Reconversion professionnelle: déterminer s’il est temps de changer de métier

Déterminer s'il est temps de changer de métier

 

Se décider à se lancer est l’un des freins majeurs à la reconversion professionnelle. Pourtant, avant même de se lancer, peu d’entre nous s’autorisent simplement à y réfléchir sérieusement, parce qu’ils ne sont pas certains que ce soit vraiment une bonne idée. Voici donc le premier d’une série de billets pour déterminer s’il est temps de changer de métier.

Déterminer s'il est temps de changer de métier

 

Reconversion: quand le voyage est remis aux calendes grecques

Selon une enquête Ipsos/AFPA, 35% des salariés qui n’ont jamais changé d’orientation professionnelle pourraient envisager une reconversion. Et 82% des salariés songeraient à changer de métier en cas de licenciement (voir: Un nouveau regard sur la reconversion professionnelle). Ce dernier chiffre en particulier en dit long sur les envies d’ailleurs dans le monde du travail et pourtant, ils sont finalement peu nombreux ceux qui se présentent à l’embarquement.

Le long voyage de la reconversion professionnelle est souvent synonyme, dans nos têtes comme dans les vérités pseudo-universelles dont nous sommes abreuvés, de tempêtes et de naufrages, plus que d’îles paradisiaques et de découvertes. Du coup, nous sommes nombreux à laisser nos désirs de reconversion dormir dans un coin.

Pour réveiller l’Ulysse qui sommeille en nous, prêt à déployer sans sourciller les voiles de sa galère pour une Odyssée qui, si elle n’est pas sans embûches, est aussi un véritable voyage initiatique (à la rencontre de soi-même, de son propre potentiel, de sa capacité à faire vivre des projets réjouissants), autant commencer par distinguer s’il est vraiment temps de changer de métier.

 

Tous les désirs de reconversion ne mènent pas à des changements de métier

Environ 25% de mes clients finissent par opter pour une évolution de carrière ou des changements dans leur job actuel, de l’ordre du job crafting, plutôt qu’une reconversion, lorsqu’ils découvrent que leur désir de changer de métier correspondait en réalité à un ras-le-bol des conditions dans lequel ils l’exercent. Cela signifie aussi que les différents éléments à considérer comme des indicateurs sont des pistes de réflexion, car ils n’annoncent pas de façon définitive une nécessité de reconversion. C’est leur nature autant que leur multiplicité qui va valider le désir de changer de métier.

Les pistes qui ne mènent pas à un véritable désir de reconversion vont permettre de mettre en oeuvre des changements pour retrouver du plaisir au travail, de se rapprocher du job idéal et parfois au travers d’une transition de carrière. Entendre le malaise et agir en fonction des messages qu’il nous transmet est aussi un moyen d’éviter le burnout, malheureusement de plus en plus fréquent chez les salariés et entrepreneurs/professions libérales pris au piège dans les injonctions paradoxales. A titre d’exemple, voir

 

Les sentiments négatifs: un indicateur qu’il est temps de s’autoriser la réflexion

Inversement, prendre conscience qu’il s’agit d’un véritable désir de reconversion permet d’ouvrir sereinement les portes de la réflexion autour du projet, cette réflexion n’étant pas une prise de risque.

Je vous propose donc d’explorer, au cours d’une série de billets, les indicateurs qu’il est temps de réfléchir à sa vie professionnelle, même si ce temps d’introspection et d’observation ne débouche pas nécessairement sur un changement de vie et de métier. Et cela commence par les sentiments négatifs, premier marqueur d’insatisfaction professionnelle… et largement sous-estimé.Les indicateurs qu'il est temps de réfléchir à une reconversion professionnelle

De façon générale, les signes avant-coureurs des envies d’ailleurs professionnels sont multiples et tous génèrent des émotions et sentiments négatifs vis à vis du job actuel – agacement, colère, fatigue, découragement, angoisse, stress excessif, ras-le-bol, etc. Quelle que soit la situation professionnelle, ces sentiments sont le premier indicateur d’un malaise professionnel qui nécessite d’être pris en compte et exploré, de façon à en déterminer la nature et voir s’ils indiquent un changement de métier nécessaire, ou d’autres pistes comme le développement des compétences relationnelles ou organisationnelles, ou un simple changement de job.

Dans tous les cas, on constate malheureusement que la peur suscitée par “la crise” et tous les discours frileux (la reconversion est encore largement considérée comme “à risques) qu’elle génère nous pousse à remettre nos sentiments négatifs et nos désirs d’ailleurs professionnels dans notre poche avec notre mouchoir par-dessus, souvent à coup de rationalisations que nous transformons par erreur en croyances procrastinatrices de l’ordre de:

– C’est passager, ça ira mieux demain.
– Je ne peux pas me plaindre, il y en a qui n’ont pas de boulot.
– Un tien vaut mieux que deux tu-l’auras.
– Je n’ai pas le temps/ L’argent nécessaire, j’ai des responsabilités vis-à-vis de ma famille.
– C’est trop risqué.
– etc.

Mais à force d’ignorer ce désir, l’insatisfaction grandit et ça se termine parfois en burnout. Or, il est beaucoup plus compliqué de se lancer dans un projet de reconversion après un burnout, étant donné les conséquences émotionnelles et identitaires dramatiques, qui doivent d’abord être traités avec un psy, avant d’envisager de réfléchir à un projet professionnel. Voir:

en attendant le burn out

Alors évitons d’attendre sans le savoir un burnout et, pour plagier Héraclite analysant l’Odyssée, de nous condamner à une vie plus misérable que celle de bêtes de somme victimes de nos entreprises. Dès que nous ressentons des émotions négatives face à notre travail, qu’il s’agisse de la fonction, du métier ou de l’environnement dans lequel nous l’exerçons, il est indispensable de s’autoriser un espace d’exploration et de réflexion, de façon à prendre les mesures nécessaires pour retrouver plaisir et dynamisme dans sa vie professionnelle. Quelques pistes à creuser:

 

 

Crédit photo: “Tunisia-4727 – Ulysses” by Dennis Jarvis –  CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons

 

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Illustration: L’odyssée d’Ulysse, éditions Salvator

 

 

Aller plus loin

 

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