Compétences relationnelles: l’écoute simplement attentive

l'écoute simple, une façon d'être en relation à redécouvrir

 

Quand une difficulté nous plonge dans des abîmes de réflexion aussi embrumées qu’necombrées d’émotions, nous avons parfois besoin de trouver une oreille à l’écoute pour verbaliser nos soucis et complications plutôt qu’une oreille palabreuse oublieuse de de nous et concentrée sur ses propres pensées, qui est malheureusement bien plus fréquente sur le marché… Ré-apprenons l’écoute simple, ce petit bijou d’attention précieuse qui est une très jolie compétence relationnelle.

l'écoute simple, une façon d'être en relation à redécouvrir

 

 

Ecoute active vs écoute simple

Il y a différentes façons d’écouter et l’écoute dite active est l’une des techniques les plus largement partagées. Cependant, elle n’est pas toujours la mieux adaptée ou tout simplement correctement utilisée. L’écoute active est un outil formidable, qui, comme tous les outils, si elle est utilisée à tort et à travers, devient vite aussi contre productive que de s’échiner à changer un pneu avec une clé anglaise.

Or, largement présente dans les formations type séminaires de communication ou pire, les “outils de coaching pour managers”*, elle est devenue l’outil de communication universelle parce qu’elle paraît facile: je pose des questions et hop! Problème réglé. Cependant, survolée plus qu’étudiée, transmise à la va-vite et utilisée sans supervision pour en garantir une mise en oeuvre respectueuse de ses principes, elle dérive rapidement vers une fausse écoute de Sauveur qui pose des questions pour amener son interlocuteur en difficulté là où notre Zorro/chevalier blanc croit avoir une solution toute trouvée.

Et la voilà qui devient marteau pour enfoncer une vis, au grand dam de celui qui a besoin de verbaliser sa difficulté pour plein de raisons:

 – Parler, vider son sac, ça fait du bien, ça participe du traitement de l’émotion
 – Parler à quelqu’un permet de sortir de l’isolement moral qu’on peut ressentir face au problème qui se pose à nous, de se sentir entendu, compris, encouragé.
 – Mettre des mots sur une difficulté aide à clarifier le problème et à trouver des solutions – y compris par soi-même

Et au delà de tentatives malheureuses d’écoute active, il y a bien entendu toute la panoplie des réactions un peu rapides destinées à nous soulager nous-mêmes du malaise de notre interlocuteur et dans laquelle jugements, conclusions hâtives et bons conseils poussent à profusion.

Mais là, notre bipède en difficulté va se retrouver bousculé, infantilisé, dévalorisé, non reconnu dans son droit à ses propres émotions (“mais naaaan, Bichtouille, t’as tort de réagir comme ça”), interrompu par des conseils non sollicités et pas toujours bien avisés. Bref: du grand management si son interlocuteur est son boss, et de façon générale, une véritable démonstration d’élégance relationnelle!

Si l’écoute active est un outil formidable lorsqu’elle est utilisée avec discernement, son préalable et parfois même son meilleur remplaçant, c’est une écoute simple, simplement attentive, joliment décrite dans le petit texte ci-dessous.

 

Ecouter simplement

Voici un petit texte trouvé sur Cairn info, extrait de L’approche centrée sur la personne, que l’on retrouve sur plusieurs autres sites adapté avec de légères différences, parfois des formulations plus brutales (tu bafoues mes sentiments/tu m’as fait défaut). Ce texte serait d’origine indienne et l’auteur inconnu. Je vous en propose ma version, amputée de références à la prière qui ne font pas partie des miennes (de références), parce que je trouve qu’il résume parfaitement le type d’écoute dont nous avons tous besoin et que nous peinons à obtenir:

apprendre à écouter simplement, sans jouer les Sauveurs

 

Peux-tu simplement m’écouter?

Quand je te demande de m’écouter et que tu commences à me donner des conseils, je n’ai pas de réponse à ma demande.
Quand je te demande de m’écouter et que tu commences à me dire pourquoi je ne devrais pas ressentir cela, je ne me sens pas respecté.
Quand je te demande de m’écouter et que tu commences à vouloir faire quelque chose pour résoudre mon problème, je ne me sens pas aidé, aussi étrange que cela puisse paraître.
Écoute, tout ce que je te demande, c’est que tu m’écoutes.
Non pas que tu parles ou que tu fasses quelque chose :  je te demande simplement de m’écouter.
Les conseils ne valent pas cher, pour quelques sous, j’aurai le même dans le journal, le courrier du cœur et mon horoscope.
Je veux agir par moi-même, je ne suis pas impuissant, peut-être un peu découragé ou hésitant, mais non impotent.
Quand tu fais quelque chose pour moi, que je peux et ai besoin de faire moi-même, je me sens dévalorisé et je ne progresse pas.
Mais quand tu acceptes comme un simple fait que je ressente ce que je ressens (peu importe la rationalité), je peux arrêter de chercher à te convaincre, et je peux essayer de commencer à comprendre ce qu’il y a derrière mes sentiments apparemment irrationnels.
Les sentiments irrationnels deviennent intelligibles quand nous comprenons ce qu’il y a derrière. Les réponses deviennent évidentes et je n’ai pas besoin de conseils.
Alors, s’il te plaît, écoute-moi.
Et quand tu voudras que je t’écoute, demande-le-moi et je t’écouterai.

 

Ecoute simple et signaux d’attention

Et puisque cette écoute simple consiste essentiellement à se taire et à accueillir a parole de l’autre, il est important de lui envoyer quelques signaux d’écoute et d’attention, faute de quoi il/elle risque de penser que ses problèmes, vous vous en tamponnez le coquillard avec une poêle à frire. Et ça, ce n’est pas très élégant non plus;)

 – Réagir aux phatèmes: les “n’est-ce-pas?”,  “Tu vois?” etc.
 – Envoyer des signes non verbaux: Les hochements de têtes, sourires, le regard
 – Envoyer des signes verbaux : les “hmmm” “ha” “ok” etc.

 

*Voir la formation absurde de “manager-coach”

 

Voir aussi

Compétences relationnelles: apprendre à demander de l’aide
Trois pas vers une poétique de soi
Compétences relationnelles: choisir à qui parler
Wifi neuronal et compétences relationnelles
Compétences relationnelles: les pièges de la lecture de pensée
Relations: le grand ménage de printemps
Vitamines mentales: besoin de réconfort?

 

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2 Comments

  • Anne-Sophie dit :

    “Par un mouvement réflexe, l’interlocuteur se sent compris et utilise son énergie non pas à se défendre ou à attaquer mais à échanger, réfléchir et à trouver des solutions” écrit Car Rogers. J’adore cette idée d’énergie orientée solution ; si je devais la matérialiser, je lui donnerais la couleur sereine du bleu !

  • Calo Duret dit :

    J’aime cette évocation de l’écoute comme “petit bijou d’attention précieuse” – Je pense aussi à la qualité du silence que l’on peut offrir en écoutant, un silence enveloppant dans lequel celui/celle qui parle se sent accueilli(e), déposé(e), la respiration s’apaise, le ventre se dénoue, les mots se délivrent et s’échappent, il/elle est même surpris(e) parfois et s’entend dire à haute voix “Tiens, qu’est ce que j’entends par là”, c’est le début d’une exploration. L’ écoute simple et vraie est un bijou, un cadeau, ouvre des chemins et restaure des énergies.

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