Brainstorming, critique et créativité

Sylvaine Pascual – Publié dans Objectifs, décisions et solutions

 

 

 

Inventé en 1940 par Alex Osborn, publicitaire américain, le brainstorming est censé favoriser la créativité en groupe, en particulier concernant la résolution de problème. Mais en réalité, dès les années cinquante, des études* ont montré que la méthode collective ne favorisait pas l’émergence d’idées originales ou plus nombreuses. La raison: son principe trèèèèès nord-américain d’absence de critique, qui se révèle peu efficace.

 

 

 

pourquoi le remue-méninges ne marche pasVilaine critique, tais-toi!

 

Le remue-méninge tel qu’il est encore pratiqué, a pour objectif de favoriser la créativité dans le cadre de la résolution d’un problème, la conception, l’innovation etc. Il repose sur quatre principes:

  • Aucune critique n’est autorisée
  • Penser et s’exprimer librement et son corollaire: autoriser et accueillir la totalité des idées, toutes étant considérées comme bonnes.
  • Multiplier les idées en rebondissant sur celles exprimées.
  • Chercher à obtenir le plus grand nombre d’idées possibles, au prétexte qu’une bonne idée à plus de chances d’émerger d’une grande quantité que d’une petite.

La critique serait donc l’ennemie de la créativité, qui bride l’imagination et l’expression, et elle est donc priée de se taire. A juste titre? Apparemment pas.

 

 

 

Absence de critiques et idées superficielles

 

Cette jolie vidéo RSAnimate nous explique pourquoi le brainstorming ne marche pas: la faute à l’absence de débat et de discussion, bref, de critique des idées, justement.

 

 

 

La principale règle du remue-méninge est l’interdiction de critiquer les idées des autres, toutes doivent être considérées comme de bonnes idées. Cette règle étant censée éviter l’auto-censure de ceux qui pourraient craindre les jugements et de débrider ainsi l’imagination.

 

Pourtant, la recherche* a montré que le groupe qui fonctionne selon les principes de remue-méninge génère moins d’idées et des idées moins originales que si chacun avait réfléchi dans son coin. D’autre part un groupe dans lequel le débat et la discussion sont autorisés génèrent entre 25 et 40% d’idées en plus.

 

Tout ça parce qu’en l’absence de critique possible, nous avons tendance à traiter chaque idée de façon superficielle, sans la creuser suffisamment (faire preuve d’esprit critique) et l’association d’idées y perd. D’autant plus que c’elle-ci est limitée par notre langage qui s’en tient en général toujours aux mêmes métaphores et clichés. Ainsi, si l’on suggère le mot “bleu”, on peut prévoir que les associations tourneront autour de “vert”, “océan” et “ciel” et au final n’aboutiront pas à grand-chose de plus original que “jeans” ou “schtroumphs”.

 

Inversement, la critique des idées permet d’aller plus loin parce qu’elle éveille la réflexion et nous pousse à réfléchir plus avant, plus dans les détails et c’est à ce moment-là que l’imagination est la plus sollicitée.

 

 

 

Réhabilitons la critique des idées

Ajoutons à cela les recherches** qui ont montré que la règle d’absence de critique ne limite pas l’auto-censure par crainte du ridicule ou de l’exclusion et nous voilà en plein angélisme typiquement américain: la croyance qu’interdire la verbalisation d’un jugement  donne au groupe une bienveillance magique et des relations saines, version “tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil”. Nous interdire d’exprimer une critique ne la supprime pas de notre cerveau, et du coup nous nous attendons aux critiques non verbalisées des autres.

 

D’autre part, il ne suffit pas de donner l’injonction de penser et de s’exprimer librement pour que ça se produise, sinon aucun d’entre nous n’aurait jamais la moindre hésitation à prendre la parole pour raconter les idées les plus farfelues. Ca fait irrésistiblement penser au sempiternel conseil pour les entretiens d’embauche: “détendez-vous”. Ah ben sans blague;)

 

Inversement, dans un contexte très 2013 de constant French Bashing, d’herbe plus verte et de croyances souvent erronées autour d’un état d’esprit américain teeeeellement plus tourné vers l’accueil de l’autre que chez nous, il est assez ironique de constater qu’au fond, ce sont les américains eux-mêmes qui ont démontré que notre bon vieil esprit critique a ses avantages…

 

L’esprit critique version compétence relationnelle réside simplement dans l’art de formuler, pour se concentrer sur l’évaluation de l’idée et non de la personne, tout en y mettant le lard et la manière, comme on dit chez les amateurs de rugby, histoire de ne pas passer ses interlocuteurs à la moulinette de jugements féroces et sans nuance.

 

 

 

 

*Taylor, Berry & Block – Yale University, Does group participation when using brainstorming facilitate or inhibit creative thinking ?

** Marshall Scott Poole & Andrea Hollingstead, Theories of Small Group

 

 

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L’intégration dans un nouveau poste (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

En ces temps difficiles, s’intégrer dans une nouvelle équipe est à la fois plus crucial… et plus difficile. Entre méfiance mutuelle, crainte du changement et ambiance qui n’en finit plus de se dégrader, l’intégration tient parfois plus du parcours du combattant que du pique-nique convivial. J’ai répondu aux questions de Sophie Girardeau pour Monster sur le sujet.

 

 

 

l'intégration est difficile. Comment la favoriser?Refus d’intégration

 

Lors d’un week à Londres récemment, j’ai découvert à ma grande surprise que l’immense communauté française y vit à la mode des expatriés, en circuit fermé : peu de contacts avec l’indigène, considéré comme « trop différent », peu de volonté d’améliorer un anglais parfois indigne même de la cuisine… bref, exactement ce que je reprochais à nombre d’anglophones installés en France. Si nous en sommes à nous comporter de la sorte, vis-à-vis de cultures relativement proches des nôtres, qui sommes-nous alors pour exiger de la part d’expatriés de cultures moins proches qu’ils évitent le communautarisme et cherchent à s’intégrer par tous les moyens ?

 

Cette absence d’envie de rencontrer l’autre à mi-chemin est dérangeante à mes yeux, car potentiellement elle peut se reproduire à l’envi dans tous les groupes auxquels nous appartenons : renfermés sur nous-mêmes, peu enclins à aller à la rencontre de la différence ou de la nouveauté, à nous frotter à des convictions ou des perceptions qui pourraient remettre en cause les nôtres.

 

Ramené à nos vies personnelles et professionnelles, cela signifie plusieurs choses :

Le manque d’envie d’intégrer le nouveau dans l’équipe, dans l’immeuble, dans l’association, et son corollaire, le manque d’envie de s’intégrer dans une équipe, dans une entreprise, dans une communauté. Chacun replié sur soi construit une crainte grandissante de l’autre, intrus, boulet ou persécuteur potentiel, nourrie de conclusions hâtives et d’idées toutes faites.

 

  • Le manque de bonne volonté à intégrer génère des frustrations, des sentiments de rejet, de solitude, d’isolement, du ressentiment.
  • Le manque apparent de bonne volonté à intégrer traduit des craintes à prendre en compte.
  • Le manque de bonne volonté à s’intégrer peut générer du rejet, du ressentiment, de la méfiance.
  • Le manque apparent de bonne volonté à s’intégrer traduit une peur du rejet, du jugement, une timidité.

Inversement, un peu de bienveillance et de reconnaissance mutuelles favorisent une intégration plus fluide.

 

 

Faciliter l’intégration

 

C’est tout l’objet de l’excellent article de Sophie Girardeau qui détaille quelques conseils pour une intégration plus fluide, en mode petit guide de survie en terrain hostile. Sommaire:

 

1- S’intégrer dans une nouvelle équipe

  • Observer
  • Rassurer
  • Ne pas rester dans son coin
  • Ne pas se laisser décourager
  • Ne pas imposer ses méthodes de travail
  • Ne pas juger hâtivement

2- Intégrer un nouveau dans l’équipe

  • Se rappeler qu’on a tous été nouveau
  • Faire preuve de bienveillance
  • Ne pas se monter la tête à plusieurs.

 

Nous aurons l’occasion de revenir dans un prochain billet sur les intégrations ratées et leurs coûts, et comment les réussir à la place. En attendant, bonne lecture!

Bonjour, je suis la nouvelle – Sophie Girardeau pour Monster.

 

 

 

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Image de soi: de la dévalorisation au regard bienveillant

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi

 

 

Tweetée par Anne-Claude Benamiche avec le joli commentaire “c’est un beau jour pour adoucir son regard sur soi”, cette vidéo pose une passionnante question: celle de la pertinence du regard que nous posons sur nous-mêmes. Car souvent, entre jugement, dévalorisation et focalisation sur le négatif, nous peinons à voir qui nous sommes réellement. Et nous sommes plus beaux que nous croyons. Dans tous les sens du terme.  

 

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Adoucir le regard sur soiImage de soi et changement de perception

 

Il y a fort à parier que la crainte du regard des autres trouve sa source dans les jugements très durs que nous passons sur nous-mêmes. Habitués aux critiques acerbes que nous formulons sur nous-mêmes, nous finissons par nous imaginer que les autres ont autant de discours négatifs sur nous que nous en avons nous-mêmes. Probablement à tort.

 

Dans cette vidéo, des personnes sont amenées à se décrire à un artiste qui les dessine, puis une autre personne les décrit à leur tour. La différence de résultat est frappante: visiblement, nous nous voyons bien plus moches que la réalité d’une part et que les autres d’autre part. Cette vidéo est intéressante à double titre:

 

  1. Elle montre dans un premier temps le regard excessivement dur que nous portons sur nous-mêmes et son manque d’objectivité.
  2. Elle montre aussi que le regard des autres est bien plus bienveillant qu’on ne l’imagine. Et aussi potentiellement plus objectif, puisqu’ici, les portraits dressés par les autres sont souvent bien plus ressemblants que ceux dépeints par les personnes elles-mêmes.

En d’autres termes, lorsque nous sommes en dévalorisation, de la même manière que nous croyons l’autre meilleur que nous, il nous croit meilleur que lui. Et à l’arrivée, chacun a de l’autre une image plus juste que de lui-même.

 

La confrontation avec cette vision plus objective et bienveillante telle qu’elle est montrée dans cette vidéo a un effet très émouvant: la prise de conscience qu’un autre regard est possible, un regard réconfortant qui peut encourager un changement dans la perception que nous avons de nous-mêmes et améliorer l’image de soi. Vilain petit canard à ses propres yeux, joli cygne aux yeux d’autrui, il y a sans doute là de quoi “adoucir son regard sur soi”: reconnaissons le joli piaf que nous sommes et celui que nous voyons chez les autres!

 

 

 

 

Le regard de l’autre au bénéfice de l’image de soi

 

Ce qui est valable pour nos caractéristiques physiques l’est aussi pour nos traits de personnalités et nos compétences. Nous sommes souvent, au premier abord, très mauvais juges de nous-mêmes qui nous voyons plus moches, plus gros, plus petits, mais aussi plus bêtes, plus incapables que nous le sommes en réalité, et aussi souvent que les autres.

 

La dévalorisation s’exprime de bien des manières, entre discours interne négatif, excès d’exigence envers soi-même, non acceptation de qui nous sommes et comparaisons défavorables. Alors que le regard de l’autre nous renvoie bien plus de caractéristiques positives que nous l’imaginons.

 

Nous pouvons en tirer quelques pistes pour redorer notre image de nous-mêmes et au passage renforcer l’estime de soi:

 

 

 

Faire profiter autrui de notre regard bienveillant sur lui

 

Inversement, nous avons donc la capacité à renforcer l’estime de soi des autres en leur renvoyant un regard bienveillant, à leur bénéfice mais aussi au nôtre. Car être un miroir positif, c’est susciter chez l’autre un plaisir et une gratitude qui rejaillissent immédiatement sur nous. Car rappelons-nous que reconnaître la valeur des autres ne se fait pas au détriment de soi, plutôt l’inverse… Le double effet kiss-cool d’une gentillesse courageuse et affirmée!

 

Profitons-en donc pour réhabiliter quelques bonnes pratiques relationnelles qui améliorent l’ambiance au travail et favorisent la coopération et la confiance mutuelle:

 

 

 

 

Voir aussi

 

Se parler à soi-même comme on aimerait qu’on nous parle

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

Compétences relationnelles: les pièges de la lecture de pensée

Les pièges de la comparaison

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

 

 

 

 

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Idées, perception et réalité (1): le duc, le marquis et la comtesse de Machin-Chose

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources

 

 

 

Qu’est-ce que la réalité? Uniquement une question de perception: ce que je vois est ma réalité, ce que vous voyez est votre réalité. Du coup, laquelle est à prendre en compte? Car nous pouvons au passage générer des stratégies pas très malignes pour faire passer nos idées et des incompréhensions peu au service de la relation. Laissons le duc, le marquis et la comtesse de Machin-Chose nous expliquer cela.

 

 

 

 

Julien PascualJulien Pascual, l’innovation et la perception de l’utilisateur

 

 

Créatif, râleur et passionné, Julien Pascual aide ses clients de l’industrie informatique à penser autrement leurs logiciels, à se démarquer et à innover ; à mettre en place des stratégies produit différentes, à voir le monde à travers le regard des clients des utilisateurs, des usagers; à secouer les idées reçues. A créer de la valeur par l’innovation, par les produits et les services.

 

Il n’aura pas échappé à votre remarquable sens de l’observation que Julien et moi partageons le même nom. Ce qui s’explique par le fait qu’il s’agit de mon frère, qui a accepté de venir nous parler de la réalité et de la perception pour nous indiquer des éléments cruciaux à prendre en compte lorsque nous voulons faire passer des idées – donc notre réalité. Ce qui, au delà du monde de l’industrie informatique, est utile à chacun d’entre nous, porteur de projet professionnel, salarié ou entrepreneur.

 

Dans ce premier volet, il nous montre comment l’évaluation d’une idée se trouve dans l’œil de son utilisateur et dans une seconde partie, nous verrons comment réagir lorsque nos idées suscitent plus de méfiance que d’adhésion enthousiaste..

 

 

 

 

Le duc, le marquis et la comtesse de Machin-Chose: une question de perception

 

perception et réalité

 

Un petit matin, un matin brumeux, à l’heure où se cachent les loups et la nuit ; un pré, bordés de silhouettes d’arbres et de limbes, le dernier vol d’une chouette, un matin froid. Deux hommes, à 20 pas l’un de l’autre, deux hommes droits et graves, les mollets tendus dans des bas blancs. Ils ont tombé la veste, enlevé le jabot.

 

L’un est duc, l’autre est marquis. Ils décideront au premier sang lequel des deux a écrit le plus beau sonnet pour la comtesse de Machin-Chose. Fort de leur certitude, de l’exquise finesse de leur poésie, de toute leur aristocratie, ils sont prêts à prouver de leur vie la supériorité de leur création, écrire la légende littéraire de ce XVIIIème siècle et bien sûr conquérir le cœur et la couche de la délicieuse comtesse.

 

Oui mais voilà, pendant ce temps là, la comtesse de Machin-Chose a passé une folle nuit de débauche avec le très peu aristocratique et encore moins poète De Bidule de Truc, aventurier et sacré vaurien, tant il semble que les héroïnes aient un penchant pour les gentils vauriens mal rasés. Nos deux duellistes ont la grandeur de leur siècle, mais l’aventurier lui à la comtesse.

 

La morale de l’histoire ? Notre duc et notre marquis se sont tout deux aveuglés de leur propre certitude et de tout le poids de leur milieu, et se sont tout deux persuadés de détenir la vérité, la seule, l’unique, la vérité avec un V majuscule qui brille au fronton du temple de l’absolu, celle qui ne peut que triompher et leur ouvrir les portes de la gloire et le lit de la comtesse.

 

Mais ils ont tout les deux oubliés une chose, c’est que pour gagner la couche de la dame, ce qui compte, ce n’est pas leur génie poétique tel qu’ils le pensent. C’est ce qu’elle, comtesse qui ne se laisse pas traiter comme une oie blanche, trouve attirant. Et pas de bol pour le duc et le marquis, la comtesse trouve sexy les bad boys au grand cœur. Et dans le monde de la comtesse, la seule vérité qui compte, c’est celle de la comtesse. Quelle leçon tirer de cette histoire pour tout ceux qui doivent créer, inventer, concevoir ou réaliser quelque chose, un produit, un service, une œuvre, bref avoir des idées et les transformer en quelque chose utilisé par d’autres ?

 

 

 

La perception est la réalité.

 

Partons d’un postulat. Il n’y a pas de vérité universelle dans le monde des idées.

 

  • S’il existait une vérité universelle sur l’art de la stratégie, toutes les entreprises l’utiliseraient et ferait les mêmes produits.
  • S’il existait une martingale sûre à 100% en bourse, tout le monde ferait les mêmes investissements.

Or, ce n’est pas le cas. Force est de constater que, bien que les meilleurs cerveaux la cherchent en permanence, on ne trouve jamais, dans le monde des idées, de vérité universelle et indiscutable. Comme le dis Popper et le résume Luc de Brabandere dans sa petite philosophie des grandes trouvailles « si on n’est jamais sur d’avoir raison, on peut parfois être certain de s’être trompés ».

 

Tout ce que nous voyons et pensons est déformé par le prisme de nos croyances, de notre morale, de nos valeurs, notre éducation, notre milieu culturel et tant d’autres. Et notre connaissance reste limitée. Comme nous ne sommes que des êtres normaux, ni des artistes ni des illuminés, nous ne connaissons le monde qu’à travers nos sens. Et ce que nous en disent nos sens est interprété en fonction de nos propres schémas et critères : la faculté de percevoir est celle de « faire coïncider ce qui est en face de nous avec des modèles mentaux existant en nous ».

 

La définition de ce qui est épicé n’est pas la même entre un Indien et un français. Et que tout ceux qui en doutent aillent dans un restaurant indien et demandent un plat épicé! Nous ne connaissons donc pas la vérité, nous en percevons une que nous décidons, consciemment ou inconsciemment (devrais-je dire cognitivement ?) être la vérité. Si je trouve que Star Trek n’est pas crédible et manque de vrai héros qui en ait, alors que Star Wars, quand même, ça c’est le plus grand space opera de tout les temps, il se trouve que, comme c’est ma perception des choses, c’est ma réalité. Donc « paix et sérénité» peut-être, parce que je suis gentil, m’enfin faut pas rigoler, que la force soit avec moi !

 

Comme l’écrivait Boris Vian, « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l’imaginée d’un bout à l’autre ».

 

 

 

Evaluation d’une idée: la perception de son utilisateur

 

Quand on entreprend une activité avec pour objectif de créer un produit ou délivrer un service, ce qui mesure notre succès, c’est le succès du produit et du service : qu’il remplisse sa mission et qu’il soit accepté, utilisé, valorisé par ceux à qui il est destiné. IBM avait créé, dans les années 90, son propre système d’exploitation, OS/2, pour concurrencer le Windows de Microsoft.  Technologiquement, il était bien supérieur. Mais pour autant, le système d’exploitation d’IBM a été un échec. Il a disparu depuis longtemps alors que Windows équipe toujours la majorité des ordinateurs personnels. Je ne sais qui d’IBM ou de Microsoft a eu raison, mais je constate juste que ce qui a compté dans la bataille, ce qui a permis de mesurer le succès et l’échec, c’est le jugement des consommateurs. Et les consommateurs ont massivement préféré Windows.

 

Je discutais récemment avec un spécialiste de politiques publiques à propos du cas d’une région qui attribue des aides aux étudiants pour l’achat de livres scolaires, sous la forme d’une carte de paiement. Est-ce une bonne politique ? La réponse doit pencher vers le non, car le constat fait est qu’elle n’atteint pas ses objectifs : les étudiants ne demandent pas la carte ou ne l’utilisent pas. Et donc la politique publique n’atteint pas son objectif. Vous pouvez croire offrir le meilleur service ou vendre le meilleur produit, si personne ne l’utilise ou ne l’achète, vous n’apportez rien. Ce qui compte, ce n’est pas votre propre idée de la qualité du service ou du produit, c’est la perception qu’en ont ses destinataires, ses clients. C’est eux qui en font le succès. C’est leur perception à eux,  qui est leur réalité, dont vous devez tenir compte, pas la votre. Si vous voulez goûter aux plaisirs libertins avec la comtesse, inutile de vous draper dans la grandeur poétique de votre aristocratie, travaillez juste votre côté baroudeur cynique au grand cœur.

 

 

 

Cette importance de la perception soulève une autre question: comment réagir lorsque nos idées ne suscitent pas l’engouement escompté? Nous avons l’art de mal réagir quand nos idées ne sont pas acceptées et dans la suite de cet article, nous passerons en revue les façons plus ou moins brutales de nous draper dans une dignité offusquée et ce qu’il serait plus judicieux de faire à la place.

 

 

 

Voir aussi

 

Comment nous construisons et entretenons nos convictions

Communication: agilité, Père Noël et métaphores

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif!

 

 

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Communication: Père Noël, Agile et métaphores

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources / Mieux communiquer

 

 

 

 

De nombreux conflits naissent d’incompréhensions sémantiques de toutes sortes. Par exemple, nous nous exprimons beaucoup par métaphores, croyant à tort qu’elles sont parfaitement compréhensibles par tous ceux qui ont un cerveau normalement constitué. Et pourtant, la métaphore est potentiellement un raté de la communication comme un autre. Et c’est Oana Juncu, agiliste de renom, qui se charge de nous expliquer cela, avec l’aimable participation du Père Noël.

 

 

 


Comment les métaphores peuvent générer des incompréhensions et des conflitsOana Juncu, agiliste qui met la relation au service de la performance

 

J’ai rencontré Oana lors du Scrumday2012 et j’ai tout de suite apprécié son intelligence, sa vivacité, son regard positif sur le monde et la curiosité qui l’anime vis-à-vis de tout ce qui peut favoriser l’amélioration des relations et de la performance. Elle est le fondateur de cOemerge, une société qui accompagne les organisations dans leur transformation vers Agile en s’appuyant sur une démarche centrée sur le client et la capacité de réaliser des produits en renforçant la motivation et le leadership des équipes.

 

Lors d’un déjeuner, nous en sommes venues à échanger sur les bévues et boulettes verbales qui, de malentendus en incompréhensions mutuelles, peuvent déboucher sur toutes sortes d’accrochages, voire de conflits. Et lorsqu’Oana a évoqué la façon dont nos choix sémantiques génèrent des métaphores parfois obscures aux oreilles de nos contemporains, je n’ai pas résisté au plaisir de lui proposer de venir nous exposer ce joli raté de la communication et nous proposer une alternative.

 

Je lui transmets le bâton de parole!

 

 

 

 

Métaphores et échec de communication

 

les métaphores génèrent des malentendusLes conflits les plus sévères sont issus des quiproquos, des non dits et des fausses hypothèses que nous faisons en toute bonne foi, et que nous prenons comme des vérités universelles. L’échec des projets d’équipe a souvent comme cause l’échec de communication entre les parties prenantes.

 

Dans notre communications , nous  utilisons des métaphores comme nous respirons. Sans nous rendre compte que la signification de nos métaphores nous est propre. Les mots sont des représentation génériques:  leur sémantique est chargée pour chacun d’entre nous de notre expérience le concernant. Nous emportons avec nous le bagage sémantique des mots que nous utilisons sans en avoir conscience.

 

Agile*, une initiative issue du constat fréquent d’incapacité des projets informatiques à fournir des produits pertinents pour les utilisateurs, avec des coûts raisonnables, définit comme principe clé de réussite “l’interaction entre personnes” et “la collaboration ( en continu) avec le client”. L’état d’esprit Agile est friand de toute pratique qui peut créer des ponts de communication pour prendre conscience que nos vérités sont des métaphores-hypothèses, à vérifier via le reflet des autres

 

 

 

Le Père Noël existe!… Si vous le voulez

 

communication métaphoresFaisons une expérience: Si je vous demande  ”Croyez-vous au Père Noël ?”, vous réagissez comment? Mépris, puéril, futile, fleur bleue, péjoratif, espoir, émerveillement, optimisme?

 

Voilà déjà un spectre entier d’impressions possibles en réfléchissant à cette question.
Notre expérience d’adultes nous précipite dans la réponse : “mais non, toute personne rationnelle et responsable ne va pas y croire après l’âge de 7 ans! “; l’âge de la raison d’ailleurs! “Croire au père Noël” est souvent une métaphore pour “naïveté”. Parfois pour ” présomption de passivité”: “N’attends pas que le Père Noël t’amène le succès sur un plateau”.

 

Je regarde le Père Noël d’un angle sémantique différent: nous croyons tous au Père Noël, car il est une bonne illustration de ce qui nous fait avancer tous les jours: l’espoir.
J’aime dire que seulement ceux qui n’ont plus aucun espoir qu’une chose merveilleuse fera partie de leur réalité un jour, ou que leur passage dans se monde compte, ne croient plus au Père Noël. J’espère qu’il  y a bien peu de ceux-là:). Si l’on finit par côtoyer tous les jours de tas de gens qui n’espèrent plus rien de tout et se baladent le cœur creux le long de la journée, alors l’humanité aura vraiment un très gros problème.
Du coup, imaginez: si vous êtes dans l’état d’esprit “Père Noël” = “naïveté infantile + faiblesse”  et que vous m’entendez seulement dire “je pense que vous croyez au Père Noël” , nous voilà  ensemble prisonniers d’un triste malentendu qui pourrait générer des tensions entre nous.

 

 

 

Les métaphores , un bagage culturel

 

métaphore: appelons un chat un chat... tant qu'il s'agit du même chat

Nous appliquons nos filtres de compréhension à chaque mot que nous employons. Les mots sont des concepts et notre cerveau a besoin de se projeter dans le concret. Prenons l’exemple du mot “chat”. Concret , non? Eh bien, à quoi pensez-vous réellement en entendant le mot “chat”?

 

Pour ma part, je vois tout de suite un chat gris foncé sur une branche, très  concentré, aux yeux jaunes figés sur les agissements d’un oiseaux. Il serait vraiment étonnant que vous ayez exactement à la même représentation que moi. Et voilà  ”appeler un chat, un chat”  ce n’est pas si simple…

 

Nous sommes habitués à utiliser des métaphores pour exprimer d’une façon conceptuelle quelque chose qui a une représentation très spécifique pour chacun d’entre nous, sans que nous soyons conscients. Cette représentation spécifique est

dépendante de notre éducation, notre expérience et notre personnalité etc.

 

Et du coup, paf! , chaque fois que nous “appelons un chat un chat” devant un interlocuteur, nous sommes déjà plongés dans le malentendu. Nous appuyons notre vérité sur la fausse hypothèse que le chat dont nous parlons est le même que celui auquel votre interlocuteur pense (par exemple le minou gris sur une branche…) . D’autres exemples de métaphores? : “naviguer à vue”, “la toile internet”, “reprendre ses esprits” et les très populaires indicateurs d’avancement projets:  ”indicateurs au vert/rouge” ou image météo pour dire si le projet va bien ou pas. Allez savoir dans une assemblée de personnes ce que veut dire “le projet va/ne va pas bien” pour chacun d’entre eux!

 

 

 

Le langage propre, bâtir des ponts de communication

 

comprendre les métaphores pour construire des ponts de communicationBeaucoup de savoir à été investi pour résoudre les problèmes de communication à l’origine de conflits les plus graves. Mon faible pour l’attention à la communication et aux “métaphores implicites”, a ses racines dans mon expérience personnelle d’utilisation quotidienne d’une langue différente de ma langue maternelle.

 

Il n’est pas facile de s’exprimer avec précision dans une langue qui n’est pas la vôtre, car ” connaître” une langue n’est pas suffisant. Si on met sur les mots un filtre culturel différent de celui de nos interlocuteurs, on peut tomber dans des pièges énormes que nous nous voyons pas même quand on est dedans.

 

Une mes approches favorites pour réduire le décalage de communication est  le Clean Language (language propre). Conçu au début des années 1980 par David Grove, psychothérapeute néo-zélandais, c’est une technique de questionnement ouvert, qui s’intéresse essentiellement à la dimension métaphorique du discours du client. D’après cleanlanguage.fr, « le Clean Language accompagne le processus du client, tout en garantissant que ses propres signifiés et ses résonances demeurent intacts et non contaminés par les mots du thérapeute. ». Adapté à notre quotidien, il permet de comprendre les métaphores de nos interlocuteurs sans les déformer par nos propres représentations. Le Clean Language donne un canevas simple pour  prendre

conscience de métaphores implicites que nous utilisons, en les explicitant via des itérations successives. C’est un pont de communication.

 

  • Pour une notion exprimée X,  le Clean Language invite à répondre à la question : X est comme quoi d’autre ?” Ensuite itérer:
  • “Et encore comme quoi d’autre?”
  • Jusqu’à obtenir une vision claire pour nous comme pour l’interlocuteur de la représentation que nous nous faisons d’une idée, d’un concept.

Un exemple? Prenons encore le chat en ligne mire (décidément il en a vu de toutes les couleurs!).

 

  • Si vous me demandez “Un chat est pour toi comme quoi d’autre?” , je répondrais “comme un félin gris aux yeux jaunes”.
  • Ensuite vous me demandez “Et comme quoi d’autre?”, et je réponds “comme un animal agile capable de rester en équilibre sans bouger sur une branche un après-midi d’été”.
  • Continuons! “…Et comme quoi d’autre”, “comme un prédateur habile guettant patiemment sa proie”

Voyez, il devient assez étonnant le “chat” si on le regarde de près avec l’approche Clean Language. Et encore je n’ai pas fini, si j’y pense bien. Mon chat gris et encore bien d’autres choses…

 

Si ce petit exercice de “prise de conscience de “sémantique implicite” vous a plu,

exercez-vous sur une autre métaphore:

“Le Père Noel serait comme quoi d’autre?”

 

 

 

Agile, métaphores et collaboration

 

métaphores clé clean language

Le Père Noël nous livre donc une clé de communication au service de la collaboration.


Le Père Noël nous livre donc une clé de communication au service de la collaboration. Agile* est née il y a (déjà ! ) 12 ans par la publication du manifeste Agile, une collection de principes pour le développement informatique, signé par un groupe d’ingénieurs qui n’en pouvaient plus de vivre l’échec de projets informatiques dans lesquels ils avaient investi leur temps, leur aspirations et leur professionnalisme. Ils sont partis d’une prémisse, rarement fausse:

 

  • “Toutes les personnes impliquées ont des bonnes intentions”

pour arriver à un constat paradoxal: ”nous n’arrivons pas à un résultat satisfaisant. De plus, le moral des toutes les parties prenantes est au plus bas.”

 

L’Agilité fait partie de mon quotidien, car le manifeste Agile** a raisonné dans mon esprit, surtout l’élément de solution que l’Agilité propose à ce paradoxe via un des éléments clé du Manifeste Agile: la capacité de rendre la communication fiable entre tous les acteurs d’un projet. C’est à dire, quand on “appelle un chat, un chat”, s’assurer au maximum qu’on parle du même même chat.

 

En se focalisant sur la communication fiable,  L’Agilité est arrivée sans surprise à s’intéresser à toute pratique qui soutient ses conditions: la collaboration et l’écoute.  En pratiquant la communication fiable, l’Agilité renforce ses bénéfices: la solidarité autour de la  quête d’amélioration commune  pour oser des résultats surprenants.

 

La force d’Agile est de ne pas faire l’hypothèse de faiblesse, ni celle de l’optimisme inconditionnel en entendant “Père Noël existe!”. Dans l’esprit Agile nous allons chercher à savoir plus sur la signification de cette métaphore : “Père Noël est comme quoi d’autre pour toi?” . Ensuite tout espoir est permis!
Plus sur Oana Juncu : http://about.me/ojuncu

 

 

 

Voir aussi

 

Ressources externes:

*Voir: l’agilité expliquée à mon manager

**Le Manifeste Agile (en anglais)

Clean Language

 

 

Compétences relationnelles: l’écoute active

Rupture douce: l’agilité pour collaborer autrement

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif!

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

L’humilité et la reconnaissance au service du collectif

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez mettre un peu d’agilité dans vos projets entrepreneuriaux? Contactez Oana Juncu.

 

Vous voulez mettre davantage de souplesse et d’efficacité dans votre communication professionnelle? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Bien-être et plaisir au travail: les compétences psychosociales

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources / Vie professionnelle

 

 

 

 

Les 10 compétences psychosociales définies par l’OMS sont autant d’aptitudes considérées comme essentielles et trans-culturelles qui permettent de “répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne”, tout en maintenant “un état de bien-être mental”. Étonnamment, ces compétences ont été cantonnées à l’éducation, alors qu’elles nous concernent tous et font partie des facteurs déterminants du bien-être et du plaisir au travail.

 

 

 

Elles renforcent le sentiment d'efficacité personnelle et l'estime de soiCompétences psychosociales: définition

 

« Les compétences psychosociales sont la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adaptant un comportement approprié et positif, à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement.

Les compétences psychosociales ont un rôle important à jouer dans la promotion de la santé dans son sens le plus large, en termes de bien-être physique, mental et social. Plus particulièrement quand les problèmes de santé sont liés à un comportement, et quand le comportement est lié à une incapacité à répondre efficacement au stress et aux pressions de la vie, l’amélioration de la compétence psychosociale pourrait être un élément important dans la promotion de la santé et du bien-être, puisque les comportements sont de plus en plus impliqués dans l’origine des problèmes de santé. » O.M.S., 1993

 

C’est certainement parce que les compétences psychosociales ont été définies dans le cadre de l’OMS avec un but de responsabilisation face à la santé qu’elles se retrouvent essentiellement cantonnées à la sphère éducative. Pourtant, elles ont un impact et des bénéfices plus vastes.

 

 

 

10 compétences psychosociales

 

Souvent présentées en binômes, ces compétences sont étroitement liées à l’estime de soi et aux compétences relationnelles, qui sont les deux face d’une même pièce: relation à soi et relation à l’autre étant le cocktail indispensable de l’atteinte de nos objectifs et de la réalisation de nos ambitions.

 

Les 10 compétences psychosociales

 

 

Car rappelons que dans toute vie professionnelle, la réussite, quelle que soit la définition que nous mettons dessus, ne se trouve pas sous les sabots d’un fringant cheval solitaire qui aurait juste besoin de prendre confiance en lui sans se soucier du reste du troupeau, trop souvent considéré comme un ramassis de mulets asservis et sans ambition. Elle passe par nos relations avec nos partenaires, nos clients, nos patrons, nos collègues, nos collaborateurs, nos pairs.

 

 

 

Sentiment d’efficacité personnelle et d’estime de soi

 

Renforcées et entretenues au quotidien, en particulier au travail, elles ont de multiples bénéfices qui s’articulent autour des valeurs sociales qu’elles sous-tendent. En particulier, elles accroissent le sentiment d’efficacité personnelle, l’estime de soi, la confiance en soi, améliorent les relations et par tous ces biais, ont un impact direct sur l’humeur et le sentiment d’être heureux.

 

  • Elles permettent d’agir, plus en accord avec soi-même et avec les autres, avec plus de facilité et de fluidité, donc de bien-être.
  • Elles développent la tolérance, la bienveillance et favorisent ainsi le capital collaboratif* et une ambiance sereine.
  • Elles permettent d’éviter l’excès de tensions interpersonnelles et de les résoudre plus facilement lorsqu’elles arrivent.
  • Elles permettent de développer la prise de recul, de renforcer les ressources internes, la confiance en soi
  • Elles renforcent le sentiment d’efficacité personnelle et donc la motivation à se dépasser, d’avoir des projets, de les mener à bien

 

 

 

Mini coaching: renforcer ses compétences psychosociales

 

De relations pourries en difficulté à prendre des décisions, de petits égoïsmes en émotions exprimées à tort et à travers, de manque d’idée en difficultés face aux problèmes, nous pouvons tous avoir un bât qui blesse à un niveau ou à un autre, et nous retrouver avec une progression plus difficile vers nos objectifs, ou des relations égratignées. Renforcer ces compétences nous aide à pallier à ces aléas et à y faire face beaucoup plus sereinement.

 

Pour chacune des compétences, sur une échelle de 1 à 10, comment vous évaluez-vous?

Qu’es-ce qui vous manque pour passer au chiffre supérieur?

Comment pouvez-vous combler ce manque?

Qu’avez-vous besoin d’apprendre, de comprendre, de faire?

Quel plan d’action allez-vous mettre en oeuvre?

 

Transformez-le en objectif SMART, et bonne route dans le développement de vos talents et ressources ;) )

Des pistes pour vous aider:

 

 

* J’ai eu envie de vous servir une platitude linguistique sur un plateau^^

 

 

 

Voir aussi

 

Talents naturels: passeport pour le plaisir au travail

10 trucs pour augmenter le plaisir au travail et moins procrastiner

La dynamique olympique au service du plaisir au travail

Qualité de vie et plaisir au travail: la dure vie des durs à cuire

La débrouillardise: 10 pistes pour développer cette épatante qualité

PTF! 5(+1) trucs pour assurer le bien-être relationnel

#HackHR : Balade médiévale au pays de la prévention du stress

 

 

 

Aller plus loin

 

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S’essayer à la biendisance

Sylvaine Pascual – Publié dans  Bien-être et estime de soi Compétences relationnelles

 

 

 

Sérieusement, les amis, la médisance a ses limites. Fatigante, énergivore, elle cultive l’amertume comme d’autres cultivent les tulipes. Et justement : les tulipes, c’est plus joli, alors je vous propose une alternative : mettons-nous à la biendisance. C’est bon pour l’estime de soi et les relations.

 

 

 

S'envoyer des fleurs plutôt que des scudsPetites calomnies entre amis

 

L’autre jour, chez le coiffeur, je me retrouve le nez dans un Paris Match à lire un article de Pascal Thomas, réalisateur, entre autres d’Associés contre le crime, qui se lâche sur Catherine Frot, et les noms de piafs volent bas. Après une mention de son attitude « sympathique, modeste et rigolote » à ses débuts, c’est parti sur ses « comportements aberrants », ses « caprices d’acteur qui se surestime » et sa façon de débouler, « en robe de chambre, défaite, hurlant ».

 

Ca sent les petits jeux de pouvoir à plein blaze. Il n’a visiblement pas digéré sa propre incapacité à s’affirmer et  croit rétablir l’ordre des choses (version « moi je suis quelqu’un de bien et c’est une folle furieuse ») en crachant dans le dos et en public sur l’actrice. Pourtant, ça parle, au final, bien plus des peurs et frustrations de celui qui médit que de ses belles valeurs ou des manquements potentiels de l’objet de ses ragots.

 

Et toute cette frustration bilieuse est un poil pénible. Nous la croisons à tous les coins de rue, en particulier dans les allées professionnelles et elle laisse un vague goût amer. Bien que nous soyons vous et moi des gens très bien, il arrive même que nous la pratiquions. Il serait sans doute moins énergivore, plus utile, plus réjouissant de régler nos problèmes directement avec nos abrutis personnels au lieu de les dénigrer et de passer plus de temps à parler d’autrui… en bien.

 

 

 

Parler des autres comme nous aimerions qu’ils parlent de nous

 

Nous avions vu les raisons pour lesquelles nous nous vautrons dans la médisance : l’amertume partagée, crée des liens d’appartenance et de la reconnaissance mutuelle, version « on fait partie du groupe qui déteste Tartempion », mais ce sont des liens négatifs et l’énergie générée est une énergie qui peut potentiellement ronger de l’intérieur en augmentant la méfiance, la peur de l’autre, de ses jugements, de ses propres médisances.

 

Car nous avons tendance à penser que les autres sont comme nous. Donc si nous médisons beaucoup, nous pensons que les autres le font aussi… potentiellement sur nous. Et nous augmentons au passage notre peur du regard de l’autre. Alors attachons-nous plutôt à parler des autres comme nous aimerions qu’ils parlent de nous. Car nous pouvons difficilement espérer pouvoir déblatérer à l’envi sur autrui, et imaginer que ces mêmes autres chantent nos louanges.

 

Et allons régler nos comptes directement avec les personnes concernées, quitte à développer, au passage, une affirmation sereine qui nous évitera de tomber plus souvent qu’à notre tour sur des demeurés relationnels aux comportement forcément très éloignés de nos vertueuses valeurs.

 

 

 

La biendisance, un sport plus réjouissant

 

Puisque la médisance a des bénéfices, gardons-les sans effets pervers en nous adonnant, histoire de changer, à un sport plus réjouissant: dire du bien d’autrui, rien que pour voir. Parler des autres en focalisant sur leurs qualités, sur des caractéristiques que nous trouvons positives, reconnaître leurs accomplissements, c’est un moyen sympa de générer des liens avec nos contemporains, un sentiment d’appartenance, en nourrissant le plaisir plutôt que l’amertume.

 

Selon Laurent Bègue*, psychologue social, auteur de L’agression humaine, « 60 % des conversations d’adultes ont pour objet un absent. Et la plupart émettent un jugement ». Pourquoi ce jugement devrait-il nécessairement être négatif ?

 

D’autant que, dans le plupart des cas, ça ne fait pas avancer beaucoup de schmilbliks. L’article ne mène pas Pascal Thomas très loin: il ne résout pas son problème avec l’actrice et ne redonne pas un PH neutre à ses viscères atrabilaires. De même, critiquer l’intervention de Tartempion au sortir de la réunion du lundi ne résout rien, il aurait été plus approprié de réagir pendant.

 

D’autre part, dire du bien nous pousse à chercher des caractéristiques positives chez les uns et les autres, à les voir sous un jour meilleur, potentiellement à les apprécier davantage. Inversement, celui qui a des trucs sympas sur autrui plutôt que de le calomnier renvoie une image sympa et rassurante de lui-même : il est bienveillant et digne de confiance, il pourrait même être un exemple de cette gentillesse version compétence relationnelle, c’est à dire ni serpillière ni paillasson, mais bien cette gentillesse affirmée et sereine qui se rapproche d’un charisme sain.

 

En bref, dire du bien, ça fait du bien. Et remplacer les polluants de l’âme par des fleurs, ça a un goût de printemps des relations.

 

 

 

Mini coaching : s’entraîner à la biendisance

 

Il ne s’agit évidemment pas de transformer tous nos jugements négatifs en jugements positifs, dégoulinant de bien-pensance et parfaitement hypocrites. Nous n’allons évidemment pas suggérer à Pascal Thomas de dire du bien de Catherine Frot, pour qui il a beaucoup de mépris. Nous avons tous le droit à nos détestations et le but n’est pas d’aimer tout le monde.

 

Le but est plutôt d’utiliser nos tentations de médisance pour en apprendre davantage sur nous-mêmes et nos besoins à combler, pour identifier les plans d’action à mener pour résoudre une situation, de façon à laisser plus d’espace à l’expression de sentiments positifs sur les gens et les situations.

 

  • Pour questionner vos désirs de dire du mal, lire : Les dessous de la médisance.
  • Pour résoudre un problème relationnel ou opérationnel qui vous donne envie de dire du mal, explorer le dossier: Compétences relationnelles
  • Ces deux pistes devraient déjà minimiser vos envies de ragoter.
  • Pour s’entraîner à la biendisance, à la machine à café, en sortant de réunion ou dans n’importe quelle situation personnelle ou professionnelle, il suffit d’orienter la conversation sur les caractéristiques positives, les accomplissements, les solutions possibles. Vanter les mérites d’untel, apprécier une qualité, saluer un effort etc. De là à faire un compliment, exprimer sa gratitude ou envoyer de la reconnaissance tous azimuts directement à la personne concernée, la distance n’est pas très longue;)

 

En nous envoyant des fleurs, nous pourrons nouer des liens autour de ce que nous aimons chez les autres, plutôt qu’autour de ce qui nous donne des boutons;)

 

 

 

 Voir aussi

 

Juger moins juger mieux: les dégâts du jugement

Les pièges de la comparaison

Guide de survie aux abrutis: le bocal à con

Guide de survie aux abrutis: bocal à con et manque de pot (1)

Guide de survie aux abrutis: l’emmerdeur emmerdé

Petit précis de communication non violente (1)

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

 

* Pourquoi médire nous fait tant plaisir

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Petit précis de communication non violente (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans Mieux communiquer / Compétences relationnelles / Les étagères d’Ithaque

 

 

 

Parce que rien n’est plus simple que de se pourrir les relations par des interactions teintées de petits jeux de pouvoir verbaux, voici un petit ouvrage ultra précieux pour découvrir la communication non violente – dite CNV – et la pratiquer au quotidien, histoire d’adoucir un poil nos relations, tout en nous faisant bien mieux comprendre…

 

 

 

 

Pratiquer chaque jour une communication bienveillante, respectueuse de soi et d'autruiRatés de la communication: de la violence verbale

 

Les ratés de la communication sont légions. Entre maladresse et tentation – plus ou moins consciente – de prise de pouvoir, mille et une petites manipulations se glissent dans nos interactions. La plupart du temps, elles sont minimes et ont peu de conséquences. Mais parfois, leur fréquence et leur nature leur fait prendre un ampleur qui pourrait nuire à la relation aussi sûrement que les limaces nuisent à la conservation de la salade.

 

Interprétations, minimisations, non-demandes, généralisations, accusations, dévalorisations etc, nous avons recours à des collections de trucs pas folichons quand il s’agit de nous faire comprendre d’une part, et de bien nous entendre d’autre part. Dès lors, nos communications, et en particulier nos expressions du reproche et de la critique perdent en grâce et en élégance ce qu’elles gagnent en violence verbale. Et en efficacité!

 

 

 

 

La communication non violente: des bénéfices en veux-tu en voilà

 

La communication non violente est un ensemble de processus verbaux qui favorisent la compréhension et l’acceptation de nos messages, dans un cadre bienveillant et respectueux des deux parties. Avec des bénéfices multiples pour la relation:

 

  • Améliorer la qualité de la relation
  • Augmenter la confiance mutuelle
  • Sortir des jeux de pouvoir
  • Augmenter la compréhension mutuelle
  • Favoriser l’acceptation de l’autre et le respect des différences mutuelles
  • Créer un sentiment de sécurité dans la relation

Et au delà de ces bénéfices pour la relation aux autres, la CVN permet aussi de clarifier la relation à soi-même, en comprenant mieux se qui se passe à l’intérieur de nous, en particulier lorsque nous sommes submergés par l’émotion.

 

 

 

La communication non-violente au quotidien

 

Dans ce petit ouvrage ultra pratique, Marshall B. Rosenberg, père de la communication non-violente, décortique de façon limpide et fluide

 

  • Comment nous nous y prenons pour nous planter en beauté dans nos discours
  • Comment le recours à certaines techniques pourrit la communication
  • Comment nous y prendre à la place.

Tout cela de manière ultra pratique et simple à mettre en oeuvre. Le tout est très proche de la communication dite assertive dont j’ai déjà parlé. Cependant, l’avantage majeur ce cette communication non-violente, par rapport à la demande assertive, c’est que là où cette dernière est réservée à des demandes délicates et importantes, la communication non-violente est un état d’esprit bienveillant et dans l’accueil de l’autre, et peut se développer et se pratiquer au quotidien.

 

Tour d’horizon rapide des 5 principes autour desquels s’articule la CNV, qui sont décrits de façon si précieuse dans ce court ouvrage, et sur lesquels nous auront l’occasion de revenir dans autant d’articles:

 

  1. Exprimer ce que j’observe, sans jugement ou évaluation
  2. Exprimer les sentiments suscités par la situation
  3. Exprimer les besoins qui génèrent ces sentiments
  4. Faire des demandes claires, simples et réalisables
  5. Ecouter et accueillir les propos d’autrui avec bienveillance et sans jugement

 

 

Voir aussi

 

Ratés de la communication: compliments & quand-mêmisations

Les pièges de la lecture de pensée

Autopsie d’une incompréhension sémantique

Les dessous de la médisance

Juger moins juger mieux

Compétences relationnelles: l’affirmation de soi

Réhabiliter la gentillesse

11 comportements qui tuent au travail

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Les 3 ingrédients d’une bonne journée au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans  Bien-être et estime de soi / Vie professionnelle

 

 

 

Une bonne journée au boulot, voilà une perspective plus sympathique que de s’ennuyer ferme, ou d’anticiper les relations pourries qui peuvent s’y jouer. Nous avons une certaine marge de manoeuvre pour améliorer le quotidien professionnel, et l’exploration des ingrédients d’une bonne journée est un moyen simple de commencer!

 

 

 

De quoi avons-nous besoin pour passer une bonne journée?Bonne journée et sérendipité

 

J’ai lancé la question sur Twitter : pour vous, quels sont les 3 ingrédients d’une bonne journée ?

L’idée était de partager nos spécificités et éventuellement d’aller à la rencontre de ce qui pourrait être perçu comme les étranges motivations d’autres personnes. Car, vous le savez, explorer l’étrangeté participe de l’ouverture aux autres, de relations plus saines et de diminution de la propension à juger.

 

Mais la sérendipité passant par  là, l’exercice a rapidement été le révélateur de quelque chose de pas si inattendu que ça, si j’avais fait fonctionner ma comprenette en amont. Trouvant l’occasion trop belle, je ne résiste pas au plaisir de vous le partager.

 

 

 

Bonne journée de travail et besoins fondamentaux

 

Car les réponses des Twittos, si elles sont très différentes, présentent des similitudes, dans le sens qu’elles correspondent aux besoins fondamentaux. Ce qui nous dit deux choses :

 

  1. Une journée qui nourrit les besoins de l’individu, tels qu’ils s’expriment plutôt que dans une généralisation, est une bonne journée. Ce qui signifie que générer des vérités à partir de tendances est une erreur. Il est donc essentiel que les processus de prise en compte des besoins des salariés soient modélisés en identification individuelle et en possibilité de réponse personnelle, car chacun comble certains besoins et d’autres moins, et ce ne sont pas forcément les mêmes.
  2. Avoir conscience de ce qui, pour chacun de nous, nourrit le mieux ces besoins fondamentaux (et quels sont les besoins prioritaires), permet de trouver des manières de les inclure au quotidien à l’intérieur de notre champ d’action, ce qui en fait un moyen à notre portée d’améliorer nos journées : en d’autres termes, d’augmenter le plaisir (donc le bien-être) et par là même de favoriser l’efficacité tout en diminuant le stress.

 

 

Besoins intangibles

 

Tout cela n’est pas une nouveauté en soi, nous avons déjà largement abordé le sujet par le biais du stress (Stress, la coexistence pacifique), par celui du bien-être (Construire le bien-être au travail) ou encore par celui du job idéal.

 

Ce qui est intéressant ici, c’est que c’est un point d’accès peut-être plus simple pour la plupart d’entre nous que l’accès par les besoins fondamentaux. D’abord parce que beaucoup confondent besoins fondamentaux et besoins physiologiques, ou encore besoins et envies, et ensuite parce qu’une question du type « et toi, c’est quoi l’expression spécifique de tes besoins fondamentaux dans le travail » semblerait un poil ésotérique à bon nombre d’entre nous !

 

D’autre part, on constate qu’il s’agit essentiellement de besoins plus intangibles que les besoins physiologiques ou de sécurité. Ainsi le sentiment d’être compétent peut être très variable selon les personnes: certains auront besoin de plus de formation ou d’encadrement que d’autres. Cet aspect est d’autant plus intéressant qu’il est moins modélisable et dépend essentiellement de la définition que chacun va mettre sur le mot qu’il a choisi. Ainsi, qu’est-ce qu’une bonne ambiance ou du partage?

 

 

 

Identifier ses besoins et les combler

 

Il y a aussi là une marge de manoeuvre pour chacun d’entre nous à identifier ces besoins et à élaborer des stratégies personnelles pour les combler, indépendamment de la prise en compte de ces besoins par l’entreprise. Et partir des ingrédients que nous avons spontanément mis sur la définition d’une bonne journée est un point de départ possible. On devine aisément les besoins qui se dessinent au travers des mots :

 

Besoins relationnels (liés à l’appartenance et à la reconnaissance) : esprit d’équipe, bonne humeur, relations, rencontres, échanges, écoute, interactions, humour, sourires,

Besoins d’accomplissement de soi, d’apprentissage et de compétences: stimulation, apprentissage, efficacité, innovation, réalisation, découverte, progression

 

Il y a donc un paquet d’avantages à repérer ces ingrédients. Ils permettent :

  • D’identifier nos propres sources de motivations
  • De trouver du sens à ce que nous faisons
  • De déterminer les limites au-delà desquelles l’exercice du métier devient inconfortable, voire insupportable
  • De poser des critères lors d’une transition de carrière
  • D’identifier les compétences relationnelles à développer
  • D’identifier les désirs d’évolution et d’apprentissage
  • D’identifier des pistes d’amélioration du quotidien professionnel
  • Etc.

 

 

Mini coaching : Les ingrédients d’une bonne journée

 

Vous avez plus de chances de baigner dans cet environnement idéal en le façonnant, voire en le créant, qu’en priant pour qu’il existe quelque part, aussi voici quelques questions pour réfléchir aux actions possibles :

 

Quels sont les trois éléments indispensables pour passer un bonne journée ?

En répondant spontanément à cette question, on se retrouve avec trois substantifs qui sont des concepts relativement vagues.

Chacun d’entre eux, que signifie-t-il, exactement ?

A quelles actions correspond-il ?

Qu’est-ce que ça vous dit sur les compétences relationnelles à développer pour poser ces actions?

Qu’est-ce que ça vous dit sur les compétences opérationnelles à développer pour poser ces actions?

Comment pouvez-vous en mettre davantage dans votre quotidien ?

Sur quels talents naturels pouvez-vous vous appuyer?

 

 

 

Merci à tous ceux qui ont partagé leurs 3 ingrédients d’une bonne journée!

 

@LedZep974 créativité, ponctualité, écoute

@oli_sixpack interaction, progression, passion

@ArianeGrumbach   liberté, passion, rencontre

@TatianaMarot  rencontrer, échanger, rire

@thierrycros plaisir efficacité rencontres

@Matthieu__r   innovation, échange, rire

@MontanardN Échange, bienveillance, cohésion

@grainsdebeaute Créativité, efficacité et jolies rencontres !

@lecairn rencontres, créativité, efficacité

@benlovaglio belles rencontres, l’aboutissement d’un projet, et de nouvelles idées , visions ou perspectives

@Axyome sérénité, leader, avancer

@Blogborygmes Envie, humour et chocolat !

@N_A_T_U_R_E motivation – réalisation – émulation

@rachrakel Créativité, sourire et succès

@myriam_roux collaborer – délivrer de l’impact – rire

@DStricher des Sourires – un projet – une équipe

@QuentinF_ Embaucher à 10h30, être tout seul au taf et écouter de la musique

@Carole_Fabre la bonne humeur le rire et la mission accomplie :)

@chrispeiffer Liberté, Sens et Découverte

@NathalieCartier droit de prendre des initiatives, télétravail et respect

@ojuncu échanges, utile, eurêka (plus “développé”: en connexion avec les autres, j’ai participé à créer un truc qui déchire )

@Caroline_Pro Envie, projet motivant, bonne ambiance.

@celinejunius rire, apprentissage, realisation

@FlorenceMKoenig discussion, dynamique et bonne entente ;)

@mireilleducreux Sens, reconnaissance, efficacité

@s_roger inspiration, connexion, élévation.

@jessplonge Échanges réussites bonne humeur

@ThourayaCoach Allégresse Action Stimulation

@CADIOU réalisation – partage – bienêtre

@celinemory énergie, assertivité, communication !

@Yvesh47 sourire, soleil et good job !

@LaurentLucca faire qq chose, voir qq chose, rencontrer qq1

@corinnedangas résoudre, transmettre, construire

@GaellePicut apprentissage, relations, efficacité

@MissBezou dynamique cordiale et diversifiée

 

 

 

 

 

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Bocal à con et manque de pot (2): l’auto-bocal

Sylvaine Pascual – Publié dans  Bien-être et estime de soi Compétences relationnelles

 

 

 

Que faire lorsque nous ne disposons pas des bocaux à con appropriés?  Nous avons vu ce qui se passe lorsque nous sommes à court de pots, voyons voir maintenant le cas de l’auto-embocalaison. Manque de bol suprême, elle consiste à avoir son auto-bocal en forme de tonneau des Danaïdes, un puits sans fond dans lequel enfermer l’étendue incommensurable de sa propre connerie, en mode dévalorisation, dans un formol qui a l’inconvénient de la conserver intacte.

 

 

 

L'aut-o bocal, c'est quand, à force de dévalorisation, on finit par se mettre soi-même dans un bocal à conAuto-bocal et dévalorisation

 

Se mettre soi-même dans un bocal à con, c’est se mettre la tête à l’envers à force d’estimer, en vrac, que nous sommes nuls, pas à la hauteur, incapables de ceci ou de cela, ces choses que, par ailleurs, les autres semblent parfaitement en mesure de faire.

 

La dévalorisation a ceci de sournois que pour beaucoup d’entre nous, emberlificotés dans notre héritage judéo-chrétien, elle se confond avec l’humilité, et nous l’avons apprise très tôt. Mais si la modestie – qui consiste simplement à ne pas la ramener avec ses accomplissements – est une jolie qualité, la dévalorisation qui consiste à ne pas reconnaître les dits accomplissements ou à minimiser à loisir notre responsabilité dans nos réussites, nous empêche de capitaliser sur nos talents et compétences et de pouvoir les mettre à profit dans d’autres situations.

 

Ce qui est bien dommage, car au passage nous évitons soigneusement de gagner en confiance en nous, c’est-à-dire en sentiment d’être en capacité de faire face à nombre de situations, puisque l’expérience ne nous accorde pas le développement des ressources internes. Par exemple, nous évitons ainsi d’apprendre à parler de nous-même avec aisance et fluidité, ce qui est pourtant bien pratique dans la vie professionnelle.

 

C’est cher payé puisque se valoriser est un simple mécanisme intérieur et personnel qui permet de renforcer nos ressources et ne nécessite pas un auditoire ébahi devant l’étendue de votre magnificence. Bref, il faudrait l’avoir bien saumâtre vis-à-vis de soi-même pour avoir envie de mariner dans un bocal auto-attribué, avec toutes les conséquences négatives que cela présente…

 

 

 

Auto-bocal et conséquences relationnelles

 

Cette propension à s’auto prendre pour un con pourrait être sans conséquence majeure, si nous étions des animaux moins grégaires, capables de vivre retirés du monde. Cependant, nos interactions constantes avec d’autres bipèdes sont profondément impactées par la dévalorisation. Et pas dans le bon sens.

 

 

Dévalorisation et tribu de victimes

Manque de bol: lorsque la dévalorisation s’exprime en mode victime, elle s’apprécie et se reconnaît en mode victime. C’est comme ça que les auto-rabaissés peuvent finir en club de dévalorisés, nageant en banc dans la dépréciation. Ca nourrit peut-être le sentiment d’appartenance, mais pas tellement l’estime de soi, car quand les dévalorisés parlent au dévalorisés, ils tournent en circuit fermé et en cercle vicieux, se cherchent sans fin des sauveurs et tombent trop souvent sur des persécuteurs. Et toute la tribu entretient sa mise en bocal.

 

 

Auto-bocal et corvéabilité

Manque de bol: la dévalorisation peut vous valoir des tentatives régulières d’embocalaisons, car à minimiser de la sorte vos accomplissements, les autres vous ont pris au mot, qui finissent par vous donner raison en vous prenant pour un con. Et pas n’importe quel con: un pauvre con incompétent et placardisable, un abruti corvéable à merci, victimisable jusqu’à la lie (l’allali ?).

 

Et vous voilà donc la proie de tous les persécuteurs du monde (rappelons que le comportement persécuteur est ordinaire et est à distinguer du harcèlement), qui vont s’empresser de jouer avec vous la valse des rôles relationnels, sous forme de petits jeux de pouvoir bien fatigants.

 

 

Auto dépréciation et opportunités ratées

Manque de bol: de la même manière, croire que les autres vont reconnaître notre valeur professionnelle à notre place, alors qu’on se traite soi-même de tous les noms, croire que se déprécier est une marque d’humilité qui sera remarquée, voilà deux illusions assez dommageables. Elles donnent lieu à tout un tas d’opportunités ratées, à l’origine de bien des frustrations et des déceptions:

 

  • Une promotion qui vous passe sous le nez parce que vous avez très peu fait valoir votre candidature et que Tartempion, lui ne s’est pas gêné.
  • Un positionnement en retrait qui fait que Tartempion remporte tous les lauriers de la réussite du dossier Duschmoll, alors que vous vous êtes démené.
  • Une posture victime qui donne aux recruteurs le sentiment que vous êtes une carne de foire plutôt qu’un pur sang de course.

 

 

 

Sortie de bocal : valorisation et estime de soi

 

Lorsque nous avons tendance à nous auto-enfermer plus souvent qu’à notre tour dans un bocal à con de grande taille, nous avons tendance à le faire en comparaison avec le reste du monde, forcément considéré comme meilleur, moins ci, plus ça, bref, plein de belles qualités là où nous en sommes fort dépourvus.

 

La comparaison ascendante qui nous amoindrit face à autrui qui est problématique, car pratiquée avec constance, elle ruine l’estime de soi avec autant d’efficacité que l’huile de vidange pollue la mare aux canards.

 

Tous ces manques de pot peuvent conduire à une certaine souffrance, alors plutôt que d’espérer sortir un jour tout neuf et tout changé de son bocal, autant se pencher sur la cause du problème. Car ce n’est pas tant la faute à pas de chance qu’une estime de soi fragile, faible ou incomplète qui est en cause. Or, renforcer l’estime de soi par la valorisation permet:

 

  • De gagner en aisance relationnelle (puisque nous avons moins peur de l’autre et de son regard qui tue).
  • D’avoir davantage conscience de ses propres mécanismes de réussite et de les transposer à d’autres situations.
  • D’avoir davantage conscience de ses qualités, capacités, talents et ressources et de s’appuyer dessus dans des situations nouvelles.

 

Rappelons à toutes fins utiles – autre pas de bol pour les pressés – l’excès rend la résolution difficile.  Elle commence, comme toujours, par une bonne dose d’auto-observation pour mesurer l’ampleur du manque de pot et déterminer la meilleure marche à suivre. Rappelons que, si une estime de soi ou une confiance en soi fluctuantes peuvent être renforcées en coaching, le traitement des causes de la très faible estime de soi passera sans doute le plus souvent par un travail thérapeutique que seul le psy est habilité à faire.

 

 

 

Mini coaching: sortir de l’auto bocal par la valorisation

 

La valorisation s’apprend, petit à petit, au travers d’une gymnastique mentale concrète qui passe par davantage d’acceptation de soi, d’introspection, de bienveillance vis à vis de soi-même, d’objectivation de nos accomplissements. C’est le plus souvent un travail de longue haleine, qui commence par une évaluation de l’ampleur de la situation :

 

Et vous, dans quelle mesure avez-vous tendance à vous dévaloriser ?

A vous juger durement vous-même, de préférence en vous traitant de tout un tas de noms d’oiseaux peu engageants ?

A minimiser vos réussites, à les attribuer à la chance ou à la facilité ?

A vous auto-critiquer pendant des heures pour votre manque d’à-propos, de répartie, de compétence, de ceci, de cela ?

A ruminer vos erreurs en mode « je suis nul, je n’y arriverai jamais » pendant des heures ?

 

Rappelons aussi qu’il n’y a pas d’outils universels, voici donc, en vrac, quelques ressources pour vous aider à mettre un pied curieux dans la valorisation. A vous de voir ceux qui vous conviennent, en expérimentant avec curiosité: cette sortie d’auto-bocal pourrait vous réserver des surprises de taille.

 

1- Explorer les mécanismes de valorisation et dévalorisation

Comprendre comment ils fonctionnent pour identifier les siens propres, dans quelles situations et avec qui ils s’expriment. Avant de les remplacer par une valorisation systématique, histoire de tirer les leçons de nos expériences.

 

2- Renouer avec ses talents naturels

Pour nous appuyer davantage sur noss mécanismes de réussite et apprendre à reconnaître l’expression de nos qualités.

 

3- Identifier ses valeurs motrices

Pour puiser aux sources de sa motivation intrinsèque des mise en action cohérentes avec nous-mêmes, fluides et réjouissantes.

 

4- Se parler à soi-même comme un voudrait qu’on nous parle

Histoire de commencer à se traiter soi-même un peu moins comme un con, mais au contraire avec un peu plus de bienveillance et d’acceptation de soi.

5- Combler ses besoins et se faire plaisir

Parce qu’une fois satisfaits, ils augmentent le sentiment d’être heureux et l’estime de soi. En effet, une personne qui entend et écoute ses propres besoins prend soin d’elle-même et peut aussi prendre soin des autres. Se faire plaisir participe du même mécanisme, le plaisir étant l’émotion chapeau de toutes les émotions positives.

 

6- Développer ses compétences relationnelles

L’amélioration des relations peut être un moyen de renforcer l’estime de soi, en particulier au travers de la satisfaction des besoins d’appartenance et de reconnaissance.

 

 

 

Voir aussi

 

Guide de survie aux abrutis: le bocal à con

Scrumday 2012: le bocal à con rencontre les pratiques agiles

Sortir d’un bocal à con en 10 étapes

Bocal à con, sérendipité et vitamines mentales

L’humilité et la reconnaissance au service du collectif

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

3 clés pour augmenter la confiance en soi

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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