L’humilité et la reconnaissance au service du collectif

humilité et reconnaissance pour favoriser la collaboration

 

 

Lors du match France-Canada, pendant la coupe du monde 2011,Thierry Lacroix, ancien international et commentateur de rugby, répond à un compliment : « Je n’aurais jamais marqué de points si on ne m’avait pas passé le ballon ». Jolie petite leçon de rugby à appliquer dans nos vies professionnelles pour favoriser la cohésion et la collaboration.

 

humilité et reconnaissance pour favoriser la collaboration

 

 

Lapalissade bienvenue!

Deux compétences relationnelles au service de l'entraide et de la coopérationUne telle remarque de la part d’un ancien joueur au palmarès aussi remarquable (ne serait-ce que ses 367 points en équipe de France) est un exemple des plus bienvenus pour travailler à la construction à la fois du bien-être dans l’entreprise, et de la performance professionnelle.

Derrière cette apparente tautologie, c’est une belle conscience du rôle du collectif dans la réussite qui se cache. Mais pas seulement. En exprimant cette responsabilité collective, c’est aussi toute la conscience que la performance passe par la reconnaissance claire de l’importance de chacun.

L’excès d’humilité a souvent des relents de dévalorisation. Mais ce n’est pas du tout ce qui se passe ici. Cette humilité qui consiste à reconnaître la part de responsabilité de chacun dans une réussite collective, au lieu de s’approprier la gloire d’être celui qui marque, au final, c’est une modestie qui est au bénéfice de la communauté.

Eviter de s’approprier la réussite, sous prétexte qu’on est celui ou celle qui a tenu le rôle le plus visible, et au contraire reconnaître que la participation de chacun a été essentielle est une sacrée compétence relationnelle, dont les bénéfices en termes d’esprit d’équipe, sont à la fois au profit de l’épanouissement de chacun que de la performance du groupe.

 

 

Compétence relationnelle au service de la collaboration

L’humilité, lorsqu’elle est une modestie équilibrée, est une compétence relationnelle qui favorise la coopération, car elle range range la tentation de l’égo au fond d’un tiroir, et lui préfère la reconnaissance, qui est le ciment de la communauté.

Ainsi une équipe ne peut réussir qu’avec tous ses membres, un chirurgien ne peut opérer sans assistants, un couturier ne peut fonctionner sans petites mains, une entreprise sans ses ouvriers ou son personnel administratif…  Et le reconnaître, c’est redonner à chacun sa part de responsabilité dans l’accomplissement, car visible ou non, chacun contribue à la réussite. En bref, c’est donner à chacun la possibilité de trouver du sens à ce qu’il fait.

Procéder ainsi offre de multiples bénéfices:

  • Renforcer les sentiments d’appartenance et de reconnaissance, indispensables autant au bien-être psychique de chacun qu’aux liens sociaux, les deux s’alimentant mutuellement.
  • Favoriser la confiance mutuelle et l’engagement: lorsque nous recevons une reconnaissance significative de notre contribution, nous avons tendance à moins craindre que cet autre cache potentiellement un rival, un rouleau-compresseur, un requin prêt à aiguiser ses dents longues sur nos côtelettes innocentes. Du coup, plus en confiance et en sécurité morale et affective, nous pouvons nous impliquer, nous engager avec plus de motivation et d’entrain.
  • Renforcer la cohésion, par ricochet, en nous exprimant ouvertement sur la contribution de chacun. La cohésion et la coopération, l’entraide et la solidarité, l’esprit d’équipe.

esprit d-equipe

 

Marque de courage

Cette modestie est aussi courageuse, car elle range range la tentation de l’égo, véritable frein à la collaboration, au fond d’un tiroir et nécessite de tester des alternatives un peu plus civilisées, certes, mais un peu effrayantes parce qu’inhabituelles. L’égo qui s’exprime au travers de l’individualisme et de la recherche à tout prix d’intérêt personnel est le recours le plus facile et le plus courant quand la peur de l’autre s’empare de nous.

Au fond, nous avons une tendance canine, à la fois ultra primitive et peu flatteuse : grogner pour mieux dominer, ou se soumettre pour mieux avoir la paix. Hérisson ou paillasson. Le roquet hargneux en chacun de nous, en somme, ou bien la serpillière, qui ne donne pas envie de venir lui prêter main forte.

Faut-il nécessairement les tripes d’un rugbyman pour n’avoir aucune crainte de partager ses lauriers avec ses coéquipiers ? Pas du tout, car en réalité, il ne s’agit pas de mental, mais plutôt de bon sens. Le partage de responsabilité, en générant la reconnaissance dont nous avons parlé ci-dessus, en renvoie aussi une bonne dose à celui qui en prend l’initiative.

Ainsi pour ceux qui s’imaginent que se mettre en valeur signifie tirer la couverture à eux à coups de moi-je moi-je (marque d’un besoin de reconnaissance), accepter de céder une part d’un gâteau qui ne leur appartenait déjà pas, mais qu’ils s’étaient rapidement approprié, c’est l’occasion de découvrir qu’accorder de la reconnaissance aux autres, c’est en recevoir en retour.

De même pour ceux qui sont en retrait, recevoir sa part de reconnaissance aide à diminuer la crainte que les roquets-qui-se-rêvent-en-requins ne viennent leur piquer leur pitance, ou celle de rester invisible, dans l’ombre.

Au final, la reconnaissance mutuelle au sein d’un groupe favorise l’engagement et la cohésion. Et c’est toute la performance qui y gagne, en même temps que l’ambiance de travail. Ni plus ni moins que du bon se qui semble manquer cruellement dans certaines entreprises…

 

 

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Crédit photo les dessous du sport

 

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6 Comments

  • Marie-Pierre Fleury dit :

    Merci pour cet article qui effectivement rappelle à chacun l’état d’esprit d’une collaboration à minima sereine, si ce n’est réussie. 

    Un article complémentaire à faire  : qu’est-ce que la reconnaissance ? (compétences relationnelles mais aussi contenus) 

    Bonne journée 

     

  • Valérie dit :

    La phrase de Th.Lacroix me rapelle une pharse de Roger Coudrec il y a bien des années. Un joueur auraut pu tenter d’aller à l’essai seul, il a fait une passe à un joueur mieux placé. Commentaire: “c’est tout le rugby ça, on ne fait pas une passe, on offre un essai !”

    • lecairn dit :

      J’adore cette phrase de Couderc et elle est d’autant plus pleine de sens au rugby que quand on va fixer le dernier défenseur on en est quitte pour prendre un bon “tampon de derrière les fagots” pendant que le copain s’envole vers l’essai, que souvent du coup on ne voit même pas 😉 !!!

  • Marie-Pierre Fleury dit :

    essai trasnformé alors super je vais aller le relire !! ce site est tellement riche ! 

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