Sortir du comportement Persécuteur pour aider la recherche d’emploi

Pourquoi le comportement persécuteur freine la recherche d'emploi et comment en sortir

 

Quatrième volet de l’exploration de l’impact négatif des rôles relationnels dans la recherche d’emploi. Aujourd’hui: le comportement Persécuteur. Toutes blanches colombes que nous sommes, nous avons tous des penchants Persécuteurs, si ténus soient-ils, qui génèrent des comportements néfastes à la recherche d’emploi…

Pourquoi le comportement persécuteur freine la recherche d'emploi et comment en sortir

 

Le comportement Persécuteur

Parmi les rôles relationnels, le Persécuteur est celui que nous reconnaissons le moins volontiers en nous-mêmes, en raison de ses connotations dictatoriales pas vraiment glamour. Pourtant, Victime et Sauveur sont des rôles tout aussi néfastes d’une part, et nous avons tous un côté Persécuteur d’autre part. Nul besoin d’être un manipulateur pervers ou un Dark Vador du boulot pour rentrer dans la cette catégorie: un Sauveur déçu, une Victime fatiguée ou un penchant un poil dominant auront tôt fait de vouloir prendre le pouvoir relationnel sur les autres.

Les impacts négatifs d'un comportement persécuteur en recherche d'emploiAinsi l’apprentie sorcière Hermione Granger, avec ses certitudes, ses offuscations, son ton cassant et son côté mademoiselle-je-sais-tout est l’exemple type du Persécuteur ordinaire. Faisons donc preuve d’objectivité et acceptons ces zones d’ombres qui font partie de nous-mêmes et des stratégies inconscientes que nous mettons en œuvre dans l’espoir d’obtenir de la reconnaissance.

Rappelons que le Persécuteur se rassure sur sa valeur en se plaçant au dessus des autres. Il donne souvent ainsi l’illusion de la confiance en soi (y compris à lui-même).

La tendance à tout savoir, à vouloir avoir toujours raison.
La tendance à vouloir avoir le dernier mot.
La tendance à vouloir imposer ses points de vue, à convaincre à tout prix.
La propension à juger, à diriger, à corriger la moindre erreur.
La volonté d’établir les règles.
Le recours à la colère, la critique, la dévalorisation, la culpabilisation pour obtenir ce qu’il veut.

 

Persécuteur et perte d’emploi

Le Persécuteur établit sa propre valeur à ses propres yeux en comparaison descendante avec les autres, jusqu’à l’illusion. Il se rassure sur ses opinions en les considérant plus plus vraies, plus valables et plus intelligentes que celles de ses contemporains. Les imposer fonctionne encore mieux, car s’il parvient à convaincre l’autre, alors ça signifie qu’il a sûrement raison. Du coup, la perte d’emploi est un événement profondément déstabilisant, puisqu’elle vient lui retirer brutalement ce qu’il considère comme des preuves de sa supériorité. Il tombe de haut, et l’incohérence entre sa situation et l’image qu’il a de lui peut générer beaucoup de stress.

Le Persécuteur qui a construit un entourage soumis à ses volontés et admiratif de ses idées sur tout se retrouve bien seul dans les difficultés. Il n’a pas suffisamment confiance en ses proches pour réellement se confier et les écouter, puisqu’ils ne sont pas à sa hauteur. D’autre part, le Persécuteur va trouver dans le fait d’être sans emploi une preuve supplémentaire de la connerie abyssale de ces concitoyens qui ne comprennent rien à rien, qui sont incapables de reconnaître de vraies compétences (les siennes) quand elles leur sautent à la figure. Il peut en nourrir un profond sentiment de solitude et d’incompréhension. Son absence de recul sur lui-même et de remise en question peuvent le pousser à se fermer sur lui-même et à déprimer sans que ça se voit.

 

Persécuteur et recherche d’emploi

Mépris et passivité

Etant au dessus du reste de l’humanité, le Persécuteur a du mal avec les conseils, qu’il méprise et il aura même tendance à éviter de les appliquer, au cas où le conseilleur sache quelque chose qu’il ignore. Il évitera ainsi toute remise en question et malgré les candidatures inabouties, continuera à faire un peu plus de la même chose, en enrobant son incapacité dans le cynisme bon teint de celui qui a tout compris. La Victime n’est pas loin!

 

Frustration et agacement

Chez le Persécuteur, la frustration des candidatures sans suite ou des entretiens qui n’aboutissent pas va s’exprimer par un agacement grandissant et une colère sourde qui peuvent le rendre irritable et désagréable. L’agacement associé à son excès naturel de confiance en lui peuvent le rendre encore plus arrogant et donner le sentiment de se prendre incroyablement au sérieux.

 

Candidatures inappropriées

Fort de son positionnement supérieur, le Persécuteur va avoir tendance à candidater au dessus de ses compétences, à avoir des prétentions irréalistes. Il rêve de pouvoir et va avoir tendance à repérer plus souvent les postes à pourvoir qui lui flattent l’égo que ceux qui correspondent à son CV. Une fois de plus, on est en plein dans la stratégie d’échec.

les startégies d'échec pour réussir à échouer là où nous ne voulons pas vraiment réussir

 

Renforcement des convictions

Nous l’avons vu, le Persécuteur voit sa perte d’emploi et les éventuelles candidatures qui n’aboutissent pas comme des preuves supplémentaires de de la bêtise épaisse et insondable des recruteurs/managers etc.

Si ses propres convictions limitantes sont différentes de celles de la Victime, ou du Sauveur elles vont avoir exactement le même effet: directement l’empêcher de trouver un job. Elles vont diminuer sa faculté à remettre en question ses propres stratégies, à voir les opportunités, les mains tendues, à les saisir et il va finir par développer un défaitisme et un pessimisme qui n’ont rien de réalistes: ils sont juste fortement consommateurs d’énergie et aussi bon pour le moral qu’un dimanche pluvieux de novembre.

Le renforcement des convictions est un processus simple: le cerveau cherche des preuves de ce qu’il est déjà enclin à croire. Ainsi le persécuteur va inlassablement chercher des exemples démontrant que le monde/les gens/les recruteurs sont parfaitement  -et crétinement- inconscients de ses merveilleuses qualités, à coup de stratégies d’échec dans des candidatures ou des postures inadaptées.

convictions

 

Persécuteur, CV et entretiens d’embauche

Le Persécuteur promène avec lui un air de confiance en lui qui est une illusion. C’est en réalité le reflet de son manque d’estime de lui et il peut être très rapidement décelé par le recruteur. Il s’imagine qu’il respire l’autorité et s’achète le respect en se positionnant au dessus de son interlocuteur. Or, dans sa recherche d’emploi, le Persécuteur est confronté à des personnes qui ont un ascendant structurel et institutionnel sur lui, et il peut céder à la tentation du combat de coqs. Seulement à ce jeu-là, il y a toujours un coq qui gagne et un coq qui perd. Et notre Persécuteur a de grandes chances de finir dans la seconde catégorie, en particulier à une époque qui s’intéresse de plus en plus aux comportements et aux qualités relationnelles.

Il peut avoir une attitude condescendante en entretien d’embauche, voire méprisante envers le recruteur et des discours révélateurs d’un besoin de pouvoir et d’une posture de mini-dictateur donneur de leçons qui ne garantira ni son intégration ni sa capacité à entretenir un environnement relationnel serein.

Il peut refuser d’écouter les bons conseils de consultants en recherche d’emploi, s’entêter dans des stratégies inefficaces, éviter les remises en question. Toute une collection de comportements qui ne vont ni aider, ni motiver les recruteurs à se bousculer pour l’embaucher.

Enfin, le Persécuteur pourra avoir tendance à vouloir imposer ses prétentions salariales (entre autres) à sa façon un poil arrogante, un poil rouleau-compresseur, superbe stratégie d’échec qui met l’interlocuteur sur la défensive et lui donne surtout envie de lui montrer la sortie et de lui enjoindre d’emmener avec lui ses exigences. Le plus intéressant, c’est que les mêmes demandes faites dans un positionnement clair, d’égal à égal et avec une vraie confiance en soi ont de fortes chances d’aboutir.

Dans son CV, il mettra souvent plus en avant les compétences ou les expériences qu’il considère comme ayant de la gueule que celles qui sont les plus affirmées ou les plus utiles pour lui ou pour son projet professionnel. Ce positionnement peut même le pousser à paraître peu cohérent alors qu’il l’est, ou inversement.

En sur-valorisation, Il peut aussi être tenté de gonfler son CV en s’imaginant capable de bluffer le recruteur. Un sommet en termes de stratégie d’échec.

 

Mini coaching: Evaluer son comportement persécuteur dans la recherche d’emploi

Encore une fois, construire l’estime de soi et nourrir son propre besoin de reconnaissance est essentiel pour sortir de ces comportements néfastes. Ce sont des moyens de calmer le Persécuteur en nous et de proposer à la place un relationnel agréable, affirmé, volontaire et emprunt d’une assurance sereine qui n’a pas besoin d’écraser qui que ce soit.

Nous l’avons vu, les comportements Persécuteurs sont probablement les plus difficiles à admettre, et l’objectivation peut être délicate. Il est toujours possible de demander à son entourage ce qu’il en pense! Pour faciliter l’identification d’un éventuel rôle Persécuteur en vous:

Dans quelle mesure le comportement persécuteur teinte-t-il votre recherche d’emploi?
Dans quelle mesure renforce-t-il des convictions limitantes?
Dans quelle mesure vous pousse-t-il à vous sentir seul au monde?
Dans quelle mesure vous pousse-t-il à vous poser en supérieur, à vous sentir au dessus des autres?
Comment se traduit-il dans vos discours? Dans CV?
Comment se traduit-il dans votre façon de vous exprimer et vos attitudes lors des entretiens?
Au regard de vos réponses: sur une échelle de 1 à 10, où situez-vous l’ampleur du rôle de persécuteur chez vous?

Au delà de 5, réfléchissez à la possibilité de vous faire aider pour sortir de votre rôle: il se peut qu’il soit en grande partie responsable de vos difficultés à retrouver un emploi.

En deça de 5:

De quoi avez-vous besoin pour gagner en confiance?
Quelles mesures pouvez-vous prendre pour modifier ces comportements?
Quand allez-vous les mettre en oeuvre?

 

Voir aussi

L’identité: acteur ou spectateur de sa propre vie?
Recherche d’emploi: mettre un terme aux convictions limitantes
Recherche d’emploi: reconstruire la confiance et l’estime de soi
Le boulot idéal: une réalité à inventer?
Ebook gratuit: le triangle de Karpman
3 manières simples et légères de renforcer l’estime de soi
Estime de soi: rompre avec son encombrant héros intérieur 

 

Aller plus loin

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Ithaque peut vous aider. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual 

 

 

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *