L’open space m’a tuer

 

Suite à la publication de L’open space m’a tuer de Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, aux éditions Hachette Littérature, les consciences se sont largement éveillées: l’open space  n’est pas la panacée en termes humains. Il est même générateur de souffrance. Il était temps!

 

Remis au goût du jour dans les années 80, l’open space n’avait rien de tout à fait nouveau: rappelez-vous des images de pools de travailleurs en col blanc, comme par exemple les dactylos des années 20 et 30, assises en rang d’oignons à des bureaux sans distractions dans des salles immenses…

 

openspace

 

Perçu comme cool et innovant lors de sa réintroduction, il est vite devenu l’objet de nombreuses critiques. Il était censé être convivial et favoriser la collaboration, il devient un moyen de contrôle des salariés par les salariés, un lieu sans intimité, bruyant, bref, hostile et peu favorable à la performance ou au plaisir au travail. De l’open space à l’open stress, il n’y a qu’un pas vite franchi, quoi que pas de bonne volonté, par ceux qui le subissent.

 

“L”open space fabrique du contrôle social” – Le Figaro – Interview d’Alain d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS

Open space, open stress – Libération “«Dans les années 60, cette tendance était déjà apparue avec les bureaux paysagers, avant de retomber dans les années 80. Patrons comme employés n’y trouvaient pas toujours leur compte. Mais depuis dix ans, on y revient et ça ne s’arrête pas. Cela est aussi souvent lié à la volonté de rentabiliser les mètres carrés. Et le problème, c’est que les solutions proposées ne sont que des toilettages cosmétiques.»

 

Et vous, travaillez-vous dans des bureaux paysagers?
Comment ça se passe?

 

 

Edit de 2015

L’open space me semble l’exemple parfait des (pseudo) innovations managériales implémentées sans réflexion sur ses conséquences possibles. De la même manière, la tendance actuelle au tout télétravail ou à la suppression des bureaux attribués (à laquelle il fallait nécessairement donner son nom anglo-saxon, histoire de faire technique de management so disruptive, et qui s’appelle donc le desk sharing) me paraissent avoir un potentiel fausse bonne idée qui mérite d’y réfléchir sérieusement.

 

Mais malheureusement, le plus souvent, c’est a posteriori que la prise de conscience à lieu, et si aujourd’hui l’open space est largement considéré comme néfaste, les “améliorations” proposées restent de l’ordre du cosmétique pour reprendre le terme de la sociologie Thérèse Everte, et n’ont pas beaucoup évolué depuis 6.

Pourquoi il faut en finir avec l’open space – l’Obs – “Et si le respect de l’intimité renforçait la productivité des salariés ? La high tech, qui avait abattu les murs dans les bureaux, commence à remonter des cloisons.”

Open space, pourquoi tant de haine? – JDN –  “D’un côté, l’avancée de l’open space, plus récente et moins complète qu’ailleurs, se poursuit sans relâche, avec son lot de souffrances. De l’autre, les employeurs n’ont pas encore sauté le pas et pris en compte les conséquences de cette évolution, en termes d’aménagement de bureau et d’organisation du travail. Comme si l’alternative se résumait à choisir entre le “tout bureau fermé” ou le “tout open space”.

Quand l’open space change de style – Challenges – Les propositions d’aménagement en 2015 ne sont pas bien différentes de celles proposées en 2008.

Et même si la tendance est à des aménagements ludiques, n’oublions pas que le plaisir au travail n’a rien à voir avec

 

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10 Comments

  • Petille dit :

    Connaissez-vous la BD de James intitulée : “Dans mon Open space” paru chez Dargaud ?

  • MADmoiselle dit :

    A part un peu en Arts Appliqués, je n’ai jamais vraiment travaillé dans ce que l’on appelle un open-space. Mais ce que j’en ai entendu ne m’a pas donné du tout envie !

  • fredheas dit :

    Ravi de pouvoir t’apporter régulièrement un peu de bonne humeur. C’est vrai que pour le métier de Coach que tu exerce, cela doit être essentiel!
    Au plaisir de te faire découvrir de nouvelles choses sur mon blog!
    Excellent week-end à toi.
    Au plaisir! 😉

  • clementine dit :

    Je pense que se sont toujours les mêmes qui éveillent leur conscience, et d’autres ne se réveilleront jamais. Ils ont toujours de bons arguments pour ne pas le faire.
    clem
    Je te mets dans mes favoris.

  • Bonjour,

    C’est la première fois que je viens sur ces terres de coaching. Je m’invite, donc.

    Dire que l’open space vient d’une idéalisation de la vie au sein des bureaux ! Après la fin des années 60 et ses bouleversements, il était question de créer des espaces de travail collaboratifs qui devaient éradiquer toute forme de hiérarchie. Magnifique récupération et détournement…

    je rejoins Clémentine : j’ai claqué la porte à toutes ces circonvolutions complexes et déshumanisées pour devenir indépendant. Mais, parfois, pour des questions de gestions urgentes du quotidien, certains s’obligent à baisser la tête. Cependant, je ne peux m’empêcher de penser aux notions liées à la “servitude volontaire”.

    Sur cette note pessimiste, je te dis à bientôt.
    Gillou

  • clem dit :

    Je dirai samedi que je connais une coache..
    et pour les livres, ce sera cadeau pour toi.. lol..
    bisous
    clem

  • willb dit :

    l’open space: enfer et damnation
    J’avais rédigé un billet sur le sujet.
    http://willb77.over-blog.com/article-20814997.html

  • julie dit :

    je suis passée d’un open-space de 50m de long à un bureau et c’est le jour et la nuit, avoir un bureau était ma seule motivation pour changer de poste, ça devrait être interdit par la loi, bizarrement les directeurs ne sont jamais en open space cherchez l’erreur

  • thomas.B dit :

    Il est vrai que l’open space peut créer des nuisances sonores, mais il permet aussi de communiquer plus simplement avec ses collègues. Il faudrait créer des opens space ou chacun pourrai avoir son espace personnel.

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