Relations au travail: et la gentillesse bordel?!

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

C’est aujourd’hui la journée de la gentillesse, à l’initiative de Psychologies Magazine. L’occasion de revaloriser une faculté souvent considérée – à tort – comme une faiblesse, un danger, un comportement de bisounours naïf et irréaliste. Alors qu’elle est le pilier d’une élégance et d’un panache relationnels qui sont autant de preuves de courage et de force de caractère que générateurs de comportements positifs. De l’or en barre.

 

 

Et la gentillesse bordel! Un comportement à réhabiliter d'urgence au travail

 

 

Et la gentillesse bordel?!

 

Au jury Mines-Ponts, nous avons notre jargon de correcteurs d’anglais, et dans celui-ci il y a les YAM, les “y’en a marre”, les ras-le-bol de l’erreur grammaticale ou syntaxique tellement de base que le taupin moyen l’a étudié a minima 9 fois dans sa scolarité. Dans les discours managériaux, le YAM suprême à mes yeux est bien une définition de la gentillesse qui la transforme en comportement bébête de paillasson à collègues qui vous envoie direct dans le groupe des corniauds et cruchots du boulot. Car l’incorrection relationnelle écorche l’âme et les entrailles au même titre que l’incorrection grammaticale écorche l’oreille, avec des conséquences bien plus pernicieuse que la mocheté d’une phrase: méfiance mutuelle, agressivité, indifférence, baisse de l’estime de soi et de la confiance en soi, renforçant au passage tous les jeux de l’égo si néfastes à la collaboration.

 

Le terme gentillesse a été tellement mis à mal qu’on n’ose presque plus l’utiliser et ceux qui la prônent utilisent de plus en plus celui de bienveillance, moins connoté. Et c’est peut-être aussi bien, si celle-ci permet d’aborder le même concept sans association cucul-la-praline ou méprisante. Car bizarrement, l’être humain en général et le travailleur en particulier sont beaucoup plus sympathiques qu’on ne l’imagine et qu’eux-mêmes l’imaginent. Et aspirent à beaucoup plus de sympathie qu’on ne l’imagine. Alors qu’on l’appelle gentillesse ou bienveillance importe peu, la seule chose qui compte, c’est que chacun y trouve son compte.

 

Nous avons déjà abordé la gentillesse à plusieurs reprises, comme comportement à réhabiliter au travail et pas que, pour définir ce qu’est la vraie gentillesse, c’est à dire une forme de noblesse d’âme, par opposition au quémandage de miettes d’amour ou de reconnaissance, ou aux comportements amènes par pure manipulation.

 

 

 

La gentillesse : un bien nécessaire

 

Nous avons tous un besoin élémentaire et capital de gentillesse et de bienveillance qui fonctionne dans les deux sens: elles sont un bien nécessaire à notre équilibre psychologique, à nos liens sociaux, autant qu’à notre efficacité professionnelle et notre intelligence collaborative. Car la gentillesse est une alternative au chacun pour soi, à l’individualisme imbécile et à la dictature de l’intérêt personnel. Elle permet de conjuguer nos propres besoins avec ceux des autres et chacun en ressort plus heureux et plus complet, sans avoir sacrifié ni le bien personnel ni le bien commun. Distillons donc la gentillesse:

 

  • Pour gérer nos bévues et boulettes avec moins d’inquiétude, celles des autres avec moins de jugement.
  • Pour créer des vases communicants et nourrir l’estime de nous-mêmes et celle des autres.
  • Pour satisfaire nos besoins fondamentaux d’appartenance et de reconnaissance et ceux de notre entourage.
  • Pour nous sentir compris et acceptés, pour comprendre et accepter les autres.
  • Pour nous appuyer sur le soutien et les encouragements, pour apporter notre soutien et nos encouragements.
  • Pour trouver sa place et laisser la leur aux autres.
  • Pour être en mesure de s’entraider et renforcer l’esprit d’équipe.
  • Pour donner le meilleur de nous-mêmes par envie et motivation plutôt que la moitié du meilleur par contrainte.
  • Pour jouir d’une meilleure humeur et baigner dans celle des autres.
  • Pour produire des vitamines mentales sous forme de sirop relationnel plutôt que de bile.
  • Pour interagir et collaborer en confiance.

 

 

La gentillesse: preuve de force de caractère et de courage

 

Un leadership qui s’appuie sur une dominance dépourvue de bienveillance est un leadership pleutre car le recours aux comportements rouleau-compresseur sont un recours bien plus facile qu’une posture relationnelle élégante et pro-sociale, même s’il n’apporte pas les bénéfices escomptés. Il produit deux types de réactions et de relations nuisibles à la collaboration et au bien-être de toutes les parties:

  • Une meute de suiveurs apeurés qui cherchent juste à faire plaisir sans oser s’exprimer.
  • Une horde de résistants combatifs qui vont lutter contre cette expression excessive du pouvoir.

Inversement, un leadership qui s’appuie sur une gentillesse ancrée et affirmée, posture mélangée de bienveillance et d’assurance, laisse à l’autre la possibilité de trouver sa place et son mode d’expression.

 

L’absence de gentillesse naît de la peur de l’autre, de la peur de la relation, de la peur de ne pas obtenir ce que nous voulons, qui génèrent un ancrage épuisant dans la ronde Sauveur-Victime-Persécuteur des rôles relationnels, teintés de fausse bienveillance ou de vraie agressivité, de jérémiades et de manœuvres pénibles. J’ai peur de l’autre donc je l’écrase, et je me convaincs moi-même que je suis trop fort.

 

journee de la gentillesseOser être l’initiateur de la gentillesse dans un monde qui nous paraît parfois incivil, parfois violent, parfois indifférent, c’est avoir le courage et la force de caractère de cesser enfin de lutter pour enfin construire. Cesser de s’escrimer à survivre dans un environnement hostile et poser les fondations d’un cadre plus sain, plus épanouissant, plus favorable à la satisfaction de nos besoins et de ceux de nos contemporains. Et par ricochet, plus favorable à la confiance mutuelle et à la collaboration.

 

Ne rien faire, c’est rester dans un statu quo délétère dont on peut blâmer les autres (qui ne changent pas) à condition de s’en blâmer aussi soi-même (qui n’agit pas). Oser être l’initiateur de la gentillesse, c’est aller à l’encontre des idées reçues et tenter une troisième voie. C’est prendre le risque inimaginable de recevoir des comportements similaires. La gentillesse est en réalité une sacré force, probablement la plus balèze, la plus costaude, la plus constructive de toutes les compétences relationnelles; qui attire la gentillesse en retour, qui nourrit le plaisir, le sentiment de satisfaction, d’appartenance, de reconnaissance, les besoins affectifs, l’estime de soi, autant de celui qui la prodigue que de celui qui la reçoit.

 

 

 

 

Faire preuve de gentillesse

 

Bien entendu, il ne s’agit ni de courber une échine soumise, ni de tendre une autre joue. C’est simplement une posture claire et dénuée de brutalité relationnelle, le juste équilibre entre hérisson et paillasson: La gentillesse c’est:

 

 

Alors puisqu’il faut une journée pour réhabiliter la gentillesse, profitons-en pour faire un pas vers elle, en exprimant celle qui vibre en vous de la façon qui vous conviendra le mieux. Faisons donc preuve de gentillesse et de bienveillance, mamelles de la noblesse d’âme et du panache relationnel, posture élégante et affirmée, tout en laissant aux grincheux et aux poltrons leurs dictons!

 

 

Ressources externes

 

Psychologies – La bienveillance au travail

Le Nouvel observateur – Et la bienveillance, bordel! Trois micro-momments d’amour par jour

RH Info – Animation de la performance : combiner exigence et bienveillance

Philippe Rodet – La bienveillance attitude managériale

 

 

Voir aussi

 

Le leadership de soi, préalable au leadership tout court

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

Quand la colère compromet la réussite de nos objectifs

Collaboration, conflit et lecture émotionnelle

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

La lecture émotionnelle au service des relations

 

 

Crédit photo: Nicolas Raymond

 

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous avez un désir de reconversion professionnelle et voulez en explorer la pertinence et la faisabilité?  Voulez construire et entretenir l’estime de vous, les relations et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

10 aptitudes pour une vie professionnelle sereine et dynamique

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources

 

 

 

Etant donné que les vies professionnelles sans aléas, sans difficultés, sans challenges à relever n’existe pas, autant nous outiller pour faire face du mieux possible à tout ce qui pourrait nous arriver. Pour relever tous les défis avec calme et dynamisme et ne pas finir au tapis, flapis et groggys. Voici 10 compétences, provisions à garder précieusement dans votre musette pour faire bonne route sur les chemins chaotiques de la vie professionnelle

 

 

 

aptitudes vie professionnelle sereine et dynamique

 

 

 

Le chemin est long et pénible quand on est mal équipé

 

 

L’autre jour, alors que je me baladais dans ce coin sablonneux de la forêt de Rambouillet que j’affectionne particulièrement, je croise un couple en tenue de ville. Monsieur, fringant, marche devant d’un pas assuré, ses chaussures casual chic lui tiennent bien le pied. Derrière, Madame, en ballerines, s’efforce de ne pas trébucher et s’arrête tous les trois pour vider le sable de ses chaussures. Et je peux vous dire qu’elle n’a pas l’air d’y prendre beaucoup de plaisir, à cette escapade automnale, elle qui passe devant moi en maugréant à voix basse que ce n’était pas l’idée qu’elle s’était faite d’une petite balade.

 

Qu’il s’agisse d’une question matérielle ou morale, c’est fou comme parfois nous sommes peu ou mal équipés pour faire face à ce qui nous attend au détour du chemin, qu’il s’agisse de situations inhabituelles ou difficiles ou . Nous voilà alors malhabiles, désarmés, impuissants à faire face sereinement aux circonstances qui s’imposent à nous. Parmi ces circonstances, les aléas de la vie professionnelles

 

  • Le cadre sup qui se retrouve brutalement au chômage après 20 d’une carrière brillante
  • Le nouveau poste qui exige des compétences au delà de ce que nous pensons avoir
  • Un incident relationnel qui tourne mal et vire au conflit ouvert
  • Un désir de reconversion ou de création d’entreprise qui semble d’un coup trop ambitieux ou incertain
  • De façon générale, tous ces événements de la vie professionnelle, négatifs ou positifs qui nous laissent désemparés, en limite de compétence, inquiets etc.

Le fait d’être mal outillés pour y faire face augmente les émotions négatives et génère un stress dont on se passerait bien, car il nous bouffe une énergie qui serait pourtant bien précieuse, si nous pouvions la concentrer sur les solutions et stratégies pour franchir l’obstacle ou atteindre l’objectif, plutôt que sur la rumination agacée, angoissée ou découragée de la situation.

 

 

 

 

10 aptitudes pour faire face à toutes les situations

 

Petites épreuves ou grands défis, déconvenues ou ambitions, si nous devons aller au charbon de temps à autres, mieux vaut avoir une pelle qu’un briquet. Le problème, c’est que nous ne pouvons pas tout avoir et tout savoir et tout maîtriser, nous ne pouvons pas savoir à l’avance quand nous auront besoin d’une pelle et quand nous auront besoin d’un briquet. Nous ne pouvons pas être matériellement toujours prêts.

 

En revanche, nous pouvons être moralement prêts. Voici les 10 aptitudes qui favorisent l’envie d’entreprendre toutes sortes de projets qui nous tiennent à cœur, la prise de recul sur les événements, le tout avec un dynamisme serein propice à accomplir de grandes choses sans stress. Ces 10 compétences vous permettront de vous sentir bien équipés, bien dans vos godasses, quoi que la vie vous réserve, au détour du chemin. Elles se construisent, se développent et s’entretiennent petit à petit, nourrissant le sentiment d’être en mesure de faire face. Tous ces éléments interagissent et se nourrissent les uns les autres.

 

 

1- Une estime de soi solide

Qui permet de remettre en cause les circonstances, les décisions, les stratégies, plutôt que de se dévaloriser. Car ce fonctionnement-là, au lieu d’entraver l’envie d’entreprendre, la développe. L’estime de soi s’articule autour de la valeur que nous nous accordons à nous-mêmes, entre autres au travers du regard bienveillant que nous portons sur nous-mêmes et de l’acceptation que nous avons de nous, en termes de limites, mais aussi des qualités, talents et compétences que nous nous reconnaissons. Elles peuvent être autant de ressources sur lesquelles nous appuyer en cas de difficulté à surmonter ou de projet à mener à bien.

 

2- Sortir de sa zone de confort

Sortir régulièrement de sa zone de confort permet d’avoir davantage l’habitude d’être confronté(e) à l’inattendu, de développer de la flexibilité et de l’adaptabilité et d’exploiter consciemment ses talents et ressources et de les mettre au service de nos objectifs. C’est une source d’apprentissage et d’expérimentation inépuisable!

 

La raison l'emporte souvent à tort sur les tripes: écoutons nos tripes pour renforcer la confiance en soi!

 

 

3- Réveiller l’autodidacte qui sommeille en nous

Nous avons une capacité d’apprentissage par nous-mêmes bien plus vaste que ce que nous imaginons, en particulier lorsque les préjugés sur l’age s’en mêlent. Faire preuve de curiosité pour apprendre des tas de choses, y compris ces talents inutiles qui peuvent se révéler particulièrement précieux dans des situations incongrues ou nouvelles. Plus nous nous sentons compétents (dans tous les domaines, qu’il s’agisse de savoir ou de savoir-faire), plus nous avons confiance en nous.

 

4- Développer sa créativité

La créativité n’est pas réservée aux métiers artistiques ou aux publicitaires! Elle est aussi une capacité à imaginer et élaborer des solutions pertinentes et efficaces. C’est une alliée précieuse face à toutes les situations inattendues qui peuvent nous tomber dessus sans crier gare.

 

5- Agir en fonction de vos valeurs

Elles sont les fondations sûres pour l’estime de soi et le meilleur moyen de trouver de la motivation et de l’enthousiasme à entreprendre, à concrétiser vos ambitions. Elles sont aussi un moyen de reconnecter avec une façon d’agir fluide, naturelle et efficace (à défaut d’être simple), car elles correspondent à des mécanismes de réussite et des talents naturels récurrents dans tout ce que nous entreprenons.

 

6- Comprendre les émotions

Face aux circonstances difficiles, c’est toute la valse des émotions qui peut nous paralyser ou nous enfermer dans un stress qui ne fait pas avancer le schmilblick. Connaître le rôle des émotions, ses propres mécanismes émotionnels et les messages qu’ils transmettent, afin de pouvoir s’occuper des besoins qui en sont à l’origine, c’est savoir lire son tableau de bord interne et pouvoir prévenir les pannes qui immobilisent.

 

7- Développer un état d’esprit positif

Je le répète comme la vieille radoteuse que je m’autorise parfois à être: un état d’esprit positif, ce n’est pas une injonction de pensée positive, dont l’efficacité laisse à désirer. C’est savoir être optimiste – c’est à dire se donner le droit de croire à des résultats positifs aux stratégies que nous mettons en oeuvre – et engranger les vitamines mentales pour déborder d’une énergie que vous pourrez mettre au service de vos objectifs. Cet état d’esprit positif sera très utile pour affronter les difficultés sereinement, avec moins de stress.

 

8- Entretenir des relations saines et solides

Les relations difficiles freinent nos projets et sont elles-mêmes à l’origine de bien des contrariétés et des complications relationnelles. Inversement, des relations satisfaisantes et fiables sur lesquelles s’appuyer en cas de besoin, qui participent de la satisfaction des besoins d’appartenance et de reconnaissance, sont un support solide.

 

9- Développer le leadership de soi

Le leadership de soi permet d’accorder toutes les voix dissonantes à l’intérieur de nous-mêmes, celles de nos besoins, de la raison, des envies, des craintes etc. Les faire chanter en chœur plutôt qu’à contre-cœur favorise une assurance sereine, une aisance ancrée dans la connaissance de nous-mêmes et de ce qui a du sens pour nous. Car la connaissance de soi va de pair avec la connaissance de ce qui est bon pour nous, en termes d’objectifs à fixer, de méthodes à implémenter, d’actions à mener et de décisions à prendre et de résilience.

 

 

 

10- Se libérer des idées reçues 

Les idées reçues et recettes toutes faites inefficaces pullulent et sont autant de routes barrées et de voies sans issue.  Choisir ses convictions avec soin plutôt que de subir celles des autres, se libérer des préjugés et des généralisations abusives pour laisser s’exprimer cette personne unique qui cesse alors de craindre le jugement des autres et sommes en mesure d’expérimenter en toute liberté nos propres solutions et stratégies, en mode sans échec:

 

 

 

Mini coaching: développer vos 10 aptitudes

 

Il n’y a pas de recette miracle pour développer ces compétences, cependant il y a mille chemins qui mènent au degré de satisfaction qui serait le vôtre, des tas d’outils et de techniques disponibles pour vous aider. A vous de déterminer lesquels vous conviennent et répondent à vos besoins.

 

Les questions suivantes vous aideront à déterminer les aptitudes à développer en priorité, celles qui peuvent attendre, celles dont vous êtes satisfait(e)s et celles dont vous vous fichez complètement. Pour chacune de ces aptitudes:

 

Sur une échelle de 1 à 10, où vous évaluez-vous?

A combien voulez-vous arriver?

Qu’est-ce que ça vous apportera?

Fixez-vous des objectifs SMART et passez en mode solutions:

Quelle est la première étape? Et la seconde?

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous avez un désir de reconversion professionnelle et voulez en explorer la pertinence et la faisabilité?  voulez construire et entretenir  l’estime de vous et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

Sylvaine Pascual – Publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Il semble que la toxicité des relations professionnelles soit directement proportionnelle aux difficultés rencontrées par l’ensemble des salariés, managers et collaborateurs dans un même bateau qui prend, en ces temps difficiles, une eau fangeuse un peu trop vite étiquetée « crise ». Parce que c’est un enjeu collaboratif de taille, voici une triplette prosociale pour rouler de concert vers un minimum d’élégance relationnelle.

 

 

Trois comportements oeuvrant de concert pour plus d'élégance relationnelle

 

 

 

Assainir les relations professionnelles, un enjeu collaboratif

 

Pris entre des assortiments glauques de marteaux et d’enclumes en tous genres, qui génèrent de nombreuses peurs, managers et collaborateurs ont vite recours aux rôles relationnels, refuge facile et ordinaire lorsque nous ne savons plus comment obtenir ce dont nous avons besoin. Nous sommes alors gouvernés par des craintes inébranlables qui ont vite fait de se transformer en croyances limitantes exprimées dans toute la palette trop-bon-trop-con:

 

  • Crainte de ne pas être entendu, écouté, reconnu, pris en compte.
  • Crainte d’être jugé, exploité, crainte qu’on profite de nous, qu’on nous marche sur les pieds, qu’on vienne empiéter sur nos plates-bandes.
  • Et donc: crainte de ne pas être traité comme nous en avons besoin.

La spirale des jeux psychologiques se met en branle et pollue toutes nos interactions, leur donnant des relents de cyanure relationnel, pas vraiment prosociaux ou collaboratifs.

 

Assainir les relations professionnelles et leur redonner un élan plus équilibré, plus réjouissant et moins perclus de jeux de pouvoir, pour obtenir la compréhension mutuelle, la confiance et la reconnaissance dont nous avons tant besoin et qui fait cruellement défaut dans le monde professionnel, est un enjeu de taille.

 

D’autant plus que si les discours vont bon train sur le sujet, quand il s’agit de passer aux actes, l’entreprise se met plus souvent qu’à son tour aux abonnés absents. C’est donc essentiellement au niveau individuel que les initiatives peuvent se prendre, histoire d’arrondir les angles coupants des relations inconfortables, sans attendre un miracle managérial qui reste du domaine de l’Arlésienne de la vie au travail: on en parle beaucoup, on ne le voit jamais…

 

 

 

 

Triangle de Karpman : des comportements ordinaires… qui finissent toxiques

 

Rappelons d’abord que les jeux psychologiques s’articulent autour des trois rôles relationnels, victime, sauveur et persécuteur, et qu’ils sont ordinaires, qu’ils ne sont en aucun cas le reflet d’une pathologie psychologique, en particulier le persécuteur dont la dénomination génère des associations malencontreuses avec le harcèlement et le désormais omniprésent pervers. Voir:

Nous jouons tous ces rôles inconsciemment, sans volonté de manipulation, avec une constance et une amplitude diverses, et chacun des trois participe de la dégradation progressive de nos relations.

 

Cependant, l’augmentation de leur fréquence due aux exigences de plus en plus absurdes du monde du travail finit par les rendre parfaitement toxiques, produits cancérigènes de nos interactions professionnelles. La piqure de rappel sur ces trois comportements victime, sauveur et persécuteur, c’est par ici :

 

 

Sortir des rôles relationnels : une question de courage

 

Repérer les rôles que nous jouons est déjà assez compliqué et une fois que c’est fait, en sortir demande un vrai courage : celui d’être à l’initiative de comportements prosociaux qui vont générer le changement, celui de prendre en main son propre environnement relationnel et d’y implémenter des alternatives, dont seules la personnalisation et l’expérimentation vont démontrer la puissance. Voir:

 

Chassez le naturel, il revient au galop? Pas forcément. Il est de façon générale bien plus facile de s’enfermer dans des jeux de pouvoir et d’ignorer leur inefficacité parce que nous les pratiquons avec constance depuis bien longtemps. Inversement, accepter d’expérimenter des attitudes plus arrondies aux angles, plus teintées d’élégance relationnelle, laisse souvent dubitatifs tous ceux qui craignent trop la relation pour oser s’essayer à d’autres fonctionnements. Et c’est bien dommage, car le courage nécessaire, c’est essentiellement celui du premier pas. Derrière, les résultats obtenus parlent suffisamment d’eux-mêmes pour renforcer la motivation à se comporter avec davantage de noblesse d’âme que de volonté de domination.

 

 

 

Un triangle pour arrondir les angles de la relation?

 

L’analyse transactionnelle, en la personne d’Acey Choy, a modélisé un autre triangle, réponse du berger bienveillant à la bergère des jeux psychologiques, qui propose de remplacer les rôles relationnels par trois comportements plus favorables à la relation. Cette vision m’a intéressée en ce qu’elle propose une piste de sortie du triangle de Karpman par des alternatives relationnelles fertiles:

 

  • La vulnérabilité
  • L’affirmation de soi
  • La bienveillance empathique

Cependant, je vous l’ai mise très librement à ma sauce, car la version originale me semble comporter des limites à dépasser.

 

Tout d’abord, dans la plus pure tradition du marketing nord-américain,  ces trois comportements ont été labellisés « triangle du gagnant ». Comment vous dire… Triple beurk, que voilà un terme qui nous inscrit dans la dichotomie pas du tout manichéenne du winner/loser. Laissons donc cette sémantique aux égos en manque – justement – de reconnaissance. Même la traduction courante “triangle gagnant” en français me fatigue, comme s’il fallait toujours chercher la victoire, donc le combat, y compris – et même surtout, contre nous-mêmes. Je vous propose une terminologie qui me paraît plus estime de soi, qui n’a pas besoin de se prendre pour un super-héros – super-héros qui, soit dit en passant, sont un peu trop souvent des victimes pleurnichardes devenues des sauveurs-persécuteurs de haut vol.

 

Mais je m’égare, mes agacements linguistiques et ma crispation chronique face au simplisme noir/blanc d’outre Atlantique, vous les connaissez déjà, chers lecteurs fidèles ;) Revenons donc à nos moutons relationnels et passons du triangle dramatique à un triangle déclencheur de relations plus mutuellement nourrissantes. Donc des liens solides, basés sur la confiance et le sentiment de sécurité morale.

 

Et puis non, finalement, ne restons pas dans un triangle qui, par définition, n’arrondit pas les angles de la relation. Je rétive un coup et je préfère une version plus adoucie, aux courbes plus amènes et moins tranchantes que les angles aigus d’un n-ième schéma géométrique. Laissons donc le triangle de Karpman s’effacer et laisser émerger une représentation de ces trois comportements plus légère et plus encourageante.

 

vulnérabilité, bienvailence, affirmation, triplette prosociale

 

 

D’autre part, l’auteur préconise d’adopter l’un des trois comportements en opposition au rôle que nous jouons le plus fréquemment: de remplacer le comportement victime par la vulnérabilité, le comportement saveur par la bienveillance empathique, le comportement persécuteur par l’affirmation de soi. Je ne suis pas d’accord avec cette opposition simple, qui me paraît insuffisante à réduire les jeux psychologiques. Il est plus pertinent et efficace de renforcer ces trois aptitudes conjointement et de les exprimer ensemble, parce qu’elles s’appuient et se soutiennent mutuellement, et que l’une sans l’autre donne un positionnement relationnel incomplet :

 

  • La vulnérabilité sans affirmation de soi reste de la jérémiade
  • L’affirmation de soi sans empathie bienveillante risque le pur égoïsme
  • L’empathie bienveillante sans affirmation de soi risque le comportement serpillière

Puisque cette façon d’être en relation a trois facettes qui ne sont pas des attitudes distinctes mais conjointes, qui se nourrissent mutuellement, appelons-la triplette, tiens. J’aime bien les triplettes! Elles proposent un socle à trois pieds sur lequel on peut joliment s’appuyer. On peut alors la représenter, en mode leadership de soi ludique, par ces trois comportements oeuvrant de concert et se diriger ainsi vers des océans de relations plus équilibrées :

 

 

triplette élégance relationnelle

 

.

 

 

 Une triplette prosociale pour plus d’élégance et d’équilibre relationnels

 

 

L’équilibre relationnel nait donc de la conjonction de ces trois aptitudes, qui génère un positionnement élégant, à la fois serein (qui n’a pas besoin de la ramener) et plein d’assuracnce et qui laisse une place de choix à l’autre dans la relation comme dans la communication.

 

 

1- La vulnérabilité

 

Elle est le pendant version estime de soi du rôle de victime. Elle consiste avant tout à reconnaître les situations qui génèrent une forme de souffrance, des émotions négatives et d’être en capacité de les partager. S’autoriser à montrer ses failles et ses fragilités requiert force morale et courage. C’est là le reflet d’une estime de soi solide, qui ne craint pas la relation et le regard de l’autre et qui inspire le respect.

 

La vulnérabilité n’a pas besoin de barytoner la Goualante du pauvre Jean pour se faire entendre, elle ne joue ni sur la pitié ni sur la culpabilisation, elle accepte pleinement ses émotions et ses ressentis et les exprime posément. Passée de disciple de Jérémie à sereinement vulnérable (en d’autres temres: être humain), l’ex-victime sera plus à même de se mettre à chercher des solutions pour sortir de la situation qui la gêne. Ce qui habituellement n’est pas son fort. Il s’agit donc de travailler:

 

  • L’estime de soi (qui accepte intrinsèquement la vulnérabilité),
  • La valorisation (dans le discours interne comme dans la communication)
  • La connaissance de soi et en particulier des talents naturels sur lesquels on peut s’appuyer
  • L’élaboration de solutions et des plans d’action
  • La bienveillance empathique (pour éviter de submerger l’interlocuteur pas des flots émotionnels excessifs)
  • L’affirmation de soi (pour poser des limites et faire des demandes claires, en particulier lorsqu’on a besoin d’aide)

 

2- La bienveillance empathique

 

Acey Choy utilise le terme caring, qui a souvent été traduit par « souci de l’autre », mais que j’ai choisi d’adapter en bienveillance empathique, qui me paraît plus clair. Le Sauveur a déjà beaucoup trop le sentiment de se “soucier de l’autre”.

 

La bienveillance empathique consiste donc à porter sur l’autre un regard sincèrement curieux de ses motivations et mécanismes, un regard compréhensif et engageant, tout en ne réfléchissant pas à sa place. Elle ne prend pas le problème en charge, elle lui offre un espace d’expression, une station service morale où en décortiquer le moteur en panne, sans infantilisation, sans démonstration d’expertise. Laissant le chevalier blanc derrière lui, l’ex-sauveur pourra alors se mettre à écouter son interlocuteur plutôt que de lui fournir illico presto la notice de sa solution 34bis, forcément la meilleure du monde de l’univers. Il inspirera confiance et loyauté: voilà quelqu’un sur qui on peut compter et qui ne se laisse pas envahir en même temps. Il s’adit donc de travailler:

 

 

3- L’affirmation de soi

 

Pendant d’un mode d’expression cassant, péremptoire, autoritaire, de l’imposition de ses points de vue, l’affirmation de soi est une façon d’exprimer ses opinions et ses besoins avec aisance et assurance, sans passer ses interlocuteurs au rotovateur de ses certitudes ou de ses exigences. Parce qu’elle ne cherche ni à dominer, ni à assujettir ou à contraindre, l’affirmation de soi révèle un positionnement plein d’une confiance convaincante et qui inspire le respect.

 

L’ancien persécuteur ainsi dépourvu de sa broyeuse à interlocuteur pourra alors laisser une place équitable à l’autre dans la relation, lui exprimer posément ses idées, écouter les siennes et laisser les solutions émerger. Il s’agit donc de travailler:

  • l’estime de soi qui diminue la peur de l’autre et le besoin de lui aboyer dessus pour se faire entendre.
  • La communication non violente, alternative ultra efficace à l’agressivité verbale.
  • La capacité à fixer des limites, à dire non, à faire des demandes élégantes (et nons pas des critiques brutales)
  • L’empathie bienveillante pour laisser une place équitable à l’autre dans les interactions.
  • La vulnérabilité pour accepter et partager avec amabilité ses propres difficultés.

 

 

Triplette + trépieds = tricycle!

 

Au final, on le voit bien, les trois sont intimement liés et se nourrissent mutuellement et l’un sans l’autre débouche sur une posture relationnelle incomplète et peu efficace. Les trois se travaillent et se renforcent, bien entendu, et c’est en les pratiquant qu’on peut prendre pleinement conscience de leurs bénéfices à la fois sur la relation et sur l’estime de soi.

 

Exit les rôles relationnels pesants et énergivores qu’on laissera alors derrière soi, et bienvenue à un trépieds comportemental qui nous permet d’oeuvrer pour des relations dénuées de jeux de pouvoir, donc plus équilibrées, plus élégantes et par conséquent plus efficaces et nourrissantes. Et pour représenter cette triplette dans un mode plus singulier, puisque ce sont trois aspects de nous-mêmes, je vous porpose un tricycle, enfant naturel de la triplette et du trépieds, qui a trois caractéristiques essentielles: l’assise solide (le tricycle est bien plus difficile à renverser), la possibilité de mouvement en avant, et la symbolique de l’apprentissage. Enfourchons donc gaillardement le tricycle de l’élégance relationnelle et expérimentons de nouvelles façons d’être en relation!

 

tricycle élégance relationnelle

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

Relation à soi / aux autres: le cocktail indispensable

Ebook gratuit: le triangle de Karpman: sortir des rôles relationnels 

Protège tes fesses! 5(+) trucs pour assurer le bien-être relationnel

Triangle de Kaprman: quand Little Miss Sauveur tombe sur un o(ur)s

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

L’égo, frein majeur à l’intelligence colaborative

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez élaborer un projet, construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

Bien-être personnel, relationnel et professionnel: 8 ebooks gratuits

Sylvaine Pascual – Publié dans Les étagères d’Ithaque

 

 

;

Voici 8 ebooks gratuits disponibles sur le blog d’Ithaque. Les 5 premiers ont été rédigés et réalisés par mes soins, les 3 suivants sont des ebooks collaboratifs auxquels j’ai contribué. Au service de vos odyssées professionnelles, ils abordent des thématiques variées allant de la reconversion professionnelle aux vitamines mentales, en passant par l’emploi, le stress ou la connaissance de soi, histoire d’évoluer vers davantage de bien-être personnel, relationnel et professionnel, les trois étant étroitement liés…

 

 

 

8 ebooks gratuits pour réussir vos odyssées professionnelles

 

 

 

Les guides d’auto-coaching d’Ithaque

 

Ces dossiers sont des guides d’auto coaching sur divers thèmes, qui pourront évoluer et s’étoffer au fur et à mesure des publications, aussi n’hésitez pas à venir les consulter régulièrement.

 

Les dossiers d’Ithaque reprennent certains articles publiés sur le blog d’Ithaque dans un ordre plus logique et construit que celui de leurs dates de parution, afin de vous offrir une vue plus claire  de la réflexion que vous pouvez mener et du travail qui peut être fait en coaching.

 

Rappelons que les questions posées sont des pistes de réflexion, car tout l’art du questionnement qui est l’essence du coaching consiste à rebondir sur les réponses faites. L’auto coaching a autant de bienfaits que de limites;)

 

Ces publications sont sous licence Creative commons

Paternité + Pas d’Utilisation Commerciale + Partage à l’Identique (BY NC SA): Le titulaire des droits autorise l’exploitation de l’œuvre originale à des fins non commerciales, ainsi que la création d’œuvres dérivées, à condition qu’elles soient distribuées sous une licence identique à celle qui régit l’œuvre originale et contiennent la mention de l’auteur.

 

Ils sont uniquement consultables en ligne.

 

 

 

 

Reconversion professionnelle: le guide d’auto-coaching

 

Cet ebook a été lu par plus de 150 000 personnes et abondamment plébiscité. Il propose des pistes de réflexion en amont, pour s’assurer de monter un projet cohérent, ainsi que pour aborder la panification de projet, posant les bases de la façon d’aborder la reconversion professionnelle, version Ithaque: une odyssée! Il est l’origine du positionnement d’Ithaque sur la reconversion professionnelle, qui lui a valu de devenir premier influenceur en France sur le sujet, selon l’Essec.

 

 

 

 

 

Balade médiévale au pays de la prévention du stress

 

Le stress est beaucoup trop souvent considéré comme un ennemi à combattre, alors qu’il est l’indicateur des besoins à combler et des actions à mener pour le diminuer. Etant une réponse naturelle de l’organisme, ça n’est donc pas lui le problème, mais ce qui le déclenche. Plutôt que de s’acharner sur l’alarme, occupons-nous de l’incendie! Nous y gagnerons en plaisir au travail et en satisfaction!

Je me amusée à illustrer ce manifeste d’Ithaque sur la prévention du stress à l’aide d’une imagerie médiévale… pas toujours guerrière.

 

 

 

 

 

Les messages contraignants

 

Les messages contraignants sont des injonctions inconscientes héritées de notre enfance et de notre éducation, qui régissent nos comportements  et peuvent générer beaucoup de stress, limiter notre potentiel et entraver nos prises de décisions ou pourrir nos relations. Habituellement, lorsqu’on parle de ces drivers, il s’agit avant tout de s’en débarrasser. Je vous propose une alternative: plutôt que de lutter contre vous-mêmes et vos mécanismes, cet ebook a pour objectif de vous aider à les reconnaître, à en minimiser les effets pervers tout en en gardant les bénéfices.

 

 

 

 

 

 

Le triangle de Karpman: sortir des rôles relationnels

 

Nous nous retrouvons souvent enfermés dans des schémas relationnels qui sont la conséquence directe d’un triangle sinistre: qu’on appelle triangle de Karpman ou triangle dramatique. Nous sommes tous inscrits, chacun à notre manière, dans ce triangle persécuteur / sauveur / victime dont les conséquences pénibles impactent la qualité de nos relations. Cet ebook vous aidera à identifier ceux que vous jouez, ceux que jouent vos interlocuteurs, ainsi qu’à en sortir pour à construire et entretenir des relations plus saines, plus nourrissantes et satisfaisantes.

 

 

 

 

 

 

Coaching des 4 saisons

 

Nous sommes peu en phase avec l’enchaînement naturel des saisons. Pourtant, entre alternance de périodes propices à différents types d’actions et vitamines mentales que l’on peut récolter toute l’année, exploiter la saisonnalité de notre petite entreprise intérieure a bien des vertus. Voici comment mettre à profit le rythme naturel des saisons pour alterner la triplette réflexion, décision et mise en action, autant dans nos vies personnelles que professionnelles. L’objectif derrière tout cela étant d’aller vers davantage de bien-être, d’efficacité et de plaisir au quotidien, au travers de la fluidité dans la triplette en question.

 

 

 

 

 

Contributions externes de Sylvaine Pascual

 

Ces ebooks gratuits sont des publications collaboratives auxquelles Sylvaine Pascual a contribué.

 

 

 

 

L’emploi au féminin

 

Cet ouvrage collaboratif publié par le site Mode(s) d’emploi dresse un état des lieux de l’emploi des femmes. A l’heure des discours omniprésents sur la parité, de la déferlante de conseils et d’études sur les femmes au travail, l’éventualité de quotas, les discriminations salariales, il fait un point sur l’évolution de la vie professionnelle des femmes, entre idées reçues et réelles avancées. Au travers du regard d’experts des questions d’emploi, de journalistes, de professionnel(le)s, de créatrices d’entreprises et d’illustrateurs.

 

 

 

 

 

L’équilibre vie personnelle/vie professionnelle

 

J’avais été sollicitée par le blog du Modérateur pour rédiger un billet sur la reconversion en tant que moyen de mieux concilier vie personnelle et vie privée, dans le cadre du débat du mois de RégionsJob. Les conseils et points de vue d’experts, ainsi que les témoignages, ont été regroupé dans ce bel ebook intitulé A la recherche de l’équilibre entre vie pro et vie perso, qui n’hésite pas à explorer des pistes telles que la mobilité, le télétravail, ou l’expatriation au delà des nombreuses pistes de réflexion plus classiques pour parvenir à trouver votre propre équilibre.

Explorer la possibilité d'une reconversion professionnelle en interne lorsqu'on est seniorLa seconde partie de carrière

 

Publié par le site Nouvelle carrière sous la direction de Vincent Giolito, cet ebook envisage la gestion de la seconde partie de carrière avec optimisme et l’intention de bousculer le statu quo inquiétant en termes d’emploi des seniors. S’il s’adresse essentiellement aux seniors du secteur IT, ma contribution, qui concerne la possibilité de changer de métier en interne, est valable pour tout senior qui se questionne sur les bifurcations professionnelles possibles après 45 ans.

 

 

 

Voir aussi

 

Ithaque dans les médias

Ithaque 1er influenceur sur la reconversion professionnelle

Rencontres APEC Réseaux sociaux: 3 conseils d’utilisation pour les chercheurs d’emploi

Panel APEC 2012: 5 conseils aux chercheurs d’emploi

Emploi et recrutement, 5 blogueurs chez Expectra!

Rugby et management: principes ovales pour tourner rond

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Compétences relationnelles: présenter des excuses

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

Vous et moi sommes des gens forcément charmants et bourrés de qualités, qui traitons toujours nos contemporains avec une belle élégance. Nous ne ferions pas de mal à une mouche… Bon, il nous arrive tout de même parfois de heurter autrui, souvent sans intention de le faire. Apprenons à mettre notre petit orgueil de côté à  présneter des excuses simples, car c’est une véritable compétence relationnelle qui renforce les liens et la confiance mutuelle.

 

 

 

compétences relationnelles: présenter des excuses

 

 

Heurts, remords et pénitence: la valse des fausses bonnes idées

 

Nous pouvons tous, potentiellement commettre petites et grandes mauvaises actions à l’encontre de notre entourage personnel ou professionnel, bien entendu bien malgré nous, voire à linsu de notre plein gré. Que celui qui n’a jamais rompu un engagement, ignoré une promesse, trahi une confiance ou tout simplement blessé quelqu’un par ses paroles ou ses agissements jette le premier caillou à nous autres mortels faillibles, contrits devant l’évidence: nos imperfections nous poussent parfois à agir dans le sens inverse du bénéfice de nos contemporains.

 

A Perpignan, on a une solution: une tradition et vieille de 600 ans, qui donne à l’expression “faire pénitence” une signification impressionnante, y compris à ceux qui, come moi, ont autant de convictions religieuses qu’une certaine moule de mes amies, une fois qu’elle a fini dans la poêle. C’est la procession de la Sanch, où les pénitents masqués défilent, pieds nus, dans un silence de cathédrale. Cependant nos vies temporelles, quant à elles, nous offrent peu de possibilités d’expiation spectaculaire, de source d’absolution pour nos vilaines actions.

 

Parfois, ce sont des vétilles insignifiantes, suffisament sans conséquence pour que tout le monse passe rapidement à autre chose. Du moins à nos propres yeux. Mais de temps en temps, lorsque nos agissements on heurté une valeur ou l’amour-propre de l’autre, les traces qui en restent peuvent ternir la relation et la confiance mutuelle. Et quand nous nous rendons compte du mal fait – ce qui n’est pas toujours le cas – nous en gardons un goût amer de regrets: cet attitude-là n’était pas sympa, pas cohérente avec l’image que nous avons de nous-même, pas le reflet de nos valeurs et nos principes moraux. Nous avons blessé quelqu’un malgré nous, et on ne se sent pas fiérot sur ce coup-là.

 

Face à nos regrets, nous pouvons tout à fait choisir le repentir spectaculaire et nous coiffer dignement d’une caperutxa pour aller porter le fardeau de notre péché un vendredi saint dans les ruelles de Perpignan. Cependant, on peut aussi choisir des options moins baroques mais efficaces tout de même.

 

Nous avons alors souvent recours à toute la série des fausses bonnes idées qui, autant dans la relation à soi que dans la relation à l’autre vont juste laisser pourir la situation, avec toutes les conséquences que cela implique:

 

  • S’auto-flageller intérieurement, en mode dévalorisation, jusqu’à ce qu’aigreur s’en suive.
  • Se laisser subir le sentiment de honte, la culpabilité qui grignotte lentement mais sûrement, entre autres l’estime de soi. Parce qu’on le mérite bien.
  • Remettre ses remords dans sa poche avec son mouchoir par-dessus, en espérant que ça passera, sachant très bien qu’ils repointeront le bout de leur nez quand bon leur semblera.
  • Se chercher de fausses bonnes excuses qui ne réussissent à convaincre personne. Sauf la partie offfensée, de votre mauvaise foi.
  • Rejeter la faute sur autrui pour se dédouaner, preuve de malhonnêteté que la partie offensée n’omettra pas de noter sur ses tablettes, à côté du chien de la chienne qu’elle vous réserve.

 

 

Du bénéfice de présenter ses excuses

 

Nous pouvons aussi opter pour une alternative parfois difficile à mettre en oeuvre, car elle nécessite de passer outre ses petits orgueils mal placés: présenter ses excuses. Savoir demander pardon a l’immense bénéfice d’offrir de la reconnaissance à l’interlocuteur, de sortir de l’éventuelle tension latente ou du conflit, de soulager sa conscience, de renforcer ainsi la confiance en soi (être honnête et assumer ses responsabilités est une grande force), mais aussi l’estime de soi des deux parties, et par ricochet les liens relationnels et la confiance mutuelle.

 

En d’autres termes, faire acte de contrition ne nécessite pas forcément une mortification sur la place publique, un repentir théâtral: il suffit de reconnaître le tort causé de manière simple, honnête, directe. C’est une excellent moyen de mettre un terme aux émotions négatives de notre interlocuteur blessé, tout en répondant à ses besoins (voir Collaboration, conflit et lecture émotionnelle):

 

  • La partie offensée en colère se sentira entendue, reconnue dans les torts causés
  • La partie offensée angoissée se sentira rassurée et retrouvera ses marques
  • La pertie offensée triste et découragée retrouvera le sens et la cohérence dont elle a besoin.

 

C’est pourtant un choix rare, en particulier dans le milieu professionnel, car comme beaucoup d’autres compétences relationnelles, quand le triangle de Karpman et le manque de savoir faire s’en mêlent (s’emmêlent?), on obtient vite le contraire de ce qu’on voudrait. L’idée de présenter des excuses est du coup souvent perçu comme un aveu de faiblesse, la certitude de perdre la face, la solution du loser. Alors qu’en réalité, c’est une preuve de force de caractère, de droiture, d’élégance relationnelle.

 

Voici donc quelques pistes sur la marche à suivre pour transformer des excuses en véritable compétence relationnelle, qui renforcera votre rayonnement, et votre affirmation de vous-même (un manager sachant réellement exprimer ses torts ou ses remords est souvent un sacré bonhomme ou une sacrée bonne femme). D’ailleurs, un travail de renforcement de l’estime de soi peut être nécessaire en amont pour être en capacité de reconnaître ses torts et l’exprimer.

 

 

 

Présenter ses excuses: les pièges à éviter

 

Quelques précautions s’imposent pour éviter de transformer cette compétence relationnelle en technique manipulatoire ou en comportement serpillère qui auront l’effet inverse, nourriront l’égo de l’un au détriment de l’autre, rogneront l’estime de soi des deux parties et alimenteront les jeux de pouvoir, en mode hérisson et paillasson.

 

  • Céder à la pression. On est alors complètement dans la relation de pouvoir et vous offrez un paillasson sur lequel la victime de vos agissements va pouvoir essuyer ses godasses offusquées. Il s’agit bien de rétablir une relation équilibrée, pas de vous offrir en pâture à une vengeance grande ou petite, qu’en plus vous aurez suscitée.
  • Les excuses pour avoir la paix, pour mettre fin à un désaccord etc. Elles doivent être sincères et n’avoir pour objectif qu’exprimer un regret. Tout autre intention serait manipulatoire et donc directement inscrite dans les jeux de pouvoir. Et à ce jeu-là, il y a toujours un perdant.
  • Les justifications, les interprétations et de façon générale toutes les expressions qui pourraient minimiser l’excuse présentée, où votre part de responsabilité dans l’agissement blessant. Votre interlocuteur ne sera pas dupe et s’arrêtera à ça.

 

 

Mini coaching: présenter des excuses élégante et dignes

 

Présenter des excuses peut être fait en s’appuyant sur la base de l’assertivité ou de la communication non violente, de façon à rester dans un échange d’égal à égal, qui prend en compte les deux parties. D’autre part, optez pour la simplicité, la concision, l’authenticité, ça vous évitera de vous égarer dans des dédales communicationnels aux vagues effluves de stratégie d’échec.

 

1- Les faits

Relatez les faits, les faits et rien que les faits. Supprimez toute interprétation qui pourrait nuire à la communication, toute justification qui pourrait minimiser votre responsabilité.

 

2- Les sentiments

Expliquez brièvement comment vous vous sentez vis à vis de votre comportement et pourquoi.

 

3- Les excuses

Présentez vos excuses en toute simplicité et de manière concise. “Je te présente mes excuses”, “je suis désolé”, mais évidemment, pas de “je m’excuse”, c’est à votre interlocuteur de le faire.

 

4- S’engager à prendre des mesures

Tout l’intérêt de vos excuses, c’est que le comportement qui a heurté autrui ne se reproduise pas. Proposez une solution concrète alant dans ce sens et tenez votre engagement!

5- Rentrer dans le dialogue

Un simple “qu’en penses-tu?” permettra de donner la parole à votre interlocuteur, et vous pourrez ensuite passer a dialogue pour régler l’affaire.

 

  • “Je t’ai remis le dossier Tartempion tardivement et tu as eu trop peu de temps pour préparer la présentation. Je suis ennuyé parce que je ne voulais pas te causer du stress supplémentaire. J’en suis désolé, et je te propose la prochaine fois de communiquer davantage sur mes impératifs pour qu’on puisse se mettre ensemble d’accord sur les dates butoir. Qu’en penses-tu?”
  • “Je t’ai interrompu brutalement à la réunion avec le client et j’en suis mal à l’aise, car c’était inapproprié. Je te présente mes excuses et je te propose, pour la réunion de la semaine prochaine, de prendre quelques minutes pour la préparer ensemble. Qu’en dis-tu?”

 

Et comme recevoir et accepter les excuses d’autrui demande un peu de doigté et de savoir-vivre, je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite: accepter des excuses avec noblesse et magnanimité.

 

 

 

Voir aussi

 

Relations: silence, on boude!

12 pistes pour reconstruire la confiance après un conflit

Sortir d’un bocal à con en 10 étapes

Compétences relationnelles: placards et conversations difficiles

Compétence relationnelle: l’affirmation de soi

Les relations professionnelles difficiles

Compétences relationnelles: établir ses limites

Ebook gratuit: le triangle de Karpman

Recevoir une critique avec grâce et dignité

Formuler une critique avec élégance et délicatesse

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Fabriquer du changement… avec nos émotions!

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Compétences émotionnelles 

 

 

 

La Fabrique du changement est un événement destiné à partager des techniques innovantes pour booster les organistations. Il aura lieu à Nantes le 22 mai, et je suis ravie d’y présenter un sujet qui me tient à coeur: la lecture émotionnelle, un moyen simple et concret de mieux nous entendre et nous comprendre au travail.

 

 

 

La lecture émotionnelle à la fabrique du changement

 

 

 

 

Un événement pour fabriquer du changement

 

fabrique du changementLa Fabrique Du Changement est un évènement professionnel atypique centré sur les échanges entre professionnels et le partage d’expériences. Nous voulons amener les participants à découvrir et à approfondir des sujets tels que l’agilité, la créativité, la transition numérique, l’intelligence collective et participative, le bien-être au travail, le design thinking et bien d’autres encore…

 

Durant cette journée, nous souhaitons mettre en avant tous les moyens pour les entreprises de réussir leur transition et de gagner en performances avec des interventions dynamiques et de qualité spécialement programmées pour vous.”

 

 

 

La lecture émotionnelle au service du bien-être individuel et collectif

 

J’interviendrai dans le cadre d’un atelier interactif sur le thème du bien-être et de l’innovation, dont voici une courte présentation.

 

Le bien-être personnel et professionnel passe avant tout par la relation à l’autre, aux autres, ces bipèdes aux comportements et aux modes de communication parfois étranges, parfois incompréhensibles, parfois aberrants, avec qui il y a 1001 façons de ne pas nous entendre, de ne pas nous comprendre.

 

De la process com à l’analyse transactionnelle, de l’intelligence émotionnelle à la relaxation, il existe 1001 techniques censées faciliter la relation. Si ces techniques ont pu être innovantes à l’époque de leur création, elles peinent aujourd’hui à apporter une réponse pratique à nos interactions chaotiques. Peut-être que la véritable innovation consisterait à revenir à davantage de simplicité et d’authenticité, en se penchant sur ce qui génère l’incompréhension.

 

A l’origine de nos comportements et de notre communication: on trouve la même chose qu’à l’origine de nos décisions et de nos motivations: les émotions. Les réactions émotionnelles ont l’avantage d’être universelles, ce qui les rend bien plus simples à déchiffrer et à exploiter pour améliorer nos interactions que de devoir faire le tri entre X profils compliqués ou de mener 25 actions de renforcement des compétences relationnelles.

 

Je vous proposerai donc de partir à la rencontre de nos émotions, de leur rôle véritable, des aptitudes et penchants qu’elles nous confèrent pour comprendre qu’elles sont une mine d’or pour nos organisations, voir comment, concrètement et simplement, nous pouvons la mettre au service de notre bien-être personnel et relationnel, au bénéfice du management et de la communication.

 

 

 

 

 

Modalités pratiques:

 

Cet événement aura lieu le 22 mai 2014 à Nantes.

Pour en savoir plus et pour vous inscrire, c’est sur le site La Fabrique du changement.

 

 

 

En attendant: explorer la lecture émotionnelle

 

La lecture émotionnelle au service du bien-être

La lecture émotionnelle au service des relations

Job idéal & vitamines mentales: Florence et la lecture émotionnelle

Collaboration, conflit et lecture émotionnelle

Remparts coursives et échauguettes: les états de défense aux émotions

Efficacité professionnelle et émotions

Les talents naturels au coeur de nos émotions

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

Compétences relationnelles: placards, secrets et conversations difficiles

 

 

Parler de soi n’est pas toujours simple: nous tenons parfois certains aspects de nos vies secrets, parce qu’ils nous font souffrir ou parce qu’ils suscitent des préjugés, parce que l’acceptation mutuelle n’est pas toujours la caractéristique première des êtres humains. Cette superbe conférence TED nous montre comment sortir nos secrets de nos placards, pour renforcer nos relations, plutôt que de nous transformer en redresseurs de torts.

 

 

L'art des conversations difficiles, lorsqu'il s'agit de révéler un de nos secrets

 

 

 

Parler de soi : placards, secrets et conversations difficiles

 

Si l’expression “sortir du placard” est associée à l’homosexualité, Ash Beckham, dans cette conférence du TED, la définit plutôt comme une conversation difficile: celle que nous avons eu, celle que nous devons avoir avec une personne de notre entourage, et dans laquelle nous allons lui révéler quelque chose qui ne nous est pas facile à partager.

 

 

 

 

Nous cachons tous des secrets dans des placards soigneusement fermés: avouer ses sentiments à une personne, parler d’une maladie, d’une difficulté, quelle qu’elle soit, l’objet de la révélation peut varier du tout au tout – depuis une caractéristique, un comportement, jusqu’à une situation professionnelle délicate. Au delà de cette diversité, selon la conférencière, l’expérience de celui qui sort du placard est universelle: elle est inquiétante, elle peut être douloureuse. Car elle peut se trouver confrontée à des préjugés blessants, agaçants ou fatigants. Elle peut nous pousser à y rester, dans le noir du placard sinistre et faussement sécurisant, parce que nous croyons moins y souffrir.

 

“Donc comme beaucoup d’entre nous, j’ai vécu dans quelques placards dans ma vie, le plus souvent, mes murs étaient des arcs-en-ciel. Mais à l’intérieur, dans le noir, on ne peut pas voir la couleur des murs. Vous savez juste ce que c’est que de vivre dans un placard. Donc vraiment, mon placard n’est pas différent du vôtre ou du vôtre, ou du vôtre. Oui, je vous donnerai 100 raisons pourquoi le mien était plus dur que le vôtre, mais voilà : Dur n’est pas relatif. Dur c’est dur.

 

Qui peut dire qu’expliquer à quelqu’un que vous déclarez faillite est plus dur qu’avouer que vous avez été infidèle ? Qui peut dire que son coming out est plus dur que dire à votre enfant que vous divorcez ? Il n’y a pas plus dur, il y a juste dur. On doit arrêter de classer nos difficultés avec celles des autres et se sentir mieux ou pas au sujet de nos secrets et juste s’accorder sur le fait qu’on a tous des moments durs. On vit tous, à un moment, dans un placard, On s’y sent en sûreté, du moins plus que de l’autre côté de la porte. Mais je suis ici pour vous dire, peu importe de quoi vos murs sont faits, un placard n’est pas un endroit où l’on peut vivre.”

 

 

 

Secrets, préjugés et champs de batailles

 

Tant que nous restons dans ce placard, nous pouvons souffrir des jugements, des maladresses de personnes qui ne sont pas forcément malveillantes, mais qui n’ont pas conscience de l’impact de ce qu’elles disent. Toute caractérisitque pouvant susciter des préjugés, ce que Ash Beckham décrit comme ses propres expériences difficiles du fond de son placard lesbien, je l’ai personnellement vécu dans mon placard handicapé. Et vous l’avez potentiellement tous vécu du fond de votre placard à vous, celui de votre difficulté personnelle ou bien celui de la caractéristique de votre vie qui est régulièrement confrontée aux préjugés, aux sarcasmes, au rejet, à l’incompréhension.

 

La conséquence, comme le décrit Ash Beckham, c’est que nous nous transformons malgré nous en militants version lanceurs de grenades (par opposition à éducateurs), prêts à en découdre avec ces réflexions qui viennent nous toucher juste là où ça fait mal. A jouer les donneurs de leçons, les redresseurs de torts, les croisés de nos blessures. Et ça ne fait pas avancer le schmilblik: les camps culpabilisent et s’antagonisent, nous vivons nos relations comme un champ de bataille.

 

“Je travaillais au Café Walnut, un petit restaurant en ville, pendant cette période, je traversais des phases de lesbienne militante en puissance (…) et selon l’ampleur de mes shorts cargo et la façon dont je me m’était rasée la tête récemment, la question me revenait souvent, en général par un jeune enfant :« Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

Il y avait un silence gênant à la table. Je serrais ma mâchoire un peu plus fort, tenais ma cafetière avec un peu plus d’intensité. Le père remuait maladroitement son journal et la mère lançait un regard froid à son enfant. Mais je ne disais rien, et je bouillais à l’intérieur. A un point où dès que j’arrivais à une table avec un enfant âgé entre 3 et 10 ans, j’étais prête à me battre. (Rires) Et c’était un sentiment horrible.Alors je me suis promis que, la prochaine fois, je dirais quelque chose. J’aurais cette conversation difficile.

 

Dans les semaines suivantes, c’est arrivé de nouveau. « Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

Même silence, mais cette fois j’étais prête, je vais leur faire la leçon « Études des Femmes pour Débutant » à cette table. J’ai mes citations de Betty Friedan. J’ai mes citations de Gloria Steinem. J’ai même un peu de « Monologues du Vagin » que je vais leur citer. Alors je prends une grande respiration et regarde vers le bas et une petite fille de 4 ans dans une robe rose me fixe, pas un défi pour un débat féministe, juste une enfant avec une question : « Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

 

3 principes pour partager quelque chose que nous trouvons difficile à dire

 

 

 

Traité de paix : la plus facile des conversations difficles

 

Cette rencontre a été l’occasion pour Ash Beckham de sortir d’une guerre sans fin contre l’incompréhension: la solution consiste donc à sortir du placard cette part de nous-mêmes qui peut être facilement heurtée par les autres, sans chercher à les heurter à notre tour.

 

“Je prends une autre respiration, m’accroupis à côté d’elle, et dis : « Hey, je sais c’est un peu déroutant.J’ai les cheveux à la garçonne, j’ai des habits de garçon, mais je suis une fille. Tu sais des fois tu mets une robe rose, des fois tu mets ton pyjama confortable ? Eh bien, je suis une fille du genre pyjama. »

 

Et l’enfant me regarde dans les yeux, et dit du tac au tac : « Mon pyjama préféré est violet avec des poissons. Je peux avoir un pancake, svp ? » (Rires) Et c’était tout. « Oh ok. Tu es une fille. Et donc ce pancake ? »

 

C’est la conversation difficile la plus facile que j’ai jamais eue. Pourquoi ? Parce que Pancake Girl et moi, étions toutes deux honnêtes avec l’autre.”

 

 

 

Parler de nous-mêmes : les 3 principes de la petite fille aux pancakes

 

Ash Beckham en a tiré une leçon de vie qui peut nous être utile à tous, autant dans nos vies personnelles que professionnelles. Cette leçon tourne autour de la force de l’honnêteté. Cette forme d’authenticité qui, dénuée de jeux de pouvoir telles que l’envie de donner une leçon, permet de créer ou de renforcer des liens, de générer une empathie sereine plutôt que de susciter la pitié, l’agacement ou le rejet. C’est un moyen de partager simplement tout ce que nous trouvons difficile à dire.

 

Aussi chaque fois que nous nous retrouvsons face à une conversation difficile, imaginons que notre interlocuteur est une petite fille de 4 ans en robe rose, rappelons-nous des 3 principes de la petite fille aux pancakes :

 

  1. Parlez avec authenticité: “Être authentique. Retirer son armure. Être soi-même. La fille au café n’avait pas d’armure, mais j’étais prête pour la bataille. Si vous voulez que quelqu’un soit honnête avec vous, ils ont besoin de savoir que vous saignez aussi.”
  2. Faites simple et direct : “Soyez direct. Dites-le. Retirez le pansement d’un coup. Si savez que vous êtes gay, dites-le. Dire peut-être à vos parents, fera garder espoir que ça change. Ne leur donnez pas de faux espoirs.”
  3. Ne vous excusez pas : “Ne vous excusez pas. Vous dites votre vérité. Ne vous excusez jamais pour ça. Certains sont peut-être blessés au passage, alors oui, excusez de ce que vous avez fait, mais ne vous excusez jamais pour qui vous êtes. Et oui, certains seront déçus, mais ça les concerne, pas vous. Ce sont leurs attentes sur vous, pas les vôtres. C’est leur histoire, pas la vôtre. La seule histoire qui compte est celle que vous voulez écrire.”

 

Et de finir avec une conclusion dont l’humanité emprunte davantage à l’acceptation de soi et de l’autre qu’à la tolérance, distonction qu’Ash Beckham avait faite lors d’une intervention remarquable

 

“Alors la prochaine fois que vous êtes dans un placard agrippé à votre grenade, sachez que nous sommes tous passés par là. Et vous vous sentirez surement seul, mais vous ne l’êtes pas. Et on sait que c’est dur, mais on a besoin de vous ici,peu importe de quoi vos murs sont faits, parce que je vous assure que d’autres regardent à travers leur serrure cherchant l’âme vaillante qui ose ouvrir sa porte, alors soyez cette personne et montrez au monde que nous sommes plus forts que nos placards et qu’un placard n’est pas un endroit où l’on peut vraiment vivre.”

 

Au final, tout le monde y gagne en qualité relationnelle, en estime de soi, en confiance mutuelle, en bienveillance, en affirmation de soi, bref, en énergie. Joli programme.

 

Traduction: Diane Wolf

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles: choisir à qui parler

Compétences relationnelles: établir ses limites

Compétences relationnelles: faire preuve d’empathie

L’écoute active

Ecouter sans juger

La gentillesse: un peu de noblesse d’âme dans un monde de brutes

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Collaboration : réconcilier les “aller vers et les “éviter de”

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Compétences relationnelles

 

 

Les diktats comportementaux sont légions et ils varient au gré de la tendance du moment où de ce que les gourous de l’efficacité ont dit la semaine dernière. Ainsi, pour correspondre aux canons de la réussite moderne et être un winner ancré dans ce XXIème siècle triomphant, il faudrait être dynamique, motivé, extraverti blablabla. Et aussi aller vers plutôt qu’éviter de. Encore un préjugé pénible à dépasser pour mieux collaborer.

 

 

Les comportements aller vers et éviter de sont complémentaires

 

 

Définitions succintes et préjugés

 

Héritées de la PNL, les dénominations aller vers et éviter de sont des types de comportements révélateurs de notre motvitation dans le choix et la formulation d’un objectif:

 

  • Eviter les conséquences déplaisantes d’une situation (je ne veux plus m’ennuyer au boulot)
  • Aller vers une situation ou un état désiré (je veux trouver un job dans lequel je vais me faire plaisir)

Jusque-là, tout va bien, cette définition correspond d’ailleurs à la façon dont nos réactions émotionnelles nous poussent à l’action : éviter les négatives (l’agacement, la peur, le découragement) ou aller vers les positives (le plaisir sous toutes ses formes). Les aller vers sont ceux qui savent ce qu’ils veulent et les éviter de ceux qui savent ce dont ils ne veulent plus. Cependant, cette description succincte donne parfois lieu à des raccourcis assez contre-productifs, comme je l’ai lu récemment :

 

  • Les merveilleux aller vers auraient une vision globale qui les mènerait de façon quasi magique à aller vers (justement) leurs objectifs. Ce seraient les rois de la réussite facile, qui emmènent avec eux des troupeaux d’adeptes conquis, des leaders, quoi.
  • Les sinistres éviter de, à ne vouloir que s’éloigner de ce qui les dérange, n’iraient nulle part, tourneraient en rond dans leur appréhension systématique des obstacles et des difficultés.

L’affaire est souvent résumée en personnes qui verbalisent leurs objectifs de manière affirmative ou négative, avec les winners d’un côté et les losers, les empêcheurs d’avancer de l’autre, particulièrement dans la vision simpliste à la sauce nord-américaine. Of course.

 

Du coup, les éviter de deviennent aux aller vers ce que les introvertis sont aux extravertis : les indésirables d’une société au fond sacrément pétocharde, normative et pleine de préjugés.

 

 

 

Combinaison individuelle d’aller vers et d’éviter de

 

La réalité est un poil plus complexe :  nous sommes tous notre propre combinaison d’aller vers et d’éviter de, qui est probablement le reflet de notre expérience, de nos convictions, de nos valeurs et qui s’exprime par ce qui génère pour nous des émotions négatives et des émotions positives. Nous avons tous des domaines dans lesquels en mesure d’aller vers, et d’autres dans lesquels nous naviguons davantage à vue entre ce que nous considérons comme des récifs.

 

En d’autres termes, notre part d’aller vers est notre moteur et notre part d’éviter de est notre gouvernail. Dans les eaux troubles de nos vies professionnelles, mieux vaut avoir les deux.

 

D’autre part, si le comportement le plus fréquent créée une tendance dans nos facteurs de motivation,  aller vers et éviter de ont une capacité équivalente, à défaut d’être semblable, à atteindre leurs objectifs, ils ne s’y prennent tout simplement pas de la même manière.

 

 

 

Réconcilier les aller vers et les éviter de

 

Les uns et les autres peuvent vite avoir une vision réductrice du comportement qui n’est pas le leur:

 

  • Les aller vers ont tendance à considérer les éviter de comme lents et peu productifs.
  • Les éviter de peuvent trouver les aller vers inconséquents et irréalistes.

Du coup, les uns et les autres se perçoivent comme peu collaboratifs, alors qu’en réalité, ils sont formidablement complémentaires, au même titre qu’introvertis et extravertis, pour peu qu’ils prennent le temps de se comprendre et d’accepter les avantages du comportement de l’autre et les limites du leur.

 

Alors plutôt que de concentrer une énergie précieuse sur les défauts de l’autre, plutôt que de vouloir à tout prix rééduquer les éviter de pour en faire des champions de la caractéristique tout en haut du hit parade comportemental de la semaine, autant réconcilier les deux et favoriser une collaboration riche et complète.

 

Il est vain, dictatorial et même crétin de vouloir lutter contre la nature des éviter de pour les mettre dans les cases faussement moelleuses des aller vers. Chaque fonctionnement a les qualités de ses défauts et inversement, aussi les deux fonctionnements sont ultra complémentaires. Alors plutôt que de rentrer en guerre contre soi-même ou contre tout comportement qui diffère du nôtre, apprenons à reconnaître les bénéfices spécifiques des deux et à les articuler pour les mettre au service de nos objectifs communs.

 

 

 

Réhabilitons les éviter de pour une meilleure collaboration

 

Les éviter de, qui ne font pas partie des Steve Jobs glamour qui offrent du rêve à des ouailles conquises, seraient des losers lourdingues, des empêcheurs de rêver en rond, qui pointent du doigt les obstacles sur la route au lieu de s’émerveiller de l’île paradisiaque au bout du chemin. Pour dépasser ce préjugé, voyons les bénéfices de leur comportement et les limites du comportement aller vers, tout simplement parce que les uns ne peuvent pas se passer des autres, et inversement.

 

Attention, ce que je décris ici correspond à des tendances et leurs conséquences possibles, à chacun d’y discerner toutes les nuances nées de la singularité. Ce n’est en aucun cas un schéma définitif et systématique. Certains d’entre nous sont des mélanges très complexes d’aller vers et d’éviter d’eux, d’autres sont plus ancrés dans l’un ou l’autre des comportements.

 

 

les aller vers ont une vision enthousiasmante de là où ils veulent aller

 

Aller vers :

Les aller vers sont davantage motivés par leurs envies que par leurs craintes.  Ils ont des visions formidables, des pojets, créatifs, un sens des directions à prendre pour créer… du sens. Leur dynamisme et leur enthousiasme sont contagieux et, plus motivés par leur vision que par le chemin à parcourir, les aller vers peuvent paraître plus charismatiques, plus inspirants.  La limite de ce comportement est de ne pas mesurer l’ampleur des obstacles et de s’y casser la figure. Potentiellement, les attentes plus fortes des aller vers peuvent aussi générer chez certains des déceptions plus fortes alors que d’autres auront une grande faculté à rebondir vers une autre vision.

 

Potentiellement un brin abstraite, la vision peut aller jusqu’à s’affranchir fortement des détails de sa réalisation, considérés comme pénibles ou peu intéressants. Ce qui peut être une force vive qui fait déplacer des montagnes l’air de rien, peut aussi être facteur… de non réalisation des objectifs.  A priori, un fonctionnement aller vers peut paraître merveilleusement dynamique et plein d’assurance. Pas forcément.  Il peut masquer un manque de confiance qui, en générant des zones d’ombres sur les difficultés potentielles ou les étapes à mener, va tout simplement… éviter ses propres peurs. Mais comme celles-ci sont bien présentes au fond du tiroir à émotions, l’aller vers va générer sa propre procrastination.

 

 

les éviter de voient les obstacles sur le chemin

 

 

Eviter de  :

Les éviter de, parce qu’ils s’intéressent aux pièges potentiels,  sont par nature plus analytiques de la situation, de l’itinéraire vers l’objectif,  en particulier dans ses détails de réalisation. Ils vont être utiles au repérage des obstacles, des difficultés, des risques potentiels. Bien entendu, dans le vaste champ de la pensée à l’américaine, ils vont être estampillés « dans le jugement » et « plombeurs d’idées ». Pourtant, ils sont aussi ceux qui vont aider à sa réalisation plus fluide en permettant l’anticipation et le traitement en amont des problématiques en question. Evitant ainsi à la merveilleuse vision de se réveiller avec des bleus partout lorsqu’elle aura échoué sur les rochers, toute préoccupée d’atteindre sa destination sans regarder le chemin.

 

Parce qu’ils se dirigent en fonction des obstacles, les éviter de sont souvent présentés de manière négative comme gouvernés par leurs peurs, donc forcément craintifs, passifs, peu entreprenants. C’est assez faux :  ils trouvent leur motivation et mettre beaucoup d’énergie dans la résolution de problème, l’établissement des plans de route, la recherche de solution,  là où les aller vers ne vont pas voir le problème, ou trouver sa résolution fastidieuse et peu motivante, quitte, parfois, à la négliger. En bref, si l’on considère que les éviter de se dirigent en fonction de leurs craintes plus qu’en fonction de leurs envies, c’est une caractéristique, pas une tare et elle se révèle bien utile à des aller vers qui filent parfois un peu trop vite.

 

 

 

Apprendre à collaborer

 

D’ailleurs, le questionnement de l’objectif issu de la PNL prend en compte ces deux dimensions, au lieu d’en favoriser une et de lutter contre l’autre, en questionnant à la fois la vision et les difficultés potentielles :

 

  • La vision – ce vers quoi je vais: Je définis ce que je veux. J’identifie ce que ça m’apportera pour encourager ma motivation
  • Les problèmes – ce que je veux éviter: Je définis ce dont je ne veux plus. J’identifie les inconvénients possibles, les obstacles potentiels, pour pouvoir les traiter en amont et éviter des blocages intempestifs en cours de route.

Ce qui nous donne une trame à explorer pour permettre aux aller vers et aux éviter de collaborer sur un même projet, autant ces deux parts de nous-mêmes, pour des objectifs individuels, que sur des caractéristiques comportementales, pour mieux travailler ensemble :

 

  • Les éviter de peuvent s’appuyer sur les  aller vers pour définir les orientations, le sens, les bénéfices d’un projet.
  • Les aller vers peuvent s’appuyer sur les éviter de pour définir les solutions, les étapes à mener, le traitement des difficultés. Voir à ce sujet cette interview de Philippe Gabilliet.
  • Et rebelotte : à l’intérieur d’une étape à franchir, les aller vers fournissent la boussole et le moteur, les éviter de dirigent le navire entre les récifs.

De quoi mener le bateau à bon port ;)

 

 

 

Voir aussi

 

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Collaboration, conflit et lecture émotionnelle

Relations: hérissons et paillassons

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Comprendre les motivations derrière les comportements absurdes

Juger moins juger mieux

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

6 trucs simples pour se sentir plus heureux tout de suite

Sylvaine Pascual – Publié dans : Vitamines mentales / Bien-être et estime de soi

 

 

 

Nous passons beaucoup de temps en guerre avec les autres autres et peu de temps en paix avec nous-mêmes.Ca limite évidemment considérablement la possibilité de nous sentir heureux tout simplement. Voici donc trois attitudes à cesser et trois habitudes à mettre en place pour laisser un peu plus de place à la bonne humeur. Qui est contagieuse, ne l’oublions pas;)

 

 

3 attitudes à laisser tomber et 3 habitudes à adopter pour être plus heureux tout de suite

 

 

 

3 comportements à laisser tomber pour moins se plomber l’humeur

 

Certaines attitudes ont l’art de faire de nous des bipèdes amers, envieux, moroses, pessimistes, insatisfaits. Tout cela plombe le moral et ne nous donne pas envie d’agir dans le sens de ce que nous voulons pour nous-mêmes, autant en termes de vie professionnelle que personnelle. En d’autres termes, ces comportements entretiennent un état d’esprit désenchanté, à tendance passive, voire procrastinatrice.

 

Les laisser tomber, c’est désencombrer une partie de notre espace mental et faire de la place pour des habitudes ou des comportements plus réjouissants, plus nourrissants, plus dynamisants. En voilà trois:

 

 

1- La médisance

La médisance a ses vertus, puisqu’elle entretient le sentiment d’appartenance (au groupe qui voue Tartempion, cet abruti de classe internationale, aux gémonies) et le sentiment de reconnaissance (on est entre gens qui se comprennent et ont des valeurs communes). Cependant, elle ressemble plus à de la bile régurgitée qu’à une nourriture savoureuse à estime de soi et génère des interactions stériles (on ne change pas celui sur lequel on médit ou la relation qu’on a avec lui). Elle alimente l’amertume, les relations pourries et la méfiance mutuelle. Bref, elle donne des aigreurs d’estomac.

 

En réalité, nos médisances, ne disent pas grand chose de tangible sur la personne qui en fait l’objet et inversement, elles sont très bavardes quant à la personnalité de ceux qui la pratiquent. Autant donc nous intéresser à ce que nos médisances nous disent de nous-mêmes, de nos inquiétudes, de nos valeurs, de nos limites, de nos besoins d’affirmation de nous-mêmes. En d’autres termes, gardons nos désirs de médisance pour nous et penchons-nous sur ce miroir de nous-mêmes pour mieux nous accepter et, le cas échéant, faire une belle demande à la personne concernée plutôt que de lui tirer dans le dos. Voir:

 

2 -Les jugements

Nous passons des jugements sur tout, sur tout le mode, tout le temps. D’aucuns prétendent qu’il faut arrêter de juger, c’est non seulement impossible mais aussi pas très utile. Ce qui est utile, c’est de ramollir nos jugements brutaux d’autrui, nos conclusions hâtives, à l’emporte-pièce sur leurs comportements, leurs choix et leurs valeurs. Tout comme les jugements brutaux que nous passons sur nous-mêmes.

 

Chercher à comprendre les mécanismes qui mènent à une décision ou qui génèrent une attitude, s’ouvrir à une pensée, des discours ou des idées différentes des nôtres, se donner le droit de ne pas être d’accord sans pour autant considérer l’autre comme un crétin patenté favorise l’apaisement des relations, l’acceptation et la confiance mutuelle. Voir:

 

3- Les comparaisons douteuses

Si la comparaison a des bénéfices lorsqu’elle permet de renforcer la confiance en soi, de nourrir l’ambition et la motivation, elle peut aussi être du gavage à égo ou une broyeuse à estime de soi. La comparaison renferme donc un risque constant de se démolir le moral et de générer de la frustration, ou bien de créer une image de soi sur-estimée que la vie aura tôt fait de venir écorner… au détriment de l’estime de soi.

 

Il est donc utile au sentiment de satisfaction dans la vie et au moral d’établir une échelle de valeur en fonction de nous-mêmes plutôt que de l’image d’Epinal de la “réussite sociale” et d’apprendre à mettre la comparaison à son service en laissant de côté les comparaisns douteuses, à avoir dévalorisantes ou survalorisantes, pour que les autres ne ne renvoient pas le miroir de nos insuffixances, de nos manquements, de notre isolement, et qu’inversement certains puissent nous servir de mentors, que nous puissions nous inspirer d’eux pour aller vers des objectifs importants à nos yeux. Voir:

 

 

3 habitudes à adopter pour améliorer l’humeur

Inversement, un état d’esprit positif et dynamique se travaille en adoptant des attitudes, des habitudes qui remettent du plaisir et de la joie de vivre dans notre quotidien.

 

 1- Les vitamines mentales

Apprendre à savourer l’instant présent au travers de l’exploration des particules de plaisir qui nous entourent, le plus souvent à notre insu, tant nous sommes focalisés sur les sources de désagréments. Redevenir en capacité de goûter quelques secondes de plaisir, de prendre le temps d’apprécier une réussite, un instant clément ou la beauté du monde, c’est procéder à un ré-équilibrage émotionnel salutaire: il n’y a pas que du morose, du sinistre ou de l’agaçant dans nos vies, il y a aussi du beau, du bon, du bien.

 

Rétablir cet équilibre renforce l’estime de soi, la bonne humeur, la joie de vivre et la capacité à faire face aux hauts et aux bas de nos vies professionnelles. Voir:

 

2- La glandouille décomplexée

Buller réconcilie notre cerveau avec la vie trépidante et ultra-connectée que nous lui imposons. Entre toutes les constantes sollicitations et stimulations de nos vies professionnelles, il se fatigue. Et un cerveau fatigué est moins efficace, il lui faut plus de temps pour achever une tâche. Du coup on s’agace, on s’inquiète et/ou un se décourage. Donc on le sollicite davantage, pour compenser: la porte ouverte à un cercle vicieux qui mène tout droit au burnout.

 

Il a besoin de temps de repos pour se ressourcer, se renforcer face à un monde psychotoxique et rien de tel qu’un instant passé à ne rien faire – au sens d’aucune activité autre qu’être avec soi-même – pour lui permettre de se mettre en veille, de récupérer et ainsi éviter la surchauffe. Il en ressort rechargé, dynamisé, bref, dispos et prêt à s’y remettre avec efficacité. Combien de temps? Il est à ajuster en fonction de l’intensité de vos activités: Saint François de Sales disait “Une demi-heure de méditation est essentielle sauf quand on est très occupé. Alors une heure est nécessaire.”

 

Il s’agit donc de céder à la flemme de temps à autres, de pratiquer la procrastination positive, de façon à pousser les murs de nos agendas surchargés et nous offrir un momment de glandouille décomplexée passé à peigner la girafe, à rêvasser ou à méditer. Voir:

 

3- La biendisance

Pendant positif de la médisance, chercher ce qui est beau, bien, intéressant, positif chez nos contemporains et en parler est une manière de générer et d’entretenir les sentiments d’appartenance et de reconnaissance sans maussaderie ou venin. En vertu du principe que le miel s’avale mieux que le fiel, autant nous nourrir des jolies caractéristiques de notre entourage que de focaliser sur leurs manquements et l’innénarrable méchanceté du monde.

 

D’autre part, biendire d’autrui nous rend plus sympathiques, plus attirants, plus dignes de confiance, et les relations ainsi générées favorisent l’estime de soi. Aussi essayons-nous à cette activité plaisante en focalisant sur les qualités, les talents, les accomplissements de notre entourage. Voir:

 

 

Voir aussi

 

101 principes pour être heureux

10 trucs pour prendre plus de plaisir au travail et moins procrastiner

Émotions: éloge du plaisir
Rôle des émotions: la joie
Le rire, remède universel

Cultiver l’optimisme:10 bonnes raisons et 7 pistes

Produire vs induire le sentiment d’être heureux

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Pour construire, entretenir et développer un état d’esprit et un relationnel à la fois dynamiques et sereins,  propices à la réussite de vos objectifs professionnels, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Le plaisir/bonheur au travail, c’est bien autre chose que multiplier les récrés!

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle

 

 

Maintenant que le burnout menace une quantité non négligeable de travailleurs, être heureux au travail est au centre des préoccupations et la réflexion sur le sujet donne lieu à tout un tas de tentatives et expérimentations pas toujours très efficaces. Le “fun” au travail, sous la forme d’activités ludiques, est potentiellement l’une de ces fausses bonnes idées. L’occasion de proposer à défaut d’une définition complète, quelques éléments réellement constitutifs du plaisir au travail.

 

Le plaisir au travail, ce n'est pas des activités connexes fun, c'est prendre du plaisir dans l'exécution de ses tâches

 

 

Le fun modélisé au travail: chronique d’une fausse bonne idée

 

Des tombereaux d’études ont montrés trois points qu’il est grand temps de ranger dans le tiroirs à “acquis”:

 

Dont acte. Passons à une question plus intéressante: être heureux au travail, c’est quoi?

 

La gestion du stress, puis la prévention des risques psychosociaux sont devenus “bonheur au travail”. Laurence Vanhée, Chief Happiness Officer de la sécurité sociale belge et porte-drapeau du concept de bonheur au travail, propose une vision résolument optimiste et réjouissante du travail qui n’a rien du blabla version marque employeur, car elle se traduit par des actions et mesures concrètes et intelligentes dont l’objectif est le plaisir de travailler,et en particulier de travailler ensemble, dans la bonne humeur.

 

Malheureusement, tout le monde n’est pas Laurence Vanhée. Voyant dans le concept une merveilleuse occasion de javellisation sémantique, le bonheur au travaill a vu pondre du y’a-qu-à-faut-qu’on en forme de modelisation rassurante pour les RH et ripolinée de rose bonbon par les cabinets de consultants et le management. Et parmi toutes ces techniques, ce qui est de l’ordre du “fun au travail” concept pas totalement crétin au départ, commence à faire l’objet de mesures pas si futées.

 

Ainsi, il semblerait que pour être heureux au travail, il faut avoir un environnement “fun” avec des jeux, des couleurs et se voir proposer des activités extra-professionnelles “fun”. Le Monde a publié un article – Siffler en travaillant – sur une étude qui montre que tout cela est plutôt contre-productif. On a un peu envie de soulever un sourcil sarcastique et de dire “sans blague”.

 

 

 

Etre heureux au travail, ce autre chose que multiplier les récrés!

 

Car être heureux au travail signifie-t-il avoir l’opportunité merveilleuse d’aller faire un un babyfoot avec le département R&D? Sérieusement? On voudrait nous faire croire que ça développe l’esprit d’équipe et “une saine compétition” que de se sentir obligé d’aller faire un bowling avec le département juridique? Qu’avons donc nous fait de notre bon sens pour en arriver là?

 

Oui, cher Monde, nous sommes d’accord: il est évident que le fun imposé ne convient pas à tout le monde et qu’il est une fausse bonne idée de classe internationale. Le fun et le plaisir sont des sentiments complètement individuels, qui ne peuvent donc pas être modélisés d’une part, et les à-côtés soit-disant ludiques du boulot ne sont pas vraiment la question d’autre part.

 

Car s’amuser au travail n’a j’amais signifié multiplier les récrés, n’en déplaise aux théoriciens du management absurde, il signifie prendre du plaisir dans nos tâches professionnelles et dans la façon de les exécuter.

 

Effectivement, on pourrait nous donner autant de holodecks qu’on veut afin que chacun puisse trouver son fun à lui, pour faire un break sur son temps de travail, depuis aller massacrer du zombie dans un jeu vidéo jusqu’à écouter de l’opéra, en passant par construire des cathédrales en légo ou peigner la girafe. Mais ce n’est pas pour ça qu’ensuite, de retour à notre poste, nous aurons un sourire emprunt de bonheur et l’âme pleine d’un bien-être über-performant à l’idée de faire l’une de ces tâches fastidieuses inhérentes à notre fonction. Ou que nous serons réjouis à l’idée de servir de réceptacle aux emportements d’un patron bilieux ou d’un collègue soupe au lait.

 

 

 

Des espaces ludiques juste pour lâcher du lest

 

Offrir des espaces et des activités ludiques comme soupape de sécurité pour aller lâcher du lest dans les périodes de coups de bourre, ou déconnecter quelques instants histoire de reposer son cerveau en surchauffe est une bonne idée. A condition qu’ils ne soient que cela, et non pas une bonne excuse qui évite aux entreprise de ne pas remettre en cause un management générateur de stress. Voir à ce sujet

“Ces idées festives sont souvent une solution de facilité adoptée par les managers pour se donner et donner aux autres l’illusion du bonheur.” dit l’article du Monde. Les managers sont des bouc-émissaires faciles, il s’agit probablement plutôt de choix managériaux venus de l’entreprise, désireuse d’une bonne couche de peinture version marque employeur, histoire de “fidéliser les talents”, pour reprendre un de ces termes en vogue (Talents, engagez-vous, c’est trop fun de bosser chez nous).

 

 

 

Laisser libre cours au fun spontané

 

Les à-côtés ludiques au travail font parler d’eux en particulier depuis la guerre des Post-it de l’été 2011. Phénomène épatant, puis décortiqué avec une bêtise confondante, soit pour condamner, soit pour modéliser du fun obligatoire soit-disant source de plaisir. Un événement spontané, du genre potache en plein ennui estival n’a de bénéfices que s’il reste de qu’il est. Lui laisser libre cours? Bien sûr, il est aussi temporaire que générateur d’énergie positive. En faire une technique de management? Ca ne mérite même pas un commentaire!

 

 

 

Définir le plaisir au travail

 

Etre heureux au travail, c’est donc avoir la possibilité de trouver du plaisir dans nos tâches professionnelles. Pour que ce soit le cas, il est indispensable que chacun bénéficie d’un cadre dans lequel il va pouvoir mettre en oeuvre ses propres façons de combler ses besoins professionnels et pouvoir ainsi aller vers le plaisir plutôt que de consacrer l’essentiel de son temps à éviter de trop souffrir.

 

Pour le SNPHAR, “Le travail qui permet de réaliser ses aspirations est source de plaisir: plaisir d’estime de soi par les contacts et la relation à l’autre, plaisir altruiste d’être utile ou d’aider, plaisir de faire, plaisir de création et d’enrichissement personnel”. Ce qui nous donne quelques pistes utiles pour approfondir quelques éléments constitutifs du plaisir au travail.

 

 

1- Des missions en adéquation avec les sources de motivation individuelle

Francis Boyer, parle de “passer de la gestion des savoir-faire au management de l’aimer-faire”. Il s’agit de cesser de chercher à motiver chacun, mais bien de lui permettre de générer sa propre motivation en s’appuyant sur ses appétences lors de l’attribution d’une mission et non uniquement sur ses compétences. Au passage, la motivation intrinsèque issue du goût marqué pour la tâche à accomplir favorise le développement plus rapide de la compétence, lorsque celle-ci est nécéssaire.

 

Avoir du goût pour ses tâches est l’un des grands oubliés des définitions du plaisir au travail et il est grand temps de remettre l’appétence au centre du plaisir au travail.

2- Du plaisir dans les relations et le sentiment d’appartenance

Les relations sont au coeur de nos vies professionnelles et ont un impact majeur sur le sentiment d’être heureux au travail. Leur nature est déterminante en termes de sentiments d’appartenance et de reconnaissance, tous deux vecteurs de satisfaction. L’entreprise et les salariés sont co-responsables de cet environnement relationnel:

 

  • Le salarié est responsable de ses propres comportements toxiques et inversement de son amabilité, de sa bienveillance, de son esprit d’équipe, de sa capacité à collaborer.
  • L’entreprise est responsable du cadre dans lequel les relations se joue: limiter sa toxicité, arbitrer les conflits, virer les harceleurs et autres manipulateurs pervers, favoriser une ambiance saine et dénuée de jeux de pouvoir. Dès lors que l’environnement relationnel devient toxique, le salarié n’est plus en mesure de garantir seul une posture sereine et pro-sociale, il a avant tout besoin de se protéger.

A défaut d’être meilleur pote avec tout le monde (vu le fun qu’on a à faire du toboggan ensemble dans le hall trop ludique de notre boîte trop innovante), des relations a minima empreintes d’amabilité dans sa propre équipe, dans lesquelles chacun sait le rôle de chacun et la façon dont il peut s’appuyer sur ses collègues. Des relations sans autre enjeu que la collaboration, c’est à dire sans crainte des jeux de pouvoir et de l’égo, sans rôles relationnels nuisibles au bien-être, sans compétition interne. Elles peuvent alors devenir source de plaisir, en particulier parce qu’en minimisant la peur de l’autre, elles autorisent la bienveillance, la reconnaissance mutuelle des talents, accomplissements et compétences et l’esprit collaboratif.

 

3- Pouvoir exprimer ses talents naturels

L’exécution des tâches professionnelles autant que les relations interpersonnelles sont beaucoup plus agréables lorsque nous avons la possibilité d’y exprimer nos talents naturels en toute liberté. La recherche a montré qu’agir en s’appuyant sur ces talents, plutôt qu’en fonction d’un processus trop formaté, augmente de façon significative le plaisir que nous prenons à nos activités professionnelles.

 

4- Pouvoir exprimer ses besoins et être entendu

Si les besoins fondamentaux sont universels, leur expression (les envies) sont profondément individuels. En d’autres termes, personne ne peut savoir ce que nous voulons pour augmenter notre bien-être et notre plaisir au travail tant que nous ne l’exprimons pas. Et souvent, nous ne l’exprimons pas:

 

  • par crainte des jugements, des conséquences,
  • par résignation face aux demandes qui restent lettre morte

Il ne s’agit pas pour les entreprises de céder à tous les caprices de ses employés, mais bien de veiller à ce que chacun soit entendu et que la réponse apportée à ses demandes soient adéquate.

 

Ainsi l’envie d’autonomie, souvent donnée comme une condition sine qua non du plaisir au travail, va s’exprimer, en terme de degré, de façon très variable. Etre en mesure de s’exprimer dessus et d’être entendu est essentiel, faute de quoi la non satisfaction du besoin risque de générer angoisse, colère ou démotivation. Le degré de latitude dans l’exécution des tâches doit être déterminé non pas en fonction d’une norme ou d’une moyenne, mais en fonction du salarié.

 

De même pour la variété des tâches, l’ampleur des challenges ou des responsabilités. Affirmer qu’il faut des tâches variées pour ne pas s’ennuyer est une erreur, certains sont très heureux avec des tâches répétitives. Cessons donc de transformer des tendances en vérités universelles normatives et écoutons l’expression individuelle des besoins!

 

 

5- Trouver du sens à son travail

Le sens est un sentiment profondément personnel qui se rapproche du sentiment de contribuer, d’être utile à plus grand que soi et qui s’appuie sur les valeurs motrices de chacun. Il est parfaitement vain de vouloir “donner du sens”. Chacun d’entre nous va trouver du sens – ou pas – dans son activité professionnelle en fonction de sa propre perception de l’intérêt et de l’utilité de son job en général, de ses tâches en particulier et de le fierté qu’il a à exercer sa profession.

S’il est temps d’arrêter de vouloir donner du sens, faire en sorte que chaque employé, quel que soit son niveau hiérarchique sache pourquoi son job est important, soit informé des bénéfices de sa contribution pour l’entreprise est un moyen de lui donner la possibilité de générer davantage de sens, en particulier dans les grands groupes où il n’est pas toujours évident de voir les résultats concrets de son travail.

 

D’autre part, les entreprises qui donnent du sens à leur action, au travers de leur mission ou de leur engagement (environnemental ou social par exemple) ont des employés plus motivés et plus performants. “il y a un réel sentiment de fierté à appartenir à une entreprise socialement et environnementalement responsable” explique le Docteur Pekovic, chercheuse associée à la Chaire « Performance des Organisations » de l’Université Paris-Dauphine dans cet article des Echos:

Encore une fois, le principe de co-responsabilité entre l’entreprise et le salarié s’applique:

 

  • L’entreprise est responsable de la construction d’environnements de travail dans lesquels les employés disposeront de conditions favorables pour trouver le sens en question. Difficile de trouver qu’un boulot a du sens quand les délais sont intenables, qu’il est impossible de bien faire son travail ou que l’ambiance du service est parfaitement délétère.
  • Le salarié est responsable du sens qu’il trouve, ou pas dans le métier et la fonction qu’il exerce. Il lui revient d’évaluer le sens de son travail et d’agir, dans la marge de manoeuvre dont il dispose. Si la perte de sens est trop forte, il est peut-être temps d’envisager un changement de job ou une reconversion professionnelle.

D’autre part, pour qu’un job ait du sens, il est nécessaire qu’il s’inscrive dans une définition de la réussite en adéquation avec les aspirations de la personne qui l’exerce. Or ces aspirations peuvent évoluer en cours de vie professionnelle et sont nouvent négligées autant par le salarié que par l’entreprise. Par la réflexion individuelle et l’accompagnement tout au long de la carrière dans l’entreprise, les salariés peuvent être amenés à explorer leurs apsirations et, comble de l’optimisme, à leur donner corps.

 

Ressources complémentaires

Le plaisir au travail en période de crise – Jérôme Tougne

Refusons les tabous et osons parler de plaisir au travail - Guichets RH

Quitte à travailler, autant que ce soit avec plaisir, non? – Patrick Bouvard

 

 

 

Voir aussi

 

Job idéal: les 7 ingrédients du plaisir au travail
10 trucs pour prendre plus de plaisir au travail et moins procrastiner

Chroniques du plaisir au travail: halte à la morosité

Les 3 ingrédients d’une bonne journée au travail

La dynamique olympique au service du plaisir au travail

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Pour construire, entretenir et développer un état d’esprit à la fois dynamique et serein,  propice à la réussite de vos objectifs professionnels, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32