Reconversion professionnelle: les 3 super pouvoirs de ceux qui n’ont pas de passion

Ceux qui ont des intérêts multiples et pas de passion ont du mal à identifier une voie de reconversion

 

Selon de nombreuses publications, changer de métier passe par une première étape cruciale : trouver sa passion, sa vocation, le métier pour lequel on est fait. Vous le savez déjà, je ne suis pas du tout adepte de cette vision limitatrice version conte de fées décérébré. Et voici pourquoi, résumé dans cette vidéo : certains n’ont pas de vocation et tant mieux, ils ont des super pouvoirs à la place !

Ceux qui ont des intérêts multiples et pas de passion ont du mal à identifier une voie de reconversion

 

Multi-potentialistes, reconversion et absence de vocation

Dans les premiers contacts avec mes clients potentiels, il arrive souvent que certains me disent qu’ils ont un problème, ils n’ont pas de passion/vocation. Et ils sont convaincus que la passion est le Graal de la reconversion et que sans elle, point de salut professionnel. Parmi eux, ils sont très nombreux à avoir le sentiment de s’intéresser à énormément de choses, mais à rien de précis suffisamment pour en faire un métier ou encore sans maintenir l’intérêt suffisamment longtemps pour imaginer en faire un métier. Pour eux, l’épineuse question de l’identification d’une voie professionnelle dans laquelle se régaler paraît un peu compliquée et l’obligation de “trouver sa voie” frustrante et angoissante à la fois.

Dans cette vidéo, Emilie Wapnick a un message rassurant pour tous ceux qui ont des sueurs froides face aux injonctions de « trouver sa voie » : ils sont peut-être ce qu’elle appelle des multi-potentialistes auquel cas ils n’ont peut-être pas de passion unique et dévorante mais ils ont à la place trois super pouvoirs qui devraient leur permettre de trouver une voie, voire même plusieurs^^

Elle définit les multi-potentialistes comme ces personnes qui s’intéressent à beaucoup de choses, qui sont capables de consacrer du temps et de l’énergie dans un domaine, pour l’abandonner ensuite, une fois qu’ils en ont fait le tour, par ennui ou pas envie d’aller expérimenter autre chose. Souvent estampillés « velléitaires », ces personnes peuvent souffrir de devoir se soumettre à l’idée de « se canaliser » dans un seul domaine, trop restrictif et limités pour les débordements de leur turbine à réflexion. Ca a été le cas d’Emilie qui explique:

“En général, j’essayais quand même de persister, parce que j’avais déjà consacré tant de temps et d’énergie, et parfois d’argent, dans ce domaine. Mais finalement, ce sentiment d’ennui, ce sentiment de : « Oui, j’ai compris ce n’est plus si difficile maintenant » devenait trop important. Et je devais laisser tomber. Mais après, je m’intéressais à quelque chose d’autre, quelque chose sans aucun rapport, et j’y plongeais,j’y mettais toute mon énergie, je pensais : « Oui ! J’ai trouvé mon truc. » et après j’atteignais une nouvelle fois ce point où je commençais à m’ennuyer. Et finalement, je laissais tomber. Mais après je découvrais un truc nouveau et totalement différent, et j’y plongeais.

Ce schéma m’a causé beaucoup d’anxiété, pour deux raisons. La première étant que je n’étais pas sûre de comment j’allais transformer tout cela en carrière. Je pensais devoir au final ne choisir qu’une seule chose, renoncer à mes autres passions, et juste me résigner à m’ennuyer. Et l’autre raison de ma très forte anxiété est un peu plus personnelle. J’avais peur qu’il y ait un problème avec cela, et un problème avec moi, puisque je ne pouvais rester fidèle à un sujet. Je m’inquiétais d’avoir peur de m’engager, ou d’être dispersée, ou de me saboter moi-même, effrayée par ma propre réussite.”

 

Expérimentation, conciliation, intersection

C’est aussi le cas de mon client Jean-Renaud, 29 ans, ingénieur mort d’ennui dans une fonction trop étriquée pour lui et qui, suite à une rupture conventionnelle, a décidé de se libérer de toutes les contraintes qu’il s’était jusque-là imposées et expérimente à tout va des domaines qu’il avait laissé de côté, parce qu’il se jugeait lui-même infantile d’être incapable de se canaliser. C’est aussi le cas de Marie, 47 ans, qui tire enfin un trait sur une carrière linéaire et brillante, qui l’a amenée à la direction financière d’une très grosse boîte et qui s’intéresse à tellement de chose qu’elle a l’impression d’avoir vécu et travaillé entre parenthèses.

Selon Emilie, cela nous vient de l’enfance et de ces questions en apparence anodines : « qu’est-ce que tu veux faire plus tard/quand tu seras grand » qui, assez rapidement, ne souffrent plus l’indécision, puisqu’on « ne peut pas être luthier et psychologue à la fois ». Et on ne donne jamais aux enfants d’exemples de personnes qui concilient plusieurs métiers, comme Bob Childs, luthier ET psychothérapeute, ou Amy Ng, une éditrice de magazine devenue illustratrice, entrepreneuse, professeure et directrice de la création. On explique seulement aux enfants qu’ils vont devoir choisir. Et ainsi on les bride.

Les personnes à talents et intérêts multiples bridées par l'obligation d'un choix de métier

Ce comportement ouvert, curieux et insatiable n’a rien à voir avec un déficit d’attention ou une quelconque hyperactivité. Il n’a rien de pathologique, c’est un mode de fonctionnement. C’est un peu le même portrait que celui dressé par Barbara Sher sous le vilain nom de “scanneurs”. Mais attention à ne pas croire, à l’instar de Barbara Sher, que ces éternels curieux sont incapables de devenir experts de quoi que ce soit.

Vous êtes simplement des personnes qui fourmillent d’idées et d’intérêts et qui ne peuvent se contenter d’une seule. Cependant, vous n’êtes condamnés ni à la superficialité, ni au survol ou au butinage: dès lors que vous arrivez à trouver dans un sujet un moyen d’expression à votre multi-potentialité, c’est à dire qui conjugue suffisamment de vos intérêts et se situe à l’intersection de vos super-pouvoirs, vous êtes en mesure de devenir aussi experts d’un domaine, tout comme Emilie Wapnick conjugue ses centres d’intérêts dans son métier de coach. Ou Leonard de Vinci, expert de beaucoup de choses!

A tous ceux qui se reconnaîtraient dans cette description, attention aussi aux discours excessifs  et complaisants sur la différence qui voudraient faire de vous, face au pauvre commun des mortels au crétinisme avéré et à fonctionnement binaire, des hurluberlus incompris qui ne peuvent évoluer qu’entre eux. Ne vous laissez pas entraîner sur les chemins incertains des discriminés en voie de calimérisation: vous fonctionnez de cette manière-là, ça n’empêche pas d’être des êtres humains parfaitement capables d’évoluer dans la société et d’interagir avec toutes les catégories de bipèdes.

 

Les 3 super pouvoirs de multi-potentialistes pour identifier une voie de reconversion

Et pour certains, un choix unique est impossible : trop limité, trop pétri de renoncements et de sacrifices pour pouvoir paraître ne serait-ce qu’un poil réjouissant. Ils peuvent alors avoir:

“le sentiment de ne pas avoir de but, ou qu’il y quelque chose qui cloche chez vous. Il n’y a rien qui cloche. Ce que vous êtes, c’est un multi-potentialiste.”

Et la bonne nouvelle, c’est qu’à défaut de trouver une voie unique et délimitée de carrière ou de changement de métier, vous avez trois super pouvoirs à conjuguer pour inventer votre job idéal

Les multipotentialistes ont 3 super pouvoirs pour identifier une voie de reconversion

 

1- Synthèse des idées et capacité à inventer de nouveaux métiers

Le premier super pouvoir des multi-potentialistes, c’est leur aptitude à créer du nouveau à l’intersection de plusieurs éléments, ce qu’Emilie appelle  la synthèse des idées:

“Combiner deux ou trois domaines et créer quelque chose de nouveau à l’intersection. Sha Hwang et Rachel Binx ont puisé dans leurs intérêts communs en cartographie, visualisation de données, voyage, mathématiques et design, quand ils ont fondé Meshu.Meshu, une compagnie qui créé des bijoux sur mesure géographiquement inspirés. Sha et Rachel ont eu cette idée géniale pas malgré, mais grâce à leur mélange éclectique de compétences et d’expériences. L’innovation se passe aux intersections. C’est de là que viennent les idées novatrices. Et les multi-potentialistes, avec toutes leurs expériences, sont capables d’accéder à beaucoup de ces points d’intersection.”

Ils sont ainsi en mesure de créer de nouveaux métiers – l’époque s’y prête, double bonne nouvelle – ou de réinventer des métiers existant en y mettant suffisamment de job crafting pour qu’ils répondent au bouillonnement de leur intelligence, de leur créativité, de leurs intérêts, de leurs talents naturels. Ils peuvent de cette manière y ajouter assez de facettes

 

2- Apprentissage rapide

“Le deuxième super-pouvoir des multi-potentialistes est l’apprentissage rapide. Quand on est multi-potentialiste et qu’on s’intéresse à quelque chose, on y va à fond. On observe tout ce que l’on a sous la main. On est aussi habitué à être débutant, parce qu’on a déjà été un débutant tellement de fois, ce qui veut dire qu’on a moins peur d’essayer de nouvelles choses et de sortir de notre zone de confort. De plus, beaucoup de compétences sont transférables entre disciplines, et on amène tout ce qu’on a appris à chaque nouveau domaine que l’on poursuit, et on commence donc rarement de rien.”

 

3- Adaptabilité et multi-casquettes

“Le troisième super-pouvoir des multi-potentialistes, c’est l’adaptabilité ; c’est la capacité de se transformer en ce que vous avez besoin d’être dans une situation donnée. Abe Cajudo est parfois un directeur vidéo, parfois un designeur web, parfois un consultant Kickstarter, parfois un professeur, et parfois, apparemment, James Bond.

Il a de la valeur parce qu’il fait du bon boulot. Il a encore plus de valeur parce qu’il peut endosser différents rôles, en fonction des besoins de ses clients. Le magazine Fast Company a identifié l’adaptabilité comme la compétence la plus importante si l’on veut réussir au 21ème siècle. Le monde économique change si rapidement et imprévisiblement que c’est les individus et les organismes qui peuvent pivoter pour remplir les besoins du marché qui vont prospérer.”

Cette adaptabilité peut se traduire par l’exercice de plusieurs métiers ou fonctions en même temps, tendance mal connue appelée slashing, encore un vilain barbarisme venu du / “slash”: “ils sont couturier “slash” serveur, régisseur / caviste / ébéniste / prof de guitare…” explique cet article.  Attention cependant, comme toutes les tendances, celle-ci n’échappe pas aux excès.

Multiplier les activités professionnelles en même temps reste relativement anecdotique. En revanche on voit pointer une tendance intéressante chez les multi-potentialistes : la double carrière, dans laquelle ils exercent deux métiers en même temps, souvent un plus rémunérateur et plus proche de leur compétences d’origine et l’autre plus proche d’activités artistiques ou intellectuelles dans lesquelles ils peuvent exprimer l’immensité de leur créativité. Nous en reparlerons.

 

L’acceptation de l’absence de vocation

Pour ceux dont l’esprit fourmille d’idées et d’intérêt variés, mieux vaut accepter cette multi-potentialité et s’appuyer dessus que de se contraindre et se restreindre:

“Synthétiser les idées, apprendre rapidement et être adaptable, sont trois compétences qu’ont les multi-potentialistes, et qu’ils risquent de perdre s’ils se forcent à réduire leurs intérêts. En tant que société, nous avons un intérêt précis à encourager un multi-potentialiste à être lui-même. On a beaucoup de problèmes complexes, multidimensionnels dans le monde, et nous avons besoin de penseurs créatifs, qui pensent autrement pour s’y attaquer.

Mais nous devrions tous concevoir nos vies et carrières en adéquation avec la façon dont on fonctionne.Et tristement, les multi-potentialistes sont largement encouragés à devenir simplement plus comme leurs collègues spécialistes.

Alors, ceci étant dit, s’il y a une chose que vous devez retenir de ce discours, j’espère que c’est cela : acceptez votre câblage interne, quel qu’il soit. Si, dans votre cœur, vous êtes un spécialiste, alors spécialisez-vous. C’est là que vous travaillerez le mieux. Mais pour les multi-potentialistes, je vous dis : acceptez vos nombreuses passions. Suivez votre curiosité vers l’intérieur du terrier du lapin.Explorez vos intersections. Acceptez que votre câblage interne vous mène à une vie plus heureuse, plus authentique. Et peut-être encore plus important : multi-potentialistes, le monde a besoin de nous.”

 

Et voilà, quel que soit leur âge, quelle que soit leur situation professionnelle, toute une frange des candidats à un changement de métier qui ne sont plus condamnés à errer dans ce qui pour eux ressemble aux limbes des métiers réduits, restreints, limités et qui peuvent au contraire inventer comment y conjuguer leur singularité ou comment les conjuguer pour qu’ils deviennent compatibles avec cette unicité.

5 tendance annonciatrices de reconversion professionnelle

 

 

Crédit photo
Pezibear
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Ramdlon

 

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Aller plus loin

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15 Comments

  • Laure dit :

    Merci pour ce très bon article Sylvaine, il me parle vraiment beaucoup !
    C’est bien vrai que la possibilité d’avoir plusieurs métiers et/ou occupations n’est pas beaucoup mis en avant dans notre société. Et la construction de sa propre mosaïque prend du temps mais en vaut vraiment la peine 🙂

    • Bonjour Laure,
      Je ne suis pas surprise que tu te reconnaisses dans cet article, je crois que tu est très très représentative de ces multipotentialistes! On parle d’autant moins de cette possibilité qu’avoir un seul métier est déjà considéré comme compliqué et que la définition de la réussite reste étriquée. Mais ce sont justement les gens comme toi qui peuvent être les exemples de ces possibles à élargir, à combiner et à inventer;)

      • Laure dit :

        Merci Sylvaine, ton message et ton article ont fait leur chemin.
        J’ai ciblé mon projet d’accompagnement vers les multipotentialistes, je suis en effet assez bien placée pour en parler 🙂
        D’ailleurs tout naturellement mes premiers clients étaient des multipotentialistes avant même que j’ai mis un terme dessus !

  • Benjamin dit :

    Bonjour,

    Je me reconnais totalement dans cette description. Je suis consultant en organisation, une plutôt “bonne situation” mais dans laquelle je ne m’épanouis que très peu personnellement et que je trouve décalée par rapport à ma personnalité profonde.

    Mais je me sens assez perdu pour essayer quoi que ce soit d’autre car je n’ai pas vraiment d’idée de ce que je pourrais faire d’alternatif. Quelle démarche dois-je entreprendre pour canaliser mon énergie et mes envies de changement de manière positive et bénéfique sur le long terme? Et surtout me créer une situation concrète me correspondant dans les années à venir?

    Merci!

    • Bonjour Benjamin et merci pour le témoignage! Il est évidemment impossible de vous donner en quelques lignes une recette qui va vous permettre de canaliser ce bouillonnement, et identifier une voie de reconversion vite fait bien fait. C’est un travail qui demande du temps d’une part et il serait bien trop compliqué d’expliquer ici les techniques que nous utilisons pour construire la réflexion de tous ceux qui sont dans cette situation.
      Voici trois pistes en forme de oint de départ:
      Leadership de soi et reconversion
      Libérer la réflexion
      Vous pouvez aussi observer tout ce qui vous parle et vous plaît, non pas pour chercher dans vos goûts ce qui pourrait faire directement un métier, mais pour faire ressortir les verbes correspondant à ce que vous aimez concrètement dans ces activités. La combinaison de ces actions peut faire émerger des idées de métier où vous pourrez les conjuguer.
      Bonne recherche!

      • Benjamin dit :

        Merci Sylvaine pour ces éléments de réponse.

        • Fabrice dit :

          Bonjour Benjamin,

          Si je peux me permettre, je suis également dans ce cas. Je suis en pleine “transformation” et j’aime énormement de choses. Je pense avoir trouvé un domaine qui me plait plus particulierement mais n’étant pas sur je tente d’autres choses. Par exemple je vais tenter d’organiser un événement sur la santé ou des conférences car j’ai toujours voulu créer ce genre de chose. Ce qui pourrait aider selon moi ce serait de faire des choses que tu n’as pas forcement l’habitude de faire. Cela peut être regarder des videos sur des sujets que tu remets toujours à plus tard, de même pour la lecture ou encore une activité sportive. Cela pourrait aider à réveiller la partie de toi que tu penses endormis. En esperant que ces quelques élements ont pu t’aider. Parfois les choses simples sont les plus efficaces.
          Bon courage.

          • Merci Fabrice pour cette suggestion! L’expérimentation est en effet un excellent moyen pour les multipotentialistes de voir s’ils peuvent intégrer suffisamment d’aspects qui les intéresse dans un métier, une activité ou une fonction. Je prépare d’ailleurs un billet sur le sujet;)
            On peut expérimenter de bien des manières: expérience directe comme votre organisation d’événements, mais aussi prise de renseignements, MOOCs, stages, journées d’initiation, assister à des événements et des conférences etc.

  • Jean-Paul Jacquin dit :

    Pour alimenter le débat, voici un extrait d’un article de Pierre Thuillier paru en 1979 dans le “courrier de l’Unesco”
    “Comme on sait, Einstein et Michèle Besso (physicien suisse d’origine italienne) furent unis par une longue amitié. La sœur de ce dernier, un jour, interrogea Einstein : “Pourquoi Michèle n’a-t-il pas fait de découverte importante en mathématiques ?” Einstein répondit en riant : “Mais c’est un très bon signe. Michèle est un humaniste, un esprit universel, trop intéressé à trop de choses pour devenir un monomaniaque. Seul un monomaniaque obtient ce qu’on appelle des ‘résultats’.” Besso ayant poussé Einstein à s’expliquer, celui-ci confirma : “Je persiste à croire que tu aurais pu faire éclore des idées de valeur dans le domaine scientifique si tu avais été assez monomane. Un papillon n’est pas une taupe, mais aucun papillon ne doit le regretter”.

    Toutes proportions gardées, j’ai eu plus d’une fois l’impression que j’aurais dû insister pour obtenir davantage de résultats. L’ennui et le besoin de renouvellement étaient juste trop forts. Je n’ai jamais réussi à maintenir sur la durée l’enthousiasme et la tension créative des débuts.
    J’accueille avec gratitude le message libérateur d’Emilie Wapnick, tout en gardant à l’esprit les deux réflexions suivantes.
    1/ Pour ce genre de profil, il faut être prêt à assumer le risque que représente un changement de cap radical. Même quand on apprend vite, la transition peut s’avérer délicate et très gourmande en énergie. Quant à mener deux activités de front, ce n’est pas toujours possible.
    2/ Il faut également accepter le fait que l’on n’ira pas forcément aussi loin que quelqu’un qui aura insisté et ne pas se torturer avec la comparaison. Un travail sur soi peut y aider.

    Pour terminer sur une note encourageante, je constate qu’un très grand nombre de métiers actuels n’existaient pas quand j’étais enfant. Une vocation de “community manager” n’était donc par exemple pas envisageable. Un multi-potentialiste me semble très bien placé pour s’emparer alors de ces nouveaux territoires.

    • J’aime bien cette conversation! Einstein faisant semblant d’oublier qu’il était lui aussi un multipotentialiste qui s’est intéressé à des tonnes de choses;))
      Qu’on soit multipotentialiste ou pas, changer d’orientation professionnelle peut être gourmand en énergie, mais ça peut aussi être ultra stimulant et potentiellement réjouissant de laisser ces potentialités s’exprimer dans tout le parcours. La phase de réflexion permettra de décider s’il s’agit d’un “risque” qu’on n’a pas envie de prendre ou bien un itinéraire désiré, pertinent, faisable, jubilatoire.
      Qu’on soit multipotentialiste ou pas, la comparaison tue l’estime de soi autant que les projets en effet, et l’essentiel est d’aller là où on veut, pas là où vont les autres;)

  • Curiouscat dit :

    Bonsoir Sylvaine,
    Que vous lire est agréable : une lumière dans le tunnel des incertitudes…. Je me reconnais aussi dans ces potentiels certes identifiés quelques professionnels dont la seule proposition finale ne dépasse néanmoins généralement pas un décevant et angoissant: “aide toi toi même”. Pourquoi ? “Tout simplement” parce que cette capacité de compréhension et d’analyse, démontrée au travers de vos articles, est un talent très rare !
    Très récemment, un manager, en formation de coach pour mieux accompagner ses équipes, qui s’était proposée pour m’aider à identifier une vocation ou une reconversion concluait ses séances pratiques par le caractère S.M.A.R.T. (spécifique, mesurable, accessible, réalisable et temporel) obligatoire de mes objectifs… en oubliant que, pour les tempéraments que vous avez décrits (et dont je me sens particulièrement proche), la lucidité et la difficulté à identifier une voie professionnelle sont les pièces d’un même puzzle…
    Merci, belle fin de semaine !

  • Spj dit :

    Bonjour après avoir lui votre article je me reconnais sur le point d’aimer tous et rien à la fois. Mais ; Je suis souvent dans mes pensées et j ai pas forcément une bonne mémoire. Je doute tjrs. J’aime être tranquille, moment calme mais j aime aussi papoter avec les gens. J’aimerais essayer de devenir indépendante mais je ne suis pas sûre que ce soit vraiment la bonne solution. je ne sais pas ce que je veux mais je sais ce que je ne veux pas. C est très compliqué. Je pense être trop exigeante. ..mais grâce à cet article je vais encore reflechir alors MERCI.

    • Bonjour Spj, peut-être que vous n’êtes pas trop exigeante, mais plutôt que vous avez besoin de concilier tous vos besoins et désirs professionnels pour trouver équilibre et plaisir au travail. C’est une réflexion longue qui demande souvent d’expérimenter plusieurs options pour définir celle qui vous conviendra, cependant, elle vaut le coup! Bonne réflexion;)

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