Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

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Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi   Tweet

 

Ce billet fait suite à celui sur les fausses bonnes idées de la pensée positive et les alternatives plus efficaces pour développer un état d’esprit positif, c’est à dire plus dynamique, plus enclin à l’action concrète, dans la confiance. Pemière étape: modifier son discours intérieur. Pourquoi la simple pensée positive ne marche pas et quoi faire à la place.

 

 

modifier un discours interieurLe message positif, une fausse bonne idée

 

La pensée positive, par sa fréquente sur-simplification des principes de la psychologie positive, en limite les bénéfices au point de de venir inefficace et contre-productive. La répétition de messages « positifs » pour contrer les messages « négatifs » de son discours intérieur est probablement la plus pernicieuse des fausses bonnes idées de la pensée positive, car elle a tendance à renforcer la conviction limitante au lieu de la ramollir.

 

Je pensais naïvement que ce type « d’outil » simpliste était principlement véhiculé sur internet par les marchands de bonheur, mais quelle n’a pas été ma surprise d’apprendre que dans le séminaire de gestion du stress financé par son entreprise, un des mes clients s’est vu encouragé par le formateur à se répéter à l’envi « je suis aimé, je ne suis pas seul ». C’est un excellent exemple pour décortiquer l’inefficacité et le côté contre-productif de ce type de message  » positif ».

 

 

La raison et les tripes

 

C’est l’éternel décalage entre la raison et les tripes. Nous nous efforçons souvent de raisonner nos pensées négatives ou dévalorisantes, sans succès, ce sont toujours nos tripes qui l’emportent. Car dans nos tripes, ce sont nos convictions profondes qui marinent, et nous pouvons raisonner jusqu’à plus soif, le cerveau va avant tout préserver ces convictions et les émotions qui vont avec, pas le raisonnement auquel il ne croit pas une seconde.

 

Ce qui signifie qu’à force de nous répéter des messages auxquels nous ne croyons pas, des messages en porte-à-faux avec nos convictions profondes, nous amplifions le décalage et renforçons… les convictions qui logent dans nos tripes et par extension le stress, au travers de la culpabilisation, dévalorisation supplémentaire (je n’arrive pas à me convaincre, donc en plus je suis nul).

 

 

Discours intérieur dommageable vs discours intérieur favorable

 

Il y a un point sur lequel je suis d’accord avec la pensée positive, c’est sur le broyage de l’estime de soi au travers des pensées négatives ou dévalorisantes. Or, nous entretenons fréquemment un discours interne très dur envers nous-mêmes parfois sans nous en rendre compte ou en estimant que c’est un discours « réaliste »

Les pensées négatives que nous nous adressons sous forme de jugements catégoriques dévalorisants, de convictions pessimistes, inquiètes ou défaitistes sont souvent des exagérations qui, si l’on porte un regard objectif dessus, ne correspondent pas tellement à la réalité. Il suffit parfois de se demander si nous tiendrions le même discours à notre meilleur ami, s’il était dans cette situation, pour s’en convaincre.

 

Nous rentrons alors dans des systèmes de dévalorisation qui flinguent l’estime de soi à bout portant et sapent la motivation à agir (voir: Mécanismes de valorisation et dévalorisation de soi ). Du coup, on pourrait sans doute qualifier de discours intérieur de « défavorable », « dommageable », plutôt que négatif. Le repérer et le modifier,  permet de se remettre dans une dynamique de valorisation propice à l’action et ouverte à un optimisme utile. Un discours interne favorable permet de s’ouvrir à d’autres possibilités, d’autres perceptions, à s’autoriser une vision de soi et du monde dans laquelle nous sommes des êtres raisonnablement capables.

 

 

Les 6 règles d’un discours intérieur favorable

 

Pour modifier ce discours, le rendre plus valorisant, voici quelques règles à suivre. Rapellons avant tout que le cerveau recherche ce à quoi il s’attend. En d’autres termes, il cherche en permanence des preuves de ce qu’il croit. Il ne va donc pas s’agir de créer des pensées « positives » mais bien des pensées qui répondent à ces 6 critères:

 

1- Un message bienveillant

Notre façon de nous parler à nous-mêmes est le plus souvent incroyablement sévère, voir insultante: jamais nous ne nous adresserions à autrui comme à nous-mêmes, sous peine de nous prendre des bourre-pifs un peu trop réguliers. Le premier critère d’un discours intérieur qui favorise l’estime de soi et un état d’esprit plus positif, c’est de se parler à soi-même avec bienveillance. (voir Se parler à soi-même comme on voudrait qu’on nous parle )

 

2- Un message crédible 

Il est essentiel d’être en accord avec le message. « Je suis aimé(e) », si vous vous sentez seul(e) et sans amour, votre cerveau, qui n’est pas stupide et n’y croit pas une seconde, va envoyer vos tripes au charbon pour préserver le message auquel il croit. Il est donc important de chercher un message que vous considérez comme suffisamment objectif pour être crédible.

 

3- Un message qui correspond à la réalité

« Je travaille chaque jour à retrouver un emploi » peut être un discours intérieur utile et objectif. En revanche, si cela fait trois semaines que vous n’avez pas consulté les petites annonces, votre cerveau va se demander si vous le prenez pour un demeuré. Il va se contenter de vous renvoyer la culpabilité liée au mensonge assaisonnée éventuellement d’un peu de procrastination supplémentaire, histoire de vous expliquer la vie. Trouvez donc un message qui corresponde réellement à la situation.

 

4- Un message formulé à l’affirmative

Nous nous faisons des représentations mentales de tout ce à quoi nous pensons. Ainsi si vous pensez « je ne suis pas nul », votre cerveau se fait une représentation de ce qu’il considère comme le comportement d’un « nul » et va s’attacher à ce que la réalité y corresponde, au travers de vos actions (ou non-actions;))

 

5- Un message formulé au présent

« je vais trouver du travail » est un pari sur un avenir incertain par nature. Votre cerveau n’est pas crétin et ne se prend pas pour Madame Soleil. Il ne croira pas une seconde à votre message.

 

6- Un message personnel

Nos perceptions se reflètent dans nos choix sémantiques naturels et automatiques, aussi inutile de se répéter des phrases écrites par d’autres. Formulez à votre manière.

 

 

Mini coaching: modifier un discours intérieur

 

Commencez par identifier le discours intérieur péjoratif ou défavorable qui alimente le stress et la peur. Cette étape est parfois délicate, car nous avons une certaine propension à considérer ce que nous pensons comme vrai et juste. Ne cherchez pas à modifier 50 discours en même temps, un seul, c’est déjà beaucoup.

 

Formulez le plus spontanément possible le discours favorable et bienveilllant qui pourrait remplacer avantageusement le discours dommageable. Puis passez-le au filtre des 6 critères, pour vérifier qu’il est approprié, et ajustez-le si nécessaire:

Est-il formulé à l’affirmative?

Est-il formulé au présent?

Dans quelle mesure est-il formulé avec mes propres mots?

Dans quelle mesure est-il bienveillant?

Dans quelle mesure est-il crédible, objectif?

Dans quelle mesure correspond-il à la réalité?

 

Ensuite, il va s’agir de mettre en place ce discours interne, de façon concrète, pour parvenir à repérer les occurences de discours dommageable et lui substituer le discours favorable. A vous de trouver vos propores solutions!

 

 

Voir aussi

 

Confiance en soi: la raison et les tripes

Comment nous entretenons nos convictions

 

L’identité: acteur ou spectateur de sa propre vie?

Les besoins à combler

Un petit compliment, pour la route?

Garder le moral dans la tourmente

Stress: et si on arrêtait de lutter contre?

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez développer un état d’esprit dynamique qui favorise le passage à l’action avec aisance et assurance? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

One thought on “Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

  1. Très bien dit et complet.

    Je me permets de donner un avis différent sur un point. 

    « Notre façon de nous parler à nous-mêmes est le plus souvent incroyablement sévère, voire insultante… »

    C’est une affirmation très répandue chez les professionnels « de l’Humain » (pour faire vite). Il se trouve que le plus souvent je croise des personnes qui, justement, ne sont pas assez sévères avec eles-mêmes. Orgueil ? insouciance ? etc. Cette indulgence les fait retarder le commencement du changement et oublier l’introspection nécessaire à l’évolution. Dommage. 

    Alors si parfois, ou pour certains, l’indulgence peut aider, parfois, et pour d’autres, un peu de rigueur sur soi, peut recadrer et … aider.

    Merci pour cet article.

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