Procrastination: le changement de perception

 

 

Modifier la perception d’une tâche perçue comme fastidieuse est une solution très efficace que j’utilise en coaching pour développer la motivation et remédier à la procrastination en passant par le développement du plaisir, qui est à la source de la motivation intrinsèque.

 

changer la perception qu'on a d'une tâche pour moins procrastinerHypothèses et esprit trompé

 

Posons deux hypothèses:
1- Le bénéfice secondaire de la procrastination  est le soulagement: elle protège de tâches jugées ennuyeuses, désagréables, peu gratifiantes, bref, emmerdantes à souhait.
2- Si nous trouvons un intérêt, une motivation, une gratification etc; dans cette même tâche, alors nous avons davantage de chances de nous y mettre.

Je vous arrête tout de suite, loin de moi l’intention de vous servir une méthode Coué mâtinée pensée positive en réalité culpabilisante, écho des “si tu fais tes devoirs maintenant, tu seras débarrassé(e) ensuite” de notre enfance. Ce type de pseudo bénéfice bien-pensant, ferait doucement rigoler les médaillés d’or de la procrastination qui savent bien que, même s’ils se mettaient à se les répéter avec un acharnement optimiste, ils n’y croiront jamais.

L’idée est plus marrante que ça. Il s’agit de tromper notre esprit et de lui faire croire que cette tâche est fascinante, enthousiasmante, tellement über fun qu’on a envie de s’y plonger sans attendre.
Le principe est simple. Il consiste à associer cette activité symboliquement à des éléments de celles que nous aimons et faisons avec plaisir. Un peu comme lorsqu’on sourit, notre cerveau croit que nous sommes heureux. Autrement dit, il s’agit de transposer la motivation intrinsèque d’une tâche agréable dans une tâche perçue comme désagréable.

 

Trois exemples

Voici quelques exemples de solutions métaphoriques trouvées par mes clients (je rappelle que le coach ne propose pas de solutions toutes faites, ce sont les clients qui les trouvent). Elles ont simplement une valeur d’exemple, car les mécanismes déclencheurs du sentiment de plaisir sont ultra personnels.

  • Une élève en prépa HEC qui avait un mal de chien à apprendre ses cours d’AEH (analyse économique et historique) par manque d’intérêt, s’est mise à transformer chaque cours en fiche descriptive de film, avec les personnages, les images extraites du film, le script.
  • Un entrepreneur allergique à la compta qui s’est mis à la considérer avec une passion toute culinaire. Un des éléments qu’il aime dans la cuisine, c’est le fait de suivre une recette, avec des ingrédients (les chiffres) et une méthode précise.
  • Un cadre passionné de concours complet qui évitait le plus possible de s’occuper des conflits latents dans son équipe.  Ce qui lui plaît dans le cross, c’est la réflexion sur la façon d’aborder un obstacle. Il s’est mis à considérer les conflits entre ses collaborateurs comme l’abord d’autant d’obstacles sur le cross (voir photo). D’autant qu’il faut un peu de tripes pour se lancer sur un cross, et il y a trouvé le courage pour  résoudre les difficultés relationnelles.

Chaque fois que ces personnes sont confrontées aux tâches qu’elles percevaient comme rébarbatives, elles prennent le temps de les associer consciemment aux clés de leur motivation intrinsèque, de faire des comparaisons entre les deux, de réfléchir à la tâche déplaisante comme si c’était  l’activité agréable, ce qui constitue un premier pas réjouissant vers l’action concrète.

 

Auto coaching: mettre en place un changement de perception

Attention: Certains des exemples ci-dessus  ont nécessité l’utilisation d’outils de visualisation issus de la PNL qui peuvent difficilement être mis en place par soi-même. Rappelons que l’auto coaching a ses limites😉
Les solutions peuvent paraître tout à fait farfelues.  Aucune importance, l’essentiel étant qu’elles vous parlent, qu’elles parlent à vos tripes, et surtout qu’elles soient efficaces. C’est la personnalisation de l’outil puis sa mise en pratique et son expérimentation qui fait son efficacité.

  • Quelles sont les activités qui vous passionnent, que vous faites sans effort et avec beaucoup de plaisir?
  • Qu’est-ce qui vous motive naturellement dans ces activités?
  • Qu’aimez-vous, précisément, dans ces activités?
  • Repérez les éléments précis , à l’intérieur de ces activités, qui vous boostent, vous font vibrer, vous transportent, vous rendent inarrêtables?
  • Faites preuve d’inventivité: comment pouvez-vous vous y prendre pour mettre ces éléments dans l’activité que vous n’aimez pas?

Ne forcez pas le truc. Soit le fonctionnement est fluide, naturel, auquel cas il est immédiatement boostant et motivant, soit il est forcé, auquel cas autant laisser tomber, car dans ce cas l’outil complique l’accomplissement d’une tâche déjà pénible.

Quant aux petites et grandes corvées du quotidien, nous avions déjà vu comment mettre du fun dedans, et bien aujourd’hui je vous suggère la lecture jubilatoire de L’heureux passage, ou comment Olivier de Vaux propose de porter un regard dif-fer-ent sur… le repassage. Et surtout ne partez pas sans avoir lu les commentaires. Ils valent leur pesant d’amidon.

 

Voir aussi:

Faut-il vraiment se débarrasser de la procrastination

Procrastination et estime de soi
Les valeurs: l’énergie renouvelable de la motivation
Changement et bénéfice des comportements

Combien de temps pour changer un comportement?

Modifier un comportement: le mentor qui s’ignore

Coaching et changement: le naturel revient-il au galop?

Les dossiers d’Ithaque: Développer ses talents et ressources
Les dossiers d’Ithaque: Apprivoiser la procrastination

 

 

Crédit photo: horse daily

 

 

 

 


Aller plus loin

 

Vous voulez cesser de procrastiner et gagner en plaisir au travail ou pour entamer sereinement une transition professionnelle? Pensez au coaching. Pour tous renseignements,contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

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