Reconversion professionnelle: faire de sa passion un métier

Comment réussir une reconversion passion: exploration et job crafting

 

La plomberie, le yoga ou les éclairs au café vous passionnent depuis toujours et vous êtes tenté(e) par l’idée d’en vivre. Transformer une passion en métier peut paraître la voie de reconversion professionnelle la plus facile et la plus évidente, mais c’est aussi la plus casse-binette, parce que l’exaltation et l’enthousiasme de la passion risquent d’autant plus de créer toutes sortes d’aveuglements. Voici comment éviter la désillusion et construire un projet passion.

 

Comment réussir une reconversion passion: exploration et job crafting

 

La passion, à la fois obstacle et motivation

Iinterview Sylvaine Pascual reconversion passionl y a quelques temps, j’ai répondu aux questions de Cadremploi sur la reconversion passion. Cet article reprend de façon très concise les éléments à prendre en compte, aussi  en voici une version longue^^

Une reconversion qui consiste à faire de sa passion son métier n’est pas si éloignée des autres types de reconversion, elle présente simplement deux caractéristiques spécifiques :

  • Une motivation naturelle forte et déjà identifiée puisqu’elle est omniprésente dans la vie du candidat à la reconversion.
  • Un obstacle à prendre en compte : l’idéalisation du métier, due à la vision parcellaire de celui qui se passionne pour l’activité qui y est liée. Il y a donc un besoin encore plus important de confronter l’image qu’on se fait du job à la réalité quotidienne de ceux qui le pratiquent.

La passion que l’on désire transformer en métier peut être un rêve ancien et tenace et/ou un loisir que l’on pratique régulièrement. Il peut s’agir d’un rêve d’enfant étouffé pour plein de raisons ou d’un intérêt pour une activité qui a petit à petit pris beaucoup d’ampleur. Dans tous les cas, dès lors qu’il vient nous titiller sous la forme d’un envie de changer de métier, autant l’explorer, de façon à voir comment le rêve en question peut être concrétisé, ou au contraire y renoncer en toute connaissance de cause.

Car toutes les passions ne sont pas transformables en métier, ou alors au prix d’un inconfort qui laisse penser que le jeu n’en vaut peut-être pas la chandelle.

 

Reconversion passion : job de rêve ou parfaite illusion ?

Ce rêve qui nous travaille depuis longtemps, nous l’avons soigneusement laissé reposer, bien rangé dans ce tiroir à idée pour plus tard. A mesure que notre quotidien professionnel perd de l’intérêt et du sens, il a commencé à se déguiser en job idéal et à générer des zones aveugles autour de tout ce qui pourrait le révéler sous un jour moins idyllique. Pour répondre à tous les manques du métier actuel, l’imagination galope et nous inspire tout un tas d’images merveilleuses de monde professionnel parfait. Nous finissons par en espérer la Lune et pour plagier Oscar Wilde, par nous dire qu’à défaut on finira la tête dans les étoiles.

L’idée devient obsession : c’est ce métier-là qu’il nous faut ! Est-ce forcément une parfaite illusion ? Comme dans beaucoup de cas, il n’y a là qu’une réponse à donner, une réponse de normand bien sûr, peut-être que oui, peut-être que non. Le risque consiste à se jeter tête baissée dans ce projet sans avoir vérifié qu’on est plutôt dans la seconde catégorie.

Reconversion: l'excès d'attente porte ouverte à la déception

 

Car une vieille passion tenace peut être une véritable bonne idée de métier autant qu’elle peut être l’idéalisation totale d’un métier qui va finir en déception consommée. En d’autres termes, l’exploration minutieuse de la réalité du métier d’une part et de sa cohérence et sa pertinence pour le candidat d’autre part sont les seuls moyens de distinguer les fausses pistes des incontestables bonnes idées de reconversion. Voir:

 

Professionnalisation d’un loisir et dissolution de la passion

Transformer sa passion en métier signifie aussi souvent professionnaliser un loisir. Une fois qu’on lui rajoute un cadre professionnel, l’aspect passion peut tendre à se diluer dans un quotidien moins débridé, moins libre, plus soumis à des exigences qui n’existaient pas dans la pratique de loisir qu’on pouvait en avoir. Faire de sa passion un métier signifie alors y mettre beaucoup de soi-même, entrelacer identité personnelle et professionnelle plus que dans tout autre type de reconversion. Par ricochet, les attentes sont énormes et la possibilité de déception directement proportionnelle.

Ce loisir que l’on pratique avec bonheur, avec peu de contraintes ou de contingences, va devenir un quotidien professionnel avec sa face cachée, dont on sous-estime souvent largement l’importance.

  • La passion au second plan: Stéphane 35 ans, ne trouvait pas d’emploi dans sa branche, les ressources humaines. Tombé dans l’informatique quand il était petit et poussé par son entourage, il monte une entreprise d’assistance pour les TPE/PME dans une petite ville du Limousin. L’affaire marche correctement, mais la paperasse, aux clients difficiles, aux déplacements longs et innombrables vont vite tuer l’enthousiasme et laisser la place au stress. A 42 ans, une fois exploré les environnements de travail qui lui conviennent, il retrouvera du plaisir au travail… dans le salariat.
  • Un métier bien différent de l’idée qu’on en avait: Pauline, 26 ans. Après des études commerciales et un premier emploi, elle se rend compte que ce domaine ne lui convient pas. Passionnée de chevaux et cavalière de concours, elle s’apprête à se lancer dans la préparation au monitorat d’équitation. Son enquête métier lui fera découvrir un quotidien professionnel bien éloigné d’un métier qu’elle avait complètement idéalisé: peu rémunérateur et très exigeant, des horaires pénibles, un métier très physique où l’on passe plus de temps les pieds dans le fumier, qu’il pleuve qu’il vente ou qu’il neige, qu’à glaner des récompenses sur les terrains de concours. Elle y renoncera heureusement avant de se lancer dans la formation.

Le risque, c’est donc de voir la motivation et la bonheur liés à la passion se dissoudre dans une quotidien professionnel fait de tâches annexes dont on a mal mesuré l’ampleur. Encore une fois, la solution va consister à explorer la cohérence et la pertinence de l’idée.

Reconversion et enquête métier: les questions à poser pour un métier salarié

 

Réussir une reconversion passion : exploration et job crafting

Plus que dans n’importe quel autre choix de reconversion, faire de sa passion un métier va nécessiter deux étapes cruciales pour conserver le plaisir et la motivation associés à cette activité :

  1. Une enquête métier particulièrement serrée de toutes les dimensions du métier tant désiré, de façon à vérifier qu’il correspond à l’idée qu’on s’en fait, qu’il répond réellement aux besoins professionnels, d’identifier les aspects qui ne correspondraient pas et le cas échéant, d’adapter ces aspects à ses besoins.
  2. Un job crafting méticuleux pour s’assurer de conserver un maximum de plaisir et de ne pas voir la passion se diluer totalement dans le quotidien professionnel. Ce qui revient à minimiser les sources d’inconfort et à pérenniser les sources de plaisir. Il s’agit bien de façonner son job idéal au lieu de croire que la passion étant là, il va forcément l’être

 

 

.Crédit photo: agphotostock

 

 

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Aller plus loin

Vous voulez explorer votre désir de faire de votre passion un métier? Ithaque vous accompagne. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual

 

 

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