L’aigle en chacun de nous

C'est quand l'aigle se tait qu'il trouve sa vraie nature et peut prendre son envol

Où je vous partage un pur moment de poésie, dans ce conte Tlingit (peuple d’Alaska) où l’on peut trouver une jolie façon d’aller à la rencontre de soi-même. L’aigle bavard comme une pie était sourd à lui-même, aux autres, à la cacophonie dont il était l’auteur.  Et puis un jour, il se tut… 

C'est quand l'aigle se tait qu'il trouve sa vraie nature et peut prendre son envol

Quand l’aigle bavard se tait…

Confession du jour: j’avoue avoir du mal avec les belles histoires métaphoriques. D’autant que la plupart du temps ce sont les mêmes, battues et rebattues, érigées en secret du Sens de la Vie, de la Réussite ou du Bonheur, le tout avec des majuscules, évidemment. Celles qu’on se transmet entre initiés et dont on écoute d’un air entendu la profonde sagesse. Je vous jure, le prochain qui me raconte l’histoire du pêcheur Mexicain, je lui explique en termes choisis que les enchiladas que je vais lui faire bouffer, ça ne ressemblera pas à un voyage tous frais payés à Acapulco!

Cependant celle-ci ne fait pas partie de la liste des historiettes édifiantes habituelles. Tirée de  Northern Exposure, vieille série poétique et décalée se déroulant en Alaska (et l’une des meilleures séries de l’histoire de la télé), elle m’inspire.

Dans l’épisode, Marylin Whirlwind, Indienne Tlingit, s’adresse à Mrs Fleishman, New-Yorkaise version pie bavarde intarissable, infatigable mais un brin fatigante, pour lui raconter la légende d’un tout autre oiseau.

(Et même si vous ne comprenez pas l’anglais, je vous encourage à écouter cet extrait et à vous laisser porter par les intonations étrangement monocordes de l’épatante Elaine Miles, conteuse traditionnelle – entre autres – avant d’être comédienne.)


 

Pour ceux qui ont du mal avec l’anglais, en voici une traduction:
 
“L’aigle ne fut pas toujours l’aigle.
L’aigle, avant de devenir l’aigle, était Yukatangee, le bavard.
Yukatangee parlait et parlait.
Il parlait tellement qu’il n’entendait que lui.
Il n’entendait ni la rivière, ni le vent, ni même le loup.
Le corbeau vint et lui dit: “le loup a faim. Si tu cesses de parler, tu l’entendras. Le vent aussi. Et quand tu entendras le vent, tu voleras.”
Alors il cessa de parler.
Et devint sa nature, l’aigle.
L’aigle prit son envol et son vol exprima tout ce qu’il avait à dire.”

Mini coaching: prendre son envol

Il est fort probable qu’à trop parler, qu’à être trop sollicités par le bruit et la fureur de nos vies trépidantes, nous n’écoutons pas tellement, ni ce(ux) qui nous entoure(nt), ni ce qui se passe en nous. Nous devenons sourds à nous-mêmes et aux autres, sourds à nos vrais besoins, empêchant ainsi notre aigle intérieur de laisser s’exprimer sa vraie nature, de prendre son envol. 

Et vous, quand allez-vous vous asseoir cinq minutes en silence pour écouter le vent?Et si vous écoutez le vent, que vous dit-il sur votre nature?
Et si vous laissez votre vraie nature s’exprimer, que dit-elle?
Sur vous, la personne que vous êtes?
Sur vos besoins?

Sur vos envies, vos aspirations, vos ambitions, vos objectifs?


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2 Comments

  • Majda dit :

    Il y’a bien des choses qu’on ne découvre qu’une fois seul avec nous-même, de celles que personne ne saura connaître a part nous, en un moment de silence !

    J’ai toujours priviliégié le silence, pour le rien qu’il me coute et le tant qu’il m’apporte !

    Exellent article.

  • Valérie dit :

    Il est devenu très difficile de laisser parler sa varie nature dans un monde consumériste qui nous indique nos choix (tu achèteras un Iphone, un paire de Nike, etc….).  Pour cela, un peu d’isolement par rapport à son quotidien me semle nécessaire. Qu’en penses-tu ?

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