Sylvaine Pascual – Publié dans Entretenir des relations saines
| Nous avons besoin d’échanger avec nos contemporains, de partager les joies comme les peines. Le problème, c’est qu’entre ceux qui ont une solution clé en mains à tout, les rois de la question qui tue et les distributeurs de bons conseils et/ou de propos dévalorisants, il y a parfois peu de place pour s’exprimer. D’où l’intérêt de bien choisir à qui parler. |

Des amis bien intentionnés
Que ce soit dans les situations délicates de la vie ou lors d’événements joyeux, nous avons parfois des surprises désagréables visà vis des réactions de notre entourage, qui s’empresse de donner un avis pas toujours positif ou valorisant, de déverser des tombereaux de conseils non sollicités etc. au lieu de se contenter de nous écouter gentiment ou de nous féliciter chaleureusement.
Nous l’avions déjà évoqué pour la prise de décision: chacun a tendance à s’imaginer que ce qui est valable pour lui/elle est bon pour toute l’humanité.
De plus, nos proches qui nous veulent du bien nous abreuvent de leurs conseils et opinions en fonction d’eux-mêmes, de leurs propres doutes, craintes et/ou convictions face à une situation telle que la nôtre. Nous convaincre de faire selon eux/penser comme eux les rassurent sur la validité de leurs propos et donc sur leur capacité à affronter le même type de situation.
D’autre part, face à nos difficultés, certains de nos proches se sentent très mal à l’aise, très malheureux pour nous et ont un besoin marqué de nous voir soulagés, aussi ils s’engouffrent dans le partage parfois non désiré de solutions qui leur appartiennent et ne nous correspondent pas du tout.
Sentiment de solitude et d’incompréhension
Du coup, on a vite fait de se sentir très seul, face à un entourage qui ne comprend pas et écoute peu.
C’est ainsi que certains en viennent à ne plus exprimer ce qu’ils ressentent, à ne plus évoquer la situation qui les préoccupe ou les rend heureux et à redouter que d’autres le fassent à leur place en leur posant une question « … et alors, tu en es ou avec… » ou en faisant un commentaire « tu as bien de la chance, toi qui… » ou une objection « oui mais bon, fais quand même attention à… »
Besoin de reconnaissanceet stratégies d’échec
Si Tante Yvonne/Papa/Maman/L’ami Pierre a le don de faire un commentaire pénible chaque fois que vous lui confiez un événement de votre vie, qu’est-ce qui vous motive à continuer à prendre encore et encore le même scud dans la frimousse? Probablement le besoin de reconnaissance.
Si Tante Yvonne/Papa/Maman/L’ami Pierre vous suprend par sa réaction pénible, dans quelle mesure y a-t-il des éléments de sa personnalité qui aurait pu vous permettre de l’anticiper?
Disons-le, ces erreurs-là fleurent bon la stratégie d’échec ou le bénéfice secondaire.
Bien entendu, ces personnes réagissent ainsi avec toute la bonne volonté et toutes les bonnes intentions du monde, aussi inutile de vouloir les enfermer direct dans un bocal à con parce qu’elles échouent à nous apporter la reconnaissance tant espérée.
Mini coaching: choisir à qui parler de quoi
Il est sans doute plus judicieux de reconnaître, dans nos relations, qui nous est utile à quoi, et à qui parler de quoi de façon à éviter les deux écueils précédemment cités.
Certaines personnes sont douées pour l’écoute active, d’autres pour l’écoute sans jugement, d’autres pour vous exprimer un soutien qui vous fait du bien. De même, certaines personnes vont se montrer remarquables sur certains sujets et à côté de la plaque sur d’autres.
A vous d’identifier ce que vos proches peuvent et ne peuvent pas entendre et qui sera à même de vous apporter ce dont vous avez besoin. Cela vous permettra d’entretenir des relations plus saines, débarrassées de jeux de pouvoir ou de certaines attentes irréalistes qui mènent tout droit à la déception.
Si vous voulez parler d’une décision à prendre, voir Prise de décision: se méfier des amis qui nous veulent du bien
Si vous voulez parler d’un sujet important à vos yeux:
Quand vous partagez un événement agréable, dans quelle mesure êtes-vous satisfait(e) des réactions que vous obtenez?
Qui a des réactions pénibles? Satisfaisantes?
Et quand vous partagez un événement négatif, une situation difficile?
Face à une situation agréable/désagréable, quelles réactions trouvez-vous acceptables? Inacceptables?
Qui, dans votre entourage, risque d’avoir ce genre de réactions?
A partir de maintenant, à qui allez-vous dire quoi?
Voir aussi:
Garder le moral dans la tourmente
Soleil trompeur: gérer la déception
Besoins affectifs: bien-être et dépendances
Guide de survie aux abrutis (1)
Compétences relationnelles (1): écouter sans juger
Compétences relationnelles (2): l’écoute active
Compétences relationnelles (3): savoir dire non
10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres
Aller plus loin
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Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32
Pas toujours évident de trouver une personne disponible pour nous écouter et avec laquelle échanger!
Excellent article encore une fois et excellente journée à toi @Sylvaine!