Les ingrédients d’une relation professionnelle réjouissante

Sylvaine Pascual, publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Comme ce qui ne va pas fait partie des affaires urgentes à traiter, on parle plus facilement (moi la première) des abrutis de boulot, de ce qui rend les relations pénibles, stressantes, de ce qui les pourrit consciencieusement… et plus rarement de ce qui va bien, de ce qui les rend agréables, collaboratives, réjouissantes, nourrissantes. Penchons-nous donc sur les trois ingrédients d’une bonne relation, histoire de ré-équilibre ce qu’on veut et ce dont on ne veut pas.

 

 

Les ingredients d'une bonne relation de travail sont individuels

 

 

 

 

Le clonage comportemental ne favorise pas la relation (heureusement)

 

Bien entendu, il n’y a pas de caractéristique comportementale ou relationnelle à avoir ou pas, il n’y a pas de bonne façon d’être en relation, il y a des ingrédients qui fonctionnent pour nous avec notre entourage et d’autres qui ne fonctionnent pas. Certes, il vaut mieux sortir des rôles relationnels et éviter des comportements peu prosociaux comme l’hypocrisie, l’arrogance ou les jeux de pouvoir et il est assez clair qu’il y a des attitudes à éviter. Certes, l’écoute, la bienveillance, la courtoisie facilitent les relations professionnelles. Cependant, une fois mis de côtés les attitudes anti-relationnelles, il n’y a heureusement pas de recette universelle qui garantit de bonnes relations, à tous les coups, tout le temps. Ce qui nous évite d’être des repliquants émotionnellement formatés et fondamentalement dépourvus d’intérêt.

 

Il y a des combinaisons fascinantes de valeurs, de penchants, de préférences et de besoins, de traits de personnalité qui donne à chacun une façon d’être en relation aux couleurs uniques, une façon d’aimer et d’aimer être en relation qui lui est propre. De la même manière, l’interlocuteur professionnel idéal ne sera pas un portrait figé commun à tous et c’est une bonne nouvelle: non, le clonage comportemental n’est pas une solution anti-relations pourries, bien au contraire!

 

Une bonne relation de travail, c’est avant tout une rencontre entre deux individualités compatibles, à défaut d’être nécessairement semblables et le lissage de la personnalité en fonction des canons comportementaux du moment est une absurdité.

 

comment se pourrir soigneusement les relations?

 

 

 

Chacun cherche son chat (siamois?)

 

Ce que nous aimons, supportons, ou rejetons chez les autres correspond avant tout à ce que nous sommes et les critères d’une bonne relation professionnelle sont essentiellement individuels. Certains supporteront très bien les pleurnichards et pas du tout les arrogants. Certains rechercheront avant tout la loyauté et la fiabilité là où d’autres voudront de l’écoute ou de la performance. Certains détesteront les béni-oui-oui, les mous de l’opinion là où d’autres apprécieront nuance et modération. Bref, il y en a pour tous les goûts.

 

Et en même temps, nous sommes persuadés que tout le monde cherche la même chose que nous, raison simple pour laquelle nous avons parfois tellement de mal à nous comprendre, puisque c’est sacrément faut! Les motivations relationnelles des uns et des autres peuvent être discordantes et parfois même nous mettons des mots différents sur un même comportement (deux de mes clients ont une description parfaitement identique ce ce que l’un appelle “rigueur” et l’autre “discipline”), ou encore nous comprenons dans un même mot des comportements différents!

 

Parfois, nous apprécions des relations plutôt complémentaires: un aller vers parce que nous sommes évitez de, un introverti parce que nous sommes extraverti, quelqu’un qui ne va pas hésiter à nous confronter parce que le bourre-pif est collaboratif, par exemple.

 

Parfois aussi, nous recherchons ces siamois de nous-mêmes, qui fonctionnent pareil et pensent pareil, qui partagent nos valeurs et participent ainsi de notre sentiment d’appartenance et de reconnaissance. Et avec qui nous croyons que nous allons immanquablement avoir une bonne relation. Nous pouvons alors avoir tendance à rejeter des différences qui nécessitent un effort de bienveillance et de compréhension.

 

Une bonne relation de travail: siamois de moi-même ou complémentaire?

 

 

 

 

Nul n’est tenu de s’entendre avec tout le monde

 

Qu’il n’y ait pas de façon idéale d’être en relation est une bonne nouvelle: cela signifie qu’une fois calmée la peur qui génère tant de comportements imbéciles et de jeux de pouvoir, on peut faire boutique de ce qu’on a, sur le plan des relations professionnelles. S’accepter tel que l’on est, s’appuyer dessus pour construire des relations avec naturel et simplicité, plutôt que des relations empruntées et faussement empruntées.

 

Et à l’heure où le tout collaboratif est en passe de devenir la nouvelle dictature, il est temps d’accepter que nous ne sommes pas câblés pour collaborer avec tout le monde, mais avec certains types de personnes et dans certaines circonstances. Encore une fois, c’est la connaissance de soi qui va déterminer la façon dont nous sommes en relation et dont nous collaborons au travail, pas les injonctions comportementales.

 

Autant aller observer de les recoins de nous-mêmes où se cachent nos besoins et nos aspirations relationnelles, nos traits de personnalités pour en déduire les ingrédients d’une bonne relation de boulot, peut-être d’ailleurs en fonction du contexte, car nous n’attendons pas forcément la même chose de toutes nos relations professionnelles. Ma définition du client idéal, en termes relationnels, diffère assez de celle de mes partenaires potentiels.

 

L’affaire demande un brin d’objectivité pas toujours simple à cultiver, le regard sur soi étant souvent biaisé par la crainte de ce qu’on pourrait y trouver. Je me souviens d’une consultante en management, merveilleusement hypocrite et habile en jeux de pouvoirs, qui disait “ce que j’attends d’une relation, c’est juste de pouvoir aider et collaborer” et qui cherchait à imposer ses points de vue tout s’appropriant, l’air de rien, la pensée des autres.

 

accepter qu'on ne peut pas collaborer avec tout le monde

 

 

 

Des mots sur ce que nous voulons dans nos relations

 

Nous savons en général de quel bois sont faits nos abrutis personnels, les profils que nous préférons fuir ou dont nous aimerions nous préserver. Personnellement les hypocrites me fatiguent, les parasites qui gravitent me hérissent le poil. Et si je vous pose la question, je suis prête à parier un week-end à Dubrovnik contre une tringle à rideau que vous saurez me répondre du tac au tac.

 

En revanche, nous avons souvent plus de mal à mettre des mots sur ce que nous attendons dans nos relations, et nous restons très vagues en pensant être très clairs avec un brin plus de précision que des termes tels que “ben, des gens normaux, quoi” (ce qui signifie des gens comme celui qui parle), “respect” (s’il y a bien un mot qui ne veut plus rien dire, c’est bien ce respect) ou politesse.

 

Dans une enquête sur la vie de bureau, Régions Job dresse un top 3 des qualités les plus recherchées: compétent, sympathique et drôle. Sympathique et drôle, là encore, on baigne en plein flou artistique. Moi aussi j’aime bien les gens sympathiques et drôles! Mais qu’est-ce que ça signifie au juste? Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’un quidam est sympathique, qu’il est drôle, respectueux, courtois, agréable, à l’écoute, intéressant, intelligent, sociable, accessible, sincère, sensible, humain etc?

 

Comprendre le rôle de sauveur pour mieux en sortir

 

Nous avons tendance à mettre des valeurs sur ces mots-là et ils restent à l’état de concepts, dont on sait bien qu’ils n’engagent que ceux qui les élaborent. En d’autres termes: parle-moi “respect” et je ne risque pas de savoir qui tu es… ni ce que tu veux, ce que tu attends de moi, ce que tu acceptes ou pas.

 

Derrière ces valeurs se cachent des actions, des comportements précis que nous apprécions particulièrement et qui, lorsque nous y sommes confrontés, suscitent le meilleur de nous: face à eux nous devenons collaboratifs, motivés, impliqués bref, heureux et efficaces. Les définir clairement permettra ensuite de les rechercher, de s’appuyer dessus, par exemple pour recruter son futur boss, pour choisir ses clients et ses partenaires, pour éviter d’être mis en binôme avec un collègue incompatible

 

Quelles sont les trois qualités les plus essentielles à vos yeux, qui définissent l’interlocuteur professionnel idéal?

Quelles actions concrètes, quels comportements précis traduisent ces qualités?

Dans quelle mesure exprimez-vous vous-mêmes ces qualités?

 

Chacun d’entre nous a ses ficelles relationnelles qui, si l’interlocuteur en joue, suscitent le meilleur de nous-mêmes et nous rendent heureux, potentiellement performants et collaboratifs, nous donnent un sentiment d’appartenance et de reconnaissance, et participent de notre sentiment de bien-être, de satisfaction et de sens.

 

Quelles sont les vôtres?

 

Pourquoi trois? Comme ça, à la louche. Trop, et nous voilà exigeants comme des recruteurs, prêts à jouer de la fin de non recevoir au premier manquement. Pas assez et nous voilà peu préoccupés de nos besoins sociaux-affectifs, au détriment de notre bien-être relationnel.

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles: politesse et amabilité

Courage et responsabilisation: cesser de voir des fautifs partout!

Relations au travail: et la gentillesse bordel?!

Meilleur de soi, pire de soi et pomme de discorde

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Relations, bien-être: le bruit et la fureur (2)

La lecture émotionnelle au service des relations

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez renforcer vos compétences relationnelles et les mettre au service de vos aspirations professionnelles? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

10 façons de passer un bel été

Sylvaine Pascual, publié dans : Bien-être et estime de soi / Vie professionnelle

 

 

 

Enfin l’été! Nous les avons tant attendus, ces jours qui rallongent, annonciateurs de bonheur estival, synonyme d’humeur égale, d’expériences séduisantes, de moments de convivialité décontractée, de calme blanc au boulot. Mais à sortir trop vite le soufflé du four, le voilà qui retombe! En vertu du principes que nos déceptions sont à la mesure de nos attentes passives, passons à l’action poir nous élaborer des été aux petits oignons!

 

 

passer bel été

 

 

 

 

L’été, le week end de l’année

 

Chaque année, c’est la même chose ! Juin arrive avec ses journées lumineuses à rallonges et ses promesses d’un bel été, vite rattrapées par la réalité : il va au final ressembler à l’été précédent, un été en demi-teinte, bien loin de nos souvenirs d’enfants.  Juin est un peu le vendredi de l’année, au même titre que juillet et août en sont les samedi et dimanche. Et nous les ratons de la même manière, avec au soir de notre été, les mêmes regrets qu’en fin de week end : le sentiment de ne pas être tellement reposés.

 

voila étéÇa me rappelle une chanson des inimitables Négresses vertes, à la fin des années 80, qui évoque les promesses de l’été:

 

 

Voilà l’été, j’aperçois le soleil
Les nuages filent et le ciel s’éclaircit
Et dans ma tête qui bourdonnent,
Les abeilles !
J’entends rugir les plaisirs de la vie

 

C’est le retour des amours qui nous chauffent
Les oreilles, il fait si chaud
Qu’il nous pousse des envies
Qu’il le bonheur rafraichie d’un cocktail
Les filles sont belles et les dieux sont ravis.

 

Bref, tout un programme. Qui a tôt fait de tourner vinaigre!

 

Toujours l’été c’est pas du superflu
Il fait trop chaud, l’soleil m’abasourdit
Rillettes sous les bras j’avance dans la rue
J’pense à ces cons qui s’font chier dans l’midi
Tous ces torche-culs qui vont cuire dans leurs jus
Tous ces noyés, la mer quelle saloperie
Et sur les routes le danger ça vous tue
Vivement l’automne, je me sens tout aigri.

 

Voilà donc qui résumerait 30 ans d’étés, ratés, sacrifiés sur l’autel de quoi donc, d’ailleurs? Parce qu’après tout, il ne tient qu’à nous qu’à faire de notre été une saison réjouissante et décontractée. Et la question ici est donc bien de passer un bel été, pas seulement de passer de belles vacances !

 

 

 

10 façons de passer un bel été

 

L’été, c’est le temps des récoltes, le temps des fruits, le temps des vacances : c’est une saison propice à:

 

  • Evaluer, faire des bilans, réfléchir 
  • Savourer, profiter
  • Se détendre, décélérer

Partant de ces trois aspects saisonniers, voici 10 pistes pour vous garantir à vous-mêmes un été reposant, jubilatoire et énergisant!

 

 

 

1- Ralentir

Rien de plus simple que d’associer été et doigts de pieds en éventail a bord de la piscine, à siroter mollement un cocktail avec un parasol dedans. Ou d’ailleurs, doigts de pieds en éventail après avoir enlevé ses chaussures de montagne et siroter un pastis bien mérité en regardant le soleil descendre derrière les cimes.  Mais ce sont là des lenteurs de villégiature que, potentiellement, on peut s’octroyer chaque année. Mais on peut aussi aller plus loin: l’été dans son intégralité se prête à un ralentissement plus généralisé, dont vous pouvez ainsi expérimenter les bénéfices, en termes de bien-être et d’efficacité, pour ensuite ralentir… toute l’année !

Profiter des vacances pour réapprendre à glandouiller, à revasser

 

 

2- Prendre du recul

L’idée est de s’éloigner de son arbre pour mieux le regarder, dans ses détails comme sa globalité. Car l’arbre du quotidien finit par cacher des forêts de dossiers à traiter, qui génèrent de l’agacement, de l’inquiétude, de la fatigue, bref, du stress. L’été se prête aussi à un ré-apprentissage salutaire : se détendre, décompresser et s’apaiser, réfléchir en toute quiétude et nous ressourcer abondamment, histoire d’être en mesure d’observer tous nos dossiers à traiter avec une distance émotionnelle bienfaisante et concocter des solutions à mettre en œuvre à la rentrée.

Quelques pistes pour prendre du recul pendant l'été

 

 

3- Réfléchir à son avenir professionnel en mode décontracté

Il ne s’agit évidemment pas d’emmener le top 10 des publications management de l’année pour les ingurgiter sur la plage. Vous avez déjà de fortes chances de passer un été en demi-teinte, n’en rajoutez pas avec des bonnes résolutions estivales.  Il s’agit de prendre le temps de réfléchir à cette transition de carrière ou à ces changements professionnels qui vous titillent depuis quelques mois, parce que justement, du temps, on a le sentiment d’en avoir plus l’été. La baisse d’activité au travail, les enfants envoyés chez leurs grands-parents, les journées plus longues, tout cela libère à la fois du temps et de l’espace mental, du temps de cerveau disponible que vous pouvez enfin vous autoriser à ne vendre qu’à celui qui en a le plus besoin : vous-même. La réflexion d’été, parce qu’elle est plus sereine et plus décontractée, est souvent plus porteuse.

Vous avez une vague envie de changer de boîte, de métier, de vous mettre à votre compte ? C’est un moment idéal pour sortir l’idée de son tiroir et l’explorer en toute tranquillité.

Vous estimez que votre job a besoin d’un bon décrassage pour retrouver du sens et du plaisir au travail générateurs de motivation et d’entrain? C’est le moment d’évaluer les points d’insatisfaction et de préparer les changements à mettre en oeuvre en automne:

reconversion, transition, quel que soit le projet professionnel, l'été est un bon moment pour y réfléchir

 

 

4- Eviter de rater ses vacances

Chaque année, c’est formidable, je vois autour de mois des gens qui vont passer des vacances épatantes dans des endroits de rêve, depuis les trois semaines aux Seychelles jusqu’au trek en Inde, en passant par le séjour tranquille dans la maison familiale. Et qui attendent impatiemment le départ, dans l’espoir de laisser derrière eux soucis professionnels et contraintes quotidiennes.

 

Et je vois des tas de gens qui rentrent un peu fourbus, au terme de vacances qu’ils espéraient formidables et qui se sont passées, en demi-teinte, au mieux fades, au pire plombées par les sollicitations des collègues, la difficulté à déconnecter, les contraintes réinventées, les choix en forme de stratégie d’échec. Pour réussir ses vacances et s’assurer de rentrer ragaillardi, requinqué et regonflé, rien de tel que de savoir comment être certain(e) de les foirer:

Déconnecter sans culpabiliser pendant les vacances

 

 

5- Renforcer ses compétences relationnelles

L’été c’est l’occasion de tous les dangers… relationnels. Les querelles d’amoureux parce qu’on supporte pas belle-maman et que franchement Chéri(e)-Chéri(e) lui passe tous ses caprices, les ados qui sont plus difficiles chaque année et ne semblent avoir maîtrisé qu’une seule chose dans la vie, l’art de faire la gueule, les copains avec qui on s’attendait à passer des vacances de rêve mais qui se révèlent ne pas du tout avoir le même mode de vie… les ratés relationnels en vacances, c’est le meilleur moyen de se gâcher tout l’été.

 

Alors c’est peut-être l’occasion de travailler l’affirmation de soi, sereine, respectueuse et décomplexée, histoire de désamorcer d’éventuels conflits et de favoriser l’intelligence collaborative au sein même se sa petite tribu:

 

  • Se mettre d’accord sur les règles de vie commune et les faire respecter
  • Exprimer ses envies et ses besoins
  • Accueillir les envies et les besoins des autres
  • Concilier les envies et les besoins de tous
  • Fixer des limites quand c’est nécessaire

C’est donc l’occasion de tester d’autres façons de communiquer, si peu exploitées et pourtant si efficaces, vous savez, celles sur lesquelles vous avez passe 25mn lors de votre dernier séminaire de formation “communication et management (ou leadership)”, que vous avez trouvées géniales mais que vous n’avez jamais testées (because de toute façon, rien ne marche avec Jean-Fabien, quelle tête de pioche ce môme). Bref, quand vous déciderez de vous y mettre et que vous parviendrez à gérer vos ados, vous serez aussi en mesure de manager vos collaborateurs, vos pairs et vos N+tout ce que vous voulez et même cet empaffé de Bichtouille, qui est forcément un manipulateur pervers.

Pratiquer chaque jour une communication bienveillante, respectueuse de soi et d'autrui

 

 

6- Vitamines mentales estivales : Réapprendre à s’émerveiller

Souvenez-vous de vos étés d’enfant… Cet émerveillement, autant dans l’attente des vacances tant espérés que dans le séjour lui-même, a sans doute laissé des traces en chacun de nous. Je me souviens de l’odeur de la confiture de mûre qu’on faisait chez ma grand-mère, après s’être soigneusement écorchés dans les ronces qui séparent les vignes, des figues qu’on mangeait chaudes dans l’arbre, des amandes qu’on cassait avec des cailloux… Je me souviens aussi  du parfum de l’aube, à la montagne, du bleu des crépuscules et du goût des côtelettes d’agneau que mon père faisait griller sur des barbecues toujours improvisés (à la catalane, quoi).

 

Il ne s’agit pas de vous encourager à la nostalgie du paradis perdu, mais plutôt de vous rappeler des émerveillement si facile de nos jeunes années pour remettre de l’enfance dans nos étés et réapprendre à nous émerveiller des petites et grands expériences que nous y faisons. De goûter l’été comme un fruit mûr et d’en savourer la générosité sur nos papilles émerveillées. Parce que c’est bon pour l’humeur et ça nous accumule des vitamines mentales dans la cafetière.

réapprendre à s'emmerveiller pour engranger de l'énergie

 

 

7- Vitamines mentales estivales : Changer ses habitudes

Les soirées sont longues, le temps est beau, l’été, c’est aussi l’occasion de changer ses habitudes et de redécouvrir, entre autres, combien il fait bon dehors. Travailler à l’extérieur,  redécouvrir le plaisir des pique-niques, d’une partie de foot improvisée sur l’esplanade derrière la maison, prendre un pot en terrasse après le boulot, aller se balader dans la forêt le soir en semaine, sortir la télé dans le jardin (s’il faut vraiment la regarder), il y a mille et une manières de profiter de l’été en changeant un brin nos habitudes et en profitant de chaque instant de temps clément: faisons preuve d’imagination!

D’autre part, c’est une saison idéale pour la contemplation autant que pour les instants de convivialité: c’est le moment de questionner les habitudes prises et de ré-apprendre, ne serait-ce qu’un peu, à déconnecter et à revenir dans les plaisirs de l’instant présent:

Prendre un instant pour admirer la poésie du monde

Et au boulot, bousculer ses habitudes, ça peut aussi être expérimenter de nouveaux rythmes, explorer les tiers-lieux de travail etc.

 

8- Eviter de se pourrir la rentrée

Sérieusement, s’il y a bien un truc qui m’épate chaque année, c’est la propension à se pourrir la rentrée si répandue, si systématique et pourtant si évitable. Septembre, c’est encore l’été et à l’instar de ces dimanches soirs sinistres que nous passons à repasser la chemise du lundi et à ressasser les lendemains moroses, nous mettons parfois un zèle consommé à en faire un enfer estampillé « stress de la rentrée ».

 

Nous commençons dès le retour de vacances par anticiper avec anxiété obligations, impératifs et contraintes incontournables qui s’égrènent tout au long de septembre, comme les fausses notes aigrelettes d’un violon désaccordé.  Bye bye les flonflons de juillet, nous voilà bien de retour à la triste réalité. Et pour en rajouter une louche, voilà qu’on prend des bonnes résolutions! Clairement, une fois qu’on s’est pourri septembre, toute l’énergie accumulée pendant l’été s’est envolé. Dire qu’il va falloir attendre l’année prochaine pour revenir faire la fête aux crustacés…

 

Ou pas ! Car hauts les cœurs, lecteurs fidèles, nul n’est condamné à des rentrées stressées et énergivores, quelques changements, y compris de percetion, suffisent. Comme peut-être admettre qu’Agathe, 13 ans, est capable de s’inscrire toute seule à son cours de dessin, vous libérant ainsi de faire la queue au forum des associations. ET comme pour les vacances, apprenons de nos erreurs:

10 trucs infaillibles pour rater sa rentrée

 

 

9- Se mettre en mode coaching d’été dès juin

Et maintenant que vous avez testé sur quelques dimensions de votre été, l’année prochaine vous anticiperez et vous mettrez au coaching d’été dès juin, pour concocter une saisons estivale délectable dans toute sa durée:

L'été: la saison des bilans et de la réflexion en mode décontracté

 

 

10-  Et si vous êtes entrepreneur, apprenez à profiter de la baisse d’activité estivale

Angoisse classique de l’indépendant et qui peut, potentiellement, lui gâcher une bonne partie de l’été, celle générée par la baisse d’activité. Pour que l’inquiétude ne vous rende pas amer et désabusé, au risque de transmettre votre morosité à un entourage qui ne vous sera pas du tout reconnaissant, Voici quelques moyens de gérer le ralentissement économique de l’été:

entrepreneurs gérer la baisse d'activité en été

 

 

Je vous souhaite un bel été!

 

 

Voir aussi:

 

Carrière: que faire pendant les vacances pour avancer professionnellement?

Tous en short! Les hommes, la chaleur et les codes vestimentaires

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez profiter de l’été pour entamer une réflexion sereine sur votre désir de transition professionnelle ou de changement au travail? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Courage et responsabilisation: cesser de voir des fautifs partout!

Sylvaine Pascual – Publié dans: Bien-être et estime de soi / Compétences relationnelles

 

 

Combien d’entre nous, dès lors que quelque chose ne fonctionne pas comme la mécanique bien huilée que nous imaginions en résultat logique de nos louables efforts, s’empressent de chercher à qui la faute ? Combien d’entre nous sont des reprochards* compulsifs, pointeurs  et receveurs de doigts accusateurs ? Probablement tous, à des degrés divers. Voici pourquoi c’est une sacré fausse bonne idée relationnelle et comment dépasser ce penchant contre productif.

 

 

Chercher un fautif, pointer du doigt pour dédétourner l'attention de soi

 

 

 

Fleur fragile pointe du doigt et craint le doigt pointé

 

Nous sommes tous prompts à pointer du doigt ce fautif impardonnable responsable des situations déplaisantes dans lesquelles nous nous retrouvons, histoire de détourner l’attention (la nôtre comme celle des autres) de notre propre part de responsabilité. En vertu du principe de la paille dans l’œil du voisin, c’est plus simple d’admonester, de désapprouver, de chapitrer autrui que de balayer devant sa porte.

 

Pourtant, nous sommes tous des fleurs fragiles, n’en déplaise à l’image de supermen et de superwomen que nous aimerions donner, nous sommes tous délicats et vulnérables, en particulier aux doigts accusateurs qui nous accusent de tous les maux. Bref, nous faisons aux autres ce que nous n’aimons pas qu’on nous fasse, nous nageons en pleine incompétence relationnelle;)

 

Brené Brown, dans cette jolie vidéo, dissèque avec bienveillance les dessous peu affriolants de la recherche systématique d’un coupable.  Chercher et professeur à l’université de Houston, elle s’est fait connaître auprès du grand public au travers de sa conférence TED Le pouvoir de la vulnérabilité.

Elle démontre ici comment la tendance à chercher le fautif nous coupe de la responsabilité et nuit à nos relations.

 

 

 

 

 

Chercher le fautif  pour soulager son propre malaise

 

Parce que les exemples sont souvent parlant, Brené Brown explique qu’elle avait demandé à son mari de rentrer à 22h parce qu’elle n’arrive pas à s’endormir lorsqu’il n’est pas là. Il rentre à 22H30 et le lendemain matin, lorsqu’elle laisse sa tasse de café lui échapper des mains, que celle-ci vole en éclat et macule son pantalon blanc, ce qui lui vient à ‘esprit, c’est que c’est la faute de son mari qui est rentré tard et qu’elle n’a pas eu le sommeil nécessaire. Cet exemple, hilarant d’absurdité, nous renvoie tous à des pensées que nous avons eues, à des reproches déconnectés de la réalité que nous avons faits, à des jugements noir-et-blanc bien étriqués que nous avons formulés.

 

Renvoyer la faute sur quelqu'un d'autre, c'est nier sa propre responsabilité

 

 

Pourquoi avons-nous tendance à chercher le fautif où qu’il se niche ? La recherche a montré que ce penchant est un simple moyen de nous soulager du malaise, un exutoire à la colère, à l’énergie négative. Et nous allons même jusqu’à préférer nous blâmer nous-mêmes plutôt que de ne trouver aucun fautif, parce pointer du doigt nous donne un sentiment de contrôle censé contrebalancer ce malaise.

 

Mais dans les deux cas, c’est le contraire qui se produit, car  au final, c’est un piège relationnel, autant dans la relation à soi qu’à l’autre : la recherche du fautif déforme la réalité, nous dévalorise, nous dépouille de notre empathie, nous coupe de l’autre et de la possibilité de nourrir notre courage, le courage de nous regarder en face. Nous finissons par reprocher aux autres nos manquements et par nous blâmer nous-mêmes de problèmes des autres.

 

Ajoutons à cela qu’entre pointage du doigt et mise à l’index, il n’y a qu’un pas, franchi parfois avec force médisance et jugement péremptoire, qu’il y a des bouc-émissaires faciles et qu’on finit rapidement par distribuer des pommes de discordes plutôt que le meilleur de soi. Et que tout cela manque considérablement de panache relationnel!

 

 

La peur et ll'égo, vers dans le fruit de nos relations

 

 

 

 

Le courage de la responsabilité

 

Ceux qui ont tendance à abuser du reproche, constate la scientifique, ont rarement le courage de réellement demander des comptes à ceux qu’ils tiennent pour responsables, parce qu’ils dilapident leur énergie dans l’expression de leur colère et la recherche du fautif.

 

La responsabilité, par définition, rend vulnérable. Elle consiste à reconnaître nos propres manquements, limités et erreurs. Elle nous expose aux jugements des autres et à leur reprochardise. Et c’est bien en cela qu’elle est courageuse et démontre – autant qu’elle nécessite – une solide estime de soi. C’est elle qui va nous permettre d’assumer réellement note part de responsabilité et elle aussi qui nous encourage à dire ce que nous avons vraiment à dire au lieu de chercher le fautif,  de lui dire « je me suis senti très mal dans cette situation » puis d’en parler, au lieu de l’agonir de reproches, de désapprobation et d’admonestation.

 

Chercher le fautif pourrit les relations et entrave l’empathie : lorsque nous entendons une histoire, nous n‘écoutons pas, notre esprit se précipite sur les liens de causes à effets qui pourraient déterminer l’origine de la faute, pointer du doigt cet autre qui servira aussi à détourner l’attention de nous. Car à force de chercher les fautifs, nous pensons aussi que les autres cherchent systématiquement les imparfaits, les responsables, les coupables et qu’ils pourraient bien nous désigner nous. Aaah, cercle vicieux, quand tu nous tiens !

 

 

 

 

Cesser de chercher le fautif et favoriser le lien à la place

 

Le site Psychcentral propose une méthode intéressante pour dépasser notre tendance à chercher le fautif.

 

  • Repérer nos moments reprochards : qu’ils soient focalisés sur autrui ou sur nous-mêmes et observer comment ils nous servent à évacuer l’énergie négative suscitée par la situation. Comment vous sentez-vous juste après ? Etes-vous réellement soulagés ? D’autres énergies négatives s’immiscent-elles en vous ?
  • Repérer les moments reprochards des autres : remarquez-vous le malaise qui les précède ?
  • Ce repérage, qu’en retirez-vous ? Que remarquez-vous ?

 

J’y rajoute quelques éléments issus de la lecture émotionnelle, qui m’est chère, tant il peut être libérateur d’écouter ses émotions au lieu de chercher par tous les moyens à s’en débarrasser. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : l’énergie négative dont nous croyons nous soulager, ce sont des émotions qui génèrent un inconfort moral et physique que nous n’avons pas appris  traiter. Nous cherchons donc des exutoires. Pourtant, tant que l’émotion indicatrice d’un besoin mal comblé n’est pas entendue et traitée, elle reviendra dans toutes les situations similaires. Alors plutôt que de mettre le terme “stress” dessus, recours facile et vague qui nous éloigne de nos sentiments mieux vaut:

 

  • Ecouter l’émotion : ce sentiment qui vous pousse à pointer du doigt, s’agit-il d’agacement, d’énervement (lutte), d’inquiétude, d’angoisse (fuite), de tristesse, de découragement (repli)?
  • En déduire les besoins à combler : en fonction de l’état de défense, identifier ce dont nous avons vraiment besoin pour traiter le problème.
  • Les transformer en action à mener : il peut d’agir d’une demande à faire, d’une information à aller chercher, d’anticiper des solutions, de partager un ressenti etc.

Ce qui peut donner quelque chose de l’ordre de:

 

  • si vous êtes en lutte, vous avez peut-être besoin de clarifier les résultats précis que vous voulez obtenir et le cas échéant, trouver des moyens non violents de l’exprimer.
  • Si vous êtes en fuite, vous avez peut-être besoin d’identifier des options possibles, d’établir les étapes vers ce que vous voulez.
  • Si vous êtes en repli, vous avez peut-être besoin de comprendre ce qui s’est passé pour déterminer la direction à suivre.

 

triplette élégance relationnelle

 

En s’appuyant sur la communication non violente et les demandes assertives, nous pouvons ainsi aller vers une jolie triplette prosociale nous débarrasser d’éléments corrosifs de la relation et exprimer sereinement ce qui nous tient vraiment à cœur. Il suffit d’avoir le courage de parler de soi au lieu de pointer du doigt 😉

 

 

*Je sais, la mode est à la soumission au Globish dominant par l’adoption de tout terme nouveau issu d’une langue que Shakespeare ne reconnaîtrait pas. Je préfère emprunter à la linguistique de la Perfide Albion sa propension à l’invention sémantique et à la transcrire dans ce bon vieux français pour lequel j’ai de l’affection.

 

 

 

Voir aussi

 

Se parler à nous-même comme on voudrait qu’on nous parle

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

Image de soi: de la dévalorisation au regard bienveillant

3 clés pour renforcer la confiance en soi

Cultiver l’authentique

Ratés de la communication: compliments & quand-mêmisations

Formuler une critique avec élégance et délicatesse

Recevoir une critique avec grâce et dignité

 

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

Vous voulez construire et renforcer l’assurance et l’élégance relationnelle qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Fabriquer du changement… avec nos émotions!

Sylvaine Pascual – Publié dans: Vie professionnelle / Compétences émotionnelles 

 

 

J’aime bien l’idée de fabriquer du changement. Elle implique qu’on peut le concevoir, le bricoler, le fignoler, l’adapter au lieu de le subir. L’événement la Fabrique du changement a lieu pour la seconde année, le 21 mai à Nantes, et a pour objectif de présenter et partager toutes sortes de techniques et pratiques destinées à transformer les organisations en leur donnant un souffle d’efficacité et de collaboration… en toute humanité. Je suis ravie d’y revenir pour animer deux ateliers  “Emotions, management et collaboration”

 

 

 

 

la fabrique du changement 2015

 

 

 

 

Un événement pour fabriquer du changement

fabrique-changementFrançois Badénès, instigateur et organisateur de cette journée en partenariat avec le collectif Les artisans du changement, explique:  “La Fabrique Du Changement est un évènement professionnel atypique centré sur les échanges entre professionnels et le partage d’expériences. ”

 

La Fabrique du changement promeut le partage d’expériences et l’expérimentation de leviers de performance sociale et économique : innovation participative, innovation sociale, RSE et bien être des salariés, usage des médias sociaux, innovation managériale, design thinking, entreprise collaborative.

 

Dédiée aux professionnels (Managers, Dirigeants, Fonctions RH, Communication, Démarches RSE, Innovation, Projets collaboratifs, Conduite du changement…) cette journée proposera “Des ateliers participatifs (hacking de projets, café du networking, yourte du bien-être, retours d’expériences d’innovation sociale et de démarches d’intelligence collective), des animations (pitch Academy, forum ouvert, booster de projet), des personnalités inspirantes (Patrick Viveret, Philosophe ; Anne-Sophie Novel, économiste) et … des surprises.”

 

Le programme complet, c’est par ici: la Fabrique du changement 2015

 

J’ai été enthousiasmée par l’événement 2014, où l’état d’esprit m’a rappelé celui des Scrumdays ou journées Agiles auxquels j’ai participé: résolument tourné vers la réflexion, l’expérimentation et les solutions concrètes présentées à un public profondément désireux de changements réels, qui replacent l’humain au cœur de l’entreprise, des changements bien éloignés du blabla managérial poussiéreux qu’on ne finit plus d’entendre et de lire. Et pour vous donner envie de venir en 2015, mes impressions de l’année dernière^^

 


Sylvaine Pascual par tvreze
 

 

La lecture émotionnelle au service du management et de la collaboration

 

Je suis quant à moi ravie de revenir participer à cette seconde édition. JJ’interviendrai dans le cadre d’un atelier interactif “Emotions, management et collaboration”, dont voici une courte présentation.

 

Le bien-être personnel et professionnel, l’efficacité collective et la collaboration passent avant tout par la relation à l’autre, aux autres, ces bipèdes aux comportements et aux modes de communication parfois étranges, parfois incompréhensibles, parfois aberrants, avec qui il y a 1001 façons de ne pas nous entendre, de ne pas nous comprendre, d’avoir du mal à collaborer et d’être difficiles à manager.

 

Peut-être que la véritable innovation dans les interactions professionnelles consisterait tout simplement à revenir à davantage de simplicité et d’authenticité, en se penchant sur l’origine de nos comportements et de notre communication, de notre motivation et de nos décisions: les émotions. Les réactions émotionnelles ont l’avantage d’être universelles, ce qui les rend bien plus simples à déchiffrer et à exploiter pour améliorer nos interactions que de devoir faire le tri entre X profils compliqués ou de s’efforcer de mettre en place une Xème théorie managériale plus compliquée qu’efficace.

 

 

emotions collaboration

 

 

Je vous proposerai donc de partir à la rencontre de nos émotions, en compagnie d’un taureau, d’un cheval, d’un opossum, d’un crocodile, bref, de tout un bestiaire de nos sentiments. Nous irons explorer leur rôle véritable, les aptitudes et penchants qu’elles nous confèrent pour comprendre qu’elles sont une mine d’or pour nos organisations et voir comment, concrètement et simplement, nous pouvons la mettre au service de notre bien-être personnel et relationnel, au bénéfice du management et de la collaboration.

 

 

 

 

 

Rencontreons-nous à la Fabrique du changement 2015!

 

 

Modalités pratiques:

 

  • Cet événement aura lieu le 21 mai 2015 à Nantes (SOLILAB, Pôle de coopération et d’innovation sociale, 8 rue St Domingue)
  • Pour en savoir plus et pour vous inscrire, c’est sur le site La Fabrique du changement.

 

 

En attendant: explorer la lecture émotionnelle

 

La lecture émotionnelle au service du bien-être

La lecture émotionnelle au service des relations

Job idéal & vitamines mentales: Florence et la lecture émotionnelle

Collaboration, conflit et lecture émotionnelle

Remparts coursives et échauguettes: les états de défense aux émotions

Efficacité professionnelle et émotions

Les talents naturels au coeur de nos émotions

 

 

 

Aller plus loin

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Bonheur au travail : que faire quand on n’est pas salarié d’une entreprise libérée ?

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Aaah, papillonner avec un bonheur serein et une efficacité radieuse de tâche en tâche, de réunion en projet collaboratif, de déjeuner d’affaires en déconnexion décomplexée, dans une entreprise où l’on a compris les besoins professionnels d’êtres humains judicieusement remis au cœur du système…  le rêve. Seulement voilà, vous ne travaillez pas pour Jean-François Zobrist, votre quotidien, c’est plutôt contraintes, flicage, pression et manque de reconnaissance. Pas de panique, à défaut de travailler dans une entreprise libérée, vous pouvez vous libérer du manque de plaisir en entreprise !

 

 

 

bonheur au travail: que faire quand on n'est pas salarié d'une entreprise libérée?

 

 

 

Le bonheur au travail, peu l’ont trouvé

 

L’épatant reportage sur le bonheur au travail et les entreprises libérées de Martin Meissonnier a beaucoup fait parler de lui et des alternatives enthousiasmantes au management passéiste, contraignant et déshumanisé qui est en passe de faire du burnout une banalité de la vie professionnelle.

 

Selon le reportage, seuls 11% des gens sont heureux d’aller au travail. C’est peu, c’est affligeant et ça explique le nombre de gens que la notion de plaisir ou de bonheur au travail font doucement rigoler : ils en sont tellement éloignés que la perspective d’avoir envie de se lever le matin pour aller bosser ne risque pas de trouver une place, si petite soit-elle, dans leur espace mental.

 

Et c’est bien normal : le nombre d’entreprises libérées étant assez limité, nous ne pouvons pas tous avoir un job chez Chronoflex, chez Favi ou chez Poult. D’où l’écrasante majorité de salariés peu impliqués (58%), voire « activement désengagés » (31% toujours selon le reportage), pour qui le plaisir au travail est davantage du domaine du fantasme qu’à portée de main.

 

 

 

Prendre son plaisir au travail en main !

 

Face à ce sinistre constat, plusieurs attitudes sont possibles, qui vont avoir un impact direct sur, justement la possibilité d’aller vers davantage de plaisir au travail en dépit du fait que votre entreprise n’a rien compris au bonheur au travail:

 

 

  • Pratiquer le cynisme immobiliste: 

    Quand tout nous pousse à la morosité, on peut céder au cynisme qui se veut réaliste, mais qui nous ancre dans un immobilisme à-quoi-boniste qui fait voguer la galère sans aucune terre en vue. Ca a le mérite de nous permettre de créer des clubs de  pessimistes auto-étiquetés réalistes, de ruminer en compagnie d’autres Victimes (donc de se sentir moins seul), ça rend chagrin et revêche plus que réjoui et dynamique et ça entretient le système que l’on prétend critiquer.

 

  • Se contenter de l’attentisme optimiste: 

    On peut espérer que la thématique du bonheur au travail fasse des émules, fasse son chemin ou que votre PDG se voir offrir pour son anniversaire un costume de (poult) ou un livre d’Isaac Getz. Je suis assez convaincue, au regard de toutes les graines semées, entre les exemples d’entreprises libérées, les alternatives managériales et collaboratives  de la fabrique du changement à l’agilité (celles des agilistes, pas celles des consultants en management qui croient qu’elle signifie « flexibilité »), je suis assez convaincue donc que l’air du temps a des effluves de printemps du management et que de nombreuses expérimentations heureuses auront lieu dans les années à venir. En même temps, attendre que le changement vienne de l’entreprise, c’est négliger la partie profondément personnelle et individuelle du plaisir au travail.

 

  • Prendre son bonheur au travail en main:

    Vous pouvez aussi prendre votre propre bonheur au travail en main et le construire en dépit des pratiques managériales de l’entreprise. En faire votre projet professionnel à l’intérieur du job que vous avez déjà, y mener une mini-révolution salutaire qui va libérer le plaisir de travailler. Ce n’est d’ailleurs pas forcément les grandes manœuvres, cette amélioration du quotidien professionnel, c’est plutôt une marge de manœuvre laissée inexplorée parce que nous laissons une grosse part de pouvoir à l’entreprise. On nous a dit qu’il fallait être comme ci et comme ça pour être employable et rester comme ci et comme ça pour rester employé. La peur légitime du chômage nous pousse à accepter beaucoup trop de choses sans réagir et plus nous acceptons, plus nous autorisons l’entreprise à nous l’imposer. Pourtant, cette marge de manœuvre est réelle, concrète et elle ne demande qu’à être exploitée.

 

 

15 (+1) pistes pour plus de plaisir au travail

 

Les vieilles méthodes ont la peau dure et votre entreprise ne va pas se libérer en 48h chrono. Ce n’est pas demain la veille non plus que les RH, toujours en quête de modélisation, vont prendre en compte les besoins professionnels individuels, les talents naturels, les appétences. Dont acte. N’attendons plus et prenons notre bonheur au travail en main!

 

Les pistes de réflexion sont nombreuses, je vous en propose 15 parmi celles que je travaille avec mes clients, que ce soit dans le cadre d’un projet de reconversion, pour s’assurer un plaisir professionnel durable, ou dans le métier actuel, histoire d’y remettre un peu de sens, d’enthousiasme, de joie, d’envie de se lever le matin.

 

 

 

1- Définir le job idéal

Nous avons la plupart du temps les idées claires sur ce dont nous ne voulons plus et sur ce qui pourrit notre plaisir au travail. Le plus souvent exprimé de façon joyeusement vague : les abrutis, le management imbécile etc. Cependant le vague est l’ennemi de l’action concrète : il nous maintient dans un flou probablement artistique, mais peu enclin à déterminer des objectifs clairs, des stratégies pragmatiques. Clarifier ce dont nous ne voulons plus et définir concrètement ce que nous voulons à la place est une première étape essentielle pour sortir du cynisme passif et ouvrir le champ des possibles. Voir

 

2- Passer au job crafting

Mesurer ce qui est un job idéal à vos yeux vous a permis de mettre des éléments précis sur l’écart béant entre votre bonheur au travail et votre situation acutelle : chouette, vous avez maintenant en main tous les points d’amélioration à expérimenter, soit un peu de job crafting pour mettre votre job à votre main. Il permet de renforcer au passage des qualités et compétences qui vous seront utiles dans tous les domaines de votre vie : débrouillardise, créativité, compétences relationnelles etc. D’autre part, l’autre effet du job crafting, c’est qu’il donne un sentiment d’accomplissement, d’être le pilote, l’acteur principal de sa vie professionnelle et renforce donc l’estime de soi et la confiance en soi.

 

Devenir l'artisan de son propre plaisir au travail, bon pour l'efficacité et l'estime de soi

 

 

3- Négocier un environnement professionnel plus favorable

Vous ne pouvez pas transformer votre open space en bureaux individuels avec vue, ni travailler toute la semaine dans votre lit, soit. Cependant, vous pouvez négocier une part de télétravail, demander des horaires plus flexibles, l’arrêt des réunions après une certaine heure. Là aussi, la marge de manœuvre est plus grande qu’on le croit: ce n’est pas parce que le télétravail “n’est pas la politique de l’entreprise” que vous ne l’obtiendrez pas. C’est en ne le demandant pas que vous êtes sûr de ne pas l’obtenir! Nous reviendrons sur ce sujet. En attendant:

 

4- Exprimer ses talents naturels

Largement ignorés et sous-utilisés (ils sont bien plus qu’uns simple liste de qualités), les talents naturels sont des caractéristiques personnelles qui engendrent une grande fluidité dans nos actions parce qu’alors nous faisons à notre manière. Ils nous permettent de nous appuyer sur nous-mêmes avec plus d’assurance et nous avons un grand plaisir à les laisser s’exprimer: autant en abuser.

 

5- Renouer avec des fonctionnements naturels

Ces fonctionnements dont nous avons tout oublié à force de vouloir modéliser les “bons comportements” et les distinguer des “mauvais”, des infantiles, ceux contre lesquels nous nous devons de mener une guerre acharnée. Et nous avons bien tort car les premiers sont souvent peu efficaces et les seconds bénéfiques. Le rire, la glandouille et la rêverie sont des exemples de comportements naturels que nous avons reniés et qui sont pourtant à la base de l’efficacité, de la créativité et du plaisir.

 

Profiter des vacances pour réapprendre à glandouiller, à revasser

 

 

6- Développer et renforcer des qualités et compétences

Autant lutter contre sa nature est une ânerie, autant nous pouvons renforcer des ressources internes déjà existantes et développer des qualités que nous apprécions, dont nous avons l’intuition qu’elles vont favoriser notre plaisir de travailler et notre efficacité : la débrouillardise, la capacité à faire face aux problèmes, l’observation etc.

 

7- Se réconcilier avec ses émotions

Plutôt que de les considérer comme des ennemies incapacitantes, apprendre à les accueillir, les écouter, en comprendre les messages et agir sur ce qui les a déclenchées. Nos émotions nous veulent du bien, elles sont les gardiennes de notre bien-être, autant apprendre à les comprendre! La lecture émotionnelle est une alternative réjouissante à la gestion pure et simple (type relaxation ou taper dans un punching-ball) du stress puisqu’elle permet de réduire les déclencheurs, donc les occurrences d’émotions pesantes et de gagner ainsi en sérénité d’une part et en capacité à traiter les situations pénibles d’autres part.

 

8- Exprimer ses appétences

Je reprends le terme utilisé par l’excellent Francis Boyer. Nous avons du goût pour certaines tâches, moins pour d’autres et pour nos collègues, c’est parfois l’inverse. Grandes oubliées du management, les appétences sont un levier formidable d’amélioration du plaisir au travail en prenant soin de répartir les tâches en fonction des appétences. Une fois que vous avez identifié les vôtres, positionnez-vous clairement sur celles que vous aimez auprès de votre manager, faites-lui des demandes. Nous reviendrons sur ce sujet.

 

9- Engranger les vitamines mentales

Le plaisir au travail, ce sont aussi les vitamines mentales, ces petites particules de joie, d’enthousiasme, les petits moments de bonheur, les instants cléments, tout ce qui met de bonne humeur et participe d’un état d’esprit plus dynamique et plus enjoué. Nos vies professionnelles sont difficiles, semées d’embûches et nous pouvons nous laisser submerger par la morosité. prendre le temps de les savourer pour rééquilibrer notre état interne, au bénéfice de l’humeur, de l’efficacité et de la qualité des relations.

 

10 petites choses qui nous mettent de bonne humeur au travail

 

 

10- Développer ses compétences relationnelles

Une bonne ambiance au travail serait, selon cette étude, plus importante que la rémunération en termes de satisfaction professionnelle. Des collègues avec lesquels on s’entend bien, on collabore bien, sont essentiels au plaisir au travail parce qu’ils nourrissent deux besoin fondamentaux : la reconnaissance et l’appartenance. En prenant linitiative d’améliorer nos relations, nous sommes participons directement du bien commun, de la capacité à collaborer, d’un environnement relationnel sain et de notre propre bonheur.

 

11- Rétablir la confiance en soi et l’estime de soi

La confiance en soi, c’est l’idée que nous nous faisons de notre capacité à affronter une situation donnée. L’estime de soi, c’est la valeur que nous nous accordons en tant que personne. La perte de confiance et d’estime de soi peut être progressive ou s’installer après un événement précis (vite fait estampillé “échec professionnel”, histoire de s’auto-flageller un peu). Elle conduit tout droit à la dépréciation, à la dévalorisation qui génère des stratégies d’échec et enferme dans une colère sourde contre soi-même. Le tout est peu générateur de plaisir et de satisfaction! Renouveler sa relation à soi-même en ré-apprenant à s’accorder de la valeur, à porter sur soi un regard bienveillant, à identifier et exploiter ses leviers de réussite et à capitaliser dessus pour renouer avec une confiance paisible, ça fait du bien à l’âme.

 

12- Renouer avec nos valeurs morales

Nos valeurs sont souvent pleines de noblesse d’âme, de désir de contribution et souvent malmenées par nos environnements professionnels. Ce qui nous oblige pas à les renier ou à nous asseoir dessus : il peut aussi y avoir du plaisir à choisir des croisades, à évangiliser, à agir pour le bien commun. Il y a une grande fierté à devenir exemplaire de ses valeurs morales au travail et de les faire rayonner sans les imposer.

 

13- Renouer avec nos valeurs motrices

A l’inverse des valeurs morales, celles-ci ne nous imposent pas des comportements, elles les génèrent naturellement, avec plaisir et fluidité. Revenir au cœur de nos valeurs motrices et y puiser des stratégies, des objectifs et des méthodes personnelles en accord avec ce que nous sommes au plus profond de nous. Un levier insoupçonné de développement de la satisfaction professionnelle, probablement parce que les valeurs motrices sont trop confondues avec les valeurs morales.

 

14- Redonner du sens à notre quotidien professionnel

Le sens ne se donne pas, il se trouve. Les difficultés de nos vies professionnelles nous en déconnectent parfois, et dans ces cas-là, il arrive qu’il se retrouve. Il n’y a pas d’absolu du job pourri ou du job de rêve, celui qui fait profondément sens, il n’y a que le sens que vous mettez dessus… ou pas. Retrouver du sens à notre métier, c’est reconnecter avec les valeurs qu’il honore ou nous permet d’honorer, ce à quoi il nous permet de contribuer. Le sens procure un sentiment d’accomplissement et de plaisir plus profond, plus complet et plus serein.

 

Trouver du sens à notre métier donne le sentiment d'être investi d'une mission qui donne motivation et engagement

 

 

15- Changer de job, changer de métier

Vous avez tout tenté, expérimenté de nouvelles méthodes, renforcé votre estime de vous et vos compétences relationnelles, demandé et obtenu (ou pas) ce qui était vraiment important pour vous mais rien n’y fait : vous continuez à vous ennuyer à cent ou de l’heure, à rêver de chambres d’hôtes en Ardèche ou à considérer votre entreprise comme l’ennemi public numéro 1 ? Il est peut-être temps d’aller voir ailleurs, de changer de job ou même de métier, votre bonheur au travail en dépend peut-être. Rappelez-vous, la réflexion ne vous engage pas, elle n’est pas une prise de risque aussi sortez votre envie d’herbe plus verte de son tiroir, explorez tous les possibles, leur faisabilité, l’envie et la motivation qu’ils suscitent et il sera toujours temps de vous lancer une fois le projet bouclé.

 

Bonus: Manager autrement

 

Vous êtes vous-même manager ? Libérez votre équipe ! Là aussi, à défaut de pouvoir révolutionner la culture managériale de votre entreprise, vous disposez de nombreux leviers pour permettre à vos collaborateurs de trouver davantage de plaisir au travail, sous forme de reconnaissance, de confiance, d’autonomie, d’auto-gestion et de soutien, de prise en compte des besoins etc. en choisissant ci-dessus des pistes que vous pourrez appliquer à votre équipe 😉 Voir aussi:

 

 

 

 

Aller plus loin

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Meilleur de soi, pire de soi et pomme de discorde

Sylvaine Pascual – Publié dans : Compétences relationnelles

 

 

 

L’histoire de la pomme de discorde est édifiante. Car dans l’affaire, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ! Ou comment un échec collectif se joue à mesure que le bénéfice individuel l’emporte sur le bien commun… et où chacun donne le pire de lui-même en espérant le meilleur. Pas classe, les Dieux grecs, aussi pour ne pas rejouer la guerre de Troie, voyons voir comment ne pas en prendre de la graine.

 

 

 

La peur et ll'égo, vers dans le fruit de nos relations

 

 

 

Bénéfice personnel: le ver dans le fruit des relations

 

J’aime bien la mythologie. Prenons la grecque, par exemple, où l’Homme n’est pas fait  à l’image de dieu (ce qui est très rassurant), mais où les dieux sont faits à l’image de l’Homme (ce qui ne l’est pas du tout) : les mêmes peurs, les mêmes roublardises, les mêmes faiblesses, la même dose d’égocentrisme imbécile. C’est bien la peine d’avoir des super pouvoirs ! Et l’histoire de la pomme de discorde est une métaphore fascinante de ce qui se passe partout, tous les jours, y compris dans nos entreprises. Elle est la représentation saisissante de la façon dont l’individualisme se transforme en bêtise relationnelle, véritable ver dans le fruit de nos relations et engendre des conflits majeurs et des échecs retentissants.

 

 

 

L’Olympe, royaume de l’inélégance relationnelle

 

La pomme de discorde, c’est donc le fiasco du mariage de Pélée et Thétis. L’entreprise Olympienne se réunit pour fête la fusion de deux départements mineurs de la boîte, en présence des grosses pointures. Et hop! Nous voilà plongés au cœur des comportements foireux:

 

  • La tentation de la facilité: de la part de Pélée et Thétis, ce n’était pas malin-malin d’inviter tout le monde sauf la déesse de la discorde : à vouloir la jouer facile et s’éviter la mégère à la fête, voilà qu’ils ont ouvert la boîte de Pandore.
  • La tentation du chien de la chienne: il n’était pas très juste que tout le monde soit invité au pot sauf Eris. On a beau bosser dans une département pas glamour, ce n’est pas une raison pour être mise à l’écart. Alors pour ne pas jouer les serpillières, la voilà qui ourdit un plan bien vachard, plutôt que de se remettre en question ou de faire preuve d’un poil d’affirmation de soi.
  • La tentation de la gloire: la pomme d’or marquée « à la plus belle », c’est la sournoise award de l’employée de l’année dans la petite entreprise Olympienne et il n’en faut pas plus pour qu’Héra, Athéna et Aphrodite se mettent à jouer les poucrelles prêtes à se crêper le chignon pour un titre qui ne rend pourtant grâce ni à leur intelligence ni à leur efficacité professionnelle. Tu as beau être une déesse de la guerre, quand le monde te renvoie que tu dois surtout être belle, bêtement tu saisis la balle au bond, alimentant l’affaire, au lieu d’aller jouer sur des terrains plus nobles. La co-responsabilité est fascinante dans les discriminations sexistes !
  • La tentation de la facilité managériale :Zeus, dont les compétences managériales ont oublié d’inclure le courage et fleurant la vilaine affaire, n’a pas envie de s’enquiquiner avec les querelles potentielles de ses collaboratrices et délègue l’affaire illico presto, probablement plus préoccupé d’harceler Sémélé ou Europe, avant de les refiler à un chef de service. Pas classe, le patron.
  • La tentation du bénéfice personnel: Pâris, voyant une opportunité de profit personnel, fait son cuistre et au mépris de la plus simple des élégances relationnelles, fait un choix à son seul bénéfice, qui aura les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Tout ça ne démontre pas une intelligence relationnelle divine, mais plutôt de comportements parfaitement dans la moyenne,, pile au niveau de l’amer. C’est le reflet spectaculaire des petits jeux de pouvoir si fréquents au travail. Si ce n’était pas des dieux, l’affaire n’aurait jamais fait grand bruit : elle se joue trop régulièrement pour mériter un entrefilet dans la Gazette du quotidien des entreprises.

 

 

meilleur de soi pire de soi

 

 

 

Tentation et pire de soi : l’illusion de reconnaissance

 

Ce début de tragédie grecque, c’est le bal des individualistes où personne ne fait tapisserie et les bévues et boulettes relationnelles que cela entraîne mériteraient bien des cartons jaunes. Parce qu’au final, si la pomme de discorde sème augustement le conflit, elle a aussi une autre caractéristique, tout aussi intéressante. Comme il est dit dans la rigolote série The Librarians, elle réveille le pire de nous-mêmes face à la tentation. Tentation du pouvoir, de la renommée, de la gloire, du bénéfice personnel qui vient piétiner le bien commun (Zeus, Pâris, franchement ?) et déclenchent la méchanceté, l’égoïsme, l’individualisme, la bêtise, le désengagement, la trahison, la sournoiserie, la manipulation. Dès lors que l’illusion d’amour et de reconnaissance déguisée en graal de la satisfaction de nos besoins est à portée de main, nous voilà capables du pire de nous-mêmes.

 

 

meilleur de soi pire de soi 2

 

Car c’est bien là que tout se joue. Que le bénéfice soit de l’ordre du compte en Suisse ou de la gloriole-minute, l’illusion de reconnaissance nous plonge dans le pire de nous un peu comme dans le temps on plongeait les truands dans les ports : avec un parpaing aux pieds.

 

 

 

 

Pire de soi: la peur, mère des comportements incivils

 

La tentation du bénéfice personnel sans considération pour les dommages collatéraux est le reflet de la peur de ne pas satisfaire nos besoins fondamentaux d’appartenance et de reconnaissance. Peur de l’autre, peur de ne pas exister, de ne pas être entendu, écouté, pris en compte, reconnu à sa juste valeur, accepté, aimé. Peur de ne pas avoir les capacités à obtenir ce que nous voulons ou ce dont nous avons besoin.

 

Une peur telle qu’elle (bien que peu consciente, les plus tireurs de couvertures se prennent souvent – et passent souvent – pour des dieux) qu’elle s’aveugle au point de confondre bénéfice personnel et reconnaissance et nous pousse alors à avoir recours à toutes les bassesses complaisamment auto-justifiées (« si je l’avais pas fait, quelqu’un d’autre l’aurait fait à ma place »).

 

L’on devient alors prêt à tout, y compris au détriment d’autrui, au détriment d’un projet commun. On pille le travail des autres, on discrédite, on médit, on manœuvre, on manipule, on sournoise, on juge, on léchouille, on gémit, on se décharge, on se dédit, on parle plus fort que les autres, on se vante, on rouleau-compresse, on ramène à soi, on pugilate…. La liste est longue de ces comportements incivils qui tuent la confiance et la collaboration et alimentent les égos.

 

Ce pire de nous-mêmes, qui nous dévoile pleutres, sans courage et sans dignité, ce n’est pas très classe, ca manque de gueule et de panache et ça n’aide pas la collaboration. Les dieux ne sont plus ce qu’ils étaient !

 

 

 

Le meilleur de nous-mêmes : l’art de l’élégance relationnelle

 

A l’opposé, le meilleur de soi, ce n’est pas le culte de la performance et de l’efficacité, l’esprit de compétition pourtant souvent érigés en Panthéon des qualités professionnelles. Lorsque ceux-là parlent un peu trop fort dans nos vies professionnelles, c’est souvent l’égo qui crie famine et le pire de nous-mêmes qui s’exprime. Ce n’est pas non plus l’engagement si précieux pour les entreprises (et parfois si coûteux pour les salariés) de celui qui en fait toujours un peu plus que sa fiche de poste.

 

Le meilleur de nous qui m’intéresse ici ce n’est pas non plus tout à fait celui de Guy Corneau, ces « forces vives » qui nous habitent mais que nous peinons parfois à exprimer (occupés que nous sommes à jouer les coqs de basse-cour ou à nous nous faire tous petits pour nous en protéger). Ou du moins c’en est une partie: la part relationnelle.

 

Le meilleur de nous, ce sont des comportements éthiques, justes, nobles, empreints d’élégance relationnelle, au service de nos valeurs et talents naturels, le tout s’exprimant dans une contribution qui va au-delà de nous-mêmes. Le meilleur de nous, c’est être exemplaire de ces valeurs que nous prétendons honorer, c’est le meilleur de soi relationnel, c’est-à-dire sans plus d’égo prêt à tout pour s’attirer la reconnaissance, même la plus vide. C’est la noblesse d’âme, bienveillante et affirmée, qui n’a pas besoin de tractopeller ses contemporains pour avoir le sentiment d’exister. Et qui, au contraire, aménage de la place pour l’autre, une place confortable, agréable, digne de confiance. Digne de confiance, donc sécurisante, rassurante, une place qui apaise les égos parce que les besoins et l’estime de soi s’y trouvent rassasiés.

 

 

 

 

Favoriser l’élégance relationnelle

 

Autant relationnellement que dans la qualité de son travail, avoir le sentiment de bien faire est une source renouvelable d’estime de soi, d’une auto-reconnaissance qui ne cherche ni la gloire ni les signes extérieurs de réussite, sans pour autant tomber dans le déni de soi. L’élégance relationnelle, cette antidote aux tragédies grecques, devient possible dès lors que l’on renforce et développe diverses compétences relationnelles que cette anecdote olpympienne vient éclairer:

 

 

Affirmation de soi

Ainsi Pélée et Thétis auraient pu se rendre compte qu’il n’est pas très malin d’ostraciser un membre de l’équipe, si pisse-vinaigre soit-il. Et inviter Eris, quitte à lui demander gentiment de maîtriser ses ardeurs dévastatrices, histoire de ne pas gâcher la fête : recadrer et fixer des limites aux comportements discourtois ou pénibles fait partie intégrante du pré carré de chacun d’entre nous, qu’il soit collaborateur, manager ou dirigeant.

 

Dans le cadre de comportements incivils ordinaires (donc hors harcèlement ou manipulation perverse) il revient à chacun d’entre nous de nous affirmer suffisamment pour ne pas nous retrouver Victimes de petits Persécuteurs patentés, au sens de triangle de Karpman du terme. Et à l’inverse générer des relations saines et équilibrées (à défaut d’être ami avec tout le monde). En faisant ar exemple de belles demandes assertives.

 

 

Remise en question et assertivité

Quant à Eris, elle aurait pu faire un brin d’introspection  et admettre sa part de responsabilité : lorsqu’on engendre douleur, désastres, peine, oubli, disputes, meurtres et mensonges, inutile de se demander pourquoi on n’a pas ses entrées dans le carré VIP.

 

La capacité à se remettre en question, c’est admettre que nous sommes des êtres humains faillibles, capables de comportements incivils pas très classes, capables de causer du tort aux autres. Bref: capables de reconnaître nos manquement relationnels avec bienveillance, mais sans complaisance. Elle permet ce cesser de croire que le problème vient toujours des autres, ces bandes d’ours mal lêchés aux valeurs douteuses, et de prendre la mesure de notre propre part de responsabilité dans nos relations pourries. Et par ricochet de mettre en place des alternatives plus prosociales, de s’essayer à d’autres façons de se comporter et de communiquer, moins violentes et moins ratées. Et inversement plus prosociaux.

 

 

Leadership et responsabilités

Zeus, en boss impliqué et soucieux de l’esprit d’équipe, aurait pu mettre un terme à l’histoire en partant du principe que la compétition interne n’est pas une saine émulation. Bref, faire preuve de leadership et de qualités managériales. Il aurait été promu sans formation ?

 

Savoir assumer ses responsabilités, plutôt que de se jeter sur un non-agir capitulard sans envergure, c’est aussi jouer les arbitres auprès de nos collaborateurs pour le bien de l’équipe, pour le bien du jeu (au rugby, les arbitres un poil trop non-interventionnistes risquent de laisser le champ libre à la boîte à gifles), pour le bien commun. Car quand la peur s’en mêle, les interactions professionnelles ont vite fait de ressembler à une cour de récré et il devient rapidement indispensable de gérer le savoir-vire en équipe.

 

 

Force de caractère et choix difficiles

Pâris aurait pu faire preuve de la plus simple des délicatesses en expliquant simplement aux trois femelles assoiffées combien elles étaient indépartageables. Botter en touche est parfois le seul moyen de sortir avec classe d’un sac de nœuds relationnel.

 

Il aurait aussi  pu réfléchir deux secondes avant de se jeter sur la première occasion d’obtenir l’os si convoité. Mais quand le bénéfice personnel est tellement aux antipodes du bien commun, il s’agit peut-être d’avoir un peu de force de caractère… et de faire des choix difficiles, quitte à renoncer au profit personnel par souci de l’intérêt général. Et de savoir faire preuve d’altruisme et de solidarité.

 

 

Estime de soi

Nos trois déesses avides de reconnaissance devraient sans doute travailler un peu l’estime d’elles-mêmes pour développer une auto-reconnaissance salutaire, qui n’a besoin ni de gloire ni de signes extérieurs de réussite. Et dans laquelle le compliment, si rare qu’i soit, est une cerise sur un gâteau déjà savoureux, pas le sucre et la farine sans lequel celui-ci n’existe pas. Elles auraient alors pu rigoler autour d’une mousse commune de cette stratégie grotesque mise en place pour les monter les unes contre les autres et continuer à collaborer en toute bonne volonté.

 

L’estime de soi est la clé de voûte d’une posture relationnelle à l’égo apaisé, qui accueille l’autre et le bien commun avec sérénité parce qu’il n’a pas besoin d’aller quémander de la reconnaissance. Une estime de soi solide s’accorde une valeur stable qui n’est pas facilement malmenée par les aléas de la vie.

 

 

 

Bénéfice personnel et bêtise relationnelle ne sont donc pas une fatalité et la guerre de Troie n’aura pas forcément lieu. Créons les conditions de la confiance mutuelle en renforçant nos qualités relationnelles et nous serons plus à même de travailler pour le bien commun et en recevoir les divines retombées: la reconnaissance et l’appartenance tant espérées;)

 

 

 

 Voir aussi

 

Humilité et reconnaissance au service du collectif

Appartenance et résilience collective

Relation à soi, relation aux autres, le cocktail indispensable

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Entraide et coopération

Collaboration : réconcilier les “aller vers et les “éviter de”

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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Optimisme et confiance, piliers de la collaboration

Sylvaine Pascual – Publié dans: l’actualité d’Ithaque

 

 

 

La seconde Nuit de l’optimisme aura lieu mardi 10 février et sera consacrée à la confiance en entreprise. Un beau thème qui pourrait donner envie aux entreprises de se retrousser les manches et de s’y mettre, à la confiance génératrice de collaboration et de performance collective. L’occasion pour moi de vous proposer un #livetweet de la soirée et une interview de l’organisatrice sur la place et le rôle de la confiance dans nos organisations.

 

 

 

Seconde nuit de l'optimisme sous le signe de la confiance en entreprise

 

 

 

La confiance en entreprise; du pourquoi au comment

 

Les discours managériaux s’accordent aujourd’hui sur un point: celui de la confiance, facteur de bien-être, condition indispensable de la collaboration et de la performance individuelle et collective. Dont acte, tout le monde s’accorde, c’est merveilleux. Mais quand il s’agit de passer aux mesures concrètes, au comment, ça coince assez vite. Faire confiance oui, alléger le reporting et le contrôle, et puis quoi encore!

 

On trouve quelques pistes juste effleurées du bout du clavier comme dans cet article des Echos datant de 2012: qui parle d’estime de soi, d’authenticité, signes de reconnaissance. Ou dans celui-ci, lucide, d’Eric Albert: il y est question de risque, d’inconfort et d’acceptation de la dépendance mutuelle, de diffusion par le haut. Bertrand Duperrin, quant à lui, évoque l’envie, l’exemplarité et le fait de faire confiance avant de l’attendre d’autrui. C’est déjà ça, comme dirait Souchon. Mais ça ne fait pas beaucoup avancer le schmilblick managérial qui veut bien faire mais freine des quatre fers dès lors qu’il s’agit d’agir.

 

C’est pour cela que je suis ravie que la seconde Nuit de l’optimisme soit placée sous le signe de la confiance, moteur et composante de l’optimisme et des conditions de la confiance en entreprise. La première Nuit de l’optimisme m’avait particulièrement plu par son organisation innovante et participative, aussi je suis assez impatiente à l’idée de voir les pistes de réflexion et d’action qui vont se dégager de cette seconde édition, sur un sujet qui fait couler beaucoup d’encre mais pas beaucoup d’eau sous les ponts! Je vous propose donc de retrouver l’organisatrice Christine Cayré, qui, vous allez le voir, est plus optimiste que moi^^

 

 

 

Interview de Christine Cayré, organisatrice de la nuit de l'optimismePourquoi avoir choisi ce thème pour la 2ème nuit de l’optimisme? Confiance et optimisme font-ils bon ménage?

En animant des ateliers participatifs chez mes clients où cette notion revenait  comme un leimotiv,  en assistant à des conférences,  en lisant, en glanant des inspirations,  l’envie de creuser le sujet de la  confiance comme un des moteurs de l’optimisme a fini par s’imposer à moi.  J’ai partagé cette idée avec plusieurs personnes (la plupart d’entre elles font partie de l’équipe qui organise et anime l’événement) et elles m’ont aidé à l’approfondir pour nourrir la construction de la deuxième Nuit de l’optimisme. Ensemble, nous avons imaginé des exercices et des expériences fondées sur la confiance, tout au long de la soirée.

 

 

En quoi optimisme et confiance s’articulent-ils dans nos vies professionnelles? 

Confiance et optimisme se nourrissent mutuellement et  nous donnent du ressort. En ces temps troublés, je pense que nous devons particulièrement être vigilants à relier les  notions d’optimisme et de confiance  avec celle de responsabilité.  Le bénéfice de cette équation c’est de nous autoriser à agir concrètement pour changer la donne. Certains le font déjà et bousculent les modèles en vigueur, qui pour libérer son entreprise, qui pour favoriser le bien vivre ensemble dans son organisation, qui pour redonner du sens au travail. Les initiatives fleurissent et elles sont les marqueurs d’un besoin profond  de reprendre la main.

 

 

Quelle place pour la confiance dans la collaboration?

Il me semble que la confiance est un prérequis de la collaboration. C’est parce que nous acceptons de considérer à priori toutes les propositions comme valables que nous favorisons la possibilité d’élaborer des projets encore plus riches que si nous les menions seuls. En renonçant à tout contrôler  nous créons les conditions de l’émergence de nouvelles idées.  Le partage de nos intelligences,  de nos ressentis et de nos expériences nous permet aussi de prendre conscience de nos intérêts communs et in fine, d’en prendre soin avec plus d’engagement.

Dans les entreprises, c’est particulièrement pertinent et elles sont de plus en plus nombreuses à le mettre en actes comme en témoigne cette publication:

 

 

 

 

Quels sont vos objectifs, vous attentes, vos espoirs en organisant cette deuxième Nuit de l’optimisme?

A l’instar de la première édition, cet événement est conçu  pour que nous repartions dans nos entreprises et dans nos vies avec un supplément d’envie. Envie de retrouver du sens dans ce que nous faisons, envie de dire stop à des situations qui génèrent de la souffrance, envie (re)mettre en lumière ce qui fait notre force, individuellement et collectivement.

Nous sommes submergés par les constats, beaucoup sont pertinents et nécessaires mais ils sont pesants aussi parfois. Et on fait quoi ensuite ? Ce que nous espérons, c’est que cet événement donne envie de se mettre en mouvement, encourage les participants à continuer leurs actions pour donner plus de place à la confiance et à l’optimisme dans leurs organisations.

 

 

Journalistes, musiciens, philosophes, coachs, dessinateurs, conférenciers, psychologues, chefs d’entreprise, les intervenants de cette deuxième nuit viennent d’horizon très divers. Pourquoi ce choix ?

L’idée est de favoriser la diversité des points de vue sur les sujets abordés.  Les intervenants et les animateurs ont en commun  d’être des personnes qui mettent leurs convictions humanistes en actes, ce qui est  déterminant.  Le renforcement positif des entreprises et des organisations est un sujet qu’ils prennent très au sérieux …mais sans se prendre au sérieux. Et là justement, Eric Grelet  dessinateur humoristique et  Vincent Avanzi poète, veilleront au grain..

 

 

Un atelier créatif (et participatif) précèdera et nourrira la table ronde: qu’est-ce qui vous motive à proposer un format est assez différent des colloques/conférences habituels?

L’esprit de la nuit de l’optimisme c’est vraiment de favoriser l’horizontalité. Pour que la matière produite  le soit collectivement.  Nous avons demandé aux intervenants pour prendre part aux ateliers de co-création, participants parmi les participants. Ils seront tous là.

Cette construction plutôt innovante ressemble à un défi notamment pour Sophie Peters* qui relaiera les propositions du collectif aux intervenants de la table ronde mais Sophie l’a tout de suite accepté. Je lui fais confiance comme je fais confiance au collectif et à  son intelligence.

 

 

 

Pour la deuxième année consécutive, Christine Cayré a eu la gentillesse de m’inviter à cette soirée, ce sera bien entendu l’occasion d’un #livetweet à suivre dès 16h30 le mardi 10 février, sur mon compte Twitter @SylvainePascual.

C’est aussi l’occasion de nous y rencontrer, n’hésitez pas à venir me voir^^

 

 

 

Seconde Nuit de l'optimisme

 

 

 

*Sophie Peters est éditorialiste au Monde et à la Tribune sur des thématiques professionnelles. Psychanalyste et journaliste, elle propose des articles remarquables d’intelligence, de pertinence et d’humanité sur le management et la qualité de vie au travail dans Mieux dans mon job. Elle est l’une de mes très rares lectures régulières. Ndlr.

 

 

 

Date : mardi 10 février 2015
Lieu :
Cité universitaire internationale – 17 Boulevard Jourdan – 75014 Paris

Programme : La confiance, moteur et composante de l’optimisme

Billetterie : Nuit de l’optimisme

 

 

 

 

Relations au travail: et la gentillesse bordel?!

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

C’est aujourd’hui la journée de la gentillesse, à l’initiative de Psychologies Magazine. L’occasion de revaloriser une faculté souvent considérée – à tort – comme une faiblesse, un danger, un comportement de bisounours naïf et irréaliste. Alors qu’elle est le pilier d’une élégance et d’un panache relationnels qui sont autant de preuves de courage et de force de caractère que générateurs de comportements positifs. De l’or en barre.

 

 

Et la gentillesse bordel! Un comportement à réhabiliter d'urgence au travail

 

 

Et la gentillesse bordel?!

 

Au jury Mines-Ponts, nous avons notre jargon de correcteurs d’anglais, et dans celui-ci il y a les YAM, les “y’en a marre”, les ras-le-bol de l’erreur grammaticale ou syntaxique tellement de base que le taupin moyen l’a étudié a minima 9 fois dans sa scolarité. Dans les discours managériaux, le YAM suprême à mes yeux est bien une définition de la gentillesse qui la transforme en comportement bébête de paillasson à collègues qui vous envoie direct dans le groupe des corniauds et cruchots du boulot. Car l’incorrection relationnelle écorche l’âme et les entrailles au même titre que l’incorrection grammaticale écorche l’oreille, avec des conséquences bien plus pernicieuse que la mocheté d’une phrase: méfiance mutuelle, agressivité, indifférence, baisse de l’estime de soi et de la confiance en soi, renforçant au passage tous les jeux de l’égo si néfastes à la collaboration.

 

Le terme gentillesse a été tellement mis à mal qu’on n’ose presque plus l’utiliser et ceux qui la prônent utilisent de plus en plus celui de bienveillance, moins connoté. Et c’est peut-être aussi bien, si celle-ci permet d’aborder le même concept sans association cucul-la-praline ou méprisante. Car bizarrement, l’être humain en général et le travailleur en particulier sont beaucoup plus sympathiques qu’on ne l’imagine et qu’eux-mêmes l’imaginent. Et aspirent à beaucoup plus de sympathie qu’on ne l’imagine. Alors qu’on l’appelle gentillesse ou bienveillance importe peu, la seule chose qui compte, c’est que chacun y trouve son compte.

 

Nous avons déjà abordé la gentillesse à plusieurs reprises, comme comportement à réhabiliter au travail et pas que, pour définir ce qu’est la vraie gentillesse, c’est à dire une forme de noblesse d’âme, par opposition au quémandage de miettes d’amour ou de reconnaissance, ou aux comportements amènes par pure manipulation.

 

 

 

La gentillesse : un bien nécessaire

 

Nous avons tous un besoin élémentaire et capital de gentillesse et de bienveillance qui fonctionne dans les deux sens: elles sont un bien nécessaire à notre équilibre psychologique, à nos liens sociaux, autant qu’à notre efficacité professionnelle et notre intelligence collaborative. Car la gentillesse est une alternative au chacun pour soi, à l’individualisme imbécile et à la dictature de l’intérêt personnel. Elle permet de conjuguer nos propres besoins avec ceux des autres et chacun en ressort plus heureux et plus complet, sans avoir sacrifié ni le bien personnel ni le bien commun. Distillons donc la gentillesse:

 

  • Pour gérer nos bévues et boulettes avec moins d’inquiétude, celles des autres avec moins de jugement.
  • Pour créer des vases communicants et nourrir l’estime de nous-mêmes et celle des autres.
  • Pour satisfaire nos besoins fondamentaux d’appartenance et de reconnaissance et ceux de notre entourage.
  • Pour nous sentir compris et acceptés, pour comprendre et accepter les autres.
  • Pour nous appuyer sur le soutien et les encouragements, pour apporter notre soutien et nos encouragements.
  • Pour trouver sa place et laisser la leur aux autres.
  • Pour être en mesure de s’entraider et renforcer l’esprit d’équipe.
  • Pour donner le meilleur de nous-mêmes par envie et motivation plutôt que la moitié du meilleur par contrainte.
  • Pour jouir d’une meilleure humeur et baigner dans celle des autres.
  • Pour produire des vitamines mentales sous forme de sirop relationnel plutôt que de bile.
  • Pour interagir et collaborer en confiance.

 

 

La gentillesse: preuve de force de caractère et de courage

 

Un leadership qui s’appuie sur une dominance dépourvue de bienveillance est un leadership pleutre car le recours aux comportements rouleau-compresseur sont un recours bien plus facile qu’une posture relationnelle élégante et pro-sociale, même s’il n’apporte pas les bénéfices escomptés. Il produit deux types de réactions et de relations nuisibles à la collaboration et au bien-être de toutes les parties:

  • Une meute de suiveurs apeurés qui cherchent juste à faire plaisir sans oser s’exprimer.
  • Une horde de résistants combatifs qui vont lutter contre cette expression excessive du pouvoir.

Inversement, un leadership qui s’appuie sur une gentillesse ancrée et affirmée, posture mélangée de bienveillance et d’assurance, laisse à l’autre la possibilité de trouver sa place et son mode d’expression.

 

L’absence de gentillesse naît de la peur de l’autre, de la peur de la relation, de la peur de ne pas obtenir ce que nous voulons, qui génèrent un ancrage épuisant dans la ronde Sauveur-Victime-Persécuteur des rôles relationnels, teintés de fausse bienveillance ou de vraie agressivité, de jérémiades et de manœuvres pénibles. J’ai peur de l’autre donc je l’écrase, et je me convaincs moi-même que je suis trop fort.

 

journee de la gentillesseOser être l’initiateur de la gentillesse dans un monde qui nous paraît parfois incivil, parfois violent, parfois indifférent, c’est avoir le courage et la force de caractère de cesser enfin de lutter pour enfin construire. Cesser de s’escrimer à survivre dans un environnement hostile et poser les fondations d’un cadre plus sain, plus épanouissant, plus favorable à la satisfaction de nos besoins et de ceux de nos contemporains. Et par ricochet, plus favorable à la confiance mutuelle et à la collaboration.

 

Ne rien faire, c’est rester dans un statu quo délétère dont on peut blâmer les autres (qui ne changent pas) à condition de s’en blâmer aussi soi-même (qui n’agit pas). Oser être l’initiateur de la gentillesse, c’est aller à l’encontre des idées reçues et tenter une troisième voie. C’est prendre le risque inimaginable de recevoir des comportements similaires. La gentillesse est en réalité une sacré force, probablement la plus balèze, la plus costaude, la plus constructive de toutes les compétences relationnelles; qui attire la gentillesse en retour, qui nourrit le plaisir, le sentiment de satisfaction, d’appartenance, de reconnaissance, les besoins affectifs, l’estime de soi, autant de celui qui la prodigue que de celui qui la reçoit.

 

 

 

 

Faire preuve de gentillesse

 

Bien entendu, il ne s’agit ni de courber une échine soumise, ni de tendre une autre joue. C’est simplement une posture claire et dénuée de brutalité relationnelle, le juste équilibre entre hérisson et paillasson: La gentillesse c’est:

 

 

Alors puisqu’il faut une journée pour réhabiliter la gentillesse, profitons-en pour faire un pas vers elle, en exprimant celle qui vibre en vous de la façon qui vous conviendra le mieux. Faisons donc preuve de gentillesse et de bienveillance, mamelles de la noblesse d’âme et du panache relationnel, posture élégante et affirmée, tout en laissant aux grincheux et aux poltrons leurs dictons!

 

 

Ressources externes

 

Psychologies – La bienveillance au travail

Le Nouvel observateur – Et la bienveillance, bordel! Trois micro-momments d’amour par jour

RH Info – Animation de la performance : combiner exigence et bienveillance

Philippe Rodet – La bienveillance attitude managériale

 

 

Voir aussi

 

Le leadership de soi, préalable au leadership tout court

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

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Collaboration, conflit et lecture émotionnelle

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

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Crédit photo: Nicolas Raymond

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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10 aptitudes pour une vie professionnelle sereine et dynamique

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources

 

 

 

Etant donné que les vies professionnelles sans aléas, sans difficultés, sans challenges à relever n’existe pas, autant nous outiller pour faire face du mieux possible à tout ce qui pourrait nous arriver. Pour relever tous les défis avec calme et dynamisme et ne pas finir au tapis, flapis et groggys. Voici 10 compétences, provisions à garder précieusement dans votre musette pour faire bonne route sur les chemins chaotiques de la vie professionnelle

 

 

 

aptitudes vie professionnelle sereine et dynamique

 

 

 

Le chemin est long et pénible quand on est mal équipé

 

 

L’autre jour, alors que je me baladais dans ce coin sablonneux de la forêt de Rambouillet que j’affectionne particulièrement, je croise un couple en tenue de ville. Monsieur, fringant, marche devant d’un pas assuré, ses chaussures casual chic lui tiennent bien le pied. Derrière, Madame, en ballerines, s’efforce de ne pas trébucher et s’arrête tous les trois pour vider le sable de ses chaussures. Et je peux vous dire qu’elle n’a pas l’air d’y prendre beaucoup de plaisir, à cette escapade automnale, elle qui passe devant moi en maugréant à voix basse que ce n’était pas l’idée qu’elle s’était faite d’une petite balade.

 

Qu’il s’agisse d’une question matérielle ou morale, c’est fou comme parfois nous sommes peu ou mal équipés pour faire face à ce qui nous attend au détour du chemin, qu’il s’agisse de situations inhabituelles ou difficiles ou . Nous voilà alors malhabiles, désarmés, impuissants à faire face sereinement aux circonstances qui s’imposent à nous. Parmi ces circonstances, les aléas de la vie professionnelles

 

  • Le cadre sup qui se retrouve brutalement au chômage après 20 d’une carrière brillante
  • Le nouveau poste qui exige des compétences au delà de ce que nous pensons avoir
  • Un incident relationnel qui tourne mal et vire au conflit ouvert
  • Un désir de reconversion ou de création d’entreprise qui semble d’un coup trop ambitieux ou incertain
  • De façon générale, tous ces événements de la vie professionnelle, négatifs ou positifs qui nous laissent désemparés, en limite de compétence, inquiets etc.

Le fait d’être mal outillés pour y faire face augmente les émotions négatives et génère un stress dont on se passerait bien, car il nous bouffe une énergie qui serait pourtant bien précieuse, si nous pouvions la concentrer sur les solutions et stratégies pour franchir l’obstacle ou atteindre l’objectif, plutôt que sur la rumination agacée, angoissée ou découragée de la situation.

 

 

 

 

10 aptitudes pour faire face à toutes les situations

 

Petites épreuves ou grands défis, déconvenues ou ambitions, si nous devons aller au charbon de temps à autres, mieux vaut avoir une pelle qu’un briquet. Le problème, c’est que nous ne pouvons pas tout avoir et tout savoir et tout maîtriser, nous ne pouvons pas savoir à l’avance quand nous auront besoin d’une pelle et quand nous auront besoin d’un briquet. Nous ne pouvons pas être matériellement toujours prêts.

 

En revanche, nous pouvons être moralement prêts. Voici les 10 aptitudes qui favorisent l’envie d’entreprendre toutes sortes de projets qui nous tiennent à cœur, la prise de recul sur les événements, le tout avec un dynamisme serein propice à accomplir de grandes choses sans stress. Ces 10 compétences vous permettront de vous sentir bien équipés, bien dans vos godasses, quoi que la vie vous réserve, au détour du chemin. Elles se construisent, se développent et s’entretiennent petit à petit, nourrissant le sentiment d’être en mesure de faire face. Tous ces éléments interagissent et se nourrissent les uns les autres.

 

 

1- Une estime de soi solide

Qui permet de remettre en cause les circonstances, les décisions, les stratégies, plutôt que de se dévaloriser. Car ce fonctionnement-là, au lieu d’entraver l’envie d’entreprendre, la développe. L’estime de soi s’articule autour de la valeur que nous nous accordons à nous-mêmes, entre autres au travers du regard bienveillant que nous portons sur nous-mêmes et de l’acceptation que nous avons de nous, en termes de limites, mais aussi des qualités, talents et compétences que nous nous reconnaissons. Elles peuvent être autant de ressources sur lesquelles nous appuyer en cas de difficulté à surmonter ou de projet à mener à bien.

 

2- Sortir de sa zone de confort

Sortir régulièrement de sa zone de confort permet d’avoir davantage l’habitude d’être confronté(e) à l’inattendu, de développer de la flexibilité et de l’adaptabilité et d’exploiter consciemment ses talents et ressources et de les mettre au service de nos objectifs. C’est une source d’apprentissage et d’expérimentation inépuisable!

 

La raison l'emporte souvent à tort sur les tripes: écoutons nos tripes pour renforcer la confiance en soi!

 

 

3- Réveiller l’autodidacte qui sommeille en nous

Nous avons une capacité d’apprentissage par nous-mêmes bien plus vaste que ce que nous imaginons, en particulier lorsque les préjugés sur l’age s’en mêlent. Faire preuve de curiosité pour apprendre des tas de choses, y compris ces talents inutiles qui peuvent se révéler particulièrement précieux dans des situations incongrues ou nouvelles. Plus nous nous sentons compétents (dans tous les domaines, qu’il s’agisse de savoir ou de savoir-faire), plus nous avons confiance en nous.

 

4- Développer sa créativité

La créativité n’est pas réservée aux métiers artistiques ou aux publicitaires! Elle est aussi une capacité à imaginer et élaborer des solutions pertinentes et efficaces. C’est une alliée précieuse face à toutes les situations inattendues qui peuvent nous tomber dessus sans crier gare.

 

5- Agir en fonction de vos valeurs

Elles sont les fondations sûres pour l’estime de soi et le meilleur moyen de trouver de la motivation et de l’enthousiasme à entreprendre, à concrétiser vos ambitions. Elles sont aussi un moyen de reconnecter avec une façon d’agir fluide, naturelle et efficace (à défaut d’être simple), car elles correspondent à des mécanismes de réussite et des talents naturels récurrents dans tout ce que nous entreprenons.

 

6- Comprendre les émotions

Face aux circonstances difficiles, c’est toute la valse des émotions qui peut nous paralyser ou nous enfermer dans un stress qui ne fait pas avancer le schmilblick. Connaître le rôle des émotions, ses propres mécanismes émotionnels et les messages qu’ils transmettent, afin de pouvoir s’occuper des besoins qui en sont à l’origine, c’est savoir lire son tableau de bord interne et pouvoir prévenir les pannes qui immobilisent.

 

7- Développer un état d’esprit positif

Je le répète comme la vieille radoteuse que je m’autorise parfois à être: un état d’esprit positif, ce n’est pas une injonction de pensée positive, dont l’efficacité laisse à désirer. C’est savoir être optimiste – c’est à dire se donner le droit de croire à des résultats positifs aux stratégies que nous mettons en oeuvre – et engranger les vitamines mentales pour déborder d’une énergie que vous pourrez mettre au service de vos objectifs. Cet état d’esprit positif sera très utile pour affronter les difficultés sereinement, avec moins de stress.

 

8- Entretenir des relations saines et solides

Les relations difficiles freinent nos projets et sont elles-mêmes à l’origine de bien des contrariétés et des complications relationnelles. Inversement, des relations satisfaisantes et fiables sur lesquelles s’appuyer en cas de besoin, qui participent de la satisfaction des besoins d’appartenance et de reconnaissance, sont un support solide.

 

9- Développer le leadership de soi

Le leadership de soi permet d’accorder toutes les voix dissonantes à l’intérieur de nous-mêmes, celles de nos besoins, de la raison, des envies, des craintes etc. Les faire chanter en chœur plutôt qu’à contre-cœur favorise une assurance sereine, une aisance ancrée dans la connaissance de nous-mêmes et de ce qui a du sens pour nous. Car la connaissance de soi va de pair avec la connaissance de ce qui est bon pour nous, en termes d’objectifs à fixer, de méthodes à implémenter, d’actions à mener et de décisions à prendre et de résilience.

 

 

 

10- Se libérer des idées reçues 

Les idées reçues et recettes toutes faites inefficaces pullulent et sont autant de routes barrées et de voies sans issue.  Choisir ses convictions avec soin plutôt que de subir celles des autres, se libérer des préjugés et des généralisations abusives pour laisser s’exprimer cette personne unique qui cesse alors de craindre le jugement des autres et sommes en mesure d’expérimenter en toute liberté nos propres solutions et stratégies, en mode sans échec:

 

 

 

Mini coaching: développer vos 10 aptitudes

 

Il n’y a pas de recette miracle pour développer ces compétences, cependant il y a mille chemins qui mènent au degré de satisfaction qui serait le vôtre, des tas d’outils et de techniques disponibles pour vous aider. A vous de déterminer lesquels vous conviennent et répondent à vos besoins.

 

Les questions suivantes vous aideront à déterminer les aptitudes à développer en priorité, celles qui peuvent attendre, celles dont vous êtes satisfait(e)s et celles dont vous vous fichez complètement. Pour chacune de ces aptitudes:

 

Sur une échelle de 1 à 10, où vous évaluez-vous?

A combien voulez-vous arriver?

Qu’est-ce que ça vous apportera?

Fixez-vous des objectifs SMART et passez en mode solutions:

Quelle est la première étape? Et la seconde?

 

 

 

 

Aller plus loin

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Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

Sylvaine Pascual – Publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Il semble que la toxicité des relations professionnelles soit directement proportionnelle aux difficultés rencontrées par l’ensemble des salariés, managers et collaborateurs dans un même bateau qui prend, en ces temps difficiles, une eau fangeuse un peu trop vite étiquetée « crise ». Parce que c’est un enjeu collaboratif de taille, voici une triplette prosociale pour rouler de concert vers un minimum d’élégance relationnelle.

 

 

Trois comportements oeuvrant de concert pour plus d'élégance relationnelle

 

 

 

Assainir les relations professionnelles, un enjeu collaboratif

 

Pris entre des assortiments glauques de marteaux et d’enclumes en tous genres, qui génèrent de nombreuses peurs, managers et collaborateurs ont vite recours aux rôles relationnels, refuge facile et ordinaire lorsque nous ne savons plus comment obtenir ce dont nous avons besoin. Nous sommes alors gouvernés par des craintes inébranlables qui ont vite fait de se transformer en croyances limitantes exprimées dans toute la palette trop-bon-trop-con:

 

  • Crainte de ne pas être entendu, écouté, reconnu, pris en compte.
  • Crainte d’être jugé, exploité, crainte qu’on profite de nous, qu’on nous marche sur les pieds, qu’on vienne empiéter sur nos plates-bandes.
  • Et donc: crainte de ne pas être traité comme nous en avons besoin.

La spirale des jeux psychologiques se met en branle et pollue toutes nos interactions, leur donnant des relents de cyanure relationnel, pas vraiment prosociaux ou collaboratifs.

 

Assainir les relations professionnelles et leur redonner un élan plus équilibré, plus réjouissant et moins perclus de jeux de pouvoir, pour obtenir la compréhension mutuelle, la confiance et la reconnaissance dont nous avons tant besoin et qui fait cruellement défaut dans le monde professionnel, est un enjeu de taille.

 

D’autant plus que si les discours vont bon train sur le sujet, quand il s’agit de passer aux actes, l’entreprise se met plus souvent qu’à son tour aux abonnés absents. C’est donc essentiellement au niveau individuel que les initiatives peuvent se prendre, histoire d’arrondir les angles coupants des relations inconfortables, sans attendre un miracle managérial qui reste du domaine de l’Arlésienne de la vie au travail: on en parle beaucoup, on ne le voit jamais…

 

 

 

 

Triangle de Karpman : des comportements ordinaires… qui finissent toxiques

 

Rappelons d’abord que les jeux psychologiques s’articulent autour des trois rôles relationnels, victime, sauveur et persécuteur, et qu’ils sont ordinaires, qu’ils ne sont en aucun cas le reflet d’une pathologie psychologique, en particulier le persécuteur dont la dénomination génère des associations malencontreuses avec le harcèlement et le désormais omniprésent pervers. Voir:

Nous jouons tous ces rôles inconsciemment, sans volonté de manipulation, avec une constance et une amplitude diverses, et chacun des trois participe de la dégradation progressive de nos relations.

 

Cependant, l’augmentation de leur fréquence due aux exigences de plus en plus absurdes du monde du travail finit par les rendre parfaitement toxiques, produits cancérigènes de nos interactions professionnelles. La piqure de rappel sur ces trois comportements victime, sauveur et persécuteur, c’est par ici :

 

 

Sortir des rôles relationnels : une question de courage

 

Repérer les rôles que nous jouons est déjà assez compliqué et une fois que c’est fait, en sortir demande un vrai courage : celui d’être à l’initiative de comportements prosociaux qui vont générer le changement, celui de prendre en main son propre environnement relationnel et d’y implémenter des alternatives, dont seules la personnalisation et l’expérimentation vont démontrer la puissance. Voir:

 

Chassez le naturel, il revient au galop? Pas forcément. Il est de façon générale bien plus facile de s’enfermer dans des jeux de pouvoir et d’ignorer leur inefficacité parce que nous les pratiquons avec constance depuis bien longtemps. Inversement, accepter d’expérimenter des attitudes plus arrondies aux angles, plus teintées d’élégance relationnelle, laisse souvent dubitatifs tous ceux qui craignent trop la relation pour oser s’essayer à d’autres fonctionnements. Et c’est bien dommage, car le courage nécessaire, c’est essentiellement celui du premier pas. Derrière, les résultats obtenus parlent suffisamment d’eux-mêmes pour renforcer la motivation à se comporter avec davantage de noblesse d’âme que de volonté de domination.

 

 

 

Un triangle pour arrondir les angles de la relation?

 

L’analyse transactionnelle, en la personne d’Acey Choy, a modélisé un autre triangle, réponse du berger bienveillant à la bergère des jeux psychologiques, qui propose de remplacer les rôles relationnels par trois comportements plus favorables à la relation. Cette vision m’a intéressée en ce qu’elle propose une piste de sortie du triangle de Karpman par des alternatives relationnelles fertiles:

 

  • La vulnérabilité
  • L’affirmation de soi
  • La bienveillance empathique

Cependant, je vous l’ai mise très librement à ma sauce, car la version originale me semble comporter des limites à dépasser.

 

Tout d’abord, dans la plus pure tradition du marketing nord-américain,  ces trois comportements ont été labellisés « triangle du gagnant ». Comment vous dire… Triple beurk, que voilà un terme qui nous inscrit dans la dichotomie pas du tout manichéenne du winner/loser. Laissons donc cette sémantique aux égos en manque – justement – de reconnaissance. Même la traduction courante “triangle gagnant” en français me fatigue, comme s’il fallait toujours chercher la victoire, donc le combat, y compris – et même surtout, contre nous-mêmes. Je vous propose une terminologie qui me paraît plus estime de soi, qui n’a pas besoin de se prendre pour un super-héros – super-héros qui, soit dit en passant, sont un peu trop souvent des victimes pleurnichardes devenues des sauveurs-persécuteurs de haut vol.

 

Mais je m’égare, mes agacements linguistiques et ma crispation chronique face au simplisme noir/blanc d’outre Atlantique, vous les connaissez déjà, chers lecteurs fidèles 😉 Revenons donc à nos moutons relationnels et passons du triangle dramatique à un triangle déclencheur de relations plus mutuellement nourrissantes. Donc des liens solides, basés sur la confiance et le sentiment de sécurité morale.

 

Et puis non, finalement, ne restons pas dans un triangle qui, par définition, n’arrondit pas les angles de la relation. Je rétive un coup et je préfère une version plus adoucie, aux courbes plus amènes et moins tranchantes que les angles aigus d’un n-ième schéma géométrique. Laissons donc le triangle de Karpman s’effacer et laisser émerger une représentation de ces trois comportements plus légère et plus encourageante.

 

vulnérabilité, bienvailence, affirmation, triplette prosociale

 

 

D’autre part, l’auteur préconise d’adopter l’un des trois comportements en opposition au rôle que nous jouons le plus fréquemment: de remplacer le comportement victime par la vulnérabilité, le comportement saveur par la bienveillance empathique, le comportement persécuteur par l’affirmation de soi. Je ne suis pas d’accord avec cette opposition simple, qui me paraît insuffisante à réduire les jeux psychologiques. Il est plus pertinent et efficace de renforcer ces trois aptitudes conjointement et de les exprimer ensemble, parce qu’elles s’appuient et se soutiennent mutuellement, et que l’une sans l’autre donne un positionnement relationnel incomplet :

 

  • La vulnérabilité sans affirmation de soi reste de la jérémiade
  • L’affirmation de soi sans empathie bienveillante risque le pur égoïsme
  • L’empathie bienveillante sans affirmation de soi risque le comportement serpillière

Puisque cette façon d’être en relation a trois facettes qui ne sont pas des attitudes distinctes mais conjointes, qui se nourrissent mutuellement, appelons-la triplette, tiens. J’aime bien les triplettes! Elles proposent un socle à trois pieds sur lequel on peut joliment s’appuyer. On peut alors la représenter, en mode leadership de soi ludique, par ces trois comportements oeuvrant de concert et se diriger ainsi vers des océans de relations plus équilibrées :

 

 

triplette élégance relationnelle

 

.

 

 

 Une triplette prosociale pour plus d’élégance et d’équilibre relationnels

 

 

L’équilibre relationnel nait donc de la conjonction de ces trois aptitudes, qui génère un positionnement élégant, à la fois serein (qui n’a pas besoin de la ramener) et plein d’assuracnce et qui laisse une place de choix à l’autre dans la relation comme dans la communication.

 

 

1- La vulnérabilité

 

Elle est le pendant version estime de soi du rôle de victime. Elle consiste avant tout à reconnaître les situations qui génèrent une forme de souffrance, des émotions négatives et d’être en capacité de les partager. S’autoriser à montrer ses failles et ses fragilités requiert force morale et courage. C’est là le reflet d’une estime de soi solide, qui ne craint pas la relation et le regard de l’autre et qui inspire le respect.

 

La vulnérabilité n’a pas besoin de barytoner la Goualante du pauvre Jean pour se faire entendre, elle ne joue ni sur la pitié ni sur la culpabilisation, elle accepte pleinement ses émotions et ses ressentis et les exprime posément. Passée de disciple de Jérémie à sereinement vulnérable (en d’autres temres: être humain), l’ex-victime sera plus à même de se mettre à chercher des solutions pour sortir de la situation qui la gêne. Ce qui habituellement n’est pas son fort. Il s’agit donc de travailler:

 

  • L’estime de soi (qui accepte intrinsèquement la vulnérabilité),
  • La valorisation (dans le discours interne comme dans la communication)
  • La connaissance de soi et en particulier des talents naturels sur lesquels on peut s’appuyer
  • L’élaboration de solutions et des plans d’action
  • La bienveillance empathique (pour éviter de submerger l’interlocuteur pas des flots émotionnels excessifs)
  • L’affirmation de soi (pour poser des limites et faire des demandes claires, en particulier lorsqu’on a besoin d’aide)

 

2- La bienveillance empathique

 

Acey Choy utilise le terme caring, qui a souvent été traduit par « souci de l’autre », mais que j’ai choisi d’adapter en bienveillance empathique, qui me paraît plus clair. Le Sauveur a déjà beaucoup trop le sentiment de se “soucier de l’autre”.

 

La bienveillance empathique consiste donc à porter sur l’autre un regard sincèrement curieux de ses motivations et mécanismes, un regard compréhensif et engageant, tout en ne réfléchissant pas à sa place. Elle ne prend pas le problème en charge, elle lui offre un espace d’expression, une station service morale où en décortiquer le moteur en panne, sans infantilisation, sans démonstration d’expertise. Laissant le chevalier blanc derrière lui, l’ex-sauveur pourra alors se mettre à écouter son interlocuteur plutôt que de lui fournir illico presto la notice de sa solution 34bis, forcément la meilleure du monde de l’univers. Il inspirera confiance et loyauté: voilà quelqu’un sur qui on peut compter et qui ne se laisse pas envahir en même temps. Il s’adit donc de travailler:

 

 

3- L’affirmation de soi

 

Pendant d’un mode d’expression cassant, péremptoire, autoritaire, de l’imposition de ses points de vue, l’affirmation de soi est une façon d’exprimer ses opinions et ses besoins avec aisance et assurance, sans passer ses interlocuteurs au rotovateur de ses certitudes ou de ses exigences. Parce qu’elle ne cherche ni à dominer, ni à assujettir ou à contraindre, l’affirmation de soi révèle un positionnement plein d’une confiance convaincante et qui inspire le respect.

 

L’ancien persécuteur ainsi dépourvu de sa broyeuse à interlocuteur pourra alors laisser une place équitable à l’autre dans la relation, lui exprimer posément ses idées, écouter les siennes et laisser les solutions émerger. Il s’agit donc de travailler:

  • l’estime de soi qui diminue la peur de l’autre et le besoin de lui aboyer dessus pour se faire entendre.
  • La communication non violente, alternative ultra efficace à l’agressivité verbale.
  • La capacité à fixer des limites, à dire non, à faire des demandes élégantes (et nons pas des critiques brutales)
  • L’empathie bienveillante pour laisser une place équitable à l’autre dans les interactions.
  • La vulnérabilité pour accepter et partager avec amabilité ses propres difficultés.

 

 

Triplette + trépieds = tricycle!

 

Au final, on le voit bien, les trois sont intimement liés et se nourrissent mutuellement et l’un sans l’autre débouche sur une posture relationnelle incomplète et peu efficace. Les trois se travaillent et se renforcent, bien entendu, et c’est en les pratiquant qu’on peut prendre pleinement conscience de leurs bénéfices à la fois sur la relation et sur l’estime de soi.

 

Exit les rôles relationnels pesants et énergivores qu’on laissera alors derrière soi, et bienvenue à un trépieds comportemental qui nous permet d’oeuvrer pour des relations dénuées de jeux de pouvoir, donc plus équilibrées, plus élégantes et par conséquent plus efficaces et nourrissantes. Et pour représenter cette triplette dans un mode plus singulier, puisque ce sont trois aspects de nous-mêmes, je vous porpose un tricycle, enfant naturel de la triplette et du trépieds, qui a trois caractéristiques essentielles: l’assise solide (le tricycle est bien plus difficile à renverser), la possibilité de mouvement en avant, et la symbolique de l’apprentissage. Enfourchons donc gaillardement le tricycle de l’élégance relationnelle et expérimentons de nouvelles façons d’être en relation!

 

tricycle élégance relationnelle

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

Relation à soi / aux autres: le cocktail indispensable

Ebook gratuit: le triangle de Karpman: sortir des rôles relationnels 

Protège tes fesses! 5(+) trucs pour assurer le bien-être relationnel

Triangle de Kaprman: quand Little Miss Sauveur tombe sur un o(ur)s

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

L’égo, frein majeur à l’intelligence colaborative

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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