Connaissance de soi et traditions

 

Les traditions que nous honorons sont révélatrices de ce qui a de l’importance à nos yeux, de nos valeurs (aussi bien morales que motrices), de notre identité etc… et donc un moyen de partir à la rencontre de nous-mêmes et de mieux nous connaître. Je en vous partage une qui m’émeut et vous invite à partager les vôtres:)

connaissance de soi tradition

 

Chacun ses traditions!

Je n’ai pas de penchant très prononcé pour les traditions et les coutumes, disons pour schématiser: quand elles on été inventées par des oppresseurs de tout poil pour mieux restreindre la liberté de leurs peuples ou augmenter leur propension à délier les cordons de leurs bourses.

Cependant, les traditions sont aussi souvent des moments de joie collective qui  nourrissent notre bien-être et notre vitalité physique et mentale, renforcent les liens du groupe, quel qu’il soit, et participent de la construction du sentiment d’appartenance sociale et de reconnaissance mutuelle.

Aussi, j’ai mes petits arrangements personnels avec certaines traditions propres à mon beau pays Catalan entre autres, comme la Sant Jordi (Georges, pour les francophones), qu’on appelle aussi la fête de la rose et du livre.

 

Sant Jordi, fête de la rose et du livre

Les traditions que nous aimons en disent long sur qui nous sommesIl existe de multiples versions de la légende, je vous livre la mienne, à consommer sur place:
Un dragon terrorisait un village qui, contre sa mansuétude, lui offrait régulièrement à déjeuner sous la forme d’un méchoui. Ledit dragon, qui tenait à sa santé, souhaitait une alimentation équilibrée, donc plus variée et réclama une fille, pour changer. Le sort désigna la fille du Roi, dont le Valeureux Georges était tombé amoureux. N’écoutant que son courage, ce qui pousse davantage à l’action que d’écouter RTL, il tua le dragon, et de la blessure sanglante jaillit un rosier. Georges offrit une rose à la belle en gage de son amour. En retour elle lui donna un livre, symbole du triomphe de la sagesse sur l’ignorance et la méchanceté.

Le 23 avril, jour de la St Georges, les hommes offrent donc un rose à la femme qu’ils aiment, et les femmes un livre à l’homme de leur vie. Et au delà, les Catalans se retrouvent dans tout un tas de salons du livre et s’offrent des roses et des livres en gage d’amitié et de fraternité.

Au delà de la célébration de l’amour, la Sant Jordi est aussi devenue le symbole de la lutte de la Catalogne pour sa liberté et à travers la tradition de la rose et du livre, c’est tout un peuple qui célèbre son idéal d’identité individuelle et collective, de fraternité et de culture. Et tout ça, ça parle à mes tripes! D’ailleurs, je ne résiste pas au plaisir d’un partage:

Seigneur Sant Jordi
Patron
Chevalier sans peur
Protégez-nous à jamais
Du crime
De la guerre civile,connaissance de soi et traditions
Délivrez-nous de nos péchés
D’avarice et d’envie,
Du dragon
De la colère et de la haine
Entre frères,
Et de tout autre mal.
Aidez-nous à mériter
La paix
Et sauvez la langue
Que parlent
Les Catalans.

Salvador Espriu

 

Auto coaching: traditions, dites-moi qui je suis

Nos traditions, comme tout ce qui nous tient à cœur, en disent long sur qui nous sommes, les valeurs qui nous animent et comment nous évoluons, en tant qu’individus, mais aussi en tant que membres de tous les groupes auxquels nous appartenons et avec qui nous les partageons.

 – Et vous, quelle importance les traditions ont-elles dans votre vie?
 – Quelles traditions, dans votre famille, votre région, votre pays ont une signification particulière à vos yeux?
 – Quelle(s) tradition(s) ne vous plaisent pas au point de refusez de participer?
 – Qu’est-ce que tout cela vous dit sur vous-même?
 – Sur vos valeurs?

Et tant que j’y suis:
 – La Sant Jordi, c’est le 23 avril. A qui allez-vous offrir une rose? Un livre?

Je vous souhaite une belle Sant Jordi 🙂

Merci à Sylvain Manyach qui m’a signalé l’existence de cette belle vidéo:


(Cet article a été publié dans une première version le 22 avril 2009)

 

Voir aussi

Connais-toi toi même
L’identité: acteur ou spectateur de sa propre vie?
Du bénéfice de la connaissance de soi
Les besoins à combler
Connaissance de soi: les décisions cruciales
Connaissance de soi: le questionnaire de Proust
Connaissance de soi: belles contradictions
Connaissance de soi: les valeurs morales
Cinéma et connaissance de soi
Et vous, où aimeriez-vous vous réveiller?
Petit jeu de connaissance de soi
Répondre à son besoin d’appartenance sociale

 

Aller plus loin

Vous voulez concrétiser vos ambitions professionnelles en fonction de vos aspirations, de vos valeurs, comme de votre personnalité? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 

 

 

Publicité

13 Comments

  • MADmoiselle dit :

    Je ne connaissais pas. C’est sympa comme légende 🙂 Offrir un livre, j’aime bien ça 🙂

    Perso, les traditions, c’est pas trop mon truc non plus. y’a que Noël qui me grise un peu : les déco, la préparation, l’odeur du sapin de Noël, le lumières… Et encore, depuis 2 ou 3 ans, ça s’est un peu amoindri… :/

  • philippe dit :

    Honnêtement mais tout le monde connaît ma probité légendaire, je n’aime pas les traditions, ayant été élevé là où elles sont légion(hu hu le jeu de mots), j’ai zappé tout cela de ma vie, par contre j’aime lire les livres d’histoire mais les trucs traditionnels me rappellent trop la routine

    bisous darling et toutes mes félicies en caleçon heu félicitations

  • Bonjour ,

    Après avoir consulté mon psy depuis plusieurs années : Je marche avec moi même , car avant je marchais à côté de moi même … Mais voilà je suis un artiste , avec le moi + le moi de l’artiste … çA Phot ‘ Aux Yeux …!

    A+ de vous relire , Sincère Salutations

    Abraham S.

  • wizzil21 dit :

    Sympa cette légende de St Jordi.. la médiévale version de la St Valentin ? 🙂
    En règle générale, les fêtes traditionnelles comme Noël, engendrent trop de contraintes pour moi et comme j’ai horreur de ça.. 😉 Je m’y plie pour faire plaisir aux enfants et aux grands-parents, parce qu’elles permettent des retrouvailles entre membres de la famille éparpillés aujourd’hui, mais c’est toujours un cauchemar au niveau organisation lol..

    ps- et félicitations pour ton nouveau statut 🙂

    • Sylvaine Pascual dit :

      Philippe, Abraham, MADmoiselle, Wizzil21, merci pour tous vos témoignages!
      Je trouve fascinant de voir ce qui motive chacun d’entre nous à honorer telle ou telle tradition, religieuse ou non.
      J’avoue être très fière de cette tradition de la Sant Jordi en raison de sa simplicité. Les exigences de la Saint Valentin et les excès de Noël me donnent un peu la nausée 😉

  • Gilles Arnaud dit :

    Et Saint Georges terrassa le dragon !
    Eh oui, les traditions ont du bon,surtout, comme tu le rappelles, si on ne se fait pas aveugler par les obscurités du traditionalisme…

    Quel Gentlemen ce Sant Jordi. Notons que être chevalier n’est pas de tout repos.
    On se plaint parfois de subir la pression au boulot, mais on n’est pas obligé de combattre des bestioles qui crachent du feu. A part quelques cas relevés de chefs de service… 😉

    A bientôt
    AlterAltitude

    • Sylvaine Pascual dit :

      C’est vrai qu’être chevalier nécessite des répondre à des contraintes nombreuses et j’ajoute la rédaction de poêmes courtois à la liste. Peut-être qu’à l’origine, le livre était un petit traîté stylisitque à l’attention des chevaliers qui souhaitaient conquérir le coeur d’une princesse. Comme quoi, les clichés de genres ne datent pas d’hier!

  • fredheas dit :

    C’est toujours une source de réflexion inépuisable sur soi que tu nous propose jour après jour avec une approche historique qui est vraiment très enrichissante!
    Merci @Sylvaine et excellente fin de journée à toi! 😉

  • pascaline dit :

    Je ne connaissais pas et j’aime bcp cet esprit: offrir un livre, c’est un choix tellement réfléchi et tourné vers l’autre. On y pense, on feuillette des ouvrages, on se demande s’il va accrocher, si ça lui correspond, si celui-ci ne va pas lui ouvrir des portes sur un univers inconnu ou méconnu.On projette le plaisir qu’on a eu soi_même, pour moi, c’est tt un sympbole mûrement réfléchi.
    Ca remet en question l’idee de cadeau. Tt cadeau, peu importe le prix doit correspondre à qq de particulier.Le tps passé à réfléchir, à chercher fait partie de l’essence même du don.Je hais les cadeaux achetés à la va vite, balancés sous le sapin par des gens qui n’ont pas pris le tps de la reflexion mais obeissent à la sacro sainte loi:je ne peux pas arriver les mains vides…alors je prends n’importe quoi!
    Dans le desordre, je hais la st valentin, trop commerciale et la journée de la femme. C’est malheureux de marquer d’une pierre blanche des sentiments et combats qui nécessitent une lutte constante.
    Finalement c’est noël qui sans être une fête religieuse forcément se prépare dès la fin nov autour des cadeaux, de la déco, du repas …ça m’occupe tt déc et ça dure plus d’un mois.j’imagine avec bonheur le plaisir des gens quand ils ouvriront leurs cadeaux, achetés ou faits maison. Un peu bétasouille peut être mais c’est quand je donne que je me sens le mieux. ( eh oui au risque de ne plus assez faire attention à moi…mais ça c’est une autre histoire…)

    • Sylvaine Pascual dit :

      Merci Pascaline pour cette réflexion sur le cadeau et le sens du don… qui me donne une idée de billet!
      J’y rajoute un élément qui a de l’importance à mes yeux: les cadeaux qui plaisent davantage à celui qui les offre qu’à celui qui les reçoit!

      Autre chose: bétasouille ou non, on s’en fout, du moment que ça a du sens à nos propres yeux. Les jugements appartiennent à ceux qui les passent, pas à ceux qui en font l’objet^^

  • Honte à moi, je n’étais plus venue sur ton blog, Sylvaine, depuis… des mois 🙁
    et voilà que je découvre que tu es catalane : moi aussi !
    “Entre autres” dis tu : moi aussi !

    Bon tout de même, ds les années 90, à Barcelone, les femmes réclamaient aussi de recevoir des livres… parce que les fleurs c’est périssable… et que la beauté aux femmes / la culture aux hommes, c’est sexiste, Sylvaine !!!

    Je sais : “c’est dingue cette facilité à se gâcher le plaisir”
    Alors du coup, je m’en invente, moi, des traditions. J’en ai tout un lot que ma fille a longtemps cru être communément partagées.
    Des idées ?
    – diner aux chandelles le 1er samedi soir de chaque mois : pour se sentir proches et intimes, ts les autres soirs
    – 1ère tonte de pelouse de mon jardin, en avril : toujours par la plus jeune de la famille, pour faciliter la pousse et le renouveau du jardin
    – ma préférée, une tradition que j’annonce chinoise : un massage de crâne préalable à la prise d’un quelconque médicament, question d’en faciliter l’assimilation
    🙂 bonnes néo-traditions à tous !

    • Sylvaine Pascual dit :

      Et bien tu as bien fait de revenir, car je trouve cette idée des traditions personnelles tout à fait intéressante, voire enthousiasmante! Elle me donne des idées de billet!

      Oui, on peut voir ce type de tradition comme quelque chose de sexiste… mais bon, en même temps, le grand Georges avait besoin de culture, la belle dame en avait déjà!
      Ceci dit, si c’était le contraire, certaines s’offusquerait sans doute d’un geste perçu comme paternaliste;) Je suis sans doute peu objective car je me sens dans l’ensemble peu victime de sexisme.
      Des hommes m’ont offert des livres, des hommes m’ont offert des fleurs, ça ne me dérange pas de jouer les belles dames à qui on offre une fleur, une fois de temps à autres^^

      A bientôt Chantal!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *