Reconversion professionnelle: milieu de carrière et questionnements

La reconversion, une option possible pour la seconde partie de carrière

 

Il est bien loin le temps où l’image du jeune cadre dynamique était celle d’un quadra fringuant menant sa vie professionnelle tambour battant. Aujourd’hui, passé le seuil de la quarantaine, nombreux sont ceux qui attendent avec fatalisme l’étiquetage “senior”, avec toutes ses connotations mortifères. C’est souvent le début des doutes et des questionnements sur la direction à prendre pour la seconde partie de carrière, et où le désir de reconversion pointe le bout de son nez.

La reconversion, une option possible pour la seconde partie de carrière

 

Carrières sinueuses et crise du milieu de vie

Avec la fin des carrières linéaires, le milieu de vie professionnelle n’est plus ce moment prestigieux où l’on accède aux étages supérieurs de la hiérarchie. C’est au contraire la fin de la trentaine glorieuse et le début de l’incertitude. Combien de temps avant de devenir un senior inemployable? Combien de temps avant d’être considéré comme moins performant, moins créatif? Quelles solutions pour que la seconde partie de carrière ne ressemble pas à une pente savonneuse vers l’oubli aux relents de grandeur et décadence, la chronique d’une marginalisation professionnelle annoncée?

C’est l’heure des doutes, des questionnements et tout cela ne favorise pas une transition sereine vers une seconde partie de carrière réjouissante. Selon ce livre blanc intitulé Milieu de vie professionnelle, l’heure des questionnements, publié par l’Essec (voir ci-dessous), il s’agit alors de redonner du sens à sa vie professionnelle, et c’est un enjeu autant sociétal que managérial et individuel:

  • Eviter la démotivation programmée, à l’approche de l’âge de la bascule vers le très peu enviable statut de senior. Et entretenir le niveau d’engagement de chacun.
  • Eviter le fatalisme et le sentiment d’impuissance, en développant des moyens de rebondir. Et donner ainsi le sentiment d’une transition plutôt que d’une catastrophe.
  • Eviter le sentiment d’à quoi bon, renvoyé par les cohortes de la génération X abandonnées par des entreprises peu reconnaissantes aux jeunes générations un sentiment.

 

Enjeux de la seconde partie de carrière

Le senior d’aujourd’hui a potentiellement déjà derrière lui un parcours si sinueux qu’il donnerait le vertige à un Derviche tourneur:

  • Sur le plan professionnel: plusieurs entreprises, voire une ou plusieurs périodes de chômage, des changements de domaine professionnel et peut-être même un changement de métier.
  • Sur le plan social: la constuction d’un statut, d’une position, dont la remise en question n’est pas simple.
  • Sur le plan personnel: la construction d’un niveau de vie, d’éventuelles ruptures familiales, peut-être même une famille recomposée, avec des enfants encore jeunes et à charge plus longtemps.

Pour les femmes, l’enjeu de la seconde partie de carrière se teinte d’une autre couleur: il s’agit aussi, pour celles dont les carrières ont stagné pendant leurs maternités, d’accéder enfin à la reconnaissance professionnelle dont elles ont souvent moins bénéficié que les hommes, en termes de status, de responsabilités et de revenus.

Pour tous, après de longues années de spécialisation, l’envie pointe de développer d’autres compétences, d’aller davantage dans le sens de leurs aspirations, de leurs inclinations, de leur plaisir. Tout comme le désir d’éthique, en forte augmentation dans un monde professionnel de plus en plus déshumanisé et régi par les impératifs financiers, de donc d’une corrélation plus forte entre les valeurs individuelles et le quotidien professionnel.

 

Questionnements du milieu de vie

Parfaitement résumés par ce livre blanc, les questionnements du milieu de vie sont à la fois le reflet de notre temps et d’une remise en question individuelle:

“Pris entre deux époques, nous devons, avec une formation parfois incomplète, souvent datée, faire face à des impératifs que nous ne maîtrisons pas toujours. Nous dessinons au jour le jour le chemin sur lequel nous avançons. Aux inquiétudes générées par cette situation nouvelle, s’ajoute une remise en cause propre à la moitié de carrière : comment donner du sens à la seconde partie de sa vie professionnelle et se réaliser pleinement ? (…)

La suprématie actuelle du personnage social retentit probablement très fort au milieu de la vie. Après avoir acquis une position sociale, après s’être investi dans des rôles professionnels et familiaux, la question se pose alors de l’orientation à prendre pour les années, encore nombreuses, à venir. Dans ce moment de doute et d’interrogation, nous pouvons mesurer l’écart entre les deux parties qui coexistent en chacun de nous : notre personnalité extérieure et notre intimité profonde. L’un des enjeux du midi de la vie, et l’une des sources de crise, est justement de retrouver cet « être intérieur » que nous avons perdu de vue, en raison notamment, de l’hypervalorisation des signes extérieurs d’existence sociale.”

 

La place de la reconversion dans la seconde partie de carrière

Le désir de reconversion se manifeste particulièrement lors de ces questionnements de la crise du milieu de vie professionnelle. Changer de métier est effectivement une opportunité de répondre à ce désir de sens, d’éthique et d’épanouissement.

Et parce qu’elle a pour objectif de donner suffisamment de sens à notre vie professionnelle pour y entretenir plaisir et sentiment d’accomplissement de soi, il est indispensable qu’elle soit une affaire de tripes plutôt que trop raisonnée-raisonnable (alors source d’échec), afin qu’elle bénéficie d’une motivation sans faille, convaincante pour des recruteurs encore frileux et n’ayant pas pris toute la mesure des atouts de ceux qui ont changé de métier.

Pour tous ceux que les questionnements du milieu de vie poussent à penser reconversion, en changeant complètement de métier ou en se mettant à son compte, par exemple, il est grand temps de sortir cette idée de son tiroir plutôt que de la rejeter d’emblée en l’étiquetant trop longue, trop difficile, trop compliquée. Ou au contraire, de s’y jeter tête baissée sans l’avoir mesurée et évaluée. Elle nécessite en amont une phase de réflexion approfondie, car elle n’est pas une solution miracle à nos problèmes, en particulier lorsque les attentes dépassent l’envie et l’ambition. La réflexion peut avoir deux prolongements:

  • Déboucher sur un renoncement en connaissance de cause: la reconversion est une option parmi toutes les transitions de carrière envisageables pour une seconde partie de carrière, tout en n’étant pas la seule: parfois, des changements dans la façon d’exercer son métier sont suffisants pour y retrouver du plaisir.
  • Etre le préalable à une formidable aventure, source de nouveaux défis, d’apprentissages et de réalisation de soi. Elle peut mener à une seconde partie de carrière enthousiasmante, gardienne d’une image de soi préservée et enrichie, qui à défaut d’être nécessairement aussi lucrative (quoi que) est plus porteuse que les hauts et les bas du chômage.

Dans les deux cas, c’est bien cette exploration, qui permet de déterminer s’il est temps de changer de métier, d’identifier un projet professionnel et qui ne représente pas une prise de risque, qui permet de prendre des décisions sans regret et de cesser de naviguer à vue en attendant le couperet de l’inemployabilité décrétée ou la stagnation forcée.

Lire ici:

milieu de carriere questionnements

 

 

 

 

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