Guide de survie aux abrutis: sortir de la relation

Sortir de la relation peut etre indispensable pour regagner en bien etre en estime de soi

 

 

Si nous mettons (relativement) facilement un terme aux relations amoureuses devenues insatisfaisantes, nous avons beaucoup plus de mal à sortir de relations amicales ou professionnelles devenues pénibles ou toxiques. Nous les laissons pourrir et les effluves nauséabonds des non dits se répandent parfois dans toute notre vie, grands consommateurs d’énergie. Mieux vaut donc développer un peu de savoir faire en la matière. Hardi petit! Ce n’est pas si compliqué de se débarrasser d’un boulet!

 

Sortir de la relation peut etre indispensable pour regagner en bien etre en estime de soiDeux cas de figure

 

Il y a deux cas dans lesquels il est temps de mettre un terme à une relation personnelle ou professionnelle et il convient de distinguer les deux:

  • A ma gauche, les personnes profondément toxiques – les amanites phalloïdes, les manipulateurs de haut vol, les harceleurs.
  • A ma droite: celles avec qui la relation est tout simplement arrivée à son terme – les simples amanites tue-mouche, les petits braquets des relations pourries, devenus indigestes sans être vraiment toxiques.

Les secondes nous empoisonnent aussi consciencieusement que les premières, mais sans intention de le faire ou de nuire, ce qui constitue en soi une circonstance atténuante à prendre en compte. Dans le premier cas, sortir de la relation est indispensable, et dans le second, c’est une option parmi d’autres et vous avez tout à fait le droit de la choisir. Dans les deux cas, cette porte de sortie peut être un grand soulagement, voire une libération, et vous pouvez y gagner en bien-être et en estime de vous.

 

Lorsqu'on est en contact avec un harceleur ou un manipulateur, il est indispensable de sortir de la relationAmanites phalloïdes

Vous avez déniché une personne à tendance manipulatrice dans votre entourage, vous avez pris du recul, analysé ses comportements, testé les actions possibles face à la manipulation ordinaire et non pathologique, plutôt que de l’estampiller trop vite, et il n’y a rien à faire, votre abruti personnel est un as de la mise sous emprise, un harceleur à grande échelle, un manipulateur pervers.
S’il s’agit d’un collègue de travail, il peut s’agir de harcèlement moral. Adressez-vous au médecin du travail, à votre DRH et prenez conseil auprès d’un avocat spécialisé. Et n’hésitez pas à vous tourner vers un psy si vous vous sentez très affecté. Le harcèlement peut être extrêmement destructeur et ça n’est pas le métier du coach de vous accompagner dans votre reconstruction, c’est celui du psy.

Au bout d’un moment, laisser faire les comportements inacceptables nous rend complice de notre propre victimisation. Or, face aux manipulateurs de haute volée, aux personnes réellement toxiques, aux persécuteurs patentés, il est indispensable de se protéger, sous peine d’y laisser une estime de soi déjà mise à mal par cette relation. Et pour cela, quoi d’autre que l’issue de secours? Car cette personne n’aura aucun scrupule à rouleau-compresser votre intégrité. On ne répétera jamais assez combien il est illusoire de croire qu’on peut agir face à un manipulateur pervers.

 

Mettre un terme à une relation qui n'est plus satisfaisanteAmanites tue-mouches

Indigeste, certes, mais pas mortelle. Il s’agit simplement de cas dans lesquels la relation est naturellement arrivée à son terme. Que ce soit en raison de leur personnalité, de leurs idées, de leurs comportements, ou d’un conflit, ces gens-là, qui ont pris une place plus ou moins importantes dans notre vie personnelle ou professionnelle à un moment donné, nous n’avons plus vraiment envie de les voir.

Les jérémiades caliméresques d’un certain saule pleureur de votre entourage qui vous paraissent tout à coup insupportables, les leçons de vie péremptoires d’un partenaire professionnel, les coups bas par intérêt personnel, les petits jeux de pouvoir, la valse infinie du triangle de Karpman, il peut y avoir mille raisons qui ont pourri une relation, et nous avons le droit de décider qu’il n’y a rien à sauver.

Evidemment nous avons toujours la possibilité de tenter de résoudre le conflit, par exemple par la lecture émotionnelle, ou encore de les mettre dans notre laboratoire à cons pour travailler nos compétences relationnelles… bref, de procéder à un nettoyage de la relation ou d’en profiter pour explorer nos propres stratégies d’échec, et comment nous nous y sommes pris pour pourrir la relation. Mais parfois, nous pouvons aussi avoir tout simplement envie de mettre une croix dessus, d’en fermer le dossier et de passer à autre chose.

Curieusement, le plus souvent, nous ne leur disons pas. Nous cessons de les appeler, nous acceptons moins d’invitations, auxquelles nous nous rendons malgré nous, avec le sentiment que lorsque les liens se distendent naturellement, personne n’a le mauvais rôle.

 

Comment sortir de la relation

Dans les deux cas, sortir de la relation, si difficile que cela puisse paraître, sortir de la relation procure un sentiment de soulagement, une économie d’énergie notable et un renforcement de l’estime de soi. Les relations-boulets pèsent dans notre esprit et s’en débarrasser libère de la place pour des relations plus réjouissantes. Voici donc comment sortir de la relation:

 

1- En le disant

Tout simplement, sans justifications, circonvolutions ou enrobage linguistique qui pourraient donner des prises à des tentatives de culpabilisation. Prévenez la personne que vous ne souhaitez plus être en relation avec elle, sous forme d’information factuelle et concise. Une rupture clean, quoi!

Cette rupture officielle est importante, car si vous passez en mode silence radio, vous êtes toujours en contact, même virtuellement, puisque vous autorisez implicitement le contact. Donc n’oubliez pas de demander à la personne concernée de cesser de vous contacter.

 

2- En étant cohérent

Il est fréquent de croiser des personnes qui disent avoir “coupé les ponts” avec une personne, à savoir manifesté le fait de ne plus avoir de relation et qui pourtant lisent les textos, écoutent les messages, voire répondent quand la personne appelle et même acceptent de la rencontrer.

Quid alors de la détermination à ne plus rien avoir à voir avec le manipulateur ou l’abruti? Elle est nulle et non avenue, et celui-ci l’a bien compris, qui va tenter par tous les moyens de renouer tous les liens qu’il peut. C’est toute notre crédibilité qui est en jeu: à partir du moment où nos actions contredisent nos mots, il n’y a aucune raison de nous prendre au sérieux.
Ainsi le : “C’est pas de ma faute, c’est lui/elle qui m’appelle”: excuse classique qui permet à la Victime de se laisser manipuler encore un peu plus.

Changez de numéro de téléphone, changez d’adresse mail, faites ce que vous avez à faire. A partir du moment où vous êtes sorti de la relation, prenez les mesure nécessaire pour ne pas y re-rentrer illico presto. Et si vous avez vraiment du mal à couper les liens, alors il y a peut-être une question non résolue dans la relation, le miroir d’un besoin plus profond. L’aide d’un psy sera alors sans doute précieuse.

Dans tout les cas, faites-le avec élégance et fermeté. Inutile de vous étaler pendant trois heures/pages sur les manquements inadmissibles de la personne: elle ne changera pas pour autant et vous non plus, ça ne la rendra pas plus responsable de la relation pourrie et vous non plus. Et vous risquez d’avoir à supporter en retour ses indignations vertueuses, miroir des vôtres, et ça, ça n’est pas très utile puisque vous avez décidé qu’il n’y a pas de relation à sauver!

 

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Tous manipulés, tous manipulateurs!

Guide de survie aux abrutis (1) 

 

 

Aller plus loin

Vous avez ou avez eu affaire à un manipulateur pervers? Contactez un psy spécialisé.

Vous voulez construire des relations saines et sereines? Le coaching peut vous aider. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 

 

 

 

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12 Comments

  • PEBBLE dit :

    Tout ce que vous dites plus haut est extrêmement vrai, en plus d’être clair et net.
    Etant à la fois personnellement et professionnellement sous l’ emprise d’un même manipulateur, et consciente de cela depuis un certain temps, j’essaie aujourd’hui de couper définitivement les ponts. Pas facile de se sortir d’une telle emprise car il y a les bons côtés aussi de cette personne et surtout il arrive à me culpabiliser et à jeter tout le discrédit de cette relation malsaine sur moi. Il sait semer la confusion, le doute en moi. Son arme favorite est de me blesser profondément par des propos insultants ou rabaissants et par des ironies cuisantes.
    La lecture de votre site est une grand aide pour moi car j’ai l’impression d’être comprise, merci.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Avec un manipulateur de haut vol, les bons côtés de la relation sont souvent une illusion distillée savamment par le manipulateur pour nous maintenir sous son emprise… en nous faisant nous culpabiliser, douter etc. Je vous souhaite une sortie de relation qui vous ouvrira les portes de relations saines, nourrissantes et réjouissantes;))

  • Karine Smagghe dit :

    Bonjour
    SOrtir d’une relation avec un ex mari devenu manipulateur…avec 2 enfants en commun….ce n’est pas facile ? !
    il y a toujours ce lien qui lui permet d’exercer cet art de la manipulation.
    UN conseil ? Merci

    • Sylvaine Pascual dit :

      C’est en effet le seul cas où on ne peut pas rompre le lien… Je pense à trois éléments importants : rester émotionnellement neutre dans toutes vos interactions, suivre à la lettre et sans jamais s’en éloigner les modalités du jugement et vous faire aider par un psy si c’est trop difficile. Je vous souhaite une belle nouvelle vie Karine:)

  • nana dit :

    Bonjour ,

    je reconnais dans tout ce que vous avez décrit l’homme avec qui je suis depuis 4 ans enfin avec qui j’étais jusqu’à ce soir . Des disputes qui éclataient à tout va … j’ai 25 ans et l’impression d’avoir oublié une partie de moi en étant avec . Je n’étais plus moi même il me rabaissait sans cesse des que l’envie lui prenait . Je suis une fille indépendante avec des principes . Avec lui je n’étais plus moi même et aujourd’hui il m’a dit être immature et à cet instant je me suis dit mais il me critique vraiment trop et j’ai cette fois dit que je n’en pouvais plus . Il m’a répondu ne pas vouloir faire d’effort ça c’est fini en dispute et qu’il me quittait car il n’en pouvait plus des engueulades. A savoir que j’avais déjà essayé de le quitter mais en vain je suis toujours revenu. Mais cette fois c’est lui et je crois que c’est le moment que je pense à moi et à reprendre confiance en moi . Ça va être dur mais je suis certaine aujourd’hui de mériter mieux . L’amour c’est mettre l’autre sur un pied destale et non l’inverse … non ?

    Bien à vous

  • CED dit :

    Bonjour,

    J’ai quand même le sentiment que ce terme de pervers narcissique est aussi largement “sur-utilisé” par des personnes plutôt faibles moralement, qui, sous prétexte qu’elles ne tolèrent pas les différends dans leur couple, rejettent intégralement la faute sur l’autre en cas de conflit : “Tu es un manipulateur narcissique, tu fais des crises, donc je pars”.
    Je suis désolé mais je m’oppose largement à cette vision consommatrice des relations humaines où l’on cherche systématiquement des torts à l’autre, ce qui alimente naturellement les différends et où l’on quitte l’autre parce qu’on a une vision unilatérale : “si ça ne marche pas, c’est forcément de sa faute” !
    Non! Un peu d’engagement, un peu de courage, un peu d’envie de passer au-delà des conflits, un peu de lucidité sur ses propres erreurs, c’est parfois la meilleure des solutions!

    • Vous avez raison, j’ai d’ailleurs largement et à plusieurs reprises abordé le sujet de la sur-utilisation du terme et du fait que les relations difficiles sont bien plus souvent de l’ordre de la Persécution (au sens Karpman, donc non pathologique du terme) et donc remédiables, modifiables, améliorables, pour peu qu’on y mette un peu d’élégance relationnelle et d’huile de coude. Donc “Un peu d’engagement, un peu de courage, un peu d’envie de passer au-delà des conflits, un peu de lucidité sur ses propres erreurs”
      Il s’agit dans ce billet non pas de trouver tous les torts à l’autre, non pas d’estampiller tout quidam qui ne correspondrait pas à notre idéal relationnel de pervers narcissique, mais de savoir agir lorsqu’une relation finit pas arriver à son terme, quelle qu’en soit la raison. Ce sont deux réalités, deux cas différents, qui l’un comme l’autre s’avèrent somme toute très peu fréquents, et qui peuvent parfois co-exister sans sombrer dans une “vision consommatrice de la relation”:)

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