PREPAS : petit guide de survie aux oraux de concours

Sylvaine Pascual – Publié dans: Réussir en Prépa

 

 

Chers Taupins, Lettreux, Epiciers et Cornichons, vous voilà dans la dernière ligne droite du grand marathon annuel des prépas: les oraux. Et vous vous demandez comment vous allez survivre à ce qui vous attend? Voilà de quoi vous aider…  

 

 

 

Dans quel état…

 

Ne sous-estimons pas l’état dans lequel vous êtes, y compris les fiers à bras qui la jouent “même pas mal”: vous êtes un peu sur les rotules, et c’est bien normal. Arrivés là, c’est votre état psychique et physique qu’il est essentiel de préserver, alors voici quelques petits conseils pour maintenir suffisamment d’énergie du début à la fin des oraux. Et ne pas vous sentir comme une coquille de noix face à un gros temps.

 

 

Arrêtez de réviser!

 

C’est bien connu, on le dit et on le répête, on l’entend sans cesse: réviser à la dernière minute ne sert à rien. Et bien voici une nouvelle fracassante: c’est plutôt vrai, figurez-vous. Le problème, c’est qu’un élève qui ne révise pas est souvent un élève qui culpabilise. Souvenez-vous qu’à ce stade, c’est bien l’énergie dont vous disposez qui va faire la différence, pas une ou deux miettes improbables de savoir en plus.  Alors dès le début des oraux, cessez de réviser comme des brutes. Les jours d’épreuves, ne révisez rien du tout. Les jours sans épreuves, vous pouvez à la limite revoir quelques unes de ces jolies fiches que vous avez préparé soigneusement, tous zélés que vous êtes, mais fixez-vous une limite de temps raisonnable.

 

Et si vraiment vous y tenez, alors posez-vous les questions suivantes:
  • Qu’est-ce que j’ai vraiment besoin de réviser?
  • Qu’est-ce que ça va m’apporter?
  • Qu’est-ce que ça me coûte?
  • Combien de temps je me donne?
  • Quel est le meilleur moment pour le faire?

 

 

 

Dormez!

 

Ca fait deux ou trois ans que vous dormez peu ou mal, voire les deux. Il est grand temps d’y remédier! Dormez tout votre saoul. Aussi surprenant que ça puisse paraître, c’est une excellente manière de récupérer, de reconstruire son énergie et par là même d’être moins stressé(e).

  • De combien d’heures de sommeil avez-vous besoin pour vous sentir bien?

Couchez-vous tôt, levez-vous tard, faites la sieste, bref, vous voyez le topo…

 

 

 

Mangez!

 

Les concours, de par leur nature et leur durée, nécessitent une sacré endurance, et là encore,  attendez-vous à une révélation fracassante: l’énergie vient en mangeant.  Il n’est plus temps de céder malgré vous aux speechs moralisateurs du politiquement correct de la diététique en vogue: si cela nécessite un changement drastique d’alimentation, attention aux  effets secondaires indésirables! L’idée est plutôt de vous faire plaisir et dans les cas extrèmes, d’avaler ce que vous pouvez.

 

Faites-vous plaisir en mangeant. L’idée n’est pas d’abuser de saloperies, sous le prétexte que vous n’aimez que les chipster et les M&Ms, mais plutôt de demander à votre Maman chérie de faire son fameux gratin dauphinois/cassoulet/rosbif-frites, celui que vous aimez tant, même s’il fait 30°. Le plaisir est un moyen très simple de se détendre et de diminuer le stress.
Même chose: si vous faites partie de ceux qui ont l’estomac tordu par l’angoisse et qui avez du mal à avaler quoi que ce soit, posez-vous une seule question:

  • Qu’est-ce que j’ai envie de manger?

Dans ces cas-là, se forcer contribue tout simplement à renforcer le stress. Inutile de finir la tête dans les toilettes trois minutes avant le grand oral de l’X parce que que vous vous êtes forcé(e) à avaler un bol de céréales avec du lait, vu que c’est ce qu’on est censé faire au petit dej, alors que vous auriez volontiers englouti un casse-dalle pâté de foie-moutarde ou trois paquets de car-en-sac.
Est-il nécessaire de vous rappeler qu’il est essentiel de toujours avoir sur vous de quoi boire et manger pendant les épreuves?

  • Quels types de nourriture/boisson seront les plus réconfortants pour vous en cas de fringale?

 

 

 

Prenez l’air et gavez-vous de vitamines mentales

 

Tout ce qui peut vous faire plaisir est un bon moyen de détourner votre attention d’une part, ce qui minimise le stress, et d’emmagasiner les vitamines mentales d’autre part, pour constituer une source d’énergie dans laquelle vous pourrez aller piocher au fur et à mesure de vos besoins.

 

  • Quelles sont les activités qui vous détendent le plus?
  • Qui vous permettent vraiment de vous vider la tête?
  • Qui vous font tellement plaisir qu’elles vous redonnent de l’énergie?

Faire du sport, aller vous balader, profiter des belles journées pour aller vous allonger dans l’herbe et rêvasser, aller au ciné, glandouiller, passer du temps à rigoler avec des amis et j’en passe, à vous de voir les activités qui vous aident à décompresser et allez-y gaiement!

Et si vous avez hérité de la conviction qu’il faut souffrir pour réussir, que le plaisir c’est pour les rigolos, trois ressources pour  ramollir des croyances néfastes à la réussite:

 

 

 

Evitez au maximum les situations génératrices de stress inutile

 

Ca n’est pas le moment de rentrer dans des conflits ou de vous retrouver dans des situations qui peuvent susciter chez vous angoisse, énervement et autres.
Faites le point:

  • Quelles sont les situations dans lesquelles vous vous sentez stressé?
  • Quelles sont les personnes avec lesquelles vous ne vous sentez pas bien?
  • Comment les éviter jusqu’à la fin des oraux?

De même:

  • Qu’avez-vous besoin, exactement, de préparer pour vous rendre à vos oraux sans angoisse (sac, convocations, carte d’identité, itinéraire, moyen et temps de transport…)?
  • Quand (c’est à dire combien de temps à l’avance) est-ce le meilleur moment pour vous de le faire?

Si vous vous sentez particulièrement angoissé(e), voici deux articles qui pourront vous aider:

 

 


Expliquez à votre entourage ce dont vous avez besoin


Vous êtes d’une humeur de bouledogue à l’idée des épreuves qui vous attendent, et les attentions délicates, les questions angoissées ou encore l’organisation optimale imposée par Papa/Maman vous agacent au plus haut point? C’est normal, et même si vos parents sont aussi passés par là, ils ne sont pas dans votre tête et ne peuvent comprendre ce dont vous avez besoin que si vous le dites. Leur façon de faire leur appartient, et la vôtre aussi.

  • De quoi avez-vous besoin, exactement, pour être au mieux pendant les oraux?
  • Quand et comment allez-vous l’exprimer à vos proches?
  • Quelle demande assertive allez-vous leur faire?
  • Et si vous avez le sentiment d’avoir dit ce dont vous aviez besoin et qu’on ne vous écoute pas: 15 trucs pour ne pas obtenir ce qu’on demande

Et allez-y gentiment: les parents réellement mal intentionnés sont rares, la pluaprt du temps ils sont persuadés faire ce qui est le mieux pour vous, inutile de les crucifier.


 


Fuyez les préjugés anxiogènes


Rien de tel que quelques convictions bien ancrées sous forme de préjugés pour stresser inutilement, genre “les colleurs de maths de telle école sont des tueurs, je le sais mon frère s’est payé un 3 l’année dernière alors qu’il a eu 13 de moyenne toute l’année” ou “vu mon niveau en anglais je vais me faire démollir”. Rappelez-vous que vous avez en face de vous des êtres humains (si, si), et que leurs réactions sont variables et imprévisibles! Le tueur de l’un est le colleur le plus cool de l’autre. Bref, comme vous n’avez pas de boule de crystal, vous ne pouvez tout simlement pas savoir à l’avance comment l’oral va se passer avec le colleur. D’autre part, le cerveau ayant une forte propension à faire en sorte que la réalité corresponde à ce en quoi il croit, la dévalorisation est une véritable stratégie d’échec. Alors à vous de jouer pour faire le ménage dans vos discours anxiogènes

  • Faites le bilan des convictions. préjugés anxigènes qui vous encombrent la tête. Pour chacun, demandez-vous:
  • Qu’est-ce que ça m’apporte de penser ça?
  • Qu’est-ce que ça ma coûte?
  • Qu’est-ce que je pourrais penser de plus objectif à la place, qui ne suscitera pas d’inquiétude supplémentaire?

Certitudes: essayer avant d’acheter!

Mécanismes de valorisation et dévalorisation de soi

Les pièges de la comparaison

Comment nous entretenons nos convictions

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

 

 

 

S’habiller pour les épreuves

 

Comme pour les entretiens d’embauche, on en a dit des choses sur le sujet! Et ce qu’on dit est souvent basé sur l’image figée qu’on peut avoir des interrogateurs coincés et formatés. Inutile de revenir sur les platitudes d’usage sur le type de look à éviter, ce serait une insulte à votre intelligence, mes chéris.
Voici quelques suggestions qui sont juste du domaine du bon sens.

 

Soyez à l’aise dans vos fringues:
C’est con, hein? Et pourtant, être engoncé dans des fringues que vous n’aimez pas porter et qui ne vous correspondent pas du tout, c’est tout simplement désagréable, et vous n’avez pas besoin de ça.

  • Quelles sont les fringues qui sont à la fois appropriées à la situation et que vous avez vraiment envie de mettre?

 

La météo est votre meilleure amie:
Avoir trop chaud ou trop froid lors d’une épreuve, c’est encore une bonne façon de se sentir mal et de diminuer sa performance. Je me souviens des oraux d’agreg: 14 juillet, 34°, 5 heures de préparation dans une salle plein sud. Je me suis présentée liquide devant le jury, mon pantalon ni trop chic ni trop casual collé aux fesses par la sueur, mon top manches longues très future prof de prépa dégoulinant et collé de partout, je ne vous fais pas de dessin. Bref, soyez prévoyants et habillez-vous en fonction de la météo.

 

Douchez-vous, mettez des fringues propres et ne tombez pas dans votre bouteille de parfum/après-rasage.
Celui-là, vous ne vous y attendiez pas, hein? Et pourtant, il arrive régulièrement d’interroger des élèves qui fouettent le taupin qui se néglige, ou qui abuse de l’Ulrich de Varens (Non, Hugo Boss, c’est pas mieux) et ça, franchement, c’est insupportable. Je me souviens d’avoir un jour interrompu une colle pour envoyer l’élève se doucher, tellement ses fringues de trois semaines sentaient le chacal pas frais (et probablement en rut). Heureusement, c’était juste une colle, mais il n’avait même pas conscience qu’il puait à 3 mètres…
C’est aussi valable pour les filles! Les crapaudes mal lavées existent aussi, même si je dois avouer, Messieurs, qu’elles sont plus rares que parmi vous. De même, Mesdemoiselles, que vous soyez Calvin Klein for her ou N°5, l’interrogateur/trice s’en fout, ill/elle a encore 15 oraux à faire passer et aimerait bien s’éviter le mal de crâne dès 8h45.

 

Bon courage à tous!

 


Voir aussi:

Dossier complet: réussir les oraux de concours
22 Astuces pour réussir les oraux de concours

Prépas – oraux de concours: faire avec le trac

Garder le moral dans la tourmente

Les dossiers d’Ithaque: Réussir en Prépa

8 étapes pour gérer les périodes de doute

 

 

Aller plus loin

 

Au moment des oraux, il n’est plus temps de se lancer dans un coaching. Par contre, les élèves de 1ère année et ceux qui vont refaire une seconde année qui ont identifié des problématiques qu’ils ont du mal à résoudre, en termes de confiance en eux, aisance à l’oral, organisation, méthode, gestiondes priorités etc. Peuvent d’ores et déjà réfléchir à l’opportunité d’un coaching en début d’année prochaine.

Pour tous renseignements:

 

 

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10 Comments

  • Hadrien dit :

    Je commence les oraux Mines-Ponts la semaine prochaine, merci de tes remarques sur arrêter de réviser, moi qui culpabilisait à fond, je me sens mieux!
    J’ai vu que tu es membre du jury. Tu fais passer les oraux?

    • Sylvaine Pascual dit :

      D’abord félicitations pour l’admissibilité!
      Tant mieux si ça te permet de cesser de culpabiliser et de prendre un peu de recul;)

      Je ne fais pas passer les oraux. A Mines-Ponts, on fait soit l’écrit soit l’oral, mais pas les deux…

      Plein de réussite!

  • pascaline dit :

    Entièrement vrai et très complet! parole de prof qui se souvient des tranchées dans le ventre pré-chaque-oral d’il y a 20 ans! l’horreur et vraiment, en tant qu’examinateur on veut des gens en forme qui partent gagnants et pas des épaves secouées par le doute, la bouche déformée d’angoisse et les propos inaudibles.!
    D’ailleurs je vais appliquer tous ces conseils judicieux à ce grand oral de dim que représente le dej dans le belle-famille ….bon courage aux étudiants!pascaline

    • Sylvaine Pascual dit :

      Finalement, nous sommes nombreux à avoir des souvenirs d’oraux peu enviables, et ce qui est encore plus difficile pour les élèves de CPGE, c’est leur nombre et le long laps de temps sur lequel ils s’étalent. Mes oraux d’agreg par exemple, c’étaient 4 oraux sur 4 jours. Rien à voir avec un taupin admissible à l’X, Centrale et les Mines!
      J’imagine qu’effectivement, ces suggestions s’appliquent aussi à d’autres situations de prise de parole, qu’elles soient publiques ou familales, à partir du moment où elles suscitent un minimum de nervosité. Bon courage à toi aussi, Pascaline!

  • HB. le dit :

    Ancienne bête à concours moi aussi, je me souviens de ma mère, dont l’angoisse contagieuse s’exprimait en mille petites attentions inquiètes et non sollicitées, en mille petites pressions pour me pousser à travailler encore et encore, jusqu’à plus soif, en mille petites manières qui ont largement contribué à mes crampes d’estomac et à mes envies de meurtre…

    • Sylvaine Pascual dit :

      C’est très difficile de se mettre à la place de l’autre, d’autant plus que les concours interviennent à un moment de la vie où les relations parents/enfants ne sont pas toujours les plus simples…
      Communiquons, communiquons!

  • Taupinambourg angoissé dit :

    Merci, je commence les oraux, je vais expliquer à mon père que c’est vous qui dites qu’il faut arrêter de réviser;)

  • Louis dit :

    Si j’avais un ultime conseil à donner pour les futurs candidats, ce serait de d o r m i r. On ne se rend pas compte à quel point les oraux sont épuisants, d’autant plus qu’il faut voyager de ville en ville. L’énergie que l’on a le matin d’un oral compte pour 50% de sa réussite, je pense.

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