Distinguer une bonne résolution d’un projet digne de ce nom

distinguer une bonne résolution à rejeter d'un projet digne de ce nom dans lequel se lancer avec délectation

Rituels annuels obligent, c’est le navrante période des bonnes résolutions qui finit de plomber un mois de janvier déjà rarement très gai. Ça fait 10 ans cette année que je vous dis régulièrement ce que je pense de cette habitude sinistre et culpabilisante. Alors voici un petit cadeau de début d’année: comment distinguer une bonne résolution à rejeter d’emblée d’un projet digne de ce nom dans lequel vous embarquer avec délectation!

distinguer une bonne résolution à rejeter d'un projet digne de ce nom dans lequel se lancer avec délectation

 

Arrêtons de rendre janvier déprimant!

J’écris ce post le troisième lundi de janvier, qui a été estampillé « jour le plus déprimant de l’année » et qui voit fleurir les publications hashtaguées #BlueMonday. Et je me dis que c’est quand même dommage que, plutôt que d’engranger les vitamines mentales hivernales comme la lumière, et qu’on s’adonne avec joie au principe du mimosa on se pourrisse un peu plus la vie à croire qu’il y a un jour de l’année où il serait parfaitement naturel d’être déprimés.

Faut dire qu’après l’effervescence consumériste de décembre, qui de nos jours commence en octobre (on n’arrête pas le progrès), après le bling, les obligations et les agacements familiaux, le gavage organisé, les cadeaux pourris qu’il faut échanger, il y a de quoi avoir déjà l’âme un peu fatiguée. Et voilà que déboule janvier morose, janvier sinistre et qu’on se précipite faire les soldes, histoire de mettre de l’avoir (pas cher) plein nos armoires. Et pour couronner le tout, janvier est assaisonné de nouvelles obligations bien plombantes, dès fois qu’on en ait pas eu assez : les bonnes résolutions.

Naaaan parce que faudrait pas s’endormir, hein les bons petits soldats ! Faudrait pas s’endormir douillets au chaud dans un ralentissement bien de saison et bien mérité, contents de profiter de la chaleur humaine, de la merveilleuse lumière d’hiver et de se concentrer sur les vitamines mentales hivernales qui, à défaut de remplir le porte-monnaie d’un GAFA, remplissent l’âme de douceurs et de gourmandises inestimables. Naaaan parce qu’il ne faudrait pas que ça vous rende autonomes, capables de comprendre vos propres besoins et donc de plus en plus hermétiques aux discours neuroscientifiquement orientés pour vous influencer dans vos convictions, vos soumissions, vos consommations!

 

Bonne résolution: l’arme de culpabilisation massive

Et puis depuis quelques années les bonnes résolutions ont métastasé et se sont aussi invitées dans nos vies professionnelles. Avant tout parce que ce sont des armes de culpabilisation massive, qui ont un intérêt majeur pour tous ceux qui nous les servent chaque année: plus vous êtes culpabilisés, plus vous êtes poussés à vous considérer comme des mous du genou, parce que vous n’agissez pas autant qu’un super-héros ou parce que vous ne possédez pas l’outil technologique de la marque la plus cool… Plus on peut vous soumettre au conformisme, autant en termes de consommation, qu’en termes de conditions de travail, de convictions etc.

Arrêter de fumer, se mettre au sport, faire un régime, ça fait combien d’années que vous vous mettez une pression inutile avec des objectifs qui ne sont pas les vôtres et qu’au fond, vous n’avez aucune envie de tenir? Les bonnes résolutions professionnelles sont encore pire : « arrêter de procrastiner », « mieux s’organiser », « demander une augmentation », « déconnecter » ou encore, à mes yeux de loin le plus confondant : « adopter la positive attitude »!

D’ailleurs c’est drôle, depuis quelques temps on voir émerger les « vraies » bonnes résolutions, un peu comme les pubs nous expliquent que les biscuits sont faits avec du « bon » lait ou du « bon »  chocolat, histoire de rassurer l’acheteur! Et puis on vous sert aussi les techniques infaillibles pour « tenir (enfin) vos bonnes résolutions », à coups d’astuces de coach, genre « t’as qu’à les transformer en objectif SMART coco, et hop, elle est pas belle la vie, enfin tu vas devenir un leader successful ».

Et si les bonnes résolutions étaient là justement pour ne pas être tenues ? Et si elles existaient finalement pour pouvoir faire une distinction claire entre ce qui représente un vrai projet pour nous, et pourquoi pas un projet de l’année, d’un objectif imposé par des principes moraux et sociétaux?

Car bien entendu, on a le droit d’avoir un projet pour son année et d’ailleurs, RTL rapportait qu’en 2018, le projet de l’année qui vient en tête soit « changer de vie », avec tout ce que cela englobe. Le 5 janvier, j’étais l’invitée d’Amandine Begot et Cyprien Cini dans la pré-Matinale sur ce sujet. Projet d’ampleur, projet ambitieux ou peut-être objectif simple, l’envie de changement peut être autre chose qu’une vague envie imposée par l’air du temps.

 

Projet digne de ce nom vs bonne résolution

Je vous propose donc un moyen de distinguer si votre envie de vous mettre au sport ou de faire une formation, ou encore de changer de rythme, de changer de vie, de développer l’élégance relationnelle ou de changer de métier est une simple Bonne Résolution (que nous appellerons BN) que vous pourrez jeter délicatement sur le compost et que les lombrics auront tôt fait de transformer en terreau fertile à objectif durable, ou bien s’il s’agit d’un Projet Digne de ce Nom (que nous appellerons PDN) sur lequel vous pourrez commencer à vous pencher avec délectation.

D’ailleurs, de quoi avez-vous a priori envie cette année?
Quel projet, quelle envie, quelle changement vous titille?

La difficulté que nous avons à faire la différence entre les deux tient à la culpabilisation: nous baignons dans des informations et des opinions qui nous poussent à croire que nous devons avoir envie d’atteindre ces objectifs, au point que nous finissons par nous en convaincre ou a minima, par gommer de nos têtes tout ce qui peut faire que justement, nous n’en avons pas envie.

La distinction en 10 points, résumée dans cette infographie et détaillée ci-après, c’est donc chercher à attirer l’attention sur tout ce qui peut nous indiquer que nous n’avons pas vraiment envie de ce projet ou au contraire, qu’il est une réelle motivation. Pour déterminer s’il s’agit d’un BR à rejeter inutile de remplir les 10 critères, il en suffit de trois ou quatre pour que nous ne teniez pas un vrai projet.

 

Distinguer une bonne résolution à rejeter d'un projet digne de ce nom

 

La précision

Un PDN est simple à verbaliser de façon précise et claire, là où un BR reste vague

 

Les valeurs

Le PDN correspond à des valeurs qui vous animent, qui sont importantes à vos yeux, là où la BR est une réponse à des normes, à des principes moraux

 

Les besoins

Le PDN répond à vos besoins, tels que vous les avez identifiés. La BR correspond aux discours qu’on vous tient sur ce que vous devez avoir envie de faire même si au fond, vous n’en avez pas envie.

 

Les désirs

Le PDN est en adéquation avec les désirs, ces façons précises de nourrir vos besoins. La BR à des relents de jugement sur ce qui est bien et ce qui n’est pas bien.

 

Le challenge

Le PDN est un défi à la mesure de vos capacités. Les éventuelles compétences à développer pour le mener à bien vous donnent envie et vous êtes convaincu(e) de votre capacité à les acquérir. C’est un challenge, mais pas une montagne insurmontable. La BR nécessite des efforts qui paraissent d’emblée pénibles et fatigants.

 

Les coûts et bénéfices

Le ratio coûts/bénéfices fait très pencher la balance à procrastination du côté de la bonne résolution, lorsqu’il ne s’agit pas d’un PDN. Les bénéfices apparents, évidents (comme ceux d’arrêter de fumer) ne sont pas forcément suffisamment parlant pour dépasser les coûts dus aux efforts à fournir. Dans le cas d’un projet digne de ce nom, les coûts paraissent tout à fait acceptables étant donné l’ampleur des bénéfices.

 

L’adéquation

Un PDN est en harmonie avec votre situation actuelle, il ne vient pas s’opposer brutalement à elle, même s’il s’agit d’un changement majeur comme une bifurcation professionnelle. Inversement, la BR prote sur un changement qui ignore purement et simplement le bénéfice secondaire de la situation actuelle (la raison pour laquelle vous y restez). Du coup, chassez le naturel il reviendra au galop, et votre résolution mourra de sa belle mort, probablement dans l’œuf.

 

La nature de la décision

Le PDN est ressenti comme un choix délibéré, approprié et qui intervient au bon moment. La BR donne un sentiment d’obligation et sera souvent verbalisée spontanément sous la forme « il faut que ».

 

L’émotion et le sens

Les émotions sont d’excellents indicateurs. PDN suscite de l’envie, du plaisir liés autant aux résultats qu’on obtiendra au travers de l’objectif qu’à l’itinéraire pour y parvenir: c’est un but qui a du sens pour vous. La BR génère des émotions peu agréables qui peuvent être très variables : inquiétude, rejet, dégoût, ennui, angoisse, fatigue, agacement, contrariété, morisité.

 

Les sentiments

Le PDN génère de l’enthousiasme pour les enthousiastes et a minima une motivation intrinsèque forte qui donne envie de réfléchir et d’agir pour mener le projet.

La BR peut susciter un sentiment plus ou moins vague qui va de l’indifférence à l’à quoi bon, peu ou pas de motivation, qui peut passer par le découragement, la passivité.

 

Je vous souhaite bon recyclage de vos BR et bon vent sur le route de vos PDN!

 

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Aller plus loin

Vous voulez explorer votre désir de bifurcation professionnelle (changement de job, reconversion, création d’entreprise) et élaborer un projet en harmonie avec vos appétences et vos aspirations? Ithaque met à votre disposition 10 ans de savoir-faire et d’innovation en matière d’évolution professionnelle! Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual.

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