6 trucs simples pour se sentir plus heureux tout de suite

Sylvaine Pascual – Publié dans : Vitamines mentales / Bien-être et estime de soi

 

 

 

Nous passons beaucoup de temps en guerre avec les autres autres et peu de temps en paix avec nous-mêmes.Ca limite évidemment considérablement la possibilité de nous sentir heureux tout simplement. Voici donc trois attitudes à cesser et trois habitudes à mettre en place pour laisser un peu plus de place à la bonne humeur. Qui est contagieuse, ne l’oublions pas;)

 

 

3 attitudes à laisser tomber et 3 habitudes à adopter pour être plus heureux tout de suite

 

 

 

3 comportements à laisser tomber pour moins se plomber l’humeur

 

Certaines attitudes ont l’art de faire de nous des bipèdes amers, envieux, moroses, pessimistes, insatisfaits. Tout cela plombe le moral et ne nous donne pas envie d’agir dans le sens de ce que nous voulons pour nous-mêmes, autant en termes de vie professionnelle que personnelle. En d’autres termes, ces comportements entretiennent un état d’esprit désenchanté, à tendance passive, voire procrastinatrice.

 

Les laisser tomber, c’est désencombrer une partie de notre espace mental et faire de la place pour des habitudes ou des comportements plus réjouissants, plus nourrissants, plus dynamisants. En voilà trois:

 

 

1- La médisance

La médisance a ses vertus, puisqu’elle entretient le sentiment d’appartenance (au groupe qui voue Tartempion, cet abruti de classe internationale, aux gémonies) et le sentiment de reconnaissance (on est entre gens qui se comprennent et ont des valeurs communes). Cependant, elle ressemble plus à de la bile régurgitée qu’à une nourriture savoureuse à estime de soi et génère des interactions stériles (on ne change pas celui sur lequel on médit ou la relation qu’on a avec lui). Elle alimente l’amertume, les relations pourries et la méfiance mutuelle. Bref, elle donne des aigreurs d’estomac.

 

En réalité, nos médisances, ne disent pas grand chose de tangible sur la personne qui en fait l’objet et inversement, elles sont très bavardes quant à la personnalité de ceux qui la pratiquent. Autant donc nous intéresser à ce que nos médisances nous disent de nous-mêmes, de nos inquiétudes, de nos valeurs, de nos limites, de nos besoins d’affirmation de nous-mêmes. En d’autres termes, gardons nos désirs de médisance pour nous et penchons-nous sur ce miroir de nous-mêmes pour mieux nous accepter et, le cas échéant, faire une belle demande à la personne concernée plutôt que de lui tirer dans le dos. Voir:

 

2 -Les jugements

Nous passons des jugements sur tout, sur tout le mode, tout le temps. D’aucuns prétendent qu’il faut arrêter de juger, c’est non seulement impossible mais aussi pas très utile. Ce qui est utile, c’est de ramollir nos jugements brutaux d’autrui, nos conclusions hâtives, à l’emporte-pièce sur leurs comportements, leurs choix et leurs valeurs. Tout comme les jugements brutaux que nous passons sur nous-mêmes.

 

Chercher à comprendre les mécanismes qui mènent à une décision ou qui génèrent une attitude, s’ouvrir à une pensée, des discours ou des idées différentes des nôtres, se donner le droit de ne pas être d’accord sans pour autant considérer l’autre comme un crétin patenté favorise l’apaisement des relations, l’acceptation et la confiance mutuelle. Voir:

 

3- Les comparaisons douteuses

Si la comparaison a des bénéfices lorsqu’elle permet de renforcer la confiance en soi, de nourrir l’ambition et la motivation, elle peut aussi être du gavage à égo ou une broyeuse à estime de soi. La comparaison renferme donc un risque constant de se démolir le moral et de générer de la frustration, ou bien de créer une image de soi sur-estimée que la vie aura tôt fait de venir écorner… au détriment de l’estime de soi.

 

Il est donc utile au sentiment de satisfaction dans la vie et au moral d’établir une échelle de valeur en fonction de nous-mêmes plutôt que de l’image d’Epinal de la “réussite sociale” et d’apprendre à mettre la comparaison à son service en laissant de côté les comparaisns douteuses, à avoir dévalorisantes ou survalorisantes, pour que les autres ne ne renvoient pas le miroir de nos insuffixances, de nos manquements, de notre isolement, et qu’inversement certains puissent nous servir de mentors, que nous puissions nous inspirer d’eux pour aller vers des objectifs importants à nos yeux. Voir:

 

 

3 habitudes à adopter pour améliorer l’humeur

Inversement, un état d’esprit positif et dynamique se travaille en adoptant des attitudes, des habitudes qui remettent du plaisir et de la joie de vivre dans notre quotidien.

 

 1- Les vitamines mentales

Apprendre à savourer l’instant présent au travers de l’exploration des particules de plaisir qui nous entourent, le plus souvent à notre insu, tant nous sommes focalisés sur les sources de désagréments. Redevenir en capacité de goûter quelques secondes de plaisir, de prendre le temps d’apprécier une réussite, un instant clément ou la beauté du monde, c’est procéder à un ré-équilibrage émotionnel salutaire: il n’y a pas que du morose, du sinistre ou de l’agaçant dans nos vies, il y a aussi du beau, du bon, du bien.

 

Rétablir cet équilibre renforce l’estime de soi, la bonne humeur, la joie de vivre et la capacité à faire face aux hauts et aux bas de nos vies professionnelles. Voir:

 

2- La glandouille décomplexée

Buller réconcilie notre cerveau avec la vie trépidante et ultra-connectée que nous lui imposons. Entre toutes les constantes sollicitations et stimulations de nos vies professionnelles, il se fatigue. Et un cerveau fatigué est moins efficace, il lui faut plus de temps pour achever une tâche. Du coup on s’agace, on s’inquiète et/ou un se décourage. Donc on le sollicite davantage, pour compenser: la porte ouverte à un cercle vicieux qui mène tout droit au burnout.

 

Il a besoin de temps de repos pour se ressourcer, se renforcer face à un monde psychotoxique et rien de tel qu’un instant passé à ne rien faire – au sens d’aucune activité autre qu’être avec soi-même – pour lui permettre de se mettre en veille, de récupérer et ainsi éviter la surchauffe. Il en ressort rechargé, dynamisé, bref, dispos et prêt à s’y remettre avec efficacité. Combien de temps? Il est à ajuster en fonction de l’intensité de vos activités: Saint François de Sales disait “Une demi-heure de méditation est essentielle sauf quand on est très occupé. Alors une heure est nécessaire.”

 

Il s’agit donc de céder à la flemme de temps à autres, de pratiquer la procrastination positive, de façon à pousser les murs de nos agendas surchargés et nous offrir un momment de glandouille décomplexée passé à peigner la girafe, à rêvasser ou à méditer. Voir:

 

3- La biendisance

Pendant positif de la médisance, chercher ce qui est beau, bien, intéressant, positif chez nos contemporains et en parler est une manière de générer et d’entretenir les sentiments d’appartenance et de reconnaissance sans maussaderie ou venin. En vertu du principe que le miel s’avale mieux que le fiel, autant nous nourrir des jolies caractéristiques de notre entourage que de focaliser sur leurs manquements et l’innénarrable méchanceté du monde.

 

D’autre part, biendire d’autrui nous rend plus sympathiques, plus attirants, plus dignes de confiance, et les relations ainsi générées favorisent l’estime de soi. Aussi essayons-nous à cette activité plaisante en focalisant sur les qualités, les talents, les accomplissements de notre entourage. Voir:

 

 

Voir aussi

 

101 principes pour être heureux

10 trucs pour prendre plus de plaisir au travail et moins procrastiner

Émotions: éloge du plaisir
Rôle des émotions: la joie
Le rire, remède universel

Cultiver l’optimisme:10 bonnes raisons et 7 pistes

Produire vs induire le sentiment d’être heureux

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Pour construire, entretenir et développer un état d’esprit et un relationnel à la fois dynamiques et sereins,  propices à la réussite de vos objectifs professionnels, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Le plaisir/bonheur au travail, c’est bien autre chose que multiplier les récrés!

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle

 

 

Maintenant que le burnout menace une quantité non négligeable de travailleurs, être heureux au travail est au centre des préoccupations et la réflexion sur le sujet donne lieu à tout un tas de tentatives et expérimentations pas toujours très efficaces. Le “fun” au travail, sous la forme d’activités ludiques, est potentiellement l’une de ces fausses bonnes idées. L’occasion de proposer à défaut d’une définition complète, quelques éléments réellement constitutifs du plaisir au travail.

 

Le plaisir au travail, ce n'est pas des activités connexes fun, c'est prendre du plaisir dans l'exécution de ses tâches

 

 

Le fun modélisé au travail: chronique d’une fausse bonne idée

 

Des tombereaux d’études ont montrés trois points qu’il est grand temps de ranger dans le tiroirs à “acquis”:

 

Dont acte. Passons à une question plus intéressante: être heureux au travail, c’est quoi?

 

La gestion du stress, puis la prévention des risques psychosociaux sont devenus “bonheur au travail”. Laurence Vanhée, Chief Happiness Officer de la sécurité sociale belge et porte-drapeau du concept de bonheur au travail, propose une vision résolument optimiste et réjouissante du travail qui n’a rien du blabla version marque employeur, car elle se traduit par des actions et mesures concrètes et intelligentes dont l’objectif est le plaisir de travailler,et en particulier de travailler ensemble, dans la bonne humeur.

 

Malheureusement, tout le monde n’est pas Laurence Vanhée. Voyant dans le concept une merveilleuse occasion de javellisation sémantique, le bonheur au travaill a vu pondre du y’a-qu-à-faut-qu’on en forme de modelisation rassurante pour les RH et ripolinée de rose bonbon par les cabinets de consultants et le management. Et parmi toutes ces techniques, ce qui est de l’ordre du “fun au travail” concept pas totalement crétin au départ, commence à faire l’objet de mesures pas si futées.

 

Ainsi, il semblerait que pour être heureux au travail, il faut avoir un environnement “fun” avec des jeux, des couleurs et se voir proposer des activités extra-professionnelles “fun”. Le Monde a publié un article – Siffler en travaillant – sur une étude qui montre que tout cela est plutôt contre-productif. On a un peu envie de soulever un sourcil sarcastique et de dire “sans blague”.

 

 

 

Etre heureux au travail, ce autre chose que multiplier les récrés!

 

Car être heureux au travail signifie-t-il avoir l’opportunité merveilleuse d’aller faire un un babyfoot avec le département R&D? Sérieusement? On voudrait nous faire croire que ça développe l’esprit d’équipe et “une saine compétition” que de se sentir obligé d’aller faire un bowling avec le département juridique? Qu’avons donc nous fait de notre bon sens pour en arriver là?

 

Oui, cher Monde, nous sommes d’accord: il est évident que le fun imposé ne convient pas à tout le monde et qu’il est une fausse bonne idée de classe internationale. Le fun et le plaisir sont des sentiments complètement individuels, qui ne peuvent donc pas être modélisés d’une part, et les à-côtés soit-disant ludiques du boulot ne sont pas vraiment la question d’autre part.

 

Car s’amuser au travail n’a j’amais signifié multiplier les récrés, n’en déplaise aux théoriciens du management absurde, il signifie prendre du plaisir dans nos tâches professionnelles et dans la façon de les exécuter.

 

Effectivement, on pourrait nous donner autant de holodecks qu’on veut afin que chacun puisse trouver son fun à lui, pour faire un break sur son temps de travail, depuis aller massacrer du zombie dans un jeu vidéo jusqu’à écouter de l’opéra, en passant par construire des cathédrales en légo ou peigner la girafe. Mais ce n’est pas pour ça qu’ensuite, de retour à notre poste, nous aurons un sourire emprunt de bonheur et l’âme pleine d’un bien-être über-performant à l’idée de faire l’une de ces tâches fastidieuses inhérentes à notre fonction. Ou que nous serons réjouis à l’idée de servir de réceptacle aux emportements d’un patron bilieux ou d’un collègue soupe au lait.

 

 

 

Des espaces ludiques juste pour lâcher du lest

 

Offrir des espaces et des activités ludiques comme soupape de sécurité pour aller lâcher du lest dans les périodes de coups de bourre, ou déconnecter quelques instants histoire de reposer son cerveau en surchauffe est une bonne idée. A condition qu’ils ne soient que cela, et non pas une bonne excuse qui évite aux entreprise de ne pas remettre en cause un management générateur de stress. Voir à ce sujet

“Ces idées festives sont souvent une solution de facilité adoptée par les managers pour se donner et donner aux autres l’illusion du bonheur.” dit l’article du Monde. Les managers sont des bouc-émissaires faciles, il s’agit probablement plutôt de choix managériaux venus de l’entreprise, désireuse d’une bonne couche de peinture version marque employeur, histoire de “fidéliser les talents”, pour reprendre un de ces termes en vogue (Talents, engagez-vous, c’est trop fun de bosser chez nous).

 

 

 

Laisser libre cours au fun spontané

 

Les à-côtés ludiques au travail font parler d’eux en particulier depuis la guerre des Post-it de l’été 2011. Phénomène épatant, puis décortiqué avec une bêtise confondante, soit pour condamner, soit pour modéliser du fun obligatoire soit-disant source de plaisir. Un événement spontané, du genre potache en plein ennui estival n’a de bénéfices que s’il reste de qu’il est. Lui laisser libre cours? Bien sûr, il est aussi temporaire que générateur d’énergie positive. En faire une technique de management? Ca ne mérite même pas un commentaire!

 

 

 

Définir le plaisir au travail

 

Etre heureux au travail, c’est donc avoir la possibilité de trouver du plaisir dans nos tâches professionnelles. Pour que ce soit le cas, il est indispensable que chacun bénéficie d’un cadre dans lequel il va pouvoir mettre en oeuvre ses propres façons de combler ses besoins professionnels et pouvoir ainsi aller vers le plaisir plutôt que de consacrer l’essentiel de son temps à éviter de trop souffrir.

 

Pour le SNPHAR, ”Le travail qui permet de réaliser ses aspirations est source de plaisir: plaisir d’estime de soi par les contacts et la relation à l’autre, plaisir altruiste d’être utile ou d’aider, plaisir de faire, plaisir de création et d’enrichissement personnel”. Ce qui nous donne quelques pistes utiles pour approfondir quelques éléments constitutifs du plaisir au travail.

 

 

1- Des missions en adéquation avec les sources de motivation individuelle

Francis Boyer, parle de “passer de la gestion des savoir-faire au management de l’aimer-faire”. Il s’agit de cesser de chercher à motiver chacun, mais bien de lui permettre de générer sa propre motivation en s’appuyant sur ses appétences lors de l’attribution d’une mission et non uniquement sur ses compétences. Au passage, la motivation intrinsèque issue du goût marqué pour la tâche à accomplir favorise le développement plus rapide de la compétence, lorsque celle-ci est nécéssaire.

 

Avoir du goût pour ses tâches est l’un des grands oubliés des définitions du plaisir au travail et il est grand temps de remettre l’appétence au centre du plaisir au travail.

2- Du plaisir dans les relations et le sentiment d’appartenance

Les relations sont au coeur de nos vies professionnelles et ont un impact majeur sur le sentiment d’être heureux au travail. Leur nature est déterminante en termes de sentiments d’appartenance et de reconnaissance, tous deux vecteurs de satisfaction. L’entreprise et les salariés sont co-responsables de cet environnement relationnel:

 

  • Le salarié est responsable de ses propres comportements toxiques et inversement de son amabilité, de sa bienveillance, de son esprit d’équipe, de sa capacité à collaborer.
  • L’entreprise est responsable du cadre dans lequel les relations se joue: limiter sa toxicité, arbitrer les conflits, virer les harceleurs et autres manipulateurs pervers, favoriser une ambiance saine et dénuée de jeux de pouvoir. Dès lors que l’environnement relationnel devient toxique, le salarié n’est plus en mesure de garantir seul une posture sereine et pro-sociale, il a avant tout besoin de se protéger.

A défaut d’être meilleur pote avec tout le monde (vu le fun qu’on a à faire du toboggan ensemble dans le hall trop ludique de notre boîte trop innovante), des relations a minima empreintes d’amabilité dans sa propre équipe, dans lesquelles chacun sait le rôle de chacun et la façon dont il peut s’appuyer sur ses collègues. Des relations sans autre enjeu que la collaboration, c’est à dire sans crainte des jeux de pouvoir et de l’égo, sans rôles relationnels nuisibles au bien-être, sans compétition interne. Elles peuvent alors devenir source de plaisir, en particulier parce qu’en minimisant la peur de l’autre, elles autorisent la bienveillance, la reconnaissance mutuelle des talents, accomplissements et compétences et l’esprit collaboratif.

 

3- Pouvoir exprimer ses talents naturels

L’exécution des tâches professionnelles autant que les relations interpersonnelles sont beaucoup plus agréables lorsque nous avons la possibilité d’y exprimer nos talents naturels en toute liberté. La recherche a montré qu’agir en s’appuyant sur ces talents, plutôt qu’en fonction d’un processus trop formaté, augmente de façon significative le plaisir que nous prenons à nos activités professionnelles.

 

4- Pouvoir exprimer ses besoins et être entendu

Si les besoins fondamentaux sont universels, leur expression (les envies) sont profondément individuels. En d’autres termes, personne ne peut savoir ce que nous voulons pour augmenter notre bien-être et notre plaisir au travail tant que nous ne l’exprimons pas. Et souvent, nous ne l’exprimons pas:

 

  • par crainte des jugements, des conséquences,
  • par résignation face aux demandes qui restent lettre morte

Il ne s’agit pas pour les entreprises de céder à tous les caprices de ses employés, mais bien de veiller à ce que chacun soit entendu et que la réponse apportée à ses demandes soient adéquate.

 

Ainsi l’envie d’autonomie, souvent donnée comme une condition sine qua non du plaisir au travail, va s’exprimer, en terme de degré, de façon très variable. Etre en mesure de s’exprimer dessus et d’être entendu est essentiel, faute de quoi la non satisfaction du besoin risque de générer angoisse, colère ou démotivation. Le degré de latitude dans l’exécution des tâches doit être déterminé non pas en fonction d’une norme ou d’une moyenne, mais en fonction du salarié.

 

De même pour la variété des tâches, l’ampleur des challenges ou des responsabilités. Affirmer qu’il faut des tâches variées pour ne pas s’ennuyer est une erreur, certains sont très heureux avec des tâches répétitives. Cessons donc de transformer des tendances en vérités universelles normatives et écoutons l’expression individuelle des besoins!

 

 

5- Trouver du sens à son travail

Le sens est un sentiment profondément personnel qui se rapproche du sentiment de contribuer, d’être utile à plus grand que soi et qui s’appuie sur les valeurs motrices de chacun. Il est parfaitement vain de vouloir “donner du sens”. Chacun d’entre nous va trouver du sens – ou pas – dans son activité professionnelle en fonction de sa propre perception de l’intérêt et de l’utilité de son job en général, de ses tâches en particulier et de le fierté qu’il a à exercer sa profession.

S’il est temps d’arrêter de vouloir donner du sens, faire en sorte que chaque employé, quel que soit son niveau hiérarchique sache pourquoi son job est important, soit informé des bénéfices de sa contribution pour l’entreprise est un moyen de lui donner la possibilité de générer davantage de sens, en particulier dans les grands groupes où il n’est pas toujours évident de voir les résultats concrets de son travail.

 

D’autre part, les entreprises qui donnent du sens à leur action, au travers de leur mission ou de leur engagement (environnemental ou social par exemple) ont des employés plus motivés et plus performants. “il y a un réel sentiment de fierté à appartenir à une entreprise socialement et environnementalement responsable” explique le Docteur Pekovic, chercheuse associée à la Chaire « Performance des Organisations » de l’Université Paris-Dauphine dans cet article des Echos:

Encore une fois, le principe de co-responsabilité entre l’entreprise et le salarié s’applique:

 

  • L’entreprise est responsable de la construction d’environnements de travail dans lesquels les employés disposeront de conditions favorables pour trouver le sens en question. Difficile de trouver qu’un boulot a du sens quand les délais sont intenables, qu’il est impossible de bien faire son travail ou que l’ambiance du service est parfaitement délétère.
  • Le salarié est responsable du sens qu’il trouve, ou pas dans le métier et la fonction qu’il exerce. Il lui revient d’évaluer le sens de son travail et d’agir, dans la marge de manoeuvre dont il dispose. Si la perte de sens est trop forte, il est peut-être temps d’envisager un changement de job ou une reconversion professionnelle.

D’autre part, pour qu’un job ait du sens, il est nécessaire qu’il s’inscrive dans une définition de la réussite en adéquation avec les aspirations de la personne qui l’exerce. Or ces aspirations peuvent évoluer en cours de vie professionnelle et sont nouvent négligées autant par le salarié que par l’entreprise. Par la réflexion individuelle et l’accompagnement tout au long de la carrière dans l’entreprise, les salariés peuvent être amenés à explorer leurs apsirations et, comble de l’optimisme, à leur donner corps.

 

Ressources complémentaires

Le plaisir au travail en période de crise - Jérôme Tougne

Refusons les tabous et osons parler de plaisir au travail - Guichets RH

Quitte à travailler, autant que ce soit avec plaisir, non? – Patrick Bouvard

 

 

 

Voir aussi

 

Job idéal: les 7 ingrédients du plaisir au travail
10 trucs pour prendre plus de plaisir au travail et moins procrastiner

Chroniques du plaisir au travail: halte à la morosité

Les 3 ingrédients d’une bonne journée au travail

La dynamique olympique au service du plaisir au travail

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Pour construire, entretenir et développer un état d’esprit à la fois dynamique et serein,  propice à la réussite de vos objectifs professionnels, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

 

3 clés pour renforcer la confiance en soi

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi / Talents et ressources

 

 

 

La confiance en soi n’est pas un don du ciel, nous en sommes les artisans. De même, nous avons construit un manque de confiance chronique ou temporaire suite un événement malheureux ou des comportements malencontreux de la part d’autrui. Dans tous les cas, il n’est pas une fatalité, alors sortons nos truelles et marteaux: Martine Teillac, psychanaliste, nous livre trois clés pour renforcer les fondations de notre confiance en nous

 

 

 

3 clés pour augmenter le confiance en soiDéfinir la confiance en soi

 

Selon Direct 8, 75% des gens manqueraient de confiance en eux. Qui ne s’est jamais senti mal à l’aise face à une situation donnée, le plus souvent sans oser le dire et dont les projets professionnels se sont retrouvés entravés?

 

Un déficit, même mineur, de confiance en soi peut transformer certaines actions à mener en épreuves dévoreuses d’énergie: parler de soi en entretien d’embauche, convaincre un partenaire potentiel, prendre son téléphone, construire ou interagir avec son réseau etc… Et il n’y a pas d’échelle unverselle des actions difficiles à mener ou non: le sentiment d’inconfort va se loger là où le manque de confiance s’exprime, ce qui est très variable en fonction des personnes. Inutile donc de dire “Il n’y a rien à craindre” à une personne angoissée à l’idée de passer un entretien d’embauche, car la raison n’a rien à voir là-dedans.

 

En ces temps ou la norme nous dicte d’être extravertis et dynamiques, on associe un peu trop vite le manque de confiance en soi avec la timidité. Nul besoin d’être un timide introverti en retrait version carpe planquée sous un cailloux pour manquer d’assurance dans certaines circonstances. Car la confiance en soi, c’est l’idée que nous nous faisons de notre capacité à affronter une situation donnée. Du coup, il est à l’évidence impossible de se sentir sûr(e) de soi en permanence, car nous n’avons pas toutes les compétences nécessaires pour faire face à tout. Cependant, bien se connaître et reconnaître nos capacités permet de se sentir plus serein face aux aléas de nos vies professionnelles.

 

 

 

Les conséquences du manque d’assurance

 

Le malaise qui découle du manque de confiance peut générer une maladresse relationnelle bien pénalisante:

 

En bref, le manque de confiance en soi peut mener tout droit aux stratégies d’échec et à la procrastination.

 

 

 

(Re)construire la confiance

 

Le manque d’assurance ou de confiance en soi n’est pas une fatalité: la confiance en soi se construit, se façonne et s’entretient au travers de techniques et d’actions concrètes. Martine Teillac, psychanalyste et psychothérapeute, lors d’une interview pour Direct 8, explique que ce travail de construction s’articule autour de trois aspects:

 

 

1- le discours intérieur 

Arrêtons d’exacerber nos défauts et d’oublier nos qualités. “Le dialogue intérieur (…) va conditionner notre comportement, explique Martine Teillac. Ca peut être des phrases très simples, par exemple je croise ma voisine qui ne me dit pas bonjour et je me dis “bon sang je suis nul(le)”. J’aurais pu penser “ma voisine a des préoccupations, elle n’a pas la tête à ça” et je ne me remets pas en question.”

 

En d’autres termes, repérons dans nos discours intérieurs tout ce qui est de l’ordre de la dévalorisation, de l’interprétation abusive qui nous déprécie et remplaçons ces pensées par un discours plus objectif (et non pas positif), de façon à éviter une dévalorisation paralysante et favoriser un regard sur soi plus bienveillant et motivant:

 

 

 

2- la construction de sa propre échelle de valeur: se détacher du passé

“Lorsque nous avons eu des parents qui ont mis systématiquement le doigt sur ce qui n’allait pas, on va avoir tendance à faire de même. Donc remettre le passé à sa place, reconsidérer les critiques des parents, leurs injonctions et construire notre propre système de valeurs, notre propre échelle personnelle”, conseille la psychanalyste.

 

L’éducation et les personnes qui s’en sont chargées nous ont transmis des wagons de croyances limitantes qui entretiennent un regard et un état d’esprit négatifs sur nous-mêmes. Leur rendre leurs convictions et construire des systèmes de croyances qui nous sont propres, qui correspondent à ce que nous pensons et ce que nous voulons aide à croire… en nous-mêmes. Quelques pistes pour remettre le passé à sa place et construire notre présent:

3- le passage à l’action accompagné de l’évaluation des talents mis en oeuvre 

Le passage à l’action, quitte à le faire à petits pas plutôt que de sauter dans le grand bain d’un coup, est la condition indispensable du renfrcement de la confiance en soi, car il nous apporte des preuves de nos capacités à chaque challenge relevé.

 

Martine Teillac propose d’auto-évaluer, sur une échelle de 1 à 10, notre confiance en nous dans des situations précises. “Il y a fort à parier que vous serez très rarement au point zéro de votre compétence, de votre savoir-faire ou savoir-être”. Réalisant cela, “vous allez prendre appui sur le fait que l’estimation que vous faisiez de vous-même était peut-être prodigieusement sévère et pas si en adéquation avec la réalité des comportements que vous mettez en oeuvre”.

 

Ce constat favorise le passage à l’action, car suite à cette prise de conscience et à l’analyse des compétences, ressources, qualités, talents dont nous disposons, nous sommes plus enclins à avoir envie d’agir, y compris en dehors de notre zone de confort. Renouons donc avec ces ressources:

 

 

 

 

Voir aussi

 

Se parler à soi-même comme on voudrait qu’on nous parle

Les qualités de nos défauts

L’estime de soi: la beauté des laids

Tirer les leçons de nos expériences

Confiance en soi: la raison et les tripes

L’identité: acteur ou spectateur de sa propre vie?

Sortir de sa zone de confort

Accomplissements et talents naturels

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Pour construire, entretenir et développer un état d’esprit à la fois dynamique et serein,  propice à la réussite de vos objectifs professionnels, pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Déterminer s’il est temps de changer de métier (3): les relations pourries

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Reconversion / Compétences relationnelles

 

 

Les mésententes et incompatibilités relationnelles sont un déclencheur fréquent d’envie de changer de métier. Mais l’association entre ambiance détestable dans le job actuel et dans le métier en général est parfois un peu trop rapide. Souvent, une atmosphère pénible dans les relations de travail n’est pas tant liée au métier, qu’à un environnement et à la façon dont les rôles relationnels se jouent dans celui-ci. Le risque est alors d’emmener ces rôles avec soi… dans son nouveau métier.

 

 

Les relations pénibles au travail sont-elles une raison suffisante pour changer de métier?

 

 

 

Les relations professionnelles dégradées par la crise

 

Selon Focus RH, 75% des cadres estiment que les relations professionnelles se sont dégradées et génèrent un sentiment de stress. Il est bien naturel d’être exaspéré par des relations professionnelles inscrites de façon excessives dans le triangle de Karpman et sa valse sinistre, qui génèrent une ambiance délétère dans le département, voire dans toute l’entreprise. Les relations ont été les première victimes de cette interminable “crise” qui n’en finit plus d’instiller une peur tenace, qui a exacerbé un individualisme déjà présent ainsi que tout un tas de comportements pas tellement pro-sociaux:

  • Se méfier d’autrui, de ses agissements potentiels, ses possibles rétentions d’information et autres coups bas. Et justifie notre propre recours à ces méthodes, avec des affirmations du genre “trop bon trop con”.
  • Vouloir plaire à son patron à tout prix, y compris en écrasant la tête de nos contemporains, en tirant la couverture à nous, parfois sans aucun scrupule.
  • Au contraire, se faire tout discret dans un coin, à ne pas faire de vagues, quitte à se faire écraser par tout le monde.
  • Elle pousse certains managers pris dans les injonctions paradoxales à harceler leurs troupes dans l’espoir vain de les rendre plus performantes etc.

 

 

 

Croyances fausses

 

Tout cela encourage des pensées et des croyances faussement rassurantes: on s’imagine qu’en changeant de métier, on ne sera plos confronté(e) à tous ces abrutis, ou on idéalise son job de rêve dans lequel, forcément, il ne peut pas y avoir d’abrutis puisque c’est un job de rêve. Je simplifie le mécanisme qui se joue et en même temps, il est assez courant d’entendre des personnes en désir de reconversion mentionner des relations professionnelles agréables parmi les bénéfices d’un changement de métier.   Or, il n’y a aucune corrélation entre métier et ambiance de travail. C’est comme ça qu’il arrive de croiser des personnes en reconversion qui se font de belles illusions quant au relationnel de leur futur métier. Comme par exemple:

 

  • La zone relationnelle aveugle: Pierre, ancien contrôlleur de gestion exaspéré des égos surdimensionnés de ses N+1 et N+2. Ravi à l’idée de changer de métier pour enseigner les maths en lycée, qui avait focalisé sur le fait qu’il allait travailler seul, et s’est retrouvé très déstabilisé quand il s’est agi de gérer une classe… et les égos pas encore stabilisés d’adolescents.
  • L’éternel syndrome de la chambre d’hôte: Bertand, chef d’un bureau d’étude qui avait beaucoup de mal à supporter son équipe de dessinateurs, qu’il trouvait ingérables: trop enfants gâtés, trop râleurs. Il a ouvert des chambres d’hôtes, persuadé d’offrir du rêve et du merveilleux à des clients heureux… et s’est retrouvé ultra agacé par leurs exigences et leurs comparaisons avec d’autres lieux.

Le risque, c’est d’emmener avec soi ses rôles relationnels, et donc sa propre part de responsabilité dans ses relations pourries, et de reproduire ailleurs. Si j’ai du mal à dire non, à établir des limites dans mon métier actuel, rien ne permet d’affirmer que je serai en mesure de le faire dans un autre métier. Et le risque est encore plus élevé chez ceux qui veulent se mettre à leur compte parce que “les chefs, c’est tous des cons”. Ceux-là ne se rendent pas compte que leurs clients seront des boss plus exigeants que ceux qu’ils avaient avant et qu’ils ne sont pas au bout de leurs relations pourries.

 

 

 

Le cas du contact avec des populations spécifiques

 

Certains métiers exigent d’être en contact avec des populations qui peuvent avoir des caractéristiques spécifiques avec lesquelles nous n’arrivons pas toujours à nous entendre, pour des raisons du domaine de la perception personnelle, qu’il est donc inutile d’essayer de juger.

 

  • Gilles, enseignant en lycée, qui ne supportait plus… les profs. Après être passé par plusieurs établissements, il estimait y avoir retrouvé à chaque fois un état d’esprit qui lui déplaisait. (que je ne développerai pas, le but n’est pas de polémiquer).
  • David, devenu conducteur de travaux par passion pour le bâtiment, qui n’a jamais réussi à se sentir à l’aise avec les artisans et entreprises avec lesquels il était en contact.
  • Mathilde, autre enseignante, qui n’en pouvait plus d’être essentiellement en contact avec “des jeunes” et aspirait à travailler dans un environnement d’adultes.

C’est probablement le seul cas dans lequel les relations professionnelles insatisfaisantes sont l’indicateur d’un réel besoin de changement de métier.

 

 

 

Travailler ses relations en amont de la reconversion

 

Dans tous les autres cas, les relations pourries au travail ne sont pas un élément suffisant à lui seul pour justifier un changement de métier. D’autant qu’à moins d’envisager une carrière de stylite syrien, tous nos projets professionnels incluent une forte part de relation à l’autre. Et après tout, même Siméon devait préférer bien s’entendre avec ceux qui lui apportaient de quoi se nourrir sur sa colonne;)

 

Hormis dans les cas de harcèlement, qui justifient l’éloignement immédiat du harceleur, dans les cas de persécution ordinaire ou de stress relationnel, mieux vaut commencer par travailler ses compétences relationnelles en amont d’un changement de métier, ou a minima pendant celui-ci, pour éviter de retomber dans les mêmes schémas relationnels et se retrouver avec la même insatisfaction dans son nouveau métier. Et inversement, pour être en mesure d’entretenir des relations agréables et de gérer au mieux celles qui le sont moins.

 

Il va s’agir d’explorer notre porpre part de pénibilité ou de maladresse relationnelle pour y remédier, seul moyen de s’assurer des relations plus apaisées… quel que soit l’itinéraire professionnel que nous allons choisir ensuite, reconversion ou pas.   Il est donc intéressant de commencer par renforcer ses compétences relationnelles dans le job existant et d’évaluer ensuite ce qui reste du désir de reconversion. Dans de nombreux cas, lorsque les relations pourries sont le premier argument pour changer de métier, l’amélioration de la posture relationnelle suffit à redonner de la satisfaction au travail:

 

Et si le désir de reconversion est resté intact, même lorsque les relations professionnelles ont été apaisées, alors elles pesaient tellement qu’elles ont caché d’autres motivations à changer de métier, qu’il est temps d’explorer.   Dans tous les cas, le renforcement des compétences relationnelles a tellement de vertus, en terme d’ambiance au travail, mais aussi de confiance en soi, d’assurance, d’affirmation de soi, de satisfaction et de plaisir à collaborer, qu’il est un préalable ultra utile à toutes les ré-orientations professionnelles.

 

 

 

Voir aussi

 

Désir de reconversion: les questions à se poser en amont

Quand le désir de reconversion cache d’autres besoins

Reconversion professionnelle: 6 points indispensables à traiter

Le job idéal, une réalité à inventer

Les obstacles à la reconversion professionnelle

Age, métier et reconversion professionnelle

Une reconversion professionnelle zen et dynamique à la fois!

Reconversion professionnelle: l’être humain derrière le projet

Reconversion professionnelle: voyage au bout de l’enfer ou formidable aventure?

 

 

 

Aller plus loin

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Tendances 2013 et TOP 10 de vos billets préférés

Sylvaine Pascual, publié dans L’actualité d’Ithaque

 

 

Retour sur cette année 2013 et les grandes tendances qui ont marqué l’orientation que nous donnons à nos vies professionnelles, au travers des billets qui vous ont le plus plu en 2013.

 

 

 

 

Actualité d'Ithaque coachingDeux grandes tendances et une émergence: transition de carrière, posture et émotions

 

En 2012, la tendance était:

- au plaisir dans le quotidien professionnel, au travers des besoins professionnels

- aux compétences relationnelles: comment j’agis différemment dans mes relations pour les améliorer.

 

2013 marque un recentrage sur soi: comment être en bonne relation avec nous-mêmes afin d’améliorer notre relation aux autres, ainsi qu’un désir de transition de carrière de plus en plus marqué, en particulier au travers d’un changement de métier.

 

 

 

Job idéal: changement de métier ou de job

L’envie de renouer avec le plaisir au travail s’amplifie encore cette année, soit par le biais d’un changement de métier, soit par celui d’une évolution de carrière. Vous êtes de plus en plus nombreux à vouloir:

  • Reprendre les rênes de vos carrières
  • Redéfinir votre sentiment de réussite professionnelle en fonction de vos propres critères
  • Redonner du sens et remettre des valeurs dans vos vies professionnelles
  • Vous lever le matin avec joie et entrain plutôt qu’en traînant des pieds
  • Mener les transitions de carrières ou les changements nécessaires à davantage d’épanouissement professionnel et de plaisir au travail

Ce volontarisme dynamique est un vrai plaisir à observer, autant chez vous, lecteurs, que chez mes clients qui n’hésitent pas à se retrousser les manches pour explorer les axes d’évolution possibles pour se rapprocher d’un job idéal, an travers d’une reconversion professionnelle, d’une création d’entreprise ou de changements relationnels et organisationnels dans leur job actuel.

 

 

La posture personnelle et relationnelle

Cette nouvelle tendance à travailler sa posture avec pour objectif non seulement de se positionner davantage dans ses relations, mais aussi de les améliorer en passant d’abord par soi marque un tournant intéressant, qui s’articule autour d’une double prise de conscience:

  1. La conscience de plus en plus généralisée que l’autre n’est un abruti que si on l’y autorise (voir Le principe de l’emmerdeur emmerdé) et que de bonnes relations aux autres passent avant tout par une bonne relation à soi, qui génère des comportements pro-sociaux, qui suscitent d’autres comportements positifs en retour (voir: Relation à soi/à l’autre: cocktail indispensable)
  2. La conscience, suite logique de la première, que nous avons une marge de manœuvre assez considérable dans l’amélioration de nos relations, pour peu que nous acceptions notre propre part de responsabilité dans nos relations pourries pour pouvoir agir autrement.

Cela constitue un tournant car cette responsabilisation nous sort des discours victimisant (les cons c’est les autres et nous les subissons) et nous pousse à agir et à obtenir par nous-mêmes des modifications relationnelles réjouissantes et nourrissantes autant pour nos besoins d’appartenance / reconnaissance que pour l’estime de nous-mêmes. Et elle le fait au travers d’une réconciliation à soi-même qui permet une sortie de l’égo salutaire et énergisante.

 

 

La lecture émotionnelle

Là aussi, nous sommes à un tournant: une fois le constat fait

  • Que le stress est le plus souvent le résultat d’un trop plein d’émotions négatives non traitées
  • Que les techniques de gestion des conséquences, comme la relaxation, sont insuffisantes
  • Que le “contrôle” des émotions est une illusion, puisque les émotions ne sont pas soumises au cortex

l’intérêt pour le rôle des émotions, leur véritable origine et surtout leur utilité, comment nous pouvons les mettre à notre service, est en explosion, et ce bien au delà des discours marketing de l’intelligence émotionnelle. Cette tendance se voit dans l’intérêt que vous avez manifesté pour les articles publiés cette année, mais aussi dans l’activité sur des billets plus anciens sur le thème de la lecture émotionnelle, au service de son propre bien-être comme de ses relations.

 

 

 

TOP 10 de vos billets préférés

 

 

Une reconversion menée à bien est due à l'engagement du candidat et à sa préparation, pas à la chance1- Reconversion, la part de chance

Le désir de changer de métier ou d’orientation professionnelle n’est probablement pas particulièrement en augmentation. En revanche, ce qui augmente, c’est le nombre de salariés qui explorent cette envie au lieu de la remiser dans le carton à fausses bonnes idées. Se reconvertir continue à être considéré comme une entreprise à hauts risques, aussi beaucoup se demandent quelle part de chance est nécessaire pour réussir sa reconversion.

 

Vous avez apprécié l’idée que la notion de chance n’entre pas en compte dans la réussite et que l’absence de chance n’est pas responsable d’un échec, qu’il y a d’autres façons plus valorisantes et dynamisantes d’envisager un parcours de reconversion.

 

 

 

Interview de sylvaine pascaul quand changer de boulot2- Le bon moment pour changer de boulot

Vous êtes de plus en plus nombreux à écouter ce que vos tripes vous disent plutôt que de céder aux sirènes de la prudence et de l’inquiétude qui chantent un peu partout dans les médias et dans les discours de l’Oncle Alfred.

 

Et c’est tant mieux! Car tant qu’il y aura des salariés pour accepter (ou rester dans) des jobs pourris, il y aura des entreprises pour leur en proposer. Et donc, inversement, réfléchir à un changement de boulot est une manière de reprendre les rênes de sa vie professionnelle pour gagner en bien-être et en plaisir. Et ce qui vous a particulièrement intéressés dans cet article, c’est le lien vers un billet plus ancien: Déterminer s’il est temps de changer de boulot en 6 étapes.

 

 

 

L'intelligence émotionnelle ne tient pas toujours ses promesses3- L’intelligence émotionnelle existe-t-elle?

L’une des tendances de l’année, c’est l’intérêt grandissant pour la compréhension des émotions. Or, malgré son nom, l’intelligence émotionnelle ne propose pas une lecture réelle de nos réactions émotionnelles, qui produise du sens et soit un véritable moyen de minimiser le stress. En effet, elle est avant tout une collection de compétences relationnelles qui, si elles favorisent une ambiance plus saine au travail, ne suffit pas à un véritable traitement de l’expérience émotionnelle et une compréhension des besoins qui les génèrent.

 

Vous avez aimé pouvoir distinguer ce concept d’intelligence émotionnelle qui a investi les discours managériaux, de la lecture émotionnelle. Et avez plébiscité cette méthode de gestion des émotions par le traitement de leurs déclencheurs, autant que dans l’amélioration considérable de la compréhension mutuelle qu’elle permet. Le nombre de clients qui veulent renouer avec davantage de plaisir au travail par la lecture émotionnelle est en forte augmentation.

 

 

 

fluidifier la reconversion professionnelle4- 8 atouts des candidats ayant mené une reconversion

L’un des freins classiques à la reconversion est la frilosité des recruteurs face à ces débutants plus tous jeunes. Cette inquiétude prend souvent le pas sur le désir de changer de métier ou génère des stratégies d’échec chez ceux qui, après un reconversion, se retrouvent à chercher un emploi.  Ainsi, ils vont agir davantage en fonctiond de cette crainte que de leurs valeurs et leurs motivation, perdant au passage en force de conviction. Et confirmant ainsi qu’ils avaient raison d’avoir peur;) D’autre part, du côté des recruteurs, les réserves en forme d’idées reçues méritent d’être bousculées un brin.

 

Vous avez aimé pourvoir connecter avec des atouts indiscutables de professionnels ayant changé de métier, autant pour les exploiter pour valoriser une candidature que pour les entendre si vous êtes dans le recrutement. Un merci tout particulier à M. recruteur pour une banque, de m’avoir partagé que cet article lui avait permis de changer de regard sur les candidats en reconversion;)

 

 

 

Le leadership de soi condition préalable au leadership tout court5- Leadership de soi, préalable au leadership tout court

Vous avez été paticulièrement enthousiasmés par ce concept de leadership de soi, façon de nous réconcilier à nous-mêmes, de réconcilier toutes ces voix discordantes à l’intérieur de nous, pour gagner en bien-être, en charisme et en leadership tout court. Cesser de subir nos contradictions, nos désaccords internes, nos tiraillements entre injonctions externes, croyances, besoins et valeurs pour n’entendre plus qu’une seule voix: la nôtre, pleine d’assurance et d’entrain. Nous pouvons alors nous engager sur des chemins professionnels pleins d’incertitudes par nature avec plaisir et détermination.

 

Et vous avez particulièrement apprécié l’association avec la lecture émotionnelle comme moyen d’alimenter votre posture et inversement. Car les deux se nourrissent et s’enrichissent mutuellement et permettent d’asseoir une posture en accord avec soi-même, forte et authentique. Depuis sa parution, vous avez été très nombreux à demander un travail spécifique sur le leadership de soi dans le cadre d’une reconversion professionnelle ou du forfait Job idéal et vitamines mentales.

 

 

 

10 points pour quitter son boulot avec panache6- Quitter son job avec panache

Etape incontournable pour les salariés lors d’un changement de métier ou d’une transition de carrière, comment quitter son job a fait couler beaucoup d’encre cette année, en particulier parce que les histoires de démissions fracassantes ont fait le buzz sur internet. En même temps, une démission qui a de la gueule n’a rien à voir avec une vidéo en forme de reprise de pouvoir. Le panache, consiste à faire preuve d’un professionnalisme classe jusqu’au bout de l’histoire.

 

Vous êtes de plus en plus nombreux à quitter votre emploi suite à des événements sinistres (harcèlement, burnout etc.) et qui avez besoin de nourrir votre estime de vous plutôt qu’un égo assoiffé de revanche. Par ricochet, vous avez été nombreux à manifester votre satisfaction à l’idée d’une sortie de job élégante plutôt que revancharde, dans cet article et dans sa suite Une sortie soignée en 12 points

 

 

 

S'envoyer des fleurs plutôt que des scuds7- S’essayer à la biendisance

 

Au hit-parade des interactions pourries au travail, et même si nous avons tendance à y participer activement, la médisance, l’hypocrisie, les rumeurs font partie des ratés relationnels que nous détestons le plus. Vous avez trouvé réjouissant cette alternative plus dynamisante, plus fun, plus pro-sociale. L’idée de parler des autres comme nous aimerions qu’ils parlent de nous, avec une connotation d’exemplarité, d’orienter les conversations vers de l’agréable plutôt que de l’aigreur frustrée vous a beaucoup plu.

 

J’ai reçu de nombreux mails de lecteurs ravis d’avoir expérimenté cette biendisance et d’en partager les bénéfices reçus, merci à eux, leurs partages lumineux d’assurance et de joie sont la preuve que les comportements positifs sont l’apanage de ceux dont la force de caractère renverse des montagnes;)

 

 

 

développer la débrouillardise au travail8- La débrouillardise, 10 pistes pour développer cette épatante qualité

Autre exemple de la tendance au recentrage sur soi et sa posture: l’intérêt pour le développement de qualités qui permettent de s’appuyer davantage sur soi-même et d’être pro-actif dans la résolution de problème ou l’établissement de plan de route vers un objectif. Bien que la débrouillardise soit une valeur en déclin dans notre société française qui a de plus en plus de mal à reconnaître ses propres forces et ses vertus, vous avez été enthousiasmés par l’idée de reconnecter avec cette qualité aux multiples bénéfices. Car la débrouillardise diminue l’anxiété et le stress à mesure qu’elle renforce la confiance en soi, la capacité à résoudre ou surmonter des difficultés, à affronter toutes sortes de situations, à agir avec aisance.

 

Utile dans tous nos projets professionnels, du retour à l’emploi jusqu’au changement de métier, la débrouillardise est une belle qualité qui se travaille et se développe petit à petit.

 

 

 

Comprendre les motivations derrière les comportements étranges9- Comportements absurdes

Dans le même sens que l’intérêt pour la biendisance, la tendance de plus en plus marquée à la compréhension d’autrui est une autre forme de recentrage sur soi: comment nous y prendre, nous, pour mieux comprendre et accueillir l’autre, pour faire preuve d’empathie, au lieu d’attendre qu’il devienne soudainement – miraculeusement? – compréhensible.

 

Apprendre à exprimer ce qui nous pousse à faire ce que nous faisons, à explorer ce qui poussent les autres à faire ce qu’ils font est un moyen jubilatoire de développer la connaissance de soi et de l’autre, et de la mettre au service de nos relations. Vous avez été nombreux à exprimer votre enthousiasme à l’idée de vous ouvrir aux valeurs et aux motivations d’autrui, plutôt que de porter des jugements hâtifs qui nous éloignent d’eux. Et c’est tant mieux: tout ce qui encourage la compréhension mutuelle favorise la tolérance, la bienveillance et les comportements positifs.

 

 

 

4 valeurs et 7 principes: un peu de théorie agile10- L’agilité expliquée à mon manager

Devant le fiasco managérial de ces dernières années et l’augmentation effrayante des tensions relationnelles – pour employer un euphémisme digne d’un discours parfaitement rosbif – l’intérêt pour des alternatives plus humaines, plus respectueuses des besoins de chacun, plus attentives au bien-être individuel au service de la performance collective, s’amplifie. L’agilité, née dans le monde des développeurs, offre des pistes de réflexion passionnantes pour un management différent. Un management qui favorise une collaboration sereine et minimise la guerre des égos. Le terme, très peu présent dans les discours RH, s’est répandu comme une traînée de poudre cette année, parfois dans des définitions très inexactes ou simplistes (de l’ordre de agile = flexible), parfois avec beaucoup d’intelligence.

 

Vous avez apprécié cet éclairage sur des techniques de gestion de projet qui sont en train de sortir du département informatique et de gagner le terrain du management et s’appuyant sur une dynamique d’expérimentation et d’adaptation, avec toujours en ligne de mire le bien-être des salriés autant que la satisfaction du client. Les deux autres billets sur ce thème L’agilité, un peu de pratique et Rupture douce, l’agilité pour collaborer autrement ont eux aussi suscité beaucoup d’intéret. Et j’en suis ravie, car c’est aussi le signe que 2013 marque le début d’une véritable réflexion autour de la refonte du management, qui a été l’un des sujets les plus traités cette année.

 

 

 

Toute ma gratitude pour votre confiance et votre fidélité en 2013, et rendez-vous l’année prochaine;)

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Recevoir une critique avec grâce et dignité (2): l’édredon

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles / Talents et ressources

 

 

 

La critique se veut, bien entendu, la plupart du temps constructive… Mais lorsqu’elle devient le sport préféré de “ceux qui nous veulent du bien”, la manipulation n’est pas loin. Voici un petit outil ultra simple pour s’affirmer sans se laisser manipuler, quand les reproches deviennent des jeux de pouvoir.

 

 

 

 

La technique de l'édredon pour amortir les critiques abusives, violentes ou manipulatricesCritiques récurrentes et/ou violentes et prise de pouvoir

 

Bien que le reproche soit, par nature, moins justifié qu’une demande claire, il reste le moyen le plus courant de dire à autrui ce qui ne nous plaît pas. Souvent, la critique est pleine de bonnes intentions de nous pouvons assez facilement la recevoir avec grâce et dignité, même si elle nous froisse un poil. Cependant, dès lors qu’elle se teinte de flou, de jugement péremptoire, d’imposition d’un point de vue ou d’agressivité verbale, elle devient abusive et s’inscrit directement dans les rôles relationnels, victime, sauveur ou persécuteur.

 

  • “Tu ne sais vraiment pas t’y prendre avec le boss, tu devrais faire preuve de plus de discernement.”
  • “Tu as vu ton dernier rapport? Il est tellement court et superficiel qu’un gosse de 5 ans aurait pu l’écrire.”
  • “Non mais tu te rends compte comme tu n’es pas fiable, tu es en retard sur le projet Bichtouille”
  • “Tu es vraiment nul en calcul ou quoi, tu as fait deux erreurs dans le décompte.”

 

Ce type de formulation brutale est malheureusement monnaie courante dans le monde professionnel. Leur récurrence excessive sous-entend une véritable prise de pouvoir qui peut prendre une tournure de harcèlement, si nous ne nous affirmons pas face à elle.

 

La plupart du temps, nous répondons à ce jeu de pouvoir en rentrant tête baissée dans le triangle de Karpman dans lequel notre interlocuteur cherche à nous attirer: nous cherchons à démontrer qu’il a tort, à nous dédouaner, à nous justifier, ou bien nous nous murons dans le mutisme. Nous pouvons réagir par des (im)postures offensées, hautaines, humiliées ou craintives, bien éloignées de l’affirmation de soi et qui nourrissent l’égo de l’interlocuteur: il a pris le pouvoir, puisqu’il a réussi à déclencher une réaction émotionnelle visible. Réaction dont il se délecte et dont il aura envie de se repaître à nouveau.

 

Ces réponses sont à la fois inefficaces et fortement consommatrices d’une énergie qu’on gagnerait à utiliser pour des objectifs plus réjouissants. Pour contrer sereinement les reproches trop violents, agressifs ou manipulateurs et éviter de jouer au chat et à la souris, armons-nous d’un édredon, qui calmera beaucoup d’ardeurs manipulatrices.

 

 

 

Contrer le jeu de pouvoir en douceur: l’édredon

 

Développée par Manuel J. Smith, psychologue et chercheur en psychologie clinique, la technique de l’édredon fait partie d’un ensemble de méthodes pour renforcer un comportement assertif et favoriser une affirmation de soi sereine, ferme et respectueuse de l’interlocuteur. Cette technique ultra simple permet de faire face à la critique abusive en l’accueillant dans les plumes plutôt que de leur voler dedans. Il va s’agir de ne pas chercher à avoir raison ou à montrer raison et, à la place, d’accueillir réception de l’information transmise de façon neutre, sans tomber dans l’émotion, tout en restant ferme sur nos propres positions. Bref: de ne pas rentrer dans les jeux de pouvoir tout en restant droit dans ses bottes.

 

Les critiques abusives ou agressives associent souvent des faits à des jugements, des ressentis, des interprétations, des généralisations qui les rendent désagréables, car potentiellement injustes ou injustifiées, et elles nous font réagir au quart de tour. Il est donc nécessaire, en amont, d’apprendre à écouter soigneusement nos interlocuteurs pour distinguer les faits, indéniables, de leurs opinions, qui leur appartiennent et n’engagent qu’eux, même s’ils tentent de les utiliser pour faire pression sur nous.

 

 

  1. Accueillir la critique par un court silence qui permet de reconnaître l’agression et de diminuer la réaction émotionnelle, tout en envoyant à l’interlocuteur un signe de non réaction qui lui montre l’absence d’impact de sa tentative de manipulation.
  2. Reformuler les faits en ajoutant une expression qui les valide: ”en effet”, “effectivement”, “c’est vrai”, “c’est exact”.
  3. Reformuler les opinions en ajoutant une expression qui renvoie leur subjectivité, leur non universalité: ”c’est possible”, “peut-être”, “c’est votre point de vue”.
  4. Reformuler les ressentis en les accueillant (les émotions ne sont pas discutables) “je te comprends”, “je t”entends”.

 

C’est le mélange de calme apparent, d’accueil des faits, d’absence de réaction face à ce qui constitue réellement l’attaque (les interprétations et jugements) qui amortissent le choc d’une part et désarme l’interlocuteur d’autre part. S’il ne trouve pas ce qu’il cherche – la confrontation – il y a fort à parier qu’il va rapidement cesser un petit jeu qui ne le mène nulle part.

Dans son livre L’affirmation de soi, Dominique Chalvin donne un exemple suffisamment parlant, reprenons-le tel quel:

- Votre bureau est bordélique, mon vieux! 

Voilà une critique parfaitement hors de propos: un bureau bordélique concerne uniquement celui qui y travaille. L’exemple n’est peut-être pas très fréquent, mais il y a toujours un quidam pour venir vous expliquer en substance que si vous ne faites pas comme sa maman a dit qu’il fallait faire, alors vous êtes indigne d’évoluer dans sa vicinité. En d’autres termes, des collègues qui veulent nous imposer leurs valeurs et leurs convictions.

- Effectivement, il y a beaucoup de papiers sur mon bureau.

- Vous ne le trouvez pas bordélique?

- Question d’opinion.

- Vous ne pourriez pas le ranger de temps en temps?

- Oui, je pourrais si je le voulais.

- Alors qu’est-ce que vous attendez?

- Je ne le crois pas nécessaire pour l’instant.

 

 

 

 - Tartempion, ton intervention à la réunion de ce matin a été beaucoup trop longue, ça a soûlé tout le monde. Tu dois être plus synthétique. Moi je dis ça, c’est pour ton bien!

Potentiellement, ce reproche-là est peut-être valable, cependant il est formulé d’une manière agressive déguisée en critique constructive qui le rend non seulement inapproprié, mais aussi parfaitement irrecevable. Son positionnement persécuteur/sauveur peut générer une bonne dose d’agacement à laquelle il vaut mieux ne pas céder et répondre sans sourciller:

- C’est vrai, j’ai pris la parole longuement ce matin. Je comprends que tu aies pu trouver cela pénible.

 

Point à la ligne, fin de la conversation. A vous ensuite de réfléchir à la validité de la critique et à la nécessité de travailler votre esprit de synthèse… ou pas;)

 

 

* L’affirmation de soi, mieux gérer ses relations avec les autres, Dominique Chavlin, ESF Editeur

 

 

 

Voir aussi

 

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

L’égo, frein majeur à l’intelligence colaborative

Relations: le grand ménage de printemps

Relations: on récolte ce qu’on sème

Stress relationnel ou harcèlement?

Schémas relationnels et convictions limitantes

Tous manipulés, tous manipulateurs!

Compétence relationnelle: l’affirmation de soi

 

 

 

Aller plus loin

 

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12 pistes pour reconstruire la confiance après un conflit

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles / Talents et ressources

 

 

 

La confiance… condition sine qua non de la collaboration, lorsqu’elle est mise à mal, c’est toute l’organisation qui file un mauvais coton, en particulier après un conflit. Non rétablie, on finit par s’esquinter l’estime de soi, à se méfier de l’autre comme s’il nous avait mis un chien de sa chienne au frais. Alors pour ne pas se prendre les pieds dans la chicane, allons voir comment reconstruire la confiance après un conflit.

 

 

 

10 pistes pour retrouver la confiance mutuelle après un conflitRevenir en relation après un conflit

 

Les heurts au travail, même entre gens de qualité comme vous et moi, ça arrive. Nous ne sommes pas toujours d’accord ou sur la même longueur d’onde, nous ne partageons pas toujours les mêmes valeurs et malgré le développement de nos compétences relationnelles, lorsque l’émotion s’en mêle, nous pouvons vite finir par nous passer des savons pas du tout pommades. Le conflit n’est pas un problème en soi, il est souvent utile au réglage de la relation. C’est surtout la façon de le gérer qui peut la mettre en péril, ou au contraire l’améliorer.

 

Certains conflits sont suffisamment révélateurs d’incompatibilité pour mettre un terme à la relation et/ou à la collaboration et nous avons tous le droit de décider que le ver a trop investi le fruit pour sortir de la pomme de discorde autrement que par l’éloignement définitif.

 

En même temps, dans bien des cas, une fois retombée la tension de l’émotion, le règlement du conflit et la réconciliation sont meilleurs pour l’estime de soi et l’ensemble des relations. Le cap le plus difficile est certainement la restauration de la confiance mutuelle. Même lorsque chacun a pris à son compte sa responsabilité dans la querelle, la crainte que des détails non résolus puissent générer une autre Guerre de Troie entretiennent la méfiance, la suspicion, le doute, bref, tout un tas d’états d’esprits pas très collaboratifs.

 

En d’autres termes, si le retour en relation est peu ou mal géré, il y a de fortes chances pour que le retour en relation ne soit qu’apparent et se limite en réalité à des regards en tigre de faïence, quitte à retomber rapidement dans le conflit. Étonnamment, si la littérature sur la gestion de conflit est abondante, celle sur le retour en relation est bien pauvre. Pourtant, un conflit né d’un sentiment de trahison, d’un désaccord brutal ou d’intérêts divergents peut laisser des traces bien après sa résolution et pousser chaque partie concernée au scepticisme vis-à-vis de la bonne volonté de l’autre, derrière le masque de l’apparente réconciliation.

 

 

 

10 pistes pour reconstruire la confiance

 

Voici donc quelques pistes pour éviter qu’un différent devienne la source d’un cercle vicieux relationnel. Une fois les éventuelles excuses présentées, une fois le conflit réglé et la réconciliation faite (nous aurons l’occasion de revenir sur ce point), voici quelques pistes pour reconstruire une confiance effritée.

 

Inutile bien entendu d’attendre que l’autre fasse preuve de bonne volonté avant de s’y mettre. Si les deux parties fonctionnent ainsi, les tigres en chacun de nous peuvent continuer longtemps à se tourner autour en se jetant des regards mauvais. Inversement, être à l’initiative de comportements pro-relationnels est bon pour l’estime de soi, et si par hasard la situation ne revenait pas à la normale, nous avons au moins le sentiment satisfaisant d’avoir mis en oeuvre tout ce que nous pouvions.

 

 

 

1- S’assurer que tous les points ont été traités

Pour qu’un conflit s’apaise et trouve sa porte de sortie, il est important que les parties concernées aient le sentiment que tous les aspects en ont été traités. S’il reste des frustrations et des rancœurs, il va être difficile de dépasser le stade d’une réconciliation qui se contentera d’être hypocrite et méfiante. En d’autres termes, chacun a besoin d’avoir le sentiment qu’il a gagné quelque chose, non pas au détriment de l’autre, mais au bénéfice de tous et de la relation.

 

 

2- Faire le pari de la confiance

La posture assertive part du principe que l’autre ne nous veut pas de mal. Faire le pari de la confiance, c’est admettre qu’il y aura peut-être des nids de poule sur le chemin, mais qu’un comportement ou un événement n’est pas une vérité universelle. Car en vertu du principe que le cerveau cherche des preuves de ce à quoi il s’attend, nous risquons d’interpréter les comportements de l’autre comme l’évidence de sa non intention de revenir dans une relation sereine, ce qui a de fortes chances d’être une erreur. Restons donc objectifs dans notre évaluation des faits, rien que des faits (et dites je le jure).

 

 

3- Faire preuve de bienveillance

Suite logique du point précédent. Les mécanismes des deux protagonistes ne vont pas se modifier du jour au lendemain et suite au conflit et aux émotions qu’il a généré, il peut y avoir quelques maladresses des deux côtés. Etre constamment sur la défensive, à l’affût des récidives de la personne avec qui nous avons été en conflit, c’est préparer le terreau d’autres discordes. Mieux vaut donc accepter qu’on ne devient pas parfait en un jour, ni en cent ni en mille et être prêt à montrer de l’indulgence vis à vis de petites erreurs possibles. Ne serait-ce que parce que nous avons besoin de cette bienveillance en retour^^

 

 

4-Accepter d’être blessé

Même le roi des coqs saigne lorsqu’il se prend un coup de bec, alors acceptons que nous ne sommes pas dans la tête de l’autre et que dans les conflits, chacun sort blessé, à sa manière. Celui qui a le sentiment d’avoir “eu le dernier mot”, comme celui qui se sent victime, perd en estime de lui ce qu’il a gagné en égo, et ce n’est pas une bonne nouvelle. Les (im)postures de type dignité offensée ou auto-complaisance, les réactions hérisson ou paillasson ne favorisent ni la confiance ni la collaboration, mieux vaut reconnaître que l’on a été blessé, qu’on s’est assis à la table des négociations et que la coexistence pacifique se construit à deux.

 

 

5- Exemplarité et fiabilité

Retrouver confiance en l’autre n’est pas simple. Lui montrer qu’il peut nous faire confiance l’est déjà davantage et nous savons que les comportements positifs favorisent les comportements positifs en retour. Soyons donc exemplaires de ce que nous avons exigé de l’autre, ou de ce que nous lui demandons à présent. Respectons scrupuleusement les accords passés lors de la résolution du conflit et au delà, attachons-nous à avoir une attitude irréprochable. Disons bonjour, remercions, soyons courtois, agréables, et prévisibles. Car la cohérence entre la parole et les actes est une belle preuve de fiabilité: adoptons donc le principe “faire ce que je dis, dire ce que je fais”. Et quand je dis à Tartempion que je reviens vers lui avant 15h, je reviens vers lui avant 15h.

 

 

6- Mettre un terme aux non-dits

Les non-dits ont certainement eu leur part de responsabilité dans le conflit, aussi mieux vaut éviter de les laisser pousser comme des amanites tue-mouche dans les sous bois: ils rendent la relation soigneusement indigeste. A la place, apprenons à exprimer des critiques élégantes, c’est à dire qui focalisent sur le demande plutôt que sur le reproche et remettent de l’émotion dans la relation. Celle-ci, lorsqu’elle est bien formulée, ayant l’art d’encourager l’empathie, c’est la relation qui y gagne.

 

 

7- Eviter la récidive

Si l’autre partie enfreint – volontairement ou par mégarde – les termes de l’accord passé, ne laissons pas la situation s’envenimer à nouveau par nos non-dits. Utilisons la communication non violente pour lui rappeler les accords en question et si l’autre persiste, fixons sans attendre une limite, au besoin en s’appuyant éventuellement sur le N+1 qui a participé à la résolution du conflit.

 

 

8- Reconnaître les compétences de l’autre

Un moyen simple de renouer avec la confiance mutuelle consiste à reconnaître les compétences et les accomplissements de l’autre, au travers de retours positifs sur ce qui fonctionne pour nous, ce qui nous convient, voire ce que nous apprécions, autant dans son travail que dans ses comportements. Il ne s’agit pas de verser dans le compliment aussi systématique que dégoulinant, mais plutôt d’envoyer des indicateurs de ce qui va, plutôt que de pointer sans cesse ce qui ne va pas. Au bénéfice de la reconnaissance mutuelle et d’un climat plus enthousiasmant.

 

 

9- Se familiariser avec la lecture émotionnelle

La lecture émotionnelle a de multiples bénéfices relationnels: mieux nous comprendre nous-mêmes et comprendre les autres, et en particulier cet autre avec qui nous avons été en conflit. Au delà, elle nous permettra d’interagir plus en accord avec nos propres réactions émotionnelles et celles de l’autre, et par là même de lui inspirer confiance.

 

 

10- S’exercer à la CNV

Pur concentré de satisfaction relationnelle que cette communication non violente qui, malgré sa dénomination un poil guimauve, est une véritable posture: affirmée, élégante, et bienveillante à la fois, elle est génératrice d’interactions où tout le monde gagne (en assurance, en confiance, en estime de soi, en collaboration etc.). Elle permet d’exprimer ses opinions et de faire des demandes sereinement, voire fermement, mais toujours dans le respect des deux parties. Bon certes, elle demande un peu de pratique, mais c’est un placement qui rapporte: son ROI est la satisfaction des besoins sociaux-affectifs indispensables à notre équilibre et au plaisir au travail.

 

 

11- Retrouver l’objectif de la relation

Pour quoi étions-nous en relation, avant l’écueil relationnel qui a mis beaucoup d’affect dans la situation? Une collaboration? Un projet commun? Une relation hiérarchique? Sur le plan affectif, le conflit rapproche dans le sens où il met beaucoup d’émotion dans la relation. Celle-ci prend alors souvent plus de place dans notre espace mental qu’elle le devrait, au détriment de la raison pour laquelle nous sommes en contact. Retrouver la bonne distance professionnelle – c’est à dire celle qui conviendra aux deux parties – permet de redonner du sens à l’objectif de la relation, à lui rendre sa vraie place dans notre environnement relationnel et professionnel.

 

 

12- Garder le désir d’évoluer

Des bévues et boulettes relationnelles, nous en commettons tous, imparfaits êtres humains que nous sommes. Pas de quoi s’auto-flageller ou crucifier le co-responsable du conflit: attachons-nous plutôt à garder notre désir d’évoluer vers une posture pro-sociale et tirons les leçons de nos erreurs pour adapter nos comportements et les rendre plus relationnellement efficaces et pertinents. Travaillons l’estime de nous pour gagner en assurance et en affirmation sereine, et développons nos compétences relationnelles.

 

 

 

 

Voir aussi:

 

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif!

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

La gentillesse: un peu de noblesse d’âme dans un monde de brutes

Guide de survie aux abrutis: distinguer harcèlement, manipulation perverse et persécution

Wifi neuronal: éviter la perte d’empathie et les relations pourries

Sortir d’un bocal à con en 10 étapes

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Guide de survie aux abrutis: la pie jacasse

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles / Talents et ressources

 

 

 

Au hit parade des abrutis de boulot les plus redoutés, le bavard impénitent arrive en bonne place. De tenants en aboutissants, de banalités en détails superfétatoires, en passant par les interminables justifications et explications, il nous englue dans des logorrhées longues comme un dimanche de novembre et nous donne envie de lui arracher la langue pour lui en faire une cravatte ou de lui coudre la bouche avec du fil à pêche. Mais voilà: par crainte de blesser nous ne disons rien et nous voilà envahis par sa verbomanie.

 

 

 

Recadre un bavar en douceur et avec bienveillanceHaro sur le boulet verbal

 

Que les bavardages soient professionnels ou personnel n’y change pas grand-chose, le bavard impénitent est envahissant, mais comme il n’est pas foncièrement méchant, nous ne savons pas trop comment nous y prendre pour le renvoyer dans ses plates-bandes. Et elle nous agace d’autant plus, cette pie jacasse, que c’est une sédentaire, elle ne nous laisse aucun répit entre deux migrations, et pour peu que nous lui ayons prêté une oreille attentive un peu plus souvent qu’à son tour, nous pouvons devenir une proie de choix, un déversoir de prédilection…

 

Du coup, nous l’évitons, nous lui en voulons d’être un boulet bavard. Nous avons parfois le sentiment qu’il est sans complexe, ce blablateur qui ne se gène pas pour s’approprier le temps et l’espace verbal de ses contemporains et qu’il nous gâche un peu le plaisir au travail. Pourtant les moulins à paroles cachent souvent des âmes craintives qu’il est intéressant de bien comprendre pour les recadrer avec bienveillance, plutôt que de sortir l’artillerie lourde pour dégommer leur verbiage… et eux avec.

 

 

 

Le bavardage comme moyen de protection

 

Noyer le poisson, parler pour ne rien dire, multiplier les détails sans intérêt, tout l’enrobage linguistique des bavards a une fonction protectrice. Ils peuvent être un moyen:

 

  • d’éviter d’être confronté à ses propres pensées, en particulier celles liées à une situation plus ou moins consciente à laquelle nous ne savons pas faire face. Le bavardage détourne alors l’attention du bavard vers quelque chose de moins inquiétant.
  • d’éviter d’être seul face à lui-même: en ne laissant aucune place au silence, il ne laisse pas la possibilité à son interlocuteur de mettre un terme à la conversation.
  • de chercher à combler un vide ressenti.
  • se protéger de l’autre ou de la relation: en noyant le poisson, en détournant l’attention du vrai sujet au travers de ses bifurcations et enrobages verbaux, le bavard se dévoile, au fond, assez peu.
  • se protéger du silence : perçu comme un vide effrayant, le silence dans la relation est oblitéré par le monologue.

Le bavardage est l’autre face d’une même pièce que l’excès de silence et de repli sur soi: le moulin à paroles est un symptôme d’une crainte relationnelle, il n’est pas le problème en soi.

 

 

 

La solitude du discoureur de fond

 

Bavardage et papotage, délayage et paraphrase, blablabla et patati et patata, les gargouillis des jacasseries du bavard sonnent l’hallali d’une vraie relation, car nous l’écoutons par obligation. C’est là son problème: le discoureur de fond obtient l’inverse de ce qu’il recherche: il reçoit rejet et évitement au lieu de la reconnaissance et l’écoute espérées. Et pour ne pas finir tout seul, il a des chances… de débiter de la causerie au kilomètre, histoire de retenir son interlocuteur.

 

 

Faire preuve de bienveillance

 

Qu’il s’écoute parler en se gargarisant de ses succès ou qu’il ait un besoin inextinguible de multiplier les détails, celui qui parle trop a le plus souvent un besoin de reconnaissance en forme de tonneau des Danaïdes: quoi qu’il fasse, celui-ci ne se remplit pas. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle casse les pieds de tout le monde, certes, mais rappelons-nous que nous avons tous des petites et grandes failles de l’estime de soi qui s’expriment comme elles peuvent et qui, potentiellement, fatiguent un brin nos contemporains.

 

Alors plutôt que de tout faire pour éviter les invasions bavardes, ce qui en soit est une réaction anti-relationnelle et suscite chez lui un sentiment de rejet qui risque d’amplifier son besoin de reconnaissance, commençons par faire preuve d’empathie en comprenant ce mécanisme. Il ne s’agit pas de le laisser faire ou de lui prêter une oreille éternellement compatissante, il s’agit simplement de faire preuve de compréhension à son égard. Vous y dépenserez moins d’énergie et serez plus à même de mettre en oeuvre une solution adéquate.

 

D’autre part, il peut être très difficile pour un papoteur patenté de se montrer synthétique et d’aller droit au but, aussi même lorsque vous le recadrez, allez-y mollo et autorisez-lui un espace de réflexion. Et soyez toujours sincères dans vos interactions avec lui, dans ce que vous dites, faute de quoi vous tombez dans la manipulation, qui n’est pas exactement une solutions pro-sociale.

 

Voici donc quelques pistes pour s’y prendre avec lui tout en délicatesse, sans vous prendre pour un sauveur à vouloir régler son problème et sans vous laisser envahir, littéralement ou émotionnellement, par les logorrhées.

 

 

1- Ramener en douceur plutôt que de culpabiliser

Lors d’un tour de table où chacun est censé se présenter de façon synthétique, il y en a toujours un pour faire un ma-vie-mon-oeuvre sur-détaillé. Inutile de lui en faire le reproche, qui va pointer du doigt sa propre fragilité qu’il cherche tant à cacher. Inutile aussi de l’interrompre pour passer la parole à autrui. Ces techniques culpabilisantes n’apportent pas de solution et lui font violence. Préférez lui envoyer un signe de reconnaissance en le mettant en valeur:

  • “Je t’interromps, Tartempion, je vois que tu as une riche expérience. Peux-tu nous la résumer en trois mots-cles qui nous montrerons ce qui est le plus important à tes yeux?”

 

 2- Limiter le temps accordé

Parfois, entre tête dans le guidon et surcharge de travail, nous n’avez ni le temps, ni la stabilité émotionnelle pour gérer votre jacasseur avec sérénité. Indiquez que vous ne prendrez que 5/10/15 mn de son temps et ne lui en accordez pas une de plus. S’il n’a pas fini de vous faire son rapport détaillé deux minutes avant le temps imparti, prenez la discussion en main:

  • “Si je comprends bien (résumez avec deux ou trois mots-clés)”
  • Vous pouvez ensuite l’amener droit au but en lui posant des questions ultra précises (voir point suivant).

 

3- L’amener droit au but en posant des questions

Votre pie jacasse passe la tête dans votre bureau “t’as deux minutes?” Et hop, la voilà qui vous déballe un sac de nœuds dans les moindres détails. Vous sentez bien qu’elle a quelque chose à vous demander, ou une opinion à formuler, mais qu’elle a décidé d’y aller par 44 chemins. Ramenez-là sur le vrai sujet:

  • “Si je comprends bien (Résumez la situation avec deux ou trois mots-clés). Quelle est ta demande, précisément?”

Parce qu’il a avant tout besoin de se convaincre lui-même, votre bavard se perd en explications et justifications: exprimez-lui votre confiance:

  • “Ton avis sur le sujet m’intéresse, car ton sens de l’analyse me suffit, inutile de te justifier, dis-moi ce que tu en penses concrètement.”

 

4- Canaliser en douceur en le ramenant sur la question

Votre pipelette, à force de circonvolutions verbales, a tellement dévié du sujet que vous avez l’impression d’être sur un interminable itinéraire bis. Canalisez-le en douceur en revenant sur la question de départ:

  • “Je vois que tu as beaucoup d’informations à transmettre sur cette question, alors justement, revenons-y: quelle solution proposes-tu donc, précisément?”

 

5- Recadrer

Le bavard est contagieux et le voilà qui accapare l’attention de son voisin pendant une réunion. Il est alors tout à fait légitime de recadrer gentiment et fermement, toujours de manière non violente:

  • “Dupont et Durand, je constate que vous parlez entre vous depuis 10mn. J’en suis agacé parce que j’ai besoin de toute votre attention sur ce point délicat. Je préfère que vous nous écoutiez.”

 

6- Faire une demande avec délicatesse

Votre moulin à paroles vous encombre de tellement de palabres que vous êtes sur le point d’imploser? Il est peut-être temps de lui faire une demande tout en douceur, plutôt que de lui exprimer un reproche culpabilisant. La critique constructive n’existe pas, en réalité elle cache des demandes concrètes que nous avons à faire. Choisissez un moment où vous vous sentez parfaitement calme et allez le voir (la tentation de l’entre-deux porte pour s’en débarrasser vite fait est une fausse bonne idée). Rappelez-vous qu’il n’a aucune intention négative envers vous, qu’il se parle surtout à lui-même dans ses bavardages. Utilisez la communication non-violente pour lui faire part de votre malaise et non pas de son défaut, et lui faire une demande précise. N’allez pas le traiter de bavard

  • “J’ai remarqué qu’il t’arrive de donner beaucoup d’explications quand tu me fais part de l’avancement de tes dossiers. Je suis gêné parce que je dispose de peu de temps et ai besoin d’informations synthétiques. Je préférerais que tu me l’exposes au travers des deux ou trois points les plus essentiels à tes yeux. Qu’en penses-tu?”
  • Votre bavard aura alors l’occasion d’exprimer son besoin de donner moultes explications, et vous de lui exprimer votre confiance en son jugement et votre besoin de connaître les résultats plutôt que le chemin qui l’a amené à ces résultats.

 

7- Le ramener dans le champ professionnel

Votre bavard impénitent a tendance à s’étendre sur des sujets privés alors que vous préférez les conversations d’ordre professionnel ? Ramenez-le dans la sphère professionnelle, mais offrez-lui une marque de reconnaissance :

  • “Je comprends que les problèmes dentaires de ton petit dernier te tracassent et j’espère qu’ils vont s’arranger. J’ai besoin de te parler du rapport financier que penses-tu de…”

 

8- Lui accorder quelques minutes de temps à autres

Puisque nous sommes tous heureux de voir nos collègues se montrer bienveillants avec nous, et nous écouter quand nous en avons besoin, (r)envoyons l’ascenseur. Accordez quelques minutes de temps à autre à votre pie jacasse, histoire qu’elle puisse s’épancher l’égo ou le simple sac à palabres. Faites-le avec sincérité et en mode écoute active, pour vous préserver et cadrer son discours tout en lui offrant un espace d’expression.

 

 

 

La pie jacasse en chacun de nous

 

Potentiellement, nous sommes nombreux à avoir recours au bavardage, soit de façon chronique, soit sur des sujets précis qui nous posent problème. Commençons par faire preuve de bienveillance envers nous-mêmes, en considérant que c’est une occasion d’aller traiter une difficulté, pas une opportunité de s’auto-flageller. Si vous vous reconnaissez dans cette catégorie, deux ressources: ce bel article qui vous permettra de mieux comprendre ce qui se passe en vous:

Et un billet sur la communication non violente, qui peut aussi être pour le bavard un bon moyen de cadrer son propre discours en revenant à ses vrais ressentis et ses vrais besoins:

Et si votre bavardage est tellement ancré que vous peinez à vous en sortir et y voyez beaucoup trop d’inconvénients relationnels, une thérapie avec un psy peut sans doute vous aider.

 

 

 

Voir aussi

 

Guide de survie aux abrutis

Compétences relationnelles : l’affirmation de soi

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

S’essayer à la biendisance

Comprendre les motivations derrière les comportements absurdes

Relations, bien-être: le bruit et la fureur (2)

La lecture émotionnelle au service des relations

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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La gentillesse: un peu de noblesse d’âme dans un monde de brutes

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles / Talents et ressources

 

 

 

Dans cette vidéo, Emmanuel Jaffelin, agrégé de philosophie et professeur de philosophie au Lycée Lakanal de Sceaux prône l’émergence d’une nouvelle éthique de « gentilhomme » enracinée dans cette « vertu mineure » qu’est la gentillesse, et qui aurait une efficacité particulière : « Sans faire de nous des Jésus ou des super-héros, elle a le pouvoir de nous élever un peu, de nous anoblir, en un minimum d’efforts »

 

 

 

 

gentillesse vertu moraleDe la mièvrerie à la noblesse d’âme

 

La gentillesse continue d’avoir mauvaise presse – considérée comme crédulité, naïveté, mièvrerie, , malgré tous les efforts pour la réhabiliter. Depuis 2009, Psychologies magazine a instauré une journée de la gentillesse pour promouvoir ce qui peut être une vertu, une valeur morale, pour peu qu’on prenne conscience que le dédain pour la gentillesse est, pour Emmanuel Jaffelin comme pour beaucoup d’entre nous, le fruit d’un héritage culturel plutôt que le reflet d’un réalité.

 

Ajoutons à cela que l’entraide est une capacité courante chez les animaux, et qu’aucun singe ne s’est “fait avoir” parce qu’il a accepté d’épouiller un camarade;)

 

 

 

 

 

La gentillesse, vertu morale impressionniste

 

Derrière l’idée de bienfaisance liée à la gentillesse, il ne s’agit pas de sacrifice majeur, mais simplement de rendre service. Pour Emmanuel Jaffelin, c’est une morale “de poche” accessible, praticable et surtout, sans culpabilité.

 

Il l’oppose aux morales impressionnantes des philosophes, quasi impossibles à mettre en pratique (l’ataraxie des stoïciens, l’apathie des épicuriens, ou ces morales qui nous dictent ce que nous devons faire) en la définissant comme une morale impressionniste, c’est à dire une vertu qui s’exprime par petites touches, qui présentent le joli avantage de produire de la bonne humeur.

 

 

 

Morale du pouvoir et non du devoir

 

Elle n’est pas de l’ordre du devoir, mais du désir, du pouvoir au sens “ce que je peux”: à nous de choisir quand et comment nous voulons ou pouvons être gentils. Ce qui la rend sincère et désintéressée, là où une gentillesse par contrainte (“il faut être gentil”) devient hypocrite. C’et aussi ce qui la débarrasse du sentiment de culpabilité: nous avons le droit de ne pas rendre service.

 

Notre société cynique encourage l’instrumentalisation de l’autre au bénéfice de soi, de prendre ce dont nous manquons. Inversement, la gentillesse est la capacité à donner. Celui qui est gentil n’est pas en état de manque, il est en état de plénitude dans un domaine donné et peut partager ce qu’il a.

 

 

 

Une forme de sollicitude douce, d’intelligence sociale

Le respect est se conformer à un règlement ou à un droit – ne pas se garer sur une place handicapé quand on ne l’est pas. La sollicitude, quant à elle, peut aller jusqu’à jouer les sauveurs, les Amélie Poulain intrusifs qui veulent le bonheur des autres malgré eux, ou en tout cas sans qu’ils n’aient rien demandé. Pour Emmanuel Jaffelin, la gentillesse est une forme d’intelligence sociale qui se trouve à mi-chemin entre les deux: rendre service à quelqu’un qui nous le demande… ou pas.

 

En d’autres termes, cette gentillesse n’est pas serpillière, elle est une servitude volontaire positive, choisie. Et comme Emmanuel Jaffelin ne craint pas la métaphore, il en parle en termes plombiers: cette gentillesse agit comme un siphon qui nous permet de nous vider de nous-mêmes et des injonctions cyniques de l’individualisme et du bénéfice personnel, ce qui nous permet de faire de la place pour autrui, de l’accueillir. Et de remettre un peu de noblesse d’âme dans un monde de brutes.

 

 

A lire: Petit éloge de la gentillesse, Emmanuel Jaffelin, Editions François Bourin

 

Voir aussi

 

Entraide et coopération

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

Compétences relationnelles: politesse et amabilité

Relations: hérisson et paillasson

S’essayer à la biendisance

Le savoir-vivre au travail s’apprend à la dure!

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

Journée de la gentillesse et développement personnel

Compétence relationnelle: l’affirmation de soi

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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La colère, paravent du même pas peur, même pas mal

Sylvaine Pascual – Publié dans: Comprendre les émotions  /  Compétences relationnelles

 

 

 

La colère est en apparence une émotion simple qui transcrit la frustration face au franchissement d’une limite et le besoin de se faire entendre. Cependant, elle sert parfois aussi de masque à d’autres émotions, plus difficiles à exprimer et du coup vite reléguées dans les oubliettes de nos besoins. Au détriment de la relation, qui risque d’y laisser des plumes. Voici une petite étude de cas.

 

 

 

 

la colère peut cacher d'autres émotions, plus difficiles à exprimerSe bouffer le nez plutôt que de se montrer vulnérable

 

Sylvie et Patrick sont associés et co-dirigent une entreprise. Tous deux s’étaient réjouis de cette collaboration: ils s’apprécient, ils ont une vision commune forte de leur métier comme de l’avenir de leur entreprise et estiment avoir beaucoup appris l’un de l’autre lorsqu’ils étaient salariés de la même boîte. Ils se reconnaissent autant de compétences professionnelles que de qualités personnelles.

 

Seulement voilà: la mise en binôme n’a pas grand chose d’une lune de miel professionnelle: ils se heurtent sans cessent l’un à l’autre et semblent avoir l’art de se pousser mutuellement les boutons à colère. D’accrochages en engueulades, les frictions régulières ont donné lieu à des explications, des changements, des efforts de part et d’autre, des améliorations, mais aussi beaucoup d’agressivité, d’accusations, de rejet de responsabilité. Sylvie a beau savoir qu’il s’agit là du recours de ceux qui ne savent plus comment s’y prendre, un dernier conflit, parti d’un détail, mais plus virulent et durable que les précédents, a eu raison de son envie de les dépasser. Au final, elle est à bout et veut se retirer de l’entreprise, même si elle doit y laisser des plumes autant financières que morales, tant son sentiment d’échec est grand.

 

Pourtant, entre deux accrochages, ils s’entendent sur beaucoup de choses, autant sur le plan stratégique que sur la vie de leur entreprise au quotidien. De plus, celle-ci est florissante d’une part et source de beaucoup de satisfaction d’autre part, ce qui les pousse depuis plus d’un an à persévérer et à chercher des solutions à leurs agacements mutuels et respectifs.

 

 

 

Les émotions paravents

 

Leur exemple est sans doute un peu extrême. C’est la première fois que je rencontre autant d’affection professionnelle mélangée à une colère si manifeste. Cependant les conflits entre associés sont fréquents et à l’origine de par mal d’échecs entrepreneuriaux. De même, la colère exprimée entre collègues d’une même entreprise peut être à l’origine d’une amplification de l’animosité plutôt qu’une résolution du problème.

 

D’autant plus lorsque cette exaspération mutuelle est un paravent derrière lequel se cache d’autres émotions, comme la peur et la tristesse, qui nous sont parfois beaucoup plus difficiles à accepter et à exprimer. Car nous avons, dans ce cas, tendance à montrer les crocs plutôt qu’à accueillir l’émotion et de se montrer – du moins le croyons-nous – vulnérable, imparfait, faillible. Un peu comme le chien qui grogne en montrant les dents, parce qu’il a peur.

 

 

 

La colère du (faux) battant

 

Plus ou moins sans s’en rendre compte, notre société hiérarchise les émotions en fonction de ses croyances. Dans le monde impitoyable du travail, tristesse et peur sont souvent considérées comme des faiblesses à cacher, alors que la colère est perçue – à tort, hein, on est d’accord – comme de l’affirmation de soi, l’expression du battant qui s’impose au lieu de céder à des émotions de loser qui n’ont pas leur place dans la vie moderne et contre lesquelles on lutte:

 

  • On étouffe la tristesse à coups de médicaments dans un monde où le bonheur, avec tout ce qu’il a de permanent et d’absolu, est la nouvelle injonction de ceux qui ont tout compris à la vie.
  • On remise la peur, badge ridicule de nos limites, dans les recoins les plus reculés de notre cerveau, émotion indigne d’un winner über performant et plein d’une assurance sans faille, en l’accusant d’être irrationnelle, infondée, imaginaire.

 

Mais à dévaloriser et à refouler nos émotions de la sorte, il faut bien que le malaise s’exprime d’une manière ou d’une autre, et lorsqu’il choisit de passer par la colère, toutes les parties prenantes peuvent y perdre leur latin et échouer à se déchiffrer mutuellement.

 

Autant certaines colères simples sont saines et permettent d’avancer (voir Rôle des émotions: comprendre la colère), autant lorsqu’elle est le paravent de la tristesse ou de la peur, elle devient un mode de défense qui peine à obtenir les résultats recherchés, comme dans le cas de Sylvie et Patrick.

 

 

 

La colère paravent, réponse à une double menace

 

On se bat alors contre une double menace: celle de la situation qui a initié l’émotion, puis celle du regard de l’autre, qui pourrait entrevoir une vulnérabilité confondue avec une faiblesse, et pourrait bien en profiter. Se mettre en colère nous évite alors de reconnaître la véritable émotion derrière le masque du hargneux atrabilaire, vis-à-vis de l’interlocuteur, bien évidemment, mais aussi vis-à-vis de nous-même:

 

  • “C’est inadmissible, tu avais une deadline, tu aurais pu la respecter!” qui signifie en réalité “avec ta contribution en retard, j’ai peur de ne pas boucler en temps et en heure… et de me prendre une avoinée, alors je t’en passe une”
  • “Tu te rends compte, ce que tu m’as dit en réunion, c’est intolérable de me parler comme cela” qui signifie en réalité “j’en ai ressenti beaucoup de peine mais je ne vais pas te la montrer, pas question que tu profites de ma fragilité, alors je m’indigne”

 

 

La colère masque du masque du même-pas-peur, même-pas-mal

 

Elle devient alors un moyen de  crier “même pas peur, même pas mal”, alors que justement, la situation a déclenché des craintes ou une certaine forme de tristesse. Ainsi, lorsqu’on entend Sylvie raconter son histoire, la colère suinte de tous ses mots dans la tension avec laquelle elle la narre. Elle pointe tellement fort qu’on ne voit ni le désarroi, ni la tristesse, ni la fatigue qu’elle dit ressentir. ET mise face à cette contradiction, elle comprend mieux les réactions de Patrick: lorsqu’elle finit par tenter d’exprimer de lui exprimer ses vrais sentiments, après de véritables scènes de ménage professionnel, ils ne montrent pas de cohérence avec son expression verbale ou non verbale:

 

  • L’agacement n’est jamais loin dans son ton, dans ses gestes tendus, dans ses mots coupants et lorsqu’elle cède enfin à la tristesse, l’abandon soudain, après tant de tension, ressemble à un jeu de pouvoir. Il n’est pas tellement surprenant alors que Patrick réagisse peu favorablement d’une part et s’imagine être consciemment manipulé d’autre part.

 

Pourtant, il n’y a pas chez Sylvie de volonté de manipulation, il y a une incapacité à exprimer ses véritables sentiments et en particulier sa peur du manque de reconnaissance et sa tristesse… de ne pas parvenir à s’exprimer. Incapacité à les exprimer autrement que déguisés en ninjas émotionnels prêts à en découdre. Et ce par peur de se montrer plus fragile et plus légère que son image de professionnelle à forte personnalité pourrait laisser croire.  Elle dissimule sa crainte de ne pas être entendue, prise en compte, respectée, sa crainte d’être jugée, derrière une agressivité rassurante… uniquement pour elle.

 

 

 

Le terrain d’entente des vrais sentiments

 

Sylvie a choisi de chercher les moyens de s’autoriser à exprimer ses vrais émotions sans passer par la colère. Et comme ses réaction émotionnelles ont une origine familiale profondément ancrée, il nous a semble qu’il était nécessaire de le faire au travers d’un travail en psychothérapie. Quant à Patrick, il nous est difficile d’analyser sa situation sans avoir son point de vue. D’après Sylvie, il a tendance à se murer dans le silence entre deux invectives, sans exprimer ce qui le préoccupe vraiment: il a peut-être besoin de clarifier et d’admettre ses propres craintes d’abord pour lui-même, pour être en capacité de les dire ensuite.

 

Tous deux ont besoin d’apprendre que, au creux de leurs énervements respectifs et mutuels, le sentiment d’impuissance à s’extirper d’une situation ou à se faire entendre est essentiellement le reflet de leurs peurs respectives et qu’ils peuvent dessiner un terrain de compréhension mutuelle, dans lequel chacun sera en mesure de donner à l’autre ce dont il a besoin. Le chemin sera sans doute long pour eux deux, si la rupture professionnelle n’est pas totalement consommée, parce qu’ils ont généré des croyances tenaces autour des réactions de l’autre, mais il n’est sans doute pas infaisable.

 

En conclusion, lorsque nous jouons les coqs de combat, avec toutes les armes anti relationnelles de la panoplie: arrogants lecteurs de la pensée de l’autre, interprètes agressifs de ses mots, qui tombent vite dans la généralisation abusive, la dévalorisation ou le jugement, nous finissons souvent par avoir recours à des trucs infaillibles pour se pourrir la relation. Nous voilà rejouant un Karpman sinistre où les coups de becs pleuvent et chacun n’en finit plus de ne pas être entendu. Les deux risquent bien de finir au tapis, si à aucun moment ils ne décident de faire confiance à l’autre, de baisser la garde et d’exprimer leurs vrais sentiments. Et comme ces trois éléments ne sont pas facile à mettre en place en plein conflit ouvert, nous verrons comment procéder une prochaine fois;)

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