Projets professionnels: obstacles et dérobades

Quels obstacles nous poussent à la dérobade sur le chemin de nos objectifs?

 

Dans nos itinéraires professionnels, qu’il s’agisse du quotidien ou de bifurcations comme une transition de carrière ou une reconversion, il arrive parfois que, face aux imprévus ou aux difficultés, se dérober paraisse plus facile que de tenter de franchir l’obstacle. Au risque de se réfugier dans sa zone de confort et de renoncer à l’objectif. Dis-moi quelles sont tes dérobades et je te dirais qui tu es…

Quels obstacles nous poussent à la dérobade sur le chemin de nos objectifs?


Dérobade

L’autre jour, j’avais une balade en forêt prévue avec des amis. Ce ne sont pas des fillettes, ils font du vélo tous les weekends, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige. On est fin janvier, le temps est gris et un peu humide et les voilà qui déclinent poliment en m’expliquant qu’ils n’ont pas envie de patauger dans la gadoue et que c’est bien davantage un temps à aller voir un navet réconfortant au ciné. La dérobade de dernière minute me surprend: le vélo dans la gadoue, oui, mais les pieds non?

Évidemment, vous commencez à me connaître: l’anecdote  m’a fait réfléchir. Cette fois-ci, non pas sur les étonnantes motivations qui nous poussent à faire des trucs étranges, mais plutôt l’inverse :  sur ce qui peut constituer un obstacle suffisant pour mettre un terme au désir d’accomplir ou d’entreprendre quelque chose, pour changer son fusil d’épaule, renoncer et retourner cocooner dans sa zone de confort.

Un peu comme un jeune cheval: qu’est-ce qui fait que face à certaines obstacles, même difficiles, nous y allons sans mollir et faisons preuve d’une franchise de monture de grande classe alors que sur d’autres nous préférons la dérobade ? Le manque d’expérience, le manque de confiance, la rétivité?

projet professionnel obstacles

 

Obstacles

Pour un cheval, le refus d’obstacle et la dérobade peuvent avoir deux origines:

  • La nature de l’obstacle: un obstacle trop gros, trop étrange, qui colle les flubes au plus vaillant des cracks et le transforme en rossinante dérobante, bref un obstacle qui ne donne pas envie. Et parfois, certains bourrins à carafon sont réfractaires à un certain type d’obstacles, allez savoir pourquoi.
  • L’abord de l’obstacle: pas assez d’impulsion, trop de vitesse, ça vient trop long ou trop court, une trajectoire mal définie, un virage mal négocié et hop, voilà la confiance qui flanche et l’échappatoire qui devient la seule porte de sortie: plutôt que de me gameller dans ce tas de bois, je préfère passer par là-bas dis la monture qui ne manque pourtant pas de courage, mais n’a pas envie de grand n’importe quoi.

C’est pareil dans nos projets professionnels. Potentiellement, et en fonction de notre personnalité, nous pouvons nous arrêter sur ce qui nous fait peur, ce qui nous déplaît, ce qui nous sort un peu trop loin de notre zone de confort, ce qui peut nous paraître inutile, inintéressant, ce à quoi nous sommes chroniquement allergiques, etc. Et pour ces objectifs professionnels qui ont un tant soit peu plus d’enjeu qu’une balade en forêt, la dérobade prend l’allure de la procrastination ou la stratégie d’échec. En d’autres termes, on entre en mode auto protection version cachez-cet-obstacle-que-je-ne-saurais-voir.

Et comme toujours, ce dont nous avons besoin de nous protéger diffère d’une personne à une autre. Car visiblement, la pluie du matin arrêtent certains pèlerins…

Dans tout ce qui constitue des freins générateurs de dérobades pour chacun d’entre nous, il y a sûrement matière à approfondir la connaissance de soi, de mieux comprendre ce dont nous avons besoin de nous protéger, comment les freins se mettent en place et trouver des moyens, comme pour tout obstacle sur notre route, de le franchir en toute sérénité ou de le contourner.

projet professionnel obstacle

 

Obstacles, dérobades et évolution professionnelle

Qu’on soit en phase de job crafting, à bricoler son plaisir au travail, en phase de réflexion sur une reconversion professionnelle ou une création d’entreprise, les moments où nous nous dérobons et préférons aller regarder Game of Thrones ou planter les jonquilles pour l’année prochaine plutôt que de se retrousser les manches pour s’attaquer aux plans d’actions que nous avons élaborés sont donc significatifs d’un inconfort lié soit à la nature et/ou la pertinence de la tâche, soit à la façon de la mettre en oeuvre.

C’est dans la relation que nous entretenons à la tâche, la démarche ou la stratégie en question que nous allons pouvoir déceler l’origine du problème. A l’instar d’un cheval de complet qui s’est déjà pris les pieds dans un coffin, vous allez peut-être y réfléchir à deux fois avant de contacter des professionnels pour votre enquête métier, vu comment vus vous sentez maladroit avec les gens que vous ne connaissez pas. Dès lors qu’un obstacle paraît trop infranchissable et vous pousse à la dérobade procrastinatrice pleine de bonnes excuses, autant aller regarder comment modifier la perception de l’obstacle ou la façon dont nous l’abordons. Et donc de modifier nos stratégies.

Qu’est-ce qui m’a empêché de m’y mettre?
Qu’est-ce qui m’inquiète, me freine, me gène dans cette situation précise?
De quoi ai-je besoin pour franchir cet obstacle avec aisance?

Éventuellement, comment puis-je le contourner? Dans les parcours de concours complet, les obstacles particulièrement délicats ont parfois une option longue. Elle est plus facile mais fait perdre un peu de temps. Qu’à cela ne tienne, parfois il vaut mieux arriver à bon port plutôt que finir le nez dans le gué. Ici, ça veut peut-être dire modifier la façon de s’y prendre de façon à ce qu’elle paraisse plus confortable. Voir aussi:

 

Mini coaching: observer ses propres freins et obstacles

Le point précédent concerne des dérobades ponctuelles, dans des situations particulières. Mais à l’instar d’un anglo-arabe de mes connaissances qui pour rien au monde ne franchirait un coffin – plutôt mourir, hein;), nous avons tous des obstacles qui nous paraissent infranchissables et qui entravent la bonne marche de nos projets professionnels.

projet professionnel obstacle infranchissable

Les obstacles, c’est bien entendu davantage l’idée qu’on s’en fait, en fonction de son expérience, de sa personnalité etc., qu’une difficulté objective. Apprenons à les comprendre et à les écouter pour les minimiser!

Qu’est-ce qui, de façon générale, vous freine dans l’atteinte de vos objectifs?
Qu’est-ce qui représente un obstacle infranchissable que vous rencontrez régulièrement?
Quelles tâches, quelles circonstances, quelles démarches, quelles personnes?
Qu’est-ce que ça vous dit sur vous-même?
De quoi vous protégez-vous?
De quoi avez-vous besoin pour en minimiser la perception et diminuer ainsi la taille de l’obstacle?
Comment l’obtenir?

 

Quant à moi, je m’en vais me promener sous la pluie. En revanche, ne me demandez pas de faire du vélo: ça fait mal aux jambes…

 

Crédit photo
Eventer — Travail personnel, CC BY-SA 3.0
Ronald C. Yochum, Jr. – CC BY-SA 2.5,
Thowra_uk – originally posted to Flickr as IMG_8228, CC BY 2.0

 

Voir aussi

Construire un avenir heureux
Faire face aux objectifs ambitieux: la solution culinaire
Mythes et réalités: 10 trucs à savoir sur la procrastination
Petits principes rugbystiques pour renverser des montagnes
Principes de rugby pour se relever quand la montagne nous a renversés
Le bilan d’incompétences
Procrastination et estime de soi

 

Aller plus loin

Vous voulez lever les freins qui constituent autant d’obstacles entre vous et l’atteinte de vos objectifs et construire une posture pleine d’assurance? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 

 

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9 Comments

  • Et puis les balades sous la pluie sont encore plus propices à l’introspection, n’est-ce pas, alors, finalement, mieux vaut être seul.

  • Ma lecture ne plaira pas nécessairement à tout le monde, c’est une vision peut-être un peu spiritualiste (la loi d’attraction etc), mais je suis convaincue que nos peurs génèrent justement ce qu’on craint le plus. J’ai pu le constater à plusieurs reprises. Dans une de mes précédentes vies, j’avais une collègue qui craignait tellement d’être trahie qu’elle était dans une anticipation et un hyper contrôle permanents. Elle demandait des garanties incessantes pour se prémunir du moindre risque potentiel. Le résultat en a été qu’elle a généré des rebuffades de la part des personnes qui étaient résistantes à ce type de comportement, rebuffades qu’elle a interprété comme… une trahison.
    Quand on en a sa claque de revivre sans arrêt le même scénario, se positionner en observateur intérieur (pas toujours indulgent) nous permet en effet de sortir du rôle qu’on s’assigne tout seul…

    • Bonjour Virginie,
      Je ne sais pas si cette vision plaira à tout le monde, cependant Je crois qu’ils ne sont pas nombreux, parmi mes lecteurs, à refuser leur part de responsabilité;)
      Là où je mets un bémol, c’est sur la loi de l’attraction, à laquelle je n’adhère pas. En revanche, les stratégies d’échec générées par nos perceptions et dont l’objectif est d’entretenir nos croyances réelles, c’est un grand classique! Et l’exemple du mauvais abord de l’obstacle, c’est bien cela! D’où d’ailleurs l’importance d’identifier le bénéfice de la stratégie d’échec qu’est la dérobade;)

      • J’entendais par là que le concept de “loi d’attraction” pouvait tinter bizarrement aux oreilles de certains 😀
        En fait, de mon point de vue, ce n’est qu’un terme parmi d’autres pour dire que nous créons notre réalité, la plupart du temps de manière inconsciente. Prendre conscience des raisons de nos (non-)choix nous permet d’agir sur cette réalité et de la rendre plus conforme à nos besoins.

  • Laurent dit :

    Truculent à souhait, analogies parfaites, un vrai plaisir à lire et à réfléchir !

    • Merci! Le terme truculent me touche particulièrement: c’est celui qu’utilisait mon père pour qualifier certains billets dont les références Dardiennes – ou Dardesques, peut-être;) – en particulier ne lui échappaient jamais:))
      L’analogie en général m’amuse beaucoup, elle devient vite un exercice de style au service du contenu, ça stimule la cafetière et c’est doublement jubilatoire;)

  • GAULAIN Brigitte dit :

    L’Anglo-Arabe est un cheval harmonieux avec beaucoup de personnalité, ce qui en fait son charme..Un cheval de sport réunissant toutes les qualités mentales et physiques : chic, volontaire, courageux, adroit, souple, réactif, avec de la locomotion et un bon équilibre .Mais pas forcément facile tous les jours …On ne choisit pas sa monture par hasard ! A la maison c’est du Selle Français sur une souche pure Normandie …C’est pas gagné non plus …Les obstacles depuis le 12 Avril 2015 non pas manqués , j’ai dû revoir sérieusement ma copie et au pied du mur il faut un cheval de puissance …Je n’ai pas cela à la maison alors il a fallu composer autrement et j’y suis très bien parvenue même si sérieusement je doutais de moi au départ .Déjà presque un an , de galères , de jours où il a fait froid .Lui , c’était son ” truc” résoudre des problèmes , moi non , il me simplifiait bien la vie . Mais je sais que je peux compter sur une Personne Importante , qui, quel qu’en soit le sujet sera là …Cela change considérablement la donne …(Même s’il me fait les yeux noirs quand je joue avec ma paille dans mon verre , il se plierait en 4 pour me faire plaisir et j’apprécie ) …Ne pas se sentir seul(e) c’est capital ! Et puis il faut dire j’ai “un fortuit” et non un ” problème”,un “obstacle” ;le poids des mots … Le choc des photos c’est pour les CCI 4* ! Badminton, trop génial ! Qui a peur de tomber dans le coffin , lui ou vous ?..

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