu’allez-vous faire ce week end?

 

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Aller plus loin

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16 Comments

  • maud dit :

    j’adore cet article ! bravo et merci pour ces 5 lecons si simple mais efficace pour passer un bon week end… j’ai toujours été formaté dans l’esprit qu’un we ou des vacances réussies passaient par un marathon de taches à accompliret de plus en plus avec l’age je réalise qu’il faut se faire plaisir et éviter à tout prix les courses aux activités

  • Alicia dit :

    La pression du temps  fait qu’on culpabilise pour chaque moment passé dans des loisirs ou simpelment à se reposer. On a toujours cette fausse conviction qu’on aurait dû mieux exploiter ce temps dans une activité en relation avec le travail. On oublie que le repos est une étape incontournable du cycle de vie. Travailler sans marquer des pauses n’engendre que le stress.

     

  • Alain dit :

    Magistral! J’en ris encore! Et dois-je le confesser, je me reconnais dans 3 de ces convictions avec pour conséquence des week-ends centrés sur les contraintes.

    J’ai du pain sur la planche et je m’y mets dès samedi

  • valérie dit :

    J’ai si longtemps commis les erreurs dont tu parles ! mais je me soigne, je me soigne…

  • kanadelf dit :

    J’adore cet article, merci!

    Qu’est-ce que je déteste les gens qui, lorsqu’on leur demande ce qu’ils vont faire le week-end, répondent “dormir”! Trop fatigués de leur semaine, ils ne conçoivent pas cette idée d’activités reposantes, ou de se changer les idées…

  • Sylvaine, permets moi de suggérer un 6° truc, le mien, car j’en ai une très grande expérience et je garantis à tous les lecteurs de ton (excellent) blog le succès…

    BOSSER pendant tout le WE, et surtout… râler contre le fait de bosser : ça c’est infaillible, je vous l’assure !
    Quand vs vs serez suffisamment exercé, rajoutez le détail raffiné : râlez à haute voix, en présence du conjoint et des enfants, juste “comme ça, pour vs soulager”… ça met une ambiance du tonnerre !
    Colère rentrée, culpabilité, impuissance : quelle ambiance chez vous !

    Bon entrainement !
    Chantal

  • Francoise dit :

    Cest excellent Sylvaine, merci pour cette publication qui m encourage dans ma décision de partir faire mon footing du samedi matin !
    Bon week end 🙂

  • Migdu33 dit :

    Encore une qui croit avoir la science infuse en nous infligeant un Ramassi d idées préconçues indigestes volée sur Femmes Actuelles….les donneurs de leçons ont fait leur temps. Changez vite de voie, et épargnez nous de ce genre de conneries, Pole Emploi en fait autant
    Ne cherchez pas à contre argumenter ça serait une perte de temps.
    Bien cordialement.

  • Nina dit :

    Bonjour à tous,

    Merci et bravo pour cet article.

    Je recherche une solution face à mon époux qui, le week-end arrivé, prétend que celui-ci est fait pour se reposer et qu’il n’est prêt à aucune activité ou sortie car trop fatigué de la semaine.
    Quand il m’est arrivé de lui demander ce qu’il avait prévu, il me répondait qu’il souhaitait rester à la maison et me suggérait d’aller chez ma mère (elle est très dynamique).

    Du coup, nos week-ends sont télé, Internet et canapé alors que nous pourrions profiter de notre région (parisienne) et que nous n’avons même pas 40 ans.

    Merci pour vos conseils et suggestions.

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