Plaisir au travail: 3 solutions pour les cadres qui ont le blues

3 pistes pour remédier au blues des cadres

 

 

J’ai répondu aux questions de Gaëlle Picut pour le Monde sur le thème du blues des cadres, de plus en plus éprouvés par les conditions difficiles dans lesquelles ils doivent exercer non seulement leur métier, mais aussi leur fonction. Au delà du constat sinistre, voici trois pistes pour ceux qui veulent revenir aux commandes de leur vie professionnelle.

 

3 pistes pour remédier au blues des cadres

 

 

 

La dégradation des conditions de travail des cadres

Dans cet article en forme de sonnette d’alarme, Philippe Rodet, Philippe Zawieja, chercheur et auteur du livre Le Burnout (PUF), Denis Monneuse, auteur du livre Le silence des cadres (Vuibert) et moi-même nous accordons à dire que la situation des cadres et managers se dégrade à une vitesse inquiétante sans que les entreprises semblent s’en préoccuper outre mesure. Ce qui se traduit par une explosion des burnouts et une démotivation galopante. Sur la sellette, un management avide de performance et étonnamment négligeant de leurs besoins:

  • L’abandon à eux-mêmes: on leur demande de s’occuper du bien-être de leurs collaborateurs (ce pour quoi ils sont généralement peu formés) mais personne ne se préoccupe du leur.
  • Le marteau et l’enclume: ils doivent se montrer exigeants vis-à-vis de leurs collaborateurs, ce qui génère des tensions
  • La compensation financière et statutaire qui s’est réduite comme peau de chagrin
  • La perte de contrôle et de sens
  • Le manque de reconnaissance

 

malaise cadres solutions

 

 

 

Ne laissez pas votre entreprise vous zombifier!

Au delà du constat sinistre, quelles solutions pour les cadres à bout de souffle? Face au sentiment d’impuissance, nombre d’entre eux, nourris à la crainte de la “conjoncture” et à la frilosité face aux mobilités, préfèrent subir sans mot dire, au risque de finir exsangues. Pourtant, d’autres pistes s’offrent à ceux qui veulent revenir aux commandes de leur vie professionnelle.

Inversement, je le dis et je le répète: tant qu’il y aura des gens pour accepter des jobs pourris et des managements indignes, il y aura des entreprises pour leur en fournir. Aussi prendre en main une vie professionnelle délétère, à défaut d’être facile, est un acte fort et courageux, un acte de rébellion face à un management obsolète et mortifère. Voir:

 

 

3 pistes pour sortir du blues

Moi qui suis pourtant d’un naturel optimiste, je peine à imaginer que pour la majorité des entreprises, dans les quelques années à venir, l’engouement pour le bonheur au travail dépasse le stade du discours. Poult et Chronoflex feront sans doute des émules, l’agilité continuera à libérer des entreprises et des salariés, mais à un rythme certainement trop lent pour les cohortes de cadres et managers déjà au bord du gouffre.

Voici donc trois pistes pour reprendre leur vie professionnelle en main et prendre conscience de leur propre pouvoir d’agir, au bénéfice de leur estime d’eux-mêmes, de leur confiance en eux et de leur plaisir au travail:

 

1- Explorer toutes les sources de mal-être dès qu’elles apparaissent

Beaucoup trop de cadres et de managers finissent en burnout faute d’avoir perçu clairement les signes avant-coureurs de leur mal-être. Qu’ils soient bons petits soldats ou inquiets de leur mobilité, ils s’écoutent peu et espèrent que quelques jours de vacances leur donnera le recul dont ils ont besoin.

Le mal-être est pernicieux: il s’installe sans crier gare et se développe petit à petit, ce qui fait qu’on s’y habitue et que son accroissement passe presque inaperçu… jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Parce que leur entreprise ne s’en préoccupera pas, et parce qu’ils n’ont qu’une seule bonne santé, il est essentiel que les cadres et managers soient plus à l’écoute d’eux-mêmes et accordent de l’attention à tout sentiment de mal-être qui s’installe, de façon à en traiter les déclencheurs le plus tôt possible, quand ils ont encore suffisamment d’énergie pour le faire.

L’évaluation régulière  de sa propre satisfaction professionnelle, de ce qui va bien comme de ce qui ne va pas, c’est déjà la moitié du chemin parcouru. L’autre consistera à agir pour revenir dans un bien-être a minima acceptable, par exemple au travers du job crafting. Voir:

 

2- Se mettre au job crafting

S’employer à mettre son job à sa main, à s’en réapproprier les conditions, à exercer la marge de manœuvre dont chaque salarié dispose, même s’il n’en a pas immédiatement conscience, pour redéfinir son plaisir au travail et le construire. Cela peut passer par de nombreux aspects du quotidien professionnel et des relations:

  • Renforcer la posture relationnelle et des alternatives managériales pour mieux interagir avec les collègues/collaborateurs
  • Renforcer la confiance et l’assurance pour oser implémenter des changements salutaires comme:
  • Négocier une part de télétravail, une autre répartition des tâches, une formation, des horaires plus flexibles, etc.
  • Apprendre à refuser: des tâches, une promotion etc.
  • Retrouver du sens à un métier qu’on aime encore
  • Se (re)donner du temps et de l’espace pour sa vie personnelle, ses proches, ses loisirs.
  • etc.

Devenir l'artisan de son propre plaisir au travail, bon pour l'efficacité et l'estime de soi

 

En apparence de l’ordre du bricolage, en réalité orfèvrerie du quotidien professionnel, le job crafting permet, par l’exploration de sa propre marge de manœuvre sur sa vie professionnelle, d’y remettre une bonne part de satisfaction. Et s’il n’est pas suffisant, il est une excellent indicateur qu’il est temps de changer soit d’entreprise, soit de métier. Voir:

 

3- La reconversion et/ou la création d’entreprise

La reconversion professionnelle et/ou la création d’entreprise sont une réponse de plus en plus fréquente à la perte de sens, quelle que soit l’origine de celle-ci. De plus en plus les cadres et managers fatigués osent sortir leur désir de bifurcation professionnelle des tiroirs où ils les avaient soigneusement remisés pour l’explorer et c’est tant mieux, pour beaucoup de raisons

  • La possibilité de retrouver du sens et du plaisir au travail dans un métier que l’on exercera avec plaisir et motivation.
  • La possibilité de mieux concilier vie personnelle et vie privée, si c’est le choix du candidat au changement de métier.
  • L’occasion de redéfinir la réussite en fonction de soi plutôt qu’en fonction des canons de la carrière parfaite.
  • L’opportunité de se redéfinir professionnellement dans une version plus réjouissante de soi, plus conforme à ce que nous voulons être, à ce que nous voulons faire, à ce à quoi nous voulons contribuer.

5 tendance annonciatrices de reconversion professionnelle

 

Dans les deux cas, reconversion ou création d’entreprise, il est évident que l’avenir professionnel ne sera pas exempt de hauts et de bas, de relations pourries, de moments de stress et d’aléas. Cependant, exercer un métier que l’on aime et qui a du sens génère une relation à la pression assez différente, de l’ordre du challenge plutôt que de l’enjeu, pour peu qu’on ait assimilé suffisamment de techniques de job crafting pour éviter de retomber dans des travers déjà rencontrés et lui conserver un maximum de satisfaction.

 

 

 

Voir aussi

(Re)trouver du sens à nos métier

Ithaque, 1er influenceur sur la reconversion professionnelle

Chroniques du plaisir au travail: halte à la morosité!

10 trucs pour augmenter le plaisir au travail et moins procrastiner

 

Aller plus loin

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