Génération Y et reconversion professionnelle

reconversion generation Y

 

A peine arrivée sur le marché du travail, la génération Y faisait déjà l’objet de schématisations, de stéréotypes et d’idées reçues. Et le fait qu’elle se mette plus jeune que les autres à changer de métier vient renforcer les préjugés! Entre similitudes et différences, un tour d’horizon des spécificités de la reconversion de la génération Y.

reconversion generation Y

 

La génération Y se met à changer de métier

Jusqu’à il y a peu, la reconversion professionnelle concernait essentiellement deux catégories de travailleurs :

  • Des ouvriers souvent ultra spécialisés dont les usines fermaient ou disparaissaient, donc souvent des reconversion subies.
  • Des salariés, souvent cadres, quarantenaires ou cinquantenaires, qui avaient suivi des voies royales, des itinéraires tout tracés, souvent avec succès, et se retrouvaient à avoir envie d’explorer d’autres aspirations professionnelles, à donner du sens à leur seconde partie de carrière, donc des reconversions volontaires.

Au milieu, et de façon plus anecdotique, on pouvait trouver toutes sortes d’autres cas, comme une situation médicale qui entrave ou interdit l’exercice de l’ancien métier ou, parfois, des plus jeunes qui s’étaient rendu compte que le monde du travail, dans la branche où ils avaient atterri, ne correspondait pas à leurs aspirations.

Ce dernier cas n’est peut-être pas en passe de devenir la norme, mais le nombre de moins de 35 ans en désir de reconversion augmente de façon étonnante, au point de devenir une véritable tendance. Ainsi la benjamine de mes clients a 27 ans, a fait de brillantes études commerciales, travaille depuis 3 ans et en a ras-le-pompon d’un milieu qu’elle trouve détestable.

Bien entendu, la tentation est grande  de chercher des responsables: l’école, les parents, la société etc.  Cependant, à moins d’avoir une vocation tenace, il n’est pas toujours simple à 17 ou 18 ans d’avoir une idée précise de ce que l’on veut vraiment faire et d’être en mesure de déterminer si, 5 ou 20 ans plus tard, on aura encore du plaisir à le faire. Il est du coup bien légitime pour les parents d’orienter leurs enfants vers des voies porteuses.

Ainsi Maxime, 29 ans, m’expliquait l’autre jour que sa famille l’avait poussé vers une prépa scientifique parce qu’ils était bon en sciences et ne savait pas quoi faire et que “les maths, ça mène à tout”. Il est aujourd’hui ingénieur, pas passionné par son travail, mais il n’aurait pas du tout imaginé à 18 ans ce qui pouvait l’inspirer. Est-il bien utile de blâmer ses parents? Il s’agit donc beaucoup plus de comprendre les spécificités des bifurcations professionnelles pour pouvoir les accompagner sans sombrer dans les clichés générationnels.

 

Une génération pas si différente…

On trouve malheureusement très peu de littérature analytique sur le sujet, la plupart des publications se limitant à resservir les poncifs habituels sur la génération Y, une génération for-mi-da-ble, qui n’aurait peur de rien et qui aurait un rapport au travail et des valeurs heureusement bien différentes de la précédente, cette vilaine génération X qu’on aimerait bien déjà à la retraite, tant la longue liste de ses défauts nuit à l’entreprise.

Pourtant, comme l’a montré une récente étude Deloitte, la génération Y est très semblable à la précédente, en particulier dans sa relation au travail. “la valeur accordée au travail est largement similaire d’une génération à l’autre. Les deux groupes se trouvent simplement à des étapes différentes de leur vie et de leur carrière respectives.” Ca alors, le désir de loyauté et d’engagement n’est pas mort et la génération Y partage les mêmes aspirations que son aînée.

 

Intolérance à la frustration et reconversion précoce

Alors si les aspirations et la valeur travail de la génération Y sont si proches de celles de la génération X, comment expliquer l’abaissement spectaculaire de l’âge du désir de reconversion? L’une des raisons se loge sans doute dans des différences générationnelles flagrantes, mais pas celles qu’on croit, : non, cette génération n’a pas inventé la quête de sens, le besoin de sens fait partie des besoins fondamentaux qui nous animent tous et la génération X ne se reconvertit pas pour la beauté du geste!

En revanche, élevée à l’immédiateté là où la génération précédente a été nourrie à l’effort, cette génération a les qualités de ses défauts. Beaucoup plus intolérante à la frustration que la précédente, elle songe à changer de métier dès que l’insatisfaction pointe son nez et s’évite ainsi une vie professionnelle en demi-teinte, dictée par des canons obsolètes de la gestion de carrière. Avec un peu de chance, elle sera donc moins sujette au burnout.

 

Des motivations identiques

Comme pour la génération précédente, les choix de voies professionnelles au travers des études ont souvent été le prolongement naturel des croyances et des valeurs familiales, de l’image que la société nous renvoie, bref, de toutes les idées reçues sur “un bon métier” et sur le déroulement d’une carrière. Par conséquent, comme pour la génération précédente, le désir de reconversion naît:

  • de l’envie de rompre avec des choix qu’ils n’ont pas toujours le sentiment d’avoir fait en toute autonomie.
  • du désir de mettre du sens et du plaisir autant dans leur métier que dans leur quotidien professionnel
  • De l’envie de mieux concilier vie personnelle et professionnelle et de pouvoir consacrer du temps à d’autres activités ou à leurs proches.

la boussole de l'olympisme au service du plaisir au travail

 

A 25 ou 45 ans, la reconversion ne se vit pas de la même façon

Mais si cette jeune génération prend conscience de sa frustration et décide de passer à l’action beaucoup plus tôt,  elle ne le fait pas sans heurts. Elle se retrouve ainsi parfois en proie à divers degrés de culpabilité vis-à-vis :

  • De parents qui ont financé des études « pour rien », ce qui peut entraîner des freins du type “je dois me reconvertir dans quelque chose qui va exploiter mes compétences, même si je les déteste”.
  • Des images d’Epinal de la « réussite professionnelle » dont les médias et publications carrière et management, qui ne sont pas à une injonction paradoxale près, continuent à nous abreuver, entre deux écrits sur « la fin des carrières linéaires »
  • De la société qui leur renvoie combien « tu as de la chance d’avoir un job ».
  • Du sentiment de ne pas être « allé au bout » de quelque chose, de ne pas être à la hauteur d’un monde de l’entreprise qu’ils avaient imaginé autrement.

Il est donc au préalable indispensable de se réconcilier avec son propre désir d’un changement de métier, le plus souvent motivé par une quête de sens et de plaisir au travail et d’en accepter la légitimité. Ne serait-ce que pour faire le deuil de ses études qui n’ont pas débouché sur le rêve espéré et pour se libérer des carcans, réels ou imaginaires, des convictions et du regard des autres. Voir aussi:

Quand l'héritage familial génère des conflits de valeurs, il devient une entrave à la reconversion professionnelle

 

En même temps, cette génération de jeunes diplômés ayant des aspiration similaires aux autres, son parcours de vie s’inscrit dans la droite lignée des générations précédentes, avec les mêmes priorités : acheter un logement, avoir une famille. Ce qui signifie alors que le désir de reconversion arrive à une phase de vie qui nécessite une prise en compte spécifique. Là où les contraintes des quadra/quinquas sont plus de l’ordre du financement des études de leurs enfants, pour les 25/35 ans, le désir de reconversion vient s’inscrire dans une situation perçue comme moins facile:

  • Avant de mettre un bébé en route, d’acheter une maison, avec parfois le report problématique de ces projets
  • Avec des enfants en bas âge ou des remboursements d’emprunt parfois conséquents

L’itinéraire de reconversion est bien entendu profondément impacté par ces choix et la conciliation entre tous les besoins et désirs est indispensable (on ne renonce pas à un enfant maintenant de la même manière qu’on renonce à des vacances de ski).

D’autre part, parmi les idées reçues sur la génération Y, on nous explique souvent qu’ils attribuent moins d’importance à la réussite financière, mais n’en tirons pas trop de conclusions: s’ils gagnaient le même salaire qu’après 20 ans de carrière, ils réfléchiraient sans doute à deux fois sur la question. Disons plutôt qu’ils n’ont pas encore des revenus tellement élevés qu’il soit pour eux difficile d’y renoncer et qu’il est naturellement difficile de se projeter dans ce qu’on n’a pas vécu. Encore un point à prendre en compte dans l’accompagnement de leur changement de métier.

 

Des freins spécifiques à la reconversion de la génération Y

Les bifurcations professionnelles entreprises entre 25 et 35 ans ne sont ni plus ni moins faciles que celles de la génération précédente. Elles ont simplement leurs spécificités qui nécessitent une vigilance adaptée, car elles peuvent devenir des obstacles conséquents. Attention cependant, ce sont des caractéristiques potentielles, qui ne concernent pas la totalité des personnes de 25 à 35 ans qui veulent changer de métier:

  • La scolarité proche. L’école n’est pas loin et même s’ils ont apprécié leurs études, ils n’ont pas toujours envie de les reprendre. Ils n’ont pas toujours droit à grand chose en termes de financement et pas toujours des moyens élastiques pour choisir un auto-financement.
  • La culture de l’immédiateté qui génère de l’impatience peut favoriser l’apparition de projets dits “paravents”, c’est à dire qui réponde à leurs besoins les plus prioritaires, mais pas à tous, ce qui augmente considérablement le risque d’erreurs d’aiguillages. Cette impatience peut aussi les pousser à se lancer trop vite dans des projets pas tout à fait ficelés. Ce qui n’est pas un problème en soi dès lors qu’on accepte la prise de risque peut le devenir pour une génération qui a autant peur de l’échec que son aînée.
  • Une aptitude moindre à l’introspection : directement liée à la culture de l’immédiateté d’une part et à l’hyper connexion qui leur a laissé moins de temps à accorder à des voyages intérieurs qui sont le terreau de l’introspection. D’autre part, la génération X, tout simplement parce qu’elle a 25 ans de plus, a eu davantage d’occasions de se poser des questions. Cependant, cette aptitude moindre est souvent compensée par un désir très prononcé d’apprendre à se connaître
  • La confusion entre déclencheur du désir de reconversion et vraie motivation à se reconvertir: souvent, il leur suffit d’une première expérience professionnelle désagréable, comme par exemple un premier conflit avec un  supérieur, pour croire que la solution passe par un changement de métier.
  • L’illusion du “sans patron le bonheur” Ils sont plus en proie à l’illusion qu’être son propre patron c’est le pied car ils ont été nourris à la “fin du salariat” annoncée et à “si a 30 ans t’as pas créé ta start-up, t’as raté ta vie”. Ils sont plus facilement dupes de la réussite facile d’une part, et de l’idée qu’être indépendant c’est ne pas avoir de patron d’autre part.
  • La méconnaissance de soi C’est aussi une tranche d’âge qui se connaît moins bien et qui a moins d’expériences sur lesquelles appuyer une évaluation de ses besoins professionnels et de ce qui pourra réellement les satisfaire, ou pas, dans un autre métier.

 

Des reconversions comme les autres…

Nous l’avons vu plus haut, les motivations à un changement de métier sont les mêmes pour toutes les générations. Dans l’accompagnement aux reconversions des jeunes générations, on retrouve aussi beaucoup d’éléments communs à tous les itinéraires bis: les mêmes héritages familiaux, les mêmes croyances limitantes, les mêmes manques d’estime de soi ou de confiance en soi, la même méconnaissance de soi, les mêmes craintes de se tromper, le même besoin d’élargir le champ et d’explorer pour clarifier ses aspirations et vérifier ce qu’on imagine comme des sources de plaisir.

Les résultats de ces accompagnements sont les mêmes: les mêmes proportions de gens qui finissent par renoncer à la reconversion et par opter pour le job crafting, les mêmes proportions de gens qui vont vers une évolution relativement dans la lignée de leur métier d’origine, la même proportion de gens qui identifient des projets professionnels aux antipodes de leur métier d’origine. Voir aussi:

Devenir l'artisan de son propre plaisir au travail, bon pour l'efficacité et l'estime de soi

 

… à mener pas comme les autres, mais comme l’apprentissage de l’évolution professionnelle

Il convient donc d’être vigilant dans l’accompagnement des reconversions de la génération Y parce qu’elle peut avoir l’air tout feu tout flamme, peut sembler prête à tout, volontaire, très sûre de ce qu’elle croit, sans l’être plus que les autres générations. Mais au fond, c’est le cas avec n’importe quel candidat à la reconversion, indépendamment de son âge: la prise en compte de ses spécificités est (ou devrait être) une constante dans l’accompagnement au changement de métier.

Ce n’est pas là que se loge la vraie différence dans l’accompagnement à la reconversion de la génération Y, c’est dans l’objectif de cet accompagnement. Elle a avant tout besoin qu’on lui permette d ‘apprendre à réfléchir à une transition professionnelle, à la construire et à la mener car il y a fort à parier qu’elle en fera plusieurs. Et ce pour deux raisons:

  • L’évolution des besoins professionnels individuels. Les besoins professionnels sont étroitement liés à une phase de vie qui, une fois dépassée, cédera la place à une autre phase avec d’autres besoins et potentiellement, d’autres aspirations.
  • L’évolution rapide du marché du travail. Les mutations de plus en plus rapides du monde du travail vont exiger d’eux toujours plus de flexibilité et d’adaptabilité dans leurs évolutions professionnels, ils ont donc

Et c’est sans doute là la vraie différence avec la génération différente, cet apprentissage de l’évolution professionnelle comme une compétence à part entière, que le candidat à la reconversion pourra réactiver à chacun de ses questionnements sur une transition possible, donc à toutes les étapes de sa vie professionnelle. Il s’agit donc de lui fournir un accompagnement suffisamment pédagogique pour qu’il puisse s’en approprier les outils, les méthodes et moyens de réflexion, pour pouvoir

En conséquence, si la démarche bilan de compétences est déjà largement inappropriée pour les quadras et quinquas dans le cadre d’une reconversion, chez la génération Y, elle devient absurde. Outre le fait qu’à peine mises en oeuvre, elle a déjà peu de goût pour ses compétences, qu’elle n’a pas eu le temps d’en développer beaucoup d’autres et a un désir ancré d’aller vers ses appétences, elle a avant tout besoin d’apprendre à changer de trajectoire professionnelle, à analyser et évaluer ses propres besoins professionnels et ses sources de plaisir et les leviers de leur mise en oeuvre. Voilà qui ne peut évidemment pas se faire à coups de tests de personnalité😉

 

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Aller plus loin

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6 Comments

  • Sabine KBi dit :

    Et bien je crois que fais partie de cette génération y qui considère une reconversion professionnelle à 27 ans…
    Depuis que j’ai commencé à travailler, j’ai suivi votre site, qui m’a beaucoup aidé à relativiser et essayer de mettre du plaisir dans mon travail… mais force est de constater qu’aujourd’hui -et probablement depuis un bout de temps, mais je n’arrivais pas à le voir- je ne trouve pas de sens à mon travail actuel.
    Je crois que j’ai été au bord de l’arrêt de travail lié à une énorme fatigue et un repli sur moi. Je fais beaucoup de présentéisme.
    Je ne sais pas si c’est mon job ou mon métier, mais je veux pouvoir agir sur le contenu de mes tâches, ne pas être dans un immobilisme général. Je veux pouvoir m’éloigner des grandes villes.
    Quand je pense à la recherche d’un autre emploi dans le même secteur, j’en ai aucune envie, j’ai l’impression que c’est un jeu de rôle trop lourd à porter pour moi. Il faut défendre son bout de gras pour décrocher une poste, quitte à se travestir. Il faut se “policer” pour plaire. “Prenez-moi, je suis gentil, doux et câlin”.
    J’ai envie de monter ma boite, monter un commerce dans le domaine alternatif. Dans ce domaine et là où je veux le faire, il n’y a pas besoin de se déguiser, on prend les gens comme ils sont, et un commerce fonctionne si la personne y met du sien et offre quelque chose de +.
    Il faut que j’approfondisse cette idée, on verra. Si ça se trouve trouver un job en province me suffirait, ou le trouver dans un pays anglo-saxon. J’aurais bien aimé faire du coaching, mais dépenser 2000€ pour ça… à la rigueur quand l’idée sera prise de lancer ma boite car je peux le comptabiliser dans mes frais, mais ça serait trop tard. Financer ça par mon employeur actuel ? Demander une formation qui s’intitule “hey ho, je veux me barrer?” je sais pas ça me semble bizarre… Ptet que ça se fait car le financement des formations c’est un peu particulier.
    De toutes façons, je vois assez bien comment tâter le terrain et approfondir l’idée. C’est ce que je vais faire, mais après, je me connais, je saurais quoi faire… et pas le faire :facepalm:
    On verra si ma motivation est à la hauteur.
    En tous cas merci pour tous ces conseils, ce site m’a été d’une aide inestimable.

    • Merci Sabine pour ce retour qui me fait très plaisir d’une part, et pour un passionnant témoignage d’autre part. Effectivement parfois le job crafting n’est pas suffisant et une réorientation est plus pertinente. Puisque vous avez une piste qui visiblement vous tient à coeur, je vous encourage à l’explorer dans tous les sens pour voir si elle peut devenir votre bifurcation à vous. Je vous souhaite une réflexion fructueuse et un avenir professionnel réjouissant!

  • GREGOIRE dit :

    Cette article est très intéressant et pertinent, voilà pourquoi je le partage sur Linked’In et twitter. Seul bémol dans le dernier paragraphe, sur la vision du bilan de compétences qui serait inapproprié. Le bilan de compétences n’a pas à être une prestation standardisée qui inclut un ensemble de tests psychotechniques (je partage votre avis sur cette forme inappropriée). En tant que praticienne du bilan de compétences et comme d’autres, je ne pratique aucun test et personnalise l’accompagnement. De ce fait, la prestation peut également permettre ” d’apprendre à changer de trajectoire professionnelle, à analyser et évaluer ses propres besoins professionnels et ses sources de plaisir et les leviers de leur mise en oeuvre”. Maintenant, d’autres formules, accompagnements sont tout aussi pertinents si le professionnel se centre sur la demande, les attentes de son client. Qu’importe l’intitulé, il est toujours question de réorientation, de transition professionnelle.
    A part, cette petite divergence de vision, bravo pour votre article !

    • Effectivement, divergence de point de vue!;) Je comprends votre point de vue, puisque vous vendez du bilan de compétences et à la lecture de votre site, on voit qu’il est bien inscrit dans cette démarche (portefeuiile de compétences) à laquelle je n’adhère pas. D’autre part, personnaliser l’accompagnement ne me parait pas être une garantie ” d’apprendre à changer de trajectoire professionnelle, à analyser et évaluer ses propres besoins professionnels et ses sources de plaisir et les leviers de leur mise en oeuvre”, puisque ce n’est pas la vocation du bilan de compétences. Du coup, si ce que vous faites est un bilan de compétence amélioré, peut-être qu’il gagnerait à avoir un autre nom? En tout cas à mes yeux, tant qu’il porte ce nom, je le considère comme tel;)

  • Myrina Desanges dit :

    Bonjour et merci beaucoup pour cet article. Je me permets d’y répondre parce que vous avez ici fait la parfaite analyse de tout ce que j’ai vécu durant près de 10 ans et c’est particulièrement agréable car bien souvent, j’ai le sentiment que “nous”, cette fameuse génération, sommes trop vite jugés.

    Pour ma part, j’ai crée ma première entreprise à 20 ans, qui, malgré sa réussite, a provoqué chez moi un cruel manque de sens. Après l’avoir cédé, je me suis relancée dans des études de cinéma. Des formations françaises en masterclass américaines, de voyages en expatriations, je choisissais mes contrats selon ce qui peut sembler être des “coups de tête”. En fait, j’avais seulement le désir de vivre et d’explorer la vie… pour mieux me trouver, mais je ne le savais.

    A 30 ans, je change encore de cap, l’entrepreneuriat me manque, je décide de remonter une entreprise, mais cette fois, c’est bien différent qu’à 20 ans, car j’ai de lourdes responsabilités que je n’avais pas à 20 ans (Enfants, maison, rembourser mes coûteuses études de cinéma américain… et tout ce que vous nommez), j’ai surtout conscience cette fois ce que c’est que d’être chef d’entreprise et je culpabilise des années, de l’argent et de l’énergie “gâchées dans le cinéma. (Je comprendrai des années plus tard que ce n’était pas gâchis, mais parcours de vie)

    Et j’ai aussi dans mon entourage beaucoup de cette génération “x” qui ne me comprend pas. Qui juge ces envies d’exploration, de dépassement, comme une instabilité, comme les chaînes de “notre génération” : Tout, tout de suite et maintenant.

    A cette époque je ne le savais pas, mais la génération X avait en partie raison et il m’a fallu un échec douloureux (pro + amoureux) et deux burn-out pour comprendre la faiblesse de notre culture de l’immédiateté comme vous la nommez si bien.

    Mais je ne regrette strictement rien, j’ai tellement appris. J’ai appris ce que vous décrivez si bien dans votre article et donc je félicite l’analyse.

    J’ajouterai néanmoins que ce que vous nommez “reconversion professionnelle” n’est rien d’autre qu’un parcours de vie tout court, c’est un style de vie à part entière, l’envie d’explorer différents métiers, différentes facettes. Dans mon cas comme dans celui d’autres personnes de ma “génération”, il y a simplement le désir d’oser, qui découle probablement de l’héritage de la génération de nos parents qui, elle, n’osait pas. Une sorte de rébellion sans doute.

    • Bonjour Myrina et merci pour ce témoignage d’une grande richesse!
      Faisant moi-même partie de cette génération X et m’étant frottée au changement de métier que pas grand monde n’a compris, la génération de mes parents en tête, je me dit que peut-être que ce n’est pas tant une question de génération. Je crois que c’est le lot de toute personne qui tâtonne dans sa quête de sens et qui, malheureusement, parfois, trouve sa direction au gré d’épreuves (échec douloureux pour vous, accident pour moi). La rébellion, peut-être, pour vous comme pour moi. Peut-être aussi qu’à chaque génération, il y a un nombre d’électrons libres qui explorent et s’explorent, pas tant par rébellion que parce qu’ils sont comme ça, jusqu’à aller là où ils se sentiront bien. Et c’est tant mieux, chaque personne qui ose est un lampadaire qui éclaire le chemin d’autres!
      D’autant qu’à vous lire, j’ai plus l’impression d’une femme qui sait ce qu’elle veut, et donc qui sait quand elle a besoin de nouveauté ou de bifurcation, qu’une “jeune”, une “Y” un peu perdue qui n’arrive pas à “trouver sa voie”. Je vous souhaite plein de belles expériences!

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