De l’impermanence des choses

 
Dans les tragédies de Shakespeare, comme dans la vie de tout un chacun, périodes de calme et de chaos alternent et peu de choses sont gravées dans le marbre. Ces changements nous font souvent craindre de perdre ce que nous avons. Ils sont tout autant porteurs d’espoir, car ils signifient aussi que les circonstances difficiles ne sont pas nécessairement immuables.
 

 

Accepter l'impermanence des chosesUn havre de paix

Je suis allée visiter le Bois Jacques, près de Bastogne.

Ce qui m’a marquée tout de suite, en pénétrant dans ce petit bois qu’aucune pancarte n’indique, c’est sa tranquillité.

Le Bois Jacques, théâtre à la Libération de combats meurtriers dans des conditions épouvantables, est aujourd’hui un bosquet paisible qui serait sans doute tombé dans l’oubli, sans la série Band of Brothers qui l’a rendu célèbre. Dans la pénombre moussue et un peu étrange de cette pinède tranquille, on entend juste le chant des oiseaux, le bruissement du vent dans les cimes. Un havre de paix.

J’ai été frappée par la sérénité de ce lieu impassible, dans lequel on peine à imaginer l’effrayant tumulte des combats, le fracas des obus, des bombardiers, les cris des blessés, la souffrance et la peur.  Si ce n’était les trous creusés à même le sol qu’on devine encore, il n’y aurait aujourd’hui plus aucune trace de ces jours meurtriers.

 

L’impermanence positive

Nous craignons souvent l’impermanence qui nous menace de perdre ce que nous avons et qui est surtout une excellente raison d’apprécier ce que nous avons.

Pourtant, le contraste immense entre le silence serein d’un lieu et les événements terribles qui ont pu s’y produire met en évidence l’impermanence des choses dans un sens positif:  l’absence de fatalité. L’impuissance totale et l’inexistence des choix sont rares dans les situations qui nous concernent directement.

Les choses changent, même les mauvaises. Les roues tournent. Nous sommes rarement condamnés à rester enfermés dans des circonstances peu favorables, chaotiques, franchement désagréables ou même tragiques. Elles sont susceptibles d’évoluer, de s’améliorer, de voir l’inconfort, la tristesse, les regrets ou la souffrance s’enfoncer doucement dans le passé. Elles sont susceptibles de céder la place, petit à petit, à une vie plus sereine et apaisée, une embellie dont la douceur confiante favorise l’épanouissement et nourrit à nouveau la joie de vivre.

 

Mini coaching: favoriser l’apaisement d’un situation difficile

Et nous pouvons contribuer à cette impermanence positive et étant à l’origine de certaines des améliorations indispensables à l’apaisement recherché. Ce qui, en plus d’avoir les effets bénéfiques énoncés ci-dessus, est bon pour l’estime de soi. Et vous, pour donner un coup de boost à votre joie de vivre:

Quels domaines de votre vie ont besoin d’être apaisés?
De quoi avez-vous besoin pour les apaiser?
Que pouvez-vous mettre en place pour aller dans ce sens?

 

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Aller plus loin

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6 Comments

  • fredheas dit :

    Vive l’impermanence positive!

    @Sylvaine, profitons de ce superbe soleil pour passer un excellent week-end à la mer ou à la campagne… ou en forêt! 😉

  • MADmoiselle dit :

    L’impermanence, tiens justement je suis en train de lire “N’espérerez pas vous débarrasser des livres !” par JC carrière et Umberto Eco. Un passage que j’adore quand Carrière arrive avec un vieux livre du XV ou XVI ème siècle et qu’il en lit un peu… Et à côté ils parlaient des nouvelles technologies (VHS, DVD, CD-rom) qu’on n’arrive déjà presque plus à lire, sauf en gardant de “vieux” support. Les nouvelles technologies ont du souci à se faire parce qu’elles sont renouvellées sans cesse, elles sont justement impermanentes parceque les supports pour les lire disparaissent. Le livre lui, même s’il évolue, n’a pas besoin d’un support, puisqu’il l’est déjà lui-même.

    Bref, je me suis un peu éloignée du sujet de l’impermanence positive, c’est vrai :/

    Mais bon, moi je trouve ça positif, parce que j’aime trop les livres 🙂

  • MADmoiselle dit :

    J’aime le livre en tant qu’objet ; mais j’aime aussi certains livres pour ce qu’ils comportent 🙂

  • Edith dit :

    Etonnant, cet article

    Personnellement, ça me semble tellement évident. Losque ça va mal, la seule idée qui me permette de tenir c’est : un jour, tout cela sera derrière…

    Sans cette idée-là, toujours en toile de fond, je ne serais sans doute plus là pour écrire ces lignes…

     

    Je dois dire que j’ai plus de mal -mais j’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années- à profiter vraiment, pleinement, de chaque bon moment, qu’il soit grande joie, émotion, moment paisible, partage… Mais de plus en plus souvent (enfin, bon ! pas trop en ce moment parce que ma dépression refait surface avec beaucoup trop de vigueur à mon goût) je prends le temps de penser, voire de dire : “là ! je suis bien !” ; “quel beau moment !” ; “arrête-toi, arrêtons nous pour mieux fabriquer le souvenir”. Oui, c’est bon de faire ça. Parfois, c’est juste, le matin en partant boulot; faire le léger détour qui me permet d’aller respirer, les yeux fermés, le parfum d’une rose d’un mauve superbe que le gardien de la résidence où j’habite a planté en bordure d’une pelouse. A ce moment là, les pensées se bousculent parfois dans ma tête : “si les gens te voient, ils doivent penser que tu es un brin bizarre” ; ‘si les gens me voient, j’espère qu’ils vont s’interroger et … en faire autant ?” ; “hummm ! que ça sent bon” ; “là, respire, sens : dans trois semaines, dans un mois, il n’y aura plus de fleurs sur le rosier ; il ne restera que le souvenir que tu es entrain de construire…. et l’espoir que le printemps prochain verra de nouveau le rosier offir ses fleurs et son parfum…”

  • Fabienne dit :

    C’est une sensation, que j’ai eue, dans des moments d’inquiétude, souvent, mais, le plus marquant, dans un moment de plénitude accomplie, totale.
    Sensation vertigineuse d’immuabilité, agréable, ou tout allait bien, et je ne pouvais imaginer autre chose, cette immensité m’a étonnée !
    Depuis, des événements, des rencontres, et des changements.
    Ce qui compte, finalement, c’est que je suis restée “open” à vivre, à voir d’autres choses, qui sont arrivées, alors que je n’attendais pour autant, rien de plus !

    • Sylvaine Pascual dit :

      Merci Fabienne pour ce témoignage enthousiasmant! Il me rappelle un sujet de dissertation d’agreg, il y a bien des années, sur Ulysse de Joyce: “l’éphémère et l’intemporel”. Il y a un peu de ça dans ce que tu décris: L’inquiétude ou la plénitude du moment qui ressemble à un instant d’éternité, avant de devenir autre chose… et qui demande de rester, effectivement ouvert au champs des possibles.

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