Biodiversité émotionnelle: la philosophie du pissenlit

Renouer avec la biodiversité émotionnelle, c’est accepter que nous sommes par essence des êtres de sentiments et d’émotions, qui fleurissent à foison dans nos jardins intérieurs. Même lorsque nous tentons de les passer à la débroussailleuse en croyant leur faire la peau. Positives ou négatives, agréables ou désagréables, nos émotions ont un rôle essentiel à notre bien-être et de ce fait, elle méritent bien que nous leur faisions de la place dans nos plate-bandes mentales. Et pour cela, rien de tel que la philosophie du pissenlit.

Créer une oasis de biodiversité émotionnelle pour gagner en plaisir de travailler

L’autre jour que j’étais en pleine plage d’injoignabilité heureuse, ce n’est pas auprès de mon joli bourrin blondinet que j’allais voir en milieu de journée que j’ai trouvé l’inspiration que je cherchais. C’est en écoutant Alain Naessens, de l’association Humanité biodiversité, expliquer avec un bonheur tout communicatif sa philosophie du pissenlit dans La terre au carré, sur France Inter, sur la route des écuries. A tel point que j’ai arrêté ma voiture en bordure des bois pour rédiger ce billet.

Une oasis de biodiversité émotionnelle

Il y a dans la voix d’Alain Naessens un mélange de douceur et de ferveur particulièrement communicatif qui donne envie de créer une oasis nature pour offrir un refuge, si petit soit-il, à la biodiversité et en finir avec les “déserts verts” de nos jardins. C’est ce qui m’a donné l’idée de ce parallèle avec nos vies professionnelles. Parce qu’il parle, avec beaucoup de simplicité, d’encourager chacun à agir là où il le peut:

De la même manière qu’on peut se sentir désarmé face aux menaces à la nature, on peur se sentir impuissant face au désastre du monde de l’entreprise, toujours plus déshumanisé et écrasé sous le poids de la pression et de la surcharge de travail. C’est bien compréhensible et si dans le premier cas Alain Naessens encourage chacun peut à agir là où il a du pouvoir, dans le second, vous le savez, lecteurs fidèles, je vous encourage depuis longtemps à agir aussi là où vous avez du pouvoir dans votre vie professionnelle, au travers du job crafting.

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Et pour cela, rien de tel que de créer des oasis de biodiversité émotionnelle, car les émotions sont les poteaux indicateurs à la fois de notre bien-être et de notre mal-être, bref, de l’état de notre jardin, et des actions à mener pour aller vers davantage de plaisir de travailler. Ces oasis peuvent passer par l’adaptation de la très jolie philosophie du pissenlit, qui parlera aux âmes mi-bucoliques mi-combatives que nous sommes.

Le rôle et l'utilité des émotions au travail

La philosophie du pissenlit

Il s’agit, nous explique Alain Naessens que vous pouvez écouter ci-dessous, de « reconsidérer votre gazon. Souvent tondu trop court, ce sont des surfaces qui sont mortes en biodiversité. Si vous tondez à 6 ou 7 cm et adoptez la philosophie du pissenlit, plutôt que de vous évertuer à les supprimer, nous vous proposons de changer votre regard et considérer les pissenlits comme autant de soleils qui illuminent votre printemps tout en pourvoyant en nectar les insectes tout juste sortis de l’hiver. Et vous aurez sans doute le matin la possibilité de suivre les traces des déambulations nocturnes du hérisson qui y trouvera sa pitance. »

Appliquée à la vie professionnelle, la philosophie du pissenlit revient peut-être à créer des oasis émotionnelles pour accueillir la biodiversité des sentiments, même quand, a priori, elle tait tâche sur le gazon feutré et soigneusement entretenu des humeurs autorisées au boulot, où le socialement correct nivelle soigneusement toute manifestation qui pourrait déborder du cadre et répandre des mauvaises herbes émotionnelles ou comportementales. Ou quand la pauvreté sémantique de l’époque a noyé le flot de nos sentiments désagréables sous une seule étiquette: stress.

Or, une mauvaise herbe est une plante dont on a pas encore trouvé l’utilité, aurait dit Ralph Waldo Emerson. Et si certaines émotions pénibles peuvent apparaître comme les mauvaises herbes de nos pelouses mentales, c’est simplement que nous ne connaissons pas leur utilité, car elles en ont une et elles sont même essentielles à notre bon fonctionnement. A l’instar du pissenlit honni de l’herbe verte de nos jardins, accueillons la biodiversité émotionnelle comme autant de soleils, parce qu’elle fait partie de l’existence et qu’elle apporte un éclairage fondamental sur nos sources de bien-être autant que de mal-être. Passer la tondeuse sur nos émotions ne les fait pas disparaître, mais nous en fait perdre les bienfaits et inversement est un engrais à mauvaise santé mentale et physique, de la même manière que nos jardins s’étiolent dans l’excès de domestication.

Créer une oasis émotionnelle

Ce sera donc un refuge où toutes les émotions ont leur place, parce qu’elles font partie de notre nature :

 – Accueillir toutes les émotions, se nourrir des émotions agréables, observer les émotions désagréables pour pouvoir ensuite déchiffrer leurs messages:

 – Accueillir nos propres émotions, mais aussi celles des autres, celles de notre entourage professionnel, libérer la parole autour de l’émotion pour lui permettre de s’exprimer sans déborder. L’accueil n’est pas la complaisance vis-à-vis de comportements inacceptables! Elle est l’empathie qui consiste à comprendre les rouages émotionnels à l’oeuvre chez l’autre.

 – Mettre des mots sur ces émotions : le gazon riquiqui des émotions désagréables a limité ses vocables à « stress » et celui des émotions agréables au terme « bonheur », bien trop vague et un poil inapproprié. Il existe sans doute mille et une nuances des sentiments et mille et un mots pour les décrire. Accueillir les émotions, c’est aussi se reconnecter à elles pour pouvoir les dépeindre dans leur diversité et leur complexité, ce qui ouvre la porte à la précision de leurs messages.

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 – Agir dans le sens qu’elles indiquent : « là où vous avez du pouvoir, dit Alain Naessens, agissez ». Observer quoi pousse où dans nos pelouses, c’est aussi mieux comprendre leurs besoins et pouvoir y répondre, plutôt que de rester passifs et soumis face à nos sources de déplaisir.

Apaiser les anxieux, les inquiets, détendre les agacés, les contrariés, réjouir les tristes et les fatigués, nourrir la joie, le contentement, la satisfaction, le plaisir, les oasis qui nous permettent de reconnecter avec notre biodiversité émotionnelles sont une mine de bienfaits.

Alain Naessens conclue en parlant de la facilité avec laquelle la vie s’installe dès qu’on laisse la biodiversité se manifester, aussi faisons à la biodiversité émotionnelle une place dans nos jardins professionnels et laissons ainsi les fleurs, plantes, hérissons, abeilles, coccinelles, oiseaux et papillons de notre bien-être évoluer en toute quiétude.

Parfois, nous sommes tellement déconnectés de nos émotions, elles on été remisées dan un quelconque placard même pas à balais (parce que ceux-là, on les ouvre de temps en temps) mais plutôt au fin fond des archives papier, celles dans lesquelles aucune âme n’a pénétré depuis la digitalisation, qu’elles vont mettre un peu de temps à revenir peupler votre pelouse et à lui redonner des couleurs. Soyez patients, elles ont juste besoin d’être apprivoisées et pour cela rien de tel qu’un peu de chaleur humaine et d’hospitalité. Soyez donc bienveillants envers vous-mêmes.


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