Les ingrédients d’une relation professionnelle réjouissante

Sylvaine Pascual, publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Comme ce qui ne va pas fait partie des affaires urgentes à traiter, on parle plus facilement (moi la première) des abrutis de boulot, de ce qui rend les relations pénibles, stressantes, de ce qui les pourrit consciencieusement… et plus rarement de ce qui va bien, de ce qui les rend agréables, collaboratives, réjouissantes, nourrissantes. Penchons-nous donc sur les trois ingrédients d’une bonne relation, histoire de ré-équilibre ce qu’on veut et ce dont on ne veut pas.

 

 

Les ingredients d'une bonne relation de travail sont individuels

 

 

 

 

Le clonage comportemental ne favorise pas la relation (heureusement)

 

Bien entendu, il n’y a pas de caractéristique comportementale ou relationnelle à avoir ou pas, il n’y a pas de bonne façon d’être en relation, il y a des ingrédients qui fonctionnent pour nous avec notre entourage et d’autres qui ne fonctionnent pas. Certes, il vaut mieux sortir des rôles relationnels et éviter des comportements peu prosociaux comme l’hypocrisie, l’arrogance ou les jeux de pouvoir et il est assez clair qu’il y a des attitudes à éviter. Certes, l’écoute, la bienveillance, la courtoisie facilitent les relations professionnelles. Cependant, une fois mis de côtés les attitudes anti-relationnelles, il n’y a heureusement pas de recette universelle qui garantit de bonnes relations, à tous les coups, tout le temps. Ce qui nous évite d’être des repliquants émotionnellement formatés et fondamentalement dépourvus d’intérêt.

 

Il y a des combinaisons fascinantes de valeurs, de penchants, de préférences et de besoins, de traits de personnalité qui donne à chacun une façon d’être en relation aux couleurs uniques, une façon d’aimer et d’aimer être en relation qui lui est propre. De la même manière, l’interlocuteur professionnel idéal ne sera pas un portrait figé commun à tous et c’est une bonne nouvelle: non, le clonage comportemental n’est pas une solution anti-relations pourries, bien au contraire!

 

Une bonne relation de travail, c’est avant tout une rencontre entre deux individualités compatibles, à défaut d’être nécessairement semblables et le lissage de la personnalité en fonction des canons comportementaux du moment est une absurdité.

 

comment se pourrir soigneusement les relations?

 

 

 

Chacun cherche son chat (siamois?)

 

Ce que nous aimons, supportons, ou rejetons chez les autres correspond avant tout à ce que nous sommes et les critères d’une bonne relation professionnelle sont essentiellement individuels. Certains supporteront très bien les pleurnichards et pas du tout les arrogants. Certains rechercheront avant tout la loyauté et la fiabilité là où d’autres voudront de l’écoute ou de la performance. Certains détesteront les béni-oui-oui, les mous de l’opinion là où d’autres apprécieront nuance et modération. Bref, il y en a pour tous les goûts.

 

Et en même temps, nous sommes persuadés que tout le monde cherche la même chose que nous, raison simple pour laquelle nous avons parfois tellement de mal à nous comprendre, puisque c’est sacrément faut! Les motivations relationnelles des uns et des autres peuvent être discordantes et parfois même nous mettons des mots différents sur un même comportement (deux de mes clients ont une description parfaitement identique ce ce que l’un appelle “rigueur” et l’autre “discipline”), ou encore nous comprenons dans un même mot des comportements différents!

 

Parfois, nous apprécions des relations plutôt complémentaires: un aller vers parce que nous sommes évitez de, un introverti parce que nous sommes extraverti, quelqu’un qui ne va pas hésiter à nous confronter parce que le bourre-pif est collaboratif, par exemple.

 

Parfois aussi, nous recherchons ces siamois de nous-mêmes, qui fonctionnent pareil et pensent pareil, qui partagent nos valeurs et participent ainsi de notre sentiment d’appartenance et de reconnaissance. Et avec qui nous croyons que nous allons immanquablement avoir une bonne relation. Nous pouvons alors avoir tendance à rejeter des différences qui nécessitent un effort de bienveillance et de compréhension.

 

Une bonne relation de travail: siamois de moi-même ou complémentaire?

 

 

 

 

Nul n’est tenu de s’entendre avec tout le monde

 

Qu’il n’y ait pas de façon idéale d’être en relation est une bonne nouvelle: cela signifie qu’une fois calmée la peur qui génère tant de comportements imbéciles et de jeux de pouvoir, on peut faire boutique de ce qu’on a, sur le plan des relations professionnelles. S’accepter tel que l’on est, s’appuyer dessus pour construire des relations avec naturel et simplicité, plutôt que des relations empruntées et faussement empruntées.

 

Et à l’heure où le tout collaboratif est en passe de devenir la nouvelle dictature, il est temps d’accepter que nous ne sommes pas câblés pour collaborer avec tout le monde, mais avec certains types de personnes et dans certaines circonstances. Encore une fois, c’est la connaissance de soi qui va déterminer la façon dont nous sommes en relation et dont nous collaborons au travail, pas les injonctions comportementales.

 

Autant aller observer de les recoins de nous-mêmes où se cachent nos besoins et nos aspirations relationnelles, nos traits de personnalités pour en déduire les ingrédients d’une bonne relation de boulot, peut-être d’ailleurs en fonction du contexte, car nous n’attendons pas forcément la même chose de toutes nos relations professionnelles. Ma définition du client idéal, en termes relationnels, diffère assez de celle de mes partenaires potentiels.

 

L’affaire demande un brin d’objectivité pas toujours simple à cultiver, le regard sur soi étant souvent biaisé par la crainte de ce qu’on pourrait y trouver. Je me souviens d’une consultante en management, merveilleusement hypocrite et habile en jeux de pouvoirs, qui disait “ce que j’attends d’une relation, c’est juste de pouvoir aider et collaborer” et qui cherchait à imposer ses points de vue tout s’appropriant, l’air de rien, la pensée des autres.

 

accepter qu'on ne peut pas collaborer avec tout le monde

 

 

 

Des mots sur ce que nous voulons dans nos relations

 

Nous savons en général de quel bois sont faits nos abrutis personnels, les profils que nous préférons fuir ou dont nous aimerions nous préserver. Personnellement les hypocrites me fatiguent, les parasites qui gravitent me hérissent le poil. Et si je vous pose la question, je suis prête à parier un week-end à Dubrovnik contre une tringle à rideau que vous saurez me répondre du tac au tac.

 

En revanche, nous avons souvent plus de mal à mettre des mots sur ce que nous attendons dans nos relations, et nous restons très vagues en pensant être très clairs avec un brin plus de précision que des termes tels que “ben, des gens normaux, quoi” (ce qui signifie des gens comme celui qui parle), “respect” (s’il y a bien un mot qui ne veut plus rien dire, c’est bien ce respect) ou politesse.

 

Dans une enquête sur la vie de bureau, Régions Job dresse un top 3 des qualités les plus recherchées: compétent, sympathique et drôle. Sympathique et drôle, là encore, on baigne en plein flou artistique. Moi aussi j’aime bien les gens sympathiques et drôles! Mais qu’est-ce que ça signifie au juste? Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’un quidam est sympathique, qu’il est drôle, respectueux, courtois, agréable, à l’écoute, intéressant, intelligent, sociable, accessible, sincère, sensible, humain etc?

 

Comprendre le rôle de sauveur pour mieux en sortir

 

Nous avons tendance à mettre des valeurs sur ces mots-là et ils restent à l’état de concepts, dont on sait bien qu’ils n’engagent que ceux qui les élaborent. En d’autres termes: parle-moi “respect” et je ne risque pas de savoir qui tu es… ni ce que tu veux, ce que tu attends de moi, ce que tu acceptes ou pas.

 

Derrière ces valeurs se cachent des actions, des comportements précis que nous apprécions particulièrement et qui, lorsque nous y sommes confrontés, suscitent le meilleur de nous: face à eux nous devenons collaboratifs, motivés, impliqués bref, heureux et efficaces. Les définir clairement permettra ensuite de les rechercher, de s’appuyer dessus, par exemple pour recruter son futur boss, pour choisir ses clients et ses partenaires, pour éviter d’être mis en binôme avec un collègue incompatible

 

Quelles sont les trois qualités les plus essentielles à vos yeux, qui définissent l’interlocuteur professionnel idéal?

Quelles actions concrètes, quels comportements précis traduisent ces qualités?

Dans quelle mesure exprimez-vous vous-mêmes ces qualités?

 

Chacun d’entre nous a ses ficelles relationnelles qui, si l’interlocuteur en joue, suscitent le meilleur de nous-mêmes et nous rendent heureux, potentiellement performants et collaboratifs, nous donnent un sentiment d’appartenance et de reconnaissance, et participent de notre sentiment de bien-être, de satisfaction et de sens.

 

Quelles sont les vôtres?

 

Pourquoi trois? Comme ça, à la louche. Trop, et nous voilà exigeants comme des recruteurs, prêts à jouer de la fin de non recevoir au premier manquement. Pas assez et nous voilà peu préoccupés de nos besoins sociaux-affectifs, au détriment de notre bien-être relationnel.

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles: politesse et amabilité

Courage et responsabilisation: cesser de voir des fautifs partout!

Relations au travail: et la gentillesse bordel?!

Meilleur de soi, pire de soi et pomme de discorde

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Relations, bien-être: le bruit et la fureur (2)

La lecture émotionnelle au service des relations

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez renforcer vos compétences relationnelles et les mettre au service de vos aspirations professionnelles? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

10 façons de passer un bel été

Sylvaine Pascual, publié dans : Bien-être et estime de soi / Vie professionnelle

 

 

 

Enfin l’été! Nous les avons tant attendus, ces jours qui rallongent, annonciateurs de bonheur estival, synonyme d’humeur égale, d’expériences séduisantes, de moments de convivialité décontractée, de calme blanc au boulot. Mais à sortir trop vite le soufflé du four, le voilà qui retombe! En vertu du principes que nos déceptions sont à la mesure de nos attentes passives, passons à l’action poir nous élaborer des été aux petits oignons!

 

 

passer bel été

 

 

 

 

L’été, le week end de l’année

 

Chaque année, c’est la même chose ! Juin arrive avec ses journées lumineuses à rallonges et ses promesses d’un bel été, vite rattrapées par la réalité : il va au final ressembler à l’été précédent, un été en demi-teinte, bien loin de nos souvenirs d’enfants.  Juin est un peu le vendredi de l’année, au même titre que juillet et août en sont les samedi et dimanche. Et nous les ratons de la même manière, avec au soir de notre été, les mêmes regrets qu’en fin de week end : le sentiment de ne pas être tellement reposés.

 

voila étéÇa me rappelle une chanson des inimitables Négresses vertes, à la fin des années 80, qui évoque les promesses de l’été:

 

 

Voilà l’été, j’aperçois le soleil
Les nuages filent et le ciel s’éclaircit
Et dans ma tête qui bourdonnent,
Les abeilles !
J’entends rugir les plaisirs de la vie

 

C’est le retour des amours qui nous chauffent
Les oreilles, il fait si chaud
Qu’il nous pousse des envies
Qu’il le bonheur rafraichie d’un cocktail
Les filles sont belles et les dieux sont ravis.

 

Bref, tout un programme. Qui a tôt fait de tourner vinaigre!

 

Toujours l’été c’est pas du superflu
Il fait trop chaud, l’soleil m’abasourdit
Rillettes sous les bras j’avance dans la rue
J’pense à ces cons qui s’font chier dans l’midi
Tous ces torche-culs qui vont cuire dans leurs jus
Tous ces noyés, la mer quelle saloperie
Et sur les routes le danger ça vous tue
Vivement l’automne, je me sens tout aigri.

 

Voilà donc qui résumerait 30 ans d’étés, ratés, sacrifiés sur l’autel de quoi donc, d’ailleurs? Parce qu’après tout, il ne tient qu’à nous qu’à faire de notre été une saison réjouissante et décontractée. Et la question ici est donc bien de passer un bel été, pas seulement de passer de belles vacances !

 

 

 

10 façons de passer un bel été

 

L’été, c’est le temps des récoltes, le temps des fruits, le temps des vacances : c’est une saison propice à:

 

  • Evaluer, faire des bilans, réfléchir 
  • Savourer, profiter
  • Se détendre, décélérer

Partant de ces trois aspects saisonniers, voici 10 pistes pour vous garantir à vous-mêmes un été reposant, jubilatoire et énergisant!

 

 

 

1- Ralentir

Rien de plus simple que d’associer été et doigts de pieds en éventail a bord de la piscine, à siroter mollement un cocktail avec un parasol dedans. Ou d’ailleurs, doigts de pieds en éventail après avoir enlevé ses chaussures de montagne et siroter un pastis bien mérité en regardant le soleil descendre derrière les cimes.  Mais ce sont là des lenteurs de villégiature que, potentiellement, on peut s’octroyer chaque année. Mais on peut aussi aller plus loin: l’été dans son intégralité se prête à un ralentissement plus généralisé, dont vous pouvez ainsi expérimenter les bénéfices, en termes de bien-être et d’efficacité, pour ensuite ralentir… toute l’année !

Profiter des vacances pour réapprendre à glandouiller, à revasser

 

 

2- Prendre du recul

L’idée est de s’éloigner de son arbre pour mieux le regarder, dans ses détails comme sa globalité. Car l’arbre du quotidien finit par cacher des forêts de dossiers à traiter, qui génèrent de l’agacement, de l’inquiétude, de la fatigue, bref, du stress. L’été se prête aussi à un ré-apprentissage salutaire : se détendre, décompresser et s’apaiser, réfléchir en toute quiétude et nous ressourcer abondamment, histoire d’être en mesure d’observer tous nos dossiers à traiter avec une distance émotionnelle bienfaisante et concocter des solutions à mettre en œuvre à la rentrée.

Quelques pistes pour prendre du recul pendant l'été

 

 

3- Réfléchir à son avenir professionnel en mode décontracté

Il ne s’agit évidemment pas d’emmener le top 10 des publications management de l’année pour les ingurgiter sur la plage. Vous avez déjà de fortes chances de passer un été en demi-teinte, n’en rajoutez pas avec des bonnes résolutions estivales.  Il s’agit de prendre le temps de réfléchir à cette transition de carrière ou à ces changements professionnels qui vous titillent depuis quelques mois, parce que justement, du temps, on a le sentiment d’en avoir plus l’été. La baisse d’activité au travail, les enfants envoyés chez leurs grands-parents, les journées plus longues, tout cela libère à la fois du temps et de l’espace mental, du temps de cerveau disponible que vous pouvez enfin vous autoriser à ne vendre qu’à celui qui en a le plus besoin : vous-même. La réflexion d’été, parce qu’elle est plus sereine et plus décontractée, est souvent plus porteuse.

Vous avez une vague envie de changer de boîte, de métier, de vous mettre à votre compte ? C’est un moment idéal pour sortir l’idée de son tiroir et l’explorer en toute tranquillité.

Vous estimez que votre job a besoin d’un bon décrassage pour retrouver du sens et du plaisir au travail générateurs de motivation et d’entrain? C’est le moment d’évaluer les points d’insatisfaction et de préparer les changements à mettre en oeuvre en automne:

reconversion, transition, quel que soit le projet professionnel, l'été est un bon moment pour y réfléchir

 

 

4- Eviter de rater ses vacances

Chaque année, c’est formidable, je vois autour de mois des gens qui vont passer des vacances épatantes dans des endroits de rêve, depuis les trois semaines aux Seychelles jusqu’au trek en Inde, en passant par le séjour tranquille dans la maison familiale. Et qui attendent impatiemment le départ, dans l’espoir de laisser derrière eux soucis professionnels et contraintes quotidiennes.

 

Et je vois des tas de gens qui rentrent un peu fourbus, au terme de vacances qu’ils espéraient formidables et qui se sont passées, en demi-teinte, au mieux fades, au pire plombées par les sollicitations des collègues, la difficulté à déconnecter, les contraintes réinventées, les choix en forme de stratégie d’échec. Pour réussir ses vacances et s’assurer de rentrer ragaillardi, requinqué et regonflé, rien de tel que de savoir comment être certain(e) de les foirer:

Déconnecter sans culpabiliser pendant les vacances

 

 

5- Renforcer ses compétences relationnelles

L’été c’est l’occasion de tous les dangers… relationnels. Les querelles d’amoureux parce qu’on supporte pas belle-maman et que franchement Chéri(e)-Chéri(e) lui passe tous ses caprices, les ados qui sont plus difficiles chaque année et ne semblent avoir maîtrisé qu’une seule chose dans la vie, l’art de faire la gueule, les copains avec qui on s’attendait à passer des vacances de rêve mais qui se révèlent ne pas du tout avoir le même mode de vie… les ratés relationnels en vacances, c’est le meilleur moyen de se gâcher tout l’été.

 

Alors c’est peut-être l’occasion de travailler l’affirmation de soi, sereine, respectueuse et décomplexée, histoire de désamorcer d’éventuels conflits et de favoriser l’intelligence collaborative au sein même se sa petite tribu:

 

  • Se mettre d’accord sur les règles de vie commune et les faire respecter
  • Exprimer ses envies et ses besoins
  • Accueillir les envies et les besoins des autres
  • Concilier les envies et les besoins de tous
  • Fixer des limites quand c’est nécessaire

C’est donc l’occasion de tester d’autres façons de communiquer, si peu exploitées et pourtant si efficaces, vous savez, celles sur lesquelles vous avez passe 25mn lors de votre dernier séminaire de formation “communication et management (ou leadership)”, que vous avez trouvées géniales mais que vous n’avez jamais testées (because de toute façon, rien ne marche avec Jean-Fabien, quelle tête de pioche ce môme). Bref, quand vous déciderez de vous y mettre et que vous parviendrez à gérer vos ados, vous serez aussi en mesure de manager vos collaborateurs, vos pairs et vos N+tout ce que vous voulez et même cet empaffé de Bichtouille, qui est forcément un manipulateur pervers.

Pratiquer chaque jour une communication bienveillante, respectueuse de soi et d'autrui

 

 

6- Vitamines mentales estivales : Réapprendre à s’émerveiller

Souvenez-vous de vos étés d’enfant… Cet émerveillement, autant dans l’attente des vacances tant espérés que dans le séjour lui-même, a sans doute laissé des traces en chacun de nous. Je me souviens de l’odeur de la confiture de mûre qu’on faisait chez ma grand-mère, après s’être soigneusement écorchés dans les ronces qui séparent les vignes, des figues qu’on mangeait chaudes dans l’arbre, des amandes qu’on cassait avec des cailloux… Je me souviens aussi  du parfum de l’aube, à la montagne, du bleu des crépuscules et du goût des côtelettes d’agneau que mon père faisait griller sur des barbecues toujours improvisés (à la catalane, quoi).

 

Il ne s’agit pas de vous encourager à la nostalgie du paradis perdu, mais plutôt de vous rappeler des émerveillement si facile de nos jeunes années pour remettre de l’enfance dans nos étés et réapprendre à nous émerveiller des petites et grands expériences que nous y faisons. De goûter l’été comme un fruit mûr et d’en savourer la générosité sur nos papilles émerveillées. Parce que c’est bon pour l’humeur et ça nous accumule des vitamines mentales dans la cafetière.

réapprendre à s'emmerveiller pour engranger de l'énergie

 

 

7- Vitamines mentales estivales : Changer ses habitudes

Les soirées sont longues, le temps est beau, l’été, c’est aussi l’occasion de changer ses habitudes et de redécouvrir, entre autres, combien il fait bon dehors. Travailler à l’extérieur,  redécouvrir le plaisir des pique-niques, d’une partie de foot improvisée sur l’esplanade derrière la maison, prendre un pot en terrasse après le boulot, aller se balader dans la forêt le soir en semaine, sortir la télé dans le jardin (s’il faut vraiment la regarder), il y a mille et une manières de profiter de l’été en changeant un brin nos habitudes et en profitant de chaque instant de temps clément: faisons preuve d’imagination!

D’autre part, c’est une saison idéale pour la contemplation autant que pour les instants de convivialité: c’est le moment de questionner les habitudes prises et de ré-apprendre, ne serait-ce qu’un peu, à déconnecter et à revenir dans les plaisirs de l’instant présent:

Prendre un instant pour admirer la poésie du monde

Et au boulot, bousculer ses habitudes, ça peut aussi être expérimenter de nouveaux rythmes, explorer les tiers-lieux de travail etc.

 

8- Eviter de se pourrir la rentrée

Sérieusement, s’il y a bien un truc qui m’épate chaque année, c’est la propension à se pourrir la rentrée si répandue, si systématique et pourtant si évitable. Septembre, c’est encore l’été et à l’instar de ces dimanches soirs sinistres que nous passons à repasser la chemise du lundi et à ressasser les lendemains moroses, nous mettons parfois un zèle consommé à en faire un enfer estampillé « stress de la rentrée ».

 

Nous commençons dès le retour de vacances par anticiper avec anxiété obligations, impératifs et contraintes incontournables qui s’égrènent tout au long de septembre, comme les fausses notes aigrelettes d’un violon désaccordé.  Bye bye les flonflons de juillet, nous voilà bien de retour à la triste réalité. Et pour en rajouter une louche, voilà qu’on prend des bonnes résolutions! Clairement, une fois qu’on s’est pourri septembre, toute l’énergie accumulée pendant l’été s’est envolé. Dire qu’il va falloir attendre l’année prochaine pour revenir faire la fête aux crustacés…

 

Ou pas ! Car hauts les cœurs, lecteurs fidèles, nul n’est condamné à des rentrées stressées et énergivores, quelques changements, y compris de percetion, suffisent. Comme peut-être admettre qu’Agathe, 13 ans, est capable de s’inscrire toute seule à son cours de dessin, vous libérant ainsi de faire la queue au forum des associations. ET comme pour les vacances, apprenons de nos erreurs:

10 trucs infaillibles pour rater sa rentrée

 

 

9- Se mettre en mode coaching d’été dès juin

Et maintenant que vous avez testé sur quelques dimensions de votre été, l’année prochaine vous anticiperez et vous mettrez au coaching d’été dès juin, pour concocter une saisons estivale délectable dans toute sa durée:

L'été: la saison des bilans et de la réflexion en mode décontracté

 

 

10-  Et si vous êtes entrepreneur, apprenez à profiter de la baisse d’activité estivale

Angoisse classique de l’indépendant et qui peut, potentiellement, lui gâcher une bonne partie de l’été, celle générée par la baisse d’activité. Pour que l’inquiétude ne vous rende pas amer et désabusé, au risque de transmettre votre morosité à un entourage qui ne vous sera pas du tout reconnaissant, Voici quelques moyens de gérer le ralentissement économique de l’été:

entrepreneurs gérer la baisse d'activité en été

 

 

Je vous souhaite un bel été!

 

 

Voir aussi:

 

Carrière: que faire pendant les vacances pour avancer professionnellement?

Tous en short! Les hommes, la chaleur et les codes vestimentaires

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez profiter de l’été pour entamer une réflexion sereine sur votre désir de transition professionnelle ou de changement au travail? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Courage et responsabilisation: cesser de voir des fautifs partout!

Sylvaine Pascual – Publié dans: Bien-être et estime de soi / Compétences relationnelles

 

 

Combien d’entre nous, dès lors que quelque chose ne fonctionne pas comme la mécanique bien huilée que nous imaginions en résultat logique de nos louables efforts, s’empressent de chercher à qui la faute ? Combien d’entre nous sont des reprochards* compulsifs, pointeurs  et receveurs de doigts accusateurs ? Probablement tous, à des degrés divers. Voici pourquoi c’est une sacré fausse bonne idée relationnelle et comment dépasser ce penchant contre productif.

 

 

Chercher un fautif, pointer du doigt pour dédétourner l'attention de soi

 

 

 

Fleur fragile pointe du doigt et craint le doigt pointé

 

Nous sommes tous prompts à pointer du doigt ce fautif impardonnable responsable des situations déplaisantes dans lesquelles nous nous retrouvons, histoire de détourner l’attention (la nôtre comme celle des autres) de notre propre part de responsabilité. En vertu du principe de la paille dans l’œil du voisin, c’est plus simple d’admonester, de désapprouver, de chapitrer autrui que de balayer devant sa porte.

 

Pourtant, nous sommes tous des fleurs fragiles, n’en déplaise à l’image de supermen et de superwomen que nous aimerions donner, nous sommes tous délicats et vulnérables, en particulier aux doigts accusateurs qui nous accusent de tous les maux. Bref, nous faisons aux autres ce que nous n’aimons pas qu’on nous fasse, nous nageons en pleine incompétence relationnelle;)

 

Brené Brown, dans cette jolie vidéo, dissèque avec bienveillance les dessous peu affriolants de la recherche systématique d’un coupable.  Chercher et professeur à l’université de Houston, elle s’est fait connaître auprès du grand public au travers de sa conférence TED Le pouvoir de la vulnérabilité.

Elle démontre ici comment la tendance à chercher le fautif nous coupe de la responsabilité et nuit à nos relations.

 

 

 

 

 

Chercher le fautif  pour soulager son propre malaise

 

Parce que les exemples sont souvent parlant, Brené Brown explique qu’elle avait demandé à son mari de rentrer à 22h parce qu’elle n’arrive pas à s’endormir lorsqu’il n’est pas là. Il rentre à 22H30 et le lendemain matin, lorsqu’elle laisse sa tasse de café lui échapper des mains, que celle-ci vole en éclat et macule son pantalon blanc, ce qui lui vient à ‘esprit, c’est que c’est la faute de son mari qui est rentré tard et qu’elle n’a pas eu le sommeil nécessaire. Cet exemple, hilarant d’absurdité, nous renvoie tous à des pensées que nous avons eues, à des reproches déconnectés de la réalité que nous avons faits, à des jugements noir-et-blanc bien étriqués que nous avons formulés.

 

Renvoyer la faute sur quelqu'un d'autre, c'est nier sa propre responsabilité

 

 

Pourquoi avons-nous tendance à chercher le fautif où qu’il se niche ? La recherche a montré que ce penchant est un simple moyen de nous soulager du malaise, un exutoire à la colère, à l’énergie négative. Et nous allons même jusqu’à préférer nous blâmer nous-mêmes plutôt que de ne trouver aucun fautif, parce pointer du doigt nous donne un sentiment de contrôle censé contrebalancer ce malaise.

 

Mais dans les deux cas, c’est le contraire qui se produit, car  au final, c’est un piège relationnel, autant dans la relation à soi qu’à l’autre : la recherche du fautif déforme la réalité, nous dévalorise, nous dépouille de notre empathie, nous coupe de l’autre et de la possibilité de nourrir notre courage, le courage de nous regarder en face. Nous finissons par reprocher aux autres nos manquements et par nous blâmer nous-mêmes de problèmes des autres.

 

Ajoutons à cela qu’entre pointage du doigt et mise à l’index, il n’y a qu’un pas, franchi parfois avec force médisance et jugement péremptoire, qu’il y a des bouc-émissaires faciles et qu’on finit rapidement par distribuer des pommes de discordes plutôt que le meilleur de soi. Et que tout cela manque considérablement de panache relationnel!

 

 

La peur et ll'égo, vers dans le fruit de nos relations

 

 

 

 

Le courage de la responsabilité

 

Ceux qui ont tendance à abuser du reproche, constate la scientifique, ont rarement le courage de réellement demander des comptes à ceux qu’ils tiennent pour responsables, parce qu’ils dilapident leur énergie dans l’expression de leur colère et la recherche du fautif.

 

La responsabilité, par définition, rend vulnérable. Elle consiste à reconnaître nos propres manquements, limités et erreurs. Elle nous expose aux jugements des autres et à leur reprochardise. Et c’est bien en cela qu’elle est courageuse et démontre – autant qu’elle nécessite – une solide estime de soi. C’est elle qui va nous permettre d’assumer réellement note part de responsabilité et elle aussi qui nous encourage à dire ce que nous avons vraiment à dire au lieu de chercher le fautif,  de lui dire « je me suis senti très mal dans cette situation » puis d’en parler, au lieu de l’agonir de reproches, de désapprobation et d’admonestation.

 

Chercher le fautif pourrit les relations et entrave l’empathie : lorsque nous entendons une histoire, nous n‘écoutons pas, notre esprit se précipite sur les liens de causes à effets qui pourraient déterminer l’origine de la faute, pointer du doigt cet autre qui servira aussi à détourner l’attention de nous. Car à force de chercher les fautifs, nous pensons aussi que les autres cherchent systématiquement les imparfaits, les responsables, les coupables et qu’ils pourraient bien nous désigner nous. Aaah, cercle vicieux, quand tu nous tiens !

 

 

 

 

Cesser de chercher le fautif et favoriser le lien à la place

 

Le site Psychcentral propose une méthode intéressante pour dépasser notre tendance à chercher le fautif.

 

  • Repérer nos moments reprochards : qu’ils soient focalisés sur autrui ou sur nous-mêmes et observer comment ils nous servent à évacuer l’énergie négative suscitée par la situation. Comment vous sentez-vous juste après ? Etes-vous réellement soulagés ? D’autres énergies négatives s’immiscent-elles en vous ?
  • Repérer les moments reprochards des autres : remarquez-vous le malaise qui les précède ?
  • Ce repérage, qu’en retirez-vous ? Que remarquez-vous ?

 

J’y rajoute quelques éléments issus de la lecture émotionnelle, qui m’est chère, tant il peut être libérateur d’écouter ses émotions au lieu de chercher par tous les moyens à s’en débarrasser. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : l’énergie négative dont nous croyons nous soulager, ce sont des émotions qui génèrent un inconfort moral et physique que nous n’avons pas appris  traiter. Nous cherchons donc des exutoires. Pourtant, tant que l’émotion indicatrice d’un besoin mal comblé n’est pas entendue et traitée, elle reviendra dans toutes les situations similaires. Alors plutôt que de mettre le terme “stress” dessus, recours facile et vague qui nous éloigne de nos sentiments mieux vaut:

 

  • Ecouter l’émotion : ce sentiment qui vous pousse à pointer du doigt, s’agit-il d’agacement, d’énervement (lutte), d’inquiétude, d’angoisse (fuite), de tristesse, de découragement (repli)?
  • En déduire les besoins à combler : en fonction de l’état de défense, identifier ce dont nous avons vraiment besoin pour traiter le problème.
  • Les transformer en action à mener : il peut d’agir d’une demande à faire, d’une information à aller chercher, d’anticiper des solutions, de partager un ressenti etc.

Ce qui peut donner quelque chose de l’ordre de:

 

  • si vous êtes en lutte, vous avez peut-être besoin de clarifier les résultats précis que vous voulez obtenir et le cas échéant, trouver des moyens non violents de l’exprimer.
  • Si vous êtes en fuite, vous avez peut-être besoin d’identifier des options possibles, d’établir les étapes vers ce que vous voulez.
  • Si vous êtes en repli, vous avez peut-être besoin de comprendre ce qui s’est passé pour déterminer la direction à suivre.

 

triplette élégance relationnelle

 

En s’appuyant sur la communication non violente et les demandes assertives, nous pouvons ainsi aller vers une jolie triplette prosociale nous débarrasser d’éléments corrosifs de la relation et exprimer sereinement ce qui nous tient vraiment à cœur. Il suffit d’avoir le courage de parler de soi au lieu de pointer du doigt 😉

 

 

*Je sais, la mode est à la soumission au Globish dominant par l’adoption de tout terme nouveau issu d’une langue que Shakespeare ne reconnaîtrait pas. Je préfère emprunter à la linguistique de la Perfide Albion sa propension à l’invention sémantique et à la transcrire dans ce bon vieux français pour lequel j’ai de l’affection.

 

 

 

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Meilleur de soi, pire de soi et pomme de discorde

Sylvaine Pascual – Publié dans : Compétences relationnelles

 

 

 

L’histoire de la pomme de discorde est édifiante. Car dans l’affaire, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ! Ou comment un échec collectif se joue à mesure que le bénéfice individuel l’emporte sur le bien commun… et où chacun donne le pire de lui-même en espérant le meilleur. Pas classe, les Dieux grecs, aussi pour ne pas rejouer la guerre de Troie, voyons voir comment ne pas en prendre de la graine.

 

 

 

La peur et ll'égo, vers dans le fruit de nos relations

 

 

 

Bénéfice personnel: le ver dans le fruit des relations

 

J’aime bien la mythologie. Prenons la grecque, par exemple, où l’Homme n’est pas fait  à l’image de dieu (ce qui est très rassurant), mais où les dieux sont faits à l’image de l’Homme (ce qui ne l’est pas du tout) : les mêmes peurs, les mêmes roublardises, les mêmes faiblesses, la même dose d’égocentrisme imbécile. C’est bien la peine d’avoir des super pouvoirs ! Et l’histoire de la pomme de discorde est une métaphore fascinante de ce qui se passe partout, tous les jours, y compris dans nos entreprises. Elle est la représentation saisissante de la façon dont l’individualisme se transforme en bêtise relationnelle, véritable ver dans le fruit de nos relations et engendre des conflits majeurs et des échecs retentissants.

 

 

 

L’Olympe, royaume de l’inélégance relationnelle

 

La pomme de discorde, c’est donc le fiasco du mariage de Pélée et Thétis. L’entreprise Olympienne se réunit pour fête la fusion de deux départements mineurs de la boîte, en présence des grosses pointures. Et hop! Nous voilà plongés au cœur des comportements foireux:

 

  • La tentation de la facilité: de la part de Pélée et Thétis, ce n’était pas malin-malin d’inviter tout le monde sauf la déesse de la discorde : à vouloir la jouer facile et s’éviter la mégère à la fête, voilà qu’ils ont ouvert la boîte de Pandore.
  • La tentation du chien de la chienne: il n’était pas très juste que tout le monde soit invité au pot sauf Eris. On a beau bosser dans une département pas glamour, ce n’est pas une raison pour être mise à l’écart. Alors pour ne pas jouer les serpillières, la voilà qui ourdit un plan bien vachard, plutôt que de se remettre en question ou de faire preuve d’un poil d’affirmation de soi.
  • La tentation de la gloire: la pomme d’or marquée « à la plus belle », c’est la sournoise award de l’employée de l’année dans la petite entreprise Olympienne et il n’en faut pas plus pour qu’Héra, Athéna et Aphrodite se mettent à jouer les poucrelles prêtes à se crêper le chignon pour un titre qui ne rend pourtant grâce ni à leur intelligence ni à leur efficacité professionnelle. Tu as beau être une déesse de la guerre, quand le monde te renvoie que tu dois surtout être belle, bêtement tu saisis la balle au bond, alimentant l’affaire, au lieu d’aller jouer sur des terrains plus nobles. La co-responsabilité est fascinante dans les discriminations sexistes !
  • La tentation de la facilité managériale :Zeus, dont les compétences managériales ont oublié d’inclure le courage et fleurant la vilaine affaire, n’a pas envie de s’enquiquiner avec les querelles potentielles de ses collaboratrices et délègue l’affaire illico presto, probablement plus préoccupé d’harceler Sémélé ou Europe, avant de les refiler à un chef de service. Pas classe, le patron.
  • La tentation du bénéfice personnel: Pâris, voyant une opportunité de profit personnel, fait son cuistre et au mépris de la plus simple des élégances relationnelles, fait un choix à son seul bénéfice, qui aura les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Tout ça ne démontre pas une intelligence relationnelle divine, mais plutôt de comportements parfaitement dans la moyenne,, pile au niveau de l’amer. C’est le reflet spectaculaire des petits jeux de pouvoir si fréquents au travail. Si ce n’était pas des dieux, l’affaire n’aurait jamais fait grand bruit : elle se joue trop régulièrement pour mériter un entrefilet dans la Gazette du quotidien des entreprises.

 

 

meilleur de soi pire de soi

 

 

 

Tentation et pire de soi : l’illusion de reconnaissance

 

Ce début de tragédie grecque, c’est le bal des individualistes où personne ne fait tapisserie et les bévues et boulettes relationnelles que cela entraîne mériteraient bien des cartons jaunes. Parce qu’au final, si la pomme de discorde sème augustement le conflit, elle a aussi une autre caractéristique, tout aussi intéressante. Comme il est dit dans la rigolote série The Librarians, elle réveille le pire de nous-mêmes face à la tentation. Tentation du pouvoir, de la renommée, de la gloire, du bénéfice personnel qui vient piétiner le bien commun (Zeus, Pâris, franchement ?) et déclenchent la méchanceté, l’égoïsme, l’individualisme, la bêtise, le désengagement, la trahison, la sournoiserie, la manipulation. Dès lors que l’illusion d’amour et de reconnaissance déguisée en graal de la satisfaction de nos besoins est à portée de main, nous voilà capables du pire de nous-mêmes.

 

 

meilleur de soi pire de soi 2

 

Car c’est bien là que tout se joue. Que le bénéfice soit de l’ordre du compte en Suisse ou de la gloriole-minute, l’illusion de reconnaissance nous plonge dans le pire de nous un peu comme dans le temps on plongeait les truands dans les ports : avec un parpaing aux pieds.

 

 

 

 

Pire de soi: la peur, mère des comportements incivils

 

La tentation du bénéfice personnel sans considération pour les dommages collatéraux est le reflet de la peur de ne pas satisfaire nos besoins fondamentaux d’appartenance et de reconnaissance. Peur de l’autre, peur de ne pas exister, de ne pas être entendu, écouté, pris en compte, reconnu à sa juste valeur, accepté, aimé. Peur de ne pas avoir les capacités à obtenir ce que nous voulons ou ce dont nous avons besoin.

 

Une peur telle qu’elle (bien que peu consciente, les plus tireurs de couvertures se prennent souvent – et passent souvent – pour des dieux) qu’elle s’aveugle au point de confondre bénéfice personnel et reconnaissance et nous pousse alors à avoir recours à toutes les bassesses complaisamment auto-justifiées (« si je l’avais pas fait, quelqu’un d’autre l’aurait fait à ma place »).

 

L’on devient alors prêt à tout, y compris au détriment d’autrui, au détriment d’un projet commun. On pille le travail des autres, on discrédite, on médit, on manœuvre, on manipule, on sournoise, on juge, on léchouille, on gémit, on se décharge, on se dédit, on parle plus fort que les autres, on se vante, on rouleau-compresse, on ramène à soi, on pugilate…. La liste est longue de ces comportements incivils qui tuent la confiance et la collaboration et alimentent les égos.

 

Ce pire de nous-mêmes, qui nous dévoile pleutres, sans courage et sans dignité, ce n’est pas très classe, ca manque de gueule et de panache et ça n’aide pas la collaboration. Les dieux ne sont plus ce qu’ils étaient !

 

 

 

Le meilleur de nous-mêmes : l’art de l’élégance relationnelle

 

A l’opposé, le meilleur de soi, ce n’est pas le culte de la performance et de l’efficacité, l’esprit de compétition pourtant souvent érigés en Panthéon des qualités professionnelles. Lorsque ceux-là parlent un peu trop fort dans nos vies professionnelles, c’est souvent l’égo qui crie famine et le pire de nous-mêmes qui s’exprime. Ce n’est pas non plus l’engagement si précieux pour les entreprises (et parfois si coûteux pour les salariés) de celui qui en fait toujours un peu plus que sa fiche de poste.

 

Le meilleur de nous qui m’intéresse ici ce n’est pas non plus tout à fait celui de Guy Corneau, ces « forces vives » qui nous habitent mais que nous peinons parfois à exprimer (occupés que nous sommes à jouer les coqs de basse-cour ou à nous nous faire tous petits pour nous en protéger). Ou du moins c’en est une partie: la part relationnelle.

 

Le meilleur de nous, ce sont des comportements éthiques, justes, nobles, empreints d’élégance relationnelle, au service de nos valeurs et talents naturels, le tout s’exprimant dans une contribution qui va au-delà de nous-mêmes. Le meilleur de nous, c’est être exemplaire de ces valeurs que nous prétendons honorer, c’est le meilleur de soi relationnel, c’est-à-dire sans plus d’égo prêt à tout pour s’attirer la reconnaissance, même la plus vide. C’est la noblesse d’âme, bienveillante et affirmée, qui n’a pas besoin de tractopeller ses contemporains pour avoir le sentiment d’exister. Et qui, au contraire, aménage de la place pour l’autre, une place confortable, agréable, digne de confiance. Digne de confiance, donc sécurisante, rassurante, une place qui apaise les égos parce que les besoins et l’estime de soi s’y trouvent rassasiés.

 

 

 

 

Favoriser l’élégance relationnelle

 

Autant relationnellement que dans la qualité de son travail, avoir le sentiment de bien faire est une source renouvelable d’estime de soi, d’une auto-reconnaissance qui ne cherche ni la gloire ni les signes extérieurs de réussite, sans pour autant tomber dans le déni de soi. L’élégance relationnelle, cette antidote aux tragédies grecques, devient possible dès lors que l’on renforce et développe diverses compétences relationnelles que cette anecdote olpympienne vient éclairer:

 

 

Affirmation de soi

Ainsi Pélée et Thétis auraient pu se rendre compte qu’il n’est pas très malin d’ostraciser un membre de l’équipe, si pisse-vinaigre soit-il. Et inviter Eris, quitte à lui demander gentiment de maîtriser ses ardeurs dévastatrices, histoire de ne pas gâcher la fête : recadrer et fixer des limites aux comportements discourtois ou pénibles fait partie intégrante du pré carré de chacun d’entre nous, qu’il soit collaborateur, manager ou dirigeant.

 

Dans le cadre de comportements incivils ordinaires (donc hors harcèlement ou manipulation perverse) il revient à chacun d’entre nous de nous affirmer suffisamment pour ne pas nous retrouver Victimes de petits Persécuteurs patentés, au sens de triangle de Karpman du terme. Et à l’inverse générer des relations saines et équilibrées (à défaut d’être ami avec tout le monde). En faisant ar exemple de belles demandes assertives.

 

 

Remise en question et assertivité

Quant à Eris, elle aurait pu faire un brin d’introspection  et admettre sa part de responsabilité : lorsqu’on engendre douleur, désastres, peine, oubli, disputes, meurtres et mensonges, inutile de se demander pourquoi on n’a pas ses entrées dans le carré VIP.

 

La capacité à se remettre en question, c’est admettre que nous sommes des êtres humains faillibles, capables de comportements incivils pas très classes, capables de causer du tort aux autres. Bref: capables de reconnaître nos manquement relationnels avec bienveillance, mais sans complaisance. Elle permet ce cesser de croire que le problème vient toujours des autres, ces bandes d’ours mal lêchés aux valeurs douteuses, et de prendre la mesure de notre propre part de responsabilité dans nos relations pourries. Et par ricochet de mettre en place des alternatives plus prosociales, de s’essayer à d’autres façons de se comporter et de communiquer, moins violentes et moins ratées. Et inversement plus prosociaux.

 

 

Leadership et responsabilités

Zeus, en boss impliqué et soucieux de l’esprit d’équipe, aurait pu mettre un terme à l’histoire en partant du principe que la compétition interne n’est pas une saine émulation. Bref, faire preuve de leadership et de qualités managériales. Il aurait été promu sans formation ?

 

Savoir assumer ses responsabilités, plutôt que de se jeter sur un non-agir capitulard sans envergure, c’est aussi jouer les arbitres auprès de nos collaborateurs pour le bien de l’équipe, pour le bien du jeu (au rugby, les arbitres un poil trop non-interventionnistes risquent de laisser le champ libre à la boîte à gifles), pour le bien commun. Car quand la peur s’en mêle, les interactions professionnelles ont vite fait de ressembler à une cour de récré et il devient rapidement indispensable de gérer le savoir-vire en équipe.

 

 

Force de caractère et choix difficiles

Pâris aurait pu faire preuve de la plus simple des délicatesses en expliquant simplement aux trois femelles assoiffées combien elles étaient indépartageables. Botter en touche est parfois le seul moyen de sortir avec classe d’un sac de nœuds relationnel.

 

Il aurait aussi  pu réfléchir deux secondes avant de se jeter sur la première occasion d’obtenir l’os si convoité. Mais quand le bénéfice personnel est tellement aux antipodes du bien commun, il s’agit peut-être d’avoir un peu de force de caractère… et de faire des choix difficiles, quitte à renoncer au profit personnel par souci de l’intérêt général. Et de savoir faire preuve d’altruisme et de solidarité.

 

 

Estime de soi

Nos trois déesses avides de reconnaissance devraient sans doute travailler un peu l’estime d’elles-mêmes pour développer une auto-reconnaissance salutaire, qui n’a besoin ni de gloire ni de signes extérieurs de réussite. Et dans laquelle le compliment, si rare qu’i soit, est une cerise sur un gâteau déjà savoureux, pas le sucre et la farine sans lequel celui-ci n’existe pas. Elles auraient alors pu rigoler autour d’une mousse commune de cette stratégie grotesque mise en place pour les monter les unes contre les autres et continuer à collaborer en toute bonne volonté.

 

L’estime de soi est la clé de voûte d’une posture relationnelle à l’égo apaisé, qui accueille l’autre et le bien commun avec sérénité parce qu’il n’a pas besoin d’aller quémander de la reconnaissance. Une estime de soi solide s’accorde une valeur stable qui n’est pas facilement malmenée par les aléas de la vie.

 

 

 

Bénéfice personnel et bêtise relationnelle ne sont donc pas une fatalité et la guerre de Troie n’aura pas forcément lieu. Créons les conditions de la confiance mutuelle en renforçant nos qualités relationnelles et nous serons plus à même de travailler pour le bien commun et en recevoir les divines retombées: la reconnaissance et l’appartenance tant espérées;)

 

 

 

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Reconversion professionnelle: gérer les casse-pieds

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / Reconversion

 

 

Parce que changer de métier suscite l’envie ou la crainte des frileux, les candidats à la reconversion professionnelle se retrouvent souvent confrontés à des critiques, des mises en garde, des jugements, des conseils non sollicités ou pas toujours avisés. De la part, évidemment, d’un entourage plein de bonnes intentions. Il est important de trouver des moyens de gérer les casse-pieds sans se fâcher avec toute l’humanité !

 

 

 

reconversion gérer les casse-pieds

 

 

 

Désir de reconversion et  cacophonie des avis

 

Changer de métier a beau être en passe de “devenir la norme”, on a beau nous asséner que dans les années à venir, nous serons tous concernés par la reconversion professionnelle, elle conserve, au fil des publications dans la presse comme dans les blogs, des étiquettes inquiétantes (“tentant mais risqué” ici, “pari à haut risque” là) et continue à faire l’objet de conseils superficiels et formatés ou complètement à côté de la plaque (“vous devez vérifier que vous avez déjà plus de 50% des compétences” ai-je lu pas plus tard qu’hier). Bref, même si le regard a légèrement changé, la reconversion professionnelle continue à susciter plus de craintes que d’enthousiasme dans l’entourage de ceux qui la choisissent.

 

En conséquence, les candidats à la reconversion professionnelle se découvrent souvent, et ce bien malgré eux, un paquet de fâcheux dans leur entourage personnel et professionnel qui leur transforment vite fait les rêves de job idéal, même les plus ancrés sur le plancher des vaches, en marche forcée sur des œufs.

 

La cacophonie des opinions, des conseils d’amis-qui-vous-veulent-du-bien, de proches inquiets ajoute à tous les aspects d’une reconversion professionnelle une dimension relationnelle à laquelle on ne s’attendait pas forcément. Ou du moins, dont on n’avait pas toujours anticipé l’ampleur. Et si, nous sommes d’accord, les inquiétudes de Tante Simone lui appartiennent et ne concernent pas vraiment celui qui prépare sa reconversion, mieux vaut trouver des moyens de les gérer pour s’éviter la déperdition d’énergie.

 

 

 

Tous ces gens bien intentionnés et déperdition d’énergie

 

D’autre part, de votre côté, vous savez que vous ne demandez pas la Lune, juste du sens et du plaisir, que vous vous décarcassez pour mener une réflexion approfondie, une exploration complète afin de bâtir un projet solide et réalisable, et le scepticisme de votre entourage vous donne le sentiment qu’il ne vous fait pas confiance, qu’il vous prend pour un demeuré qu’il faut sauver de lui-même et peut finir par engendrer des doutes, autre forme de déperdition d’énergie.

 

Et cette énergie est le carburant de votre moteur interne. Si la gâchez à supporter les enquiquineurs, ou à traiter les doutes qu’ils ont semés en vous, vous en disposez en quantité bien plus limitée pour toutes les phases de votre projet. En d’autres termes : vous allez moins loin et vous risquez d’y aller moins bien. Voire de ne pas y arriver du tout: une fois les pieds bien cassés, on avance moins;)

 

 

reconversion casse pieds

 

 

 

Les casse-pieds de la reconversion

 

Les bipèdes qui nous entourent ont une faculté désarmante à nous surprendre par la diversité de leurs réactions, aussi je vous propose de schématiser un brin. Distinguons deux types de réactions de leur part :

 

1- Les épouvantails

Ce sont les pourvoyeurs de prédictions catastrophistes sur la façon dont vous êtes en train de brader votre avenir, les fossoyeurs de votre si bonne idée, les tueurs dans l’oeuf de votre désir de changement. Ce sont aussi les inquiets, les timorés, les soumis qui vous champions de la prudence ou de la norme qui vous rappellent à l’ordre à coups de ” un tien vaut mieux que deux tu l’auras “. Ce sont encore

 

2- Les encombrants

Ceux qui voudraient vous aider, surtout malgré vous et vous abreuvent de leurs idées et de leurs conseils pas toujours sollicités et parfois mal avisés. Parmi ceux-là se cachent aussi les über-enthousiastes qui adooorent votre projet encore plus que vous, qui le vivent par procuration et sont prêts à vous presser le citron pour qu’il avance viite.

 

3- Les indifférents

Parce qu’ils envient votre détermination à changer de métier, ou parce qu’au fond, votre plaisir au travail, ils s’en tamponnent le coquillard, ceux-là vont adopter une posture indifférente réelle ou feinte. Ils ne vous posent jamais une question et changent de sujet lorsque vous abordez votre changement de métier.

 

4- Les maîtres-chanteurs

Ceux qui vous font un chantage affectif de la mort, prêts à toutes les culpabilisations pour apaiser les angoisses que votre projet de changer de métier déclenchent en eux. “Tu te rends bien compte de la chance que tu as? Et tu voudrais jeter tout ça par la fenêtre?” Ceux qui vous bombardent de jugements sur la chance que vous avez avec votre job actuel, sur votre égoïsme, sur les inquiétudes que vous leur causez, bandes d’égocentriques sans scrupule;)

 

 

 

 

Gérer les casse-pieds!

 

Nous avions déjà évoqué le sentiment de solitude du coureur de fond qui peut saisir le candidat à la reconversion face aux incompréhensions dubitatives ou aux Sauveurs patentés et une solution qui consiste à soigneusement choisir à qui nous parlons de notre projet. Mais cette solution n’est pas toujours suffisante : une gaffe est si vite arrivée, le projet a fuité et hop ! Le prochain déjeuner de famille pourrait bien se transformer en tribunal de votre reconversion, avec ses procureurs, ses défenseurs, ses témoins et son juge !

 

Je vous propose donc de nous pencher sur ces quatre catégories de casse-pieds dévoreurs d’une énergie précieuse dont vous avez besoin pour mener à bien votre projet, au fil d’une série de billets.

 

Et pour commencer sur le sujet et parce que ça va mieux en le disant, vous qui avez un désir de reconversion, vous qui réfléchissez à votre projet, vous qui êtes en formation ou qui avez déjà changé de métier, racontez-nous:

 

Quelles réactions avez-vous eu de la part de votre entourage?

Quels commentaires ou jugement pénibles?

Quel impact ont-ils eu sur vous?

Comment avez-vous géré?

 

 

 

 

Voir aussi

Reconversion: voyage au bout de l’enfer ou formidable aventure

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Changer de métier, changer de vie!

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Reconversion professionnelle et leadership de soi

 

 

 

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10 petites choses qui mettent de bonne humeur au travail

 

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Il y a suffisamment de petites choses qui agacent, qui fatiguent ou qui inquiètent au boulot pour se pourrir consciencieusement le moral. D’ailleurs, on en parle beaucoup, on s’en agace beaucoup, on se fatigue beaucoup etc. Mais quid de ce qui fait du bien, de ce qui met de bonne humeur ? Rééquilibrons un brin notre PH émotionnel en accordant aussi de l’attention aux vitamines mentales de la vie de bureau 😉

 

 

10 petites choses qui nous mettent de bonne humeur au travail

 

 

 

Rééquilibrer notre PH émotionnel

 

Une multitude de petits choses peuvent nous mettre de bonne humeur, pour peu qu’on les regarde. Seulement voilà, nous sommes bien davantage habitués à repérer les manquements, à anticiper ou amortir les scuds, à se plaindre des caramels relationnels, à gérer les petits contretemps et comme le souligne ce drôlissime billet de Parlons RH, s’il n’y a pas de quoi ouvrir un compte pénibilité, l’accumulation de petites choses désagréables produisent leur lot frustrations de haut vol.

 

Les abrutis de service, le matériel défectueux ou obsolète, le chauffage en rideau (ou en grève du zèle), les mauvaises odeurs, qu’elles viennent de la cantine ou du voisin de bureau, l’informatique à activation aléatoire, le manque de lumière, de verdure, d’intimité bref, la consternante liste des petites choses désagréables est aussi longue qu’un dimanche de novembre chez Tante Simone.

 

Dont acte.

 

Cependant, à concentrer notre attention sur toutes ces petites choses, nous oublions parfois de rééquilibrer notre PH interne, qui devient tellement acide qu’il pourrait nous offrir davantage d’ulcères que de solutions. L’équilibrage émotionnel est essentiel à notre bien-être et les collections de sentiments négatifs ont besoin d’être compensés par quelques petits plaisirs, petites joies, autant pour  préserver sa santé mentale que sa capacité à agir et à travailler.

 

N’oublions donc pas de nous réjouir  de toutes les petites choses agréables qui passent à portée de nos jolies mains pour en tirer l’énergie vitale qui donne le sentiment d’être plus heureux, bien sûr, mais qui est aussi nécessaire à notre capacité à faire face aux aléas professionnels et à régler les petites choses désagréables comme les grands problèmes.

 

 

 

Les vitamines mentales existent au travail aussi !

 

Alors prenons joyeusement le contrepied de ces petites choses qui nous mettent de mauvaise humeur au travail: penchons-nous sur les petites choses qui alimentent la bonne et dont nous pouvons nous réjouir.  Les bonheurs minuscules comme  les joies récurrentes, les vitamines mentales improbables ou carrément inattendues existent aussi au travail et l’on peut semer et récolter autant seul dans son coin qu’à l’intérieur du groupe. Tout cela participe du sentiment de satisfaction et de plaisir qui nous rend plus heureux bien sûr, mais aussi plus dynamiques, plus efficaces et plus collaboratifs.

 

 

Evidemment ‘aucuns pourront me renvoyer tout de go qu’il n’y a pas de quoi se réjouir de ce qui devrait être normal et même s’ils n’ont pas tout à fait tort, je les renvoie à leurs marigots, ces empêcheurs de s’épanouir la rate, parce que tout ce qui nous met de bonne humeur, ne serait-ce que quelques secondes, est bon à prendre. Et d’autant plus qu’on a le droit de ne pas être heureux tout le temps, qu’il n’est pas possible d’être heureux tout le temps !

 

Et comme quelquefois, ce qui nous met de bonne humeur tarde à venir, soyons à l’initiative  des petites choses qui mettent de bonne humeur. Pour lancer la machine sans attendre que ça vienne d’autrui et aussi tout simplement parce que ça fait plaisir de faire plaisir. Aussi improvisons-nous pourvoyeur de donuts du jour, distributeur de compliments ou organisateur de pot impromptu.

 

 

 

1- Les attentions délicates

Le collègue qui a amené des croissants ou fait un gâteau, ces petites attentions génératrices d’instants de convivialité sont particulièrement nourrissantes. Ce sont des plaisirs simples et partagés. Il y a aussi les petits coups de mains proposés, le collègue qui pense à demander des nouvelles d’un proche malade, ou celui qui vous souhaite votre anniversaire: autant de marques d’intérêt qui méritent qu’on s’en souvienne.

 

 

2- Les petites marques de reconnaissance

Nul besoin de nous ériger une statue sur le parvis de la boîte reconnaissante de nos exploits pour nous mettre de bonne humeur : un merci chaleureux pour un service rendu, un retour enthousiaste pour un travail bien fait, un compliment, un encouragement bienvenu dans une situation délicate, les petites marques de reconnaissance renforcent les liens et le sentiment d’être traité avec équité. Savourer l’attention apportée qui nourrit le besoin de reconnaissance, c’est double effet^^.

 

3- Les collègues qui disent bonjour

A la réception, dans l’ascenseur, dans les couloirs, indépendamment du statut des uns et des autres. Dire bonjour, c’est bien plus qu’une convention sociale, c’est un instant de micro convivialité qui est une vraie marque de reconnaissance.

 

4- Les petits rituels

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas des réjouissances obligatoires et formatées, en bonne place dans le hall of fame des mauvaises idées RH du moment, genre l’afterwork obligatoire du vendredi soir. Il s’agit de petits rituels qui s’installent spontanément au sein d’une équipe et qui en renforcent la cohésion et le sentiment d’appartenance ou de petits rituels personnels qu’on s’invente pour soi et qui sont justement, un moment pour soi.

 

 

5- Un dossier bouclé

Un moment de fierté à partager avec ceux qui ont collaboré au dossier en question, ou à savourer avec soi-même, si on a travaillé seul(e). Prendre un instant pour apprécier, pour mesurer les qualités et compétences qu’on a mis en œuvre, parce que ça fait plaisir et ça permet de gagner en appartenance, en confiance mutuelle, en reconnaissance, en estime de soi.

 

 

6- Le contact physique

Rassurant et transmetteur de chaleur humaine, le contact physique, qu’il s’agisse d’un hug à l’anglo-saxonne ou d’une simple main sur un bras ou une épaule peut faire beaucoup de bien. Mais évidemment, uniquement lorsqu’il est sollicité ou d’un commun accord etc. Pour certains d’entre nous il peut rapidement être une intrusion et certaines de ces utilisations peuvent ressembler vite fait à du harcèlement sexuel.

 

 

7- Le rire et l’humour

On rit de moins en moins et c’est bien malheureux, le rire a tellement de vertus qu’il devrait être remboursé par la Sécu. Le rire et la légèreté n’ont jamais empêché le sérieux dans l’exécution des tâches et  le professionnalisme. En revanche, le décoinçage des zygomatiques renforce la bonne humeur, renforce les liens, dédramatise les situations stressantes et a encore pleins d’autres vertus à réhabiliter.

 

 

8- Le sourire

Le sien, comme celui des autres. D’abord parce que les gens souriants sont plus heureux (on trompe son cerveau sur son état mental avec un sourire), mais aussi parce qu’ils sont plus avenants et du coup reçoivent plus de marques de reconnaissance et de comportements agréables en retour.

 

 

9- Les micro instants cléments

Les instants où tout fonctionne comme sur des roulettes: chouette, la photocopieuse marque aujourdhui, le dossier Tartempion a avancé sans anicroche, et nous voilà qui œuvrons pour une fois au calme, avec une sérénité passagère, certes, mais remarquablement délectable…

 

10 – Les tâches qu’on aime

On peut aimer son métier (ou pas) et avoir tout de même quelques tâches qui nous déplaisent. Certes, et autant leur faire la chasse et les déléguer tant qu’on peut. Inversement, on peut aussi savourer les moments passés sur les tâches qu’on préfère, si petites ou éparses soient-elles. Une vitamine mentale de prise n’est plus à prendre ! Les exécuter en conscience, c’est-à-dire en se concentrant sur l’instant présent et sur le plaisir qu’elles nous procurent, nous permet d’en retirer une énergie vitale qui sera salutaire pour affronter les autres^^

 

 

 

Chaleur relationnelle et travail bien fait: les clés de la bonne humeur

 

Au final, ce qui nous met de bonne humeur, c’est tout ce qui participe du sentiment de reconnaissance et d’appartenance, ce qui ajoute de la chaleur relationnelle dans nos vies professionnelles d’une part et ce qui donne un sentiment de travail bien fait et de plaisir d’autre part. Nous autres êtres humains sensibles ne sommes finalement pas très compliqués à gérer : nous avons besoin d’exister au sein d’un groupe soudé et de pouvoir faire notre travail correctement,

 

Pour valider mes suppositions sur les petites choses qui nous mettent de bonne humeur au travail, j’ai posé la question sur les réseaux sociaux. Merci à tous ceux qui ont répondu: Céline, Oana, tous les Vincent, Elodie, Catherine, Laurent, Eric, Loïc, Christine, Véronique, Suzana Patrick, les deux Nathalie, Isabelle, Nadia, Didier et tous les autres!

 

Et vous, quelles sont les petites choses qui vous mettent de bonne humeur au tavail?

 

 

 

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Relations au travail: et la gentillesse bordel?!

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

C’est aujourd’hui la journée de la gentillesse, à l’initiative de Psychologies Magazine. L’occasion de revaloriser une faculté souvent considérée – à tort – comme une faiblesse, un danger, un comportement de bisounours naïf et irréaliste. Alors qu’elle est le pilier d’une élégance et d’un panache relationnels qui sont autant de preuves de courage et de force de caractère que générateurs de comportements positifs. De l’or en barre.

 

 

Et la gentillesse bordel! Un comportement à réhabiliter d'urgence au travail

 

 

Et la gentillesse bordel?!

 

Au jury Mines-Ponts, nous avons notre jargon de correcteurs d’anglais, et dans celui-ci il y a les YAM, les “y’en a marre”, les ras-le-bol de l’erreur grammaticale ou syntaxique tellement de base que le taupin moyen l’a étudié a minima 9 fois dans sa scolarité. Dans les discours managériaux, le YAM suprême à mes yeux est bien une définition de la gentillesse qui la transforme en comportement bébête de paillasson à collègues qui vous envoie direct dans le groupe des corniauds et cruchots du boulot. Car l’incorrection relationnelle écorche l’âme et les entrailles au même titre que l’incorrection grammaticale écorche l’oreille, avec des conséquences bien plus pernicieuse que la mocheté d’une phrase: méfiance mutuelle, agressivité, indifférence, baisse de l’estime de soi et de la confiance en soi, renforçant au passage tous les jeux de l’égo si néfastes à la collaboration.

 

Le terme gentillesse a été tellement mis à mal qu’on n’ose presque plus l’utiliser et ceux qui la prônent utilisent de plus en plus celui de bienveillance, moins connoté. Et c’est peut-être aussi bien, si celle-ci permet d’aborder le même concept sans association cucul-la-praline ou méprisante. Car bizarrement, l’être humain en général et le travailleur en particulier sont beaucoup plus sympathiques qu’on ne l’imagine et qu’eux-mêmes l’imaginent. Et aspirent à beaucoup plus de sympathie qu’on ne l’imagine. Alors qu’on l’appelle gentillesse ou bienveillance importe peu, la seule chose qui compte, c’est que chacun y trouve son compte.

 

Nous avons déjà abordé la gentillesse à plusieurs reprises, comme comportement à réhabiliter au travail et pas que, pour définir ce qu’est la vraie gentillesse, c’est à dire une forme de noblesse d’âme, par opposition au quémandage de miettes d’amour ou de reconnaissance, ou aux comportements amènes par pure manipulation.

 

 

 

La gentillesse : un bien nécessaire

 

Nous avons tous un besoin élémentaire et capital de gentillesse et de bienveillance qui fonctionne dans les deux sens: elles sont un bien nécessaire à notre équilibre psychologique, à nos liens sociaux, autant qu’à notre efficacité professionnelle et notre intelligence collaborative. Car la gentillesse est une alternative au chacun pour soi, à l’individualisme imbécile et à la dictature de l’intérêt personnel. Elle permet de conjuguer nos propres besoins avec ceux des autres et chacun en ressort plus heureux et plus complet, sans avoir sacrifié ni le bien personnel ni le bien commun. Distillons donc la gentillesse:

 

  • Pour gérer nos bévues et boulettes avec moins d’inquiétude, celles des autres avec moins de jugement.
  • Pour créer des vases communicants et nourrir l’estime de nous-mêmes et celle des autres.
  • Pour satisfaire nos besoins fondamentaux d’appartenance et de reconnaissance et ceux de notre entourage.
  • Pour nous sentir compris et acceptés, pour comprendre et accepter les autres.
  • Pour nous appuyer sur le soutien et les encouragements, pour apporter notre soutien et nos encouragements.
  • Pour trouver sa place et laisser la leur aux autres.
  • Pour être en mesure de s’entraider et renforcer l’esprit d’équipe.
  • Pour donner le meilleur de nous-mêmes par envie et motivation plutôt que la moitié du meilleur par contrainte.
  • Pour jouir d’une meilleure humeur et baigner dans celle des autres.
  • Pour produire des vitamines mentales sous forme de sirop relationnel plutôt que de bile.
  • Pour interagir et collaborer en confiance.

 

 

La gentillesse: preuve de force de caractère et de courage

 

Un leadership qui s’appuie sur une dominance dépourvue de bienveillance est un leadership pleutre car le recours aux comportements rouleau-compresseur sont un recours bien plus facile qu’une posture relationnelle élégante et pro-sociale, même s’il n’apporte pas les bénéfices escomptés. Il produit deux types de réactions et de relations nuisibles à la collaboration et au bien-être de toutes les parties:

  • Une meute de suiveurs apeurés qui cherchent juste à faire plaisir sans oser s’exprimer.
  • Une horde de résistants combatifs qui vont lutter contre cette expression excessive du pouvoir.

Inversement, un leadership qui s’appuie sur une gentillesse ancrée et affirmée, posture mélangée de bienveillance et d’assurance, laisse à l’autre la possibilité de trouver sa place et son mode d’expression.

 

L’absence de gentillesse naît de la peur de l’autre, de la peur de la relation, de la peur de ne pas obtenir ce que nous voulons, qui génèrent un ancrage épuisant dans la ronde Sauveur-Victime-Persécuteur des rôles relationnels, teintés de fausse bienveillance ou de vraie agressivité, de jérémiades et de manœuvres pénibles. J’ai peur de l’autre donc je l’écrase, et je me convaincs moi-même que je suis trop fort.

 

journee de la gentillesseOser être l’initiateur de la gentillesse dans un monde qui nous paraît parfois incivil, parfois violent, parfois indifférent, c’est avoir le courage et la force de caractère de cesser enfin de lutter pour enfin construire. Cesser de s’escrimer à survivre dans un environnement hostile et poser les fondations d’un cadre plus sain, plus épanouissant, plus favorable à la satisfaction de nos besoins et de ceux de nos contemporains. Et par ricochet, plus favorable à la confiance mutuelle et à la collaboration.

 

Ne rien faire, c’est rester dans un statu quo délétère dont on peut blâmer les autres (qui ne changent pas) à condition de s’en blâmer aussi soi-même (qui n’agit pas). Oser être l’initiateur de la gentillesse, c’est aller à l’encontre des idées reçues et tenter une troisième voie. C’est prendre le risque inimaginable de recevoir des comportements similaires. La gentillesse est en réalité une sacré force, probablement la plus balèze, la plus costaude, la plus constructive de toutes les compétences relationnelles; qui attire la gentillesse en retour, qui nourrit le plaisir, le sentiment de satisfaction, d’appartenance, de reconnaissance, les besoins affectifs, l’estime de soi, autant de celui qui la prodigue que de celui qui la reçoit.

 

 

 

 

Faire preuve de gentillesse

 

Bien entendu, il ne s’agit ni de courber une échine soumise, ni de tendre une autre joue. C’est simplement une posture claire et dénuée de brutalité relationnelle, le juste équilibre entre hérisson et paillasson: La gentillesse c’est:

 

 

Alors puisqu’il faut une journée pour réhabiliter la gentillesse, profitons-en pour faire un pas vers elle, en exprimant celle qui vibre en vous de la façon qui vous conviendra le mieux. Faisons donc preuve de gentillesse et de bienveillance, mamelles de la noblesse d’âme et du panache relationnel, posture élégante et affirmée, tout en laissant aux grincheux et aux poltrons leurs dictons!

 

 

Ressources externes

 

Psychologies – La bienveillance au travail

Le Nouvel observateur – Et la bienveillance, bordel! Trois micro-momments d’amour par jour

RH Info – Animation de la performance : combiner exigence et bienveillance

Philippe Rodet – La bienveillance attitude managériale

 

 

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Crédit photo: Nicolas Raymond

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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Média sociaux, cooptation et compétences relationnelles

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

Si le recrutement ne se virtualise pas tant que ça, la cooptation a de beaux jours devant elle et les média sociaux sont un moyen formidable de développer son réseau professionnel et de se faire recommander.  A condition d’en connaître les codes et de comprendre qu’il s’agit avant tout de tisser des liens. Il devient de plus en plus indispensable de développer ses compétences relationnelles.

 

 

la cooptation via les réseaux sociaux necessite de bonnes compétences relationnelles

 

 

La cooptation se virtualise

 

Toutes les études en témoignent, le recrutement via les réseaux sociaux peine à sortir de l’anecdotique et même s’ils modifient et enrichissent les vecteurs de la recherche d’emploi, ils ne l’ont sûrement pas révolutionnée.

 

En revanche, les médias sociaux méritent une attention toute particulière en recherche d’emploi. Car la cooptation prend de l’ampleur et s’étend au virtuel. Comme en témoigne cette étude de l’Apec: 39% des entreprises l’utilisent. La recommandation devient d’ailleurs cruciale à mesure que le salarié avance dans sa carrière :

 

la part des candidats connus ou recommandés parmi les candidats recrutés croît avec l’âge de ces derniers. Ainsi, près de la moitié des candidats âgés de plus de 50 ans et recrutés en 2011 étaient connus de l’entreprise et/ou recommandés par une personne extérieure”

 

D’autre part, comme le souligne ce billet de TalentPlug, la cooptation par le réseau donne accès au “marché caché”, ce marché de l’emploi qui ne fait pas toujours l’objet d’annonces largement diffusées sur les sites emploi. Appréciée des entreprises, la cooptation coûte moins cher qu’un recrutement classique et semble garantir de meilleures adéquations entre candidat et employeur, comme le résume cette infographie:

 

 

les bénéfices de la cooptation

 

 

Le développement de son réseau professionnel et la cooptation sont des moyens particulièrement intéressants pour tous ceux dont la situation n’aide pas l’employabilité:

 

  • Les personnes aux parcours atypiques
  • Les personnes en seconde partie de carrière et les seniors
  • Les personnes qui ont mené une reconversion professionnelle et sont de retour à l’emploi

Parce que le réseau se virtualise, les liens noués sur les réseaux sociaux (et pas uniquement les réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo) deviennent autant de sources d’opportunités et de cooptation. Et cela a quatre conséquences à prendre en compte:

 

  • L’écart se creuse entre les candidats connectés et peu connectés
  • L’écart se creuse entre ceux qui savent réseauter sur Internet et ceux qui réseautent “à la papa”
  • Les réseaux sociaux sont une mine d’or pour tous ceux qui estiment avoir un réseau professionnel limité et veulent le développer.

Parce que le développement d’un réseau sur les médias sociaux n’a pas grand chose à voir avec celui qui se fait dans la vraie vie,  les compétences relationnelles deviennent indispensables pour les chercheurs d’emploi qui voudraient mettre toutes les chances de leur côté.

 

 

 

Cooptation virtuelle et compétences relationnelles

 

Le fait que la cooptation se déplace de l’IRL (la vraie vie) au virtuel est certainement une bonne nouvelle, car, pour peu qu’on soigne ses compétences relationnelles, il est beaucoup plus facile de se construire un réseau professionnel via Internet que dans la vraie vie, en particulier parce qu’on a la possibilité de venir y nouer des liens simplement, en parlant métier, et non pas se mettre dans l’inconfortable position du demandeur, ou de faire du push de cartes de visites dans des “soirées réseau” ou ceux qui se connaissent parlent entre eux et où l’on peine parfois à entrer en conversation.

 

La leçon à en retirer, c’est principalement de redonner aux médias sociaux leur véritable rôle, que la traduction version calque – et erronée –  des adeptes du Globish rend un peu confus: ce ne sont pas des plateformes sociales, ce sont des plateformes relationnelles. Mais attention, s’il est essentiel d’y faire du relationnel, il s’agit bien de relationnel au sens noble du terme. C’est à dire être là pour y développer autre chose que des accointances vagues et utilitaires, mais bien pour entrer en relation et s’intéresser aux gens AVANT d’espérer qu’ils s’intéressent à vous en retour. Et ces liens se font autour d’un sentiment d’appréciation mutuel, d’affinités qui vont favoriser le partage d’opportunités.

 

Il s’agit donc de s’exposer au travers non seulement de son expertise et de ses compétences métiers, mais aussi au travers de sa personnalité et de sa façon d’être en relation, pour une raison très simple: on coopte une personne qu’on connaît, dont on reconnaît les mérites professionnels, bien entendu, mais aussi et surtout une personne qu’on apprécie.

 

Ceux qu’on mésestime ou dont on ignore la véritable personnalité parce qu’ils restent en retrait derrière leurs compétences professionnelles, personne ne prend le risque de les recommander, parce que c’est toute la crédibilité du coopteur qui est en jeu. Ainsi dans cet article, le site Guichets-RH traite des recommandations sur des réseaux comme LinkedIn:

 

Témoigner publiquement en faveur d’autrui est un acte très impliquant, l’auteur du témoignage s’engage personnellement dans ses propos. On ne recommande pas n’importe qui !”

 

 

 

D’une pierre trois coups!

 

Il y a une autre bonne nouvelle à la virtualisation de la cooptation. Le fait que le travail relationnel devienne incontournable est tout bénéfice pour le chercheur d’emploi, car les compétences relationnelles représentent une part non négligeables des compétences informelles (soft skills) qui sont en passe de devenir le point d’orgue de l’employabilité.

D’autre part, les compétences relationnelles ne sont pas des recettes figées et formatées qu’on peut trouver dans un livre. Elles passent par un renforcement de la connaissance de soi, de la confiance en soi, et ont deux conséquences directes:

 

  • Le développement de l’assurance, cruciale dans les entretiens d’embauche.
  • La construction d’une posture relationnelle forte, qui facilite l’intégration, favorise le bien-être dans son nouveau poste et la collaboration.

Les réseaux sociaux deviennent alors un terrain d’entraînement de choix pour tester notre façon d’être en relation en fonction de ce qu’elle suscite comme comportements en retour. Et d’en tirer des enseignements sur les points à renforcer pour créer un réseau solide, générateur à son tour de confiance en soi. Celle-ci permettra une authenticité sereine et évitera les erreurs relationnelles liées soit au triangle de Karpman, dans lequel nous sommes tous inscrits, soit à la méconnaissance des codes et qui sont légions sur les média sociaux, comme par exemple:

 

  • Le relationnel poudre aux yeux: version je-te-pommade-par-ci-je-te-pommade-par-là inscrit dans le cadre d’une fausse gentillesse qui navigue entre individualisme patenté qui soigne son intérêt personnel et manipulation pure et simple. Et cela finit immanquablement par se faire remarquer.
  • La victime qui crie famine: la recherche d’emploi est une période particulièrement difficile et en même temps, s’étaler en jérémiades quémandeuses ou se plaindre en rond avec d’autres malheureux ne donne pas envie de vous aider.
  • Les maladresses: les messages maladroits du type “vous voulez bien transmettre mon profil à votre carnet d’adresse” ou encore les demandes directes d’opportunités faites aux DRH présents sur les réseaux

Construire cette posture virtuelle favorable au tissage de relations professionnelles nouvelles solides et génératrices d’opportunités se fait au travers:

 

Du renforcement de la relation à soi et de la relation aux autres:

De stratégies d’exposition professionnelles:

 

Et l’on acquiert au passage une posture pleine d’une assurance qui ne la ramène pas, proche d’un charisme qui donne envie aux professionnels avec qui nous tissons de véritables liens de nous coopter. La boucle est bouclée!

 

 

 

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Triangle de Karpman et recherche d’emploi

Réseaux sociaux: conseils pour les chercheurs d’emploi

3 astuces relationnelles pour bien commencer sur les réseaux sociaux

Recherche d’emploi: reconstruire la confiance et l’estime de soi

Le non guide de la rechercher d’emploi sur Internet: les réseaux sociaux

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Aller plus loin

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Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

Sylvaine Pascual – Publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Il semble que la toxicité des relations professionnelles soit directement proportionnelle aux difficultés rencontrées par l’ensemble des salariés, managers et collaborateurs dans un même bateau qui prend, en ces temps difficiles, une eau fangeuse un peu trop vite étiquetée « crise ». Parce que c’est un enjeu collaboratif de taille, voici une triplette prosociale pour rouler de concert vers un minimum d’élégance relationnelle.

 

 

Trois comportements oeuvrant de concert pour plus d'élégance relationnelle

 

 

 

Assainir les relations professionnelles, un enjeu collaboratif

 

Pris entre des assortiments glauques de marteaux et d’enclumes en tous genres, qui génèrent de nombreuses peurs, managers et collaborateurs ont vite recours aux rôles relationnels, refuge facile et ordinaire lorsque nous ne savons plus comment obtenir ce dont nous avons besoin. Nous sommes alors gouvernés par des craintes inébranlables qui ont vite fait de se transformer en croyances limitantes exprimées dans toute la palette trop-bon-trop-con:

 

  • Crainte de ne pas être entendu, écouté, reconnu, pris en compte.
  • Crainte d’être jugé, exploité, crainte qu’on profite de nous, qu’on nous marche sur les pieds, qu’on vienne empiéter sur nos plates-bandes.
  • Et donc: crainte de ne pas être traité comme nous en avons besoin.

La spirale des jeux psychologiques se met en branle et pollue toutes nos interactions, leur donnant des relents de cyanure relationnel, pas vraiment prosociaux ou collaboratifs.

 

Assainir les relations professionnelles et leur redonner un élan plus équilibré, plus réjouissant et moins perclus de jeux de pouvoir, pour obtenir la compréhension mutuelle, la confiance et la reconnaissance dont nous avons tant besoin et qui fait cruellement défaut dans le monde professionnel, est un enjeu de taille.

 

D’autant plus que si les discours vont bon train sur le sujet, quand il s’agit de passer aux actes, l’entreprise se met plus souvent qu’à son tour aux abonnés absents. C’est donc essentiellement au niveau individuel que les initiatives peuvent se prendre, histoire d’arrondir les angles coupants des relations inconfortables, sans attendre un miracle managérial qui reste du domaine de l’Arlésienne de la vie au travail: on en parle beaucoup, on ne le voit jamais…

 

 

 

 

Triangle de Karpman : des comportements ordinaires… qui finissent toxiques

 

Rappelons d’abord que les jeux psychologiques s’articulent autour des trois rôles relationnels, victime, sauveur et persécuteur, et qu’ils sont ordinaires, qu’ils ne sont en aucun cas le reflet d’une pathologie psychologique, en particulier le persécuteur dont la dénomination génère des associations malencontreuses avec le harcèlement et le désormais omniprésent pervers. Voir:

Nous jouons tous ces rôles inconsciemment, sans volonté de manipulation, avec une constance et une amplitude diverses, et chacun des trois participe de la dégradation progressive de nos relations.

 

Cependant, l’augmentation de leur fréquence due aux exigences de plus en plus absurdes du monde du travail finit par les rendre parfaitement toxiques, produits cancérigènes de nos interactions professionnelles. La piqure de rappel sur ces trois comportements victime, sauveur et persécuteur, c’est par ici :

 

 

Sortir des rôles relationnels : une question de courage

 

Repérer les rôles que nous jouons est déjà assez compliqué et une fois que c’est fait, en sortir demande un vrai courage : celui d’être à l’initiative de comportements prosociaux qui vont générer le changement, celui de prendre en main son propre environnement relationnel et d’y implémenter des alternatives, dont seules la personnalisation et l’expérimentation vont démontrer la puissance. Voir:

 

Chassez le naturel, il revient au galop? Pas forcément. Il est de façon générale bien plus facile de s’enfermer dans des jeux de pouvoir et d’ignorer leur inefficacité parce que nous les pratiquons avec constance depuis bien longtemps. Inversement, accepter d’expérimenter des attitudes plus arrondies aux angles, plus teintées d’élégance relationnelle, laisse souvent dubitatifs tous ceux qui craignent trop la relation pour oser s’essayer à d’autres fonctionnements. Et c’est bien dommage, car le courage nécessaire, c’est essentiellement celui du premier pas. Derrière, les résultats obtenus parlent suffisamment d’eux-mêmes pour renforcer la motivation à se comporter avec davantage de noblesse d’âme que de volonté de domination.

 

 

 

Un triangle pour arrondir les angles de la relation?

 

L’analyse transactionnelle, en la personne d’Acey Choy, a modélisé un autre triangle, réponse du berger bienveillant à la bergère des jeux psychologiques, qui propose de remplacer les rôles relationnels par trois comportements plus favorables à la relation. Cette vision m’a intéressée en ce qu’elle propose une piste de sortie du triangle de Karpman par des alternatives relationnelles fertiles:

 

  • La vulnérabilité
  • L’affirmation de soi
  • La bienveillance empathique

Cependant, je vous l’ai mise très librement à ma sauce, car la version originale me semble comporter des limites à dépasser.

 

Tout d’abord, dans la plus pure tradition du marketing nord-américain,  ces trois comportements ont été labellisés « triangle du gagnant ». Comment vous dire… Triple beurk, que voilà un terme qui nous inscrit dans la dichotomie pas du tout manichéenne du winner/loser. Laissons donc cette sémantique aux égos en manque – justement – de reconnaissance. Même la traduction courante “triangle gagnant” en français me fatigue, comme s’il fallait toujours chercher la victoire, donc le combat, y compris – et même surtout, contre nous-mêmes. Je vous propose une terminologie qui me paraît plus estime de soi, qui n’a pas besoin de se prendre pour un super-héros – super-héros qui, soit dit en passant, sont un peu trop souvent des victimes pleurnichardes devenues des sauveurs-persécuteurs de haut vol.

 

Mais je m’égare, mes agacements linguistiques et ma crispation chronique face au simplisme noir/blanc d’outre Atlantique, vous les connaissez déjà, chers lecteurs fidèles 😉 Revenons donc à nos moutons relationnels et passons du triangle dramatique à un triangle déclencheur de relations plus mutuellement nourrissantes. Donc des liens solides, basés sur la confiance et le sentiment de sécurité morale.

 

Et puis non, finalement, ne restons pas dans un triangle qui, par définition, n’arrondit pas les angles de la relation. Je rétive un coup et je préfère une version plus adoucie, aux courbes plus amènes et moins tranchantes que les angles aigus d’un n-ième schéma géométrique. Laissons donc le triangle de Karpman s’effacer et laisser émerger une représentation de ces trois comportements plus légère et plus encourageante.

 

vulnérabilité, bienvailence, affirmation, triplette prosociale

 

 

D’autre part, l’auteur préconise d’adopter l’un des trois comportements en opposition au rôle que nous jouons le plus fréquemment: de remplacer le comportement victime par la vulnérabilité, le comportement saveur par la bienveillance empathique, le comportement persécuteur par l’affirmation de soi. Je ne suis pas d’accord avec cette opposition simple, qui me paraît insuffisante à réduire les jeux psychologiques. Il est plus pertinent et efficace de renforcer ces trois aptitudes conjointement et de les exprimer ensemble, parce qu’elles s’appuient et se soutiennent mutuellement, et que l’une sans l’autre donne un positionnement relationnel incomplet :

 

  • La vulnérabilité sans affirmation de soi reste de la jérémiade
  • L’affirmation de soi sans empathie bienveillante risque le pur égoïsme
  • L’empathie bienveillante sans affirmation de soi risque le comportement serpillière

Puisque cette façon d’être en relation a trois facettes qui ne sont pas des attitudes distinctes mais conjointes, qui se nourrissent mutuellement, appelons-la triplette, tiens. J’aime bien les triplettes! Elles proposent un socle à trois pieds sur lequel on peut joliment s’appuyer. On peut alors la représenter, en mode leadership de soi ludique, par ces trois comportements oeuvrant de concert et se diriger ainsi vers des océans de relations plus équilibrées :

 

 

triplette élégance relationnelle

 

.

 

 

 Une triplette prosociale pour plus d’élégance et d’équilibre relationnels

 

 

L’équilibre relationnel nait donc de la conjonction de ces trois aptitudes, qui génère un positionnement élégant, à la fois serein (qui n’a pas besoin de la ramener) et plein d’assuracnce et qui laisse une place de choix à l’autre dans la relation comme dans la communication.

 

 

1- La vulnérabilité

 

Elle est le pendant version estime de soi du rôle de victime. Elle consiste avant tout à reconnaître les situations qui génèrent une forme de souffrance, des émotions négatives et d’être en capacité de les partager. S’autoriser à montrer ses failles et ses fragilités requiert force morale et courage. C’est là le reflet d’une estime de soi solide, qui ne craint pas la relation et le regard de l’autre et qui inspire le respect.

 

La vulnérabilité n’a pas besoin de barytoner la Goualante du pauvre Jean pour se faire entendre, elle ne joue ni sur la pitié ni sur la culpabilisation, elle accepte pleinement ses émotions et ses ressentis et les exprime posément. Passée de disciple de Jérémie à sereinement vulnérable (en d’autres temres: être humain), l’ex-victime sera plus à même de se mettre à chercher des solutions pour sortir de la situation qui la gêne. Ce qui habituellement n’est pas son fort. Il s’agit donc de travailler:

 

  • L’estime de soi (qui accepte intrinsèquement la vulnérabilité),
  • La valorisation (dans le discours interne comme dans la communication)
  • La connaissance de soi et en particulier des talents naturels sur lesquels on peut s’appuyer
  • L’élaboration de solutions et des plans d’action
  • La bienveillance empathique (pour éviter de submerger l’interlocuteur pas des flots émotionnels excessifs)
  • L’affirmation de soi (pour poser des limites et faire des demandes claires, en particulier lorsqu’on a besoin d’aide)

 

2- La bienveillance empathique

 

Acey Choy utilise le terme caring, qui a souvent été traduit par « souci de l’autre », mais que j’ai choisi d’adapter en bienveillance empathique, qui me paraît plus clair. Le Sauveur a déjà beaucoup trop le sentiment de se “soucier de l’autre”.

 

La bienveillance empathique consiste donc à porter sur l’autre un regard sincèrement curieux de ses motivations et mécanismes, un regard compréhensif et engageant, tout en ne réfléchissant pas à sa place. Elle ne prend pas le problème en charge, elle lui offre un espace d’expression, une station service morale où en décortiquer le moteur en panne, sans infantilisation, sans démonstration d’expertise. Laissant le chevalier blanc derrière lui, l’ex-sauveur pourra alors se mettre à écouter son interlocuteur plutôt que de lui fournir illico presto la notice de sa solution 34bis, forcément la meilleure du monde de l’univers. Il inspirera confiance et loyauté: voilà quelqu’un sur qui on peut compter et qui ne se laisse pas envahir en même temps. Il s’adit donc de travailler:

 

 

3- L’affirmation de soi

 

Pendant d’un mode d’expression cassant, péremptoire, autoritaire, de l’imposition de ses points de vue, l’affirmation de soi est une façon d’exprimer ses opinions et ses besoins avec aisance et assurance, sans passer ses interlocuteurs au rotovateur de ses certitudes ou de ses exigences. Parce qu’elle ne cherche ni à dominer, ni à assujettir ou à contraindre, l’affirmation de soi révèle un positionnement plein d’une confiance convaincante et qui inspire le respect.

 

L’ancien persécuteur ainsi dépourvu de sa broyeuse à interlocuteur pourra alors laisser une place équitable à l’autre dans la relation, lui exprimer posément ses idées, écouter les siennes et laisser les solutions émerger. Il s’agit donc de travailler:

  • l’estime de soi qui diminue la peur de l’autre et le besoin de lui aboyer dessus pour se faire entendre.
  • La communication non violente, alternative ultra efficace à l’agressivité verbale.
  • La capacité à fixer des limites, à dire non, à faire des demandes élégantes (et nons pas des critiques brutales)
  • L’empathie bienveillante pour laisser une place équitable à l’autre dans les interactions.
  • La vulnérabilité pour accepter et partager avec amabilité ses propres difficultés.

 

 

Triplette + trépieds = tricycle!

 

Au final, on le voit bien, les trois sont intimement liés et se nourrissent mutuellement et l’un sans l’autre débouche sur une posture relationnelle incomplète et peu efficace. Les trois se travaillent et se renforcent, bien entendu, et c’est en les pratiquant qu’on peut prendre pleinement conscience de leurs bénéfices à la fois sur la relation et sur l’estime de soi.

 

Exit les rôles relationnels pesants et énergivores qu’on laissera alors derrière soi, et bienvenue à un trépieds comportemental qui nous permet d’oeuvrer pour des relations dénuées de jeux de pouvoir, donc plus équilibrées, plus élégantes et par conséquent plus efficaces et nourrissantes. Et pour représenter cette triplette dans un mode plus singulier, puisque ce sont trois aspects de nous-mêmes, je vous porpose un tricycle, enfant naturel de la triplette et du trépieds, qui a trois caractéristiques essentielles: l’assise solide (le tricycle est bien plus difficile à renverser), la possibilité de mouvement en avant, et la symbolique de l’apprentissage. Enfourchons donc gaillardement le tricycle de l’élégance relationnelle et expérimentons de nouvelles façons d’être en relation!

 

tricycle élégance relationnelle

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

Relation à soi / aux autres: le cocktail indispensable

Ebook gratuit: le triangle de Karpman: sortir des rôles relationnels 

Protège tes fesses! 5(+) trucs pour assurer le bien-être relationnel

Triangle de Kaprman: quand Little Miss Sauveur tombe sur un o(ur)s

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

L’égo, frein majeur à l’intelligence colaborative

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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10 façons de cultiver l’émerveillement au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans Vitamines mentales / Talents et ressources

 

 

Dernier volet de cette exploration de la place de l’émerveillement au travail, via sa définition et ses bénéfices, co-rédigée avec Isabelle Leclerc de Hauteclocque. Nous vous proposons aujourd’hui d’aller fureter du côté des moyens de s’émerveiller, de façon à nous transformer en cultivateurs de petits et grands bonheurs professionnels, pour bien davantage de plaisir au travail.

 

 

L'émerveillement est un état d'esprit: 10 façons de le cultiver

 

 

 

L’émerveillement : un état d’esprit

 

Concrètement, l’émerveillement est une expérience qui suscite d’abord un étonnement, puis des émotions positives plus ou moins intenses ainsi qu’un travail de la pensée. Michael Edwards parle d’un étonnement avec « un surcroît de sens » (De l’émerveillement, Fayard, 2013, p.94). L’émerveillement, dit-il aussi, est « une porte qui s’ouvre » (idem, p.186).

 

Qu’il porte sur des personnes, des phénomènes naturels ou des créations humaines, sur l’infiniment petit ou l’infiniment grand, l’émerveillement se produit face à un événement que l’on n’attendait pas précisément. D’une certaine manière il se rapproche ainsi de la sérendipité.

 

Pour percevoir cet événement, encore faut-il adopter un certain état d’esprit, faire le pari que quelque chose de beau, de nouveau, d’intéressant, d’intelligent, d’efficace peut survenir fortuitement dans le chaos, la routine, le connu. L’émerveillement, c’est laisser entrer l’extra-ordinaire dans le traintrain de notre quotidien professionnel. Encore faut-il le vouloir et c’est là que les choses se compliquent plus ou moins selon les personnes et les contextes professionnels : Cet état d’esprit suppose en particulier :

 

  1. De ne pas chercher à tout contrôler
  2. De ne pas vouloir tout prévoir, d’admettre l’inattendu, l’imprévu, se laisser suprendre
  3. D’être capable d’humilité (loin d’une mauvaise estime de soi, l’humilité consiste à avoir une perception juste de ses faiblesses mais aussi ses forces; c’est le contraire de l’orgueil).
  4. D’être présent à ce qui se passe, réellement attentif, à l’écoute (l’émerveillement peut être déclenché par des événements très fugaces : un sourire, un geste, un rayon de soleil, etc.).
  5. D’écouter ses émotions.
  6. D’accepter d’être changé (l’émerveillement peut être un bouleversement  et même moins intense il peut nous amener à agrandir, élargir, enrichir notre système de représentations)

On devine l’intérêt d’une telle attitude pour accompagner les changements, les transformations que vivent les personnes et les organisations: elle autorise le mouvement et l’idée qu’une nouveauté n’est pas nécessairement mauvaise ou menaçante, qu’il peut s’y cacher du beau, de l’utile, du profitable. L’état d’esprit que suppose l’émerveillement se rapproche d’ailleurs fortement de ce que l’on attend aussi aujourd’hui de leaders, d’un état d’esprit positif qui donne envie et qui emmène avec soi.

 

Soyons clairs: l’émerveillement ne consiste pas à nier la dureté du monde, dans une version ripolinée de la simpliste “pensée positive”. Il accorde justement à cause d’elle et de ses conséquences pénibles, beaucoup de valeur à la beauté et à tout ce qui suscite en nous des émotions positives, qui permettent de ré-équilibrer un peu notre état interne en lui évitant de se concentrer uniquement sur le négatif. L’émerveillement ne prétend pas répondre à tous les besoins et ne dispense pas de traiter les sources d’émotions négatives. Il nous fournit l’énergie nécessaire pour le faire en nous rendant sensible à la saveur, à l’esthétique des événements. C’est une fenêtre qui s’ouvre sur un jardin et probablement rien de plus mais en même temps, n’est-ce pas essentiel ?

 

 

 

Les jardiniers de l’émerveillement au travail

 

L’émerveillement, parce qu’il est l’une des premières capacités que nous perdons dans l’enfance, parce qu’il peut être malmené par les aléas de la vie, se cultive comme une plante délicate: avec soin.

 

Et cultiver l’émerveillement au travail, c’est mettre en valeur des talents, des comportements, des accomplissements, des événements, comme je jardinier met en valeur un sol. C’est un travail qui s’inscrit dans la durée et qui nécessite un certain nombre d’étapes : débroussailler, préparer, semer, arroser, récolter … Ce qui est certain, c’est qu’ «il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir » disait Henri Matisse.

 

émerveillement il y a des felurs partout pour qui veut les voir

 

 

Cultiver l’émerveillement au travail, c’est d’abord un choix tant l’entreprise semble l’ignorer. Le choix de semer des graines dans les environnements les plus improbables et de les regarder grandir. Le choix d’expérimenter en imaginant puis en constatant les effets positifs de l’émerveillement. En réalisant aussi que renoncer à l’émerveillement consiste parfois à se protéger mais également à se résoudre à l’ennui, à la perte de sens, au désenchantement. Cultiver l’émerveillement, l’air de rien, c’est aussi bien souvent transformer peu à peu la culture d’entreprise.

 

Mais la réussite du jardin tient avant tout aux choix du jardinier en termes de plantes et fleurs à semer, à mettre en terre, à nourrir et entretenir, et lui seul peu le faire. Si l’on peut faire des suggestions, en mode Truffaut de l’émerveillement au travail qui met à disposition tout un choix de végétaux, ce jardin est le vôtre: inventez-le au gré de votre inspiration et de vos propres sources d’émerveillement.

 

 

s'autoriser l'émerveillement, expérimenter1- Avoir envie d’expérimenter

L’émerveillement suppose une attitude qui n’est pas toujours la plus spontanée dans les organisations. Malgré tout, c’est un choix que l’on peut faire en prenant conscience de ses effets positifs. En réalisant aussi que renoncer à l’émerveillement consiste d’une à se résoudre à l’ennui, à la perte de sens, au désenchantement. A générer des zones d’ombre sur ce qui est source d’énergie positive. En acceptant que chaque fois que nous nous enthousiasmons d’une réussite professionnelle, d’un projet mené à bien, c’est une forme d’émerveillement. Et que ça fait du bien;)

Au delà, le désir de tester, d’expérimenter pour redécouvrir des petits plaisirs nourrissants peut se décliner en trois phases, évaluation/décision/action, et rebelotte. Voir:

 

le lexique de l'émerveillement2- Adopter un vocabulaire riche et varié

De même que le cultivateur choisit des outils appropriés à chaque tâche, le cultivateur d’émerveillement a besoin d’outils spécifiques. Comme toute émotion, l’émerveillement s’exprime par un vocabulaire adapté. Un lexique varié, reflet des nuances de l’émotion positive qui nous saisit permet d’élargir le champs de l’expérience, d’en mesurer la richesse et de la partager dans toutes ses tonalités.

 

Les mots que nous utilisons ont en effet un lien intime avec le regard que nous portons sur le monde : «Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde », dit L. Wittgenstein (Tractatus logico-philosophicus, 1922). Enrichir notre vocabulaire avec de nouveaux champs lexicaux nous permet ainsi de modifier notre rapport au monde. C’est aussi probablement la meilleure façon d’inviter en douceur les autres à développer cette attitude. J’ai été agréablement surpris par…, j’ai découvert avec beaucoup d’intérêt que…, j’ai eu une surprise agréable en …, j’ai ressenti une grande joie en voyant que … voici une liste* d’adjectifs qui permet d’appréhender ces nuances:

 

le vocabulaire riche et nuancé de l'émotion positive
Est-il nécessaire d’expliquer ce que ces émotions peuvent apporter comme énergie positive, comme source d’engagement dans un contexte professionnel souvent qualifié de stressant, démotivant ?

 

 

sdéconnecter pour s'émerveiller3- Débrancher momentanément téléphones, tablettes et écrans 

La capacité à s’émerveiller passe avant tout par l’aptitude à être dans le présent, de façon à pouvoir en saisir les aspects dignes d’émerveillement. Choisir de débrancher, le temps d’un rendez-vous, d’une réunion, d’un trajet, pour ouvrir grand ses yeux, ses oreilles, ses narines, permet de laisser une chance à l’émerveillement d’éclore. Difficile en effet d’être émerveillés lorsque nous ne sommes pas attentifs à ce qui se passe.

 

S’émerveiller permet ainsi de recréer du lien et de sortir, ne serait-ce que momentanément, de ce sentiment largement répandu d’accélération du temps, de tourbillon existentiel, afin de goûter la lenteur du monde et d’en savourer les détails que notre attention habituellement sur-sollicitée choisit d’ignorer. Voir:

 

s'émerveiller en bousculant ses habitudes4- Bousculer ses habitudes

Remettre de l’extra-ordinaire dans la routine, bousculer ses habitudes, sortir des sentiers battus sont autant de moyens de faire entrer l’émerveillement dans nos vies – personnelles comme professionnelles d’ailleurs – Cette recommandation fréquente pour développer la créativité se prête tout à fait à l’entrainement à l’émerveillement.

 

  • Changer de trajet pour se rendre au boulot, ou de moyen de transport
  • Tester une nouvelle méthode
  • Modifier son organisation

Tout ce qui peut ouvrir la porte à la nouveauté, au changement de perception est propice à la sérendipté… émerveillée. Voir:

 

s'émerveiller en regardant d'un oeil neuf5- Regarder d’un oeil neuf

Observer un itinéraire, un environnement, une façon de faire, une personne, un comportement comme si c’était la première fois. Peut-être en étant réellement attentif à ses sensations auditives, olfactives, visuelles, ….Y chercher des sources d’étonnement, de curiosité, d’émotion positive et se dire que « le voyage de la découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à voir les choses différemment » (Marcel Proust). Et noter ce qui est beau, étonnant, intéressant, amusant, inspirant (voir point 9).

 

C’est l’occasion par exemple de mieux comprendre certains comportements, en apparence incompréhensibles, de nos collègues, en les observant sans jugement, en les questionnant:

 

s'émerveiller des qualités des autres6- Rechercher les talents chez un collaborateur, un collègue, un patron

Le regard extérieur est souvent nécessaire pour mettre à jour les talents naturels : celui qui possède un talent l’exerce avec tant de facilité, d’aisance qu’il n’y voit rien d’extraordinaire. Chez un observateur, ce sont précisément cette aisance, cette facilité qui peuvent déclencher l’émerveillement.

 

Au quotidien, sur le terrain, au contact de ses équipes, le manager peut identifier chez ses collaborateurs des talents, des ressources insoupçonnées en les regardant faire, en écoutant, en questionnant sur les réussites en évoquant leurs accomplissements et les mécanismes de réussite qui les sous-tendent. Les collègues peuvent le faire entre eux, ou vis à vis de leur chef. Dans l’entreprise, ce processus permet d’envoyer des signes de reconnaissance forts. Celle-ci libère de l’énergie et nous ne sommes jamais aussi motivés et efficaces qu’au cœur de nos talents.

 

Contrairement aux compétences qui s’acquièrent, les talents sont là mais ils ont besoin d’être identifiés pour être cultivés et utilisés à bon escient. Il s’agit donc d’un enjeu important pour les entreprises car la reconnaissance d’un talent est un facteur d’engagement. Voir

 

chercher les bénéfices inattendus7- Chercher le bénéfice inattendu d’une situation apparemment négative

Un projet qui échoue, des problèmes relationnels, un contrôle administratif inattendu, un déménagement, une fusion, un PSE, etc. Les situations plus ou moins pénibles ne manquent pas au quotidien. S’entrainer à :

  • Considérer ces obstacles, ces difficultés, ces épreuves comme des tremplins, des sources d’apprentissage, des opportunités d’amélioration.
  • Repérer ce que ces situations difficiles nous obligent à mobiliser comme ressources nouvelles ou déjà existences, nous permettent d’apprendre sur nous, sur les autres, …

Tout cela favorise l’apprentissage, les progrès et la résilience. Fait de manière collective, c’est aussi un moyen de renforcer les liens (plutôt que d’augmenter la méfiance en pointant du doigt), de rebondir ensemble.

 

partager ce qui va bien8- S’autoriser à regarder et partager ce qui fonctionne bien.

Que ce soit dans un entretien annuel individuel, dans un projet d’équipe, dans la réponse à un appel d’offre, ou simplement dans le quotidien professionnel, nous avons tendance à nous concentrer sur ce qui ne va pas. Ce qui est normal, notre attention va vers les dossiers à traiter. Identifier d’abord ce qui est positif permet de valoriser les ressources présentes et d’engranger de l’énergie positive avant de s’attaquer aux problèmes à régler. Les entreprises cherchent souvent à remotiver les salariés mais si on commençait par éviter de démotiver, quelle économie d’énergie !

 

Il peut s’agir aussi bien de comportements, de personnes que de projets en cours, d’organisation, de méthodes, de compétences etc. Nous pouvons bien entendu le faire pour nous-mêmes et le partager, quitte à être à l’initiative de cet émerveillement pour redynamiser une ambiance morose:

 

 

un carnet d'émerveillement9- Le carnet d’émerveillement

Noter au fil des jours, dans un carnet d’émerveillement, les graines semées et les résultats observés, sans excès d’évaluation :« Ne juge pas la journée en fonction de la récolte du soir mais d’après les graines que tu as semées », disait Robert Louis Stevenson.

 

Collectivement, le carnet peut prendre d’autres formes: un manager peut aussi prendre l’habitude de demander à ses collaborateurs ce dont ils sont fiers dans leurs réalisations, d’intégrer dans une réunion d’équipe récurrente un partage sur quelques sujets d’émerveillement choisis , voire organiser un « wonder café » hors du cadre habituel de travail pour:

 

  • Partager les récoltes d’émerveillement des uns et des autres
  • Des uns envers les autres
  • Repérer les pistes à creuser
  • Identifier des idées à transformer en innovation

Il peut aussi s’agir de (re)développer l’humour, le rire, la bonne humeur en perdition dans la morosité ambiante – on rit environ 4 fois moins qu’il y a un demi-siècle, alors que se poiler a des vertus autant sur le bien-être personnel que sur la relation.

 

engranger les vitamines mentales10- Engranger les vitamines mentales

Particules de joie présentes tout autour de nous, les vitamines mentales sont de l’émerveillement concentré qui ne dit pas son nom. Elles sont facilement accessibles à qui décide d’ouvrir les yeux (les oreilles et les autres sens;) et de savourer pleinement les micro sources de plaisir qui nourrissent l’âme d’émotions positives, pour en tirer une énergie motrice qui sera utile dans toutes les situations.

 

Au travail, elles vont consister à s’entraîner à repérer tout ce qui – si infime soit l’élément – a un impact émotionnel positif sur nous, aussi bien dans les transports que dans l’environnement, les personnes, les projets, les événements, les méthodes de travail, l’organisation, la décoration etc. Mieux vaut trois micro éléments sympas, beaux ou intéressants que zéro;) Voir:

 

 

management et emerveillementEn bonus: une vision complémentaire de l’emerveillement 

En finissante de rédiger ce troisième billet, je suis tombée sur cette série de trois articles sur feu l’excellent blog Penser et non panser, ils sont un complément à notre propos du jour qui mérite le détour :

 

 

Et vous, que faites-vous pour cultiver l’émerveillement ?

Quelles graines pouvez-vous partager avec nous?

Qu’avez-vous envie d’expérimenter ?

 

*Source de cette liste – avec quelques ajouts personnels d’Isabelle – : M.B. Rosenberg, Les Mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs

 

 

Voir aussi

 

A la rencontre de la beauté

Bien-être: fleuve paisible, rives fleuries

Regarder grandir

2,13€ de pur bonheur

Bien-être: un instant de poésie

Bien-être: la vie est belle!

 

Aller plus loin

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