Le cocktail relationnel du dr House (1): tout le monde (se) ment

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi / Compétences relationnelles

 

 

 

Relationnel et Dr House dans un même titre, ça tient de l’oxymore aguicheur, j’en conviens. Mais en vertu du bon principe du bon docteur en question, “tout le monde ment”, ce qui ne facilite pas la relation et en affirmant cette vérité universelle un poil péremptoire, il nous donne des clés pour y remédier et favoriser des relations plus fluides. Je vous propose donc de partir explorer nos petits mensonges entre amis et collègues…

 

 

tut le monde se ment... et donc ment aux autres

 

 

Tout le monde (se) ment

 

Que celui qui n’a jamais versé dans les petits arrangements avec lui-même nous jette le premier gravier et nous donnerons joyeusement dans l’auto-lapidation collective pour nous repentir de ne pas être ce merveilleux super-héros, qui répond au nom délicieusement aristocratique de Captain Javel de la Vérité. Ô gloire à celui dont l’estime de soi n’a pas de pellicules et sent bon l’amande douce!

 

Pour nous autres, simples mortels sans super pouvoir, c’est un peu plus dur. Nous jetons un voile pudique à nos propres yeux sur certaines caractéristiques que nous n’apprécions pas, nous enrobons nos actes parfois peu cohérents avec nos discours dans les papier cadeaux des valeurs, nous refusons d’admettre nos sentiments, etc. Et du coup, nous nous mentons à nous-mêmes et par là même, nous mentons aux autres. D’ailleurs, selon Dan Ariely, professeur de psychologie et d’économie comportementale à l’université de Duke (Etats-Unis), nous avons une forte tendance à mentir “juste un peu”.

 

Et ça n’est pas une tare rédhibitoire: en vertu du principe que tous nos comportements visent un bénéfice, si le mensonge existe, c’est aussi qu’il a une utilité. D’autre part, nous mentons tous et ça ne nous empêche pas d’être des gens très bien, Il ne s’agit donc pas tant de pointer du doigt les affreux arrangements avec la vérité des autres, mais d’explorer les rouages de nos petits et grand mensonges, leurs bénéfices et leur limites. Et d’en profiter au passage pour améliorer la qualité de nos relations.

 

 

 

Tout le monde ment

 

Pour nous préserver d’un jugement, par auto-aveuglement ou méconnaissance de soi, parce que nous avons fini par croire aux discours que nous nous tenons à nous-mêmes, pour éviter de fâcher, nous mentons tous, en particulier sur qui nous sommes et ce que nous pensons. Je ne parle pas ici de vilains mensonges volontairement destinés à tromper cet autre, forcément ennemi malfaisant ou proie manipulable, mais plutôt de ces petites choses pas tout à fait vraies que nous disons plus ou moins consciemment sur nos sentiments et émotions, sur notre expérience de vie, notre histoire personnelle et professionnelle.

 

Dans un sens comme dans l’autre, d’ailleurs, car une histoire embellie ou une autre minimisée peuvent potentiellement avoir le même résultat sur l’estime de soi et les relations: en diminuer ou en augmenter la qualité, selon la nature et la raison du mensonge.

 

Je ne parle pas ici de ce jardin secret que nous cultivons tous et qui ne regarde personne: à la transparence cristalline nul n’est tenu. Je parle de ces petites failles de l’authenticité qui peuvent avoir toutes sortes de bénéfices immédiats:

 

  • Nous montrer sous notre meilleur jour
  • Préserver quelqu’un
  • Ne pas décevoir
  • Renvoyer à l’interlocuteur l’image qu’il a de nous
  • Nous mettre en valeur
  • Eviter le conflit ou la confrontation
  • Eviter nous de montrer tel que nous sommes
  • Cacher à nous-mêmes un trait que nous considérons négatif
  • Eviter le jugement, le rejet, la désapprobation
  • Eviter la réaction de l’interlocuteur

 

Les remèdes du Docteur House

 

Quel rapport avec notre bon docteur grand spécialiste du mensonge? Dans l’affirmation que tout le monde ment se cache une sorte d’antidote aux relations pourries: si nous voulons réellement savoir à quoi nous en tenir sur la personne qu’est le nouveau collègue, le chef ou tout autre interlocuteur potentiel, autant ne pas se contenter de ce qu’il ou elle dit, puisqu’il ou elle (se) ment et donc transmet des informations qui, comme disait Béru, nous enduisent d’erreur. Mieux vaut prendre le temps d’observer froidement les faits pour les analyser, plutôt que de croire sur parole Dupont-Durand quand il vous affirme qu’il est la droiture même, au risque d’être bien déçu lorsqu’il aura oeuvré dans l’ombre pour obtenir cette promotion à votre place.

 

A l’inverse, pour éviter d’envenimer inutilement une relation autrement parfaitement acceptable, ou de heurter gratuitement ses contemporains, il est bon de distinguer les moments où l’excès d’authenticité peut avoir des effets pervers.

 

Le Dr House nous offre ainsi un moyen de protéger ses fesses dans la relation et d’éviter ainsi attentes vaines, déceptions et ressentiment. Combien de personnes se sont associées ou ont monté des partenariats sans déceler certains traits qui se sont avérés par la suite invivables, comme des conflits de valeurs? Combien d’entre nous se sont enthousiasmés pour une relation a priori excellente et qui a pourri plus vite qu’un cèpe après les premières gelées? Nous aurons l’occasion d’explorer le sujet en détails:

 

  • Mensonge et tromperie sur la marchandise
  • Le mensonge comme compétence relationnelle
  • Voir l’autre au delà de ses arrangements avec lui-même et/ou avec la vérité: le cocktail relationnel du Dr House

 

Et n’imaginez pas que je vais vous servir du décodage des boniments d’autrui en trois coups de cuiller à pot par l’observation du langage du corps! Il ne s’agit pas tant de s’escrimer vainement à devenir un parfait petit détecteur de mensonges que de mieux percevoir nos interlocuteurs, mieux comprendre leurs contradictions, leurs craintes, leurs motivations, leurs fonctionnements et d’en tirer des conclusions sur les cercles relationnels dans lesquels nous allons les placer, en fonction du degré d’intimité que nous allons accorder à la relation: proches, connaissances/collègues ou étrangers. C’est donc une sorte de cocktail préventif aux relations pourries;)

 

Et vous, comment vous y prenez-vous pour mieux cerner vos interlocuteurs?

Comment décidez-vous le degré de proximité que vous allez accorder la la relation

Comment choisissez-vous vos associés, vos partenaires, vos clients, vos collaborateurs?

 

 

 

Voir aussi

Se mentir à soi-même: miroir du manque

A cache-cache avec soi-même: quand l’action contredit la pensée

Répondre au besoin de reconnaissance

Du bénéfice de la connaissance de soi

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

Connaissance de soi: les valeurs morales

Connaissance de soi: belles contradictions

4 moyens infaillibles de se pourrir les relations

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir des relations professionnelles saines et réjouissantes? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Image de soi: de la dévalorisation au regard bienveillant

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi

 

 

Tweetée par Anne-Claude Benamiche avec le joli commentaire “c’est un beau jour pour adoucir son regard sur soi”, cette vidéo pose une passionnante question: celle de la pertinence du regard que nous posons sur nous-mêmes. Car souvent, entre jugement, dévalorisation et focalisation sur le négatif, nous peinons à voir qui nous sommes réellement. Et nous sommes plus beaux que nous croyons. Dans tous les sens du terme.  

 

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Adoucir le regard sur soiImage de soi et changement de perception

 

Il y a fort à parier que la crainte du regard des autres trouve sa source dans les jugements très durs que nous passons sur nous-mêmes. Habitués aux critiques acerbes que nous formulons sur nous-mêmes, nous finissons par nous imaginer que les autres ont autant de discours négatifs sur nous que nous en avons nous-mêmes. Probablement à tort.

 

Dans cette vidéo, des personnes sont amenées à se décrire à un artiste qui les dessine, puis une autre personne les décrit à leur tour. La différence de résultat est frappante: visiblement, nous nous voyons bien plus moches que la réalité d’une part et que les autres d’autre part. Cette vidéo est intéressante à double titre:

 

  1. Elle montre dans un premier temps le regard excessivement dur que nous portons sur nous-mêmes et son manque d’objectivité.
  2. Elle montre aussi que le regard des autres est bien plus bienveillant qu’on ne l’imagine. Et aussi potentiellement plus objectif, puisqu’ici, les portraits dressés par les autres sont souvent bien plus ressemblants que ceux dépeints par les personnes elles-mêmes.

En d’autres termes, lorsque nous sommes en dévalorisation, de la même manière que nous croyons l’autre meilleur que nous, il nous croit meilleur que lui. Et à l’arrivée, chacun a de l’autre une image plus juste que de lui-même.

 

La confrontation avec cette vision plus objective et bienveillante telle qu’elle est montrée dans cette vidéo a un effet très émouvant: la prise de conscience qu’un autre regard est possible, un regard réconfortant qui peut encourager un changement dans la perception que nous avons de nous-mêmes et améliorer l’image de soi. Vilain petit canard à ses propres yeux, joli cygne aux yeux d’autrui, il y a sans doute là de quoi “adoucir son regard sur soi”: reconnaissons le joli piaf que nous sommes et celui que nous voyons chez les autres!

 

 

 

 

Le regard de l’autre au bénéfice de l’image de soi

 

Ce qui est valable pour nos caractéristiques physiques l’est aussi pour nos traits de personnalités et nos compétences. Nous sommes souvent, au premier abord, très mauvais juges de nous-mêmes qui nous voyons plus moches, plus gros, plus petits, mais aussi plus bêtes, plus incapables que nous le sommes en réalité, et aussi souvent que les autres.

 

La dévalorisation s’exprime de bien des manières, entre discours interne négatif, excès d’exigence envers soi-même, non acceptation de qui nous sommes et comparaisons défavorables. Alors que le regard de l’autre nous renvoie bien plus de caractéristiques positives que nous l’imaginons.

 

Nous pouvons en tirer quelques pistes pour redorer notre image de nous-mêmes et au passage renforcer l’estime de soi:

 

 

 

Faire profiter autrui de notre regard bienveillant sur lui

 

Inversement, nous avons donc la capacité à renforcer l’estime de soi des autres en leur renvoyant un regard bienveillant, à leur bénéfice mais aussi au nôtre. Car être un miroir positif, c’est susciter chez l’autre un plaisir et une gratitude qui rejaillissent immédiatement sur nous. Car rappelons-nous que reconnaître la valeur des autres ne se fait pas au détriment de soi, plutôt l’inverse… Le double effet kiss-cool d’une gentillesse courageuse et affirmée!

 

Profitons-en donc pour réhabiliter quelques bonnes pratiques relationnelles qui améliorent l’ambiance au travail et favorisent la coopération et la confiance mutuelle:

 

 

 

 

Voir aussi

 

Se parler à soi-même comme on aimerait qu’on nous parle

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

Compétences relationnelles: les pièges de la lecture de pensée

Les pièges de la comparaison

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir  l’estime de vous et l’état d’esprit qui vous permettront de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

 

 

Job idéal et vitamines mentales

Sylvaine Pascual – Publié dans: L’actualité d’Ithaque

 

 

Le forfait job idéal et vitamines mentales est un accompagnement unique, conçu par nos soins pour apporter des réponses concrètes à une perte de motivation liée aux difficultés relationnelles, organisationnelles ou un manque de sens au travail.

 

 

 

forfait job idéal et vitamines mentalesBesoin de plaisir

 

  • Vous vous sentez enfermé(e) dans des schémas relationnels qui pourrissent vos interactions?
  • Vous avez le sentiment de peiner à vous faire entendre?
  • Des difficultés relationnelles et/ou organisationnelles vous plombent l’humeur?
  • Vous manquez de satisfaction au travail, sans pour autant avoir envie d’en changer?
  • Vous cherchez des moyens de renouer avec du plaisir au travail?
  • Vous aspirez à remettre du sens dans votre vie professionnelle?

Longtemps négligé, car estampillé oisif, suspicieux, infantile, bref, affublé de tous les défauts, le plaisir au travail est en passe de regagner ses lettres de noblesse, à mesure que nous prenons conscience que sa recherche est au coeur de nos comportements et actions. Pendant des années, la société et l’Oncle Alfred, qui savent tous mieux que nous ce que nous devrions penser, nous ont bombardé de croyances limitantes du type “on est pas là pour rigoler”, nous poussant à réserver cette belle émotion à nos loisirs. Pourtant, nous avons tous besoin de plaisir, car celui-ci est l’émotion indicatrice de la satisfaction de nos besoins.

 

En conséquence, le plaisir au travail est aujourd’hui reconnu comme source durable de motivation et d’efficacité personnelle et professionnelle, puisque la satisfaction de nos besoins est notre principal moteur. Et puis, au fond, s’amuser dans son travail, c’est fun et ça diminue le sentiment de contrainte et d’obligation. Ce que nous faisons avec plaisir nous paraît bien plus facile et fluide que ce que nous faisons à contre-coeur.

 

Fort de ce constat, Ithaque a créé en 2009 le concept de vitamines mentales, qui permet de  développer un état d’esprit dynamique et serein à la fois, qui s’appuie sur l’estime de soi, la capacité à éprouver du plaisir et à en engranger les bénéfices et la capacité à satisfaire ses besoins professionnels.

 

Nous avons donc conçu l’accompagnement Job idéal et vitamines mentales pour que chacun puisse s’autoriser le plaisir au travail, afin de se lever le matin avec envie et entrain.

 

 

 

Job idéal et vitamines mentales

 

Alternative plus personnelle, concrète et ludique au bilan de compétences, l’accompagnement Job idéal et évolution professionnelle permet d’analyser en profondeur ce qui fait votre identité professionnelle et d’apprendre à identifier et combler les besoins professionnels qui vous sont propres et vont vous amener à vous faire plaisir dans le travail.

 

Il a pour objectifs :

  • De construire la capacité à se nourrir du plaisir existant et à en générer, en vous appuyant sur vos goûts, vos talents, vos valeurs.
  • De mettre le plaisir au service de votre efficacité personnelle et professionnelle.
  • De renforcer la confiance et l’assurance qui vous permettront d’évoluer dans votre travail dynamisme et sérénité.
  • De nettoyer votre environnement professionnel pour le rendre plus agréable
  • D’améliorer vos relations et votre communication, pour plus de satisfaction dans les interactions
  • De construire et d’entretenir une affirmation de vous saine et sereine, dénuée de jeu de pouvoir
  • De vous mettre en route sur ce chemin unique avec plaisir et énergie, au travers d’actions concrètes pour mettre en oeuvre les changements nécessaires à l’amélioration de votre situation professionnelle existante.

 

 

Déroulement de l’accompagnement: la triplette relationnelle

 

Cet accompagnement sur 6 mois se fait en trois étapes flexibles, dont la longueur et le contenu précis est déterminée en fonction des besoins spécifiques de la personne.

 

  1. Renforcer la relation à soi: gagner en plaisir en retrouvant une estime de soi équilibrée, une reconnaissance de ses propres capacités et une aptitude à les exploiter et un état d’esprit dynamique qui favorisent la fluidité dans le travail et l’efficacité.
  2. Renforcer la relation aux autres: gagner en plaisir en construisant et entretenant des relations réjouissantes: entendre et se faire entendre, parler avec assurance, mais aussi faire des demandes, exprimer des critiques avec élégance, fixer des limites,  etc, bref, vous affirmer davantage.
  3. Explorer les mécanismes de votre relation au travail: part indispensable du plaisir au travail et bien trop souvent négligée, voire omise, la relation au travail s’inscrit essentiellement dans nos besoins professionnels : en termes d’environnement, de compétences, de tâches, de systèmes de croyances et de sens. Une bonne relation  son travail génère du sens et de la motivation.

 

 

 

Le forfait comprend:

  • 1 séance préalable pour faire connaissance, explorer votre situation actuelle et fixer les objectifs.
  • 20 séances en face à face ou par téléphone
  • Les échanges par mail entre les séances si nécessaire
  • 1 séance de debriefing 3 à 6 mois après le bilan

Vous pouvez aussi opter pour un accompagnement plus ponctuel, à la carte.

 

Brochure téléchargeable: description et programme

 

 

 

Voir aussi

 

Job idéal: une réalité à inventer?

Job idéal: redéfinir la réussite

Vitamines mentales: le dynamisme est un état d’esprit

Emotions: éloge du plaisir

Produire vs induire le sentiment d’être heureux

Les talents naturels, passeport pour le plaisir au travail

Mettre du fun dans les tâches les plus assommantes

Plaisir et seuil de satisfaction

10 aptitudes pour une vie sereine et dynamique

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous avez une envie de transition de carrière et voulez l’explorer? Vous êtes intéressé(e) par l’accompagnement Job idéal et voulez plus de renseignements?  Contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

 

 

 

 

 

Communication: Père Noël, Agile et métaphores

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources / Mieux communiquer

 

 

 

 

De nombreux conflits naissent d’incompréhensions sémantiques de toutes sortes. Par exemple, nous nous exprimons beaucoup par métaphores, croyant à tort qu’elles sont parfaitement compréhensibles par tous ceux qui ont un cerveau normalement constitué. Et pourtant, la métaphore est potentiellement un raté de la communication comme un autre. Et c’est Oana Juncu, agiliste de renom, qui se charge de nous expliquer cela, avec l’aimable participation du Père Noël.

 

 

 


Comment les métaphores peuvent générer des incompréhensions et des conflitsOana Juncu, agiliste qui met la relation au service de la performance

 

J’ai rencontré Oana lors du Scrumday2012 et j’ai tout de suite apprécié son intelligence, sa vivacité, son regard positif sur le monde et la curiosité qui l’anime vis-à-vis de tout ce qui peut favoriser l’amélioration des relations et de la performance. Elle est le fondateur de cOemerge, une société qui accompagne les organisations dans leur transformation vers Agile en s’appuyant sur une démarche centrée sur le client et la capacité de réaliser des produits en renforçant la motivation et le leadership des équipes.

 

Lors d’un déjeuner, nous en sommes venues à échanger sur les bévues et boulettes verbales qui, de malentendus en incompréhensions mutuelles, peuvent déboucher sur toutes sortes d’accrochages, voire de conflits. Et lorsqu’Oana a évoqué la façon dont nos choix sémantiques génèrent des métaphores parfois obscures aux oreilles de nos contemporains, je n’ai pas résisté au plaisir de lui proposer de venir nous exposer ce joli raté de la communication et nous proposer une alternative.

 

Je lui transmets le bâton de parole!

 

 

 

 

Métaphores et échec de communication

 

les métaphores génèrent des malentendusLes conflits les plus sévères sont issus des quiproquos, des non dits et des fausses hypothèses que nous faisons en toute bonne foi, et que nous prenons comme des vérités universelles. L’échec des projets d’équipe a souvent comme cause l’échec de communication entre les parties prenantes.

 

Dans notre communications , nous  utilisons des métaphores comme nous respirons. Sans nous rendre compte que la signification de nos métaphores nous est propre. Les mots sont des représentation génériques:  leur sémantique est chargée pour chacun d’entre nous de notre expérience le concernant. Nous emportons avec nous le bagage sémantique des mots que nous utilisons sans en avoir conscience.

 

Agile*, une initiative issue du constat fréquent d’incapacité des projets informatiques à fournir des produits pertinents pour les utilisateurs, avec des coûts raisonnables, définit comme principe clé de réussite “l’interaction entre personnes” et “la collaboration ( en continu) avec le client”. L’état d’esprit Agile est friand de toute pratique qui peut créer des ponts de communication pour prendre conscience que nos vérités sont des métaphores-hypothèses, à vérifier via le reflet des autres

 

 

 

Le Père Noël existe!… Si vous le voulez

 

communication métaphoresFaisons une expérience: Si je vous demande  ”Croyez-vous au Père Noël ?”, vous réagissez comment? Mépris, puéril, futile, fleur bleue, péjoratif, espoir, émerveillement, optimisme?

 

Voilà déjà un spectre entier d’impressions possibles en réfléchissant à cette question.
Notre expérience d’adultes nous précipite dans la réponse : “mais non, toute personne rationnelle et responsable ne va pas y croire après l’âge de 7 ans! “; l’âge de la raison d’ailleurs! “Croire au père Noël” est souvent une métaphore pour “naïveté”. Parfois pour ” présomption de passivité”: “N’attends pas que le Père Noël t’amène le succès sur un plateau”.

 

Je regarde le Père Noël d’un angle sémantique différent: nous croyons tous au Père Noël, car il est une bonne illustration de ce qui nous fait avancer tous les jours: l’espoir.
J’aime dire que seulement ceux qui n’ont plus aucun espoir qu’une chose merveilleuse fera partie de leur réalité un jour, ou que leur passage dans se monde compte, ne croient plus au Père Noël. J’espère qu’il  y a bien peu de ceux-là:). Si l’on finit par côtoyer tous les jours de tas de gens qui n’espèrent plus rien de tout et se baladent le cœur creux le long de la journée, alors l’humanité aura vraiment un très gros problème.
Du coup, imaginez: si vous êtes dans l’état d’esprit “Père Noël” = “naïveté infantile + faiblesse”  et que vous m’entendez seulement dire “je pense que vous croyez au Père Noël” , nous voilà  ensemble prisonniers d’un triste malentendu qui pourrait générer des tensions entre nous.

 

 

 

Les métaphores , un bagage culturel

 

métaphore: appelons un chat un chat... tant qu'il s'agit du même chat

Nous appliquons nos filtres de compréhension à chaque mot que nous employons. Les mots sont des concepts et notre cerveau a besoin de se projeter dans le concret. Prenons l’exemple du mot “chat”. Concret , non? Eh bien, à quoi pensez-vous réellement en entendant le mot “chat”?

 

Pour ma part, je vois tout de suite un chat gris foncé sur une branche, très  concentré, aux yeux jaunes figés sur les agissements d’un oiseaux. Il serait vraiment étonnant que vous ayez exactement à la même représentation que moi. Et voilà  ”appeler un chat, un chat”  ce n’est pas si simple…

 

Nous sommes habitués à utiliser des métaphores pour exprimer d’une façon conceptuelle quelque chose qui a une représentation très spécifique pour chacun d’entre nous, sans que nous soyons conscients. Cette représentation spécifique est

dépendante de notre éducation, notre expérience et notre personnalité etc.

 

Et du coup, paf! , chaque fois que nous “appelons un chat un chat” devant un interlocuteur, nous sommes déjà plongés dans le malentendu. Nous appuyons notre vérité sur la fausse hypothèse que le chat dont nous parlons est le même que celui auquel votre interlocuteur pense (par exemple le minou gris sur une branche…) . D’autres exemples de métaphores? : “naviguer à vue”, “la toile internet”, “reprendre ses esprits” et les très populaires indicateurs d’avancement projets:  ”indicateurs au vert/rouge” ou image météo pour dire si le projet va bien ou pas. Allez savoir dans une assemblée de personnes ce que veut dire “le projet va/ne va pas bien” pour chacun d’entre eux!

 

 

 

Le langage propre, bâtir des ponts de communication

 

comprendre les métaphores pour construire des ponts de communicationBeaucoup de savoir à été investi pour résoudre les problèmes de communication à l’origine de conflits les plus graves. Mon faible pour l’attention à la communication et aux “métaphores implicites”, a ses racines dans mon expérience personnelle d’utilisation quotidienne d’une langue différente de ma langue maternelle.

 

Il n’est pas facile de s’exprimer avec précision dans une langue qui n’est pas la vôtre, car ” connaître” une langue n’est pas suffisant. Si on met sur les mots un filtre culturel différent de celui de nos interlocuteurs, on peut tomber dans des pièges énormes que nous nous voyons pas même quand on est dedans.

 

Une mes approches favorites pour réduire le décalage de communication est  le Clean Language (language propre). Conçu au début des années 1980 par David Grove, psychothérapeute néo-zélandais, c’est une technique de questionnement ouvert, qui s’intéresse essentiellement à la dimension métaphorique du discours du client. D’après cleanlanguage.fr, « le Clean Language accompagne le processus du client, tout en garantissant que ses propres signifiés et ses résonances demeurent intacts et non contaminés par les mots du thérapeute. ». Adapté à notre quotidien, il permet de comprendre les métaphores de nos interlocuteurs sans les déformer par nos propres représentations. Le Clean Language donne un canevas simple pour  prendre

conscience de métaphores implicites que nous utilisons, en les explicitant via des itérations successives. C’est un pont de communication.

 

  • Pour une notion exprimée X,  le Clean Language invite à répondre à la question : X est comme quoi d’autre ?” Ensuite itérer:
  • “Et encore comme quoi d’autre?”
  • Jusqu’à obtenir une vision claire pour nous comme pour l’interlocuteur de la représentation que nous nous faisons d’une idée, d’un concept.

Un exemple? Prenons encore le chat en ligne mire (décidément il en a vu de toutes les couleurs!).

 

  • Si vous me demandez “Un chat est pour toi comme quoi d’autre?” , je répondrais “comme un félin gris aux yeux jaunes”.
  • Ensuite vous me demandez “Et comme quoi d’autre?”, et je réponds “comme un animal agile capable de rester en équilibre sans bouger sur une branche un après-midi d’été”.
  • Continuons! “…Et comme quoi d’autre”, “comme un prédateur habile guettant patiemment sa proie”

Voyez, il devient assez étonnant le “chat” si on le regarde de près avec l’approche Clean Language. Et encore je n’ai pas fini, si j’y pense bien. Mon chat gris et encore bien d’autres choses…

 

Si ce petit exercice de “prise de conscience de “sémantique implicite” vous a plu,

exercez-vous sur une autre métaphore:

“Le Père Noel serait comme quoi d’autre?”

 

 

 

Agile, métaphores et collaboration

 

métaphores clé clean language

Le Père Noël nous livre donc une clé de communication au service de la collaboration.


Le Père Noël nous livre donc une clé de communication au service de la collaboration. Agile* est née il y a (déjà ! ) 12 ans par la publication du manifeste Agile, une collection de principes pour le développement informatique, signé par un groupe d’ingénieurs qui n’en pouvaient plus de vivre l’échec de projets informatiques dans lesquels ils avaient investi leur temps, leur aspirations et leur professionnalisme. Ils sont partis d’une prémisse, rarement fausse:

 

  • “Toutes les personnes impliquées ont des bonnes intentions”

pour arriver à un constat paradoxal: ”nous n’arrivons pas à un résultat satisfaisant. De plus, le moral des toutes les parties prenantes est au plus bas.”

 

L’Agilité fait partie de mon quotidien, car le manifeste Agile** a raisonné dans mon esprit, surtout l’élément de solution que l’Agilité propose à ce paradoxe via un des éléments clé du Manifeste Agile: la capacité de rendre la communication fiable entre tous les acteurs d’un projet. C’est à dire, quand on “appelle un chat, un chat”, s’assurer au maximum qu’on parle du même même chat.

 

En se focalisant sur la communication fiable,  L’Agilité est arrivée sans surprise à s’intéresser à toute pratique qui soutient ses conditions: la collaboration et l’écoute.  En pratiquant la communication fiable, l’Agilité renforce ses bénéfices: la solidarité autour de la  quête d’amélioration commune  pour oser des résultats surprenants.

 

La force d’Agile est de ne pas faire l’hypothèse de faiblesse, ni celle de l’optimisme inconditionnel en entendant “Père Noël existe!”. Dans l’esprit Agile nous allons chercher à savoir plus sur la signification de cette métaphore : “Père Noël est comme quoi d’autre pour toi?” . Ensuite tout espoir est permis!
Plus sur Oana Juncu : http://about.me/ojuncu

 

 

 

Voir aussi

 

Ressources externes:

*Voir: l’agilité expliquée à mon manager

**Le Manifeste Agile (en anglais)

Clean Language

 

 

Compétences relationnelles: l’écoute active

Rupture douce: l’agilité pour collaborer autrement

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif!

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

L’humilité et la reconnaissance au service du collectif

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez mettre un peu d’agilité dans vos projets entrepreneuriaux? Contactez Oana Juncu.

 

Vous voulez mettre davantage de souplesse et d’efficacité dans votre communication professionnelle? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

S’essayer à la biendisance

Sylvaine Pascual – Publié dans  Bien-être et estime de soi Compétences relationnelles

 

 

 

Sérieusement, les amis, la médisance a ses limites. Fatigante, énergivore, elle cultive l’amertume comme d’autres cultivent les tulipes. Et justement : les tulipes, c’est plus joli, alors je vous propose une alternative : mettons-nous à la biendisance. C’est bon pour l’estime de soi et les relations.

 

 

 

S'envoyer des fleurs plutôt que des scudsPetites calomnies entre amis

 

L’autre jour, chez le coiffeur, je me retrouve le nez dans un Paris Match à lire un article de Pascal Thomas, réalisateur, entre autres d’Associés contre le crime, qui se lâche sur Catherine Frot, et les noms de piafs volent bas. Après une mention de son attitude « sympathique, modeste et rigolote » à ses débuts, c’est parti sur ses « comportements aberrants », ses « caprices d’acteur qui se surestime » et sa façon de débouler, « en robe de chambre, défaite, hurlant ».

 

Ca sent les petits jeux de pouvoir à plein blaze. Il n’a visiblement pas digéré sa propre incapacité à s’affirmer et  croit rétablir l’ordre des choses (version « moi je suis quelqu’un de bien et c’est une folle furieuse ») en crachant dans le dos et en public sur l’actrice. Pourtant, ça parle, au final, bien plus des peurs et frustrations de celui qui médit que de ses belles valeurs ou des manquements potentiels de l’objet de ses ragots.

 

Et toute cette frustration bilieuse est un poil pénible. Nous la croisons à tous les coins de rue, en particulier dans les allées professionnelles et elle laisse un vague goût amer. Bien que nous soyons vous et moi des gens très bien, il arrive même que nous la pratiquions. Il serait sans doute moins énergivore, plus utile, plus réjouissant de régler nos problèmes directement avec nos abrutis personnels au lieu de les dénigrer et de passer plus de temps à parler d’autrui… en bien.

 

 

 

Parler des autres comme nous aimerions qu’ils parlent de nous

 

Nous avions vu les raisons pour lesquelles nous nous vautrons dans la médisance : l’amertume partagée, crée des liens d’appartenance et de la reconnaissance mutuelle, version « on fait partie du groupe qui déteste Tartempion », mais ce sont des liens négatifs et l’énergie générée est une énergie qui peut potentiellement ronger de l’intérieur en augmentant la méfiance, la peur de l’autre, de ses jugements, de ses propres médisances.

 

Car nous avons tendance à penser que les autres sont comme nous. Donc si nous médisons beaucoup, nous pensons que les autres le font aussi… potentiellement sur nous. Et nous augmentons au passage notre peur du regard de l’autre. Alors attachons-nous plutôt à parler des autres comme nous aimerions qu’ils parlent de nous. Car nous pouvons difficilement espérer pouvoir déblatérer à l’envi sur autrui, et imaginer que ces mêmes autres chantent nos louanges.

 

Et allons régler nos comptes directement avec les personnes concernées, quitte à développer, au passage, une affirmation sereine qui nous évitera de tomber plus souvent qu’à notre tour sur des demeurés relationnels aux comportement forcément très éloignés de nos vertueuses valeurs.

 

 

 

La biendisance, un sport plus réjouissant

 

Puisque la médisance a des bénéfices, gardons-les sans effets pervers en nous adonnant, histoire de changer, à un sport plus réjouissant: dire du bien d’autrui, rien que pour voir. Parler des autres en focalisant sur leurs qualités, sur des caractéristiques que nous trouvons positives, reconnaître leurs accomplissements, c’est un moyen sympa de générer des liens avec nos contemporains, un sentiment d’appartenance, en nourrissant le plaisir plutôt que l’amertume.

 

Selon Laurent Bègue*, psychologue social, auteur de L’agression humaine, « 60 % des conversations d’adultes ont pour objet un absent. Et la plupart émettent un jugement ». Pourquoi ce jugement devrait-il nécessairement être négatif ?

 

D’autant que, dans le plupart des cas, ça ne fait pas avancer beaucoup de schmilbliks. L’article ne mène pas Pascal Thomas très loin: il ne résout pas son problème avec l’actrice et ne redonne pas un PH neutre à ses viscères atrabilaires. De même, critiquer l’intervention de Tartempion au sortir de la réunion du lundi ne résout rien, il aurait été plus approprié de réagir pendant.

 

D’autre part, dire du bien nous pousse à chercher des caractéristiques positives chez les uns et les autres, à les voir sous un jour meilleur, potentiellement à les apprécier davantage. Inversement, celui qui a des trucs sympas sur autrui plutôt que de le calomnier renvoie une image sympa et rassurante de lui-même : il est bienveillant et digne de confiance, il pourrait même être un exemple de cette gentillesse version compétence relationnelle, c’est à dire ni serpillière ni paillasson, mais bien cette gentillesse affirmée et sereine qui se rapproche d’un charisme sain.

 

En bref, dire du bien, ça fait du bien. Et remplacer les polluants de l’âme par des fleurs, ça a un goût de printemps des relations.

 

 

 

Mini coaching : s’entraîner à la biendisance

 

Il ne s’agit évidemment pas de transformer tous nos jugements négatifs en jugements positifs, dégoulinant de bien-pensance et parfaitement hypocrites. Nous n’allons évidemment pas suggérer à Pascal Thomas de dire du bien de Catherine Frot, pour qui il a beaucoup de mépris. Nous avons tous le droit à nos détestations et le but n’est pas d’aimer tout le monde.

 

Le but est plutôt d’utiliser nos tentations de médisance pour en apprendre davantage sur nous-mêmes et nos besoins à combler, pour identifier les plans d’action à mener pour résoudre une situation, de façon à laisser plus d’espace à l’expression de sentiments positifs sur les gens et les situations.

 

  • Pour questionner vos désirs de dire du mal, lire : Les dessous de la médisance.
  • Pour résoudre un problème relationnel ou opérationnel qui vous donne envie de dire du mal, explorer le dossier: Compétences relationnelles
  • Ces deux pistes devraient déjà minimiser vos envies de ragoter.
  • Pour s’entraîner à la biendisance, à la machine à café, en sortant de réunion ou dans n’importe quelle situation personnelle ou professionnelle, il suffit d’orienter la conversation sur les caractéristiques positives, les accomplissements, les solutions possibles. Vanter les mérites d’untel, apprécier une qualité, saluer un effort etc. De là à faire un compliment, exprimer sa gratitude ou envoyer de la reconnaissance tous azimuts directement à la personne concernée, la distance n’est pas très longue;)

 

En nous envoyant des fleurs, nous pourrons nouer des liens autour de ce que nous aimons chez les autres, plutôt qu’autour de ce qui nous donne des boutons;)

 

 

 

 Voir aussi

 

Juger moins juger mieux: les dégâts du jugement

Les pièges de la comparaison

Guide de survie aux abrutis: le bocal à con

Guide de survie aux abrutis: bocal à con et manque de pot (1)

Guide de survie aux abrutis: l’emmerdeur emmerdé

Petit précis de communication non violente (1)

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

 

* Pourquoi médire nous fait tant plaisir

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir l’état d’esprit qui vous permettra de mener à bien vos projets professionnels? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Petit précis de communication non violente (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans Mieux communiquer / Compétences relationnelles / Les étagères d’Ithaque

 

 

 

Parce que rien n’est plus simple que de se pourrir les relations par des interactions teintées de petits jeux de pouvoir verbaux, voici un petit ouvrage ultra précieux pour découvrir la communication non violente – dite CNV – et la pratiquer au quotidien, histoire d’adoucir un poil nos relations, tout en nous faisant bien mieux comprendre…

 

 

 

 

Pratiquer chaque jour une communication bienveillante, respectueuse de soi et d'autruiRatés de la communication: de la violence verbale

 

Les ratés de la communication sont légions. Entre maladresse et tentation – plus ou moins consciente – de prise de pouvoir, mille et une petites manipulations se glissent dans nos interactions. La plupart du temps, elles sont minimes et ont peu de conséquences. Mais parfois, leur fréquence et leur nature leur fait prendre un ampleur qui pourrait nuire à la relation aussi sûrement que les limaces nuisent à la conservation de la salade.

 

Interprétations, minimisations, non-demandes, généralisations, accusations, dévalorisations etc, nous avons recours à des collections de trucs pas folichons quand il s’agit de nous faire comprendre d’une part, et de bien nous entendre d’autre part. Dès lors, nos communications, et en particulier nos expressions du reproche et de la critique perdent en grâce et en élégance ce qu’elles gagnent en violence verbale. Et en efficacité!

 

 

 

 

La communication non violente: des bénéfices en veux-tu en voilà

 

La communication non violente est un ensemble de processus verbaux qui favorisent la compréhension et l’acceptation de nos messages, dans un cadre bienveillant et respectueux des deux parties. Avec des bénéfices multiples pour la relation:

 

  • Améliorer la qualité de la relation
  • Augmenter la confiance mutuelle
  • Sortir des jeux de pouvoir
  • Augmenter la compréhension mutuelle
  • Favoriser l’acceptation de l’autre et le respect des différences mutuelles
  • Créer un sentiment de sécurité dans la relation

Et au delà de ces bénéfices pour la relation aux autres, la CVN permet aussi de clarifier la relation à soi-même, en comprenant mieux se qui se passe à l’intérieur de nous, en particulier lorsque nous sommes submergés par l’émotion.

 

 

 

La communication non-violente au quotidien

 

Dans ce petit ouvrage ultra pratique, Marshall B. Rosenberg, père de la communication non-violente, décortique de façon limpide et fluide

 

  • Comment nous nous y prenons pour nous planter en beauté dans nos discours
  • Comment le recours à certaines techniques pourrit la communication
  • Comment nous y prendre à la place.

Tout cela de manière ultra pratique et simple à mettre en oeuvre. Le tout est très proche de la communication dite assertive dont j’ai déjà parlé. Cependant, l’avantage majeur ce cette communication non-violente, par rapport à la demande assertive, c’est que là où cette dernière est réservée à des demandes délicates et importantes, la communication non-violente est un état d’esprit bienveillant et dans l’accueil de l’autre, et peut se développer et se pratiquer au quotidien.

 

Tour d’horizon rapide des 5 principes autour desquels s’articule la CNV, qui sont décrits de façon si précieuse dans ce court ouvrage, et sur lesquels nous auront l’occasion de revenir dans autant d’articles:

 

  1. Exprimer ce que j’observe, sans jugement ou évaluation
  2. Exprimer les sentiments suscités par la situation
  3. Exprimer les besoins qui génèrent ces sentiments
  4. Faire des demandes claires, simples et réalisables
  5. Ecouter et accueillir les propos d’autrui avec bienveillance et sans jugement

 

 

Voir aussi

 

Ratés de la communication: compliments & quand-mêmisations

Les pièges de la lecture de pensée

Autopsie d’une incompréhension sémantique

Les dessous de la médisance

Juger moins juger mieux

Compétences relationnelles: l’affirmation de soi

Réhabiliter la gentillesse

11 comportements qui tuent au travail

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Guide de survie aux abrutis: l’emmerdeur emmerdé

Sylvaine Pascual – Publié dans  Vie professionnelle Compétences relationnelles

 

 

 

Les peurs suscitées par la crise et amplifiées par les discours négatifs ambiants seraient à l’origine de l’augmentation des abrutis de boulot version grand braquet. En même temps, savoir être l’emmerdeur de service quand c’est nécessaire peut s’avérer être une compétence relationnelle… c’est le principe de l’emmerdeur emmerdé.

 

 

 

principe de l'emmerdeur emmerdéEmmerdeurs de tout poil en forte augmentation

 

Les abrutis de boulot se multiplient depuis quelques années. Pris entre la peur de perdre son job et les exigences de plus en plus fortes de performance, ne sachant plus à quel saint se vouer pour satisfaire tout le monde,  il y a ceux qui ont recours aux comportements pénibles et ceux qui n’osent pas s’y opposer. Et le plus souvent, chacun est un peu l’un, un peu l’autre, mi-hérisson, mi-paillasson, mi-victime, mi-persécuteur, selon les interlocuteurs ou les circonstances.

 

Et le pire, c’est que c’est le potentiel abruti en chacun de nous, pourtant si aimables et respectueux, peut ainsi se retrouver la bride sur le cou, laissant libre cours à des comportements parfaitement nuisibles. Ce qui explique la prolifération soudaine des relations plus ou moins toxiques, depuis la persécution ordinaire entre bipèdes consentants jusqu’au harcèlement et à la perversité.

 

 

 

Vers la tolérance zéro aux sales cons?

 

Selon Robert Sutton, auteur du célèbre Objectif: zéro sale con, des entreprises comme Procter et Gamble “ont compris que les salariés, même les superstars, qui passent leur temps à être arrogants, à rabaisser leurs collègues et à ne penser qu’à leur intérêt personnel créent une atmosphère démotivante, vampirisent l’énergie de l’entreprise et méritent d’être virés”

 

C’est une excellente nouvelle, car jusqu’ici, les entreprises ont surtout brillé par leur peur plus forte des emmerdeurs que des emmerdés, qui virent plus volontiers les harcelés que les harceleurs et laissent des managers démunis se démerder avec leurs propres abrutis.

 

 

Le magazine Management s’est penché sur le sujet dans son numéro de février 2013, en particulier au travers de l’identification de 6 profils d’emmerdeurs chroniques au boulot, et comment les gérer. Et voilà nos emmerdeurs bien emmerdés, qui ne pourront plus nuire. Profils que David Abiker a repris dans sa chronique La gueule de l’emploi, à écouter ici:

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

 

 

Le principe de l’emmerdeur emmerdé

 

J’ai pour ma part répondu aux questions de Management, toujours dans le cadre de ce dossier, sur le thème Vous aussi, devenez un emmerdeur. Derrière ce titre un poil provocateur se cache plusieurs idées, dont une qui me tient à coeur: l’idée de cesser de se laisser marcher sur les pieds par toute une collection d’abrutis de boulot, chefs, N+X mais aussi collègues et collaborateurs. Et pour cela, rien de tel que de mettre lesdits pieds dans le plat de temps à autres.

 

  • Savoir dire non
  • Affirmer une prise de position, se faire entendre
  • Faire preuve d’autorité dans l’application d’une décision
  • Défendre ses intérêts
  • Revendiquer ce qu’on considère comme un dû
  • etc.

Tous ces comportements relèvent du principe de l’emmerdeur emmerdé, puisqu’ils empêchent alors les abrutis concernés de vous rouleau-compresser, de vous mettre des bâtons dans les roues ou encore de vous ignorer, de vous mettre à l’écart.

 

Et bien entendu, il s’agit là de compétences relationnelles de l’ordre de l’affirmation de soi, qui permettent d’être ferme tout en étant respectueux, d’obtenir ce qui nous revient avec élégance, bref, d’être un emmerdeur bien aimable… une bonne nouvelle, en conclusion, puisqu’il suffit de renforcer sa posture relationnelle pour neutraliser les abrutis… probablement en commençant par le bocal à con!

 

 

 

Voir aussi

 

Relation à soi / aux autres: le cocktail indispensable

Ebook gratuit: le triangle de Karpman: sortir des rôles relationnels 

Protège tes fesses! 5(+) trucs pour assurer le bien-être relationnel

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

L’égo, frein majeur à l’intelligence colaborative

Guide de survie aux abrutis (1) 

Vie professionnelle: 11 comportements qui tuent

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif!

 

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Bocal à con et manque de pot (2): l’auto-bocal

Sylvaine Pascual – Publié dans  Bien-être et estime de soi Compétences relationnelles

 

 

 

Que faire lorsque nous ne disposons pas des bocaux à con appropriés?  Nous avons vu ce qui se passe lorsque nous sommes à court de pots, voyons voir maintenant le cas de l’auto-embocalaison. Manque de bol suprême, elle consiste à avoir son auto-bocal en forme de tonneau des Danaïdes, un puits sans fond dans lequel enfermer l’étendue incommensurable de sa propre connerie, en mode dévalorisation, dans un formol qui a l’inconvénient de la conserver intacte.

 

 

 

L'aut-o bocal, c'est quand, à force de dévalorisation, on finit par se mettre soi-même dans un bocal à conAuto-bocal et dévalorisation

 

Se mettre soi-même dans un bocal à con, c’est se mettre la tête à l’envers à force d’estimer, en vrac, que nous sommes nuls, pas à la hauteur, incapables de ceci ou de cela, ces choses que, par ailleurs, les autres semblent parfaitement en mesure de faire.

 

La dévalorisation a ceci de sournois que pour beaucoup d’entre nous, emberlificotés dans notre héritage judéo-chrétien, elle se confond avec l’humilité, et nous l’avons apprise très tôt. Mais si la modestie – qui consiste simplement à ne pas la ramener avec ses accomplissements – est une jolie qualité, la dévalorisation qui consiste à ne pas reconnaître les dits accomplissements ou à minimiser à loisir notre responsabilité dans nos réussites, nous empêche de capitaliser sur nos talents et compétences et de pouvoir les mettre à profit dans d’autres situations.

 

Ce qui est bien dommage, car au passage nous évitons soigneusement de gagner en confiance en nous, c’est-à-dire en sentiment d’être en capacité de faire face à nombre de situations, puisque l’expérience ne nous accorde pas le développement des ressources internes. Par exemple, nous évitons ainsi d’apprendre à parler de nous-même avec aisance et fluidité, ce qui est pourtant bien pratique dans la vie professionnelle.

 

C’est cher payé puisque se valoriser est un simple mécanisme intérieur et personnel qui permet de renforcer nos ressources et ne nécessite pas un auditoire ébahi devant l’étendue de votre magnificence. Bref, il faudrait l’avoir bien saumâtre vis-à-vis de soi-même pour avoir envie de mariner dans un bocal auto-attribué, avec toutes les conséquences négatives que cela présente…

 

 

 

Auto-bocal et conséquences relationnelles

 

Cette propension à s’auto prendre pour un con pourrait être sans conséquence majeure, si nous étions des animaux moins grégaires, capables de vivre retirés du monde. Cependant, nos interactions constantes avec d’autres bipèdes sont profondément impactées par la dévalorisation. Et pas dans le bon sens.

 

 

Dévalorisation et tribu de victimes

Manque de bol: lorsque la dévalorisation s’exprime en mode victime, elle s’apprécie et se reconnaît en mode victime. C’est comme ça que les auto-rabaissés peuvent finir en club de dévalorisés, nageant en banc dans la dépréciation. Ca nourrit peut-être le sentiment d’appartenance, mais pas tellement l’estime de soi, car quand les dévalorisés parlent au dévalorisés, ils tournent en circuit fermé et en cercle vicieux, se cherchent sans fin des sauveurs et tombent trop souvent sur des persécuteurs. Et toute la tribu entretient sa mise en bocal.

 

 

Auto-bocal et corvéabilité

Manque de bol: la dévalorisation peut vous valoir des tentatives régulières d’embocalaisons, car à minimiser de la sorte vos accomplissements, les autres vous ont pris au mot, qui finissent par vous donner raison en vous prenant pour un con. Et pas n’importe quel con: un pauvre con incompétent et placardisable, un abruti corvéable à merci, victimisable jusqu’à la lie (l’allali ?).

 

Et vous voilà donc la proie de tous les persécuteurs du monde (rappelons que le comportement persécuteur est ordinaire et est à distinguer du harcèlement), qui vont s’empresser de jouer avec vous la valse des rôles relationnels, sous forme de petits jeux de pouvoir bien fatigants.

 

 

Auto dépréciation et opportunités ratées

Manque de bol: de la même manière, croire que les autres vont reconnaître notre valeur professionnelle à notre place, alors qu’on se traite soi-même de tous les noms, croire que se déprécier est une marque d’humilité qui sera remarquée, voilà deux illusions assez dommageables. Elles donnent lieu à tout un tas d’opportunités ratées, à l’origine de bien des frustrations et des déceptions:

 

  • Une promotion qui vous passe sous le nez parce que vous avez très peu fait valoir votre candidature et que Tartempion, lui ne s’est pas gêné.
  • Un positionnement en retrait qui fait que Tartempion remporte tous les lauriers de la réussite du dossier Duschmoll, alors que vous vous êtes démené.
  • Une posture victime qui donne aux recruteurs le sentiment que vous êtes une carne de foire plutôt qu’un pur sang de course.

 

 

 

Sortie de bocal : valorisation et estime de soi

 

Lorsque nous avons tendance à nous auto-enfermer plus souvent qu’à notre tour dans un bocal à con de grande taille, nous avons tendance à le faire en comparaison avec le reste du monde, forcément considéré comme meilleur, moins ci, plus ça, bref, plein de belles qualités là où nous en sommes fort dépourvus.

 

La comparaison ascendante qui nous amoindrit face à autrui qui est problématique, car pratiquée avec constance, elle ruine l’estime de soi avec autant d’efficacité que l’huile de vidange pollue la mare aux canards.

 

Tous ces manques de pot peuvent conduire à une certaine souffrance, alors plutôt que d’espérer sortir un jour tout neuf et tout changé de son bocal, autant se pencher sur la cause du problème. Car ce n’est pas tant la faute à pas de chance qu’une estime de soi fragile, faible ou incomplète qui est en cause. Or, renforcer l’estime de soi par la valorisation permet:

 

  • De gagner en aisance relationnelle (puisque nous avons moins peur de l’autre et de son regard qui tue).
  • D’avoir davantage conscience de ses propres mécanismes de réussite et de les transposer à d’autres situations.
  • D’avoir davantage conscience de ses qualités, capacités, talents et ressources et de s’appuyer dessus dans des situations nouvelles.

 

Rappelons à toutes fins utiles – autre pas de bol pour les pressés – l’excès rend la résolution difficile.  Elle commence, comme toujours, par une bonne dose d’auto-observation pour mesurer l’ampleur du manque de pot et déterminer la meilleure marche à suivre. Rappelons que, si une estime de soi ou une confiance en soi fluctuantes peuvent être renforcées en coaching, le traitement des causes de la très faible estime de soi passera sans doute le plus souvent par un travail thérapeutique que seul le psy est habilité à faire.

 

 

 

Mini coaching: sortir de l’auto bocal par la valorisation

 

La valorisation s’apprend, petit à petit, au travers d’une gymnastique mentale concrète qui passe par davantage d’acceptation de soi, d’introspection, de bienveillance vis à vis de soi-même, d’objectivation de nos accomplissements. C’est le plus souvent un travail de longue haleine, qui commence par une évaluation de l’ampleur de la situation :

 

Et vous, dans quelle mesure avez-vous tendance à vous dévaloriser ?

A vous juger durement vous-même, de préférence en vous traitant de tout un tas de noms d’oiseaux peu engageants ?

A minimiser vos réussites, à les attribuer à la chance ou à la facilité ?

A vous auto-critiquer pendant des heures pour votre manque d’à-propos, de répartie, de compétence, de ceci, de cela ?

A ruminer vos erreurs en mode « je suis nul, je n’y arriverai jamais » pendant des heures ?

 

Rappelons aussi qu’il n’y a pas d’outils universels, voici donc, en vrac, quelques ressources pour vous aider à mettre un pied curieux dans la valorisation. A vous de voir ceux qui vous conviennent, en expérimentant avec curiosité: cette sortie d’auto-bocal pourrait vous réserver des surprises de taille.

 

1- Explorer les mécanismes de valorisation et dévalorisation

Comprendre comment ils fonctionnent pour identifier les siens propres, dans quelles situations et avec qui ils s’expriment. Avant de les remplacer par une valorisation systématique, histoire de tirer les leçons de nos expériences.

 

2- Renouer avec ses talents naturels

Pour nous appuyer davantage sur noss mécanismes de réussite et apprendre à reconnaître l’expression de nos qualités.

 

3- Identifier ses valeurs motrices

Pour puiser aux sources de sa motivation intrinsèque des mise en action cohérentes avec nous-mêmes, fluides et réjouissantes.

 

4- Se parler à soi-même comme un voudrait qu’on nous parle

Histoire de commencer à se traiter soi-même un peu moins comme un con, mais au contraire avec un peu plus de bienveillance et d’acceptation de soi.

5- Combler ses besoins et se faire plaisir

Parce qu’une fois satisfaits, ils augmentent le sentiment d’être heureux et l’estime de soi. En effet, une personne qui entend et écoute ses propres besoins prend soin d’elle-même et peut aussi prendre soin des autres. Se faire plaisir participe du même mécanisme, le plaisir étant l’émotion chapeau de toutes les émotions positives.

 

6- Développer ses compétences relationnelles

L’amélioration des relations peut être un moyen de renforcer l’estime de soi, en particulier au travers de la satisfaction des besoins d’appartenance et de reconnaissance.

 

 

 

Voir aussi

 

Guide de survie aux abrutis: le bocal à con

Scrumday 2012: le bocal à con rencontre les pratiques agiles

Sortir d’un bocal à con en 10 étapes

Bocal à con, sérendipité et vitamines mentales

L’humilité et la reconnaissance au service du collectif

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

3 clés pour augmenter la confiance en soi

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez construire et entretenir des relations professionnelles sereines et réjouissantes? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Guide de survie aux abrutis: bocal à con et manque de pot (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans  Bien-être et estime de soi / Compétences relationnelles

 

 

 

Parfois, c’est pas de bol, nous ne disposons pas des bocaux adéquats pour y ranger nos abrutis personnels. Pas assez grands, pas assez nombreux, nos bocaux à con habituels ne correspondent pas aux dimensions rabelaisiennes de la connerie qui nous entoure… Avant de s’insurger contre un monde vraiment, vraiment mal fait, il est peut-être temps de vérifier si notre système d’évaluation de la pénibilité d’autrui ne présenterait pas quelques défaillances…. Commençons par observer ce qui se passe quand les abrutis autour de nous sont étonnamment nombreux.

 

 

 

 

Quand nous avons trop d'abrutis dans nos bocaux, il est temps de revoir notre système d'évaluation de la connerie d'auitruiManque de pots

 

Quel ennui : il y a tellement de cons autour de vous que vous n’avez plus assez de pots dans lesquels les enfermer. Votre cave déborde, votre laboratoire à con tourne en surrégime faute de personnel suffisant pour traiter le flux. Il est peut-être temps de vous questionner sur votre seuil de tolérance à la connerie…

 

 

Avoir une armoire à bocaux, c’est bien normal. C’est même utile, lorsqu’on y range des bocaux à con, puisqu’elle permet l’expérimentation de ses compétences relationnelles, à mesure de leur acquisition.  Parfois elle croule un peu sous les pots, parfois elle est presque vide, en fonction des événements, de l’état d’esprit, des périodes fastes et des coups de mou et des fluctuations de l’estime et de la confiance en soi qui vont avec. Cependant, elle ne se remplit pas particulièrement plus vite qu’elle ne se vide. Jusque-là, tout va bien.

 

Mais parfois, ce n’est plus une armoire remplie de bocaux à con, ce n’est même plus une cave, c’est un entrepôt, une collection d’entrepôts, une usine de production de bocaux qui fait les 3/8, une mégalopole d’entrepôts à bocaux !

 

 

 

Débordement temporaire et déstockage naturel

 

Si c’est temporaire et inhabituel, il est probable qu’une situation précise vous ait conduit au bord de la crise de nerfs relationnelle, et que les moindres manquements de vos contemporains prennent des proportions dantesques parce que vous êtes à fleur de peau (je me retiens de faire un jeu de mots facile, là ;)). Pas de quoi s’inquiéter, il suffit certainement :

  • Soit d’attendre que ça se tasse, que la situation soit derrière vous, parce qu’elle est à la fois l’origine du problème et en cours de résolution.
  • Soit de mettre en œuvre un poil de lecture émotionnelle pour comprendre et traiter l’origine du débordement, c’est-à-dire le(s) besoin(s) à combler qui se sont exprimés de cette manière. Et éviter que la situation s’installe et devienne votre lot.
  • Ou encore de remonter à l’origine du problème en passant par la technique du pourquoi, toujours dans le but de traiter le déclencheur, mais en y parvenant par un autre biais.

Vous pouvez aussi, en parallèle vous retrousser les manches, poser vos agacements là où ils ont leur vraie place et passer en revue vos stocks colossaux, pour évaluer avec un pouillème plus d’objectivité l’ampleur réelle de la pénibilité relationnelle des habitants de vos bocaux. Ca vous permettra de prendre un peu de recul et de ne pas vous laisser submerger par l’arbre qui cache la forêt.

 

Un peu de courage, le déstockage a alors de fortes chances de se faire en douceur et naturellement, la perception de la connerie de nos contemporains étant potentiellement bien moins sensible lorsque nous sommes en pleine possession de nos moyens. Les bocaux vont même s’ouvrir tous seuls à coup de bienveillance retrouvée.

 

 

 

Excès de bocaux et déstockage manuel

 

Si c’est durable, voire permanent, alors il est temps de vous pencher sur vos mécanismes internes et relationnels. Parce que détester tout le monde, c’est fatigant, ça nuit à la réussite de nos objectifs et on finit par se sentir très seul, à être l’unique être humain doté d’un cerveau digne de ce nom, au milieu de ces océans de connerie. Elle n’est pas fun, la vie d’un Robinson du neurone entouré de Vendredi demeurés.

 

La comparaison descendante à son propre avantage de façon systématique est plus l’indicateur d’un dysfonctionnement de l’estime de soi qu’un gage de supériorité. Et cette fragilité a choisi de s’exprimer en mode indignation vertueuse et généralisée. Quoi de mieux qu’une prétendue bêtise abyssale de l’humanité entière pour entretenir cet arrangement avec soi-même, version persécuteur-victime ?

 

Ce cas est un peu plus délicat, car le fait qu’il soit ancré montre tout un système de convictions dans lequel l’égo tire directement sa nourriture. Le bousculer peut être plus déstabilisant. Mais en même temps, ne pas le questionner est une illusion de confort, alors mettons de côté l’auto-complaisance pour nous observer nous-mêmes avec beaucoup de bienveillance. Après tout, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a ;)

 

 

 

Mini coaching : déstockage de bocaux à con

 

Bouclez vos ceintures, le voyage à la rencontre de soi-même, quand on dégaine du bocal à con plus souvent qu’à son tour, peut être un peu caillouteux…

 

Car voir la paille à pénibilité dans l’oeil du voisin revient souvent à ignorer avec une complaisance confortable ses propres manquements en termes de compétences relationnelles, ainsi que la taille de son égo. Un peu de remise en question de soi, plutôt que toujours de l’autre, ça permet de sortir des jeux de pouvoir et de construire des relations plus saines. Mais je suis certaine que votre engagement dans votre développement personnel aura raison d’éventuels aveuglements. Allons-y donc franco, et avec bienveillance:

 

  • Dans quelle mesure votre armoire à bocaux est-elle remplie de manière acceptable? Excessive?
  • Comment cet excès s’exprime-t-il?
  • Que reprochez-vous à vos contemporains?
  • Qu’est-ce que ça vous dit sur vous-même?
  • Sur vos besoins à combler?
  • Sur votre (manque de) confiance en vous? d’affirmation de vous? de tolérance?
  • Quels sont les bénéfices à avoir autant de bocaux?
  • Quels sont les coûts?
  • Sur une échelle de 1 à 10, quel est votre propre degré de pénibilité relationnelle
  • Comment s’exprime-t-elle?
  • Comment y remédier?
  • Qu’allez-vous faire pour retrouver une armoire raisonnable?
  • Quelles ressources, quelles compétences relationnelles allez-vous développer?
  • Quelles demandes assertives allez-vous faire?

 

 

Un petit clin d’oeil au passage à Mario-Jacques Castonguay, avec qui nous avions discuté des prolongements possibles du bocal à con;)

 

 

 

Voir aussi

 

Guide de survie aux abrutis: le bocal à con

Sortir d’un bocal à con en 10 étapes

Scrumday2012 : le bocal à con rencontre les pratiques agiles

Bocal à con, sérendipité et vitamines mentales

Compétences relationnelles: l’affirmation de soi

Dossier: bien-être et estime de soi

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Rupture douce: l’agilité pour collaborer autrement

Sylvaine Pascual – Publié dans  Vie professionnelle / L’actualité d’ithaque / Les étagères d’Ithaque

 

 

J’ai eu l’immense plaisir de contribuer à la rédaction d’un ouvrage collectif, Rupture douce. L’occasion pour moi d’être le témoin enthousiasmé de l’application des principes et pratiques agiles à la gestion de projet. Retour sur la genèse fluide et douce d’un livre collaboratif avec Laurent Sarrazin, chef d’orchestre talentueux de ce “concentré de défrichage de néo-mondes organisationnels”.

 

 

ouvrage collectif réalisé par des agilistes. condensé d'innovation collaborative et managérialeQuand la collaboration devient agile

 

Ce livre,  intitulé Rupture douce, (nom de code: Bluebook) orchestré par Laurent Sarazzin et préfacé par Gilles Charrest, est une double réussite qui mérite d’être soulignée:

 

- Un condensé d’agilité au bénéfice d’un management et d’une gestion de projet qui rompent en douceur avec les méthodes habituelles pour réconcilier efficacité et respect de l’être humain.

- un modèle d’exemplarité, car sa rédaction même a été l’objet de l’application des principes qu’il prône. Ainsi ce livre, réalisé en 3 mois, ne se limite pas du tout à la juxtaposition de contributions agencés par un seul éditeur, comme la plupart des ouvrages collectifs auxquels j’a participé jusqu’ici. Ce sont les liens internes entre les contributions et la façon dont ils ont été générés qui rendent cet ouvrage unique.

 

En effet, le collectif d’agilistes (plus moi^^) a sorti un livre pas comme les autres. Petit ovni dans la sphère de transformations d’organisation, cet ouvrage se révèle être un condensé d’innovation sociale, collaborative et managériale. En 260 pages, 18 co-auteurs partagent au total 25 histoires authentiques, élaborées à partir d’une odyssée  réelle : la métamorphose culturelle progressive d’une grande entreprise pour devenir agile.

 

 

J’ai été le témoin ébahi d’un véritable esprit collaboratif, autant dans la richesse des interactions que dans les mode de collaboration, l’implication, la disponibilité, la bienveillance, l’écoute, le dynamisme et la cohérence du projet: le livre a vu le jour en appliquant les principes qu’il défend, et ça, ça a de la gueule.

 

Et le tout dans un projet bénévole, au bénéfice d’associations d’aide à l’insertion professionnelle, mené par des gens qui ont tous des vies professionnelles ultra prenantes. Au final, un engagement et un esprit d’équipe digne des valeurs du rugby! Les agilistes seraient-ils les rugbymen de la vie professionnelle? Probablement.

 

 

Rupture Douce, le Making-of

 

J’ai donc proposé à Laurent Sarazzin de partager cette expérience, pour nous présenter le livre d’une part, mais aussi mieux montrer comment un collectif agile peut fonctionner dans la réalisation d’un projet. Pour rappel, Laurent est à la tête de l’ITEC Agile Center, de la Societe Generale CIB, et oeuvre tous azimuts pour la promotion et le développement de l’agilité.

 

 

 

Comment t’est venue l’idée du bluebook? Comment as-tu lancé le projet ?

 

A l’origine, le Bluebook est une commande. J’expose son contenu dans une conférence,  Sweet Rupture, dans divers forums agiles (ou pas), et en Grandes Ecoles (Mines/HEC).  Relativement dense et intense, les participants viennent régulièrement me voir à la fin en me demandant comment poursuivre l’expérience… « Auriez-vous écrit un livre par exemple ? »

 

 

L’étincelle

 

Mais voilà, nenni courage de partir dans l’aventure en solo. Dès janvier 2012, j’avais en tête l’idée d’une co-élaboration avec plusieurs agilistes … et j’ai attendu un déclencheur. C’est venu lors de l’événement Agile Day Tunisia, début  Juin 2012. Cet événement a été organisé en quelques jours, durant le mois d’avril, suite à une autre de mes conférences là-bas (que de conférences ;). Des membres de l’ATUGE, une association très influente dans le pays, sont venus me demander de les aider à booster l’agilité dans le pays sortant de révolution, en organisant quelque chose similaire à nos événements agiles en France (« ScrumDay », « Agile France »). J’ai proposé le défi à 5 agilistes français. En une semaine, nous avions le « oui » de tout le monde, et une belle  série de conférences réparties sur 4 salles en parallèles, dans la Cité des Sciences de Tunisie. Deux mois et demi pour mettre en place, from scratch, un tel événement !

 

L’événement fut grandiose pour tous : les tunisiens, les agilitateurs. La communauté agile française s’est interrogée … « Comment avez-vous fait pour organiser un tel ‘truc’ en si peu de temps, avec 1000 inscrits / 600 présents, des flyers, des brochures, un accueil très pro, etc … ?, C’est impensable en France !! »

 

Un cocktail qui rend le Redbull bien fade

 

Pour répondre à cette question du « Comment .. ? », la réponse semble aujourd’hui ‘simple’ : nous avons touché un point de motivation intrinsèque dans chacun de nous, et cela nous a uni, comme les membres d’une petite tribu. Nous sommes fans de Dan Pink, et son « Drive », qui fait l’apologie de la motivation intrinsèque, ou l’art de la motivation pour des résultats tangibles et emplis de bonheur. En 2 mots, c’est un cocktail à 3 ingrédients:

 

  • Autonomie (je sais ce que j’ai à faire, je suis déterminé)
  • Maîtrise (plaisir de se sentir progresser, en maîtrisant une discipline)
  • Sens (j’ai conscience de participer à quelque chose de plus grand que moi).

A côté de ce cocktail, le RedBull est fade ;)

 

« ouiiiiiiiiiiiiii !!! »

 

Empli d’énergie positive,  dans l’avion de retour de Tunis, je dévoile à mes compères l’idée du livre. Et là, j’obtiens immédiatement un « ouiiiiiii ! » collectif. Porté par mes ambitions, j’ouvre le projet à une vingtaine de personnes, référents ou émergents dans le domaine. L’idée est aussi de profiter de ce livre pour « incuber » des jeunes pousses, aux côtés de grands noms. Vers la fin juin, je profite d’un autre événement majeur, Agile France pour élargir notre tribu. Les « oui » s’enchaînent. Le projet est ficelé. Et pour le lancer sur orbite, Céline, une des co-auteurs organise un premier déjeuner au PERE FOUETTARD. Pas mal comme nom, pour un « kick-off » ;)

 

 

 

Pourquoi ce nom de code « BlueBook » ?

 

  • Bleu en référence aux horizons et l’infini : l’agilité n’est pas une fin en soi.
  • Bleu en clin d’oeil au sixième chapeau pensant d’Edouard de Bono (pensée latérale), le ciel, intégrateur et gardien du temple parmi toutes les perspectives possibles (émotions, négatifs, positifs, etc …).

 

 

Quel était ton objectif ? Tes motivations?

 

Partage inconditionnel (1/2)

 

Le premier objectif était bien sûr de répondre à cette demande issue de mes conférences. Rapidement cet objectif s’est transformé en envie de partager de façon inconditionnelle nos expériences relativement avancées sur les transformations agiles, tout en réunissant un collectif. Au démarrage, il est évident que nous n’avons pas mesuré l’ampleur de l’aventure humaine que nous vivons et partageons.

 

S’essayer au « crowdsourcing d’écriture » : le « Crowdwriting »

 

Pour réaliser ce projet, je suis parti de l’hypothèse que tout le monde est déjà très pris par ses activités, donc pour réussir, il fallait puiser dans des réserves existantes et les valoriser. Pratiquement chacun des co-auteurs dispose soit de blog, soit de conférences : des pépites à agréger, rapidement. Inspiré par les « Crowdsourcing », ou « Crowdfunding », j’ai lancé cette idée de « Crowdwriting », et donc faire appel à la foule (crowd) pour créer cet ouvrage. Mes hypothèses et le concept sont ainsi validés par l’existence du livre.

 

Un mini laboratoire, rien que pour nous

 

En structurant le projet, je souhaitais également utiliser ce cadre comme un mini-lab pour appliquer certains ingrédients exposés dans le livre, dans un contexte nouveau. Ainsi nous démontrons que nous appliquons réellement nos idées : du pur « concept to cash ». Par exemple, la notion de « triade » du  « Tribal Leadership » (Dave Logan) : il s’agit de connexions tripartites autour d’un leader pour diffuser et amplifier l’énergie collective, et aussi éviter l’usure du leader (le syndrome du cavalier solitaire). Pour cela, j’ai lancé un défi aux co-auteurs : chacune des histoires se doit d’être connectée à deux autres histoires.

 

Nous retrouvons également dans ce projet :

 

  • « Fearless Change » (Linda Rising) : rester courageux et continuer à avancer malgré certains tumultes.
  • « Drive » (Dan Pink) : chercher et conserver la motivation intrinsèque du groupe.
  • « Sociocratie » (Gilles Charest) : prendre des décisions par consentement (propositions et objections).
  • « Le bocal à con » (Sylvaine Pascual, tu connais ?) : pour travailler ses compétences relationnelles quand la collaboration et les relations s’enlisent
  • « Le Manager Agile » (Jean-Claude GROSJEAN) : piloter le cadre du projet.
  • « Start with Why » (Simon SINEK) mixé avec
  • « Tribal Leadership » (bis) : définir la stratégie pour notre tribu, autour de notre cause noble (WHY), le livrable final (WHAT), notre patrimoine pour y parvenir, notre état d’esprit ou philosophie pour y arriver (HOW).

Une ambition sociale

 

Je souhaitais que les revenus des ventes du livre servent à une action sociale, notamment dans le cadre de l’insertion professionnelle. L’ambition est de se dire que si « en plus, avec notre projet, nous pouvons aider des personnes dans leur emploi, c’est bingo ! ».

 

La tribu a été immédiatement séduite par l’idée, et comme il n’y a pas de hasard, Damien Thouvenin, un des co-auteurs est en relation avec l’AFIP, et le projet « Courte Echelle ». Damien a dans ses cartons l’extension de cette initiative au parrainage de collégiennes, sous l’étiquette « La courte échelle collège ».

 

Partage inconditionnel (2/2)

 

Un autre objectif est apparu : ce livre est truffé de nombreuses références, prélevées dans de multiples ouvrages. Nous offrons ainsi accès à toute cette matière, pour ceux qui ne peuvent/veulent pas lire autant.

 

 

Comment t’y es-tu pris faire vivre le projet?

« Je fais ce que je dis et ce que je pense, car c’est moi » – Principe de congruence

 

Un agiliste EST agile, donc nous nous sommes appliqués  à nous-même les valeurs, les principes de l’agilité, enrichis de certains autres ingrédients présentés dans le livre.

 

Comment produire un livre « agile » ? En suivant une démarche que nous appelons dans notre jargon  « itérative et incrémentale ». Chaque semaine (une « itération »), nous livrons une version utilisable / lisible du livre (un « incrément »). Nous appliquons cette dynamique de façon continue, avec un rythme durable, tout en améliorant à chaque fois la qualité du livrable et notre processus de collaboration (rétrospection).

 

Zéro procrastination : vive le ‘Time-Boxing’

 

La date finale est également fixée dès le départ, et pour marquer ce jalon, je l’ai adossé à un événement : Agile Grenoble, le 8 Novembre. J’ai même annoncé à notre groupe que je dévoilerai le livre lors de ma keynote, devant plus de 500 personnes. Là… pas moyen de procrastiner.

 

C’est également un principe fort en agilité, appelé le « Time-Boxing » : l’échéance est fixée et le périmètre est la seule variable d’ajustement pour tenir la date, la qualité, les moyens. L’intégration des textes est  effectuée tous les lundis, avec une version publiée en interne pour relecture. Nous avons débuté avec une liste d’une trentaine d’histoires, pour terminer à 25, à l’échéance.

 

Plaisir, bienveillance et respect dans le cadre

 

Quelques-uns ont jeté l’éponge, sans aucun jugement de la part du groupe. L’idée récurrente est que cela doit être un PLAISIR avant d’être une CONTRAINTE. D’autres, dans un souci d’engagement, ont maintenu leur présence, même avec de multiples activités ou événements à gérer, dont un bébé.

 

Il a également fallu rassurer et rappeler souvent notre congruence dans ce projet, à savoir rester agile jusqu’au bout des doigts. Par exemple, certains ont du mal à « lâcher » le premier jet de leur histoire, alors que l’agilité prône de délivrer rapidement pour générer du feedback, stimuler l’amélioration continue, et éviter les effets tunnels. L’agilité établit ainsi une boucle de communication robuste, construite sur des éléments tangibles. Je rappelle régulièrement que notre cercle est un cercle fondé sur la bienveillance où la confiance est forte. Une fois les premières pages livrées, la roue s’enclenche naturellement.

 

 

Le livre a été bouclé en 3 mois, un record, dans la mesure où il fallait en plus articuler les contributions de 18 rédacteurs, Comment expliques-tu cette performance?

 

J’ai déjà évoqué 4 éléments clés :

 

  • l’ambition du projet
  • la force de la motivation intrinsèque
  • les valeurs
  • l’engagement

Malgré les 4 éléments, il faut un moteur qui assure la fluidité de ce petit écosystème… Je pourrai utiliser une autre métaphore : la pompe à oxygène d’un aquarium. Vous voyez ?

 

Pour maintenir le rythme, j’ai continuellement fait des propositions, et relevé les objections potentielles. J’emprunte cette approche au mode de prise de décision par consentement, de la sociocratie. Une objection est signalée par un membre du groupe quand il ou elle estime la proposition comme ‘toxique’ pour lui/elle … et accompagne son objection de l’enrichissement  nécessaire pour que la proposition devienne acceptable. Si aucun enrichissement n’est possible, la proposition est rejetée.

 

 

Comment as-tu choisi les outils collaboratifs?

 

La sophistication dans la simplicité

 

J’ai démarré simplement avec les outils que je connaissais : un mini-site google de type wiki pour structurer le projet et faire un peu de communication, une dropbox pour l’espace de partage des fichiers, un google-group comme mailing-list.

 

Cela a été plus délicat pour le choix de la plate-forme d’édition. Nous avons débuté avec LeanPub pour sa faculté à intégrer différents textes, et permettre des précommandes. Leanpub se limitant aux versions électroniques (pdf, ebook), nous avions prévu lulu.com pour les versions papier car nous étions plusieurs à vouloir l’objet physique.

 

Leanpub s’est révélé rapidement inadapté pour le groupe : écrire en syntaxe Markdown est déroutant pour certains, et l’intégration d’images (nombreuses dans le livre) est archaïque.

 

J’ai mis en place une gestion des fichiers rudimentaire, et après quelques essais, nous avons profité d’un système très simple : Un répertoire pour déposer ses fichiers à intégrer > Un répertoire pour l’intégration (mon rôle) > Un répertoire pour reprendre ses fichiers après intégration.

 

 

Comment as-tu vécu cette expérience? Quelles leçons en retires-tu?

 

Cette expérience développe nos compétences relationnelles et émotionnelles, et nous fait prendre conscience de la force de la motivation intrinsèque. Nous nous sommes fait PLAISIR en créant un véritable petit « lab », où nous avons expérimenté et enrichis nos savoirs, tout en restant les pieds sur Terre, avec la production d’un ouvrage.

 

J’ai également appris qu’un cœur (au sens physique et émotionnel)  est primordial pour faire vivre le cadre, même avec des agilistes qui ont l’auto-organisation dans leur ADN. Sans compter, j’ai dépensé beaucoup d’énergie pour faire « avancer le bébé ». Une équipe reste un système dans lequel il faut une pompe pour activer les fluides entre ses éléments. Quelque part, cela m’a permis de vivre ce que nous recommande Jean-Claude Grosjean dans son histoire sur le « Manager Agile » : manager le cadre, sans cadrer les personnes.

 

Un autre enseignement est l’apaisement produit par l’écriture, à un moment clé de mon existence, en pleine période post burnout. Une fois l’épreuve de la page blanche dépassée, écrire devient un moment de recueil, de cristallisation, et de partage. Nous sommes plusieurs à y avoir pris goût.

 

 

Pour de raisons de santé, j’ai été peu disponible et peu active dans les échanges, pourtant j’ai toujours eu le sentiment d’avoir ma place dans le projet. Est-ce que ça signifie que l’agilité, c’est aussi le respect des temps et des rythmes de chacun ?

 

OUI !

L’agilité embarque une des valeurs fondamentales de la pensée lean « le respect des personnes ». Donc évidemment les agilistes s’attachent à créer des rythmes soutenables et durables car nos projets ne sont pas des sprints mais des marathons.

 

Dans un cas comme le tien, la première chose, c‘est créer une confiance qui permet de dire, d’exprimer un souci, une souffrance, une limite. Ensuite, le groupe accepte la situation et un ou des membres du groupe proposent naturellement de prendre le relais pour maintenir l’intégrité du projet. C’est le passage de relais qui permet de terminer la course, sans que la  personne qui a eu le courage d’annoncer ses limites se sente exclue de l’équipe.

 

 

 

Le bluebook 1 est né, quelle est la prochaine étape?

 

Les nénuphars des grenouilles agiles

 

Lors de notre première rencontre au Père Fouettard, nous nous sommes prénommés la tribu des « grenouilles agiles » en anticipant une traduction anglaise, tout en affirmant notre identité française : les « frogs » quand on est de l’autre côté de la Manche. En parallèle, en observant mon côté « j’aime avoir un horizon», Véronique Messager, coach et co-auteure dans le livre m’a suggéré une métaphore qui se synchronise parfaitement avec les grenouilles : je pose continuellement des nénuphars pour avancer.

 

Nous avons ainsi quelques nénuphars devant nous. La saison 01 à peine sortie, j’ai annoncé la Saison 02 au groupe, pour le 11 avril 2013, date d’un grand événement agile en France : le French Scrum Day. Les réactions ont été variées. « Waouh ! tu nous laisses pas souffler ! », ou « Waouh, génial, j’ai encore plein de choses à raconter ».

 

Triades fractales et « connected crowd-writing »

 

J’ai proposé un nouveau challenge pour la saison: élargir notre cercle avec des triades fractales. En fait le principe est à nouveau simple : dans la saison 01, nous avons constitué des liens entre nous via triades inter-histoires, à partir d’un cœur central. Cela constitue un premier cercle de relation entre co-auteurs. Dans la saison 02, les co-auteurs deviennent à leur tour des cœurs et développent de nouvelles connections par triades, en parrainant de nouveaux venus dans le livre. Si certains auteurs de la première saison ont pris goût à l’écriture, nous ajusterons les connections, ou bien nous reporterons éventuellement les textes dans une saison 03 qui pourrait sortir à l’occasion d’un autre grand événement agile français : Agile France, peu avant l’été.

 

Donc rendez-vous cet hiver pour la version anglaise, puis au printemps pour la Saison 02 !

 

Pour vous procurer le livre : Rupture douce, Laurent Sarrazin

 

 

La tribu Blue Book

 

les contributeurs de Rupture douce