Les ingrédients d’une relation professionnelle réjouissante

Les ingredients d'une bonne relation de travail sont individuels

 

Comme ce qui ne va pas fait partie des affaires urgentes à traiter, on parle plus facilement (moi la première) des abrutis de boulot, de ce qui rend les relations pénibles, stressantes, de ce qui les pourrit consciencieusement… et plus rarement de ce qui va bien, de ce qui les rend agréables, collaboratives, réjouissantes, nourrissantes. Penchons-nous donc sur les trois ingrédients d’une bonne relation, histoire de ré-équilibre ce qu’on veut et ce dont on ne veut pas.

Les ingredients d'une bonne relation de travail sont individuels

 

 

Le clonage comportemental ne favorise pas la relation (heureusement)

Bien entendu, il n’y a pas de caractéristique comportementale ou relationnelle à avoir ou pas, il n’y a pas de bonne façon d’être en relation, il y a des ingrédients qui fonctionnent pour nous avec notre entourage et d’autres qui ne fonctionnent pas. Certes, il vaut mieux sortir des rôles relationnels et éviter des comportements peu prosociaux comme l’hypocrisie, l’arrogance ou les jeux de pouvoir et il est assez clair qu’il y a des attitudes à éviter. Certes, l’écoute, la bienveillance, la courtoisie facilitent les relations professionnelles. Cependant, une fois mis de côtés les attitudes anti-relationnelles, il n’y a heureusement pas de recette universelle qui garantit de bonnes relations, à tous les coups, tout le temps. Ce qui nous évite d’être des repliquants émotionnellement formatés et fondamentalement dépourvus d’intérêt.

Il y a des combinaisons fascinantes de valeurs, de penchants, de préférences et de besoins, de traits de personnalité qui donne à chacun une façon d’être en relation aux couleurs uniques, une façon d’aimer et d’aimer être en relation qui lui est propre. De la même manière, l’interlocuteur professionnel idéal ne sera pas un portrait figé commun à tous et c’est une bonne nouvelle: non, le clonage comportemental n’est pas une solution anti-relations pourries, bien au contraire!

Une bonne relation de travail, c’est avant tout une rencontre entre deux individualités compatibles, à défaut d’être nécessairement semblables et le lissage de la personnalité en fonction des canons comportementaux du moment est une absurdité.

comment se pourrir soigneusement les relations?

 

Chacun cherche son chat (siamois?)

Ce que nous aimons, supportons, ou rejetons chez les autres correspond avant tout à ce que nous sommes et les critères d’une bonne relation professionnelle sont essentiellement individuels. Certains supporteront très bien les pleurnichards et pas du tout les arrogants. Certains rechercheront avant tout la loyauté et la fiabilité là où d’autres voudront de l’écoute ou de la performance. Certains détesteront les béni-oui-oui, les mous de l’opinion là où d’autres apprécieront nuance et modération. Bref, il y en a pour tous les goûts.

Et en même temps, nous sommes persuadés que tout le monde cherche la même chose que nous, raison simple pour laquelle nous avons parfois tellement de mal à nous comprendre, puisque c’est sacrément faut! Les motivations relationnelles des uns et des autres peuvent être discordantes et parfois même nous mettons des mots différents sur un même comportement (deux de mes clients ont une description parfaitement identique ce ce que l’un appelle “rigueur” et l’autre “discipline”), ou encore nous comprenons dans un même mot des comportements différents!

Parfois, nous apprécions des relations plutôt complémentaires: un aller vers parce que nous sommes évitez de, un introverti parce que nous sommes extraverti, quelqu’un qui ne va pas hésiter à nous confronter parce que le bourre-pif est collaboratif, par exemple.

Parfois aussi, nous recherchons ces siamois de nous-mêmes, qui fonctionnent pareil et pensent pareil, qui partagent nos valeurs et participent ainsi de notre sentiment d’appartenance et de reconnaissance. Et avec qui nous croyons que nous allons immanquablement avoir une bonne relation. Nous pouvons alors avoir tendance à rejeter des différences qui nécessitent un effort de bienveillance et de compréhension.

Une bonne relation de travail: siamois de moi-même ou complémentaire?

 

 

Nul n’est tenu de s’entendre avec tout le monde

Qu’il n’y ait pas de façon idéale d’être en relation est une bonne nouvelle: cela signifie qu’une fois calmée la peur qui génère tant de comportements imbéciles et de jeux de pouvoir, on peut faire boutique de ce qu’on a, sur le plan des relations professionnelles. S’accepter tel que l’on est, s’appuyer dessus pour construire des relations avec naturel et simplicité, plutôt que des relations empruntées et faussement empruntées.

Et à l’heure où le tout collaboratif est en passe de devenir la nouvelle dictature, il est temps d’accepter que nous ne sommes pas câblés pour collaborer avec tout le monde, mais avec certains types de personnes et dans certaines circonstances. Encore une fois, c’est la connaissance de soi qui va déterminer la façon dont nous sommes en relation et dont nous collaborons au travail, pas les injonctions comportementales.

Autant aller observer de les recoins de nous-mêmes où se cachent nos besoins et nos aspirations relationnelles, nos traits de personnalités pour en déduire les ingrédients d’une bonne relation de boulot, peut-être d’ailleurs en fonction du contexte, car nous n’attendons pas forcément la même chose de toutes nos relations professionnelles. Ma définition du client idéal, en termes relationnels, diffère assez de celle de mes partenaires potentiels.

L’affaire demande un brin d’objectivité pas toujours simple à cultiver, le regard sur soi étant souvent biaisé par la crainte de ce qu’on pourrait y trouver. Je me souviens d’une consultante en management, merveilleusement hypocrite et habile en jeux de pouvoirs, qui disait “ce que j’attends d’une relation, c’est juste de pouvoir aider et collaborer” et qui cherchait à imposer ses points de vue tout s’appropriant, l’air de rien, la pensée des autres.

accepter qu'on ne peut pas collaborer avec tout le monde

 

Des mots sur ce que nous voulons dans nos relations

Nous savons en général de quel bois sont faits nos abrutis personnels, les profils que nous préférons fuir ou dont nous aimerions nous préserver. Personnellement les hypocrites me fatiguent, les parasites qui gravitent me hérissent le poil. Et si je vous pose la question, je suis prête à parier un week-end à Dubrovnik contre une tringle à rideau que vous saurez me répondre du tac au tac.

En revanche, nous avons souvent plus de mal à mettre des mots sur ce que nous attendons dans nos relations, et nous restons très vagues en pensant être très clairs avec un brin plus de précision que des termes tels que “ben, des gens normaux, quoi” (ce qui signifie des gens comme celui qui parle), “respect” (s’il y a bien un mot qui ne veut plus rien dire, c’est bien ce respect) ou politesse.

Dans une enquête sur la vie de bureau, Régions Job dresse un top 3 des qualités les plus recherchées: compétent, sympathique et drôle. Sympathique et drôle, là encore, on baigne en plein flou artistique. Moi aussi j’aime bien les gens sympathiques et drôles! Mais qu’est-ce que ça signifie au juste? Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’un quidam est sympathique, qu’il est drôle, respectueux, courtois, agréable, à l’écoute, intéressant, intelligent, sociable, accessible, sincère, sensible, humain etc?

Comprendre le rôle de sauveur pour mieux en sortir

 

Nous avons tendance à mettre des valeurs sur ces mots-là et ils restent à l’état de concepts, dont on sait bien qu’ils n’engagent que ceux qui les élaborent. En d’autres termes: parle-moi “respect” et je ne risque pas de savoir qui tu es… ni ce que tu veux, ce que tu attends de moi, ce que tu acceptes ou pas.

Derrière ces valeurs se cachent des actions, des comportements précis que nous apprécions particulièrement et qui, lorsque nous y sommes confrontés, suscitent le meilleur de nous: face à eux nous devenons collaboratifs, motivés, impliqués bref, heureux et efficaces. Les définir clairement permettra ensuite de les rechercher, de s’appuyer dessus, par exemple pour recruter son futur boss, pour choisir ses clients et ses partenaires, pour éviter d’être mis en binôme avec un collègue incompatible

Quelles sont les trois qualités les plus essentielles à vos yeux, qui définissent l’interlocuteur professionnel idéal?
Quelles actions concrètes, quels comportements précis traduisent ces qualités?
Dans quelle mesure exprimez-vous vous-mêmes ces qualités?

Chacun d’entre nous a ses ficelles relationnelles qui, si l’interlocuteur en joue, suscitent le meilleur de nous-mêmes et nous rendent heureux, potentiellement performants et collaboratifs, nous donnent un sentiment d’appartenance et de reconnaissance, et participent de notre sentiment de bien-être, de satisfaction et de sens.

Quelles sont les vôtres?

Pourquoi trois? Comme ça, à la louche. Trop, et nous voilà exigeants comme des recruteurs, prêts à jouer de la fin de non recevoir au premier manquement. Pas assez et nous voilà peu préoccupés de nos besoins sociaux-affectifs, au détriment de notre bien-être relationnel.

 

 

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Aller plus loin

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