Sondage: les freins à la reconversion professionnelle

reconversion: quels sont les freins

 

Vous êtes de plus en plus nombreux – et de tous âges – à songer à un changement de métier, de plus en plus nombreux à avoir compris que s’autoriser la réflexion ne signifie pas l’obligation de se lancer dans une reconversion, mais il semble que des freins persistent et je vous propose un mini-sondage pour explorer… les vôtres;)


reconversion: quels sont les freins

 

Freins à changer de métier

La reconversion attire de plus en plus et pas seulement des quarantenaires lassés qui en ont ras-la-coquille de l’absence de sens, de l’ennui, de la fatigue, du management imbécile et des relations pourries. Selon une étude de l’APEC, 14% des bac +5 diplômés en 2013 ont changé d’orientation professionnelle (pour les mêmes raisons que leurs aînés, soit dit en passant) dans les deux ans et comme je vous l’avais mentionné dans Reconversion professionnelle et génération Y, ma clientèle a considérablement rajeuni ces deux dernières années.

Il semble donc que les freins à changer de métier s’amenuisent, dans une certaine mesure. Cependant le nombre de personnes qui cherchent à se reconvertir après un burnout, tout en exprimant un désir déjà ancien d’ailleurs professionnel a explosé aussi, ce qui laisse à penser que beaucoup se refusent en amont le droit d’explorer leur désir de reconversion, et que des résistances de toutes sortes continuent de se manifester.

repérer les signes avant coureur de burnout

 

Des freins et/ou des paravents

Ces freins s’activent en amont de l’exploration du désir de reconversion, en général d’ailleurs ils l’entravent et la façon dont ils sont exprimés par les pas-encore-candidats, ceux qui sont titillés par la reconversion mais vont en remettre le désir dans leur poche avec leur mouchoir par-dessus, sont souvent les paravents des vraies difficultés. Ainsi selon diverses publications, la peur de l’inconnu, la complexité des démarches, le financement, la difficulté à choisir la bonne formation, la formation en elle-même, le manque d’information, le “bon moment” etc. seraient les freins principaux au désir de reconversion. Ces raisons ressemblent à des bonnes excuses qui justifient la mise sur la glace (comme on dit chez les Québécois;) du projet, tout simplement parce qu’on craint de sortir réellement l’idée de son tiroir, de se redéfinir sur les plans identitaires, social et professionnel et de se retrouver face à un bouleversement un peu plus grand que nos frêles épaules. Ces craintes de bousculer un ordre établi qui ronronne tranquillement à défaut d’être réjouissant sont le plus souvent le frein de ceux qui ont déjà une idée précise du métier vers lequel ils veulent aller et n’arrivent pas à se lancer.

Les cadres comme les jeunes diplômés qui viennent réfléchir avec moi à leur projet de bifurcation professionnelle expriment aussi un autre frein plus épineux, celui de l’identification d’un métier. Non pas par manque d’information (celle-ci fourmille sur Internet) mais par difficulté à imaginer ce qui pourrait répondre à leurs aspirations et leur garantir un sens profond, un plaisir durable. Elle peut être exprimée de plusieurs manières: la crainte de se tromper ou l’absence d’idée. La partie opérationnelle du projet (information, formation, démarches) étant perçue – à juste titre, mais c’est un autre sujet – comme la plus facile, à défaut d’être la plus intéressante. On trouve ensuite la décision de se lancer, qui nécessite d’aller au delà de l’identification d’un projet et d’avoir établi sa pertinence et sa faisabilité.

Comment évaluer la pertinence et la faisabilité d'un projet

 

Mini sondage pour comprendre les freins

A l’évidence, pour répondre au mieux aux préoccupations des candidats à la reconversion, mieux vaut connaître lesdites préoccupations, aussi je vous soumets à nouveau ce sondage pour évaluer les dimensions d’un projet de reconversion qui peuvent représenter une entrave majeure. Je cherche à savoir si les freins à la reconversion évoluent et si ceux le plus souvent donnés par mes clients sont représentatifs des freins habituels à changer de métier, de façon à orienter ma réflexion sur les façons de travailler à les lever.

Je vous suis très reconnaissante de prendre une minute pour y participer!

Publicité

18 Comments

  • Patrick dit :

    Ce qui me rarit le plus difficile n’est pas dans les réponses proposées, c’est le temps que ça prend.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Merci pour cet ajout précieux!
      Dans mes catégorisations personnelles, je l’avais mis dans les obstacles plutôt que les freins, et c’est du coup toute ma définition des freins et des obstacles qui est remise en question 😀

  • Patrick dit :

    Arf, coquille: ce qui me parait

  • A mes yeux le plus difficile est donc bien sûr de concilier travail / études reprises (on pourrait rajouter vie personnelle), car outre les possibilités de dificultés suite aux horaires, il faut une détermination sans faille. Certains ne sont gouvernés que par l’ambition, mais je pense que la clé de la réussite est d’avoir un projet bien déterminé qui nous tienne réellement à coeur. La passion est un puissant moteur pour donner toute l’énergie et la certitude de réussir dans cette entreprise délicate, mais combien enrichissante et valorisante si réussie

    • Sylvaine Pascual dit :

      Entre organisation, détermination et endurance, la conciliation emploi à plein temps / études est comme vous le soulignez, un aspect particulièrement difficile de la reconversion. Pourtant, parce que la plupart des accompagnements focalisent sur la dimension opérationnelle du projet et négligent l’être humain qui le porte, c’est l’un des plus négligés.
      Il est indispensable de réfléchir au cadre de cette formation en amont, de façon à mettre en place une organisation qui fonctionne et des moyens d’entretenir la motivation avant que l’excès de fatigue arrive!

  • Pour ma part ma plus grande difficulté était de paraitre crédible. Vouloir changer de domaine (se reconvertir) dans la même société ne nous permet pas de bénéficier de l’effet d’inconnu auprès de son nouveau patron, pour pouvoir s’adapter et parer toutes les difficultés qui se dressent devant soi. La réponse qui s’approcherait plus parmi les propositions qui sont à notre disposition est surement le manque de soutien de tous part, ” tu as fait le choix de changer, tu assumes ton choix “.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Comme pour Eric l, le travail sur l’assurance et la confiance en soi permet de pallier les idées reçues par une attitude convaincue et convaincante^^

  • Eric l dit :

    En ce qui me concerne, le plus difficile est de transformer cette réorientation en emploi. Les employeurs potentiels rencontrés qualifient ma démarche de courageuse et mon expérience d’intéressante, mais ne sont pas prêts à “prendre le risque” d’investir dans mon profil qualifié d’atypique. C’est hélas le phénomène de “clonage”, les recruteurs se tournent davantage vers des profils qui leur ressemblent.

    • Sylvaine Pascual dit :

      En effet, il est parfois difficile de convaincre les recruteurs après une reconversion. D’où l’importance de passer, dès le début de la reconversion, par un double travail de réconciliation à son parcours (sens et cohérence) et de renforcement de l’assurance, pour générer une véritable force de conviction qui fait oublier la pseudo “prise de risque” éprouvée par le recruteur;)

    • Bill dit :

      En effet, je suis d’accord avec Eric, et je pense que c’est l’une des principales difficultés à mener à bien une réorientation. D’autant plus qu’il y a certains secteurs comme l’assurance, qui sont très fermés à des profils atypiques. Matheux de base ayant 1 année d’expérience dans l’informatique, toutes les portes m’ont été close, et même sur des postes en alternance pour vous dire. Pourtant dans des salons de recrutement, mon CV paraissait très intéressant… ingratitude ou fermeture d’esprit?? Je ne saurais vous répondre.

      • Sylvaine Pascual dit :

        La fermeture d’esprit est un facteur que lequel nous n’avons qu’un seul levier: celui de l’assurance et de la force de conviction. Les idées reçues ont la peau dure, malheureusement, et le seul moyen de les ramollir chez le recruteur, et ce dans une certaine mesure, c’est le travail sur soi: le développement d’une posture forte. Ca n’est évidemment pas une recette miracle qui marche à tous les coups, c’est simplement un moyen d’augmenter ses chances de trouver un poste après une reconversion;)

  • Laetitia dit :

    Le plus difficile à envisager est le changement de niveau de vie…prison dorée avec un excellent salaire dans un milieu qu’on ne supporte plus, l’équation est délicate. Non qu’on envisage l’échec, juste un regard réaliste sur l’économie et le marché du travail.

    • Sylvaine Pascual dit :

      Bonjour Laetitia (et ravie de te croiser par ici!)
      Et tout l’art de la reconversion réside justement dans la façon de lever ce frein-là: les croyance sur ce qui constitue un regard réaliste sur le marché du travail.
      Car des débouchés nombreux ne garantissent pas la réussite d’un projet dans lequel on ne se lance pas avec ses tripes, et inversement, des débouchés… bouchés ne signifient pas l’infaisabilité d’un projet cohérent et pertinent.
      Étonnamment ou pas, ce frein disparaît souvent de lui-même lorsque les clients identifient une voie de reconversion réellement cohérente et pertinente. Ils focalisent alors sur “comment je m’y prends pour faire vivre mon projet” plutôt que sur “mon projet est-il réaliste” question souvent soumise à beaucoup d’idées reçues;)

  • Charly dit :

    Sylvaine,
    Je suis en pleine reconversion et pour moi, le plus dur, c’est de garder l’optimisme et la confiance dans mon projet… Il faut dire que le pessimisme et la morosité ambiante n’encouragent pas à prendre des risques !
    La seule solution que j’ai trouvé, c’est du coup la diète d’information 🙂

    • Sylvaine Pascual dit :

      C’est une solution en effet!Car la prise de risque est une notion très individuelle, et les jugements des autres sur ce que nous faisons renvoient surtout leurs craintes à eux, donc leur réalité à eux, et pas la nôtre;)

  • klia dit :

    pour moi c’est plutôt la raison…
    car changer pour se retrouver au RSA NON MERCI
    ayant connu la galère
    j’ai un CDI (certes pas parfait)
    mais étant seule à m’assumer (mon ami n’habite pas avec moi), il faut aussi se rendre à l’évidence….

  • Aurélie dit :

    Bonjour,

    Comme tu le dis, le burn-out est souvent à l’origine d’un désir de reconversion professionnelle car il bouscule le sens des priorités d’une personne et l’incite davantage à trouver du sens à sa vie et ses actions.

    Bonne journée

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *