Média sociaux, cooptation et compétences relationnelles

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

Si le recrutement ne se virtualise pas tant que ça, la cooptation a de beaux jours devant elle et les média sociaux sont un moyen formidable de développer son réseau professionnel et de se faire recommander.  A condition d’en connaître les codes et de comprendre qu’il s’agit avant tout de tisser des liens. Il devient de plus en plus indispensable de développer ses compétences relationnelles.

 

 

la cooptation via les réseaux sociaux necessite de bonnes compétences relationnelles

 

 

La cooptation se virtualise

 

Toutes les études en témoignent, le recrutement via les réseaux sociaux peine à sortir de l’anecdotique et même s’ils modifient et enrichissent les vecteurs de la recherche d’emploi, ils ne l’ont sûrement pas révolutionnée.

 

En revanche, les médias sociaux méritent une attention toute particulière en recherche d’emploi. Car la cooptation prend de l’ampleur et s’étend au virtuel. Comme en témoigne cette étude de l’Apec: 39% des entreprises l’utilisent. La recommandation devient d’ailleurs cruciale à mesure que le salarié avance dans sa carrière :

 

la part des candidats connus ou recommandés parmi les candidats recrutés croît avec l’âge de ces derniers. Ainsi, près de la moitié des candidats âgés de plus de 50 ans et recrutés en 2011 étaient connus de l’entreprise et/ou recommandés par une personne extérieure”

 

D’autre part, comme le souligne ce billet de TalentPlug, la cooptation par le réseau donne accès au “marché caché”, ce marché de l’emploi qui ne fait pas toujours l’objet d’annonces largement diffusées sur les sites emploi. Appréciée des entreprises, la cooptation coûte moins cher qu’un recrutement classique et semble garantir de meilleures adéquations entre candidat et employeur, comme le résume cette infographie:

 

 

les bénéfices de la cooptation

 

 

Le développement de son réseau professionnel et la cooptation sont des moyens particulièrement intéressants pour tous ceux dont la situation n’aide pas l’employabilité:

 

  • Les personnes aux parcours atypiques
  • Les personnes en seconde partie de carrière et les seniors
  • Les personnes qui ont mené une reconversion professionnelle et sont de retour à l’emploi

Parce que le réseau se virtualise, les liens noués sur les réseaux sociaux (et pas uniquement les réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo) deviennent autant de sources d’opportunités et de cooptation. Et cela a quatre conséquences à prendre en compte:

 

  • L’écart se creuse entre les candidats connectés et peu connectés
  • L’écart se creuse entre ceux qui savent réseauter sur Internet et ceux qui réseautent “à la papa”
  • Les réseaux sociaux sont une mine d’or pour tous ceux qui estiment avoir un réseau professionnel limité et veulent le développer.

Parce que le développement d’un réseau sur les médias sociaux n’a pas grand chose à voir avec celui qui se fait dans la vraie vie,  les compétences relationnelles deviennent indispensables pour les chercheurs d’emploi qui voudraient mettre toutes les chances de leur côté.

 

 

 

Cooptation virtuelle et compétences relationnelles

 

Le fait que la cooptation se déplace de l’IRL (la vraie vie) au virtuel est certainement une bonne nouvelle, car, pour peu qu’on soigne ses compétences relationnelles, il est beaucoup plus facile de se construire un réseau professionnel via Internet que dans la vraie vie, en particulier parce qu’on a la possibilité de venir y nouer des liens simplement, en parlant métier, et non pas se mettre dans l’inconfortable position du demandeur, ou de faire du push de cartes de visites dans des “soirées réseau” ou ceux qui se connaissent parlent entre eux et où l’on peine parfois à entrer en conversation.

 

La leçon à en retirer, c’est principalement de redonner aux médias sociaux leur véritable rôle, que la traduction version calque – et erronée –  des adeptes du Globish rend un peu confus: ce ne sont pas des plateformes sociales, ce sont des plateformes relationnelles. Mais attention, s’il est essentiel d’y faire du relationnel, il s’agit bien de relationnel au sens noble du terme. C’est à dire être là pour y développer autre chose que des accointances vagues et utilitaires, mais bien pour entrer en relation et s’intéresser aux gens AVANT d’espérer qu’ils s’intéressent à vous en retour. Et ces liens se font autour d’un sentiment d’appréciation mutuel, d’affinités qui vont favoriser le partage d’opportunités.

 

Il s’agit donc de s’exposer au travers non seulement de son expertise et de ses compétences métiers, mais aussi au travers de sa personnalité et de sa façon d’être en relation, pour une raison très simple: on coopte une personne qu’on connaît, dont on reconnaît les mérites professionnels, bien entendu, mais aussi et surtout une personne qu’on apprécie.

 

Ceux qu’on mésestime ou dont on ignore la véritable personnalité parce qu’ils restent en retrait derrière leurs compétences professionnelles, personne ne prend le risque de les recommander, parce que c’est toute la crédibilité du coopteur qui est en jeu. Ainsi dans cet article, le site Guichets-RH traite des recommandations sur des réseaux comme LinkedIn:

 

Témoigner publiquement en faveur d’autrui est un acte très impliquant, l’auteur du témoignage s’engage personnellement dans ses propos. On ne recommande pas n’importe qui !”

 

 

 

D’une pierre trois coups!

 

Il y a une autre bonne nouvelle à la virtualisation de la cooptation. Le fait que le travail relationnel devienne incontournable est tout bénéfice pour le chercheur d’emploi, car les compétences relationnelles représentent une part non négligeables des compétences informelles (soft skills) qui sont en passe de devenir le point d’orgue de l’employabilité.

D’autre part, les compétences relationnelles ne sont pas des recettes figées et formatées qu’on peut trouver dans un livre. Elles passent par un renforcement de la connaissance de soi, de la confiance en soi, et ont deux conséquences directes:

 

  • Le développement de l’assurance, cruciale dans les entretiens d’embauche.
  • La construction d’une posture relationnelle forte, qui facilite l’intégration, favorise le bien-être dans son nouveau poste et la collaboration.

Les réseaux sociaux deviennent alors un terrain d’entraînement de choix pour tester notre façon d’être en relation en fonction de ce qu’elle suscite comme comportements en retour. Et d’en tirer des enseignements sur les points à renforcer pour créer un réseau solide, générateur à son tour de confiance en soi. Celle-ci permettra une authenticité sereine et évitera les erreurs relationnelles liées soit au triangle de Karpman, dans lequel nous sommes tous inscrits, soit à la méconnaissance des codes et qui sont légions sur les média sociaux, comme par exemple:

 

  • Le relationnel poudre aux yeux: version je-te-pommade-par-ci-je-te-pommade-par-là inscrit dans le cadre d’une fausse gentillesse qui navigue entre individualisme patenté qui soigne son intérêt personnel et manipulation pure et simple. Et cela finit immanquablement par se faire remarquer.
  • La victime qui crie famine: la recherche d’emploi est une période particulièrement difficile et en même temps, s’étaler en jérémiades quémandeuses ou se plaindre en rond avec d’autres malheureux ne donne pas envie de vous aider.
  • Les maladresses: les messages maladroits du type “vous voulez bien transmettre mon profil à votre carnet d’adresse” ou encore les demandes directes d’opportunités faites aux DRH présents sur les réseaux

Construire cette posture virtuelle favorable au tissage de relations professionnelles nouvelles solides et génératrices d’opportunités se fait au travers:

 

Du renforcement de la relation à soi et de la relation aux autres:

De stratégies d’exposition professionnelles:

 

Et l’on acquiert au passage une posture pleine d’une assurance qui ne la ramène pas, proche d’un charisme qui donne envie aux professionnels avec qui nous tissons de véritables liens de nous coopter. La boucle est bouclée!

 

 

 

Voir aussi

 

Triangle de Karpman et recherche d’emploi

Réseaux sociaux: conseils pour les chercheurs d’emploi

3 astuces relationnelles pour bien commencer sur les réseaux sociaux

Recherche d’emploi: reconstruire la confiance et l’estime de soi

Le non guide de la rechercher d’emploi sur Internet: les réseaux sociaux

Twitter, entre virtuel et IRL

 

 

 

Aller plus loin

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Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

Sylvaine Pascual – Publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Il semble que la toxicité des relations professionnelles soit directement proportionnelle aux difficultés rencontrées par l’ensemble des salariés, managers et collaborateurs dans un même bateau qui prend, en ces temps difficiles, une eau fangeuse un peu trop vite étiquetée « crise ». Parce que c’est un enjeu collaboratif de taille, voici une triplette prosociale pour rouler de concert vers un minimum d’élégance relationnelle.

 

 

Trois comportements oeuvrant de concert pour plus d'élégance relationnelle

 

 

 

Assainir les relations professionnelles, un enjeu collaboratif

 

Pris entre des assortiments glauques de marteaux et d’enclumes en tous genres, qui génèrent de nombreuses peurs, managers et collaborateurs ont vite recours aux rôles relationnels, refuge facile et ordinaire lorsque nous ne savons plus comment obtenir ce dont nous avons besoin. Nous sommes alors gouvernés par des craintes inébranlables qui ont vite fait de se transformer en croyances limitantes exprimées dans toute la palette trop-bon-trop-con:

 

  • Crainte de ne pas être entendu, écouté, reconnu, pris en compte.
  • Crainte d’être jugé, exploité, crainte qu’on profite de nous, qu’on nous marche sur les pieds, qu’on vienne empiéter sur nos plates-bandes.
  • Et donc: crainte de ne pas être traité comme nous en avons besoin.

La spirale des jeux psychologiques se met en branle et pollue toutes nos interactions, leur donnant des relents de cyanure relationnel, pas vraiment prosociaux ou collaboratifs.

 

Assainir les relations professionnelles et leur redonner un élan plus équilibré, plus réjouissant et moins perclus de jeux de pouvoir, pour obtenir la compréhension mutuelle, la confiance et la reconnaissance dont nous avons tant besoin et qui fait cruellement défaut dans le monde professionnel, est un enjeu de taille.

 

D’autant plus que si les discours vont bon train sur le sujet, quand il s’agit de passer aux actes, l’entreprise se met plus souvent qu’à son tour aux abonnés absents. C’est donc essentiellement au niveau individuel que les initiatives peuvent se prendre, histoire d’arrondir les angles coupants des relations inconfortables, sans attendre un miracle managérial qui reste du domaine de l’Arlésienne de la vie au travail: on en parle beaucoup, on ne le voit jamais…

 

 

 

 

Triangle de Karpman : des comportements ordinaires… qui finissent toxiques

 

Rappelons d’abord que les jeux psychologiques s’articulent autour des trois rôles relationnels, victime, sauveur et persécuteur, et qu’ils sont ordinaires, qu’ils ne sont en aucun cas le reflet d’une pathologie psychologique, en particulier le persécuteur dont la dénomination génère des associations malencontreuses avec le harcèlement et le désormais omniprésent pervers. Voir:

Nous jouons tous ces rôles inconsciemment, sans volonté de manipulation, avec une constance et une amplitude diverses, et chacun des trois participe de la dégradation progressive de nos relations.

 

Cependant, l’augmentation de leur fréquence due aux exigences de plus en plus absurdes du monde du travail finit par les rendre parfaitement toxiques, produits cancérigènes de nos interactions professionnelles. La piqure de rappel sur ces trois comportements victime, sauveur et persécuteur, c’est par ici :

 

 

Sortir des rôles relationnels : une question de courage

 

Repérer les rôles que nous jouons est déjà assez compliqué et une fois que c’est fait, en sortir demande un vrai courage : celui d’être à l’initiative de comportements prosociaux qui vont générer le changement, celui de prendre en main son propre environnement relationnel et d’y implémenter des alternatives, dont seules la personnalisation et l’expérimentation vont démontrer la puissance. Voir:

 

Chassez le naturel, il revient au galop? Pas forcément. Il est de façon générale bien plus facile de s’enfermer dans des jeux de pouvoir et d’ignorer leur inefficacité parce que nous les pratiquons avec constance depuis bien longtemps. Inversement, accepter d’expérimenter des attitudes plus arrondies aux angles, plus teintées d’élégance relationnelle, laisse souvent dubitatifs tous ceux qui craignent trop la relation pour oser s’essayer à d’autres fonctionnements. Et c’est bien dommage, car le courage nécessaire, c’est essentiellement celui du premier pas. Derrière, les résultats obtenus parlent suffisamment d’eux-mêmes pour renforcer la motivation à se comporter avec davantage de noblesse d’âme que de volonté de domination.

 

 

 

Un triangle pour arrondir les angles de la relation?

 

L’analyse transactionnelle, en la personne d’Acey Choy, a modélisé un autre triangle, réponse du berger bienveillant à la bergère des jeux psychologiques, qui propose de remplacer les rôles relationnels par trois comportements plus favorables à la relation. Cette vision m’a intéressée en ce qu’elle propose une piste de sortie du triangle de Karpman par des alternatives relationnelles fertiles:

 

  • La vulnérabilité
  • L’affirmation de soi
  • La bienveillance empathique

Cependant, je vous l’ai mise très librement à ma sauce, car la version originale me semble comporter des limites à dépasser.

 

Tout d’abord, dans la plus pure tradition du marketing nord-américain,  ces trois comportements ont été labellisés « triangle du gagnant ». Comment vous dire… Triple beurk, que voilà un terme qui nous inscrit dans la dichotomie pas du tout manichéenne du winner/loser. Laissons donc cette sémantique aux égos en manque – justement – de reconnaissance. Même la traduction courante “triangle gagnant” en français me fatigue, comme s’il fallait toujours chercher la victoire, donc le combat, y compris – et même surtout, contre nous-mêmes. Je vous propose une terminologie qui me paraît plus estime de soi, qui n’a pas besoin de se prendre pour un super-héros – super-héros qui, soit dit en passant, sont un peu trop souvent des victimes pleurnichardes devenues des sauveurs-persécuteurs de haut vol.

 

Mais je m’égare, mes agacements linguistiques et ma crispation chronique face au simplisme noir/blanc d’outre Atlantique, vous les connaissez déjà, chers lecteurs fidèles ;) Revenons donc à nos moutons relationnels et passons du triangle dramatique à un triangle déclencheur de relations plus mutuellement nourrissantes. Donc des liens solides, basés sur la confiance et le sentiment de sécurité morale.

 

Et puis non, finalement, ne restons pas dans un triangle qui, par définition, n’arrondit pas les angles de la relation. Je rétive un coup et je préfère une version plus adoucie, aux courbes plus amènes et moins tranchantes que les angles aigus d’un n-ième schéma géométrique. Laissons donc le triangle de Karpman s’effacer et laisser émerger une représentation de ces trois comportements plus légère et plus encourageante.

 

vulnérabilité, bienvailence, affirmation, triplette prosociale

 

 

D’autre part, l’auteur préconise d’adopter l’un des trois comportements en opposition au rôle que nous jouons le plus fréquemment: de remplacer le comportement victime par la vulnérabilité, le comportement saveur par la bienveillance empathique, le comportement persécuteur par l’affirmation de soi. Je ne suis pas d’accord avec cette opposition simple, qui me paraît insuffisante à réduire les jeux psychologiques. Il est plus pertinent et efficace de renforcer ces trois aptitudes conjointement et de les exprimer ensemble, parce qu’elles s’appuient et se soutiennent mutuellement, et que l’une sans l’autre donne un positionnement relationnel incomplet :

 

  • La vulnérabilité sans affirmation de soi reste de la jérémiade
  • L’affirmation de soi sans empathie bienveillante risque le pur égoïsme
  • L’empathie bienveillante sans affirmation de soi risque le comportement serpillière

Puisque cette façon d’être en relation a trois facettes qui ne sont pas des attitudes distinctes mais conjointes, qui se nourrissent mutuellement, appelons-la triplette, tiens. J’aime bien les triplettes! Elles proposent un socle à trois pieds sur lequel on peut joliment s’appuyer. On peut alors la représenter, en mode leadership de soi ludique, par ces trois comportements oeuvrant de concert et se diriger ainsi vers des océans de relations plus équilibrées :

 

 

triplette élégance relationnelle

 

.

 

 

 Une triplette prosociale pour plus d’élégance et d’équilibre relationnels

 

 

L’équilibre relationnel nait donc de la conjonction de ces trois aptitudes, qui génère un positionnement élégant, à la fois serein (qui n’a pas besoin de la ramener) et plein d’assuracnce et qui laisse une place de choix à l’autre dans la relation comme dans la communication.

 

 

1- La vulnérabilité

 

Elle est le pendant version estime de soi du rôle de victime. Elle consiste avant tout à reconnaître les situations qui génèrent une forme de souffrance, des émotions négatives et d’être en capacité de les partager. S’autoriser à montrer ses failles et ses fragilités requiert force morale et courage. C’est là le reflet d’une estime de soi solide, qui ne craint pas la relation et le regard de l’autre et qui inspire le respect.

 

La vulnérabilité n’a pas besoin de barytoner la Goualante du pauvre Jean pour se faire entendre, elle ne joue ni sur la pitié ni sur la culpabilisation, elle accepte pleinement ses émotions et ses ressentis et les exprime posément. Passée de disciple de Jérémie à sereinement vulnérable (en d’autres temres: être humain), l’ex-victime sera plus à même de se mettre à chercher des solutions pour sortir de la situation qui la gêne. Ce qui habituellement n’est pas son fort. Il s’agit donc de travailler:

 

  • L’estime de soi (qui accepte intrinsèquement la vulnérabilité),
  • La valorisation (dans le discours interne comme dans la communication)
  • La connaissance de soi et en particulier des talents naturels sur lesquels on peut s’appuyer
  • L’élaboration de solutions et des plans d’action
  • La bienveillance empathique (pour éviter de submerger l’interlocuteur pas des flots émotionnels excessifs)
  • L’affirmation de soi (pour poser des limites et faire des demandes claires, en particulier lorsqu’on a besoin d’aide)

 

2- La bienveillance empathique

 

Acey Choy utilise le terme caring, qui a souvent été traduit par « souci de l’autre », mais que j’ai choisi d’adapter en bienveillance empathique, qui me paraît plus clair. Le Sauveur a déjà beaucoup trop le sentiment de se “soucier de l’autre”.

 

La bienveillance empathique consiste donc à porter sur l’autre un regard sincèrement curieux de ses motivations et mécanismes, un regard compréhensif et engageant, tout en ne réfléchissant pas à sa place. Elle ne prend pas le problème en charge, elle lui offre un espace d’expression, une station service morale où en décortiquer le moteur en panne, sans infantilisation, sans démonstration d’expertise. Laissant le chevalier blanc derrière lui, l’ex-sauveur pourra alors se mettre à écouter son interlocuteur plutôt que de lui fournir illico presto la notice de sa solution 34bis, forcément la meilleure du monde de l’univers. Il inspirera confiance et loyauté: voilà quelqu’un sur qui on peut compter et qui ne se laisse pas envahir en même temps. Il s’adit donc de travailler:

 

 

3- L’affirmation de soi

 

Pendant d’un mode d’expression cassant, péremptoire, autoritaire, de l’imposition de ses points de vue, l’affirmation de soi est une façon d’exprimer ses opinions et ses besoins avec aisance et assurance, sans passer ses interlocuteurs au rotovateur de ses certitudes ou de ses exigences. Parce qu’elle ne cherche ni à dominer, ni à assujettir ou à contraindre, l’affirmation de soi révèle un positionnement plein d’une confiance convaincante et qui inspire le respect.

 

L’ancien persécuteur ainsi dépourvu de sa broyeuse à interlocuteur pourra alors laisser une place équitable à l’autre dans la relation, lui exprimer posément ses idées, écouter les siennes et laisser les solutions émerger. Il s’agit donc de travailler:

  • l’estime de soi qui diminue la peur de l’autre et le besoin de lui aboyer dessus pour se faire entendre.
  • La communication non violente, alternative ultra efficace à l’agressivité verbale.
  • La capacité à fixer des limites, à dire non, à faire des demandes élégantes (et nons pas des critiques brutales)
  • L’empathie bienveillante pour laisser une place équitable à l’autre dans les interactions.
  • La vulnérabilité pour accepter et partager avec amabilité ses propres difficultés.

 

 

Triplette + trépieds = tricycle!

 

Au final, on le voit bien, les trois sont intimement liés et se nourrissent mutuellement et l’un sans l’autre débouche sur une posture relationnelle incomplète et peu efficace. Les trois se travaillent et se renforcent, bien entendu, et c’est en les pratiquant qu’on peut prendre pleinement conscience de leurs bénéfices à la fois sur la relation et sur l’estime de soi.

 

Exit les rôles relationnels pesants et énergivores qu’on laissera alors derrière soi, et bienvenue à un trépieds comportemental qui nous permet d’oeuvrer pour des relations dénuées de jeux de pouvoir, donc plus équilibrées, plus élégantes et par conséquent plus efficaces et nourrissantes. Et pour représenter cette triplette dans un mode plus singulier, puisque ce sont trois aspects de nous-mêmes, je vous porpose un tricycle, enfant naturel de la triplette et du trépieds, qui a trois caractéristiques essentielles: l’assise solide (le tricycle est bien plus difficile à renverser), la possibilité de mouvement en avant, et la symbolique de l’apprentissage. Enfourchons donc gaillardement le tricycle de l’élégance relationnelle et expérimentons de nouvelles façons d’être en relation!

 

tricycle élégance relationnelle

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

Relation à soi / aux autres: le cocktail indispensable

Ebook gratuit: le triangle de Karpman: sortir des rôles relationnels 

Protège tes fesses! 5(+) trucs pour assurer le bien-être relationnel

Triangle de Kaprman: quand Little Miss Sauveur tombe sur un o(ur)s

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

L’égo, frein majeur à l’intelligence colaborative

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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10 façons de cultiver l’émerveillement au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans Vitamines mentales / Talents et ressources

 

 

Dernier volet de cette exploration de la place de l’émerveillement au travail, via sa définition et ses bénéfices, co-rédigée avec Isabelle Leclerc de Hauteclocque. Nous vous proposons aujourd’hui d’aller fureter du côté des moyens de s’émerveiller, de façon à nous transformer en cultivateurs de petits et grands bonheurs professionnels, pour bien davantage de plaisir au travail.

 

 

L'émerveillement est un état d'esprit: 10 façons de le cultiver

 

 

 

L’émerveillement : un état d’esprit

 

Concrètement, l’émerveillement est une expérience qui suscite d’abord un étonnement, puis des émotions positives plus ou moins intenses ainsi qu’un travail de la pensée. Michael Edwards parle d’un étonnement avec « un surcroît de sens » (De l’émerveillement, Fayard, 2013, p.94). L’émerveillement, dit-il aussi, est « une porte qui s’ouvre » (idem, p.186).

 

Qu’il porte sur des personnes, des phénomènes naturels ou des créations humaines, sur l’infiniment petit ou l’infiniment grand, l’émerveillement se produit face à un événement que l’on n’attendait pas précisément. D’une certaine manière il se rapproche ainsi de la sérendipité.

 

Pour percevoir cet événement, encore faut-il adopter un certain état d’esprit, faire le pari que quelque chose de beau, de nouveau, d’intéressant, d’intelligent, d’efficace peut survenir fortuitement dans le chaos, la routine, le connu. L’émerveillement, c’est laisser entrer l’extra-ordinaire dans le traintrain de notre quotidien professionnel. Encore faut-il le vouloir et c’est là que les choses se compliquent plus ou moins selon les personnes et les contextes professionnels : Cet état d’esprit suppose en particulier :

 

  1. De ne pas chercher à tout contrôler
  2. De ne pas vouloir tout prévoir, d’admettre l’inattendu, l’imprévu, se laisser suprendre
  3. D’être capable d’humilité (loin d’une mauvaise estime de soi, l’humilité consiste à avoir une perception juste de ses faiblesses mais aussi ses forces; c’est le contraire de l’orgueil).
  4. D’être présent à ce qui se passe, réellement attentif, à l’écoute (l’émerveillement peut être déclenché par des événements très fugaces : un sourire, un geste, un rayon de soleil, etc.).
  5. D’écouter ses émotions.
  6. D’accepter d’être changé (l’émerveillement peut être un bouleversement  et même moins intense il peut nous amener à agrandir, élargir, enrichir notre système de représentations)

On devine l’intérêt d’une telle attitude pour accompagner les changements, les transformations que vivent les personnes et les organisations: elle autorise le mouvement et l’idée qu’une nouveauté n’est pas nécessairement mauvaise ou menaçante, qu’il peut s’y cacher du beau, de l’utile, du profitable. L’état d’esprit que suppose l’émerveillement se rapproche d’ailleurs fortement de ce que l’on attend aussi aujourd’hui de leaders, d’un état d’esprit positif qui donne envie et qui emmène avec soi.

 

Soyons clairs: l’émerveillement ne consiste pas à nier la dureté du monde, dans une version ripolinée de la simpliste “pensée positive”. Il accorde justement à cause d’elle et de ses conséquences pénibles, beaucoup de valeur à la beauté et à tout ce qui suscite en nous des émotions positives, qui permettent de ré-équilibrer un peu notre état interne en lui évitant de se concentrer uniquement sur le négatif. L’émerveillement ne prétend pas répondre à tous les besoins et ne dispense pas de traiter les sources d’émotions négatives. Il nous fournit l’énergie nécessaire pour le faire en nous rendant sensible à la saveur, à l’esthétique des événements. C’est une fenêtre qui s’ouvre sur un jardin et probablement rien de plus mais en même temps, n’est-ce pas essentiel ?

 

 

 

Les jardiniers de l’émerveillement au travail

 

L’émerveillement, parce qu’il est l’une des premières capacités que nous perdons dans l’enfance, parce qu’il peut être malmené par les aléas de la vie, se cultive comme une plante délicate: avec soin.

 

Et cultiver l’émerveillement au travail, c’est mettre en valeur des talents, des comportements, des accomplissements, des événements, comme je jardinier met en valeur un sol. C’est un travail qui s’inscrit dans la durée et qui nécessite un certain nombre d’étapes : débroussailler, préparer, semer, arroser, récolter … Ce qui est certain, c’est qu’ «il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir » disait Henri Matisse.

 

émerveillement il y a des felurs partout pour qui veut les voir

 

 

Cultiver l’émerveillement au travail, c’est d’abord un choix tant l’entreprise semble l’ignorer. Le choix de semer des graines dans les environnements les plus improbables et de les regarder grandir. Le choix d’expérimenter en imaginant puis en constatant les effets positifs de l’émerveillement. En réalisant aussi que renoncer à l’émerveillement consiste parfois à se protéger mais également à se résoudre à l’ennui, à la perte de sens, au désenchantement. Cultiver l’émerveillement, l’air de rien, c’est aussi bien souvent transformer peu à peu la culture d’entreprise.

 

Mais la réussite du jardin tient avant tout aux choix du jardinier en termes de plantes et fleurs à semer, à mettre en terre, à nourrir et entretenir, et lui seul peu le faire. Si l’on peut faire des suggestions, en mode Truffaut de l’émerveillement au travail qui met à disposition tout un choix de végétaux, ce jardin est le vôtre: inventez-le au gré de votre inspiration et de vos propres sources d’émerveillement.

 

 

s'autoriser l'émerveillement, expérimenter1- Avoir envie d’expérimenter

L’émerveillement suppose une attitude qui n’est pas toujours la plus spontanée dans les organisations. Malgré tout, c’est un choix que l’on peut faire en prenant conscience de ses effets positifs. En réalisant aussi que renoncer à l’émerveillement consiste d’une à se résoudre à l’ennui, à la perte de sens, au désenchantement. A générer des zones d’ombre sur ce qui est source d’énergie positive. En acceptant que chaque fois que nous nous enthousiasmons d’une réussite professionnelle, d’un projet mené à bien, c’est une forme d’émerveillement. Et que ça fait du bien;)

Au delà, le désir de tester, d’expérimenter pour redécouvrir des petits plaisirs nourrissants peut se décliner en trois phases, évaluation/décision/action, et rebelotte. Voir:

 

le lexique de l'émerveillement2- Adopter un vocabulaire riche et varié

De même que le cultivateur choisit des outils appropriés à chaque tâche, le cultivateur d’émerveillement a besoin d’outils spécifiques. Comme toute émotion, l’émerveillement s’exprime par un vocabulaire adapté. Un lexique varié, reflet des nuances de l’émotion positive qui nous saisit permet d’élargir le champs de l’expérience, d’en mesurer la richesse et de la partager dans toutes ses tonalités.

 

Les mots que nous utilisons ont en effet un lien intime avec le regard que nous portons sur le monde : «Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde », dit L. Wittgenstein (Tractatus logico-philosophicus, 1922). Enrichir notre vocabulaire avec de nouveaux champs lexicaux nous permet ainsi de modifier notre rapport au monde. C’est aussi probablement la meilleure façon d’inviter en douceur les autres à développer cette attitude. J’ai été agréablement surpris par…, j’ai découvert avec beaucoup d’intérêt que…, j’ai eu une surprise agréable en …, j’ai ressenti une grande joie en voyant que … voici une liste* d’adjectifs qui permet d’appréhender ces nuances:

 

le vocabulaire riche et nuancé de l'émotion positive
Est-il nécessaire d’expliquer ce que ces émotions peuvent apporter comme énergie positive, comme source d’engagement dans un contexte professionnel souvent qualifié de stressant, démotivant ?

 

 

sdéconnecter pour s'émerveiller3- Débrancher momentanément téléphones, tablettes et écrans 

La capacité à s’émerveiller passe avant tout par l’aptitude à être dans le présent, de façon à pouvoir en saisir les aspects dignes d’émerveillement. Choisir de débrancher, le temps d’un rendez-vous, d’une réunion, d’un trajet, pour ouvrir grand ses yeux, ses oreilles, ses narines, permet de laisser une chance à l’émerveillement d’éclore. Difficile en effet d’être émerveillés lorsque nous ne sommes pas attentifs à ce qui se passe.

 

S’émerveiller permet ainsi de recréer du lien et de sortir, ne serait-ce que momentanément, de ce sentiment largement répandu d’accélération du temps, de tourbillon existentiel, afin de goûter la lenteur du monde et d’en savourer les détails que notre attention habituellement sur-sollicitée choisit d’ignorer. Voir:

 

s'émerveiller en bousculant ses habitudes4- Bousculer ses habitudes

Remettre de l’extra-ordinaire dans la routine, bousculer ses habitudes, sortir des sentiers battus sont autant de moyens de faire entrer l’émerveillement dans nos vies – personnelles comme professionnelles d’ailleurs – Cette recommandation fréquente pour développer la créativité se prête tout à fait à l’entrainement à l’émerveillement.

 

  • Changer de trajet pour se rendre au boulot, ou de moyen de transport
  • Tester une nouvelle méthode
  • Modifier son organisation

Tout ce qui peut ouvrir la porte à la nouveauté, au changement de perception est propice à la sérendipté… émerveillée. Voir:

 

s'émerveiller en regardant d'un oeil neuf5- Regarder d’un oeil neuf

Observer un itinéraire, un environnement, une façon de faire, une personne, un comportement comme si c’était la première fois. Peut-être en étant réellement attentif à ses sensations auditives, olfactives, visuelles, ….Y chercher des sources d’étonnement, de curiosité, d’émotion positive et se dire que « le voyage de la découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à voir les choses différemment » (Marcel Proust). Et noter ce qui est beau, étonnant, intéressant, amusant, inspirant (voir point 9).

 

C’est l’occasion par exemple de mieux comprendre certains comportements, en apparence incompréhensibles, de nos collègues, en les observant sans jugement, en les questionnant:

 

s'émerveiller des qualités des autres6- Rechercher les talents chez un collaborateur, un collègue, un patron

Le regard extérieur est souvent nécessaire pour mettre à jour les talents naturels : celui qui possède un talent l’exerce avec tant de facilité, d’aisance qu’il n’y voit rien d’extraordinaire. Chez un observateur, ce sont précisément cette aisance, cette facilité qui peuvent déclencher l’émerveillement.

 

Au quotidien, sur le terrain, au contact de ses équipes, le manager peut identifier chez ses collaborateurs des talents, des ressources insoupçonnées en les regardant faire, en écoutant, en questionnant sur les réussites en évoquant leurs accomplissements et les mécanismes de réussite qui les sous-tendent. Les collègues peuvent le faire entre eux, ou vis à vis de leur chef. Dans l’entreprise, ce processus permet d’envoyer des signes de reconnaissance forts. Celle-ci libère de l’énergie et nous ne sommes jamais aussi motivés et efficaces qu’au cœur de nos talents.

 

Contrairement aux compétences qui s’acquièrent, les talents sont là mais ils ont besoin d’être identifiés pour être cultivés et utilisés à bon escient. Il s’agit donc d’un enjeu important pour les entreprises car la reconnaissance d’un talent est un facteur d’engagement. Voir

 

chercher les bénéfices inattendus7- Chercher le bénéfice inattendu d’une situation apparemment négative

Un projet qui échoue, des problèmes relationnels, un contrôle administratif inattendu, un déménagement, une fusion, un PSE, etc. Les situations plus ou moins pénibles ne manquent pas au quotidien. S’entrainer à :

  • Considérer ces obstacles, ces difficultés, ces épreuves comme des tremplins, des sources d’apprentissage, des opportunités d’amélioration.
  • Repérer ce que ces situations difficiles nous obligent à mobiliser comme ressources nouvelles ou déjà existences, nous permettent d’apprendre sur nous, sur les autres, …

Tout cela favorise l’apprentissage, les progrès et la résilience. Fait de manière collective, c’est aussi un moyen de renforcer les liens (plutôt que d’augmenter la méfiance en pointant du doigt), de rebondir ensemble.

 

partager ce qui va bien8- S’autoriser à regarder et partager ce qui fonctionne bien.

Que ce soit dans un entretien annuel individuel, dans un projet d’équipe, dans la réponse à un appel d’offre, ou simplement dans le quotidien professionnel, nous avons tendance à nous concentrer sur ce qui ne va pas. Ce qui est normal, notre attention va vers les dossiers à traiter. Identifier d’abord ce qui est positif permet de valoriser les ressources présentes et d’engranger de l’énergie positive avant de s’attaquer aux problèmes à régler. Les entreprises cherchent souvent à remotiver les salariés mais si on commençait par éviter de démotiver, quelle économie d’énergie !

 

Il peut s’agir aussi bien de comportements, de personnes que de projets en cours, d’organisation, de méthodes, de compétences etc. Nous pouvons bien entendu le faire pour nous-mêmes et le partager, quitte à être à l’initiative de cet émerveillement pour redynamiser une ambiance morose:

 

 

un carnet d'émerveillement9- Le carnet d’émerveillement

Noter au fil des jours, dans un carnet d’émerveillement, les graines semées et les résultats observés, sans excès d’évaluation :« Ne juge pas la journée en fonction de la récolte du soir mais d’après les graines que tu as semées », disait Robert Louis Stevenson.

 

Collectivement, le carnet peut prendre d’autres formes: un manager peut aussi prendre l’habitude de demander à ses collaborateurs ce dont ils sont fiers dans leurs réalisations, d’intégrer dans une réunion d’équipe récurrente un partage sur quelques sujets d’émerveillement choisis , voire organiser un « wonder café » hors du cadre habituel de travail pour:

 

  • Partager les récoltes d’émerveillement des uns et des autres
  • Des uns envers les autres
  • Repérer les pistes à creuser
  • Identifier des idées à transformer en innovation

Il peut aussi s’agir de (re)développer l’humour, le rire, la bonne humeur en perdition dans la morosité ambiante – on rit environ 4 fois moins qu’il y a un demi-siècle, alors que se poiler a des vertus autant sur le bien-être personnel que sur la relation.

 

engranger les vitamines mentales10- Engranger les vitamines mentales

Particules de joie présentes tout autour de nous, les vitamines mentales sont de l’émerveillement concentré qui ne dit pas son nom. Elles sont facilement accessibles à qui décide d’ouvrir les yeux (les oreilles et les autres sens;) et de savourer pleinement les micro sources de plaisir qui nourrissent l’âme d’émotions positives, pour en tirer une énergie motrice qui sera utile dans toutes les situations.

 

Au travail, elles vont consister à s’entraîner à repérer tout ce qui – si infime soit l’élément – a un impact émotionnel positif sur nous, aussi bien dans les transports que dans l’environnement, les personnes, les projets, les événements, les méthodes de travail, l’organisation, la décoration etc. Mieux vaut trois micro éléments sympas, beaux ou intéressants que zéro;) Voir:

 

 

management et emerveillementEn bonus: une vision complémentaire de l’emerveillement 

En finissante de rédiger ce troisième billet, je suis tombée sur cette série de trois articles sur feu l’excellent blog Penser et non panser, ils sont un complément à notre propos du jour qui mérite le détour :

 

 

Et vous, que faites-vous pour cultiver l’émerveillement ?

Quelles graines pouvez-vous partager avec nous?

Qu’avez-vous envie d’expérimenter ?

 

*Source de cette liste – avec quelques ajouts personnels d’Isabelle – : M.B. Rosenberg, Les Mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs

 

 

Voir aussi

 

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Aller plus loin

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Compétences relationnelles: présenter des excuses

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

Vous et moi sommes des gens forcément charmants et bourrés de qualités, qui traitons toujours nos contemporains avec une belle élégance. Nous ne ferions pas de mal à une mouche… Bon, il nous arrive tout de même parfois de heurter autrui, souvent sans intention de le faire. Apprenons à mettre notre petit orgueil de côté à  présneter des excuses simples, car c’est une véritable compétence relationnelle qui renforce les liens et la confiance mutuelle.

 

 

 

compétences relationnelles: présenter des excuses

 

 

Heurts, remords et pénitence: la valse des fausses bonnes idées

 

Nous pouvons tous, potentiellement commettre petites et grandes mauvaises actions à l’encontre de notre entourage personnel ou professionnel, bien entendu bien malgré nous, voire à linsu de notre plein gré. Que celui qui n’a jamais rompu un engagement, ignoré une promesse, trahi une confiance ou tout simplement blessé quelqu’un par ses paroles ou ses agissements jette le premier caillou à nous autres mortels faillibles, contrits devant l’évidence: nos imperfections nous poussent parfois à agir dans le sens inverse du bénéfice de nos contemporains.

 

A Perpignan, on a une solution: une tradition et vieille de 600 ans, qui donne à l’expression “faire pénitence” une signification impressionnante, y compris à ceux qui, come moi, ont autant de convictions religieuses qu’une certaine moule de mes amies, une fois qu’elle a fini dans la poêle. C’est la procession de la Sanch, où les pénitents masqués défilent, pieds nus, dans un silence de cathédrale. Cependant nos vies temporelles, quant à elles, nous offrent peu de possibilités d’expiation spectaculaire, de source d’absolution pour nos vilaines actions.

 

Parfois, ce sont des vétilles insignifiantes, suffisament sans conséquence pour que tout le monse passe rapidement à autre chose. Du moins à nos propres yeux. Mais de temps en temps, lorsque nos agissements on heurté une valeur ou l’amour-propre de l’autre, les traces qui en restent peuvent ternir la relation et la confiance mutuelle. Et quand nous nous rendons compte du mal fait – ce qui n’est pas toujours le cas – nous en gardons un goût amer de regrets: cet attitude-là n’était pas sympa, pas cohérente avec l’image que nous avons de nous-même, pas le reflet de nos valeurs et nos principes moraux. Nous avons blessé quelqu’un malgré nous, et on ne se sent pas fiérot sur ce coup-là.

 

Face à nos regrets, nous pouvons tout à fait choisir le repentir spectaculaire et nous coiffer dignement d’une caperutxa pour aller porter le fardeau de notre péché un vendredi saint dans les ruelles de Perpignan. Cependant, on peut aussi choisir des options moins baroques mais efficaces tout de même.

 

Nous avons alors souvent recours à toute la série des fausses bonnes idées qui, autant dans la relation à soi que dans la relation à l’autre vont juste laisser pourir la situation, avec toutes les conséquences que cela implique:

 

  • S’auto-flageller intérieurement, en mode dévalorisation, jusqu’à ce qu’aigreur s’en suive.
  • Se laisser subir le sentiment de honte, la culpabilité qui grignotte lentement mais sûrement, entre autres l’estime de soi. Parce qu’on le mérite bien.
  • Remettre ses remords dans sa poche avec son mouchoir par-dessus, en espérant que ça passera, sachant très bien qu’ils repointeront le bout de leur nez quand bon leur semblera.
  • Se chercher de fausses bonnes excuses qui ne réussissent à convaincre personne. Sauf la partie offfensée, de votre mauvaise foi.
  • Rejeter la faute sur autrui pour se dédouaner, preuve de malhonnêteté que la partie offensée n’omettra pas de noter sur ses tablettes, à côté du chien de la chienne qu’elle vous réserve.

 

 

Du bénéfice de présenter ses excuses

 

Nous pouvons aussi opter pour une alternative parfois difficile à mettre en oeuvre, car elle nécessite de passer outre ses petits orgueils mal placés: présenter ses excuses. Savoir demander pardon a l’immense bénéfice d’offrir de la reconnaissance à l’interlocuteur, de sortir de l’éventuelle tension latente ou du conflit, de soulager sa conscience, de renforcer ainsi la confiance en soi (être honnête et assumer ses responsabilités est une grande force), mais aussi l’estime de soi des deux parties, et par ricochet les liens relationnels et la confiance mutuelle.

 

En d’autres termes, faire acte de contrition ne nécessite pas forcément une mortification sur la place publique, un repentir théâtral: il suffit de reconnaître le tort causé de manière simple, honnête, directe. C’est une excellent moyen de mettre un terme aux émotions négatives de notre interlocuteur blessé, tout en répondant à ses besoins (voir Collaboration, conflit et lecture émotionnelle):

 

  • La partie offensée en colère se sentira entendue, reconnue dans les torts causés
  • La partie offensée angoissée se sentira rassurée et retrouvera ses marques
  • La pertie offensée triste et découragée retrouvera le sens et la cohérence dont elle a besoin.

 

C’est pourtant un choix rare, en particulier dans le milieu professionnel, car comme beaucoup d’autres compétences relationnelles, quand le triangle de Karpman et le manque de savoir faire s’en mêlent (s’emmêlent?), on obtient vite le contraire de ce qu’on voudrait. L’idée de présenter des excuses est du coup souvent perçu comme un aveu de faiblesse, la certitude de perdre la face, la solution du loser. Alors qu’en réalité, c’est une preuve de force de caractère, de droiture, d’élégance relationnelle.

 

Voici donc quelques pistes sur la marche à suivre pour transformer des excuses en véritable compétence relationnelle, qui renforcera votre rayonnement, et votre affirmation de vous-même (un manager sachant réellement exprimer ses torts ou ses remords est souvent un sacré bonhomme ou une sacrée bonne femme). D’ailleurs, un travail de renforcement de l’estime de soi peut être nécessaire en amont pour être en capacité de reconnaître ses torts et l’exprimer.

 

 

 

Présenter ses excuses: les pièges à éviter

 

Quelques précautions s’imposent pour éviter de transformer cette compétence relationnelle en technique manipulatoire ou en comportement serpillère qui auront l’effet inverse, nourriront l’égo de l’un au détriment de l’autre, rogneront l’estime de soi des deux parties et alimenteront les jeux de pouvoir, en mode hérisson et paillasson.

 

  • Céder à la pression. On est alors complètement dans la relation de pouvoir et vous offrez un paillasson sur lequel la victime de vos agissements va pouvoir essuyer ses godasses offusquées. Il s’agit bien de rétablir une relation équilibrée, pas de vous offrir en pâture à une vengeance grande ou petite, qu’en plus vous aurez suscitée.
  • Les excuses pour avoir la paix, pour mettre fin à un désaccord etc. Elles doivent être sincères et n’avoir pour objectif qu’exprimer un regret. Tout autre intention serait manipulatoire et donc directement inscrite dans les jeux de pouvoir. Et à ce jeu-là, il y a toujours un perdant.
  • Les justifications, les interprétations et de façon générale toutes les expressions qui pourraient minimiser l’excuse présentée, où votre part de responsabilité dans l’agissement blessant. Votre interlocuteur ne sera pas dupe et s’arrêtera à ça.

 

 

Mini coaching: présenter des excuses élégante et dignes

 

Présenter des excuses peut être fait en s’appuyant sur la base de l’assertivité ou de la communication non violente, de façon à rester dans un échange d’égal à égal, qui prend en compte les deux parties. D’autre part, optez pour la simplicité, la concision, l’authenticité, ça vous évitera de vous égarer dans des dédales communicationnels aux vagues effluves de stratégie d’échec.

 

1- Les faits

Relatez les faits, les faits et rien que les faits. Supprimez toute interprétation qui pourrait nuire à la communication, toute justification qui pourrait minimiser votre responsabilité.

 

2- Les sentiments

Expliquez brièvement comment vous vous sentez vis à vis de votre comportement et pourquoi.

 

3- Les excuses

Présentez vos excuses en toute simplicité et de manière concise. “Je te présente mes excuses”, “je suis désolé”, mais évidemment, pas de “je m’excuse”, c’est à votre interlocuteur de le faire.

 

4- S’engager à prendre des mesures

Tout l’intérêt de vos excuses, c’est que le comportement qui a heurté autrui ne se reproduise pas. Proposez une solution concrète alant dans ce sens et tenez votre engagement!

5- Rentrer dans le dialogue

Un simple “qu’en penses-tu?” permettra de donner la parole à votre interlocuteur, et vous pourrez ensuite passer a dialogue pour régler l’affaire.

 

  • “Je t’ai remis le dossier Tartempion tardivement et tu as eu trop peu de temps pour préparer la présentation. Je suis ennuyé parce que je ne voulais pas te causer du stress supplémentaire. J’en suis désolé, et je te propose la prochaine fois de communiquer davantage sur mes impératifs pour qu’on puisse se mettre ensemble d’accord sur les dates butoir. Qu’en penses-tu?”
  • “Je t’ai interrompu brutalement à la réunion avec le client et j’en suis mal à l’aise, car c’était inapproprié. Je te présente mes excuses et je te propose, pour la réunion de la semaine prochaine, de prendre quelques minutes pour la préparer ensemble. Qu’en dis-tu?”

 

Et comme recevoir et accepter les excuses d’autrui demande un peu de doigté et de savoir-vivre, je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite: accepter des excuses avec noblesse et magnanimité.

 

 

 

Voir aussi

 

Relations: silence, on boude!

12 pistes pour reconstruire la confiance après un conflit

Sortir d’un bocal à con en 10 étapes

Compétences relationnelles: placards et conversations difficiles

Compétence relationnelle: l’affirmation de soi

Les relations professionnelles difficiles

Compétences relationnelles: établir ses limites

Ebook gratuit: le triangle de Karpman

Recevoir une critique avec grâce et dignité

Formuler une critique avec élégance et délicatesse

 

 

 

Aller plus loin

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10 bonnes raisons de cultiver l’émerveillement au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans Vitamines mentales / Talents et ressources

 

 

Nous l’avons vu, le sens de l’émerveillement est une qualité remarquable. Mais de là à la cultiver au travail, il y a toutes les barrières invisibles des idées reçues sur les comportements adultes et responsables. Voici donc 10 bonnes raisons de nous y mettre, au bénéfice de notre humeur et de la capacité à se faire plaisir au travail.

 

 

Cultiver le sens de l'émerveillement

 

 

 

L'émerveillement, énergie douce au service du plaisir au travailJ’ai eu l’occasion d’évoquer longuement le sens de l’émerveillement et ses bénéfices avec Isabelle Leclerc de Hauteclocque – consultante RH et coach, qui l’intègre avec beaucoup d’intelligence dans sa pratique et considère que “l’émerveillement et son énergie douce sont au coeur du métier d’accompagnement des transformations.”

 

Isabelle intervient dans le domaine de l’accompagnement humain des changements, notamment par le développement de:

 

 

  • Nouvelles formes de leadership
  • L’intelligence collective
  • Les compétences individuelles et collectives en matière de changement

Sa vision m’a particulièrement intéressée, aussi j’ai eu grand plaisir à lui proposer de venir co-écrire avec moi duex billets, sur les bénéfices de l’émerveillement et comment nous pouvons en mettre (bien) davantage dans nos vies professionnelles.

 

 

L’émerveillement : point commun entre les enfants et les scientifiques 

 

l'émerveillement, point commun entre les scientifiques et les enfants

Pour l’enfant, tout est nouveau, il accède progressivement à la connaissance par l’émerveillement. Ensuite, il perd peu à peu cette capacité en faisant l’expérience de la violence, de l’absurde, de l’injustice, etc. La notion d’émerveillement est de surcroît largement absente de la pédagogie scolaire.

 

Malgré tout, certaines personnes conservent ou retrouvent cette capacité d’émerveillement en constatant que le monde n’est pas uniquement solitude, injustice, violence, horreur, absurdité, ennui, qu’il est aussi soutien, douceur, beauté, étrangeté, possibilités, merveilles. Dans des circonstances de chaos extrême, l’émerveillement devient alors porteur de sens, ressource personnelle. Parmi de nombreux exemples, citons les récits de:

 

  • Viktor E. Frankl, Découvrir un sens à sa vie (Poche 2013)
  • Patrick Bourdet, Rien n’est joué d’avance (Fayard, 2014). 

Ni pessimisme cynique, ni optimisme béat, l’émerveillement permet précisément de sortir d’une vision manichéenne du monde. Comme le chercheur d’or qui découvre des pépites dans la boue, loin de nier la dureté du monde, il y cherche des moyens de donner du sens.

 

Chez les scientifiques, depuis les paléoanthropologues dont chaque découverte repousse les limites de la connaissance de l’évolution humaine jusqu’aux astrophysiciens qui ne sont pas prêts de connaître tout l’univers, en passant par les mathématiciens, les biologistes, … l’émerveillement est familier. Ce mot exprime à la fois le plaisir, la joie de la découverte qui survient au milieu des difficultés, pas toujours là où on l’attendait, mais aussi l’humilité qu’il suppose et suscite.

 

Pour Albert Einstein, “Celui qui ne possède pas le don d’émerveillement ni de ravissement, autant vaudrait qu’il fut mort : ses yeux sont fermés.” Il devient incapable de saisir “la structure grandiose de tout ce qui est”, inapte à comprendre le monde et ses mystères, à le questionner, à en faire quelque chose.

 

 

 

Joie de la découverte et recherche de sens

 

Entre étonnement et recherche de sens (dans tous les sens, justement, du terme), l’émerveillement devient un moyen : c’est parce qu’ilsque les scientifiques s’émerveillent de l’univers, de la nature, du corps humain etc., de ce qu’ils peuvent y découvrir, en apprendre, en faire, qu’ils sont capables de patience et de ténacité pour mener des recherches parfois longues, parfois fastidieuses, parfois infrucuteuses bref, d’un travail dont le quotidien n’est pas fait que découvertes géniales et de remises de prix Nobel.

 

cultiver l'emerveillement

 

Au-delà de leurs spécificités, les exemples de l’enfant et du scientifique montrent que l’émerveillement est lié à:

 

  • la découverte de l’inconnu
  • l’acquisition de connaissances nouvelles

 

 

10 bonnes raisons de remettre de l’émerveillement dans l’entreprise

 

Bizarrement, ce mot est quasi inexistant dans les organisations. Essayez d’y prononcer le mot « émerveillement » et vous verrez des sourires étonnés, gênés, peut-être même sarcastiques. Demandez à vos interlocuteurs s’ils ont déjà entendu ce mot dans leur entreprise: perplexité garantie ! Et pourtant, il semble bien qu’il y ait de bonnes raisons à cultiver un émerveillement qui non seulement ne coûte rien mais a de multiples bénéfcies:

 

 

1- Stimuler la créativité, l’innovation, la résolution de problème

L’émerveillement stimule la créativité parce qu’il suppose de porter un regard neuf sur notre environnement, nos habitudes, nos représentations. Il comporte quelque chose d’humble mais aussi d’audacieux, d’espiègle, voire de transgressif – puisqu’il s’octroie le droit là où il existe si peu. Humilité d’accepter que nous ne connaissons jamais tout d’une personne, d’un paysage, d’un problème, … et audace de l’acteur innovant qui prend le risque de sortir du cadre habituel de la pensée, des façons de faire.

 

Ce regard neuf permet de découvrir du beau, du nouveau, de l’inédit.  Il y a là quelque chose de l’ordre de la sérendipité dans la mesure où les surprises surviennent par hasard mais aussi parce que nous sommes dans un état de veille, de « chercheur » d’émerveillement. Ces découvertes, mises au service de la créativité, aident à la gestion des imprévus, à la résolution de problème à la débrouillardise.

 

 

2- Faire de ses émotions une ressource

S’émerveiller, c’est aussi parler de façon très ouverte d’une belle surprise et accepter un tant soit peu de se laisser toucher. Vue, ouïe, odorat, … quels que soient les sens en jeu, le résultat, c’est une palette d’émotions positives d’intensité variée. En effet, l’émerveillement peut être quelque chose d’extrêmement simple (un sourire, un geste bienveillant, un bonjour) ou beaucoup plus exceptionnel (la découverte d’une nouvelle planète, le premier vol d’un nouvel avion, etc.).

 

Dans un autre registre, on peut aussi s’émerveiller de ces émotions négatives, fidèles gardiennes de notre bien-être, qui nous apportent des messages cruciaux sur comment le cultiver et le préserver.

 

Dans les deux cas, les émotions deviennent une ressource plutôt qu’un “problème”. Retrouvant leur fonction première, nous pouvons nous appuyer dessus en toute quiétude, les exploiter, comme nous sommes censés le faire, plutôt que nous acharner à les refouler ou à les contrôler.

 

 

3. Aiguiser la soif d’apprendre

Enfants ou scientifiques ont en commun d’accéder à la connaissance par l’émerveillement. Les émotions positives qu’il suscite ouvrent l’appétit, donnent envie d’aller voir plus loin, de comprendre, de découvrir. Un cheminement cérébral individuel ou collectif transforme alors l’émerveillement en curiosité et en apprentissage: devant une pomme qui tombe, c’est lui qui incite Newton à réfléchir et à élaborer la loi de la gravitation universelle.

 

l'émerveillement donne au scientifique sa ténacité

 

Comme pour les scientifiques, l’émerveillement favorise aussi l’envie de tester d’expérimenter – des hypothèses, des méthodes, des stratégies etc. Voir aussi

4- Renforcer la relation par le partage

L’émerveillement est contagieux et naturellement tourné vers l’autre : notre premier réflexe est bien souvent de chercher à partager cette surprise positive. Partager un sujet d’émerveillement crée alors du lien tout en augmentant la joie de celui qui a fait cette expérience et qui veut la transmettre, comme de celui qui la reçoit. C’est une énergie qui invite à la fois à aller plus loin et à aller vers les autres.

 

 

5- Augmenter la capacité à saisir les opportunités

L’ouverture d’esprit que suppose l’émerveillement permet d’être à la fois vigilant et attentif au monde qui nous entoure. Ce qui stimule la capacité à identifier les opportunités – un naturel méfiant, cynique ou dubitatif aura beaucoup trop tendance à se concentrer les inconvénients, les difficultés et les “oui, mais” pour reconnaître facilement une véritable opportunité.

 

 

6- Favoriser la résilience individuelle

Notre cerveau est naturellement cablé pour attirer notre attention sur ce qui ne va pas et doit (devrait) être traité. Cette aptitude a été renforcée par l’avènement de la raison au point de perdre la capacité à s’émerveiller qui venait équilibrer l’ensemble. Redévelopper le sens de l’émerveillement, c’est redonner de la place aux émotions positives et s’en nourrir de façon à engranger cette énergie pure, sur laquelle il est possible de s’appuyer lorsque les aléas de la vie personnelle ou professionnelle viennent ébranler notre équilibre interne. Il favorise ainsi la capacité à rebondir dans l’épreuve. Voir:

 

7- Renforcer la bonne humeur

Véritable concentré de vitamines mentales, s’émerveiller,  c’est collectionner les instants cléments, la beauté, les moments heureux, si ténus ou éphémères soient-ils, tout ce qui fait que la vie peut être belle. Et ceux-ci suffisent à améliorer l’humeur, à renforcer une joie de vivre qui facilite la confrontation aux difficultés. Cette bonne humeur est aussi un virus hautement transmissible qui aura des répercussions positives sur l’humeur de l’entourage. Voir

 

8- Augmenter la résilience collective

Etre capables de s’émerveiller ensemble, ou a minima de se laisser emener par l’émerveillement d’un collègue ou d’un collaborateur renforce les liens, donc le sentiment d’appartenance et l’humeur. Les trois sont hautement responsables de la capacité collective à être résilents face aux épreuves de le vie professionnelle. Voir

 

9- Diminuer le stress et réenchanter le travail

De Christophe Dejours* à l’Essec**, l’idée de réenchanter le travail est devenue omniprésente, comme solution à son antonyme, le désenchantement responsable de démotivation, de désengagement, de perte d’efficacité, de stress. Revenons tout simplement à la définition du verbe « désenchanter »: “Désillusionner quelqu’un, lui faire perdre son enthousiasme. Décevoir, désappointer” (Larousse).

 

Réenchanter le monde, ce serait donc retrouver l’enthousiasme, l’esprit de découverte,  répondre à des attentes (en particulier le besoin de reconnaissance, de recréer du lien, de restaurer de la confiance). Réenchanter le travail, ce serait donc lui redonner du sens, de la saveur, du plaisir. Jacques-Yves Cousteau disait “Pour leur faire aimer la mer, il faut les émerveiller autant que les informer”. Au fond, il en va de même pour le boulot.

 

 

10 – Augmenter l’efficacité personnelle et professionnelle

Parce qu’ils sont naturellement observateurs (de tous leur sens) et parce qu’ils se laissent aller à savourer la beauté, l’intelligence ou l’intérêt de ce qui les entoure, ceux qui ont le sens de l’émerveillement se ressourcent plus facilement que les autres – s’émerveiller un instant est une micro pause ultra salutaire pour le cerveau sur-sollicité, et un cerveau reposé est une cerveau efficace. D’autre part, ils ont davantage de facilité à repérer et avoir envie d’expérimenter d’autre vecteurs de performance.

 

 

Au final, tout cela est bon pour l’estime de soi et donne envie de passer à l’action, d’entreprendre toutes sortes de projets.

Cet échantillon des bénéfices de l’émerveillement n’est pas exhaustif, tant il est une force qui met en mouvement, un moteur de l’action et du sentiment de satisfaction. Cependant il aura, nous l’espérons, piqué votre curiosité et votre envie d’en apprendre davantage sur les moyens de l’utiliser en entreprise, au service de l’efficacité et du plaisir individuels et collectifs, de la collaboration et du sens du travail. Renvez-vous la semaine prochaine pour explorer 10 façons de cultiver l’émerveillement au travail;)

 

 

*  Christophe Dejours, La panne. Repenser le travail et changer la vie (Bayard, 2012)

** « Réenchanter l’entreprise », thème choisi par Le Club ESSEC Entrepreneurs en association avec le Club ESSEC Spiritualité pour sa conférence du 13 février 2014.

 

 

Ressources externes

Votre enfant intérieur détient les clés – Clés magazine

S’émerveiller, une solution pour être heureux? – Inrees

 

 

Voir aussi

S’émerveiller

A la rencontre de la beauté

Eloge du plaisir

L’aigle en chacun de nous

10 aptitudes pour un état d’esprit serein et dynamique

Bien-être: la vie est belle!

Regarder grandir

 

Aller plus loin

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Compétences relationnelles: placards, secrets et conversations difficiles

 

 

Parler de soi n’est pas toujours simple: nous tenons parfois certains aspects de nos vies secrets, parce qu’ils nous font souffrir ou parce qu’ils suscitent des préjugés, parce que l’acceptation mutuelle n’est pas toujours la caractéristique première des êtres humains. Cette superbe conférence TED nous montre comment sortir nos secrets de nos placards, pour renforcer nos relations, plutôt que de nous transformer en redresseurs de torts.

 

 

L'art des conversations difficiles, lorsqu'il s'agit de révéler un de nos secrets

 

 

 

Parler de soi : placards, secrets et conversations difficiles

 

Si l’expression “sortir du placard” est associée à l’homosexualité, Ash Beckham, dans cette conférence du TED, la définit plutôt comme une conversation difficile: celle que nous avons eu, celle que nous devons avoir avec une personne de notre entourage, et dans laquelle nous allons lui révéler quelque chose qui ne nous est pas facile à partager.

 

 

 

 

Nous cachons tous des secrets dans des placards soigneusement fermés: avouer ses sentiments à une personne, parler d’une maladie, d’une difficulté, quelle qu’elle soit, l’objet de la révélation peut varier du tout au tout – depuis une caractéristique, un comportement, jusqu’à une situation professionnelle délicate. Au delà de cette diversité, selon la conférencière, l’expérience de celui qui sort du placard est universelle: elle est inquiétante, elle peut être douloureuse. Car elle peut se trouver confrontée à des préjugés blessants, agaçants ou fatigants. Elle peut nous pousser à y rester, dans le noir du placard sinistre et faussement sécurisant, parce que nous croyons moins y souffrir.

 

“Donc comme beaucoup d’entre nous, j’ai vécu dans quelques placards dans ma vie, le plus souvent, mes murs étaient des arcs-en-ciel. Mais à l’intérieur, dans le noir, on ne peut pas voir la couleur des murs. Vous savez juste ce que c’est que de vivre dans un placard. Donc vraiment, mon placard n’est pas différent du vôtre ou du vôtre, ou du vôtre. Oui, je vous donnerai 100 raisons pourquoi le mien était plus dur que le vôtre, mais voilà : Dur n’est pas relatif. Dur c’est dur.

 

Qui peut dire qu’expliquer à quelqu’un que vous déclarez faillite est plus dur qu’avouer que vous avez été infidèle ? Qui peut dire que son coming out est plus dur que dire à votre enfant que vous divorcez ? Il n’y a pas plus dur, il y a juste dur. On doit arrêter de classer nos difficultés avec celles des autres et se sentir mieux ou pas au sujet de nos secrets et juste s’accorder sur le fait qu’on a tous des moments durs. On vit tous, à un moment, dans un placard, On s’y sent en sûreté, du moins plus que de l’autre côté de la porte. Mais je suis ici pour vous dire, peu importe de quoi vos murs sont faits, un placard n’est pas un endroit où l’on peut vivre.”

 

 

 

Secrets, préjugés et champs de batailles

 

Tant que nous restons dans ce placard, nous pouvons souffrir des jugements, des maladresses de personnes qui ne sont pas forcément malveillantes, mais qui n’ont pas conscience de l’impact de ce qu’elles disent. Toute caractérisitque pouvant susciter des préjugés, ce que Ash Beckham décrit comme ses propres expériences difficiles du fond de son placard lesbien, je l’ai personnellement vécu dans mon placard handicapé. Et vous l’avez potentiellement tous vécu du fond de votre placard à vous, celui de votre difficulté personnelle ou bien celui de la caractéristique de votre vie qui est régulièrement confrontée aux préjugés, aux sarcasmes, au rejet, à l’incompréhension.

 

La conséquence, comme le décrit Ash Beckham, c’est que nous nous transformons malgré nous en militants version lanceurs de grenades (par opposition à éducateurs), prêts à en découdre avec ces réflexions qui viennent nous toucher juste là où ça fait mal. A jouer les donneurs de leçons, les redresseurs de torts, les croisés de nos blessures. Et ça ne fait pas avancer le schmilblik: les camps culpabilisent et s’antagonisent, nous vivons nos relations comme un champ de bataille.

 

“Je travaillais au Café Walnut, un petit restaurant en ville, pendant cette période, je traversais des phases de lesbienne militante en puissance (…) et selon l’ampleur de mes shorts cargo et la façon dont je me m’était rasée la tête récemment, la question me revenait souvent, en général par un jeune enfant :« Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

Il y avait un silence gênant à la table. Je serrais ma mâchoire un peu plus fort, tenais ma cafetière avec un peu plus d’intensité. Le père remuait maladroitement son journal et la mère lançait un regard froid à son enfant. Mais je ne disais rien, et je bouillais à l’intérieur. A un point où dès que j’arrivais à une table avec un enfant âgé entre 3 et 10 ans, j’étais prête à me battre. (Rires) Et c’était un sentiment horrible.Alors je me suis promis que, la prochaine fois, je dirais quelque chose. J’aurais cette conversation difficile.

 

Dans les semaines suivantes, c’est arrivé de nouveau. « Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

Même silence, mais cette fois j’étais prête, je vais leur faire la leçon « Études des Femmes pour Débutant » à cette table. J’ai mes citations de Betty Friedan. J’ai mes citations de Gloria Steinem. J’ai même un peu de « Monologues du Vagin » que je vais leur citer. Alors je prends une grande respiration et regarde vers le bas et une petite fille de 4 ans dans une robe rose me fixe, pas un défi pour un débat féministe, juste une enfant avec une question : « Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

 

3 principes pour partager quelque chose que nous trouvons difficile à dire

 

 

 

Traité de paix : la plus facile des conversations difficles

 

Cette rencontre a été l’occasion pour Ash Beckham de sortir d’une guerre sans fin contre l’incompréhension: la solution consiste donc à sortir du placard cette part de nous-mêmes qui peut être facilement heurtée par les autres, sans chercher à les heurter à notre tour.

 

“Je prends une autre respiration, m’accroupis à côté d’elle, et dis : « Hey, je sais c’est un peu déroutant.J’ai les cheveux à la garçonne, j’ai des habits de garçon, mais je suis une fille. Tu sais des fois tu mets une robe rose, des fois tu mets ton pyjama confortable ? Eh bien, je suis une fille du genre pyjama. »

 

Et l’enfant me regarde dans les yeux, et dit du tac au tac : « Mon pyjama préféré est violet avec des poissons. Je peux avoir un pancake, svp ? » (Rires) Et c’était tout. « Oh ok. Tu es une fille. Et donc ce pancake ? »

 

C’est la conversation difficile la plus facile que j’ai jamais eue. Pourquoi ? Parce que Pancake Girl et moi, étions toutes deux honnêtes avec l’autre.”

 

 

 

Parler de nous-mêmes : les 3 principes de la petite fille aux pancakes

 

Ash Beckham en a tiré une leçon de vie qui peut nous être utile à tous, autant dans nos vies personnelles que professionnelles. Cette leçon tourne autour de la force de l’honnêteté. Cette forme d’authenticité qui, dénuée de jeux de pouvoir telles que l’envie de donner une leçon, permet de créer ou de renforcer des liens, de générer une empathie sereine plutôt que de susciter la pitié, l’agacement ou le rejet. C’est un moyen de partager simplement tout ce que nous trouvons difficile à dire.

 

Aussi chaque fois que nous nous retrouvsons face à une conversation difficile, imaginons que notre interlocuteur est une petite fille de 4 ans en robe rose, rappelons-nous des 3 principes de la petite fille aux pancakes :

 

  1. Parlez avec authenticité: “Être authentique. Retirer son armure. Être soi-même. La fille au café n’avait pas d’armure, mais j’étais prête pour la bataille. Si vous voulez que quelqu’un soit honnête avec vous, ils ont besoin de savoir que vous saignez aussi.”
  2. Faites simple et direct : “Soyez direct. Dites-le. Retirez le pansement d’un coup. Si savez que vous êtes gay, dites-le. Dire peut-être à vos parents, fera garder espoir que ça change. Ne leur donnez pas de faux espoirs.”
  3. Ne vous excusez pas : “Ne vous excusez pas. Vous dites votre vérité. Ne vous excusez jamais pour ça. Certains sont peut-être blessés au passage, alors oui, excusez de ce que vous avez fait, mais ne vous excusez jamais pour qui vous êtes. Et oui, certains seront déçus, mais ça les concerne, pas vous. Ce sont leurs attentes sur vous, pas les vôtres. C’est leur histoire, pas la vôtre. La seule histoire qui compte est celle que vous voulez écrire.”

 

Et de finir avec une conclusion dont l’humanité emprunte davantage à l’acceptation de soi et de l’autre qu’à la tolérance, distonction qu’Ash Beckham avait faite lors d’une intervention remarquable

 

“Alors la prochaine fois que vous êtes dans un placard agrippé à votre grenade, sachez que nous sommes tous passés par là. Et vous vous sentirez surement seul, mais vous ne l’êtes pas. Et on sait que c’est dur, mais on a besoin de vous ici,peu importe de quoi vos murs sont faits, parce que je vous assure que d’autres regardent à travers leur serrure cherchant l’âme vaillante qui ose ouvrir sa porte, alors soyez cette personne et montrez au monde que nous sommes plus forts que nos placards et qu’un placard n’est pas un endroit où l’on peut vraiment vivre.”

 

Au final, tout le monde y gagne en qualité relationnelle, en estime de soi, en confiance mutuelle, en bienveillance, en affirmation de soi, bref, en énergie. Joli programme.

 

Traduction: Diane Wolf

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles: choisir à qui parler

Compétences relationnelles: établir ses limites

Compétences relationnelles: faire preuve d’empathie

L’écoute active

Ecouter sans juger

La gentillesse: un peu de noblesse d’âme dans un monde de brutes

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Collaboration : réconcilier les “aller vers et les “éviter de”

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Compétences relationnelles

 

 

Les diktats comportementaux sont légions et ils varient au gré de la tendance du moment où de ce que les gourous de l’efficacité ont dit la semaine dernière. Ainsi, pour correspondre aux canons de la réussite moderne et être un winner ancré dans ce XXIème siècle triomphant, il faudrait être dynamique, motivé, extraverti blablabla. Et aussi aller vers plutôt qu’éviter de. Encore un préjugé pénible à dépasser pour mieux collaborer.

 

 

Les comportements aller vers et éviter de sont complémentaires

 

 

Définitions succintes et préjugés

 

Héritées de la PNL, les dénominations aller vers et éviter de sont des types de comportements révélateurs de notre motvitation dans le choix et la formulation d’un objectif:

 

  • Eviter les conséquences déplaisantes d’une situation (je ne veux plus m’ennuyer au boulot)
  • Aller vers une situation ou un état désiré (je veux trouver un job dans lequel je vais me faire plaisir)

Jusque-là, tout va bien, cette définition correspond d’ailleurs à la façon dont nos réactions émotionnelles nous poussent à l’action : éviter les négatives (l’agacement, la peur, le découragement) ou aller vers les positives (le plaisir sous toutes ses formes). Les aller vers sont ceux qui savent ce qu’ils veulent et les éviter de ceux qui savent ce dont ils ne veulent plus. Cependant, cette description succincte donne parfois lieu à des raccourcis assez contre-productifs, comme je l’ai lu récemment :

 

  • Les merveilleux aller vers auraient une vision globale qui les mènerait de façon quasi magique à aller vers (justement) leurs objectifs. Ce seraient les rois de la réussite facile, qui emmènent avec eux des troupeaux d’adeptes conquis, des leaders, quoi.
  • Les sinistres éviter de, à ne vouloir que s’éloigner de ce qui les dérange, n’iraient nulle part, tourneraient en rond dans leur appréhension systématique des obstacles et des difficultés.

L’affaire est souvent résumée en personnes qui verbalisent leurs objectifs de manière affirmative ou négative, avec les winners d’un côté et les losers, les empêcheurs d’avancer de l’autre, particulièrement dans la vision simpliste à la sauce nord-américaine. Of course.

 

Du coup, les éviter de deviennent aux aller vers ce que les introvertis sont aux extravertis : les indésirables d’une société au fond sacrément pétocharde, normative et pleine de préjugés.

 

 

 

Combinaison individuelle d’aller vers et d’éviter de

 

La réalité est un poil plus complexe :  nous sommes tous notre propre combinaison d’aller vers et d’éviter de, qui est probablement le reflet de notre expérience, de nos convictions, de nos valeurs et qui s’exprime par ce qui génère pour nous des émotions négatives et des émotions positives. Nous avons tous des domaines dans lesquels en mesure d’aller vers, et d’autres dans lesquels nous naviguons davantage à vue entre ce que nous considérons comme des récifs.

 

En d’autres termes, notre part d’aller vers est notre moteur et notre part d’éviter de est notre gouvernail. Dans les eaux troubles de nos vies professionnelles, mieux vaut avoir les deux.

 

D’autre part, si le comportement le plus fréquent créée une tendance dans nos facteurs de motivation,  aller vers et éviter de ont une capacité équivalente, à défaut d’être semblable, à atteindre leurs objectifs, ils ne s’y prennent tout simplement pas de la même manière.

 

 

 

Réconcilier les aller vers et les éviter de

 

Les uns et les autres peuvent vite avoir une vision réductrice du comportement qui n’est pas le leur:

 

  • Les aller vers ont tendance à considérer les éviter de comme lents et peu productifs.
  • Les éviter de peuvent trouver les aller vers inconséquents et irréalistes.

Du coup, les uns et les autres se perçoivent comme peu collaboratifs, alors qu’en réalité, ils sont formidablement complémentaires, au même titre qu’introvertis et extravertis, pour peu qu’ils prennent le temps de se comprendre et d’accepter les avantages du comportement de l’autre et les limites du leur.

 

Alors plutôt que de concentrer une énergie précieuse sur les défauts de l’autre, plutôt que de vouloir à tout prix rééduquer les éviter de pour en faire des champions de la caractéristique tout en haut du hit parade comportemental de la semaine, autant réconcilier les deux et favoriser une collaboration riche et complète.

 

Il est vain, dictatorial et même crétin de vouloir lutter contre la nature des éviter de pour les mettre dans les cases faussement moelleuses des aller vers. Chaque fonctionnement a les qualités de ses défauts et inversement, aussi les deux fonctionnements sont ultra complémentaires. Alors plutôt que de rentrer en guerre contre soi-même ou contre tout comportement qui diffère du nôtre, apprenons à reconnaître les bénéfices spécifiques des deux et à les articuler pour les mettre au service de nos objectifs communs.

 

 

 

Réhabilitons les éviter de pour une meilleure collaboration

 

Les éviter de, qui ne font pas partie des Steve Jobs glamour qui offrent du rêve à des ouailles conquises, seraient des losers lourdingues, des empêcheurs de rêver en rond, qui pointent du doigt les obstacles sur la route au lieu de s’émerveiller de l’île paradisiaque au bout du chemin. Pour dépasser ce préjugé, voyons les bénéfices de leur comportement et les limites du comportement aller vers, tout simplement parce que les uns ne peuvent pas se passer des autres, et inversement.

 

Attention, ce que je décris ici correspond à des tendances et leurs conséquences possibles, à chacun d’y discerner toutes les nuances nées de la singularité. Ce n’est en aucun cas un schéma définitif et systématique. Certains d’entre nous sont des mélanges très complexes d’aller vers et d’éviter d’eux, d’autres sont plus ancrés dans l’un ou l’autre des comportements.

 

 

les aller vers ont une vision enthousiasmante de là où ils veulent aller

 

Aller vers :

Les aller vers sont davantage motivés par leurs envies que par leurs craintes.  Ils ont des visions formidables, des pojets, créatifs, un sens des directions à prendre pour créer… du sens. Leur dynamisme et leur enthousiasme sont contagieux et, plus motivés par leur vision que par le chemin à parcourir, les aller vers peuvent paraître plus charismatiques, plus inspirants.  La limite de ce comportement est de ne pas mesurer l’ampleur des obstacles et de s’y casser la figure. Potentiellement, les attentes plus fortes des aller vers peuvent aussi générer chez certains des déceptions plus fortes alors que d’autres auront une grande faculté à rebondir vers une autre vision.

 

Potentiellement un brin abstraite, la vision peut aller jusqu’à s’affranchir fortement des détails de sa réalisation, considérés comme pénibles ou peu intéressants. Ce qui peut être une force vive qui fait déplacer des montagnes l’air de rien, peut aussi être facteur… de non réalisation des objectifs.  A priori, un fonctionnement aller vers peut paraître merveilleusement dynamique et plein d’assurance. Pas forcément.  Il peut masquer un manque de confiance qui, en générant des zones d’ombres sur les difficultés potentielles ou les étapes à mener, va tout simplement… éviter ses propres peurs. Mais comme celles-ci sont bien présentes au fond du tiroir à émotions, l’aller vers va générer sa propre procrastination.

 

 

les éviter de voient les obstacles sur le chemin

 

 

Eviter de  :

Les éviter de, parce qu’ils s’intéressent aux pièges potentiels,  sont par nature plus analytiques de la situation, de l’itinéraire vers l’objectif,  en particulier dans ses détails de réalisation. Ils vont être utiles au repérage des obstacles, des difficultés, des risques potentiels. Bien entendu, dans le vaste champ de la pensée à l’américaine, ils vont être estampillés « dans le jugement » et « plombeurs d’idées ». Pourtant, ils sont aussi ceux qui vont aider à sa réalisation plus fluide en permettant l’anticipation et le traitement en amont des problématiques en question. Evitant ainsi à la merveilleuse vision de se réveiller avec des bleus partout lorsqu’elle aura échoué sur les rochers, toute préoccupée d’atteindre sa destination sans regarder le chemin.

 

Parce qu’ils se dirigent en fonction des obstacles, les éviter de sont souvent présentés de manière négative comme gouvernés par leurs peurs, donc forcément craintifs, passifs, peu entreprenants. C’est assez faux :  ils trouvent leur motivation et mettre beaucoup d’énergie dans la résolution de problème, l’établissement des plans de route, la recherche de solution,  là où les aller vers ne vont pas voir le problème, ou trouver sa résolution fastidieuse et peu motivante, quitte, parfois, à la négliger. En bref, si l’on considère que les éviter de se dirigent en fonction de leurs craintes plus qu’en fonction de leurs envies, c’est une caractéristique, pas une tare et elle se révèle bien utile à des aller vers qui filent parfois un peu trop vite.

 

 

 

Apprendre à collaborer

 

D’ailleurs, le questionnement de l’objectif issu de la PNL prend en compte ces deux dimensions, au lieu d’en favoriser une et de lutter contre l’autre, en questionnant à la fois la vision et les difficultés potentielles :

 

  • La vision – ce vers quoi je vais: Je définis ce que je veux. J’identifie ce que ça m’apportera pour encourager ma motivation
  • Les problèmes – ce que je veux éviter: Je définis ce dont je ne veux plus. J’identifie les inconvénients possibles, les obstacles potentiels, pour pouvoir les traiter en amont et éviter des blocages intempestifs en cours de route.

Ce qui nous donne une trame à explorer pour permettre aux aller vers et aux éviter de collaborer sur un même projet, autant ces deux parts de nous-mêmes, pour des objectifs individuels, que sur des caractéristiques comportementales, pour mieux travailler ensemble :

 

  • Les éviter de peuvent s’appuyer sur les  aller vers pour définir les orientations, le sens, les bénéfices d’un projet.
  • Les aller vers peuvent s’appuyer sur les éviter de pour définir les solutions, les étapes à mener, le traitement des difficultés. Voir à ce sujet cette interview de Philippe Gabilliet.
  • Et rebelotte : à l’intérieur d’une étape à franchir, les aller vers fournissent la boussole et le moteur, les éviter de dirigent le navire entre les récifs.

De quoi mener le bateau à bon port ;)

 

 

 

Voir aussi

 

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Collaboration, conflit et lecture émotionnelle

Relations: hérissons et paillassons

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Comprendre les motivations derrière les comportements absurdes

Juger moins juger mieux

 

 

 

Aller plus loin

 

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Petite leçon de management paralympique: 8 règles simples de savoir-vivre en équipe

Sylaine Pascual – Publié dans : Compétences relationnelles / Vie professionnelle

 

 

 

L’équipe de France de ski alpin paralympique nous l’a montré, simplicité, fermeté et décontraction sont des clés intéressantes pour un management soucieux d’un esprit d’équipe garant de l’engagement et de la performance. Il s’agit de règles simples et valables pour tous, appliquées avec constance de façon à être lisibles et acceptables pour chacun, indépendamment de son statut. En voici quelques exemples.

 

 

management et esprit d'équipe, petite leçon paralympique: 8 règle de savoir vivre et travailler ensemble

 

 

 

L’esprit d’équipe: le bon sens des hommes qui connaissent les hommes

 

Dans le billet Management et esprit d’équipe: petite leçon paralympique, nous avons vu que pour Christian Fémy, directeur sportif de l’équipe de France paralympique, l’esprit d’équipe est indispensable à la gestion de “ce sport individuel qui se pratique en équipe”. D’autant que le cadre est complexe, en termes d’organisation et de logistique. Et pour Chrisitan Fémy: « c’est pas compliqué, on fixe des règles strictes et on s’y tient. Pour le reste, on est plus relax. »

 

On a le sentiment que dans cette équipe paralympique, les choses sont simples. Nul besoin de profils type ou de tableaux de bord ce pour gérer des individus. Le bons sens des hommes qui connaissent les hommes remplacera toujours avantageusement le management à coups de théories relationelles alambiquées.

 

Surtout qu’à Chamonix, cette période de préparation avant les Jeux était exigeante, le rythme soutenu, les journées longues. Déjà à pied d’œuvre à 6h30 le matin, lorsque nous avons laissé les skieurs, vers 22h, après les deux entraînements quotidiens dont un nocturne, ils étaient occupés à la préparation du matériel avec les techniciens pour l’entraînement du lendemain et à la visualisation des vidéos des descentes du jour avec leurs entraîneurs. Pour tenir le rythme et faire face à la fatigue, il est nécessaire que l’atmosphère soit saine et sereine au sein de l’équipe. Alors la question devient : quelles règles fixer pour favoriser un savoir-vivre générateur de savoir-travailler en équipe ?

 

 

8 règles simples de savoir-vivre et travailler en équipe

 

Puisque Christian Fémy ne nous a pas divulgué ses secrets de management d’équipe, je vous propose en vrac quelques pistes de réflexion. Celles-ci sont les bases d’une élégance relationnelle qui tend à donner ce qu’on souhaite recevoir, à poser le cadre d’un respect et d’une confiance mutuelle qui participent de la satisfaction des besoins de reconnaissance et d’appartenance.

 

 

1- Equité et règles valables pour tout le monde 

Les règles sont les mêmes pour tout le monde : les passe-droit, les chouchous, tous ceux qui bénéficient d’un traitement de faveur génèrent une double capacité de nuisance :

  • la perte de respect envers le manager à chouchous
  • l’augmentation potentielle de la jalousie, de l’envie et du ressentiment, l’exacerbation de l’égo au détriment de l’esprit d’équipe et de la collaboration

Les règles qui sont les mêmes pour tous n’empêchent pas un traitement au cas par cas de certaines situations, l’adaptation à des spécificités (comme le handicap, tiens) à partir du moment où elle est équitable et se fait au profit du bien-être et de la performance individuels et collectifs, non pas par favoritisme.

 

A chacun d’entre nous d’évaluer régulièrement dans quelle mesure nos comportements s’inscrivent dans le respect de ces règles collectives, et d’agir pour rétablir l’équilibre en cas de dérapage. Et lorsqu’un membre de l’équipe dépasse les bornes en termes de règles de vie/travail en équipe, il revient au manager de faire appliquer ses règles en le recadrant avec bienveillance et fermeté, et de voir avec lui les solutions possibles pour y remédier. Et rappelons-nous qu’un salarié déstabilisé émotionnellement aura plus de mal à évaluer ses propres faux pas.

 

 

2- L’égalité d’importance

Une équipe est un tout, le rôle de chacun est crucial, aussi l’on peut exiger de chaque membre qu’il se comporte de la même manière avec tous. En d’autres termes, la hiérarchie comportementale est une aberration. Depuis le simple bonjour-au revoir jusqu’à la posture relationnelle au quotidien, ni déférence envers les uns ni condescendance envers les autres mais au contraire, une égalité comportementale qui implique la même amabilité avec tout le monde. Sans l’expertise du technicien qui prépare les skis de l’athlète, pas de performance et il est essentiel que chacun s’en souvienne : ceux qui ont des fonctions peu visibles comme ceux qui tiennent le devant de la scène.

 

Cela n’exclut évidemment pas des degrés différents de proximité relationnelle, voire d’amitié et d’intimité, donc de familiarité, en fonction des affinités et du temps passé ensemble. L’essentiel étant de se positionner d’égal à égal en tant qu’êtres humains, indépendamment de la hiérarchie et d’offrir à tous une posture qui traduit une même importance accordée à chacun. Ni paon, ni hérisson ni paillasson, au profit de la relation;)

 

 

3- L’humilité

Dès qu’on parle de “champion”, Christian Fémy réagit « ce ne sont pas des champions, ce sont des athlètes de haut niveau ». La nuance est intéressante : athlète est une fonction, un métier. Champion est un jugement de valeur en forme de piédestal. Le terme peut flatter l’égo et creuser un fossé pas forcément très sain entre les uns et les autres: pendant que d’aucuns se gargarisent, d’autres se dévalorisent, au détriment de l’ambiance de travail. D’autre part, lorsqu’on questionne Christian Fémy sur son rôle dans la réussite sportive de ses athlètes, il temporise « ce n’est pas moi qui suis sur les skis ». L’humilité au sens d’une modestie qui évite de tirer la couverture à soi ou de se repaître des spotlights encourage des relations équitables et la reconnaissance mutuelle.

 

Cette humilité n’a rien à voir avec la négation de l’accomplissement ou la dévalorisation. Cest une véritable forme d’élégance relationnelle qui évite de se prendre trop au sérieux, de tomber dans l’auto-complaisance, dans le sentiment de supériorité et par extension de cloisonner à l’intérieur de l’équipe. C’est cette humilité qui permet à Marie Bochet, après sa chute sur le slalom, alors que tous commençaient à parler de grand chelem pour elle, d’écarter l’excuse des conditions difficiles et de déclarer “Les bons skieurs skient dans toutes les conditions, aujourd’hui je n’étais pas au niveau” (la vidéo de Blog Handicap). Ca a de la gueule. Voir:

 

4- La polyvalence et l’entraide

Parce que l’équipe de France de ski alpin handisport ne dispose pas d’un budget colossal, elle se retrouve a faire le maximum avec peu, tout comme en entreprise il s’agit de plus en plus de faire mieux avec moins. Du coup, entraide et polyvalence sont de mise pour assurer le bon fonctionnement du collectif à l’entraînement. Quelques exemples :

 

  • Le staff n’assure pas que l’entraînement, il s’occupe aussi de logistique, travail énorme dont on peine parfois à se rendre compte (préparer une piste pour un entraînement, ce n’est pas exactement une promenade en télésiège).
  • Les skieurs participent au lissage de la piste avec le staff « c’est pas ce qu’on préfère, mais on le fait » nous dira l’un d’entre eux.
  • Lorsque Marie Bochet ou Vincent Gauthier (pour ne citer qu’eux, parce que je les ai vu faire) terminent leur entraînement, ils proposent spontanément d’aller chercher les fauteuils de leurs co-équipiers assis.

Bien entendu, entraide ne signife pas corvéable à merci et la polyvalence s’arrête là où commence l’incompétence. Il ne s’agit pas de descendre la piste à la place d’un autre skieur, pas plus que de prendre en charge l’intégralité d’un dossier à la place d’un collègue.

 

L’entraide, ce sont parfois des tous petits riens qui facilitent la vie et le travail des uns et des autres et qui donnent le sentiment d’être utile au delà de soi. Pour celui qui en bénéficie, elle donne le sentiment d’exister. Les deux participent de la construction des sentiments d’appartenance et de reconnaissance, de la confiance mutuelle et de l’envie de collaborer. Voir:

 

5- L’amabilité

le BA-ba de la politesse est le socle sur lequel se construit une atmosphère agréable et conviviale. Entre lieu commun et évidence, l’amabilité peine pourtant à s’ancrer et trouve facilement une bonne excuse pour ne pas s’exprimer : je ne vais quand même pas dire bonjour à Dupond-Durand, puisque lui ne s’embarrasse pas de politesse et ignore tout le monde. Ben si, justement. Car la courtoisie est le pilier de la reconnaissance mutuelle, la première marque d’existence aux yeux de l’autre et que nous ne pouvons pas exiger d’autrui ce que nous n’exigeons pas de nous-mêmes. D’autre part, nous ne pouvons jamais savoir ce qui se passe dans la tête de celui qui n’a pas dit bonjour, aussi autant en prendre l’initiative, d’autant que les comportements pro-sociaux encouragent et suscitent les comportements pro-sociaux.

 

Rajoutons à la politesse un brin d’amabilité et nous tenons un cocktail relationnel propice à un environnement de travail plus chaleureux et plus nourrissant. La définition de la politesse et de l’amabilité étant aussi volatiles que les cours de la bourse en temps de crise, quelques fondamentaux devraient nous mettre d’accord :

auxquels je rajoute le plus difficile art de présenter des excuses lorsqu’on a heurté un co-équipier sans le vouloir. Voir:

 

6- L’égo au vestiaire

Dans un sport ou la performance individuelle est l’objectif, les égos peuvent être assez costauds. Chrisitan Fémy souligne que la logistique nécessaire à la préparation du matériel, de la piste, à la sécurisation de celle-ci etc. est exigente et par conséquent, tout le monde s’entraîne en même temps sur la même piste, sur des temps assez limités. Il n’y a donc pas de place pour le caprice de star, chacun doit trouver son espace tout en laissant de l’espace aux autres.

 

S’il est évident que l’esprit d’équipe doit laisser la place à l’expression des émotions, des doutes, des difficultés individuels, de façon à ce que chacun puisse trouver le soutien voire le réconfort dont il a besoin (en cas de sentiment d’échec, par exemple). Il n’y a en revanche pas de place pour les expressions pénibles de l’égo: les jérémiades, le dénigrement, les récriminations par derrière, les prises à parti. Si conflit ou problème il y a, autant le régler entre parties concernées plutôt qu’en public, de manière directe et franche, en exprimant ce qui nous pose problème et en faisant des demandes élégantes plutôt que des reproches virulents. En d’autres termes, on est priés de laisser son égo au vestiaire avant de rentrer et de chercher l’affirmation de soi plutôt que de quémander de l’attention en cherchant à prendre trop de place ou au contraire de s’effacer en espérant recevoir ce qui nous est du. Voir:

 

 

7- La ponctutalité 

c’est fou comme ils sont nombreux ceux qui ont peu de scrupules à faire perdre leur temps à des gens qui les attendent. On imagine, si le directeur sportif de l’équipe de France fixe une réunion à 7h, que s’il faut attendre que chacun descende de sa chambre à l’heure qui lui convient, c’est tout l’entraînement du matin qui est compromis.

 

Je ne parle pas ici du fait de partir à 3h du matin les jours de grève de transports. Je parle plutôt de la ponctualité à l’intérieur de ses journées de travail. Arriver à l’heure aux rendez-vous, entretiens et réunions, histoire de ne pas imposer une perte de temps aux autres, à son propre bénéfice. L’absence de ponctualité à une manière insidieuse d’insinuer que le temps de l’autre a moins de valeur que celui du retardataire. Inversement, la ponctualité est une forme de respect importante qui alimente la reconnaissance mutuelle et l’appartenance.

 

 

8- Fiabilité et exemplarité

L’exemplarité, c’est se comporter et travailler en accord avec les valeurs que l’on prône, et ce avant de les attendre des autres, faire ce qu’on dit, dire ce qu’on fait, tenir nos engagements, de façon à offrir à nos collègues, managers et collaborateurs une lisibilité accrue sur ce que nous sommes, sur notre façon de travailler et, par extension, sur ce qu’on peut attendre de nous… ou pas. C’est aussi une forme de transparence rassurante, de fiabilité, puisqu’alors chacun sait qu’il peut compter sur nous et ce que nous disons. Tenir ses engagements signifie aussi ne pas prendre d’engagement à la légère, de manière à être en capacité de mener au bout les actions nécessaires. Il s’agit donc aussi de savoir dire non, de fixer des limites claires et de savoir estimer le temps nécessaire à la réalisation d’une tâche – et de l’exprimer.

 

 

Et merci à toute cette équipe qui nous a tant fait vibrer à Sotchi et nous a ramené un beau palmarès!

 

 

 

 

Voir aussi:

 

Vie professionnelle: deux ou trois idées… paralympiques!

Petit traité de savoir-vivre au travail entre valides et handicapés (1)

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Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: Le respect

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: l’engagement

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Aller plus loin

 

Pour construire, entretenir et développer un état d’esprit et un relationnel à la fois dynamiques et sereins,  propices à la réussite de vos objectifs professionnels, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

6 trucs simples pour se sentir plus heureux tout de suite

Sylvaine Pascual – Publié dans : Vitamines mentales / Bien-être et estime de soi

 

 

 

Nous passons beaucoup de temps en guerre avec les autres autres et peu de temps en paix avec nous-mêmes.Ca limite évidemment considérablement la possibilité de nous sentir heureux tout simplement. Voici donc trois attitudes à cesser et trois habitudes à mettre en place pour laisser un peu plus de place à la bonne humeur. Qui est contagieuse, ne l’oublions pas;)

 

 

3 attitudes à laisser tomber et 3 habitudes à adopter pour être plus heureux tout de suite

 

 

 

3 comportements à laisser tomber pour moins se plomber l’humeur

 

Certaines attitudes ont l’art de faire de nous des bipèdes amers, envieux, moroses, pessimistes, insatisfaits. Tout cela plombe le moral et ne nous donne pas envie d’agir dans le sens de ce que nous voulons pour nous-mêmes, autant en termes de vie professionnelle que personnelle. En d’autres termes, ces comportements entretiennent un état d’esprit désenchanté, à tendance passive, voire procrastinatrice.

 

Les laisser tomber, c’est désencombrer une partie de notre espace mental et faire de la place pour des habitudes ou des comportements plus réjouissants, plus nourrissants, plus dynamisants. En voilà trois:

 

 

1- La médisance

La médisance a ses vertus, puisqu’elle entretient le sentiment d’appartenance (au groupe qui voue Tartempion, cet abruti de classe internationale, aux gémonies) et le sentiment de reconnaissance (on est entre gens qui se comprennent et ont des valeurs communes). Cependant, elle ressemble plus à de la bile régurgitée qu’à une nourriture savoureuse à estime de soi et génère des interactions stériles (on ne change pas celui sur lequel on médit ou la relation qu’on a avec lui). Elle alimente l’amertume, les relations pourries et la méfiance mutuelle. Bref, elle donne des aigreurs d’estomac.

 

En réalité, nos médisances, ne disent pas grand chose de tangible sur la personne qui en fait l’objet et inversement, elles sont très bavardes quant à la personnalité de ceux qui la pratiquent. Autant donc nous intéresser à ce que nos médisances nous disent de nous-mêmes, de nos inquiétudes, de nos valeurs, de nos limites, de nos besoins d’affirmation de nous-mêmes. En d’autres termes, gardons nos désirs de médisance pour nous et penchons-nous sur ce miroir de nous-mêmes pour mieux nous accepter et, le cas échéant, faire une belle demande à la personne concernée plutôt que de lui tirer dans le dos. Voir:

 

2 -Les jugements

Nous passons des jugements sur tout, sur tout le mode, tout le temps. D’aucuns prétendent qu’il faut arrêter de juger, c’est non seulement impossible mais aussi pas très utile. Ce qui est utile, c’est de ramollir nos jugements brutaux d’autrui, nos conclusions hâtives, à l’emporte-pièce sur leurs comportements, leurs choix et leurs valeurs. Tout comme les jugements brutaux que nous passons sur nous-mêmes.

 

Chercher à comprendre les mécanismes qui mènent à une décision ou qui génèrent une attitude, s’ouvrir à une pensée, des discours ou des idées différentes des nôtres, se donner le droit de ne pas être d’accord sans pour autant considérer l’autre comme un crétin patenté favorise l’apaisement des relations, l’acceptation et la confiance mutuelle. Voir:

 

3- Les comparaisons douteuses

Si la comparaison a des bénéfices lorsqu’elle permet de renforcer la confiance en soi, de nourrir l’ambition et la motivation, elle peut aussi être du gavage à égo ou une broyeuse à estime de soi. La comparaison renferme donc un risque constant de se démolir le moral et de générer de la frustration, ou bien de créer une image de soi sur-estimée que la vie aura tôt fait de venir écorner… au détriment de l’estime de soi.

 

Il est donc utile au sentiment de satisfaction dans la vie et au moral d’établir une échelle de valeur en fonction de nous-mêmes plutôt que de l’image d’Epinal de la “réussite sociale” et d’apprendre à mettre la comparaison à son service en laissant de côté les comparaisns douteuses, à avoir dévalorisantes ou survalorisantes, pour que les autres ne ne renvoient pas le miroir de nos insuffixances, de nos manquements, de notre isolement, et qu’inversement certains puissent nous servir de mentors, que nous puissions nous inspirer d’eux pour aller vers des objectifs importants à nos yeux. Voir:

 

 

3 habitudes à adopter pour améliorer l’humeur

Inversement, un état d’esprit positif et dynamique se travaille en adoptant des attitudes, des habitudes qui remettent du plaisir et de la joie de vivre dans notre quotidien.

 

 1- Les vitamines mentales

Apprendre à savourer l’instant présent au travers de l’exploration des particules de plaisir qui nous entourent, le plus souvent à notre insu, tant nous sommes focalisés sur les sources de désagréments. Redevenir en capacité de goûter quelques secondes de plaisir, de prendre le temps d’apprécier une réussite, un instant clément ou la beauté du monde, c’est procéder à un ré-équilibrage émotionnel salutaire: il n’y a pas que du morose, du sinistre ou de l’agaçant dans nos vies, il y a aussi du beau, du bon, du bien.

 

Rétablir cet équilibre renforce l’estime de soi, la bonne humeur, la joie de vivre et la capacité à faire face aux hauts et aux bas de nos vies professionnelles. Voir:

 

2- La glandouille décomplexée

Buller réconcilie notre cerveau avec la vie trépidante et ultra-connectée que nous lui imposons. Entre toutes les constantes sollicitations et stimulations de nos vies professionnelles, il se fatigue. Et un cerveau fatigué est moins efficace, il lui faut plus de temps pour achever une tâche. Du coup on s’agace, on s’inquiète et/ou un se décourage. Donc on le sollicite davantage, pour compenser: la porte ouverte à un cercle vicieux qui mène tout droit au burnout.

 

Il a besoin de temps de repos pour se ressourcer, se renforcer face à un monde psychotoxique et rien de tel qu’un instant passé à ne rien faire – au sens d’aucune activité autre qu’être avec soi-même – pour lui permettre de se mettre en veille, de récupérer et ainsi éviter la surchauffe. Il en ressort rechargé, dynamisé, bref, dispos et prêt à s’y remettre avec efficacité. Combien de temps? Il est à ajuster en fonction de l’intensité de vos activités: Saint François de Sales disait “Une demi-heure de méditation est essentielle sauf quand on est très occupé. Alors une heure est nécessaire.”

 

Il s’agit donc de céder à la flemme de temps à autres, de pratiquer la procrastination positive, de façon à pousser les murs de nos agendas surchargés et nous offrir un momment de glandouille décomplexée passé à peigner la girafe, à rêvasser ou à méditer. Voir:

 

3- La biendisance

Pendant positif de la médisance, chercher ce qui est beau, bien, intéressant, positif chez nos contemporains et en parler est une manière de générer et d’entretenir les sentiments d’appartenance et de reconnaissance sans maussaderie ou venin. En vertu du principe que le miel s’avale mieux que le fiel, autant nous nourrir des jolies caractéristiques de notre entourage que de focaliser sur leurs manquements et l’innénarrable méchanceté du monde.

 

D’autre part, biendire d’autrui nous rend plus sympathiques, plus attirants, plus dignes de confiance, et les relations ainsi générées favorisent l’estime de soi. Aussi essayons-nous à cette activité plaisante en focalisant sur les qualités, les talents, les accomplissements de notre entourage. Voir:

 

 

Voir aussi

 

101 principes pour être heureux

10 trucs pour prendre plus de plaisir au travail et moins procrastiner

Émotions: éloge du plaisir
Rôle des émotions: la joie
Le rire, remède universel

Cultiver l’optimisme:10 bonnes raisons et 7 pistes

Produire vs induire le sentiment d’être heureux

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Pour construire, entretenir et développer un état d’esprit et un relationnel à la fois dynamiques et sereins,  propices à la réussite de vos objectifs professionnels, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Management et esprit d’équipe: petite leçon paralympique

Sylaine Pascual – Publié dans : Compétences relationnelles / Vie professionnelle

 

 

Deux jours passés avec l’équipe de France de ski alpin Handisport en préparation pour les Jeux Paralympiques ont été l’occasion non seulement de passer des moments passionnants avec des athlètes de haut niveau (le ski assis, quelle découverte impressionnante !), mais aussi d’observer comment fonctionne une équipe qui gagne et d’en tirer quelques enseignements utiles au management.

 

 

management et esprit d'équipe, petite leçon paralympique

 

 

J’ai été invitée par la Société Générale à passer deux jours avec l‘équipe de France de ski alpin handisport avant son départ pour Sotchi. La Société Générale est partenaire de l’équipe de France et sponsor de l’épatante Marie Bochet, 7 fois championne du monde à 19 ans (oui, vous avez bien lu 7 fois) et d’ores et déjà deux fois championne paralympique, qui réussit à associer mental exceptionnel, résultats exceptionnels, simplicité et gentillesse, preuve une fois de plus – et s’il en fallait –  qu’un caractère bien trempé n’est pas incompatible avec une posture relationnelle réjouissante, bien au contraire.

 

 

 

Management et ski handisport :  une discipline individuelle qui se pratique en équipe

 

Et cette double capacité à l’affirmation et soi et à la bienveillance, si elle est essentielle à la performance et à la collaboration, est aussi nécessaire au management.

 

Chrisitan Fémy managementChristian Fémy  est directeur sportif de l’équipe de France de ski handisport depuis 2010, et France paralympique le décrit comme « l’homme derrière les succès de l’équipe de France de ski handisport », selon les termes du Comité France paralympique. C’est sous sa direction que l’équipe de France est arrivée en tête du classement des nations de ski alpin handisport, depuis les championnats de monde de 2011. Et collectionne les beaux résultats!

 

Il souligne que le ski « est une discipline individuelle qui se pratique en équipe ». Car les entraînements, pour des questions financières et logistiques, se font nécessairement en groupe. Par conséquent, il est indispensable, sur le plan managérial, de traiter à la fois la question individuelle et la question collective, de personnaliser l’entraînement dans un cadre collectif, pour permettre à des spécificités très différentes de s’exprimer :

 

  • Les spécificités liées aux personnes : skieurs debout, skieurs assis, déficients visuels, hommes et femmes.
  • Les spécificités liées aux compétences : ski alpin, ski nordique, snowboard, sans oublier les entraîneurs, kinés et techniciens.

Des défis qui nous renvoient à n’importe quelle vie professionnelle, aux questions de management et de « diversité ». Et le management qui peine à jongler entre performance/caractéristiques/besoins individuels et efficacité collective/esprit d’équipe peut trouver à s’en inspirer. Nous allons donc aujourd’hui parler de la posture de manager, et la semaine prochaine nous évoquerons les règles du bien-travailler ensemble.

 

 

 

Management : simplicité, fermeté et décontraction

 

Lorsqu’on passe deux jours avec cette équipe, on est frappé par l’ambiance conviviale, l’entraide entre les athlètes, les relations qu’ils entretiennent avec leurs techniciens, leurs kinés et leurs entraîneurs. Pour Christian Fémy, cet esprit d’équipe est indispensable car sans lui, impossible de concilier les enjeux individuels et collectifs.

 

Et lorsqu’on lui demande quel est le secret pour le générer, son œil s’allume et, goguenard, il concise : « c’est pas compliqué, on fixe des règles strictes et on s’y tient. Pour le reste, on est plus relax. » Il n’en dira pas plus, et peut-être que ça n’est pas nécessaire, peut-être qu’entre simplicité, fermeté et décontraction, au fond tout est dit.

 

L’on sent bien que Christian Fémy n’est pas du genre à se la laisser raconter par qui que ce soit. Ce qui ne l’empêche pas d’être chaleureux, affable, facile d’accès. On sent bien aussi que Christian Fémy est ferme sur ces règles de bases qu’il a fixées aux membres de l’équipe de France et qu’il n’a probablement aucune hésitation à recadrer ses troupes quand il l’estime nécessaire. Une main de fer dans un gant de velours dirait le cliché, mais c’est plutôt l’association de deux compétences relationnelles essentielles à la gestion d’équipe car elles confèrent une autorité naturelle et sereine, qui peut poser un cadre clair tout en entretenant un ambiance décontractée:

 

  • L’affirmation de soi, celle qui inspire le respect et qui ne transige pas sur les règles de base d’un savoir vivre essentiel à l’esprit d’équipe. Sereine et authentique, elle n’a pas besoin de s’embarrasser d’autoritarisme, elle est sa propre justification et se suffit à elle-même pour inspirer le respect des règles en question.
  • L’amabilité (pour éviter le terme de gentillesse, malheureusement trop galvaudé et connoté). L’amabilité qui soude au travers de comportements pro-sociaux simples comme la bienveillance, l’empathie, l’écoute et qui génère une forme de complicité qui n’est pas du copinage, mais plutôt la posture de ceux qui se connaissent bien, se comprennent et sont capables de travailler ensemble en confiance.

Cette posture affirmée et décomplexée sait aussi faire preuve d’autorité si besoin est, pour fixer des limites ou recadrer un comportement considéré comme inapproprié, car elle ne confond pas bienveillance et mièvrerie, gentillesse et serpillière. Un recadrage ferme n’est nuisible ou toxique que s’il est fait de manière humiliante et/ou qu’il s’accompagne d’un changement d’attitude. Inversement une mise au point même musclée mais respectueuse et qui inclue le retour à des interactions normales et chaleureuse une fois l’affaire réglée peut être très efficace sans laisser de trace sur la relation.

 

 

C’est finalement un management simple, ferme et décontracté à la fois qui semble si bien réussir à cette équipe de France, dont il reste, au delà des compétences relationnelles indispensables au manager, à définir le cadre. Rendez-vous donc la semaine prochaine 8 règles simples à mettre en place à l’intérieur d’une équipe pour encourager la coopération, le plaisir de travailler ensemble et les mettre au service de la performance et de l’efficacité.

 

 

Et en attendant, je vous encourage à aller regarder des épreuves de Jeux Paralympiques, impressionnantes d’engagement, d’exigence et de performance, du haut niveau, quoi;) Et aussi pour découvrir des sports méconnus comme le ski assis, des ahtlètes moins médiatisés et pourtant remarquables. Les paralympiques sont diffusés sur France 4 et relayés sur Twitter par quelques comptes à suivre:

 

  • @toushandisport – Compte Twitter de la Société Générale autour du handisport
  • @FRAparalympique – Compte Twitter du Comité France Paralympique
  • @MJEREMIASZ – Joueur de tennis fauteuil professionnel et commentateur sur France 4. Ses explications techniques sont passionnantes.
  • @CoeurHandisport – Compte Twitter d’un photographe mal-voyant, mordu de handisport et pratiquant fervent.
  • @EnRoutePourRio – Spécialiste de handisport et présent à Sotchi
  • @fabien976 – compte Twitter d’un passionné de sport en général, de handisport en particulier et présent à Sotchi
  • @bloghandicap – blog et webTV spécialisé sur le handicap, présent à Sotchi
  • @StephaneRiviere – dirigeant de Talenteo, site emploi spécialisé handicap et présent à Sotchi

Et bien entendu, les comptes Twitter de nos athlètes. Leurs échanges avec leurs supporters et entre eux est un bel exemple de cet état d’esprit que nous avons évoqué:

 

  • @MarieBochet – Marie Bochet, skieuse debout
  • @Yotab74 – Yohann Taberlet, skieur assis
  • @GauthierVincent – Vincent Gauthier-Manuel, skieur debout et porte-drapeau de l’équipe de France
  • @romrib – Romain Riboud, skieur debout

 

 

Voir aussi:

 

Vie professionnelle: deux ou trois idées… paralympiques!

Petit traité de savoir-vivre au travail entre valides et handicapés (1)

Petit traité de savoir-vivre au travail entre valides et handicapés (2): 10 trucs pour favoriser la relation

Professionnels en situation de handicap: des compétences transférables à prendre en compte

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Pour construire, entretenir et développer un état d’esprit et un relationnel à la fois dynamiques et sereins,  propices à la réussite de vos objectifs professionnels, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32